Pour les professionnels de la santé : virus Zika

Renseignements détaillés sur le virus Zika à l'intention des professionnels de la santé.

Sur cette page

Ce que les professionnels de la santé doivent savoir à propos du virus Zika

Le virus Zika est un virus neurotrope capable de pénétrer dans le système nerveux et ciblant les cellules progénitrices neuronales. Le virus Zika se transmet principalement par la piqûre de moustiques infectés, bien qu'il se transmette aussi sexuellement.

L'exposition au virus Zika durant le développement du fœtus augmente le risque d'effets graves sur la santé, comme le syndrome congénital associé à l'infection à virus Zika. Pour cette raison, les voyageurs qui se rendent dans des pays ou des régions touchés par le virus Zika devraient attendre, avant de tenter de concevoir :

  • six mois après leur retour, si vous êtes un homme, peu importe si votre partenaire de sexe féminin a voyagé avec vous.
  • deux mois après leur retour, s'ils sont de sexe féminin et que leur partenaire masculin n'a pas voyagé avec eux.
  • Les couples devraient pratiquer l'abstinence ou utiliser des moyens de contraception, comme les préservatifs, de manière adéquate.

Les voyageurs de sexe masculin dont la partenaire est enceinte devraient :

  • toujours utiliser un préservatif de manière adéquate, ou
  • éviter tout rapport sexuel pour la durée de la grossesse

Pour vous aider à conseiller vos patients qui planifient un voyage, vous pouvez :

Pour des détails supplémentaires, consulter les Recommandations sur la prévention et le traitement du virus Zika pour les professionnels de la santé au Canada du CCMTMV.

Agent causant la maladie

Le virus Zika est un flavivirus monocaténaire à ARN qui fait partie de la famille des Flaviviridae.

Le virus Zika possède au moins deux lignées :

  • la lignée asiatique
  • la lignée africaine

Une étude récente indique qu'il pourrait y avoir trois lignées virales distinctes sur le plan géographique (africaines I et II et asiatique); toutefois, on sait encore peu de choses sur l'évolution et la diversité du virus Zika. La souche de la lignée asiatique est récemment apparue dans la région du Pacifique et en Amérique.

Aedes aegypti est :

  • le vecteur principal du virus Zika
  • en grande partie confinée aux régions tropicales et subtropicales, bien que des populations puissent exister en région tempérée dans des refuges isolés

Aedes albopictus a aussi été cité comme vecteur, bien que son rôle dans la présente éclosion demeure incertain. Cette espèce est largement répandue à l'extérieur des tropiques.

Dernièrement, un petit nombre de spécimens des espèces Aedes aegypti et Aedes albopictus a été observé à Windsor, en Ontario. On ne sait pas si les populations de ces espèces se sont établies à Windsor. Des études sont en cours afin de déterminer le risque lié à l'introduction récente de ces deux espèces de moustiques dans cette région de l'Ontario.

À l'heure actuelle, les moustiques qui transmettent le virus Zika ne sont pas établis au Canada en raison du climat. Par conséquent, la transmission du virus par les moustiques est très peu probable au Canada.

Ces deux espèces de moustiques sont les mêmes types de moustiques qui peuvent transporter et transmettre le virus de la dengue et le virus chikungunya.

Le virus Zika fait partie de la même famille que les virus qui causent :

  • la dengue
  • la fièvre du Nil occidental
  • l'encéphalite de Saint-Louis
  • l'encéphalite japonaise

Manifestations cliniques

Les infections asymptomatiques sont courantes. On estime que seulement une personne infectée au virus Zika sur quatre présentera des symptômes.

Les principaux symptômes associés à une infection à virus Zika sont les suivants :

  • douleur rétro-orbitaire
  • faible accès de fièvre (de 37,8 à 38,5 °C)
  • symptômes généraux, non spécifiques à la maladie :
    • myalgie
    • asthénie
    • céphalées
  • arthrite ou arthralgie transitoire et possibilité d'œdème articulaire,
    • surtout aux petites articulations des mains et des pieds
  • éruption maculopapulaire qui s'étend souvent du visage au corps
  • hyperémie conjonctivale ou conjonctivite bilatérale non purulente

La période d'incubation varie de 3 à 14 jours. Les symptômes sont habituellement légers et durent de 2 à 7 jours. La plupart des gens se rétablissent complètement, n'ont pas de complications graves et doivent simplement bénéficier de soins de soutien. Le taux d'hospitalisation est faible.

