Résistance aux antimicrobiens et les animaux - Actions

La résistance aux antimicrobiens est un important problème de santé publique auquel font face tous les pays. Cette page explique quelles mesures nous pouvons prendre pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens liée à l’utilisation de médicaments antimicrobiens chez les animaux.

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Résistance aux antimicrobiens et les animaux

Les antimicrobiens, comme les antibiotiques, sont utilisés pour ralentir la prolifération des bactéries causant des infections et des maladies chez les humains et les animaux ou pour éliminer ces bactéries. La résistance aux antimicrobiens peut se produire naturellement, mais la mauvaise utilisation de ces derniers tant chez les gens, que chez les animaux ou les plantes peut aggraver le problème.

Chez les animaux, l’utilisation d’antimicrobiens peut contribuer au développement et à la prolifération de bactéries résistantes pouvant être transférées aux humains par les aliments que nous consommons (produits d’origine animale) et par contact direct.

Lorsque la résistance aux antimicrobiens se développe, les antibiotiques généralement utilisés peuvent s’avérer ne pas être aussi efficaces ou complètement inefficaces. Les antimicrobiens sont alors rendus moins efficaces dans le traitement des maladies bactériennes chez les humains et les animaux.

La résistance aux antimicrobiens menace la disponibilité continue d’antimicrobiens efficaces permettant de combattre les infections bactériennes en médecine humaine et vétérinaire.

Prendre des mesures pour une meilleure surveillance et une utilisation plus responsable

La résistance aux antimicrobiens (RAM) est un problème complexe demandant aux intervenants de prendre des mesures coordonnées. Nous avons accompli d’importants progrès avec l’adoption d’une approche fondée sur des données probantes afin d’évaluer le risque de résistance aux antimicrobiens associé aux antimicrobiens dont l’utilisation est autorisée chez les animaux. Nous prenons notamment les mesures suivantes :

  • mise en œuvre d’exigences en matière d’innocuité microbiologique pour l’évaluation de nouvelles présentations de médicaments vétérinaires antimicrobiens destinés à être utilisés chez les animaux d’élevage
  • catégorisation des antimicrobiens en quatre catégories selon leur importance pour la médecine humaine afin de permettre le classement par ordre de priorité des options de gestion des risques
  • élaboration d’avertissements spécifiques sur la résistance aux antimicrobiens concernant certains antimicrobiens importants sur le plan médical faisant partie des catégories I, II et III
  • utilisation des données du PICRA afin d’appuyer l’évaluation de l’innocuité microbiologique des médicaments vétérinaires antimicrobiens
  • promotion d’une utilisation prudente des antimicrobiens chez les animaux en collaboration avec :
    • les autorités provinciales et territoriales
    • les homologues internationaux
    • les vétérinaires
    • l’industrie
    • les producteurs d’animaux destinés à l’alimentation
    • les associations
    • d’autres intervenants en santé animale
    • d’autres ministères et organismes fédéraux

D’autres mesures importantes pour accroître la surveillance et faire la promotion d’une utilisation responsable des antimicrobiens chez les animaux comprennent notamment la mise en œuvre de changements spécifiques en matière de réglementation et de politiques. Ces modifications qui tiennent compte des pratiques exemplaires internationales ont été élaborées en collaboration avec des intervenants et des experts canadiens. À travers ces dernières, nous visons à limiter les risques pour la santé humaine et à nous assurer que les antimicrobiens existants continuent d’être efficaces.

Modifications réglementaires

Les modifications réglementaires apportées au Règlement sur les aliments et drogues ont été publiées dans la Partie II de la Gazette du Canada le 17 mai 2017. Ces modifications visaient à accroître la surveillance des antimicrobiens pouvant être utilisés chez les animaux en se concentrant sur ce qui suit :

Ingrédients pharmaceutiques actifs à usage vétérinaire

De nouvelles règles s’appliquant aux ingrédients pharmaceutiques actifs (IPA) prendront effet le 17 mai 2018. Les personnes fabriquant, emballant/mettant une étiquette, mettant à l’essai ou important des IPA pour usage vétérinaire disposent d’une période de transition de 14 mois prenant fin le 17 juillet 2019 afin de soumettre une demande de licence d’établissement pour produits pharmaceutiques (LEPP).

