Pour les professionnels de la santé : virus Zika

Obtenez des renseignements détaillés sur le virus Zika à l’intention des professionnels de la santé.

Sur cette page

Ce que les professionnels de la santé doivent savoir à propos du virus Zika

Le virus Zika est principalement transmis par les moustiques. Il s’agit d’un flavivirus à ARN monocaténaire appartenant à la famille des Flaviviridae.

Il existe au moins deux lignées du virus Zika, soit :

  1. la lignée asiatique
  2. la lignée africaine

Selon une étude récente, il existerait trois lignées géographiquement distinctes, soit les lignées asiatiques I et II et la lignée asiatique. On en sait cependant encore trop peu sur l’évolution et la diversité du virus Zika. La lignée asiatique a récemment fait son apparition dans le Pacifique et en Amérique.

Aedes aegypti est la principale espèce vectrice du virus Zika. Cette espèce se limite normalement aux régions tropicales et subtropicales, quoique certaines populations puissent apparaître dans des zones tempérées isolées.  Aedes albopictus a été signalée comme vecteur, mais son rôle dans l’épidémie actuelle n’est pas sûr. Cette espèce est largement répandue en dehors des tropiques, mais ne semble pas s’être établie au Canada. Ces mêmes espèces de moustiques peuvent notamment être porteuses des virus de la dengue et chikungunya.

À l’heure actuelle, aucun des moustiques de genre Aedes qui transmettent le virus Zika n’est établi au Canada en raison du climat. La probabilité de transmission par les moustiques est donc très faible au pays.

Le virus Zika est apparenté à :

  • la fièvre jaune
  • la fièvre du Nil occidental
  • la dengue
  • l’encéphalite de Saint-Louis
  • l’encéphalite japonaise

Familiarisez-vous avec :

Vous serez ainsi en mesure d’inclure l’infection à virus Zika dans votre diagnostic différentiel pour les voyageurs qui reviennent de pays ayant signalé des cas d’infection contractée localement.

Transmission sexuelle

Des données de plus en plus nombreuses confirment le rôle de la transmission sexuelle du virus Zika. L’évaluation rapide du risque donne les renseignements les plus récents à ce sujet.

Manifestations cliniques

L’infection à virus Zika est souvent asymptomatique. On estime que seulement une personne sur quatre infectée par le virus Zika présentent des symptômes.

Voici les principaux symptômes de l’infection à virus Zika :

  • éruption maculopapulaire
    • qui s’étend souvent du visage au corps
  • fièvre peu élevée (moins de 38,5 °C)
  • arthrite ou arthralgie transitoire et possibilité d’œdème articulaire
    • surtout dans les petites articulations des mains et des pieds
  • symptômes généraux non spécifiques, y compris :
    • myalgie
    • asthénie
    • céphalées
  • hyperémie conjonctivale ou conjonctivite bilatérale non purulente
  • douleur rétro-orbitaire

La période d’incubation varie de 3 à 12 jours. Les symptômes de la maladie sont habituellement légers et durent de 2 à 7 jours. La plupart des personnes se rétablissent complètement sans complication grave et ne nécessitent que des soins de soutien simples. Les taux d’hospitalisation sont faibles.

Il est possible que l’infection passe inaperçue ou qu’elle soit confondue avec la dengue, le chikungunya ou une autre infection virale causant de la fièvre et une éruption cutanée.

Un consensus s’établit parmi la communauté scientifique confirmant que l’infection à virus Zika pendant la grossesse peut entraîner un syndrome associé à l’infection congénitale à virus Zika. Ce syndrome comprend un ensemble de déficits neurologiques et du développement, dont la microcéphalie et le syndrome de Guillain-Barré (SGB), ainsi que d’autres anomalies cérébrales congénitales.

Quelques décès liés à l’infection à virus Zika ont été signalés. Ces décès étaient pour la plupart attribuables à la microcéphalie et à des anomalies congénitales associées à l’infection à virus Zika.

Dépistage et diagnostic

La décision d’un clinicien d’effectuer des tests de dépistage du virus Zika s’appuie sur plusieurs facteurs :

  • état de grossesse
  • lieux et dates de voyage
  • présence de symptômes compatibles avec l’infection à virus Zika

Remarque : La stratégie de dépistage actuelle se fonde sur notre compréhension courante de la maladie.

Arbre décisionnel pour le dépistage en laboratoire du virus Zika

Nourrissons et enfants : L’investigation pour déceler une infection à virus Zika chez les patients pédiatriques, en particulier les enfants nés de mères infectées pendant la grossesse, peut comprendre d’autres examens non réalisés en laboratoire.

Veuillez vous reporter aux lignes directrices énoncées dans le document de la Société canadienne de pédiatrie, Point de pratique, 19 décembre 2016.