L'infection pourrait ne pas être reconnue ou être diagnostiquée à tort comme :

  • la dengue
  • le chikungunya
  • d'autres infections virales causant de la fièvre et des éruptions cutanées

Spectre de la maladie clinique

Le syndrome congénital associé à l'infection à virus Zika englobe un spectre de déficits neurologiques et de déficits de croissance, notamment :

  • une perte auditive
  • le pied bot et l'arthrogrypose
  • un développement anormal du cerveau, y compris :
    • microcéphalie
    • atrophie cérébrale
    • hypoplasie du corps calleux
    • calcifications sous-corticales diffuses
    • développement anormal du cortex
  • déficience visuelle et anomalies oculaires telles que :
    • cataractes
    • microphtalmie
    • anomalies rétiniennes
  • d'autres anomalies neurologiques, notamment :
    • convulsions
    • spasticité
    • irritabilité

Certains pays ont établi une corrélation entre l'infection à virus Zika et l'apparition du syndrome de Guillain-Barré (SGB) (en anglais seulement). Cette corrélation fait présentement l'objet d'un examen approfondi dans le cadre d'études de recherche.

On a déclaré un petit nombre de décès associés à l'infection à virus Zika. Ceux-ci ont été constatés parmi :

  • les nourrissons ayant de graves anomalies congénitales
  • les adultes plus âgés atteints de plusieurs comorbidités

Des déficiences congénitales ont été observées dans des proportions similaires chez les fœtus et les nourrissons dont la mère présentait ou non des symptômes de la maladie durant sa grossesse. Des déficiences ont été signalées chaque trimestre, bien que la probabilité que la mère soit infectée durant son premier trimestre soit plus élevée.

De récentes constatations tirées du registre américain des infections à virus Zika chez la femme enceinte (qui couvre les États-Unis et les territoires des États-Unis) ont permis de déterminer qu'environ 1 fœtus ou nourrisson sur 20 dont la mère avait contracté une infection par le virus Zika durant sa grossesse présentait une anomalie congénitale.

Lorsque l'analyse était limitée aux cas avérés d'infection à virus Zika durant le premier trimestre, environ 1 fœtus ou nourrisson sur 10 présentait une anomalie congénitale possiblement associée au virus Zika.

Dépistage

Le processus décisionnel permettant d'établir si des tests de dépistage du virus Zika doivent être offerts à des adultes est décrit dans l'arbre décisionnel pour le dépistage en laboratoire du virus Zika.

La décision de procéder à des tests devrait tenir compte :

  • des antécédents de voyage
  • des populations à risque
  • de la présence de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika
  • des expositions potentielles non liées aux voyages (par exemple, transmission sexuelle)

Le choix du test optimal, de même que le moment et les modalités, sont expliqués plus en détail dans la section sur le diagnostic.

Le bilan diagnostique pour déceler une infection à virus Zika chez les enfants, en particulier ceux nés de mères infectées pendant la grossesse, peut comprendre d'autres examens non réalisés en laboratoire.

Veuillez vous reporter aux lignes directrices énoncées dans le document de la Société canadienne de pédiatrie, « Point de pratique, 30 mars 2017 ».

Arbre décisionnel pour le dépistage en laboratoire du virus Zika

Équivalent textuel

Cette image représente un arbre décisionnel conçu pour aider les professionnels de la santé à prendre des décisions relatives au dépistage en laboratoire du virus Zika.

Patient de sexe masculin ou patiente non enceinte

Si le patient est un homme ou une femme non enceinte

1. La première question porte sur la population à risque : le patient est-il de sexe masculin ou féminin?

2. A-t-il des antécédents de voyage ou un partenaire sexuel qui s'est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques?

Si la réponse est « non », il n'est pas recommandé de procéder aux tests de dépistage du virus Zika. L'infection à virus Zika est improbable en l'absence d'antécédents de voyage ou d'exposition.

D'autres maladies infectieuses entraînant des signes et des symptômes similaires sont possibles. Le dépistage d'autres maladies infectieuses pourrait être justifié. Si vous avez des doutes sur la pertinence ou l'envergure des tests à effectuer, envisagez de consulter un spécialiste en maladies infectieuses.

