Évaluation de l’Initiative de développement de collectivités accueillantes

4. Conclusions de l’évaluation

Cette section résume les principales conclusions de l’évaluation quant à la pertinence du programme, son rendement, son impact, ainsi que sa conception et sa prestation.

4.1. Pertinence

Pour évaluer la pertinence du programme, nous avons examiné si des programmes de cette nature répondent à un besoin et si l’IDCA cadre avec les priorités de CIC et du gouvernement du Canada ainsi qu’avec les rôles et responsabilités fédéraux. Les conclusions sont décrites ci-dessous, accompagnées des données probantes connexes.

Conclusions clés : Les programmes qui visent à contrer les obstacles à l’intégration des nouveaux arrivants, y compris le racisme et la discrimination, répondent à un besoin. Par son soutien à une gamme de mesures de lutte contre le racisme et de promotion du multiculturalisme dans une perspective de création de collectivités plus accueillantes et inclusives, l’Initiative répond à une partie de ce besoin. L’étude des documents a révélé que l’IDCA est harmonisée avec le PACCR et cadre avec les objectifs et les priorités du gouvernement du Canada et de CIC, et qu’elle joue un rôle unique parmi les programmes de lutte contre le racisme financés dans le cadre du PACCR du fait qu’elle est axée sur les nouveaux arrivants.

4.1.1. Besoin

Les programmes qui traitent des questions liées au racisme et à la discrimination au Canada répondent à un besoin, en raison du fait que la population est de plus en plus diversifiée, que le racisme et la discrimination à l’égard des nouveaux arrivants et des minorités visibles persistent, et que les immigrants se répartissent dans des régions rurales et de petites villes où, traditionnellement, les populations étaient passablement homogènes. De plus, il y a des facteurs sociaux, économiques et politiques qui peuvent contribuer aux incidences du racisme et de la discrimination et retarder l’intégration sociale et économique des nouveaux arrivants.

La trame culturelle du Canada devient de plus en plus diversifiée. Selon le Recensement de 2006, les minorités visibles formaient 16,2 % de la population du Canada, en hausse de 13,4 % par rapport à 2001Note de bas de page 22. L’un des principaux facteurs de l’augmentation du nombre de membres de minorités visibles est l’immigration. Les trois quarts (75 %) des immigrants arrivés entre 2001 et 2006 appartenaient à un groupe de minorités visibles, alors que les groupes de minorités visibles comptaient pour seulement 38 % des immigrants arrivés avant 1991Note de bas de page 23. De 2001 à 2006, la population des minorités visibles s’est accrue de 27,2 % au Canada, soit cinq fois plus rapidement que le taux de croissance de l’ensemble de la population, qui est de 5,4 %Note de bas de page 24 (Figure 4-1).

Figure 4-1 : Augmentation de la population des minorités visibles

Figure 4-1 : Augmentation de la population des minorités visibles

En dépit de l’engagement de longue date du Canada envers la diversité et la lutte contre la discrimination et le racisme, des sondages récents indiquent que 74 % des Canadiens croient que le racisme existe toujoursNote de bas de page 25. Dans l’Enquête sur la diversité ethnique (2002), un cinquième (20 %) des répondants des minorités visibles a déclaré avoir été parfois ou souvent victime de discrimination et de traitement injuste au cours des cinq années précédentes en raison de ses particularités ethnoculturellesNote de bas de page 26. De plus, les immigrants de minorités visibles sont plus susceptibles que les autres immigrants d’avoir de faibles revenusNote de bas de page 27. L’écart de revenus est particulièrement important chez les immigrants de minorités visibles masculinsNote de bas de page 28. Les conclusions de l’analyse documentaire confirment ces problèmes. Par exemple :

  • Le racisme et la discrimination à l’égard des nouveaux arrivants en général et des minorités visibles en particulier perdurent. La proportion des membres de minorités visibles qui se sont sentis victimes de discrimination était le double de la proportion des membres des minorités non visiblesNote de bas de page 29. Environ 81 % d’entre eux croyaient que c’était en raison de leur race ou de leur origine ethnique. De plus, près de 50 % des Noirs et environ 33 % des répondants d’Asie du Sud et de Chine ont fait état de discrimination ou de traitement injusteNote de bas de page 30.
    • D’autres études ont aussi révélé une gamme de préoccupations, dont :
      • Les immigrants de minorités visibles sont plus susceptibles que les autres immigrants d’avoir de faibles revenusNote de bas de page 31.
      • L’écart de revenus des membres des minorités visibles a augmenté de 11 % à 14,5 % au cours de la dernière décennie, et cette tendance devrait persister. Comme le Canada continue de compter sur les immigrants pour la croissance nette de sa main-d’œuvre, il faut s’attaquer à ce problèmeNote de bas de page 32.
  • Des stratégies doivent être élaborées pour contrer les manifestations possibles de racisme et de discrimination du fait que les nouveaux arrivants s’établissent de plus en plus dans des régions du Canada non traditionnelles du point de vue de l’immigration. Comme il a été mentionné plus tôt, la majorité de la population immigrante appartient à des groupes formés de minorités visibles et de personnes d’origines ethniques diversesNote de bas de page 33. Ces groupes immigrent d’un bout à l’autre du pays, y compris dans des régions rurales et des petites villes qui pourraient passer d’une démographie homogène de longue date à la diversité d’une population multiculturelleNote de bas de page 34. Le besoin de créer des collectivités accueillantes et inclusives qui assureront l’intégration en douceur des immigrants est donc particulièrement présent dans ces régions. Par exemple, une recherche menée à St. John’s montre que les jeunes nouveaux arrivants qui sont victimes de racisme et d’isolement peuvent présenter plus de risques d’abandon scolaire que les autres étudiantsNote de bas de page 35.
  • Des facteurs sociaux, économiques et politiques néfastes peuvent accroître le racisme et la discrimination. Les FS ont mentionné que deux facteurs sociétaux importants ont accru la nécessité d’activités visant à contrer la discrimination, soit le ralentissement économique et les attaques terroristes du 11 septembre. Les représentants principaux des FS ont expliqué que le récent ralentissement économique a renforcé les obstacles à l’intégration sociale et économique des nouveaux arrivants. Il se peut également que les crimes haineux soient en augmentation. Selon le rapport « Trousse de lutte contre le racisme et la discrimination », le nombre de crimes haineux prévus est estimé à 60 000 par an, et une hausse est prévue. Presque les deux tiers des victimes de crimes haineux sont des membres de groupes radicalisés. En outre, après le 11 septembre 2001, la discrimination est devenue plus ouverte et plus flagrante. Un examen de la documentation montre que, depuis le 11 septembre, les musulmans et les Arabes ont assisté à une hausse de l’incidence de la discrimination à l’égard des membres de leurs communautés, tant de la part d’individus que de l’ÉtatNote de bas de page 36.