Équivalent textuel

Arbre décisionnel concernant le dépistage en laboratoire de l’infection à virus Zika

Cette image représente un arbre décisionnel ayant pour but de faciliter la prise de décisions concernant le dépistage en laboratoire de l’infection à virus Zika. Les décisions devraient être prises en tenant compte des populations à risque, des voyages effectués, de l’exposition possible non liée à un voyage (p. ex. transmission sexuelle) et de la présence de symptômes compatibles avec une infection à virus Zika. Le choix du test optimal, y compris le moment et les modalités, est expliqué dans la section relative au diagnostic du site Web.

La première question concerne la population à risque. Le patient est-il un homme ou une femme?

Si le patient est un homme ou une femme non enceinte, a-t-il voyagé dans un pays ayant fait état d’une transmission locale de l’infection à virus Zika par des moustiques, ou a-t-il eu un partenaire sexuel ayant voyagé dans un tel pays?

Si la réponse est « non », le dépistage de l’infection à virus Zika n’est pas recommandé. D’autres maladies infectieuses caractérisées par des signes et des symptômes semblables à ceux de l’infection à virus Zika sont possibles, mais une infection à virus Zika est peu probable en l’absence de voyage ou d’une exposition tels que ceux susmentionnés. Une recherche d’autres maladies infectieuses peut cependant être justifiée. En cas d’incertitude quant à la nécessité de rechercher d’autres maladies ou aux tests à demander, il est recommandé de consulter un spécialiste compétent.

Si la réponse concernant les voyages chez les hommes et les femmes non enceintes est « oui », veuillez choisir parmi les options suivantes : « Le patient présente des symptômes aigus compatibles avec une infection à virus Zika », « Le patient a déjà présenté des symptômes compatibles avec une infection à virus Zika et les symptômes ont disparu » ou « Aucun symptôme compatible avec l’infection à virus Zika n’est présent ».

Si la réponse concernant les voyages chez les hommes et les femmes non enceintes est « oui » ET si le patient présente des symptômes aigus compatibles avec une infection à virus Zika, le dépistage est recommandé.

Si la réponse concernant les voyages chez les hommes et les femmes non enceintes est « oui » ET si le patient a déjà présenté des symptômes compatibles avec une infection à virus Zika et les symptômes ont disparu, le dépistage devrait être envisagé dans les cas où un diagnostic confirmé s’avérerait utile. Dans certaines situations, par exemple un couple qui essaie de concevoir alors que la grossesse ne peut pas être reportée pour des raisons médicales, le dépistage pourrait être justifié alors qu’il ne le serait pas normalement. Il est conseillé de consulter un spécialiste compétent.

Si la réponse concernant les voyages chez les hommes et les femmes non enceintes est « oui » ET si le patient n’a présenté aucun symptôme compatible avec l’infection à virus Zika, le dépistage n’est habituellement pas recommandé. Comme dans l’exemple précédent, le test peut être justifié dans certaines situations. Par exemple, dans le cas d’un couple qui essaie de concevoir alors que la grossesse ne peut pas être reportée pour des raisons médicales, le dépistage pourrait être justifié alors qu’il ne le serait pas normalement. Il est conseillé de consulter un spécialiste compétent.

Si le patient est une femme enceinte, a-t-elle voyagé dans un pays ayant fait état d’une transmission locale de l’infection à virus Zika par des moustiques, ou a-t-elle eu un partenaire sexuel ayant voyagé dans un tel pays?

Si la réponse est « non », le dépistage de l’infection à virus Zika n’est pas recommandé. D’autres maladies infectieuses caractérisées par des signes et des symptômes semblables à ceux de l’infection à virus Zika sont possibles, mais une infection à virus Zika est peu probable en l’absence de voyage ou d’une exposition tels que ceux susmentionnés. Une recherche d’autres maladies infectieuses peut cependant être justifiée. En cas d’incertitude quant à la nécessité de rechercher d’autres maladies ou aux tests à demander, il est recommandé de consulter un spécialiste compétent.

Si le patient est une femme enceinte qui a voyagé dans un pays ayant fait état d’une transmission locale de l’infection à virus Zika par des moustiques OU qui a eu un partenaire sexuel ayant voyagé dans un tel pays, il est recommandé d’effectuer un dépistage de l’infection à virus Zika ET de consulter un infectiologue. La présence ou l’absence de symptômes ne permettent pas de prédire le risque de syndrome congénital associé à l’infection à virus Zika. Le dépistage est recommandé chez toutes les femmes enceintes qui ont pu être infectées à la suite d’un voyage qu’elle-même ou leur partenaire sexuel auraient fait. Vu la complexité de l’interprétation et des aspects temporels de la grossesse, il est recommandé de consulter un spécialiste compétent dans les plus brefs délais.

