Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus Ebola

Vous trouverez plus d’informations sur l’Ebola dans le document suivant : Maladie à virus Ebola

Section I – Agent infectieux

NOM : Virus Ebola
Type d’agent : Virus
Taxonomie :
Famille : Filoviridae
Genre : Ebolavirus
Espèces : Ebolavirus Bundibugyo, ebolavirus Reston, ebolavirus Soudan, ebolavirus Forêt de Taï, ebolavirus Zaïre

Synonyme ou renvoi : Également connu sous le nom de fièvre hémorragique africaine, fièvre hémorragique Ebola (FHE, FH Ebola, Ebola), filovirus, virus EBO (VEBO), virus Ebola Zaïre (EBOZ), virus Ebola Soudan (EBOS), virus Ebola Côte d’Ivoire (EBOCI), virus Ebola Forêt de Taï (EBOFT), virus Ebola Reston (EBOR, virus Reston), virus Ebola Bundibugyo (EBOB) et maladie à virus EbolaNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 4.

Caractéristique :

Courte description : Le virus Ebola a été découvert en 1976 et fait partie de la famille des Filoviridae (ses membres faisaient auparavant partie de la famille des Rhabdoviridae, avant qu’elle soit classée comme une famille à part entière à cause de leur structure génétique). Cinq espèces de virus Ebola ont été identifiées : le virus Ebola Zaïre, identifié pour la première fois en 1976 est le plus virulent; le virus Ebola Soudan; le virus Ebola Forêt de Taï (anciennement désigné sous le nom de virus Ebola Côte d’Ivoire); le virus Ebola Reston, originaire des Philippines; et le virus Ebola Bundibugyo, qui est l’espèce la plus récente ayant été découverte en 2008Note de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 5Note de bas de page 6Note de bas de page 7.

Charactéristiques : Le virus Ebola est un long virus filamenteux d’une longueur variant de 800 à 1 000 nm, mais pouvant atteindre 14 000 nm (en raison de la concatémérisation), et d’un diamètre uniforme de 80 nmNote de bas de page 2Note de bas de page 5Note de bas de page 8Note de bas de page 9. Le virus possède une nucléocapside hélicoïdale (avec un axe central) de 20 à 30 nm de diamètre et est enveloppé d’une capside hélicoïdale de 40 à 50 nm de diamètre comportant des stries transversales de 5 nmNote de bas de page 2Note de bas de page 5Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 10. Le fragment viral pléomorphe peut avoir plusieurs formes distinctes (p. ex. en « 6 », en « U » ou circulaire) et est recouvert d’une membrane lipidiqueNote de bas de page 2Note de bas de page 5. Chaque virion renferme une molécule d’ARN monocaténaire, non-segmentée, et à polarité négativeNote de bas de page 5Note de bas de page 11.

Section II - Identification des dangers

Pathogénicité et toxicité : Les virions pénètrent dans les cellules hôtes par endocytose et se répliquent dans le cytoplasme. Une fois l’hôte infecté, le virus attaque son système de coagulation et son système immunitaire, provoquant ainsi une immunosuppression graveNote de bas de page 10Note de bas de page 12. Les premiers signes de l’infection sont des symptômes non spécifiques et semblable à la grippe comme l’apparition soudaine d’une fièvre, de l’asthénie, de la diarrhée, des céphalées, de la myalgie, de l’arthralgie, des vomissements et des douleurs abdominalesNote de bas de page 13Note de bas de page 14. L’injection conjonctivale, les maux de gorge, les éruptions cutanées et les saignements sont des premiers symptômes moins fréquents. L’état de choc, l’œdème cérébral, les troubles de la coagulation et les infections bactériennes secondaires peuvent apparaître plus tard au cours de l’infectionNote de bas de page 8. Des symptômes hémorragiques peuvent débuter 4 à 5 jours après les premiers signes d’infection et comprendre la conjonctivite hémorragique, la pharyngite, le saignement des gencives, l’ulcération de la bouche et des lèvres, l’hématémèse, le méléna, l’hématurie, l’épistaxis et les saignements vaginauxNote de bas de page 15. Les lésions hépatocellulaires, la dépression médullaire (comme la thrombocytopénie et la leucopénie), l’augmentation des taux de transaminases sériques et la protéinurie sont également possibles. Les personnes en phase terminale présentent habituellement une obnubilation, une anurie, un état de choc, une tachypnée, une normothermie faisant place à une hypothermie, une arthralgie et des maladies oculairesNote de bas de page 16. La diathèse hémorragique s’accompagne souvent de lésions hépatiques, d’insuffisance rénale, d’une atteinte au système nerveux central et d’un état de choc terminal avec défaillance multiviscéraleNote de bas de page 1Note de bas de page 2. Le contact avec le virus peut aussi entraîner des symptômes de maladie virale aiguë sévère, une sensation de malaise et une éruption maculo-papuleuse. En général, les femmes enceintes perdent leur fœtus et ont des saignements importantsNote de bas de page 2Note de bas de page 17. Le taux de létalité varie de 50 à 100 %, la plupart des cas mourant d’un choc hypovolémique et d’un syndrome de défaillance multiviscéraleNote de bas de page 18.