Des programmes sont nécessaires pour contrer les obstacles à la participation, comme le racisme et la discrimination, et soutenir l’intégration des nouveaux arrivants. L’IDCA vise à créer des liens entre les nouveaux arrivants et les collectivités, à expliquer aux collectivités ce que sont le racisme, la discrimination et le multiculturalisme, et à rendre la société plus consciente des avantages de l’immigration.

L’IDCA est devenue nécessaire en raison du rôle qu’elle joue en matière d’intégration en aidant les nouveaux arrivants à tisser des connexions communautaires, en sensibilisant les collectivités et en leur expliquant ce qu’est la diversité et quels sont les avantages de l’immigration. Selon les intervenants, l’IDCA est aussi nécessaire pour :

  • contrer les pratiques discriminatoires et les préjugés à l’égard des minorités visibles et des immigrants;
  • accroître la capacité des organismes de prestation de services aux immigrants et aux non immigrants à fournir des services adaptés sur le plan culturel et à réagir efficacement au racisme et à la discrimination;
  • accroître la conscientisation du public sur le racisme et la discrimination, particulièrement dans les quartiers où l’isolement, le racisme et la discrimination sont plus fréquents;
  • créer des milieux de travail inclusifs, lutter contre les obstacles au recrutement des nouveaux arrivants, et contrer les problèmes de racisme;
  • aider à maintenir les nouveaux arrivants dans les régions rurales et à y augmenter leur participation;
  • sensibiliser les membres de la collectivité et travailler avec eux à la création de collectivités plus réceptives.

Les conclusions des entrevues montrent que tous les groupes de participants croient que l’IDCA répond à un besoin majeur (voir la Figure 4-2). Onze des douze directeurs et gestionnaires de CIC et les cinq représentants provinciaux ont indiqué que la nécessité de maintenir l’IDCA est majeure (sur une échelle de 1 à 5, où 1 représente l’absence de besoin et 5 un besoin majeur).

Figure 4-2 : Importance de l’IDCA

Figure 4-2 : Importance de l’IDCA

En moyenne, les agents de CIC ont fait état d’un besoin plus important des projets de l’IDCA et du PEAI-BNote de bas de page 37 (qui contribuent au renforcement de la capacité des FS) que les gestionnaires et directeurs de FS (voir la Figure 4-3). Cependant, cette tendance est inversée au chapitre des programmes du PEAI et du Programme d’accueil (qui sont plus axés sur la prestation de services aux nouveaux arrivants).

Figure 4-3 : Importance des différents programmes d’établissement

Figure 4-3 : Importance des différents programmes d’établissement

4.1.2. Harmonisation avec les priorités de CIC et du gouvernement du Canada et les rôles et responsabilités fédéraux

L’examen de différents documents relatifs aux politiques et priorités gouvernementales indique que l’IDCA cadre avec les priorités du gouvernement du Canada et les engagements fédéraux et s’harmonise avec les objectifs du PACCR et de CIC.

Les objectifs et les résultats souhaités à l’égard de l’IDCA cadrent avec les engagements fédéraux à l’échelle nationale et internationale, soit : faire en sorte que le secteur de l’établissement, les collectivités d’accueil et les nouveaux arrivants soient plus à même de prendre des mesures pour réduire le racisme et la discrimination; renforcer la participation des nouveaux arrivants; créer des collectivités canadiennes plus accueillantes et inclusives.

L’égalité et la protection contre la discrimination constituent des principes fondamentaux de la société canadienne; ces valeurs sont enchâssées dans les lois canadiennes et explicites dans ses textes essentiels, comme la Constitution, la Charte canadienne des droits et libertés et la Loi canadienne sur les droits de la personne. Le Canada est aussi signataire de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui prescrit que « [l]es États parties condamnent la discrimination raciale et s’engagent à poursuivre par tous les moyens appropriés et sans retard une politique tendant à éliminer toute forme de discrimination raciale et à favoriser l’entente entre toutes les races », et que « [c]haque État partie s’engage […] à faire en sorte que toutes les autorités publiques et institutions publiques, nationales et locales, se conforment à cette obligationNote de bas de page 38. »

La Loi sur le multiculturalisme canadien énonce la politique du Canada en matière de multiculturalisme; CIC est responsable de l’administration de cette loi (depuis octobre 2008). En vertu de la Loi, la politique du gouvernement du Canada l’engage à « promouvoir la participation entière et équitable des individus et des collectivités de toutes origines à l’évolution de la nation et au façonnement de tous les secteurs de la société, et à les aider à éliminer tout obstacle à une telle participation » et à imposer aux « institutions fédérales l’obligation de […] promouvoir des politiques, programmes et actions permettant au public de mieux comprendre et de respecter la diversité des membres de la société canadienneNote de bas de page 39. »

L’IDCA est financée dans le cadre du PACCR. L’Initiative cadre avec les objectifs et priorités de ce dernier, qui sont d’éliminer le racisme, la discrimination et les obstacles à la participation, tout en favorisant l’inclusion de tous Canadiens.

