Tendances en matière d'émissions au Canada, 2014 : résumé

Aperçu

Le Canada possède un environnement naturel à la fois riche et diversifié. Qu’il s’agisse de la qualité de l’air et de l’eau, de la conservation de nos espèces en péril ou de la protection de la santé des Canadiens contre les dangers que présente l’environnement, la préservation de notre environnement est essentielle à notre bien-être social et économique.

Les impacts potentiels des changements climatiques sont lourds de conséquences, touchant tous les Canadiens, notre économie, nos infrastructures, notre santé - ainsi que les paysages qui nous entourent, et les espèces fauniques qui s’y trouvent. En tant que pays arctique, le Canada sera fortement touché par les répercussions des changements climatiques.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’échelle mondiale ont augmenté d’environ 40 % entre 1990 et 2011, la majeure partie de cette hausse venant des marchés émergents et des pays en développement. Au cours de cette période, la part des émissions totales mondiales du Canada a légèrement diminué et est maintenant inférieure à 2 %.

Le Canada reconnaît que la lutte aux changements climatiques exige que des mesures soient prises par les entreprises, les consommateurs et les gouvernements de tous les pays. La lutte contre les changements climatiques est une responsabilité partagée au Canada, et les provinces et territoires ont établi des cibles de réduction des émissions et adopté des mesures afin de lutter contre les changements climatiques en fonction de leur situation particulière. De même, les entreprises et les Canadiens à titre individuel prennent aussi des mesures importantes afin de réduire leurs émissions lorsqu’ils utilisent les ressources plus efficacement et qu’ils adoptent de nouvelles technologies encore plus propres.

Le gouvernement du Canada oriente son action sur une approche pragmatique de lutte contre les changements climatiques, qui réduira les émissions tout en continuant de créer des emplois et en stimulant la croissance de l’économie canadienne. Le gouvernement du Canada met en place une approche sectorielle afin de réglementer les émissions de GES, alors que des règlements sont déjà en place dans deux des principaux secteurs d’émissions, soit les transports et l’électricité. En mettant sur pied ce programme de réglementation, le Canada consolide sa position en tant que chef de file mondial de la production d’électricité propre en devenant le premier utilisateur important de charbon au monde à bannir la construction de centrales électriques traditionnelles alimentées au charbon. De plus, les règlements dans le secteur des transports assureront que les voitures à passagers et les camions légers de l'année modèle 2025 émettront environ 50 % moins de GES que les modèles 2008. En outre, les émissions de GES des modèles de camions lourds de 2018 diminueront jusqu’à 23 %.

Les efforts déployés par les Canadiens donnent des résultats. En effet, selon le dernier Rapport d’inventaire national, en 2012, le Canada a émis environ 699 mégatonnes d’équivalent dioxyde de carbone (en Mt d’éq. CO2) de GES dans l’atmosphère, en excluant les émissions/absorptions attribuables au secteur Affectation des terres, changements d’affectation des terres et foresterie. Entre 2005 et 2012, le total des émissions canadiennes de GES a ainsi diminué de 5,1 % (37 Mt), tandis que l’économie a connu une croissance de 10,6 % au cours de la même période.

Les émissions dans l’ensemble de l’économie sont demeurées stable en 2010, 2011 et 2012, en dépit d’une croissance économique de 4,4 % pendant cette période, ce qui reflète les progrès continus dans la dissociation entre la croissance des émissions et la croissance économique. Entre 1990 et 2012, l’intensité des émissions de l’économie canadienne a diminué de 29 % et les émissions par habitant au Canada ont connu un creux historique de 20,1 tonnes d’éq. CO2par personne, la valeur la plus basse depuis le début du suivi, en 1990. De plus, les améliorations à l’intensité des émissions et aux émissions par habitant devraient se poursuivre jusqu’en 2020.

Dans l’ensemble, la situation unique du Canada sur les plans géographique, démographique et économique influe sur son profil d’émissions de GES et fait de la lutte aux changements climatiques un défi de taille. Le climat du Canada, extrême et très variable, contribue à hausser la consommation d’énergie pour chauffer et pour climatiser les locaux, à la fois pour le secteur commercial et pour le secteur résidentiel. L’importante masse terrestre du Canada et la faible densité de sa population contribuent, dans le secteur du transport, à une forte demande d’énergie (et à d’importantes émissions de GES) par habitant, comparativement à des pays plus petits et plus densément peuplés, principalement en raison des distances à franchir. En dépit de sa faible population, le taux de croissance démographique moyen au Canada serait un des plus élevés, par rapport à celui d’autres pays développés, à environ 1 % par année.