La pathogénicité des diverses espèces du virus Ebola ne diffère pas considérablement dans le sens où elles ont toutes été associées à des éclosions de fièvre hémorragique chez les humains (sauf dans le cas de la souche Ebola Reston) et les primates non humains. Les espèces Ebola Zaïre et Ebola Soudan sont particulièrement réputées pour leur virulence avec leur taux de létalité pouvant atteindre 90 %Note de bas de page 19. Les espèces moins virulentes sont le virus Ebola Forêt de Taï et le virus Ebola Bundibugyo, découvert plus récemment et qui a été associé à une seule éclosion, en OugandaNote de bas de page 6Note de bas de page 7. Le virus Ebola Bundibugyo était à l’origine de l’éclosion à Isiro, en République démocratique du Congo, en 2012. Le virus Ebola Reston a été isolé chez des macaques cynomolgus (Macaca fascicularis) aux Philippines, en 1989; il est moins pathogène chez les primates non humains. Le virus Ebola Reston semble être non pathogène chez l’humain; les seuls effets sur la santé sont des traces sérologiques indiquant une exposition observées chez quatre travailleurs ayant manipulé des primates non humains infectésNote de bas de page 20.

La plus grande éclosion de la maladie à virus Ebola s’est développée en Guinée, en décembre 2013, et a été causé par le virus Ebola ZaïreNote de bas de page 14. Cette éclosion a été marquée par une manifestation clinique gastro-intestinale, bien que les symptômes les plus courants de la maladie à virus Ebola soient la fièvre, l’anorexie, l’asthénie et l’éruption maculo-papuleuse qui se manifestent 5 à 7 jours après le début de la maladieNote de bas de page 14. Le taux de létalité observé au cours de cette éclosion est estimé à environ 50 %Note de bas de page 14.

Transmissibilité : Transmissible pendant toute la période où le virus est présent dans le sang, les liquides corporels ou les organes. Le virus Ebola a été isolé dans le sperme 61 à 82 jours après l’apparition de la maladie et il est possible qu’une transmission par le sperme soit possibleNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 21Note de bas de page 22.

Dans le contexte d’une éclosion, l’hypothèse est que le premier patient devient infecté suite à un contact avec un animal infectéNote de bas de page 23. La transmission d’une personne à une autre se fait par contact direct avec une personne infectée ou ses liquides organiques pendant les derniers stades de l’infection ou suite à son décèsNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 23Note de bas de page 24. Les principales voies d’exposition comprennent l’inoculation et le contact avec des muqueuses ou une peau abrasée ou blesséeNote de bas de page 14. Les infections nosocomiales peuvent se produire par contact avec des liquides corporels infectés, par exemple à la suite de la réutilisation de seringues, d’aiguilles ou d’autres instruments médicaux contaminés par ces liquidesNote de bas de page 1Note de bas de page 2. L’humain peut être infecté lorsqu’il manipule des primates non humains malades ou morts; de même il est à risque d’exposition lorsqu’il manipule le corps de personnes décédées en préparation pour leurs funéraillesNote de bas de page 2Note de bas de page 10Note de bas de page 25. Le cas index de l’éclosion qui a pris naissance en Guinée en décembre 2013 a été infecté en consommant de la viande de brousse infectéeNote de bas de page 14.

En laboratoire, des primates non humains ont été infectés à la suite d’une exposition à des aérosols de virus Ebola provenant du porc, mais une transmission par voie aérienne n’a pas été démontrée entre primates non humainsNote de bas de page 1Note de bas de page 10Note de bas de page 16Note de bas de page 26Note de bas de page 27. Des porcs ont excrété le virus dans leurs sécrétions nasopharyngées et leurs selles après une inoculation expérimentaleNote de bas de page 28Note de bas de page 29. Les études d’infections intranasales chez des cobayes suggèrent que la transmission par contact direct avec des matières infectieuses, y compris celles aérosolisées sur de courtes distances, est plus efficace que l’infection systémiqueNote de bas de page 30.

Épidémiologie : Les éclosions ont lieu principalement dans des régions avoisinant des forêts tropicales humides d’Afrique équatoriale, à l’exception du virus Ebola Reston qui est originaire des PhilippinesNote de bas de page 7Note de bas de page 10. Aucun facteur de prédisposition à l’infection n’a été décelé parmi les personnes infectées.

La plus importante éclosion de virus Ebola connue à ce jour a commencé en décembre 2013. Les premiers cas ont été déclarés en Guinée, suivi d’autres cas identifiés dans les régions avoisinantes (Libéria, Sierra Leone, Nigéria). Une nouvelle souche du virus Ebola Zaïre a été identifiée comme agent causal de l’éclosion qui a causé plus de 10 000 décès et plus de 20 000 cas suspects, probables et confirmésNote de bas de page 14Note de bas de page 17Note de bas de page 23Note de bas de page 31Note de bas de page 32.