Le PACCR décrit le plan et les priorités du gouvernement du Canada, invitant tous les secteurs de la société, y compris les gouvernements, les organisations, les individus et les communautés ethnoraciales et ethnoculturelles à combattre le racisme et la discrimination fondée sur la race. Les activités de lutte contre le racisme au pays s’attardent à différents aspects du racisme et de la discrimination, comme le racisme en milieu de travail, la discrimination à l’égard des peuples autochtones, et le racisme organisationnel et structurel. PCH, Justice Canada et Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) ont aussi reçu du financement dans le cadre du PACCR afin d’élaborer et de mettre en œuvre des initiatives de lutte contre le racisme.

L’orientation de ces initiatives diffère de celle de l’IDCA. L’IDCA occupe une place unique au sein du PACCR en ce qu’elle est la seule initiative axée sur les nouveaux arrivants et sur la réduction des obstacles auxquels ils se heurtent en matière de racisme et de discrimination. Le Tableau 4 1 montre en quoi les projets de l’IDCA soutiennent le PACCR dans de nombreux domaines de prioritéNote de bas de page 40.

Tableau 4-1 : Harmonisation de l’ IDCA avec les priorités du PACCR
Le PACCR L’IDCA
Aider les victimes et les groupes qui sont vulnérables au racisme et à toute forme de discrimination La recherche montre que de nombreux nouveaux arrivants appartiennent à des groupes de minorités visibles. Les nouveaux arrivants, particulièrement ceux des minorités visibles, sont vulnérables au racisme et à la discrimination. Les jeunes peuvent être particulièrement vulnérables, de même que les réfugiés qui ont vécu des traumatismes et de la violence et n’ont jamais vécu dans des sociétés urbaines occidentales. Certains projets de l’IDCA ont pour but d’outiller les nouveaux arrivants pour qu’ils puissent faire face au racisme et à la discrimination.
Élaborer des approches novatrices visant à promouvoir la diversité et la lutte contre le racisme Les projets de l’IDCA sont souvent de nature communautaire. Les collectivités élaborent leurs propres approches et des mesures novatrices adaptées à leurs besoins particuliers. L’approche « à double sens » de l’intégration, parce qu’elle porte l’attention vers les collectivités d’accueil (et pas seulement vers les nouveaux arrivants), représente d’une certaine façon une innovation pour le programme d’établissement; elle facilite la participation pleine et active des nouveaux arrivants à la société canadienne.
Renforcer le rôle de la société civile L’IDCA finance des organisations et des organismes communautaires pour l’élaboration et la prestation de stratégies de lutte contre le racisme et la discrimination qui aident les collectivités, les nouveaux arrivants et le secteur de l’établissement à prendre les mesures qui s’imposent.
Renforcer la coopération régionale et internationale La recherche et le développement d’outils et de ressources de programme et l’élaboration de projets nationaux ont encouragé les experts du domaine et les intervenants des régions et du pays à collaborer.
Expliquer aux enfants et aux jeunes ce que sont la diversité et la lutte contre le racisme Par les améliorations qu’elle apporte au Programme d’accueil et au Programme des TEE, l’IDCA oriente les mesures vers les enfants et les jeunes, et facilite l’intégration de ces derniers dans le système scolaire canadien. Des événements, des forums et d’autres initiatives visent pour leur part à susciter la discussion chez les étudiants et à les aider à comprendre le multiculturalisme et la diversité.
Combattre la haine et les partis pris Les projets de l’IDCA ont élaboré et livré nombre d’ateliers et de présentations visant à contrer les facteurs sociaux et politiques qui peuvent mener à des crimes haineux et à des stéréotypes concernant les nouveaux arrivants.

L’examen des résultats stratégiques de CIC et de leur contribution aux buts du gouvernement du Canada montre que les objectifs et les activités de l’IDCA sont pertinents et qu’ils cadrent avec les résultats stratégiques de CIC axés sur l’élaboration de programmes d’intégration et de citoyenneté qui favorisent la diversité dans la société et l’inclusion sociale (Tableau 4-2).

Tableau 4-2 : Harmonisation de l’ IDCA avec les priorités du gouvernement du Canada et de CIC
Gouvernement du Canada Objectifs et priorités
de CIC
IDCA
Social : Société diversifiée qui favorise la dualité linguistique et l’inclusion sociale. Programme d’intégration – Résultats escomptés : Contribution des nouveaux arrivants aux besoins du Canada en matière de développement économique, social et culturel. Favoriser la diversité et la création de collectivités accueillantes, accroître la capacité à traiter les questions liées au racisme et à la discrimination et viser à réduire les obstacles à l’intégration des nouveaux arrivants et à faciliter leur pleine participation à la société canadienne et leur inclusion.
Social : Société diversifiée qui favorise la dualité linguistique et l’inclusion sociale. Programme de citoyenneté – Résultats escomptés : Participation pleine et entière des citoyens à la société canadienne. Favoriser la diversité et la création de collectivités accueillantes, accroître la capacité à traiter les questions liées au racisme et à la discrimination et viser à réduire les obstacles à l’intégration des nouveaux arrivants et à faciliter leur pleine participation à la société canadienne et leur inclusion.

La majorité (75 %) des directeurs et des gestionnaires de CIC a indiqué que l’IDCA cadrait avec les résultats stratégiques et les priorités de CIC et ceux du gouvernement du Canada. Ils ont noté que l’IDCA a un rôle important à jouer dans l’intégration des nouveaux arrivants en s’attaquant aux obstacles auxquels ils doivent faire face, en favorisant la création de collectivités accueillantes et inclusives et en assurant la cohésion sociale et la diversité du Canada.

