Genre et diversité en 2023-2024 : Répercussions des programmes
Du : Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
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- Sommaire
- Contexte
- Principales constatations
- Évaluation de la qualité des analyses des répercussions pangouvernementales selon le genre et en matière de diversité
- Annexe A : Critères de qualité pour évaluer les rapports sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité
- Annexe B : Orientation, aperçus et exemples par domaines de programme
Sommaire
L’Analyse comparative entre les sexes Plus (ACS Plus) permet de s’assurer que les programmes gouvernementaux sont inclusifs et répondent aux divers besoins de la population canadienne. L’ACS Plus prend en compte des facteurs identitaires intersectionnels, tels que le genre, la race, l’identité autochtone, l’âge, le revenu et l’incapacité.
Au cours des dernières années, la Loi canadienne sur la budgétisation sensible aux sexes a été un moteur important de ce travail, notamment en obligeant les ministères à produire des rapports sur les répercussions de leurs programmes, selon le genre et en matière de diversité.
En 2023-2024, 51 % des 780 programmes ont présenté un rapport sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité, ce qui représente une augmentation par rapport aux années précédentes. Un autre 10 % des programmes avaient élaboré des plans de collecte de données pour rendre compte des répercussions à l’avenir.
Bien que des progrès évidents aient été réalisés au cours des dernières années en matière d’établissement de rapports sur les répercussions des programmes, 39 % des programmes ne respectent toujours pas l’obligation de produire des rapports sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité ou d’élaborer un plan de collecte de données qui leur permettrait d’établir des rapports à l’avenir.
Pour la première fois, la qualité des rapports a été évaluée selon cinq critères :
- la justification de la sélection des lentilles de l’ACS Plus;
- la disponibilité des données;
- la justification des méthodes;
- la collaboration avec les communautés;
- l’intégration des résultats dans la conception du programme.
Bien que 61 % des programmes de l’exercice 2023-2024 disposaient de données (en présentant les résultats ou en élaborant un plan), la grande majorité d’entre eux ne répondaient pas aux normes de qualité des quatre autres critères. Par exemple, seuls 15 % de ces programmes ont collaboré avec des groupes clés et seuls 13 % d’entre eux ont utilisé les résultats pour éclairer leur conception future.
Parmi les domaines de programme qui ont montré une plus forte intégration de l’ACS Plus, on trouve la santé, l’environnement, l’inclusion sociale et le patrimoine. En revanche, les programmes liés aux activités gouvernementales et aux affaires internationales ont été confrontés à des difficultés plus importantes. Au nombre des lacunes les plus courantes figurent les références vagues aux « groupes mal desservis », l’utilisation limitée des données qualitatives et la rétroaction insuffisante dans la conception des programmes.
Contexte
L’ACS Plus est un outil analytique qui vise à soutenir l’élaboration d’initiatives, de politiques et de programmes adaptés et inclusifs, et à comprendre les répercussions d’une série de facteurs sur l’accès aux programmes gouvernementaux et l’expérience vécue par les personnes qui ont recours à ces programmes. Les besoins et les expériences de différents groupes de personnes sont influencés par des parties intersectionnelles de leur identité, le contexte qui les entoure et les expériences qu’elles ont vécues.
Bien que la liste ne soit pas exhaustive, les facteurs identitaires suivants peuvent directement ou indirectement, de manière isolée ou combinée, avoir des répercussions sur l’accès des personnes et des communautés aux programmes gouvernementaux et leurs expériences de ces programmes :
- le sexe
- le genre
- la race
- l’identité autochtone
- la nationalité
- l’ethnicité
- l’âge
- le revenu
- la localisation géographique
- l’orientation sexuelle
- l’incapacité
L’ACS Plus repose sur l’idée selon laquelle toute personne devrait avoir accès à des programmes, des installations, des espaces et des possibilités et des services gouvernementaux de qualité qui contribuent à améliorer leurs conditions de vie. Cette analyse devrait être appliquée non seulement à l’élaboration d’initiatives, mais également à la mise en œuvre, à la surveillance et l’évaluation de celles-ci. Le gouvernement du Canada continue d’appliquer l’ACS Plus dans le cadre de son engagement à prendre des décisions fondées sur des données probantes.
La Loi canadienne sur la budgétisation sensible aux sexes (la Loi) de 2018 a introduit l’obligation de tenir compte de la budgétisation sensible aux genres et à la diversité dans le processus de gestion budgétaire et financier fédéral. Pour s’acquitter de cette obligation, la Loi confère cette responsabilité à trois ministres différents.
- Le ministre des Femmes et de l’Égalité des genres doit fournir des conseils, des pratiques exemplaires et une expertise pour appuyer la budgétisation sensible aux genres.
- Le ministre des Finances doit préparer deux rapports annuels. L’un est déposé au Parlement et présente les répercussions, selon le genre et en matière de diversité, de toutes les nouvelles mesures budgétaires, tandis que l’autre comprend une analyse des répercussions, selon le genre et en matière de diversité, des dépenses fiscales, telles que les exonérations, les déductions ou les crédits fiscaux.
- Le président du Conseil du Trésor doit, chaque année, rendre publiques des analyses de répercussions, selon le genre et en matière de diversité, des programmes de dépenses gouvernementaux en place.
Pour s’acquitter de l’obligation du président du Conseil du Trésor, des tableaux de renseignements supplémentaires sur l’ACS Plus ont été créés parallèlement aux rapports sur les résultats ministériels. Dans ces rapports, les ministères doivent indiquer ce qui suit :
- le lien entre chaque objectif du programme et les genres et d’autres facteurs identitaires (ACS Plus);
- les obstacles auxquels certaines personnes peuvent être confrontées pour atteindre les résultats fixés pour le programme et, le cas échéant, les stratégies d’atténuation potentielles;
- les expériences des diverses communautés visées par le programme.
Les répercussions du programme à déclarer devraient fournir des preuves de la façon dont les activités du programme sont vécues par les groupes de personnes désignés. Si les ministères ne peuvent pas rendre compte des répercussions du programme selon le genre et en matière de diversité, ils doivent présenter leur plan de collecte de données, assorti d’activités et d’échéanciers, pour permettre de mesurer les répercussions sur les groupes désignés par rapport aux objectifs du programme et d’en rendre compte à l’avenir.
Principales constatations
La proportion de programmes établissant des rapports sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité a atteint 51 % en 2023–2024 (398 programmes), ce qui représente une augmentation continue au cours des trois dernières années (48 % en 2022‑2023 et 35 % en 2021-2022). Un autre 10 % des programmes avaient élaboré des plans de collecte de données en 2023-2024 afin d’être en mesure de rendre compte des répercussions à l’avenir.
Malgré des améliorations constantes en matière d’établissement de rapports sur les répercussions, 39 % des programmes ne respectent toujours pas l’obligation de produire des rapports sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité ou d’élaborer un plan de collecte de données qui leur permettrait d’établir des rapports à l’avenir.
Parmi les 398 programmes ayant présenté des répercussions en 2023-2024, la plupart (77 %) ont défini des indicateurs quantitatifs, tandis qu’environ la moitié d’entre eux ont utilisé des répercussions qualitatives et qu’un plus petit nombre de programmes ont eu recours à ces deux types d’indicateurs. Certains programmes ont rapporté à tort des indicateurs qui ne faisaient référence à aucune répercussion selon le genre et en matière de diversité, ce qui témoigne d’une mauvaise compréhension des exigences de la Loi.
En ce qui concerne les facteurs identitaires, les données ont été le plus souvent ventilées selon le genre ou le sexe (237 programmes), l’identité autochtone (154 programmes), l’âge (136 programmes), la race ou l’ethnicité (97 programmes) et l’incapacité (76 programmes). Ces données sont demeurées relativement stables au cours des trois dernières années.
En 2023-2024, seuls 42 programmes ont déclaré utiliser des indicateurs répartis selon plus d’un facteur identitaire, ce qui représente une baisse par rapport aux 60 programmes qui l’ont fait en 2022-2023. Il est important de ventiler les données selon plusieurs facteurs identitaires pour comprendre comment les différents aspects de l’identité d’une personne, tels que la race, le genre, le revenu et la capacité, se combinent pour façonner son expérience unique de la discrimination ou des privilèges au sein de la société.
Une quarantaine de programmes ont fait état de répercussions globales sur les « personnes marginalisées », les « groupes mal desservis » ou les « groupes prioritaires », sans préciser qui étaient ces personnes. Le manque de précision en ce qui a trait aux répercussions sociodémographiques rend difficile la tâche de déterminer les résultats propres au programme concernant des populations particulières, ainsi que les possibilités d’ajuster la conception du programme.
Parmi les programmes dans le cadre desquels des répercussions qualitatives sur la progression des objectifs de l’ACS Plus ont été signalées, les exemples les plus forts décrivaient des changements d’attitudes et de comportements ou un bien-être accru de la communauté. Cependant, les répercussions négatives ou les expériences vécues ne sont pas signalées de manière détaillée. Une telle approche pourrait renforcer considérablement les rapports sur les répercussions qualitatives.