En mai 2018, une éclosion a eu lieu dans la région de Bikoro, dans la province de l’Équateur en République démocratique du Congo, avec 38 cas confirmés à la mi-juin 2018Note de bas de page33Note de bas de page 34.

Gamme d'hôtes :

Hôte(s) naturel(s) : Les humains, diverses espèces de singes (chimpanzé, gorille, babouin) et les céphalophes sont des hôtes naturels du virus EbolaNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 5Note de bas de page 23Note de bas de page 28Note de bas de page 29Note de bas de page 35Note de bas de page 36Note de bas de page 37Note de bas de page 38Note de bas de page 39Note de bas de page 40Note de bas de page 41. Des traces sérologiques d’une réponse immunitaire contre le virus dans le sérum de chiens domestiques suggèrent qu’une infection asymptomatique est possible, probablement à la suite d’une exposition à des humains infectés ou à des carcasses d’animauxNote de bas de page 42Note de bas de page 43. Le génome du virus Ebola a récemment été découvert chez deux espèces de rongeurs et une espèce de musaraigne vivant à la lisière des forêts, ce qui évoque la possibilité que ces animaux soient des hôtes intermédiairesNote de bas de page 44.

Autre(s) type(s) d’hôte(s) : Les études expérimentales sur le virus ayant été réalisées au moyen de modèles de souris, de porc, de cobaye et de hamster démontrent la pathogénicité limitée du virus Ebola de type sauvage dans ces modèlesNote de bas de page 45Note de bas de page 46.

Dose infectieuse : Même si la transmission par aérosols n’est pas considérée comme un mode de transmission principal, dans un contexte expérimental une dose infectieuse de 1 à 10 organismes aérosolisés est suffisante pour provoquer des fièvres hémorragiques virales chez les primates non humainsNote de bas de page 47. La dose infectieuse propre au virus Ebola n’est pas connue; cependant, des singes rhésus exposés à un aérosol dans des conditions artificielles ont développé une maladie clinique pour des doses de 2,6 log10 unités formant plage (UFP) de particules de virus Ebola inhalées ayant des diamètres de 0,8 à 1,2 µmNote de bas de page 48.

Période d'incubation : De 2 à 21 jours, mais habituellement de 4 à 10 joursNote de bas de page 1Note de bas de page 14Note de bas de page 16Note de bas de page 18.

Section III – Dissémination

Réservoir : Le réservoir naturel du virus Ebola n’est pas connu à ce jour, mais certaines espèces de chauve-souris spécifiques sont considérées comme des réservoirs naturels potentiels en raison de la présence d’anticorps sériques et d’ARN viralNote de bas de page 2Note de bas de page 14Note de bas de page 49Note de bas de page 50Note de bas de page 51Note de bas de page 52Note de bas de page 53. Des traces sérologiques d’infection par le virus Ebola (c.-à-d. détection d’anticorps dirigés contre le virus Ebola, y compris les souches Ebola Zaïre et Ebola Reston) ont été observés chez des chauves-souris roussettes provenant des zones boisées et forestières près du Ghana et du Gabon et, à de manière moins fréquente chez des chauves-souris provenant de la Chine continentale et au BangladeshNote de bas de page 50Note de bas de page 51Note de bas de page 52Note de bas de page 53. Des anticorps contre le virus ont été détectés dans le sérum de cobayes domestiques et de rongeurs sauvages mais en absence de corrélation avec une transmission chez l’humainNote de bas de page 44Note de bas de page 54.

Zoonose/Zoonose inversée : La présence d’une zoonose entre les animaux et l’humain est envisagéeNote de bas de page 2Note de bas de page 14Note de bas de page 23Note de bas de page 50.

Vecteur : Aucun vecteur connu.

Section IV – Viabilité et stabilité

Remarque : Toute l’information disponible sur la viabilité et la stabilité est tirée d’articles évalués par des pairs décrivant des résultats expérimentaux et vise à appuyer la réalisation d’évaluations locales des risques en laboratoire.

Sensibilité aux médicaments : Au Canada, il n’existe actuellement aucun vaccin ni produit thérapeutique approuvé pour la prévention, la prophylaxie post-exposition ou le traitement de la maladie à virus Ebola. Les symptômes de la maladie peuvent être traités par l’administration de liquides intraveineux et d’électrolytes équilibrants, le maintien de la concentration d’oxygène et de la pression artérielle, le remplacement du sang perdu et des facteurs de coagulation ainsi que le traitement d’autres infections si elles surviennentNote de bas de page 55.

Les vaccins recombinants à base de virus de la stomatite vésiculeuse (VSV) ont démontré leur efficacité chez les modèles de primates non humains, à la fois comme vaccins préventifs uniques et comme traitements post-expositionNote de bas de page 56. Le VSV-EBOV est un vaccin expérimental mis au point au Canada qui contient une glycoprotéine du virus Ebola au lieu d’une glycoprotéine du VSV. Le vaccin a fait l’objet d’essais cliniques au Canada et aux États-Unis.