Les représentants des FS qui ont participé à l’évaluation ont aussi convenu que le rôle que joue le gouvernement du Canada dans l’intégration, la participation, et l’adaptation des nouveaux arrivants à de nouvelles collectivités par l’élaboration et le financement de l’IDCA est approprié.

Par conséquent, les projets de l’IDCA cadrent avec les objectifs des programmes d’établissement, qui visent à tisser des liens entre les nouveaux arrivants et leurs collectivités, à les aider à mettre sur pied des réseaux sociaux et professionnels, et à réduire les obstacles économiques, sociaux et culturels qui se posent à leur participation, de sorte qu’ils se sentent les bienvenus dans leurs collectivités. L’IDCA a également accru son importance dans le mandat de CIC par le transfert du portefeuille du multiculturalisme de PCH à CIC. « Le Canada peut tirer parti de la diversité s’il parvient à mobiliser les Canadiens et faire en sorte que ceux-ci ont la possibilité de prendre part aux aspects économique, social, politique et culturel de la société canadienne. Le multiculturalisme favorise la compréhension interculturelle et appuie l’objectif voulant que les Canadiens vivent dans une société où ils sont traités avec justice et équité, quelle que soit leur origineNote de bas de page 41. »

4.2. Rendement

Dans l’examen du rendement de l’IDCA, l’évaluation a pris en compte la portée et le succès des projets au chapitre des activités et des résultats. Les conclusions donnent aussi une description des facteurs qui peuvent contribuer au succès des projets de l’IDCA et des facteurs qui peuvent le limiter.

Conclusions clés : Même s’il est évident que les différents projets de l’IDCA ont touché un large éventail de groupes et d’organisations et livré une vaste gamme d’activités, les données probantes sont insuffisantes pour évaluer adéquatement le rendement de l’IDCA comme programme, faute de données comparables. Toutefois, en tant que tels, les projets sont perçus comme ayant élaboré et livré les produits et les résultats souhaités. Les principaux facteurs qui ont contribué au succès des différents projets de l’IDCA sont l’efficacité des partenariats et la mobilisation de la collectivité, la couverture médiatique, la souplesse de la conception et l’engagement d’experts du domaine.

4.2.1. Portée des projets de l’IDCA

Les projets ont permis de rejoindre un éventail de groupes dont les nouveaux arrivants, les FS, d’autres organisations et les Canadiens. En particulier, de nombreux projets de l’IDCA ont été conçus pour rejoindre les jeunes et les élèves en apportant des améliorations au Programme d’accueil et au Programme des TEE ou par le biais d’autres activités visant à susciter chez les jeunes des discussions sur la lutte contre le racisme et de la diversité.

Les projets de l’IDCA ont élargi la portée des programmes d’établissement traditionnels au-delà des simples organisations du secteur de l’établissement ou de l’immigration. L’élaboration et la prestation des projets de l’IDCA a requis la participation d’une large gamme de populations dont les nouveaux arrivants au Canada, les collectivités locales, les fournisseurs de services habituels (services sociaux, santé, logement, police, etc.), les organismes d’aide à l’établissement, les bénévoles, les jeunes, les commissions scolaires, les services de police et les entreprises.

Au moins 17 projets de l’IDCA en 2007-2008 et 18 en 2008-2009 ont mené des activités directement auprès des groupes cibles (p. ex. par le biais de forums de jeunes, d’événement, de formation, d’ateliers, et par l’explication au public de ce que sont la lutte contre le racisme et la diversité). De plus, la prestation des services d’établissement dans les écoles ainsi que les activités d’accueil ont été améliorées par l’ajout d’une composante de lutte contre le racisme et par la mobilisation des jeunes sur les questions de l’intégration et de la diversité. Le Tableau 4-3 résume les informations disponibles sur les groupes cibles qui ont participé aux différents projets de l’IDCA en 2007-2008 et 2008 2009Note de bas de page 42.