Outre le taux de croissance de sa population qui est supérieur à la moyenne par rapport aux autres pays développés, le Canada a connu une croissance économique soutenue. Comme les ressources naturelles occupent une place importante dans son économie, le Canada est un exportateur net de produits agricoles, d’énergie (électricité et hydrocarbures) et de nombreux produits dérivés des ressources naturelles, tels que les pâtes et papiers, les métaux extraits et l’aluminium. Au cours de la dernière décennie, la part des exportations d’énergie, des ressources extraites et des produits agricoles dans le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de près de 40 %. Le Canada arrive au troisième rang mondial pour l’importance de ses ressources en pétrole brut, et sa production pétrolière et gazière devrait augmenter afin de répondre à la demande mondiale.

Mesurer les progrès réalisés par le Canada en matière d'émissions de gaz à effet de serre

Aux termes de l’Accord de Copenhague, le Canada s’est engagé à réduire de 17 % ses émissions par rapport aux niveaux de 2005, d’ici 2020Note de bas de page1. Comme les émissions pour l’ensemble de l’économie s’élevaient à 736 Mt en 2005, la cible implicite du Canada, en vertu de l’Accord de Copenhague, est de 611 Mt en 2020.

Il est plus facile d’évaluer les progrès réalisés quant à la réduction des émissions de GES en comparant un scénario « avec mesures » à un scénario « sans mesures » qui, comme scénario de référence, prévoit que les consommateurs, les entreprises et les gouvernements n’adoptent aucune mesure en vue de réduire les émissions après 2005, année de référence du Canada pour sa cible de Copenhague. Il s’agit de l’approche la plus appropriée, étant donné la croissance de l’économie au Canada, puisqu’elle rend compte plus précisément du niveau d’effort réel et vérifiable qui sera nécessaire pour réduire les émissions. Les progrès ne peuvent pas être mesurés adéquatement en comparant les émissions prévues aux niveaux actuels, puisqu’on ne tiendrait pas compte de facteurs qui influeront sur les émissions d’ici 2020, comme la croissance démographique et économique prévue.

Les projections présentées dans ce rapport selon le scénario des « mesures actuelles » intègrent des mesures prises par les gouvernements, les consommateurs et les entreprises jusqu’en 2012 ainsi que les effets qu’auront les politiques et les mesures annoncées ou mises en place jusqu’en mai 2014. Ce scénario ne comprend pas les mesures et les politiques gouvernementales supplémentaires qui sont proposées ou planifiées, mais qui n’ont pas été mises en œuvre. (Les politiques et les mesures modélisées pour le présent rapport sont énumérées à l’annexe 2.)

L’analyse indique que si, dans un scénario, les consommateurs, les entreprises et les gouvernements ne prennent aucune mesure pour réduire les émissions de gaz à effet de serre après 2005, les émissions en 2020 s’élèveront à 857 Mt. En vertu du scénario des « mesures actuelles », qui comprend les mesures prises depuis 2005 ainsi que la contribution du secteur Affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (ATCATF), les émissions de gaz à effet de serre du Canada en 2020 devraient se chiffrer à 727 Mt, soit 130 Mt de moins qu’avec le scénario « sans mesure ». Ceci met en lumière les importants effets prévus des mesures adoptées jusqu’à présent, mais souligne aussi le fait que tous les Canadiens devront consentir des efforts supplémentaires, puisqu’il faut réduire les émissions d’encore 116 Mt afin d’atteindre la cible de Copenhague à laquelle s’est engagé le Canada (voir la figure ES-1).

Dans une déclaration présentée au printemps 2012 dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Canada a indiqué qu’il avait l’intention d’inclure le secteur ATCATF dans la comptabilisation des émissions de GES en vue d’atteindre son objectif pour 2020, soulignant que les émissions et les absorptions connexes découlant des perturbations naturelles seraient exclues de la comptabilisation. Il a aussi indiqué qu’il utiliserait un niveau de référence ou de comparaison par rapport au scénario de référence de 2005 pour la comptabilisation. En se fondant sur ces approches pour la comptabilisation, la contribution prévue du secteur de l’ATCATF est de 19 Mt, ce qui reflète en grande partie la prévision d’une récolte d’arbres sur les terres forestières inférieure à ce qu’elle était dans le passé. Cette contribution de 19 Mt est soustraite des projections relatives aux émissions nationales totales de 2020, en tant que crédit en vue d’atteindre la cible. L’analyse d’autres approches de comptabilisation est toujours en cours.

Figure ES-1 : Progrès par rapport à la cible de 2020 au Canada (en Mt d’éq. CO2)Note de bas de page2

Figure ES-1 - voir la description du texte ci-dessous
Description textuelle de la figure ES-1

La figure ES-1 présente deux lignes sur un graphique pour la période 1990-2020. La ligne du haut (ligne « sans mesures ») montre qu’en l’absence des mesures prises par les gouvernements, les entreprises et les consommateurs depuis 2005, les émissions projetées auraient été de 857 Mt. La ligne du bas (ligne « avec les mesures actuelles ») montre les émissions projetées lorsqu’on tient compte de toutes les mesures prises depuis 2005, et la contribution du secteur de l’ATCATF depuis 2012; ces émissions devraient atteindre 727 Mt en 2020. En dessous, un point à 611 Mt représente la cible d’émissions du Canada pour 2020 qui a été fixée à Copenhague (de 17 % en dessous du niveau de 2005).

L’écart entre le niveau d’émissions « sans mesures » en 2020 (857 Mt) et la cible de 611 Mt a été réduit de 130 Mt. Des politiques fédérales à venir ainsi que d’autres mesures qui seront prises par les gouvernements provinciaux, les entreprises et les consommateurs contribueront à la réduction supplémentaire de 116 Mt requise pour que le Canada respecte ses engagements en vertu de l’accord de Copenhague.

Projections des émissions au Canada

Comme le montre le tableau ES-1, avec un scénario qui comprend les mesures actuelles et la contribution du secteur de l’ATCATF, les émissions absolues devraient être 727 Mt en 2020. Des émissions plus élevées sont prévues dans les secteurs du pétrole et du gaz et des bâtiments. Les émissions dans le secteur de l’électricité devraient diminuer entre 2005 et 2020.

Tableau ES-1 : Variation des émissions de GES par secteur économique (en Mt d’éq. CO 2)
  2005 2012 2020 Variation entre 2005 et 2020
Transports 168 165 167 -1
Pétrole et gaz 159 173 204 45
Électricité 121 86 71 -50
Bâtiments 84 80 98 14
Industries exposées au commerce et intensives en émissions 89 78 90 1
Agriculture 68 69 70 2
Déchets et autres 47 47 46 -1
Contribution prévue du secteur de l’ATCATF - - -19 -
Total incluant la contribution du secteur de l’ATCATF 736 699 727 -9

Bien que les émissions devraient diminuer de 9 Mt entre 2005 et 2020 quand on inclus la contribution du secteur de l’ATCATF, le PIB devrait augmenter de 32 % au cours de la même période, ce qui montre que la croissance économique et l’augmentation des émissions continuent de se dissocier. En outre, même si la population augmente, d’après les projections, les émissions par habitant devraient diminuer à 19,5 t d’éq. CO2 au Canada en 2020, soit une diminution de 14 % par rapport aux niveaux de 2005.

Les projections des émissions de GES dépendent de différentes variables sur les plans de l’économie et de l’énergie et se caractérisent par une incertitude considérable, particulièrement à long terme. Les estimations modélisées sont soumises à des consultations auprès de diverses associations industrielles, d’autres ministères fédéraux et des gouvernements provinciaux et territoriaux. Les hypothèses de modélisation passent par un processus d’examen périodique. Les mises à jour des données et des facteurs déterminants clés, historiques et projetés, de même que l’évolution technologique et démographique auront pour effet de modifier les trajectoires futures des émissions.

Pour tenir compte de l’incertitude inhérente aux projections, d’autres scénarios, qui reflètent différentes hypothèses quant aux prix et à la production de pétrole et de gaz naturel ainsi que différents taux de croissance économique, ont été élaborés. Les émissions les plus élevées se produiraient dans le cadre d’un scénario qui reprend la supposition de l’Office national de l’énergie de prix du pétrole et du gaz élevés parallèlement à une croissance annuelle du PIB supérieure à la moyenne entre 2012 et 2020 (2,7 % comparativement à 2,2 % dans le scénario de référence). À l’inverse, le scénario avec les plus faibles émissions comprend une croissance plus lente du PIB (croissance moyenne de 1,4 % entre 2012 et 2020) et de bas prix du pétrole et du gaz à l’échelle mondiale, selon l’Office national de l'énergie.

Comme l’illustre la figure ES-2, ces scénarios laissent entrevoir qu’en 2020 les émissions pourraient se situer dans une fourchette prévue allant de 716 Mt avec le scénario de faibles émissions à 781 Mt avec le scénario d’émissions élevées, à l’exclusion des contributions du secteur de l’ATCATF. Cet écart de 65 Mt continuera de changer au fil du temps, avec de nouvelles mesures gouvernementales, les changements technologiques, les conditions économiques et l’évolution des marchés de l’énergie.

Figure ES-2 : Fourchette des émissions de GES projetées au Canada (à l’exclusion du secteur de l’ATCATF)

Figure ES-2 (voir la description du texte ci-dessous)
Description textuelle de la figure ES-2

La figure ES-2 présente trois lignes sur un graphique pour la période 2012-2020 représentée sur l’axe horizontal en pas de un an. L’axe vertical représente les émissions en mégatonnes (Mt) d’éq. CO2 sur une échelle allant de 680 à 800 Mt en pas de 20 Mt. Les trois lignes commencent à 699 Mt en 2012. De là, la ligne du haut, qui représente le scénario des émissions les plus élevées, atteint un sommet à 781 Mt en 2020. La ligne du milieu, qui représente le scénario de référence, atteint un sommet à 816 Mt en 2029, puis diminue légèrement à 746 Mt en 2020. La ligne du bas, qui représente le scénario des émissions les plus faibles, atteint un sommet à 716 Mt en 2020.

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