Les anticorps monoclonaux se sont également révélés très prometteurs comme traitement efficace contre le virus Ebola. ZMapp, un cocktail de 3 anticorps monoclonaux hautement purifiés, a montré une protection à 100 % des primates non humains lorsque le traitement est initié jusqu’à 5 jours après l’expositionNote de bas de page 57. ZMapp n’a pas encore fait l’objet de tests d’innocuité et d’efficacité dans le cadre d’un essai clinique sur des humains, bien que des essais sur les anticorps monoclonaux soient en coursNote de bas de page 58.

Résistance aux médicaments : Il n’existe pas de traitement antiviral connu contre l’infection chez l’humain.

Sensibilité aux désinfectants : Le virus Ebola est sensible à l’acide acétique (concentration de 3 %), au glutaraldéhyde (concentration de 1 %), aux produits à base d’alcool, à l’hypochlorite de calcium (poudre de blanchiment) et à des dilutions de 5,25 % d’eau de Javel (c.-à-d. hypochlorite de sodium 0,525 % à 0,0525 % pendant un minimum de 10 minutes)Note de bas de page 59Note de bas de page 60Note de bas de page 61Note de bas de page 62. Selon les recommandations de l’OMS concernant le nettoyage des déversements de sang ou de liquides corporels, lorsque les surfaces contaminées peuvent tolérer un contact avec de puissants agents de blanchiment (comme les surfaces en ciment ou en métal) sont de mouiller abondamment le déversement avec une solution d’eau de Javel à 5,25 % diluée dans une proportion de 1:10 (c.-à-d. 1 part d’eau de Javel diluée dans 9 parts d’eau, ou 0,525 % d’hypochlorite de sodium) et laisser agir 10 minutesNote de bas de page 62. Lorsque les surfaces contaminées sont sujettes à la corrosion ou à une décoloration, il est recommandé de les nettoyer soigneusement pour enlever les taches visibles, puis d’appliquer une solution d’eau de Javel à 5,25 % diluée dans une proportion de 1:100 (c.-à-d. 1 part d’eau de Javel diluée dans 99 parts d’eau ou 0,0525 % d’hypochlorite de sodium) et de la laisser agir pendant plus de 10 minutes.

Des tests en laboratoire ont démontré que l’utilisation d’une solution à 70 % d’éthanol pendant 1 minute est efficace pour inactiver les variantes Mayinga et Kikwit du virus, alors qu’il faut 2,5 minutes pour inactiver la variante Makona. La Food and Drug Administration des États-Unis suggère que les concentrations d’éthanol se situent entre 60 et 95 %Note de bas de page 63. L’utilisation de solutions d’hypochlorite de sodium à 0,5 % et à 1 % (c.-à-d. 50 ml d’eau de Javel domestique dans 450 ml ou 200 ml d’eau, respectivement) pendant 5 minutes est efficace pour inactiver les trois variantes du virusNote de bas de page 63Note de bas de page 64. L’OMS recommande également l’utilisation d’une solution chlorée à 0,5 % pour désinfecter les surfaces contaminées par le virus EbolaNote de bas de page 63.

Inactivation physique : Le virus Ebola est moyennement thermolabile et peut être inactivé par chauffage pendant 30 à 60 minutes à 60 °C, par ébullition pendant 5 minutes, ou par irradiation gamma (1,2 x 106 rad à 1,27 x 106 rad) en association avec du glutaraldéhyde à 1 %Note de bas de page 10Note de bas de page 59Note de bas de page 61. Le virus Ebola est également moyennement sensible au rayonnement UVCNote de bas de page 65. La souche de virions Ebola Makona dans les échantillons de sérum de dopage peut être inactivée après incubation pendant 1 heure à 56 °C avec Tween-20 à 0,5 %, ce qui est considéré comme une application plus pratique sur le terrainNote de bas de page 66. Une charge virale Ebola élevée dans les échantillons de frottis de sang entier peut être inactivée en utilisant une étape de fixation au méthanol à 100 % de 15 minutesNote de bas de page 67.

L’inactivation virale est recommandée pour les échantillons destinés aux essais cliniques en laboratoire. Les tampons de lyse à base de thiocyanate de guanidine couramment utilisés pendant les processus d’extraction des acides nucléiques (p. ex. pour les applications PCR en aval) peuvent être efficaces pour l’inactivation des virus à ARN enveloppésNote de bas de page 68Note de bas de page 69Note de bas de page 70. La méthode d’inactivation doit être choisie en fonction de son efficacité d’inactivation virale et de son interférence avec les résultats des tests subséquents (p. ex. électrolytes, glucose, enzymes, protéines). Pour obtenir de plus amples informations, veuillez consulter les Lignes directrices provisoires en matière de biosécurité à l’intention des laboratoires qui manipulent des échantillons prélevés chez des patients faisant l’objet d’examens pour la maladie à virus Ebola.