Tableau 4-3 : Portée des projets de l’ IDCA Note de bas de page 43
Projets (fournisseurs de services) Personnes et organismes visés
2007-2008
Forum de la jeunesse du monde (YMCA Windsor-Essex) De 500 à 600 étudiants y ont assisté
Tournoi de basketball Diversité (police régionale de Peel) 300 personnes et 15 fournisseurs de services locaux y ont participé
Parcours vers la transformation (Centre catholique pour immigrants) 87 employés du Programme d’accueil représentant 23 programmes ontariens du Programme d’accueil ont participé
Organisation de services d’établissement et d’intégration 700 employés formés par le biais de la Formation interculturelle en appui aux services de police
Programme de loisirs pour les familles immigrantes (Calgary Catholic Immigration Society) (4 Seasons) 800 nouveaux arrivants ont participé à 4 Seasons
Projet de sensibilisation et de conscientisation du public (Central Alberta Refugee Effort) 750 clients dans les écoles, collèges, organismes et entreprises
Travailleurs de l’établissement dans les écoles (Saskatoon Open Door Society) 730 enfants immigrants et leurs familles desservis
Conscientisation des collectivités rurales – Alberta 2 000 groupes communautaires, écoles et individus ciblés par des ateliers sur la sensibilisation à la diversité dans les régions rurales de l’Alberta
Étude sur les attitudes des enseignants à l’égard du racisme, de l’immigration et du multiculturalisme (Association for New Canadiens) De 125 à 150 enseignants sondés
À la découverte de nos cultures 3 000 Canadiens et 100 étudiants immigrants
Centre de ressources pour les nouveaux arrivants (Compare Cultures – Ville de Saint John) 100 participants à des consultations
Journée internationale pour l’élimination du racisme (Multicultural Association of Fredericton) 1 940 participants au festival, défis artistiques et activités de présentations d’écoles
Kiosques Diversité (Carrefour d’immigration rurale) 800 participants
Présentations et ateliers de sensibilisation au multiculturalisme (PEI Association of Newcomers to Canada) 590 participants
Centre d’apprentissage pour les immigrants d’Halifax Formation de 200 employés d’organismes de services aux immigrants
Association métropolitaine de l’établissement des immigrants 65 travailleurs de l’établissement ont participé à des ateliers sur la façon de contrer le racisme
Projet « Changing the Canvas » (Congrès du travail du Canada) 1 000 personnes ont participé à un cours d’éducation de la main-d’œuvre
2008-2009
Ateliers sur la lutte contre le racisme et la diversité (Réseau du Programme d’accueil) 150 participants
Ateliers sur la diversité (JVS Toronto) 24 nouveaux arrivants y ont participé
Projet de formation et d’action à l’intention des jeunes Plus de 775 membres de la communauté touchés
Ateliers sur la lutte contre le racisme et sur les droits de la personne Plus de 200 personnes ont participé
Projet de conscientisation des collectivités rurales 800 clients reçus
Aide aux services d’établissement dans les écoles de Saskatoon 7 200 personnes touchées
Aide aux services d’établissement dans les écoles de Calgary Plus de 2 000 clients ont reçu une aide à l’établissement
Initiative des ambassadeurs de la paix en Alberta Plus de 700 les jeunes y ont participé
Présentations sur la diversité et les changements organisationnels à Terre-Neuve Plus de 1 000 participants
À la découverte de nos cultures Plus de 1 200 étudiants y ont participé
Conférence des jeunes du 21 mars à Halifax 70 jeunes y ont participé
Festival multiculturel de lutte contre le racisme à Fredericton 1 000 résidents y ont participé
Festival multiculturel de Saint-Léonard, au Nouveau-Brunswick 450 participants
Présentations par un agent de sensibilisation communautaire et culturelle à l’Île-du-Prince-Édouard 240 étudiants
Ateliers de formation « Through the Lens » (Halifax Immigrant Learning Center) Formation de plus de 160 formateurs, instructeurs, fournisseurs de services, bénévoles et employés
Ateliers de lutte contre le racisme en Nouvelle-Écosse Environ 35 leaders communautaires, 1 000 étudiants et 85 jeunes y ont participé
Initiative en matière d’égalité – Formation (NARCC) Environ 50 participants
DiverCity on Boards (Maytree Foundation) 350 membres des minorités visibles ou de la communauté immigrante recrutés comme leaders citoyens

Les données présentées au Tableau 4-3 montrent bien que beaucoup de projets et activités de l’IDCA sont axés principalement sur les jeunes, particulièrement dans les écoles. Le principal groupe indiqué comme cible pour les initiatives soutenues par le Plan d’action dans le PACCR était celui des jeunes. Outre les projets d’aide à l’établissement dans les écoles, deux projets d’ateliers (« À la découverte de nos cultures » à Terre-Neuve-et-Labrador et les ateliers sur la lutte contre le racisme en Nouvelle Écosse) ont touché 1 000 étudiants en 2008-2009. D’autres projets de l’IDCA, comme des festivals à Fredericton et Saint-Léonard, ont donné lieu à une participation considérable de la part de la collectivité. De plus, de nombreux ateliers et présentations ont eu lieu à l’intention des organisations principales et du grand public.

Selon les données disponibles sur les projets de prestation directe de services aux groupes cibles, plus de 32 000 personnes ont utilisé les produits ou participé aux activités offertes dans le cadre des projets de l’IDCA en 2007-2008 et 2008-2009. Les principaux groupes bénéficiaires de ces services ont été les étudiants et les jeunes (qu’ils soient nouvellement arrivés ou nés au Canada), et les participants aux ateliers, dont les fournisseurs de services d’établissement et de services sociaux, les employeurs, les employés, les intervenants, et les formateurs.

4.2.2. Activités et produits des projets de l’IDCA

Les projets de l’IDCA ont permis de mener des activités qui correspondent aux activités et aux services prévus dans le cadre de l’Initiative. Les projets de l’IDCA ont également fourni les produits qui sont décrits dans le modèle logique.

Les conclusions de notre recherche indiquent que l’IDCA a élaboré et livré une large gamme d’activités et créé des produits à l’appui de la prestation du programme. L’examen du CGRR et du CVAR du PACCR a mis en relief l’orientation générale adoptée par l’IDCA dans le cadre de l’initiative horizontale du PACCR ainsi que les domaines auxquels elle a contribué. Selon ce qui a été énoncé dans le CGRR du PACCR, les projets de l’IDCA devaient contribuer aux domaines suivants :

  • Élaboration de formations, communication d’informations et conscientisation : élaboration et prestation de formations à l’intention des employés et bénévoles des services d’établissement, des jeunes et d’un plus large public, sur les avantages de l’immigration, et prestation d’ateliers, de présentations et de séminaires de conscientisation aux questions liées au racisme et à la discrimination.
  • Élaboration de politiques, de programmes et de services : Citoyenneté et Immigration Canada, par le truchement des activités de l’IDCA, élaborera des programmes et des services visant à accroître la capacité des nouveaux arrivants à s’intégrer, et fournira de meilleurs outils et de meilleures stratégies de sensibilisation permettant de cibler les populations dans les milieux de travail, les établissements d’enseignement et les collectivités ethnoculturelles, ethnoraciales et autochtones.
  • Soutien financier et développement de partenariats : en établissant des partenariats avec les programmes d’établissement existants (Programme d’accueil, TEE), l’IDCA devrait permettre de fournir des services à un plus grand nombre de nouveaux arrivants. Le développement de partenariats avec les établissements d’enseignement, les entreprises et des organismes communautaires devrait permettre d’élargir la portée des programmes, d’augmenter la compréhension interculturelle et de réduire les stéréotypes raciaux.