Parmi les 780 programmes actifs en 2023-2024, la grande majorité (686 programmes) est en place depuis au moins quatre ans. Pourtant, au sein de cet ensemble de programmes relativement bien établis, les pratiques de mesure du rendement demeurent inégales.
Par exemple, alors que plus de 50 % de cet ensemble de programmes bien établis a commencé à produire des rapports sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité ou à élaborer un plan de collecte de données en 2020-2021, 16 % n’ont jamais présenté de rapports sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité ni élaboré de plan de collecte de données au cours de cette période (voir le graphique 1).
Graphique 1 - version textuelle
Le graphique est un diagramme à barres verticales intitulé Graphique 1 : Pourcentage des programmes ayant produit des rapports sur les répercussions ou ayant un plan de collecte de données à l’issue de la première année. Il montre la répartition de 686 programmes en place ayant produit des rapports sur les répercussions ou ayant un plan de collecte de données à l’issue de la première année, sur une période allant de 2020-2021 à 2023-2024. Le graphique comprend une catégorie pour les programmes n’ayant produit aucun rapport.
Sur l’axe horizontal, cinq catégories (exercices financiers) sont énumérées de gauche à droite :
- 2020-2021
- 2021-2022
- 2022-2023
- 2023-2024
- Aucun rapport
L’axe vertical affiche des pourcentages de 0 à 60 %, par tranche de 10 %.
Chaque catégorie comporte une barre unique représentant le pourcentage des programmes ayant commencé à produire des rapports au cours de l’exercice donné.
Hauteur approximative des barres :
- 2020-2021 : Environ 52 % des programmes
- 2021-2022 : Environ 20 % des programmes
- 2022‑2023 : Environ 6 % des programmes
- 2023‑2024 : Environ 4 %
- Aucun rapport : Environ 15 % des programmes
Une note de bas de page se trouve sous le tableau :
Comprend les 686 programmes en place sur l’ensemble de la période de 2020-2021 à 2023-2024.
Dans l’ensemble, le graphique montre que plus de la moitié des programmes ont commencé à produire des rapports en 2020-2021. Les proportions sont nettement plus faibles pour les exercices suivants et une part importante des programmes (environ 15 %) n’a toujours pas produit de rapports.
Comme le montre le graphique 2, seule un peu plus de la moitié des programmes (53 %) a continué à produire des rapports sur leurs répercussions de l’ACS Plus à l’issue de la première année. Les rapports constants d’une année sur l’autre concernant les facteurs identitaires liés au genre et au sexe étaient nettement moins nombreux, puisqu’un tiers des répondants seulement en ont produit. Ce constat met en évidence un problème plus vaste, à savoir que même si de nombreux programmes sont en mesure de produire des rapports généraux sur le rendement, peu d’entre eux ont mis en place des pratiques permettant de suivre de manière cohérente les répercussions liées à l’équité.
Graphique 2 - version textuelle
Le graphique est un diagramme à barres verticales intitulé Graphique 2 : Répartition des programmes établis depuis 2020-2021 en fonction de la constance de leurs rapports. Il montre la constance avec laquelle les programmes établis depuis 2020-2021 ont produit des rapports ou élaboré un plan de collecte de données.
Le graphique comprend deux catégories sur l’axe horizontal :
- Constance
- Inconstance
L’axe vertical affiche des pourcentages de 42 % à 54 %, par tranche de 2 %.
Chacune des deux catégories comporte une barre indiquant le pourcentage de constance et d’inconstance.
Hauteur approximative des barres :
- Constance : Environ 53 % des programmes.
- Inconstance : Environ 47 % des programmes.
Une note de bas de page se trouve sous le tableau :
Comprend les 686 programmes en place sur l’ensemble de la période de 2020-2021 à 2023-2024.
Dans l’ensemble, le graphique indique qu’un peu plus de la moitié des programmes ont continué à produire des rapports sur les répercussions ou à recueillir des données depuis 2020-2021, tandis qu’un peu moins de la moitié n’ont pas produit de rapports de façon constante.
Évaluation de la qualité des analyses des répercussions pangouvernementales selon le genre et en matière de diversité
Dans cette section
L’examen des analyses ministérielles des répercussions selon le genre et en matière de diversité pour 2023-2024 a été évalué en fonction de cinq critères (voir l’annexe A pour obtenir de plus amples renseignements sur les critères) :
- la justification de la sélection des lentilles de l’ACS Plus;
- la disponibilité des données;
- la justification des méthodes;
- la collaboration avec les communautés;
- l’intégration des résultats dans la conception du programme.
Évaluation de la qualité à l’échelle des programmes
La plupart des programmes (61 %) ont présenté certains résultats ou ont prévu d’améliorer leur capacité à produire des rapports, alors qu’une proportion plus faible (25 %) a expliqué ses méthodes de collecte de données. Un nombre beaucoup moins important de programmes ont justifié le choix des lentilles (16 %), ont collaboré avec des groupes clés (15 %) ou ont utilisé les résultats pour adapter leurs programmes (13 %). Dans l’ensemble, les ministères commencent à assurer le suivi des répercussions, mais l’intégration plus poussée des principes de l’ACS Plus, en particulier en ce qui concerne la collaboration, la justification des données et la conception des programmes, demeure limitée.
Évaluation de la qualité par domaine de programme
Le gouvernement du Canada est constitué d’un éventail de domaines de programme (voir le graphique 3). L’ACS Plus et la mesure des répercussions doivent être appliquées différemment selon les domaines. Par exemple, un programme axé sur la recherche ou l’élaboration de politiques n’aura généralement pas besoin de recueillir des données sur les renseignements personnels, puisqu’il n’interagit pas directement avec les personnes. Cependant, les programmes liés à l’emploi et à la sécurité du revenu auront besoin de ces données.
Graphique 3 - version textuelle
Le graphique est une combinaison d’un diagramme à barres et d’un diagramme de dispersion, intitulée Graphique 3 : Nombre de programmes et dépenses réelles par domaine de programme en 2023-2024. Le graphique montre deux types de données pour chaque domaine du programme :
- Nombre de programmes (représenté par des barres verticales, mesuré sur l’échelle de gauche)
- Dépenses réelles en millions de dollars (M$) (représentées par des points, mesurés sur l’ échelle de droite)
Les deux échelles augmentent, l’échelle de gauche allant de 0 à 200 programmes et l’échelle de droite allant de 0 à 160 millions de dollars.
Les domaines de programme, énumérés le long de l’axe horizontal de gauche à droite (plusieurs affichés en diagonale), sont les suivants :
- Emploi et sécurité du revenu
- Croissance économique
- Recherche et développement
- Environnement
- Intégrité des marchés, réglementation et concurrence
- Santé
- Sécurité et sûreté
- Inclusion sociale
- Patrimoine et culture
- Activités gouvernementales
- Affaires internationales
Valeurs approximatives indiquées dans le tableau
Nombre de programmes (barres) :
- Emploi et sécurité du revenu : environ 50
- Croissance économique : environ 110
- Recherche et développement : environ 60
- Environnement : environ 35
- Intégrité des marchés, réglementation et concurrence : environ 25
- Santé : environ 150
- Sécurité et sûreté : environ 40
- Inclusion sociale : environ 180
- Patrimoine et culture : environ 50
- Activités gouvernementales : environ 30
- Affaires internationales : environ 70
Dépenses en millions de dollars (points)
- Emploi et sécurité du revenu : 150 millions de dollars
- Croissance économique : 50 millions de dollars
- Recherche et développement : 30 millions de dollars
- Environnement : 20 millions de dollars
- Intégrité des marchés, réglementation et concurrence : 5 millions de dollars
- Santé : 80 millions de dollars
- Sécurité et sûreté : 30 millions de dollars
- Inclusion sociale : 60 millions de dollars
- Patrimoine et culture : 20 millions de dollars
- Activités gouvernementales : 10 millions de dollars
- Affaires internationales : 40 millions de dollars
Interprétation globale
- Les domaines Inclusion sociale, Santé et Croissance économique ont le plus grand nombre de programmes.
- Le domaine Emploi et sécurité du revenu affiche les dépenses les plus élevées, même s’il compte moins de programmes que dans plusieurs autres catégories.
- Certains domaines (par exemple, Intégrité des marchés, réglementation et concurrence) ont peu de programmes et de faibles dépenses.