2. Si la réponse est « oui » à la question sur les antécédents de voyage pour le patient ou la patiente non enceinte, il faut choisir parmi trois options :

  1. « Le patient présente des symptômes aigus compatibles avec l'infection à virus Zika. »
  2. « Le patient a des antécédents de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika qui se sont résorbés. »
  3. « Le patient ne présente pas de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika. »

Si la réponse est « oui » à la question sur les antécédents de voyage pour le patient ou la patiente non enceinte et :

2.A  que ce patient présente des symptômes aigus compatibles avec l'infection à virus Zika, les tests sont recommandés.

Si la réponse est « oui » à la question sur les antécédents de voyage pour le patient ou la patiente non enceinte et :

2.B  que le patient a des antécédents de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika qui se sont résorbés, les tests devraient être envisagés si la confirmation du diagnostic est jugée utile.

Dans certaines circonstances, par exemple si un couple tente de concevoir un enfant et que la grossesse ne peut être retardée pour des motifs médicaux, des tests pourraient être justifiés. Dans de tels cas, une consultation auprès d'un spécialiste en maladies infectieuses est recommandée.

Si la réponse est « oui » à la question sur les antécédents de voyage pour le patient ou la patiente non enceinte et :

2.C  que le patient ne présente pas de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika, les tests ne sont pas recommandés systématiquement.

Comme dans l'exemple précédent, les tests pourraient être justifiés dans certains cas. Une consultation auprès d'un spécialiste en maladies infectieuses est recommandée.

Arbre décisionnel pour le dépistage en laboratoire du virus Zika

Équivalent textuel

Patiente enceinte

Si la patiente est une femme enceinte

1. A-t-elle des antécédents de voyage ou un partenaire sexuel qui s’est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques?

Si la réponse est « non », alors il n’est pas recommandé de procéder aux tests de dépistage du virus Zika. L’infection à virus Zika est improbable en l’absence d'antécédents de voyage ou d’exposition.

D’autres maladies infectieuses entraînant des signes et des symptômes similaires sont possibles. Le dépistage d'autres maladies infectieuses pourrait être justifié. Si vous avez des doutes sur la pertinence ou l’envergure des tests à effectuer, envisagez de consulter un spécialiste en maladies infectieuses.

2. Si la patiente enceinte répond « oui » pour les antécédents de voyage ou le partenaire sexuel qui s’est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques, il faut choisir parmi trois options :

  1. « Le patient présente des symptômes aigus compatibles avec l’infection à virus Zika. »
  2. « Le patient a des antécédents de symptômes compatibles avec l’infection à virus Zika qui se sont résorbés. »
  3. « Le patient ne présente pas de symptômes compatibles avec l’infection à virus Zika. »

Si la patiente est enceinte et qu’elle répond « oui » pour les antécédents de voyage ou le partenaire sexuel qui s’est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques et :

2.A  que cette patiente présente des symptômes aigus compatibles avec l’infection à virus Zika, les tests sont recommandés.

Si la patiente est enceinte et qu’elle répond « oui » pour les antécédents de voyage ou le partenaire sexuel qui s’est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques et :

2.B  que la patiente a des antécédents de symptômes compatibles avec l’infection à virus Zika, qui se sont résorbés, des tests sont recommandés.

Si la patiente est enceinte et qu’elle répond « oui » pour les antécédents de voyage ou le partenaire sexuel qui s’est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques et :

2.C que la patiente ne présente pas de symptômes compatibles avec l’infection à virus Zika, les tests devraient être envisagés.

L’absence de symptômes ne permet pas de prévoir le risque de syndrome associé à l’infection congénitale à virus Zika. En raison de la complexité de l’interprétation et du déroulement de la grossesse, vous devriez consulter rapidement un spécialiste en maladies infectieuses avant d’envisager des tests.

Diagnostic

En général, le diagnostic en laboratoire est réalisé en analysant le sérum ou le plasma pour déceler l'un ou l'autre des éléments suivants :

  • matériel génétique viral (acide ribonucléique, ou ARN)
  • anticorps spécifiques au virus produits par l’organisme

Il existe deux méthodes d'analyse permettant de détecter le virus Zika, soit les tests d’amplification en chaîne par la polymérase (PCR) et les tests sérologiques.

Tests d’amplification en chaîne par la polymérase (PCR)

Ces tests permettent de détecter directement le matériel génétique du virus Zika. Un résultat positif confirme que le patient est infecté par le virus Zika.