Le Tableau 4-4 montre le lien entre les thèmes des projets de l’IDCA et le domaine de contribution visé tel que décrit dans le PACCR.

Tableau 4-4 : Catégories de projets de l’ IDCA, par thèmes, et exemples d’activités
PACCR Thèmes des projets de l’IDCA Exemple d’activités et de produits Nombre de projets
Élaboration de formations, communication d’informations et conscientisation Conscientisation et information
  • Activités de sensibilisation
  • Initiatives de conscientisation (événements, théâtre, activités culturelles à l’école)
  • Ateliers d’information, présentations, et consultations
  • Conférences et événements
12
Intégration et participation des nouveaux arrivants
  • Élaboration de soutiens spéciaux (p. ex. santé, santé mentale, soutien des enfants, soutien des jeunes)
  • Mentorat
  • Événements multiculturels et lutte contre le racisme
10
Formation sur la lutte contre le racisme et sur la diversité
  • Élaboration et prestation de matériel de formation ciblé (jeunes, leaders communautaires, interprètes, FS d’établissement)
  • Programme pilote de formation
8
Élaboration de politiques et de programmes Élaboration d’outils et de ressources – Recherche et élaboration de politiques
  • Outils, matériel de formation, pratiques exemplaires (DVD, matériel d’information, programmes d’études, guides)
  • Recherches
  • Élaboration et diffusion de messages contre le racisme par le truchement d’ateliers, de présentations
13
Développement et soutien de partenariats Élargissement et amélioration des services communautaires et d’établissement
  • Élargissement et amélioration des programmes du Programme d’accueil et des TEE
  • Liaison entre les services (p. ex. soutien des organismes autres que d’aide à l’établissement – et services familiaux)
13
Total 56

Les trois activités de projet les plus courantes mentionnées par les FS de l’IDCA ont été la tenue d’ateliers et la formation (92 %), la sensibilisation et la conscientisation (75 %), et le développement de partenariats (75 %). Les activités de projet le moins souvent mentionnées ont été la liaison entre les services (p. ex. soutien des organismes autres que d’aide à l’établissement, 17 %), et la coordination des services existants (17 %).

Tableau 4-5 : Activités de projet de l’ IDCA
Activités de projet Mentionnées par les répondants des FS de l’IDCA (n=12)
Ateliers et formation 92 %
Sensibilisation et conscientisation à la lutte contre le racisme et à la discrimination 75 %
Développement de partenariats, activités de réseautage 75 %
Outils de diffusion, matériel de formation, pratiques exemplaires 67 %
Élaboration d’outils, de modèles et de matériel de formation 42 %
Mentorat 42 %
Recherche 42 %
Conférence 25 %
Élaboration de soutiens spéciaux (p. ex. santé, santé mentale, soutien des enfants) 25 %
Promotion des services 25 %
Liaison entre les services (p. ex. soutien des organismes autres que d’aide à l’établissement) 17 %
Coordination des services existants 17 %
Autre 8 %

Pour soutenir la prestation des programmes, les projets de l’IDCA doivent créer une gamme de produits comme du matériel de promotion et de communication, des séances d’information, des conférences et présentations, des rapports, des programmes d’information, des boîtes à outils et d’autres ressources. On trouvera la liste complète des produits souhaités pour la prestation des programmes dans le modèle logique présenté à l’appendice A. Nos recherches permettent de conclure que les programmes d’information, les outils et les ressources ont été les produits les plus souvent mentionnés par les personnes participant à l’exécution des projets et par celles qui ont utilisé les produits (mentionné par 75 % des représentants des FS interviewés et utilisés par 42 % des utilisateurs de l’IDCA sondés). Du matériel de promotion et de communication a été produit par 50 % des représentants des FS interviewés et utilisés par 42 % de ceux qui ont répondu à l’enquête auprès des utilisateurs et des participants (voir le Tableau 4-6). Environ 45 % des utilisateurs des projets ont déclaré avoir participé d’une façon ou d’une autre à l’élaboration des produits qu’ils ont utilisés ensuite.

Tableau 4-6 : Production et utilisation déclarées des résultats de projet de l’ IDCA
Type de produit Créé (pourcentage des FS de l’IDCA)
(n=12)
Utilisé (pourcentage des utilisateurs de l’IDCA) (n=24)
Programmes d’information, outils et ressources 75 % 42 %
Conférences, présentations, et activités de réseautage 67 % 13 %
Modules et ateliers de formation 58 % 21 %
Matériels de promotion et de communication 50 % 42 %
Guides et matériels de ressources-DVD-vidéos, etc. 42 % 50 %
Site Web 33 % 54 %
Rapports de recherche et études 25 % 21 %
Mentorat 17 % 0 %

4.2.3. Réalisations et réussites des projets de l’IDCA

Les intervenants ont en général perçu les différents projets de l’IDCA comme ayant permis d’élaborer et de livrer les activités et produits prévus, et d’atteindre les objectifs souhaités.

Invités à noter la réussite de l’IDCA dans l’atteinte des objectifs sur une échelle de 1 à 5, où 1 signifie une absence totale de réussite et 5 une grande réussite, les FS de l’IDCA ont accordé la note la plus élevée, soit 4,5, les agents de CIC la note de 4,1, et les gestionnaires et directeurs de CIC ont accordé la note de 3,9 (voir le Tableau 4 2). Les intervenants ont en général perçu les progrès réalisés par l’IDCA jusqu’à maintenant comme étant considérables, tout en reconnaissant que l’Initiative en est encore aux premiers stades de son développement. Quelques représentants de CIC ont indiqué qu’ils ne pouvaient commenter la réussite que des projets dont ils étaient au fait, notant que le résultat global de l’Initiative n’est pas bien compris en raison de l’inaptitude des systèmes en place à compiler et à rendre compte de données sur tous les projets financés par l’Initiative.