Lorsque l’on examine les différents domaines d’activité du gouvernement, il devient évident que les progrès sont inégaux. Par exemple, les programmes dans les domaines de la santé, de la recherche et du développement, de l’environnement, de l’inclusion sociale, du patrimoine et de la culture ont tendance à présenter des rapports de meilleure qualité sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité, tandis que les programmes dans les domaines des activités gouvernementales et des affaires internationales ont tendance à rencontrer davantage de difficultés à cet égard (voir le tableau 1).
| Sélection cohérente de lentilles | Plan de collecte de données et/ou répercussions | Justification des méthodes | Collaboration avec les groupes clés | Intégration des résultats à la conception | |
|---|---|---|---|---|---|
| Emploi et sécurité du revenu | Moyenne | Supérieur à la moyenne | Moyenne | Moyenne | Moyenne |
| Croissance économique | Moyenne | Moyenne | Supérieur à la moyenne | Moyenne | Moyenne |
| Recherche et développement | Supérieur à la moyenne | Supérieur à la moyenne | Moyenne | Moyenne | Supérieur à la moyenne |
| Environnement | Moyenne | Moyenne | Supérieur à la moyenne | Supérieur à la moyenne | Moyenne |
| Intégrité des marchés, réglementation et concurrence | Moyenne | Moyenne | Moyenne | Supérieur à la moyenne | Inférieur à la moyenne |
| Santé | Supérieur à la moyenne | Moyenne | Supérieur à la moyenne | Supérieur à la moyenne | Moyenne |
| Sécurité et sûreté | Moyenne | Moyenne | Moyenne | Moyenne | Moyenne |
| Inclusion sociale | Moyenne | Moyenne | Moyenne | Supérieur à la moyenne | Supérieur à la moyenne |
| Patrimoine et culture | Supérieur à la moyenne | Supérieur à la moyenne | Moyenne | Moyenne | Moyenne |
| Activités gouvernementales | Moyenne | Inférieur à la moyenne | Inférieur à la moyenne | Inférieur à la moyenne | Moyenne |
| Affaires internationales | Inférieur à la moyenne | Inférieur à la moyenne | Moyenne | Moyenne | Moyenne |
Voir l’annexe B pour obtenir des aperçus, une orientation et des exemples ministériels sur la mesure des répercussions selon le genre et en matière de diversité et l’établissement de rapports à ce sujet, par domaine de programme.
Annexe A : Critères de qualité pour évaluer les rapports sur les répercussions selon le genre et en matière de diversité
Dans cette section
- Choisir les lentilles de l’ACS Plus cohérentes avec les objectifs du programme
- Analyser les répercussions selon le genre et en matière de diversité et élaborer un plan de collecte de données pour permettre une telle analyse à l’avenir
- Fournir une justification pour le choix des méthodes de collecte de données qualitatives et quantitatives
- Collaborer avec les groupes et communautés clés sur les résultats et les méthodes de collecte de données
- Utiliser les résultats selon le genre et en matière de diversité pour éclairer la conception future des programmes
Choisir les lentilles de l’ACS Plus cohérentes avec les objectifs du programme
L’application d’une ACS Plus consiste à harmoniser l’analyse avec les objectifs du programme en évitant de qualifier des groupes de manière générale (comme « populations vulnérables ») et en déterminant les obstacles particuliers auxquels se heurtent des populations distinctes. Elle met l’accent sur l’intersectionnalité, en particulier pour les questions complexes, et décourage le recours aux grandes catégories (telles que « groupes visés par l’équité en matière d’emploi »), à moins qu’elles ne soient clairement pertinentes. L’approche s’appuie sur les lois en vigueur, les cadres actuels et la littérature existante pour définir correctement les populations concernées.
Analyser les répercussions selon le genre et en matière de diversité et élaborer un plan de collecte de données pour permettre une telle analyse à l’avenir
L’analyse des résultats et la production de rapports devraient inclure des données réparties en fonction des facteurs identitaires afin de mettre en évidence les répercussions différentielles sur l’accès au programme, la qualité des services et les résultats. Les répercussions de la conception inclusive devraient être mesurées au moyen d’études de cas, de comparaisons des données de référence et d’une harmonisation avec des cadres, tels que le Cadre des résultats relatifs aux genres, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et les objectifs de développement durable. En l’absence de données, il faudra présenter des plans visant à combler les lacunes et à établir des liens avec les données administratives.
Fournir une justification pour le choix des méthodes de collecte de données qualitatives et quantitatives
Les stratégies de collecte de données doivent être justifiées. Les données qualitatives et quantitatives offrent des perspectives complémentaires, mais les données qualitatives sont particulièrement utiles pour comprendre la satisfaction et l’accessibilité. La collecte de données doit également respecter les principes de protection des renseignements personnels et ne recueillir que l’information nécessaire.
Collaborer avec les groupes et communautés clés sur les résultats et les méthodes de collecte de données
Il est essentiel de collaborer avec les communautés concernées, en particulier les groupes marginalisés, non seulement pour la conception des programmes, mais aussi pour l’évaluation et l’interprétation des résultats. Cette collaboration permet d’obtenir des données probantes, de s’assurer de la pertinence des résultats et de favoriser l’appropriation des solutions.
Utiliser les résultats selon le genre et en matière de diversité pour éclairer la conception future des programmes
Les données doivent être intégrées aux processus décisionnels afin de montrer que l’ACS Plus est une pratique continue et intégrée, et non une tâche ponctuelle de mise en conformité, qui témoigne d’un engagement en faveur d’une amélioration continue.
Annexe B : Orientation, aperçus et exemples par domaines de programme
Dans cette section
- Emploi et sécurité du revenu (42 programmes)
- Croissance économique (120 programmes)
- Recherche et développement (50 programmes)
- Environnement (54 programmes)
- Intégrité des marchés, réglementation et concurrence (22 programmes)
- Santé (55 programmes)
- Sécurité et sûreté (182 programmes)
- Inclusion sociale (43 programmes)
- Patrimoine et culture (26 programmes)
- Activités gouvernementales (118 programmes)
- Affaires internationales (68 programmes)
1. Emploi et sécurité du revenu (42 programmes)
Ce domaine regroupe les activités de programme qui visent à améliorer la situation financière de la population canadienne et à fournir un soutien du revenu de base aux personnes les plus vulnérables de la société canadienne. L’assurance-emploi fait partie de ce domaine de résultats.
Les prestations sont principalement et ultimement versées aux particuliers et visent la sécurité économique au niveau personnel. Les indicateurs clés à prendre en compte dans ce domaine sont les suivants :
- l’accès au service;
- la qualité du service;
- les besoins particuliers de la population cible pour obtenir des résultats.
Par conséquent, conformément aux objectifs, les programmes dans ce domaine peuvent améliorer leurs rapports sur les répercussions par les moyens suivants :
- produire des rapports sur les groupes historiquement à risque de vivre dans la pauvreté ou d’être confrontés au sous-emploi (par exemple des recherches sur l’incidence de la pauvreté au sein des populations, la Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté, les critères de la Loi sur l’équité en matière d’emploi);
- recueillir des données au moyen de méthodes de rétroaction auprès des clients (telles que des sondages, des groupes de discussion, des entrevues) qui peuvent être utilisées afin d’évaluer l’expérience du service et mieux comprendre l’accès et les obstacles pour intégrer les résultats dans la conception du programme;
- valider les méthodes et les plans de collecte de données en fonction de l’expérience des clients.
Étant donné que les services sont généralement fournis à des personnes identifiables, le couplage de données peut être un moyen de réduire l’effort de collecte de données et d’accéder à des données de haute qualité, en particulier sur les résultats.
Exemple d’Emploi et Développement social Canada
Programme : Programme de soutien à l’apprentissage des étudiants (PSAE).
Objectifs : Le PSAE aide les apprenants à réussir dans leur parcours scolaire et à acquérir les compétences dont ils ont besoin pour faire la transition vers le marché du travail. Le programme finance des organismes nationaux, régionaux, locaux et communautaires pour fournir aux apprenants le soutien financier et non financier nécessaire pour obtenir leur diplôme d’études secondaires, faire la transition vers des études postsecondaires et réussir ces dernières.
Répercussions : En 2023-2024, le PSAE a soutenu plus de 152 000 jeunes dans le cadre de projets financés. Dans la mesure du possible, les bénéficiaires d’une aide financière ont déclaré le nombre d’étudiants inscrits annuellement à leurs projets, ventilé selon :
- le genre;
- le statut de Première Nation, de Métis, d’Inuit;
- l’incapacité;
- la race et l’ethnicité;
- l’orientation sexuelle;
- le revenu;
- le statut de logement;
- l’âge;
- le statut d’immigrant;
- l’appartenance à la population vivant dans des régions rurales, éloignées ou nordiques;
- l’identification à des communautés de langue officielle.
Le Programme pilote de mobilité étudiante vers l’étranger (Expérience compétences mondiales) vise à accroître la participation aux études et aux possibilités de travail à l’étranger pour les étudiants canadiens inscrits à un collège ou à une université au premier cycle. Durant la période du 1er avril 2023 au 31 mars 2024, un total de 5 687 étudiants ont participé au programme, dont :
- 73 % des participants se sont identifié comme des étudiants sous-représentés;
- 62 % des participants se sont identifié comme des étudiants à faible revenu;
- 19 % des participants se sont identifié comme des étudiants en situation de handicap;
- 11 % des participants se sont identifié comme des étudiants autochtones.