Diagnostic

Le diagnostic de laboratoire est généralement établi en testant le sérum ou le plasma afin de déceler soit :

  • le matériel génétique viral (ARN), ou
  • les anticorps anti-virus Zika spécifiques produits par l’organisme

Deux méthodes de dépistage permettent actuellement la détection du virus Zika :

  • Test par réaction en chaine par polymérase (ACP) : Ce test permet de détecter directement le matériel génétique du virus Zika. Un résultat positif confirme que le patient est atteint d’une infection à virus Zika.

Le test est le plus efficace quand il est effectué sur des échantillons cliniques :

  • de sang prélevés dans les 10 jours de l’apparition des symptômes
  • d’urine prélevés dans les 14 jours de l’apparition des symptômes

Le virus Zika peut être présent dans ces types d’échantillons pendant une courte période seulement après le début d’une infection, ce qui représente une limite majeure du test par PCR.

  • Tests sérologiques : Ces tests visent à établir la présence d’anticorps dirigés contre le virus Zika, plutôt que la présence de composants viraux. Les anticorps deviennent détectables environ une semaine après l’apparition des symptômes.

Le principal avantage des tests sérologiques est qu’ils demeurent positifs plusieurs mois à la suite d’une infection.

Leurs principales limites sont :

  • la lenteur de leur exécution
  • la possibilité de réactions croisées avec des anticorps dirigés contre d’autres flavivirus apparentés au virus Zika, comme le virus de la dengue. Un résultat positif peut indiquer l’exposition antérieure à un autre virus ou une vaccination antérieure (p. ex. contre la fièvre jaune). L’interprétation est par conséquent difficile.

Limites des tests de dépistage

Des résultats positifs au test par PCR et aux tests sérologiques peuvent servir à confirmer une infection à virus Zika.

PCR

Un test PCR positif pour le virus Zika signifie une infection aiguë. Les symptômes de la maladie sont habituellement bénins et durent de 2 à 7 jours.

Un test PCR négatif pour le virus Zika peut signifier :

  • qu’il n’y a aucune infection
  • que la personne a été infectée, mais que le virus n’était plus présent au moment du prélèvement des échantillons. La réalisation d’analyses sérologiques subséquentes est recommandée.

Si le résultat au test PCR est négatif, il se pourrait que seuls les tests sérologiques permettent de confirmer le cas.

Sérologie

Une sérologie initiale positivepeut révéler soit :

  • une infection aiguë à virus Zika ou l’exposition antérieure au virus Zika
  • une infection aiguë par un autre flavivirus ou l’exposition antérieure à un autre flavivirus
  • une vaccination antérieure (p. ex. contre la fièvre jaune)

L’identification et la confirmation d’anticorps spécifiques anti-virus Zika dans les échantillons de sérum pourraient exiger la réalisation de tests supplémentaires. Ces tests permettront d’écarter la possibilité d’une réactivité croisée avec des anticorps associés à d’autres flavivirus, comme le virus de la dengue.

Une sérologie négativepour le virus Zika pourrait indiquer :

  • que des anticorps n’ont pas déjà été formés
  • qu’il n’y a pas eu d’infection; le prélèvement d’échantillons supplémentaires pourrait être indiqué.

Une sérologie négative réalisée un à deux mois après le retour devoyagepourrait indiquer qu’il n’y a pas eu d’infection, car les anticorps sont habituellement produits dans les quatre semaines suivant l’exposition. Si le fournisseur de soins de santé soupçonne que le test a été effectué à un stade trop précoce, on peut prélever un deuxième échantillon de sang et procéder à un nouveau test.

Les patients devraient connaître et accepter ces limites du dépistage, et le fait que les résultats pourraient ne pas être connus avant plusieurs semaines.

Traitement

À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement préventif, de vaccin, ni de traitement contre l’infection à virus Zika. Le traitement se limite habituellement au soulagement des symptômes :

  • repos
  • hydratation
  • analgésiques
    • éviter l’acide acétylsalicylique (AAS) et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens jusqu’à ce que la possibilité d’une infection par le virus de la dengue ait été écartée
  • antipyrétiques

Surveillance au Canada

L’Agence de la santé publique du Canada et ses partenaires provinciaux et territoriaux collaborent actuellement afin d’assurer la surveillance nationale des cas d’infection à virus Zika au Canada. Les professionnels de la santé qui ont des questions sur le suivi dans leur province ou territoire peuvent communiquer avec les autorités locales de santé publique afin d’obtenir des renseignements détaillés.

Le Laboratoire national de microbiologie est en mesure de déceler le virus et il offre des services de soutien au dépistage aux provinces et aux territoires.

Vous trouverez de plus amples renseignements dans la section qui porte sur la surveillance du virus Zika.

Pour en savoir plus

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez cocher toutes les réponses pertinentes :

Déclaration de confidentialité

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :