Aperçu des substances de Inventaire national des rejets de polluants : composés organiques volatils

Chaque année, des entreprises et établissements de partout au Canada font partie des entités qui doivent déclarer les polluants qu’ils rejettent et éliminent dans l’air, l’eau et le sol à l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP). Les renseignements recueillis sont du domaine public. Ils aident les gouvernements à établir leurs priorités en matière d’environnement et à surveiller leur bilan environnemental. Les Canadiens peuvent également les consulter pour s’informer au sujet de la pollution dans leur environnement immédiat.

Les composés organiques volatils (COV) font partie de la série d’aperçus sur les substances de l’INRP. Cet aperçu sur les substances porte sur les rejets, les éliminations et les transferts de COV par diverses industries au Canada. Il résume également ce que font les installations pour atténuer les répercussions de leurs activités sur l’environnement.

COV (contexte)

Les COV sont un vaste groupe de produits chimiques qui peuvent être émis par différentes sources naturelles et activités humaines. Bien que des milliers de composés correspondent à cette définition, les COV figurant dans l’INRP sont ceux qui participent aux réactions chimiques atmosphériques et qui sont nocifs pour la santé humaine et l’environnement. Les COV sont les précurseurs de la formation de l'ozone troposphérique (O3) et des matières particulaires (MP), qui sont les deux principaux composants du smog.

Voici quelques COV courants :

Effets des COV

Comment sommes-nous exposés aux COV?

Les COV sont principalement émis dans l’air par les procédés de fabrication, les émissions des véhicules, la combustion de combustibles fossiles et l’évaporation des solvants présents dans différents produits de consommation et commerciaux. Cela signifie qu’ils sont rejetés par les installations de nombreux secteurs industriels. 

Les produits de consommation et commerciaux, comme les peintures et les vernis, sont une source clé d’émissions de COV dans les régions urbaines. Bien que ces produits rejettent de petites quantités de COV, ensembles, ils contribuent de façon importante à la présence de COV dans l’atmosphère et à la formation d’ozone et de matières particulaires. 

Quels sont les effets des COV?

Les effets des COV sur la santé varient considérablement selon le produit chimique ainsi que le niveau et la durée de l’exposition.

Les niveaux de COV sont généralement plus élevés dans l’air intérieur que dans l’air extérieur. Certaines personnes peuvent être plus sensibles aux effets sur la santé de l’exposition aux COV dans l’air intérieur, comme celles qui souffrent d’asthme. Des recherches sont menées afin de mieux comprendre les effets sur la santé de l’exposition à long terme à de faibles concentrations de COV.

L’exposition aux COV a des effets néfastes sur la santé et l’environnement partout au Canada en raison de la formation d’autres polluants atmosphériques, dont l’ozone troposphérique et les matières particulaires. Les effets sur la santé sont notamment des symptômes respiratoires et cardiaques qui peuvent causer des décès prématurés chaque année, ainsi qu’une augmentation du nombre de visites à l’hôpital et chez le médecin et de l'absentéisme au travail et à l'école.

Des preuves scientifiques suggèrent que l’ozone troposphérique peut avoir des effets néfastes sur l’environnement, comme la réduction du rendement des cultures agricoles et des forêts commerciales. Ceci s’explique par le fait que l’ozone absorbé par les pores et les feuilles des plantes peut causer des dommages physiques directs entraînant un vieillissement prématuré, un cycle du dioxyde de carbone raccourci et une croissance réduite. L’ozone et les matières particulaires peuvent également avoir des effets négatifs et indirects sur la faune en raison de la manière dont ils influent sur la végétation, les conditions du sol et les changements dans les habitats dont ils dépendent. 

Installations ayant déclaré des COV à l’INRP

En 2019, 3 736 installations ont déclaré des rejets de COV à l’INRP. Ces installations relevaient de plusieurs secteurs industriels, dont 2 434 de l’extraction de pétrole et de gaz par des méthodes classiques (à l’exclusion des sables bitumineux) et 245 de la fabrication d’autres produits. Le nombre d’installations d’extraction de pétrole et de gaz par des méthodes classiques a considérablement augmenté par rapport aux 374 installations ayant déclaré des rejets de COV en 2017. Cette situation est attribuable aux changements apportés aux exigences de déclaration de l’INRP et à l’ajout de groupes isomères.

Un bon nombre d’installations émettant des COV sont situées le long des Grands Lacs et du fleuve Saint‑Laurent, où se déroulent d’importantes activités industrielles.

Le sud de la Saskatchewan, l’Alberta et le nord-est de la Colombie-Britannique comptent une forte concentration d’installations d’extraction de pétrole et de gaz par des méthodes classiques. Les installations d’exploitation des sables bitumineux sont principalement situées dans le nord-est de l’Alberta. La Colombie-Britannique compte de nombreuses installations forestières réparties dans la région intérieure de la province.

Emplacement des installations de l'INRP qui ont déclaré des rejets de COV pour 2019

Emplacement des installations de l'INRP qui ont déclaré des rejets de COV pour 2019
Description Longue
Province Nombre d'installations
Alberta 1 951
Colombie-Britannique 325
Manitoba 44
Noveau-Brunswick 27
Terre-Neuve-et-Labrador 16
Territoires du Nord-Ouest 7
Nouvelle-Écosse 25
Nunavut 1
Ontario 452
Île-du-Prince-Édouard
3
Québec 310
Saskatchewan 574
Yukon
1
Total 3 736

Rejets dans l’air/rejets totaux

En 2019, 241 660 kg de COV ont été rejetés dans l’air par les installations ayant déclaré des rejets à l’INRP. Cela représente une augmentation de 10 % par rapport à 2010 (216 472 tonnes).

Le secteur des sables bitumineux émet la plus grande quantité de COV, soit plus de 110 856 tonnes en 2019. Dans les sables bitumineux de l’Alberta, les émissions fugitives, les bassins de résidus et les fronts d’avancement des mines à ciel ouvert, les parcs de véhicules miniers, les cheminées et les autres émissions non industrielles sont les principales sources de rejets de COV. Pour en savoir plus sur l’exploitation des sables bitumineux, consultez notre Aperçu du secteur de l’extraction de sables bitumineux.

Rejets totaux de COV déclarés par les installation de l'INRP pour 2019

Rejets totaux de COV déclarés par les installation de l'INRP pour 2019
Description Longue
Legend

Mesures prises par le Gouvernement du Canada en matière de COV

Le Gouvernement du Canada a mis en œuvre un large éventail de mesures réglementaires et non réglementaires en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, l’industrie et d’autres intervenants, et ce, dans le cadre d’une stratégie exhaustive de gestion des risques des COV.

Les émissions du secteur pétrolier sont une source de COV qui peut présenter des risques pour la santé et l’environnement des Canadiens. Le projet de Règlement concernant la réduction des rejets de composés organiques volatils (secteur pétrolier) vise, entre autres, à diminuer les rejets involontaires de COV provenant des fuites d’équipement ainsi qu’à réduire l’exposition aux substances toxiques et la formation de smog. Le règlement proposé s’appliquerait aux raffineries de pétrole, aux usines de valorisation et à certaines installations pétrochimiques au Canada. Ce règlement exigerait que ces installations prennent les mesures suivantes :

Les émissions fugitives sont des rejets involontaires et non contrôlés de COV provenant de l’équipement industriel. Elles peuvent être rejetées par une vaste gamme d’équipements et de procédés. Dans le secteur du fer, de l’acier et de l’ilménite, le rejet d’émissions fugitives de COV peuvent se produire pendant la production de coke, de fer dans de hauts fourneaux et durant l’entreposage des matériaux. Le Code de pratiques pour les émissions de matières particulaires totales et de COV provenant du secteur de l'acier, du fer et de l'ilménite définit et promeut les pratiques exemplaires pour les aciéries à l’appui de l’amélioration de leur gestion de la performance environnementale des matières particulaires fugitives et des COV. Le code volontaire contient 30 recommandations portant sur divers aspects de l’industrie.

L’avis de planification de la prévention de la pollution de 2017 pour le secteur du fer, de l’acier et de l’ilménite a été conçu afin de satisfaire et de maintenir les exigences en matière d’émissions industrielles pour les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2) et les objectifs relatifs aux COV et aux émissions atmosphériques et de mettre en œuvre des pratiques exemplaires à l’appui de la réduction des émissions fugitives de COV, le cas échéant et dans la mesure du possible.

Le Code de pratique : réduction des émissions de COV provenant du bitume fluidifié et de l’émulsion de bitume a été publié en 2017. Il visait à réduire les émissions de COV découlant de l’utilisation du bitume dans divers secteurs d’au moins 40 % (de 3 000 à 5 000 tonnes) sur une période de six ans.

Autres mesures du Gouvernement du Canada

Le Règlement limitant la concentration en composés organiques volatils (COV) des revêtements architecturaux a été publié en 2009. Les revêtements architecturaux sont les produits comme les peintures, les teintures, les vernis, les laques et les autres types de revêtements appliqués sur les surfaces de routes ou sur une vaste gamme de structures stationnaires, à des fins résidentielles, commerciales institutionnelles et industrielles. L’utilisation des revêtements architecturaux par les consommateurs et les entreprises engendre des émissions de COV à la suite de l’évaporation produite lors du séchage après l’application d’un revêtement sur une surface. Le règlement fixe des limites de concentration en COV pour 53 catégories de revêtements architecturaux, y compris les revêtements de marquage routier.

Voir la liste complète des mesures à prendre concernant les COV dans les produits.

Qualité de l’air

En 2012, le Conseil canadien des ministres de l’environnement a adopté le Système de gestion de la qualité de l’air comme approche collaborative de la gestion des problèmes atmosphériques. Le système comprend les Normes canadiennes de qualité de l'air ambiant pour les matières particulaires fines et l’ozone. 

En 2017, des normes de qualité de l’air ambiant plus strictes ont été adoptées pour les oxydes d’azote (NOx) et le dioxyde de soufre (SO2), deux polluants atmosphériques qui contribuent au smog et aux pluies acides. La nouvelle norme de qualité de l’air en matière d’ozone troposphérique pour 2025 a été publiée en 2019. Voir le Rapport sur l’Air au Canada pour obtenir de plus amples renseignements sur la qualité de l’air au Canada.

Coopération internationale

Le Canada collabore avec des partenaires internationaux pour lutter contre les polluants atmosphériques qui traversent les frontières et qui influent sur la qualité de l’air au Canada. C’est pourquoi en 1991 le Canada et les États-Unis ont signé l’Accord Canada-États-Unis sur la qualité de l’air afin de réduire les polluants à l’origine des pluies acides. En 2000, l’Annexe sur l’ozone, qui engage les deux pays à réduire leurs émissions de COV et d’oxydes d’azote, a été ajoutée à l’Accord.

En 2017, le Canada a ratifié le Protocole de Göteborg en vertu de la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance. Ce protocole a été établi afin de lutter contre les polluants responsables de l’acidification et de la formation d’ozone troposphérique. Il fixe les limites applicables aux polluants atmosphériques, notamment les COV, le dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d’azote (NOx), et les matières particulaires (MP). Le Canada a également pris les engagements suivants :

Prévention de la pollution

Il y a plusieurs actions que les installations peuvent faire pour prévenir la pollution et les déchets à la source. Les exemples d’activités de prévention de la pollution que certaines installations ont entreprises relativement aux COV sont, notamment :

Apprenez-en davantage sur la prévention de la pollution et sur la manière dont les installations et les individus peuvent contribuer à protéger l'environnement.

Analyse

Ces graphiques fournissent un aperçu plus approfondi des rejets de COV déclarés à l'INRP.

Pourcentage de rejets de COV par secteur industriel pour 2019
Description Longue
Pourcentage du total des rejets par secteur industriel en 2019
Secteur Pourcentage
Extraction de pétrole par des méthodes classiques
29 %
Extraction de pétrole par des méthodes non classiques (incluant sables bitumineux et huile loudre)
16 %
Autres fabrication 11 %
Stockage et transport par gazoducs d'huile et de gaz
7 %
Produits en bois 7 %
Pâte à papier et papier 5 %
Plastiques et caoutchouc 5 %
Produits chimiques 5 %
Fabrication et raffinage des produits du pétrole et du charbon
4 %
Fabrication de matériel de transport 3 %
Autres (sauf fabrication) 3 %
Fer et acier 1 %
Aluminium 1 %
Extraction miniére et exploitation en carriére
1 %
Traitement et élimination des déchets 0.6 %
Ciment, chaux et autres produits minéraux non métalliques 0.4 %
Électricité 0.5 %
Systémes d'eau et des eaux usées 0.3 %
Métaux (sauf aluminium et fer et acier)
0.1 %
Pourcentage de rejets de COV par province pour 2019
Description Longue
Pourcentage du total des rejets par province pour 2019
Province
Pourcentage
Alberta
44 %
Ontario
18 %
Saskatchewan 13 %
Québec
10 %
Colombie-Britannique 6 %
Manitoba
3.78 %
Terre-Neuve-et-Labrador 2 %
Nouvelle-Écosse 1 %
Noveau-Brunswick
1 %
Territoires du Nord-Ouest
0.3 %
Île-du-Prince-Édouard
0.08 %
Yukon 0.01 %
Nunavut 0.01 %
Rejets de COV dans l'air de 2010 à 2019
Description Longue
Rejets de COV dans l’air de 2010 à 2019 (tonnes)
Année
Total des rejets
2010 216 472
2011 204 991
2012 203 816
2013 214 124
2014 212 990
2015 203 515
2016 183 798
2017 196 361
2018 233 698
2019 241 660

Pollution dans votre quartier

Vous pouvez identifier les installations et les polluants dans votre communauté en explorant les divers produits de données situés sur la page Web de l'INRP.

Pour en savoir plus sur l’analyse, consultez les autres cartes et ensembles de données de l’INRP. Vous pouvez également utiliser les données de l’INRP pour faire votre propre analyse.

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