En décembre 2023, les responsables du PSAE ont mobilisé les bénéficiaires de financement pour :
- discuter de la collecte de données sur les projets et les participants;
- peaufiner les processus de collecte de données et de production de rapports;
- explorer des façons de renforcer la capacité, sonder les jeunes et équilibrer divers facteurs méthodologiques pour s’assurer que les données recueillies sont exactes et fiables.
Cette démarche aidera à suivre et à mesurer les répercussions intersectionnelles de la participation au programme sur les jeunes qui s’identifient à des groupes en quête d’équité. Le PSAE a permis aux intervenants de rendre compte des façons dont leur soutien personnalisé a profité aux apprenants des collectivités mal desservies, et de les décrire.
Des travaux ont également été réalisés pour améliorer la compréhension par le ministère des facteurs qui contribuent à la réussite des étudiants et pour renforcer l’approche fondée sur des données probantes utilisée pour améliorer la mise en œuvre du programme. Pour ce faire, les principaux éléments du cadre de mesure des répercussions en cours d’élaboration et indiqués dans l’évaluation du PSAE (dans le rapport final de juin 2023) ont été mis en œuvre, notamment le lancement d’une enquête pilote de rétroaction auprès des jeunes pour comprendre l’influence des soutiens et des services du PSAE sur les jeunes participants.
2. Croissance économique (120 programmes)
Ce domaine regroupe les activités de programme visant à créer un environnement propice à la croissance économique et à favoriser le développement de tous les secteurs de l’économie, et ce, dans toutes les régions du Canada.
Les prestations sont principalement versées aux entreprises, aux organisations ou aux collectivités. En fonction des objectifs du programme, il est possible d’améliorer les rapports sur les répercussions par les moyens suivants :
- choisir des lentilles et ventiler les résultats en fonction de facteurs identitaires, de manière à reconnaître les répercussions du contexte historique, local et opérationnel et des identités multiples sur les possibilités économiques et l’accès aux programmes;
- utiliser des analyses de l’environnement ou des données secondaires et des rapports publiés pour mettre en évidence les tendances propres à l’industrie et au secteur et en les intégrant dans la conception du programme;
- adopter le couplage de données qui, en fonction de l’organisation, peut mesurer les répercussions sur l’emploi de différentes populations.
Exemple de Services aux Autochtones Canada
Programme : Entrepreneuriat et développement des entreprises autochtones
Objectifs : Le programme appuie la croissance économique et l’innovation des Autochtones et réduit les écarts socioéconomiques entre les Autochtones et les non-Autochtones au moyen de politiques et de programmes élaborés conjointement et fondés sur les distinctions.
Répercussions : Le Programme d’entrepreneuriat autochtone — Accès au capital fournit des fonds pour étendre et diversifier le réseau des institutions financières autochtones et des sociétés métisses de financement, améliorant ainsi l’accès au capital pour les entreprises autochtones au Canada. Pour 2023-2024, entre autres indicateurs, le programme a produit un rapport sur le nombre d’entreprises autochtones ayant accès aux fonds. Les résultats ont été présentés en fonction des critères suivants :
- le genre des propriétaires principaux :
- 28 % des entreprises sont détenues par des femmes;
- 6 % des entreprises sont détenues à parts égales;
- 66 % des entreprises sont détenues par des hommes.
- l’âge du propriétaire principal :
- 18 % des entrepreneurs ont moins de 35 ans;
- 50 % des entrepreneurs sont âgés de 36 à 50 ans;
- 25 % des entrepreneurs sont âgés de 51 à 65 ans;
- 8 % des entrepreneurs ont 66 ans et plus.
- l’emplacement de l’entreprise :
- 48 % des entreprises sont situées dans des zones urbaines;
- 38 % des entreprises sont situées dans des zones rurales;
- 14 % des entreprises sont situées dans des régions éloignées.
Le programme a commencé à collaborer avec des experts et des organisations autochtones pour améliorer sa structure de collecte et d’analyse de données afin de mieux répondre aux besoins fondés sur l’identité.
3. Recherche et développement (50 programmes)
Les activités de programme visent à préparer le Canada à relever les défis futurs en investissant dans la recherche et le développement innovateurs ainsi que dans l’éducation et l’enseignement spécialisés.
Il est probable que les avantages pour les communautés marginalisées soient davantage indirects. En ce qui concerne les objectifs du programme, les programmes peuvent montrer :
- la répartition des demandes de financement et de l’accès au financement par groupe identitaire et par type d’établissement (par exemple, les collèges par rapport aux universités à forte densité de recherche);
- les répercussions de l’élimination des obstacles intersectionnels à la commercialisation, à la propriété intellectuelle ou au leadership dans les espaces de recherche et de développement;
- les répercussions des possibilités de mentorat, de stage et de bourse de recherche axées sur l’équité;
- la représentation de chercheurs issus de la diversité au sein des comités d’évaluation par des pairs, des conseils d’administration et des comités consultatifs.
Exemple du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG)
Programme : Formation en recherche et perfectionnement des compétences
Objectifs : Ce programme prévoit l’octroi de subventions et de bourses en vue d’attirer, de retenir et de former la prochaine génération de scientifiques et d’ingénieurs et de promouvoir les sciences auprès des jeunes afin d’éveiller tôt leur intérêt pour les sciences. L’appui offert aux étudiants à tous les niveaux postsecondaires aide le Canada à créer une main-d’œuvre talentueuse, qualifiée et inclusive.
Répercussions : La population noire est nettement sous-représentée parmi les titulaires de bourses du CRSNG. En 2023-2024, le CRSNG a attribué 126 bourses supplémentaires à des étudiants et à des stagiaires noirs de niveau postdoctoral méritants.
En 2023-2024, l’Initiative pilote de bourses et suppléments pour universitaires autochtones a permis d’augmenter le nombre de bourses et de suppléments offerts aux candidats autochtones. Cette initiative a permis d’accorder, par l’intermédiaire du Programme de bourses d’études supérieures du Canada au niveau de la maîtrise, une bourse et un supplément à tous les candidats autochtones méritants. Au total, 18 étudiants autochtones en ont bénéficié.
- Pourcentage de nouveaux bénéficiaires de financement qui s’identifient comme Autochtones : 3,8 %
- Pourcentage de nouveaux bénéficiaires de financement qui s’identifient comme femmes : 48,3 %
- Pourcentage de nouveaux bénéficiaires de financement qui s’identifient comme personnes en situation de handicap : 7,8 %
- Pourcentage de nouveaux bénéficiaires de financement qui s’identifient comme membres d’une minorité visible : 31,9 %
4. Environnement (54 programmes)
Les activités de programme visent à assurer la restauration et la protection de l’environnement au Canada, ainsi que l’utilisation durable des ressources naturelles pour les générations futures.
Les résultats de programme sont axés sur les communautés dans leur ensemble ou fondés sur le contexte local et du programme, comme les communautés autochtones et les personnes ayant des problèmes de santé particuliers. Conformément aux objectifs du programme, il est possible d’améliorer les rapports sur les répercussions par les moyens suivants :
- tenir compte des lois ou des règlements qui attirent particulièrement l’attention sur des lentilles ou des facteurs identitaires particuliers, afin de concevoir et de mettre en œuvre la collecte de données et l’établissement de rapports (comme la Loi canadienne sur la qualité de l’air);
- prendre en considération les intérêts commerciaux et économiques,
- Intégrer des données géographiques, provinciales, territoriales et régionales ventilées sur le plan sociodémographique;
- élaborer et mettre en œuvre la collecte de données et l’établissement de rapports fondés sur la collaboration et la corroboration avec des groupes clés, conformément aux lois, aux mandats ministériels et aux protocoles des gouvernements internationaux, provinciaux, régionaux ou autochtones.
Exemple d’Environnement et Changement climatique Canada
Programme : ÉcoAction communautaire
Objectifs : Le Programme est une série d’initiatives visant à accroître la participation des Canadiens aux activités de protection, de conservation et de restauration de l’environnement. Il comprend des programmes de financement, tel que le Fonds pour dommages à l’environnement (FDE) et le programme Horizons Sciences, ainsi que les objectifs de développement durable.
Répercussions : Grâce au Fonds d’action et de sensibilisation pour le climat, financé en grande partie par le FDE, 130 projets d’un montant total d’environ 167 millions de dollars ont été approuvés jusqu’à présent et d’autres projets sont en cours. Le FDE vise à avoir un impact positif sur la vie et l’environnement naturel des Canadiens et de leurs communautés, en finançant des projets communautaires qui sont bénéfiques pour l’environnement.
Pendant les périodes de réception des propositions de financement, des mesures concrètes ont été prises pour reconnaître les différentes cultures et langues grâce à la mobilisation des communautés autochtones et des communautés de langue officielle en situation minoritaire afin de les sensibiliser aux possibilités de financement. Il s’agit notamment des mesures suivantes :
- utiliser une lentille linguistique lorsqu’il s’agit de répondre à des demandes de renseignements et d’évaluer des propositions concernant des communautés de langue officielle en situation minoritaire;
- financer des projets dans les collectivités qui subissent les conséquences négatives des risques climatiques (par exemple, les communautés côtières et nordiques).