Figure 4-4 : Succès global de l’IDCA

Figure 4-4 : Succès global de l’IDCA

Les intervenants ont noté que les différents projets ont réussi à conscientiser la collectivité au racisme et à la discrimination, à promouvoir le concept de l’intégration comme étant un « processus à double sens », à élaborer des outils et des ressources au niveau régional et national pour soutenir les fournisseurs de services travaillant auprès des nouveaux arrivants, à susciter des occasions de formation, à développer des partenariats et à aider les collectivités à augmenter l’accès aux services et à mieux réagir à des problèmes comme les crimes haineux, le profilage racial, la discrimination, les préjugés et les stéréotypes.

Une indication du succès obtenu se trouve dans les récompenses et la reconnaissance formelles reçues par certains projets.

Les FS de l’IDCA ont relevé différentes mesures pour évaluer le succès de leurs projets, comme le nombre d’activités réalisées et exécutées avec succès, le nombre de personnes qui utilisent les produits de l’IDCA ou participent à ses activités, la reconnaissance externe obtenue par les projets de l’IDCA, et l’intérêt manifesté par la collectivité à l’égard des projets et activités de l’IDCA. Plusieurs projets de l’IDCA ont décrit précisément les récompenses et la reconnaissance qu’ils ont reçues, dont :

  • La récompense « Canadian Mental Health School Award » reçue en 2007 pour la réduction de l’incidence du racisme chez les jeunes : Le projet « ambassadeurs de la paix » conduit par la Northern Alberta Alliance on Race Relations a fourni à des jeunes d’horizons divers des occasions importantes de formation sur le racisme, la discrimination, les stéréotypes, la résolution de conflits, l’inclusion, et les obstacles et défis qui attendent les nouveaux arrivants au Canada. Le projet a utilisé des méthodes novatrices comme l’art dramatique et les arts visuels pour susciter un dialogue sur des sujets délicats comme le racisme et la discrimination. Un des succès notables du projet a été la mise sur pied d’un petit groupe de pairs formateurs qui ont ensuite aidé à recruter et à former d’autres jeunes. La réussite du projet est attribuable au fait que la communauté des jeunes de l’endroit et les partenaires du système scolaire et de la collectivité s’y sont investis.
  • La récompense « Minister’s Award of Community Excellence » de 2008. Le Central Alberta Economic Partnership (CAEP) a travaillé avec le comité de la Innisfail’s Welcoming Community à élaborer une boîte à outils complémentaire à « Attirer et garder les immigrants – une boîte à outils pleine d’idées pour les petits centres » élaborée par le groupe de travail national sur les stratégies à l’égard des petits centres. La Innisfail Toolbox for Small Centres a aidé les collectivités du CAEP à créer des collectivités plus accueillantes en mettant en application les pratiques exemplaires décrites par Innisfail.
  • La récompense « Ressource exemplaire » choisie par la famille fédérale des collaborateurs de la communauté en 2009. Élaboré par le centre d’apprentissage des immigrants (HILC), « Through the Lens » est un outil destiné aux formateurs et au personnel des services d’établissement pouvant être utilisé dans le cadre de l’enseignement des langues, tant en classe qu’à l’extérieur, pour favoriser la conscientisation et ouvrir un dialogue sur la lutte contre le racisme et la discrimination. L’outil a reçu un très bon accueil d’un bout à l’autre de la Nouvelle-Écosse et il a été nommé ressource exemplaire par la famille fédérale des collaborateurs de la communauté en février 2009Note de bas de page 44. Le directeur général de HILC a aussi présenté « Through the Lens » lors de la série des conférenciers des initiatives communautaires de collaboration, une occasion mensuelle d’apprentissage destinée aux employés fédéraux qui peuvent réseauter, échanger de l’information et explorer de nouvelles idées sur les enjeux et les approches communautaires.

Les principaux facteurs qui ont contribué au succès des différents projets de l’IDCA sont l’efficacité des partenariats et la mobilisation de la collectivité, la couverture médiatique, la souplesse de la conception et l’engagement d’experts du domaine. Les utilisateurs des résultats des projets de l’IDCA se sont montrés satisfaits des produits et de l’information fournis, qu’ils ont trouvés à jour, complets, invitants et accessibles.

Les intervenants, particulièrement les FS de l’IDCA, ont relevé les facteurs ayant contribué au succès de leurs projets et de l’Initiative dans son ensemble. Ces facteurs sont, entre autres :

  • L’efficacité des partenariats et l’engagement actif des principaux intervenants. Les participants ont indiqué que l’apport et l’engagement de toutes les parties dans la conception et la prestation des projets de l’IDCA sont ce qui en assure la réussite. Le succès d’un programme exige que les membres de la collectivité participent à la détermination des besoins et à la mise en valeur subséquente des activités de projet, et qu’ils fassent mieux connaître le profil du projet.
  • L’augmentation de la mise en valeur et de la participation en suscitant une couverture médiatique. La couverture médiatique peut contribuer à la réussite de différentes façons : elle attire de nouveaux participants, encourage les participants actuels, sensibilise aux enjeux et aux services, attire l’attention de la collectivité et crée de nouvelles possibilités de partenariat.
  • La souplesse de l’IDCA, qui laisse place à la créativité et à l’innovation. La souplesse de l’IDCA fait en sorte que les projets sont plus attentifs à l’évolution des besoins. Par exemple, le projet « Safe Harbour » a pu adapter son matériel de formation en fonction des enjeux particuliers des collectivités rurales.
  • Bonne planification de projet et expertise du personnel. L’organisation d’événements et d’activités communautaires exige un haut degré de planification et doit pouvoir compter sur un personnel d’expérience et dévoué qui a de bonnes assises dans sa collectivité. Par exemple, l’expérience du personnel du YMCA et ses liens avec les écoles et les jeunes l’ont aidé à organiser un forum jeunesse et à recruter des participants. Quelques représentants provinciaux ont fait remarquer que l’élaboration et la réussite de programmes traitant de questions aussi délicates que le racisme et la discrimination exigent l’expertise de personnes qui ont une compréhension profonde du sujet et une expérience sur le terrain.