Survie à l'extérieur de l'hôte : Les filovirus peuvent survivre pendant plusieurs semaines dans le sang, et ils peuvent également survivre sur des surfaces contaminées, notamment à basse température (4 °C)Note de bas de page 71Note de bas de page 72. Dans des conditions climatiques ouest-africaines où la température est de 28 °C et le taux d’humidité relative est de 90 %, le virus Ebola peut persister dans le sang séché de primates humains ou non humains pendant une période de 7 à 10 joursNote de bas de page 64. Dans une étude, il s’est avéré impossible de récupérer le virus Ebola sur des surfaces contaminées expérimentalement (p. ex. plastique, métal ou verre) à température ambianteNote de bas de page 72. Dans une autre étude, le virus Ebola dans des liquides contaminés séché sur du verre, du caoutchouc de silicone ou un alliage d’aluminium peint, peut survivre en l’absence de lumière pendant plusieurs heures aux conditions ambiantes (température de 20 °C à 25 °C et taux d’humidité relative de 30 % à 40 %) (la quantité de virus a diminué à 37 % après 15,4 heures); le virus Ebola est toutefois moins stable que certains autres virus causant une fièvre hémorragique (virus Lassa)Note de bas de page 65Note de bas de page 73. Dans un milieu de culture de tissus séché sur du verre et entreposé à 4 °C, le virus Ebola Zaïre a survécu pendant plus de 50 joursNote de bas de page 72. Il a été démontré que la variante Makona du virus Ebola en suspension dans le sol organique persiste sur des surfaces en acier et en plastique pendant 192 heures, comparativement à moins de 24 heures sur le coton. Le virus Ebola en suspension dans le sérum peut survivre dans l’environnement pendant 46 joursNote de bas de page 63. Cette information est tirée de travaux expérimentaux et n’est donc pas fondée sur des observations réalisées dans des conditions naturelles. Cette information vise à appuyer la réalisation d’évaluations locales des risques en laboratoire.

Dans des conditions climatiques ouest-africaines moyennes de 27 °C et pour un taux d’humidité relative de 80 %, le virus Ebola (souche Makona) peut rester viable sur des gants (<1 heure), du coton et des lunettes (<24 heures), et d’autres équipements de protection individuelle tels que respirateurs, les combinaisons et les cagoules (<72 heures)Note de bas de page 74.

Selon une étude portant sur la transmission du virus Ebola à partir de vecteurs passifs dans une salle d’isolement, le risque de transmission est faible lorsque les recommandations en matière de prévention des infections s’appliquant aux fièvres hémorragiques virales sont respectéesNote de bas de page 75. Ces protocoles de prévention des infections comprenaient la décontamination quotidienne des planchers avec une solution d’eau de Javel à 0,5 % et la décontamination des surfaces visiblement contaminées avec une solution d’eau de Javel à 0,05 %, au besoin.

Section V – Premiers soins et considérations d'ordre médical

Surveillance : Un diagnostic final peut être obtenu rapidement dans un laboratoire équipé de manière adéquate pour effectuer plusieurs techniques, dont la RT-PCR pour détecter l’ARN viral, la méthode ELISA pour détecter les anticorps anti-Ebola ou les antigènes viraux, l’immunoélectromicroscopie pour détecter les particules de virus Ebola dans les tissus et les cellules, et l’immunofluorescence indirecte pour détecter les anticorps antivirauxNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 15Note de bas de page 47. Il convient de souligner qu’il est impossible de distinguer morphologiquement le virus de Marburg du virus Ebola et que la surveillance du virus Ebola en laboratoire est extrêmement dangereuseNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 15Note de bas de page 76. Pour obtenir de plus amples informations, veuillez consulter les Lignes directrices provisoires en matière de biosécurité à l’intention des laboratoires qui manipulent des échantillons prélevés chez des patients faisant l’objet d’examens pour la maladie à virus Ebola.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement en vigueur dans tous les pays.

Remarque : Les recommandations relatives à la surveillance en laboratoire devraient figurer dans un programme de surveillance médicale, qui se fonde sur une évaluation locale des risques des agents pathogènes et des activités entreprises, ainsi que sur une évaluation globale des risques du programme de biosécurité dans son ensemble. On trouve de plus amples renseignements sur la surveillance médicale dans le Guide canadien sur la biosécurité (GCB).