Les statistiques sur les répercussions du programme font état de la composition sociodémographique des groupes participant au programme ou en bénéficiant directement. Par exemple, le programme de stages Horizons Sciences a indiqué l’embauche de jeunes autochtones (4 %), de jeunes racialisés (25,5 %), de jeunes en situation de handicap (7,2 %) et de femmes (55,2 %).
Le programme de stages Horizons Sciences pour les jeunes poursuit son engagement à contribuer à l’emploi et à la formation professionnelle des jeunes les plus éloignés de l’emploi. Pour son nouveau cycle d’exécution du programme pour l’exercice 2023-2024, le programme a incorporé de nouvelles cibles et des cibles plus élevées pour des groupes visés par l’équité, en particulier :
- les jeunes autochtones;
- les jeunes racisés;
- les jeunes en situation de handicap;
- les jeunes vivant dans une communauté de langue officielle en situation minoritaire;
- les jeunes des communautés rurales, éloignées et accessibles par avion;
- les jeunes de la communauté 2ELGBTQQIA+;
- les femmes.
Les objectifs ont été définis sur la base d’études menées par l’industrie et sont proportionnellement représentatifs de la taille des différents groupes en quête d’équité au Canada, dans le but d’accroître la participation et les ressources allouées aux jeunes.
5. Intégrité des marchés, réglementation et concurrence (22 programmes)
Les activités de programme visent à stimuler les investissements privés et les activités commerciales et à maintenir l’intégrité du marché canadien.
Les résultats de programme sont axés sur la croissance, la stabilisation et le soutien des entreprises et des activités commerciales. Conformément aux objectifs du programme, il est possible d’améliorer les rapports sur les répercussions par les moyens suivants :
- déterminer les mandats et les normes en matière de relations de travail, ainsi que les renseignements sur la composition du marché au Canada et à l’étranger, afin de rendre compte des personnes qui profitent de l’investissement privé et de la participation au marché et de celles qui se heurtent à des obstacles à cet égard;
- établir et utiliser des méthodes pertinentes (par exemple, des groupes de discussion réunissant des publics diversifiés, des enquêtes sur l’investissement dans le marché) afin de générer des données probantes permettant de modifier la conception du programme;
- avoir recours à des analyses de l’environnement ou des analyses des tendances du marché pour corroborer les plans et les approches de collecte de données à mettre en œuvre.
Exemple d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada
Programme : Protection et promotion du marché
Objectifs : Le programme réglemente et surveille un certain nombre d’aspects du marché canadien, notamment la mesure du commerce, l’insolvabilité, la gouvernance d’entreprise, y compris la constitution en société, l’accès au marché et la consommation.
Répercussions : Corporations Canada a publié, en mai 2024, son quatrième bilan annuel sur la diversité des conseils d’administration et des équipes de direction des sociétés de distribution fédérales créées en vertu de la Loi canadienne sur les sociétés par actions (LCSA), en utilisant les données de 2023. Les sociétés doivent rendre compte de la représentation des quatre groupes désignés, définis dans la Loi sur l’équité en matière d’emploi, au sein de leur conseil d’administration et de leur équipe de direction : les femmes, les peuples autochtones (Premières Nations, Inuits et Métis), les personnes handicapées et les membres des minorités visibles.
Le Bureau du surintendant des faillites (BSF) recueille volontairement des données pour l’ACS Plus afin d’analyser et d’éliminer les obstacles potentiels au sein du système d’insolvabilité. En 2023‑2024, le BSF a révisé sa stratégie de sensibilisation et d’engagement et a entrepris un projet visant à mieux comprendre les besoins des groupes marginalisés, en particulier les peuples autochtones. Ce projet comprenait notamment une collaboration avec des débiteurs autochtones pour cerner les défis et élaborer un rapport « Ce que nous avons entendu » contenant des recommandations d’amélioration, qui sera finalisé en 2024‑2025.
Le Ministère a produit un rapport sur les répercussions fondées sur de multiples facteurs identitaires, en indiquant spécifiquement le volume des défaillances de consommateurs selon les éléments suivants :
- le genre;
- l’âge;
- le revenu annuel;
- l’identité autochtone;
- l’incapacité;
- l’appartenance à une minorité visible.
Corporations Canada a rencontré divers groupes représentant des entrepreneurs autochtones, des femmes entrepreneures, des représentants d’entreprises appartenant à des Noirs et dirigées par des Noirs, afin de comprendre leurs besoins, de les informer sur nos services et de recueillir leurs commentaires. Les commentaires sont destinés à améliorer les services (simplifier la formulation, la navigation, la facilité d’utilisation et accroître l’accessibilité globale).
Corporations Canada a également élaboré un plan de mobilisation des Autochtones en collaboration avec des organisations et des populations autochtones et d’autres ministères. Ce plan englobe de nombreux domaines, tels que la recherche et l’inclusion des langues autochtones, la communication équitable et l’élimination des obstacles internes.
6. Santé (55 programmes)
Les activités de programme visent à créer un système de santé responsable, accessible et durable. Le Transfert canadien en matière de santé fait également partie de ce domaine de résultats.
Les résultats de programme visent à évaluer, établir et améliorer l’équité en matière de santé sur le plan individuel, communautaire et sociétal. Conformément aux objectifs du programme, il est possible d’améliorer les rapports sur les répercussions et de les tenir à jour par les moyens suivants :
- utiliser des cadres et des paramètres d’équité établis en matière de santé pour définir et déterminer les critères de sélection des lentilles (tels que les déterminants sociaux de la santé) et les données fournies par les autorités sanitaires provinciales et territoriales pour l’établissement de rapports sur les répercussions;
- faire du co-développement avec les communautés vulnérables et marginalisées et chercher à obtenir leur adhésion, notamment en tenant compte des considérations relatives à la protection des renseignements personnels en fonction du contexte afin d’élaborer des plans pour la collecte, l’utilisation et la communication des résultats en matière de santé;
- identifier des méthodes qualitatives ou mixtes (telles que des groupes de discussion, des entrevues) pour aider à définir de manière itérative des questions complexes, selon des perspectives multidimensionnelles afin d’établir un accès équitable aux programmes de santé.
Exemple de Services aux Autochtones Canada
Programme : Promotion de la santé publique et prévention des maladies
Objectifs : Le programme offre aux Premières Nations et aux Inuit la souplesse nécessaire pour mettre en œuvre des services de santé intégrés et holistiques, tout en soutenant le transfert de ces services à leurs communautés. Les activités clés du programme englobent le bien-être mental, un mode de vie sain, le développement de l’enfant, le contrôle des maladies transmissibles et la santé environnementale et publique.
Répercussions : Les indicateurs rapportés ont permis de recenser un large éventail de répercussions dans cinq sous-programmes. Par exemple, le sous-programme Contrôle et gestion des maladies transmissibles a indiqué le taux (pour 100 000 habitants) de nouveaux cas de VIH parmi les personnes vivant dans les communautés des Premières Nations en fonction de l’âge et du genre. La pandémie de COVID-19 a affecté la surveillance et retardé la déclaration pour 2022, car les ressources ont été réaffectées à d’autres maladies. Elle a également perturbé l’accès à la prévention et aux soins pour les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). La stigmatisation, les déséquilibres des pouvoirs et les cas asymptomatiques ont également limité les tests de dépistage des ITSS, comme la syphilis, dans tous les groupes d’âge.
D’autres répercussions de la COVID-19 ont été cernées, notamment la façon dont la pandémie et la nécessité de réaffecter les ressources de santé publique ont perturbé les programmes d’immunisation dans tout le Canada et retardé la présentation des rapports annuels. La réticence à l’égard de la vaccination et la lassitude du public ont également contribué à réduire la couverture vaccinale, y compris chez les enfants.
Dans le cadre du sous-programme Bien-être mental, d’autres statistiques ont été présentées, notamment le pourcentage d’adultes ayant déclaré avoir une « excellente » ou une « très bonne » santé mentale chez les Premières Nations vivant dans les réserves et hors réserve, chez les Inuits vivant dans l’Inuit Nunangat et chez les communautés métisses (femmes et hommes confondus).
Le Programme de bien-être mental continuera à utiliser des données provenant d’enquêtes, comme l’Enquête régionale sur la santé, l’Enquête auprès des peuples autochtones et la prochaine Enquête nationale sur la santé des Inuit. Le programme accorde la priorité aux stratégies en matière de données menées par les Autochtones qui se concentrent sur les distinctions et les rapports agrégés fondés sur les résultats, en soutenant le contrôle des communautés autochtones sur leurs données et leurs récits. Il étudie également les moyens d’intégrer dans ses rapports des indicateurs et des mesures élaborés par les Autochtones.