L’analyse de PCR est la plus efficace si elle est effectuée sur des échantillons cliniques comme :

  • le sang prélevé dans les dix jours suivant l’apparition des symptômes
  • l’urine prélevée dans les 14 jours suivant l’apparition des symptômes

Étant donné que le virus Zika peut être présent dans ces types d’échantillons pour une courte durée après l’apparition de l’infection seulement, cela constitue la principale limite de ce test.

Tests sérologiques

Plutôt que d’analyser les composantes du virus, ces tests permettent de détecter la présence d'anticorps contre le virus Zika. Les anticorps peuvent être détectés environ une semaine après l’apparition des symptômes.

Le principal avantage des tests sérologiques est qu’ils demeurent positifs plusieurs mois au minimum après qu’une personne soit infectée.

Toutefois, leurs principales limites consistent en ce que :

  • la réalisation des tests et la présentation des résultats peuvent prendre plusieurs jours, voire quelques semaines
  • il y a un risque de réactivité croisée avec les anticorps qui ciblent d’autres flavivirus associés au virus Zika, comme le virus de la dengue. Un résultat positif à ce test peut indiquer une exposition antérieure à un autre virus ou à un vaccin administré pour certains virus comme la fièvre jaune, ce qui peut en compliquer l’interprétation.

Considérations sur les tests

S’ils s’avèrent positifs, les tests de PCR et les tests sérologiques peuvent être utilisés pour confirmer une infection à virus Zika.

PCR

Si le résultat à un test de PCR est positif, cela indique une infection aiguë à virus Zika malgré des symptômes légers.

Si le résultat est négatif, cela peut indiquer :

  • que la personne n’a pas été infectée
  • que la personne a été infectée, mais que le virus n’était plus présent au moment où l’échantillon a été prélevé. Il est recommandé de procéder à des tests sérologiques afin de confirmer les cas d’infection.

Sérologie

Un résultat positif à un test sérologique peut indiquer :

  • une infection aiguë ou une exposition antérieure au virus Zika
  • une infection aiguë ou une exposition antérieure à un autre flavivirus
  • un vaccin administré pour d’autres virus, comme la fièvre jaune

Pour déceler et confirmer la présence d’anticorps spécifiques au virus Zika dans des échantillons de sérum, il peut être nécessaire de procéder à d’autres tests et, dans certains cas, de prélever des échantillons supplémentaires. Cela est attribuable à la possible réactivité croisée des tests sérologiques avec des anticorps qui sont associés à d’autres flavivirus similaires, comme le virus de la dengue.

Un résultat négatif à un test sérologique pour le virus Zika peut indiquer :

  • que les anticorps ne se sont pas encore développés
  • qu’il n’y avait pas d’infection, ce qui pourrait justifier le prélèvement d’échantillons supplémentaires

Si les résultats d’un test sérologique effectué un à deux mois après le retour de voyage sont négatifs, cela peut indiquer l’absence d’infection car les anticorps se développent généralement quatre semaines après l’exposition. Si le professionnel de la santé soupçonne que le test a été effectué trop tôt, un deuxième échantillon de sang peut être prélevé aux fins d’analyses supplémentaires.

Les patients devraient connaître les limites de ces tests et accepter que les résultats puissent ne pas être disponibles avant quelques semaines.

Traitement

À l’heure actuelle, il n'existe ni prophylaxie, ni vaccin, ni traitement contre l’infection à virus Zika. Toutefois, des traitements peuvent être prescrits pour soulager les symptômes comme de :

  • prendre du repos
  • boire des liquides
  • prendre des analgésiques
    • en évitant la prise d’acide acétylsalicylique (AAS) et de tout autre anti-inflammatoire non stéroïdien jusqu’à ce que la possibilité d’une infection au virus de la dengue ait été écartée
  • prendre des antipyrétiques

Surveillance au Canada

L'Agence de la santé publique du Canada et ses partenaires provinciaux et territoriaux travaillent en étroite collaboration afin d’assurer une surveillance des cas d’infection à virus Zika à l’échelle du Canada.

Au Canada, les professionnels de la santé jouent un rôle essentiel dans le recensement des cas d’infection à virus Zika. Les professionnels de la santé qui ont des questions à ce sujet doivent communiquer avec leurs autorités locales en matière de santé publique pour obtenir de plus amples renseignements.

Le Laboratoire national de microbiologie effectue les tests permettant de détecter le virus en plus d’aider les provinces et les territoires à la réalisation des tests. Certains laboratoires provinciaux procèdent également aux tests.

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