Premiers soins/traitement : Il n’existe pas de traitement antiviral efficaceNote de bas de page 39Note de bas de page 50. Bien que le favipiravir puisse sauver des animaux à la suite d’une dose létale du virus Ebola, son potentiel antiviral contre le virus Ebola est considéré comme relativement faible et il n’existe pas de données sur son efficacitéNote de bas de page 77. Les traitements sont plutôt utilisés à titre de soutien et comprennent l’administration de liquides intraveineux et d’électrolytes équilibrants, le maintien de la concentration d’oxygène et de la pression artérielle, le remplacement du sang perdu et des facteurs de coagulation ainsi que le traitement d’autres infections si elles surviennent, dans le but de maintenir la fonction des organes, de combattre les hémorragies et de soulager l’état de chocNote de bas de page 23Note de bas de page 55Note de bas de page 78. Au Canada, il n’existe actuellement aucun vaccin ni produit thérapeutique approuvé pour la prévention, la prophylaxie post-exposition ou le traitement de la maladie à virus Ebola. Des anticorps monoclonaux sont également à l’étude pour le traitement de la maladie du virus Ebola, mais leur utilisation n’a pas encore été approuvéeNote de bas de page 77. Un essai clinique de phase 1 évaluant l’innocuité et la tolérabilité d’un anticorps monoclonal unique (mAb114) mis au point à partir d’un survivant d’Ebola est en coursNote de bas de page 58. Des produits sanguins de convalescent recueillis chez des survivants de la maladie d’Ebola ont été administrés à des patients en Afrique, mais les avantages d’un tel traitement demeurent incertainsNote de bas de page 77.

Remarque : Les recommandations spécifiques pour les premiers soins et les traitements en laboratoire devraient provenir du plan d’intervention post-exposition, qui devrait être élaboré dans le cadre du programme de surveillance médicale. De plus amples renseignements sur le plan d’intervention post-exposition se trouvent dans le GCB.

Immunisation : Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué pour prévenir la maladie à virus Ebola; cependant, le vaccin candidat rVSV-ZEBOV a été étudié dans des essais cliniques de phase 1 et 2 où il a démontré une réactivité et une immunogénicité liées à la dose, ainsi que dans un essai clinique de phase 3 en Afrique de l’Ouest, utilisant une stratégie de vaccination en anneau randomisée par grappes. Les résultats de ces études suggèrent que le rVSV-ZEBOV est sécuritaire et efficace en tant que mesure prophylactique pré-exposition pour le virus Ebola ZaïreNote de bas de page 77Note de bas de page 79. Étant donné que le vaccin est considéré comme expérimental, il a été administré pour des raisons d’usage compassionnel lors de l’éclosion de virus Ebola de 2018 en République démocratique du CongoNote de bas de page 80. Pour de plus amples renseignements sur le rVSV-ZEBOV, veuillez consulter la fiche d’information VSV-EBOV, vaccin du Canada contre le virus Ebola.

Parmi les autres candidats vaccins potentiels qui vont être mis à l’essai, on peut citer les plateformes d’adénovirus humains de sérotype 26 ou 35 avec une dose de vaccine Ankara modifiée (MVA). L’efficacité du vaccin a été étudiée chez les cobayes infectés par le virus Ebola via les muqueuses, car il s’agit d’une voie d’infection plus courante que l’infection intramusculaire chez les primates non humains. Les cobayes infectés par voie intranasale présentaient un taux de survie de 100 % avec administration préalable d’Ad5-ZGP avec adjuvantNote de bas de page 81.

Remarque : Pour de plus amples renseignements sur le programme de surveillance médicale, veuillez consulter le GCB ainsi que le Guide canadien d’immunisation.

Prophylaxie : Aucune. La prise en charge de patients infectés avec le virus Ebola est basée uniquement sur l’isolement et les soins en isolement qui incluent des traitements pour les symptômes et des traitements de soutienNote de bas de page 8. Le vaccin candidat rVSV-ZEBOV a été utilisé comme mesure prophylactique post-exposition chez l’humain; toutefois, les résultats suggèrent que la réponse immunitaire au vaccin n’est pas suffisamment rapide pour prévenir de façon fiable la maladie du virus Ebola chez l’humain lorsqu’elle est administrée après une expositionNote de bas de page 77.

Remarque : De plus amples renseignements sur la prophylaxie dans le cadre du programme de surveillance médicale se trouvent dans le GCB.

Section VI – Dangers pour le personnel de laboratoire

Infections acquises en laboratoire : Un cas quasi-mortel est survenu à la suite d’une minuscule piqûre au doigt dans un laboratoire anglais (1976)Note de bas de page 76. Un zoologiste suisse a contracté l’infection à virus Ebola après avoir effectué l’autopsie d’un chimpanzé en 1994Note de bas de page 2Note de bas de page 82. En 2009, en Allemagne, une chercheuse de laboratoire s’est piquée avec une aiguille utilisée sur une souris infectée par le virus Ebola; aucune infection n’a été déclarée. D’autres incidents ont été répertoriés aux États-Unis en 2004, et un cas mortel est survenu en Russie en 2004Note de bas de page 8.

Remarque : Veuillez consulter la Norme canadienne sur la biosécurité (NCB) et le GCB pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les exigences et les lignes directrices relatives à la déclaration des incidents d’exposition.

Sources/Échantillons : Sang, vomissement, sérum, urine, sécrétions des voies respiratoires et de la gorge, sperme et organes, ou leurs homogénats provenant d’hôtes humains ou animauxNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 73. Les hôtes humains ou animaux, y compris les primates non humains, peuvent aussi être une source d’infectionNote de bas de page 76.