Exemple de Santé Canada
Programme : Lutte contre le tabagisme
Objectifs : Le programme vise à réduire la prévalence du tabagisme au Canada par des efforts de prévention et en aidant les personnes qui consomment du tabac à cesser de fumer. Le programme aborde également les risques pour la santé liés à l’utilisation des produits de vapotage et s’efforce de prévenir leur utilisation chez les jeunes et les Canadiens qui ne fument pas.
Répercussions : Les répercussions observées dans le cadre du programme ont montré que le tabagisme n’est pas réparti de manière égale au sein de la population. Pour y remédier, Santé Canada a mis en œuvre des politiques et des interventions qui ciblent précisément les adultes qui fument, les jeunes et les personnes qui ne fument pas.
Les indicateurs du programme sur la prévalence de Canadiens (âgés de plus de 15 ans) qui déclarent fumer actuellement des cigarettes sont répartis en fonction du genre, de l’âge, de l’orientation sexuelle, du niveau de scolarité, du statut socioéconomique et du diagnostic de trouble de l’anxiété et/ou de l’humeur. Les plans de collecte de données sur l’Analyse comparative fondée sur le sexe et le genre Plus (ACSG Plus) du Ministère prévoient une collaboration avec Statistique Canada pour évaluer les principaux aspects du tabagisme au moyen d’enquêtes sur la santé de la population, telles que l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes et l’Enquête canadienne sur le tabac et la nicotine. Un projet de recherche sur l’opinion publique a été mené au cours de l’exercice 2023-2024. Il a permis d’étudier en profondeur les obstacles et les facteurs favorables à l’abandon du tabac chez les adultes canadiens qui fument et de déterminer si les attitudes et les comportements à l’égard de l’abandon du tabac diffèrent selon les groupes à forte ou à faible prévalence de tabagisme.
Dans le cadre du Programme sur l’usage et les dépendances aux substances (PUDS), Santé Canada a financé cinq projets axés sur la prévention, la protection et l’abandon du tabac et des produits de vapotage. Les projets ont permis d’informer les Canadiens sur les méfaits et les risques du tabac et des produits de vapotage, notamment en concevant des interventions de désaccoutumance pour les fumeurs et les jeunes qui vapotent. Afin d’améliorer la capacité du PUDS à recueillir des données démographiques et à en rendre compte, ainsi qu’à soutenir les bénéficiaires de financement, le PUDS a fourni aux bénéficiaires un guide de collecte des données démographiques qui les aide à recueillir des données pertinentes sur l’ACSG Plus. Ce guide comprend des exemples d’outils de collecte de données démographiques quantitatives et qualitatives.
7. Sécurité et sûreté (182 programmes)
Les activités de programme visent à préserver la sécurité du Canada et de ses citoyens en veillant à la prévention du crime, l’application de la loi, la sécurité des frontières canadiennes et de la préparation aux situations d’urgence. Ce groupe de programmes peut rendre compte des répercussions par les moyens suivants :
- utiliser des indicateurs de sécurité axés sur l’équité qui permettent de savoir qui se sent en sécurité ou l’est réellement et qui est vulnérable aux préjudices, à la sous-déclaration ou à la discrimination;
- mesurer les obstacles systémiques et la discrimination;
- suivre les réformes et les initiatives axées sur les communautés en rendant compte des efforts déployés pour faire participer les communautés sous-représentées à la planification de la sécurité publique;
- inclure des données qualitatives et des données relatives à l’expérience vécue pour compléter les chiffres.
Exemple de l’Agence des services frontaliers du Canada
Programme : Immeubles et équipement
Objectifs : Le programme supervise les activités d’entretien des infrastructures et de l’équipement ainsi que les investissements réalisés aux points d’entrée des modes aérien, terrestre et maritime, au Collège de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), dans les centres de surveillance de l’immigration et dans les unités de logement du personnel. L’ACS Plus est intégrée dans la conception des immeubles lors du remplacement ou de la construction d’infrastructures de façon à garantir un accès sans obstacle.
Répercussions : Tous les Canadiens, en particulier les personnes ayant une déficience visuelle et faisant face à des obstacles fondés sur le genre, bénéficieront directement des éléments intégrés de l’ACS Plus. En ce qui concerne les changements apportés au modèle de prestation ayant une incidence sur les résultats liés aux genres et à la diversité, les guides de conception des points d’entrée de l’ASFC comportent maintenant des sections à propos des toilettes et vestiaires non genrés ainsi que des revêtements de sol texturés. On prévoit y ajouter des sections à propos des niveaux d’accessibilité et d’adaptation dans l’environnement bâti lors de la construction de futurs points d’entrée.
Exemple de Sécurité publique Canada
Programme : Crimes graves et crime organisé
Objectifs : L’objectif du programme est de renforcer la sécurité des Canadiens en combattant les crimes graves et le crime organisé au Canada et en atténuant leurs répercussions. Le programme vise à prévenir et à interrompre les activités criminelles, telles que le trafic de stupéfiants, la traite des personnes, le blanchiment d’argent, la cybercriminalité et d’autres activités illicites.
Répercussions : Au cours de l’exercice 2023-2024, la Stratégie nationale pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle sur Internet a aidé Statistique Canada dans la production d’un rapport Juristat sur le profil statistique des cas d’exploitation sexuelle des enfants en ligne qui ont été déclarés par la police au Canada afin de mieux comprendre la façon dont ce crime se répercute sur diverses populations.
Ce rapport a montré que l’exploitation sexuelle des enfants en ligne est un crime lié au genre, car les victimes pour tous les types d’infractions sont essentiellement des filles. La majorité des victimes d’infractions sexuelles contre des enfants en ligne déclarées par la police étaient des filles, notamment des filles âgées de 12 à 17 ans (71 % des victimes). Les garçons et les hommes représentaient la grande majorité des auteurs présumés pour tous les types d’infractions. Ce rapport contribue à orienter les politiques et les programmes de lutte contre ce crime.
On ne connaît pas toute l’ampleur de la traite des personnes, car ce crime est sous‑estimé. Par conséquent, les données déclarées par la police et les données judiciaires ne brossent qu’un portrait incomplet du problème. Bien que l’on dispose d’un nombre limité de données officielles, des données qualitatives montrent que les personnes les plus exposées au risque de devenir une victime au Canada sont généralement celles qui doivent faire face à des difficultés socioéconomiques et à la marginalisation. Les femmes et les filles autochtones, les immigrants et les nouveaux arrivants au Canada, les jeunes en famille d’accueil, les personnes en situation de handicap et les personnes issues de la communauté 2ELGBTQIA+ sont particulièrement vulnérables.
En avril 2024, plus de 3 000 personnes avaient participé aux 12 projets d’autonomisation communautaires qui ont été financés dans le cadre du Programme de contribution pour combattre les crimes graves et le crime organisé. Presque tous les projets ont abordé la nécessité d’un soutien individualisé, car leurs clients peuvent avoir divers besoins et, comme l’a souligné un projet, la guérison d’un traumatisme n’est pas linéaire. En avril 2024, on avait instauré un dialogue avec plus de 44 000 personnes en personne et en ligne dans le cadre de projets qui ciblaient les jeunes. Les commentaires des jeunes indiquent qu’ils sont reconnaissants des récits de survivants et qu’ils sont capables de participer et de donner leur avis sur le contenu.
8. Inclusion sociale (43 programmes)
Les activités de programme visent à promouvoir et à protéger les langues officielles du Canada, les droits de la personne (y compris le droit à un niveau de vie acceptable) et la participation de tous les groupes à la société canadienne. Pour améliorer les mesures et la production de rapports, ces programmes peuvent faire ce qui suit :
- compléter les rapports quantitatifs par des données qualitatives, issues de la communauté, telles que :
- les expériences de discrimination relatives à l’accès aux services offerts dans les langues officielles;
- les difficultés rencontrées par les membres de la communauté 2ELGBTQI+ pour faire valoir leurs droits de la personne;
- les voix des personnes en situation de handicap ou des nouveaux arrivants racisés pour évaluer l’accès aux programmes et leur efficacité.
- rendre compte de la manière dont les résultats du programme influencent ou améliorent les environnements politiques et les pratiques institutionnelles, par exemple :
- une meilleure protection des droits linguistiques dans le domaine de l’éducation ou de la santé;
- l’intégration des considérations relatives au genre et à la diversité dans les cadres des droits de la personne;
- la création d’institutions et de programmes publics plus inclusifs.
Exemple de Patrimoine canadien
Programme : Engagement des jeunes
Objectifs : Le programme vise à renforcer les liens des jeunes avec le Canada en favorisant l’engagement civique, l’appréciation de la diversité et l’identité nationale. Il s’adresse aux jeunes de partout au Canada, en mettant largement l’accent sur les groupes en quête d’équité, notamment les jeunes autochtones, les jeunes racisés, les jeunes en situation de handicap, les jeunes des communautés rurales, les jeunes issus de ménages à faible revenu et les jeunes de la communauté 2ELGBTQI+.