Les modifications réglementaires pour une surveillance accrue des ingrédients pharmaceutiques actifs (IPA) à usage vétérinaire exigent que :

  • les bonnes pratiques de fabrication soient respectées
  • les personnes fabriquant, important, emballant, étiquetant et mettant à l’essai des IPA à des fins vétérinaires possèdent une licence d’établissement pour produits pharmaceutiques
  • les pharmaciens, les vétérinaires ou les personnes préparant des médicaments sous la supervision d’un vétérinaire accrédité doivent posséder une LEPP lorsqu’ils importent des antimicrobiens importants sur le plan médical qui figurent à la Liste A : Liste de certains ingrédients actifs pharmaceutiques antimicrobiens

Les documents d’orientation de Santé Canada sur les bonnes pratiques de fabrication et les LEPP pour les ingrédients pharmaceutiques actifs peuvent être appliqués pour les IPA vétérinaires. Les documents d’orientation connexes sont mis à jour, au besoin.

Importation pour usage personnel de certains médicaments destinés aux animaux d’élevage

Les modifications réglementaires limitent l’importation pour usage personnel (aussi appelée importation pour usage personnel) de médicaments destinés aux animaux d’élevage à ceux figurant sur la Liste B : Liste de certaines drogues vétérinaires pouvant être importées mais non vendus. La Liste B contient les médicaments destinés aux animaux d'élevage pouvant être importés pour usage personnel.

Déclaration des renseignements sur les ventes d’antimicrobiens

Afin d’appuyer la surveillance des antimicrobiens, les modifications réglementaires exigent la présentation des rapports annuels sur les ventes. Ces rapports contiennent des renseignements au sujet des ventes d’antimicrobiens importants sur le plan médical destinés aux animaux figurant dans la Liste A. Les personnes suivantes doivent soumettre de tels rapports :

  • fabricants
  • importateurs
  • préparateurs

Produits de santé animale

Les modifications réglementaires offrent un programme souple et adapté aux risques pour les produits de santé animale figurant dans la Liste C : Produits de santé animale. Elles requièrent également  que les fabricants et les importateurs avisent Santé Canada avant de vendre un produit de santé animale commercialisé au Canada ou d’y apporter des modifications.

Faire la promotion d’une utilisation responsable des antimicrobiens

Nous collaborons avec les intervenants ainsi qu’avec les autorités provinciales et territoriales afin d’apporter des modifications qui font la promotion d’une utilisation responsable des antimicrobiens chez les animaux.

Des avis destinés aux intervenants au sujet de ces modifications ont été publiés en 2014 et en 2017.

Afin d’en assurer l’utilisation responsable par les vétérinaires, nous proposons d’attribuer le statut de vente sur ordonnance à tous les antimicrobiens importants sur le plan médical. La supervision d’un vétérinaire accrédité lors de la prise de décisions est une part importante de la surveillance des antimicrobiens. Les vétérinaires qui prescrivent des médicaments pour les animaux dont ils prennent soin possèdent les connaissances nécessaires pour évaluer l’état de santé de l’animal et diagnostiquer la maladie. Ils peuvent également déterminer si un traitement aux antimicrobiens est nécessaire et choisir le bon traitement.

L’utilisation d’antimicrobiens importants sur le plan médical doit être limitée au traitement et à la prévention des maladies. Ils ne devraient pas être utilisés pour stimuler la croissance des animaux ou pour une durée longue et indéterminée sur ces derniers. Aucune allégation en matière de stimulation de la croissance ne devrait figurer sur les étiquettes, qui sont mises à jour conséquemment.

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