Dangers primaires : Inoculation parentérale accidentelle, exposition respiratoire à des aérosols ou à des gouttelettes infectieuses ou contact direct avec une muqueuse ou la peauNote de bas de page 76.

Dangers particuliers : Le fait de travailler avec des primates non humains ou des rongeurs infectés (ou avec leurs carcasses infectées) ou le fait d’y être exposé entraîne un risque d’infection pour l’humainNote de bas de page 76.

Section VII – Contrôle de l'exposition et protection personnelle

Classification par groupe de risque : Tous les membres du genre virus Ebola sont considérés comme des agents pathogènes humains du groupe de risque 4 (GR4) et des agents pathogènes animaux du GR4. Le virus Ebola fait aussi partie de la catégorie agent biologique à cote de sécurité élevée (ABCSE)Note de bas de page 83.

Exigences de confinement : Il faut respecter les exigences de niveau de confinement 4 (NC4) applicables énoncées dans la NCB ainsi que dans les lignes directrices en matière de biosécurité à l’intention des laboratoires qui manipulent des échantillons prélevés chez des patients faisant l’objet d’examens pour la maladie à virus Ebola.

Remarque : Il existe d’autres exigences en matière de sécurité, comme l’obtention d’une Habilitation de sécurité en vertu de la Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines (LAPHT), pour les travaux impliquant des ABCSE.

Vêtements de protection : Dans les laboratoires où sont manipulés des échantillons prélevés chez des patients faisant l’objet d’examens pour la maladie à virus Ebola : Avant d’entrer dans le laboratoire, le personnel doit enlever sa tenue de ville, de même que sous-vêtements et bijoux, pour ensuite mettre des vêtements et des chaussures réservés aux travaux en laboratoire, ou mettre un vêtement protecteur complet (c’est-à-dire qui couvre entièrement la tenue de ville). Une protection supplémentaire peut être portée par-dessus les vêtements de laboratoire lors de la manipulation directe de matières infectieuses, comme un blouses à devant solide avec poignets serrés, deux paires de gants et un appareil de protection respiratoire avec filtre à particules approuvé (p. ex. N95 ou plus). Une protection pour les yeux devrait être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure (p. ex. lunettes de sécurité ou visière). Des chaussures imperméables et nettoyables ou des couvre-chaussures imperméables ou résistantes aux liquides devraient être portés. L’équipement de protection individuelle (EPI) doit être enlevé de manière à minimiser le contact avec la peau, les cheveux, le visage et les objets solides. Les vêtements et les EPI contaminés doivent être décontaminés de façon appropriée.

Dans les laboratoires de NC4 : Avant d’entrer dans le laboratoire, le personnel doit enlever sa tenue de ville, sous-vêtements et bijoux, pour ensuite mettre des vêtements et des chaussures réservés aux travaux en laboratoire. Le personnel doit enfiler une combinaison à pression positive ou porter une protection supplémentaire par-dessus les vêtements de laboratoire, comme des blouses à devant solide avec des poignets serrés, deux paires de gants et un appareil de protection respiratoire avec filtre à particules approuvé (p. ex. N95 ou plus) pour le travail à l’intérieur d’une enceinte de sécurité biologique (ESB) de classe III. Il faut porter des chaussures imperméables et nettoyables ou des couvre-chaussures imperméables ou résistants aux liquides. L’équipement de protection individuelle (EPI) doit être enlevé de manière à minimiser le contact avec la peau, les cheveux, le visage et les objets solides. Les vêtements et les EPI contaminés doivent être décontaminés de façon appropriée.

Autres précautions : Dans les laboratoires de NC4 : Toutes les activités impliquant des matières infectieuses doivent s’effectuer dans une ESB, avec une combinaison à pression positive, ou dans une ESB de classe III. La centrifugation des matières infectées doit s’effectuer dans des godets ou des rotors scellés qui sont déchargés dans une ESB. L’intégrité des combinaisons à pression positive doit être régulièrement examinée pour en déceler les fuites. L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets pointus ou tranchants doit être strictement limitée. Les lésions ouvertes, les coupures, les égratignures et les éraflures doivent être couvertes de pansements à l’épreuve de l’eau. Minimiser les activités qui peuvent générer des aérosols (p. ex. mélange d’échantillons, pipetage, centrifugation). Des précautions additionnelles doivent être envisagées pour le travail avec des animaux.

Dans les laboratoires où sont manipulés des échantillons prélevés chez des patients faisant l’objet d’examens pour la maladie à virus Ebola : Toutes les activités impliquant des matières infectieuses doivent s’effectuer dans une ESB. La centrifugation des matières infectées doit s’effectuer dans des godets ou des rotors scellés qui sont déchargés dans une ESB. Seuls de minces frottis sanguins devraient être préparés. Les hémocultures devraient être préparées dans un système fermé et la sous-culture ne devrait être effectuée que si elle est essentielle aux soins des patients, car elle a le potentiel de générer des aérosols.