Répercussions : Le Programme Échanges Canada accorde des subventions et des contributions pour financer les échanges de jeunes entre les régions, afin de promouvoir l’unité nationale et les connaissances du pays. Les répercussions sont très positives :
- 80 % des femmes, 79 % des hommes et 77 % des participants non binaires ont déclaré avoir amélioré leur compréhension de ce que les Canadiens ont en commun.
- 90 % des femmes, 89 % des hommes et 85 % des participants non binaires ont déclaré avoir amélioré leur compréhension de la diversité du Canada.
Parmi les initiatives notables, mentionnons « Connecter les jeunes Canadiens », qui a offert des échanges à 2 088 jeunes, dont 413 participants issus des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Le projet a contribué à renforcer l’attachement des jeunes au Canada grâce au partage des connaissances et à l’établissement de relations.
Le programme « Les jeunes s’engagent » a permis à près de 2 000 jeunes francophones du Nouveau-Brunswick, surtout issus des communautés de langue officielle en situation minoritaire, de concevoir et de diriger des projets visant à faire connaître le Canada à leurs pairs et à leurs communautés. Ce modèle dirigé par les jeunes a favorisé l’engagement civique et un lien personnel plus profond avec l’identité nationale.
Le Secrétariat de la jeunesse a joué un rôle clé dans la mise en place d’une stratégie pangouvernementale en faveur des jeunes, en dirigeant un comité horizontal de haut niveau chargé de promouvoir les priorités des jeunes. Il a tenu à jour l’outil d’analyse de l’impact sur les jeunes et en a fait la promotion, ce qui permet d’intégrer le point de vue des jeunes, notamment en ce qui concerne le genre et la diversité, dans l’élaboration des politiques fédérales.
En 2023–2024, le Secrétariat de la jeunesse a mené un recrutement inclusif pour la septième cohorte du Conseil jeunesse, en privilégiant l’équité au moyen de la diffusion numérique et d’efforts ciblés pour atteindre les jeunes sous-représentés.
Exemple de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
Programme : Négociation de traités, d’ententes sur l’autonomie gouvernementale et d’autres ententes constructives
Objectifs : Le programme appuie l’engagement du Canada à négocier des traités, des ententes sur l’autonomie gouvernementale et d’autres ententes constructives visant à concilier les droits des Autochtones avec la souveraineté de la Couronne. L’objectif est de créer conjointement un environnement favorable dans lequel les groupes autochtones peuvent exercer leur droit à l’autodétermination et améliorer les conditions au sein de leurs collectivités.
L’ACS Plus est appliquée de diverses manières, par exemple : les parties peuvent désigner des moyens de s’assurer que le processus est dirigé par la communauté au moyen d’une campagne de sensibilisation communautaire inclusive et accessible et la ratification, qu’il met particulièrement l’accent sur les femmes, les jeunes et d’autres groupes socialement vulnérables, tels que les personnes en situation de handicap et les personnes 2ELGBTQI+, et qu’il prend en compte les moments, les lieux, les personnes et les méthodes qui conviennent le mieux.
Il prend aussi en considération l’effet qu’aurait une disposition proposée dans le cadre d’un traité ou d’une entente sur l’autonomie gouvernementale sur les personnes selon l’intersection de divers facteurs identitaires (p. ex. le genre, l’orientation sexuelle, l’âge, le niveau d’études, la situation familiale et socioéconomique). Une fois l’entente conclue, les groupes autochtones sont les seuls à pouvoir affecter les fonds connexes.
Répercussions : Certaines recherches ont montré que les groupes autochtones ayant signé des traités modernes jouissent, généralement, d’un meilleur bien-être communautaire que ceux qui n’ont pas signé de traités modernes. De plus, les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones se heurtent à des obstacles fondés sur le genre lorsqu’elles veulent participer à l’exercice de l’autonomie gouvernementale autochtone, en raison des dispositions discriminatoires passées et actuelles des politiques et des lois coloniales, telles que les dispositions relatives à l’identité et au statut de la Loi sur les Indiens. Par conséquent, elles sont souvent exclues des processus et des décisions liés à la gouvernance. Les traités modernes ont également permis d’augmenter les taux d’égalité entre les genres en matière de leadership par rapport aux bandes visées par la Loi sur les Indiens.
9. Patrimoine et culture (26 programmes)
Les activités de programme visent à soutenir la culture canadienne et à améliorer la connaissance de l’histoire et du patrimoine du Canada, telles que l’histoire militaire et les sites du patrimoine national. Pour démontrer leurs répercussions, les programmes peuvent faire un suivi auprès des personnes qui reçoivent du financement et du soutien et de celles qui se heurtent à des obstacles relatifs à l’accès aux infrastructures et aux possibilités culturelles, par exemple :
- la répartition des subventions et des investissements culturels en fonction de l’identité du demandeur;
- l’accès aux programmes de préservation historique en fonction du type de communauté ou d’organisation;
- l’accessibilité des sites culturels et patrimoniaux (physique, linguistique, culturelle).
Exemple de l’Office national du film (ONF)
Programme : Programmation et production audiovisuelles
Objectifs : Le programme a pour mandat de créer des œuvres audiovisuelles pertinentes et innovatrices qui font connaître le Canada et ses diverses perspectives au peuple canadien et au reste du monde. En travaillant avec des créateurs et créatrices de toutes les régions du pays, l’ONF se donne l’objectif de refléter la diversité canadienne et les points de vue et les expériences de communautés qui sont systématiquement sous-représentées dans le paysage médiatique et d’innover dans la création de nouvelles formes et approches pour raconter des histoires.
Répercussions : En 2023, l’ONF a renforcé son engagement à l’égard de l’équité dans la mise en récit en se fixant un nouvel objectif : d’ici le 31 mars 2025, plus de 30 % de ses productions soient réalisées par des cinéastes noirs ou racisés. Cet objectif s’inscrit dans la continuité des engagements pris précédemment en faveur de la parité entre les genres (2016) et de la réconciliation avec les Autochtones (2017) et assure une plus grande représentation des groupes sous-représentés, notamment les communautés 2ELGBTQI+, les personnes en situation de handicap et les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Les répercussions clés sont les suivantes :
- Pourcentage des œuvres achevées, réalisées par des cinéastes et des créateurs et créatrices autochtones : 20 %
- Pourcentage des dépenses de production allouées à des projets réalisés par des cinéastes et des créatrices et créateurs issus des communautés de langue officielle en situation minoritaireNote de bas de page ** : 18 %
- Pourcentage des œuvres en cours réalisées par des cinéastes provenant de communautés de langue officielle en situation minoritaire : 23 %
- Pourcentage des dépenses de production allouées à des projets réalisés par des femmesNote de bas de page ** : 55 %
- Pourcentage des dépenses de production allouées à des projets réalisés par des cinéastes et des créateurs et créatrices autochtonesNote de bas de page ** : 25 %
- Pourcentage des œuvres en cours réalisées par des cinéastes ou des créatrices et créateurs autochtones : 23 %
- Pourcentage des œuvres en cours réalisées par des cinéastes ou des créatrices et créateurs qui s’identifient en tant que personnes noires ou de couleur : 36 %
- Pourcentage des œuvres en cours réalisées par des cinéastes ou des créatrices et créateurs qui s’identifient en tant que personnes vivant avec un ou plusieurs handicaps : 12 %
- Pourcentage des œuvres en cours réalisées par des films ont été réalisés par des cinéastes ou des créatrices et créateurs appartenant à la communauté 2ELGBTQIA+ : 20 %
10. Activités gouvernementales (118 programmes)
Les activités de programme visent à appuyer le gouvernement dans l’exécution de ses activités essentielles et à assurer une intendance rigoureuse des ressources financières, des actifs et des ressources humaines. Il s’agit notamment du Trésor fédéral, du recouvrement des impôts, du recrutement et du perfectionnement des fonctionnaires, de la prestation de services linguistiques et de services d’approvisionnement et des tribunaux administratifs.
Afin de mesurer leurs répercussions, ces programmes peuvent communiquer des données ventilées selon les éléments suivants :
- les politiques d’approvisionnement et la diversité des fournisseurs;
- les domaines des ressources humaines qui assurent une surveillance de l’équité, tels que l’embauche, les promotions et le perfectionnement des cadres de la fonction publique.
Exemple du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
Programme : Programme de la fonction de contrôleur
Objectifs : Le programme fournit une orientation fonctionnelle et une assurance en matière de gestion financière, de vérification interne, de planification des investissements, d’approvisionnement, de gestion de projets et de gestion du matériel et des biens immobiliers. Dans le cadre de ce travail, le programme fournit des orientations politiques et mène des initiatives pour aider les ministères à mettre en œuvre les exigences liées au genre et à la diversité. Il aide également les ministères à constituer un effectif de contrôleurs qualifiés, inclusifs, diversifiés et équitables, et à servir des parties prenantes et des communautés diverses.