Les tests faits à l’aide d’une bandelette test pour les patients qui font l’objet d’une évaluation ne devraient être effectués que sur du sang inactivé. Si les analyseurs automatisés ont des points d'échantillonnage ou des évents qui peuvent permettre la libération d’aérosols dans le laboratoire, il est recommandé que le système soit contenu dans une ESB certifiée, dans un couvercle en plexiglas ou une pellicule flexible; ou par l’utilisation de filtres HEPA pour traiter l’air évacué par le système.

Les laboratoires devraient tenir à jour les registres de toutes les personnes qui ont manipulé, décontaminé et transporté ces types d’échantillons cliniques. Il peut être utile d’établir des procédures de « chaîne de possession » afin d’améliorer la biosûreté dans la gestion et le transfert des échantillons prélevés chez des patients faisant l’objet d’examens pour la maladie à virus Ebola.

Dans les hôpitaux, il n’est pas recommandé d’utiliser un système de transport pneumatique par tube ou des pipelines à capsules pour le transport d’échantillons suspects de maladie à virus EbolaNote de bas de page 84. Les contenants d’échantillons à transporter pour des tests supplémentaires et tests de confirmation doivent être décontaminés en surface à l’aide d’un désinfectant efficace avant l’emballage. Si des retards de transport sont prévus, les échantillons devraient être entreposés dans un réfrigérateur ou congelés à -70 °C dans une zone sécurisée.

À des fins de transport des échantillons entre installations ou vers le Laboratoire national de microbiologie (LNM), communiquez avec le laboratoire de santé publique de votre province en vue d’effectuer une coordination avec le directeur du centre des opérations du LNM, au 1-866-262-8433. Lors d’expéditions, les échantillons de patients et les échantillons primaires doivent être expédiés en tant que matière infectieuse « UN2814, catégorie 6.2 », et le Plan d’intervention d’urgence (PIU) doit être activé.

Section VIII – Manutention et entreposage

Déversements : Dans les laboratoires où sont manipulés des échantillons prélevés chez des patients faisant l’objet d’examens pour la maladie à virus Ebola : laisser le temps aux aérosols de se déposer. Vêtu de vêtements protecteurs, couvrir le déversement accidentel de papier absorbant et appliquer le désinfectant approprié en commençant en périphérie et en se déplaçant vers le centre. Laisser passer suffisamment de temps avant d’entreprendre le nettoyageNote de bas de page 85.

La zone de déversement doit être évacuée et sécurisée. Il faut laisser les aérosols se déposer pendant au moins 30 minutes. Les déversements de matières potentiellement contaminées devraient être recouverts d’un matériau absorbant à base de papier (p. ex. essuie‑tout), recouverts généreusement d’un désinfectant efficace (p. ex. hypochlorite de sodium à 1 %) et laissés mouiller pendant un temps approprié (p. ex. 10 minutes) avant d’être essuyés. Après l’enlèvement du matériau absorbant initial, le processus de désinfection doit être répété. Les personnes qui effectuent cette tâche devraient porter l’EPI, y compris l’appareil de protection respiratoire avec filtre à particules (p. ex. N95 ou plus). Les gants jetables, les blouses imperméables et les protections oculaires doivent être retirés immédiatement après le processus, être mis dans un sac pour autoclave et décontaminés avant d’être jetés.

Élimination : Tous les matériaux et les substances qui ont été en contact avec l’agent infectieux doivent être complètement décontaminés avant d’être retirés de la zone de confinement. On peut y parvenir en utilisant une méthode de décontamination dont l’efficacité contre les matières infectieuses a été démontrée, comme les désinfectants chimiques, l’autoclavage, l’irradiation, l’incinération, un système de traitement des effluents ou la décontamination gazeuseNote de bas de page 85.

Entreposage : Les exigences de NC4 ou NC4-Ag applicables en matière d’entreposage décrites dans la NCB doivent être suivies. Le matériel infectieux et les toxines doivent être entreposés dans la zone de confinement.

Section IX – Renseignement sur la réglementation et autres informations

Renseignement sur la réglementation : L’importation, le transport et l’utilisation d’agents pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de s’assurer de respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

Le travail avec le virus Ebola nécessite un permis d’agent pathogène et de toxine, délivré par l’Agence de la santé publique du Canada, et un permis d’importation d’agents zoopathogènes, délivré par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Le virus Ebola fait l’objet d’un contrôle officiel dans le cadre des mesures suivantes : agents pathogènes et toxines réglementés (Select Agents and Toxins – États-Unis), ABCSE, maladies à déclaration obligatoire à l’échelle nationale (fièvre hémorragique virale) et la Loi sur la mise en quarantaine. Le virus Ebola a également le statut de maladie animale émergente (veuillez communiquer avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments).

Mise à jour : 2018

Préparé par : Centre de la biosûreté, Agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes proviennent de sources jugées fiables, l’ASPC ne se rend pas responsable de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. De nouveaux dangers sont fréquemment découverts, et l’information pourrait ne pas être à jour.

Tous droits réservés
Agence de la santé publique du Canada, 2018
Canada

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