Répercussions : Le programme a rendu compte de la répartition des membres des comités d’audit et des fonctions d’audit interne selon le genre, la première langue officielle, l’appartenance à une minorité visible, l’état de la personne en situation de handicap, l’identité autochtone, la localisation, entre autres.
En 2023-2024, le programme a également :
- poursuivi la collaboration avec Services aux Autochtones Canada, Services publics et Approvisionnement Canada et les partenaires autochtones afin d’aider les ministères à respecter les Procédures obligatoires pour les marchés attribués aux entreprises autochtones;
- publié le Guide des langues officielles dans l’approvisionnement fédéral afin de veiller à ce que les ministères respectent leurs obligations en matière de langues officielles au cours du processus d’approvisionnement;
- veillé à ce que les nouveaux systèmes de gestion financière adoptés par les ministères soient accessibles et offerts dans les deux langues officielles;
- collaboré avec les ministères à une série de mesures de recrutement, de gestion des talents et de perfectionnement pour favoriser l’attribution de personnel qualifié, inclusif, diversifié et équitable dans la fonction de contrôleur.
Exemple de Services aux Autochtones Canada (SAC)
Programme : Gouvernance autochtone et soutien des capacités
Objectifs : Le programme aligne les programmes de capacités de gouvernance du Ministère afin de renforcer les gouvernements et les communautés autochtones au Canada.
Répercussions : Parmi les efforts visant à moderniser le soutien du Canada à la gouvernance des Premières Nations figure l’analyse des incidences des programmes de renforcement des capacités de gouvernance sur les particuliers, les sous-groupes et les facteurs à l’échelle communautaire. Une étape clé de ce processus a été l’achèvement de la collecte de données sur les salaires ventilées par Statistique Canada en mars 2023. Cette analyse a consisté en un examen préliminaire des ententes sur l’autonomie gouvernementale, qui a permis de déterminer 21 catégories professionnelles liées aux fonctions de gouvernance. L’étude a révélé que les salaires moyens des Premières Nations dans les réserves étaient inférieurs de 28 % à ceux des communautés canadiennes non éloignées et de 21 % à ceux des communautés éloignées. Cette constatation met en évidence les difficultés que rencontrent les Premières Nations pour offrir des salaires compétitifs, ce qui a une incidence sur leur capacité à embaucher du personnel et à maintenir celui-ci en poste pour les fonctions de gouvernance et d’administration.
Des efforts supplémentaires ont été déployés en 2023-2024 pour améliorer la collecte de données dans le cadre du sous-programme de développement professionnel et institutionnel, en ciblant particulièrement la participation des groupes visés par l’équité, tels que les jeunes, les Aînés, les femmes, les personnes en situation de handicap et les personnes 2ELGBTQIA+ dans les projets de gouvernance, ainsi que l’incidence sur ces groupes. Parmi les indicateurs désagrégés figuraient les fonds alloués au renforcement des capacités dans le cadre du programme de développement professionnel et institutionnel, ventilés par région, province et territoire.
Dans le cadre du sous-programme de subvention au titre de la nouvelle relation financière, depuis 2019, SAC et l’Assemblée des Premières Nations élaborent un cadre national fondé sur les résultats afin d’améliorer la mesure des résultats des Premières Nations. Cette initiative a nécessité une vaste collaboration avec des citoyens des Premières Nations, des experts en données, des dirigeants, des organisations autochtones régionales et des conseils tribaux afin d’éclairer les rapports socioéconomiques.
La Stratégie relative aux données de 2023-2026 pour la fonction publique fédérale soutient ce changement en engageant SAC et le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada à promouvoir l’autodétermination et la souveraineté des données. Le cadre national fondé sur les résultats s’éloigne des mécanismes de production de rapport prescrits par le gouvernement pour offrir une boîte à outils que les communautés des Premières Nations peuvent personnaliser pour mesurer leur succès en fonction de leurs modes de connaissance autochtones, alors que SAC examine les corrélations entre la participation à la subvention et des facteurs, tels que la taille de la communauté, l’éloignement, l’emploi et le revenu.
11. Affaires internationales (68 programmes)
Les activités de programme visent à promouvoir la paix et la sécurité, la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit partout dans le monde, ainsi qu’à assurer la représentation du Canada à l’étranger. Ces objectifs sont atteints en apportant un soutien militaire et policier, en fournissant des services aux Canadiens à l’étranger et en menant des activités dans le domaine de la diplomatie internationale. Lorsque les activités de programme sont principalement nationales, c’est-à-dire à l’intérieur des frontières canadiennes, elles doivent alors être répertoriées dans le domaine de résultats « Un Canada sécuritaire et sécurisé ».
Les résultats de programme sont axés sur le respect des obligations et des traités internationaux du Canada, la prestation de services aux Canadiens à l’étranger et la mise en œuvre des priorités en matière d’immigration. Conformément aux objectifs du programme, il est possible d’améliorer les rapports sur les répercussions par les moyens suivants :
- établir des critères de référence pour la sélection des lentilles et la production de rapports sur les répercussions en fonction des accords commerciaux propres à un pays ou à une région, des traités internationaux et de la réglementation (par exemple, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, l’ACS Plus de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique et d’autres accords de libre-échange);
- documenter l’engagement auprès des communautés et les répercussions sur celles-ci en incluant des données qualitatives et quantitatives provenant d’organisations non gouvernementales locales et de communautés touchées (en particulier) par les opérations de paix et de sécurité;
- mettre en évidence les partenariats avec les organisations de la société civile locale, notamment en établissant le profil des rapports ou des audits parallèles soumis à l’Organisation des Nations Unies ou en partenariat avec le Canada pour corroborer les processus de collecte et d’établissement de rapports.
Exemple d’Affaires mondiales Canada
Programme : Programme visant à renforcer les capacités de lutte contre la criminalité et le terrorisme
Objectifs : Le programme renforce les capacités locales, en particulier celles des États bénéficiaires du Moyen-Orient, de l’Afrique, des Amériques et de l’Asie du Sud-Est pour prévenir les menaces à la sécurité mondiale et y répondre, ce qui devrait réduire les répercussions négatives sur les Canadiens et les intérêts canadiens.
Répercussions : Les projets mis en œuvre dans le cadre du programme ont obtenu d’excellents résultats pour contribuer à régler des problèmes d’égalité entre les genres dans une variété de contextes durant l’exercice 2023-2024. Les répercussions rapportées étaient principalement axées sur le genre, par exemple, le nombre total des bénéficiaires (678) des activités de renforcement des capacités interrogés ayant déclaré avoir amélioré leurs connaissances, leurs compétences ou leurs habiletés en matière de lutte contre les menaces à la sécurité (348 hommes/330 femmes).
Dans le cadre du programme de lutte contre la criminalité d’Affaires mondiales Canada, la Commission interaméricaine de lutte contre l’abus des drogues de l’Organisation des États américains a soutenu le renforcement des capacités en Amérique latine et dans les Caraïbes afin d’améliorer l’élaboration et la mise en œuvre de mesures de rechange à l’incarcération (MRI) tenant compte des besoins de chacun des genres lors des infractions liées aux drogues. Pour appuyer le processus de mise en œuvre, un atelier de sensibilisation a été organisé à l’intention de plus de 50 agents de justice et de santé (35 femmes, 21 hommes, 4 personnes ont préféré ne pas répondre) en Colombie et au Pérou afin de les sensibiliser à l’importance d’intégrer des perspectives relatives à l’égalité des genres dans le cadre des infractions liées aux drogues dans le système de justice pénale et dans les politiques et les programmes relatifs aux MRI. Ce projet a permis aux participants d’améliorer leur mise en application des concepts et des stratégies de base concernant la mise en œuvre, la surveillance et l’évaluation des politiques, des programmes et des pratiques de rechange à l’incarcération.
En partenariat avec la Commission interaméricaine de lutte contre l’abus des drogues de l’Organisation des États américains (OEA), le Programme d’aide au renforcement des capacités de lutte contre la criminalité d’Affaires mondiales Canada a soutenu l’élaboration de programmes dans les États membres de l’OEA pour renforcer les capacités opérationnelles des organismes d’application de la loi à lutter contre le trafic de drogues, en améliorant l’intégration des questions d’égalité entre les genres et en faisant en sorte que les organismes d’application de la loi soient inclusifs et respectueux de l’égalité entre les genres. À cette fin, une visite en personne a été effectuée pour actualiser et finaliser le plan d’action visant à accroître l’égalité des genres dans les organismes de lutte contre la drogue en Argentine, à laquelle 20 représentants des quatre organismes de lutte contre la drogue du ministère de la Sécurité ont participé. À la suite de la visite, les sept pays bénéficiaires de l’OEA ont achevé la première ébauche de leur plan d’action, faisant ainsi un pas de plus vers le renforcement de l’égalité entre les genres au sein des bureaux, la mise à jour des pratiques de recrutement et l’élaboration de politiques d’égalité entre les genres pour les organismes de lutte contre la drogue.