Selon l’enquête menée auprès des utilisateurs des projets de l’IDCA, ceux-ci ont particulièrement bien réussi à : accroître la capacité des organismes communautaires et d’aide à l’établissement à utiliser les technologies et les médias, fournir les plus récentes informations sur les changements apportés aux événements, politiques et programmes, organiser des activités axées sur le réseautage social, la sensibilisation, la mise en valeur et les questions liées aux droits de la personne, et créer des possibilités d’apprentissage, de réseautage, de partenariats, de partage de pratiques exemplaires et d’échanges d’idées. Les utilisateurs des projets de l’IDCA se sont montrés très satisfaits des produits utilisés, accordant une note moyenne de 4,8 sur une échelle de 1 à 5 à ce chapitre, 5 indiquant une très grande satisfaction. Ils ont déclaré que l’information reçue avait été très utile et complète, que le matériel était invitant et que le personnel des projets était compétent et accessible.

Plusieurs projets de l’IDCA doivent relever des défis particuliers, mais des facteurs communs peuvent également limiter la réussite des projets dans leur ensemble, dont l’absence de financement sur plusieurs années, le peu d’activités de mise en valeur et de promotion, et la difficulté d’attirer des bénévoles et des organismes communautaires.

Les intervenants ont relevé des facteurs précis qui peuvent limiter la réussite de l’un ou l’autre des projets, notamment :

  • L’accès limité à du financement permanent, particulièrement pour la mise en valeur et les développements futurs des projets récurrents sur plusieurs années. Dans certains cas, une large part du financement a été consacrée à l’élaboration des projets (outils et ressources) ou la prestation des services auprès des clients, et il en restait peu pour les activités de promotion et de mise en valeur, ou pour la logistique et la planification des développements ultérieurs.
  • Capacités en matière de promotion et de mise en valeur. Les fournisseurs de services ne sont pas en mesure de mener toutes les activités de promotion et de mise en valeur qui leur permettraient de rejoindre leur public cible, ce qui nuit à la poursuite des projets et à leur diffusion. Dans les études de cas, les participants ont indiqué que le fait de consacrer du temps et des ressources à la mise en valeur des projets ou à la diffusion des produits de l’IDCA posait problème. Les FS de l’IDCA ont le plus souvent déclaré que la promotion de leurs produits auprès des utilisateurs et leur mise à disposition étaient assurées en ligne (4 sur 12) ou par le truchement de présentations dans la collectivité (2 sur 12), de présentations ou kiosques lors d’événements tenus par des organismes non liés à l’établissement (2 sur 12), de tenues de formations sur les produits eux-mêmes (2 sur 12), d’envois postaux aux organismes et à leurs membres (2 sur 12), ou par l’offre de copies papier à leur bureau (1 sur 12).
  • Difficultés à attirer des bénévoles et des organismes communautaires. Le recrutement et la rétention de jeunes bénévoles ont posé un défi constant par la nature même du groupe cible (1 sur 12). Un financement permanent aide à développer et à soutenir des partenariats à long terme ainsi qu’à élaborer des stratégies novatrices pour rejoindre les jeunes et assurer leur participation (1 sur 12). Certains projets ont aussi des difficultés à développer des partenariats avec des organismes communautaires et à obtenir qu’ils s’engagent dans leurs projets (3 sur 12).

4.3. Obtention de résultats

L’un des objectifs de la présente évaluation était d’examiner les premiers résultats de l’IDCA. Les conclusions qui suivent concernent les premiers impacts observés de l’IDCA. Bien que précoces, elles permettent de jeter les bases d’une réflexion et de mieux définir les résultats et les groupes cibles visés par les projets de l’IDCA. Les impacts observés peuvent aussi jeter l’éclairage sur les indicateurs de rendement qu’il faudrait suivre particulièrement et mesurer périodiquement de façon à faciliter l’évaluation future de l’IDCA.

Conclusions clés : Les conclusions indiquent que les projets de l’IDCA peuvent avoir des impacts positifs sur les connaissances et la capacité des nouveaux arrivants, des collectivités et des organismes d’aide à l’établissement, et les aider à composer avec les problèmes que sont le racisme et la discrimination. Cependant, il serait prématuré d’extrapoler ces conclusions aux résultats visés par l’Initiative dans son ensemble, en raison de la nature des données probantes recueillies et des limites de la présente étude (exposées à la section III portant sur la méthodologie).

En examinant les conclusions, le lecteur devrait garder à l’esprit ce qui suit :

  • L’IDCA est une initiative encore relativement nouvelle. L’Initiative n’avait été en place que depuis trois ans au moment de l’évaluation de la période à l’étude (de 2004-2005 à 2008-2009). Certains des résultats souhaités de l’IDCA sont relatifs à des changements comportementaux de la part des nouveaux arrivants et des collectivités (p. ex. faire en sorte que les nouveaux arrivants sachent composer avec le racisme et la discrimination, ou que le secteur de l’établissement et les collectivités prennent des mesures pour réduire le racisme et la discrimination). Il faut plus de temps pour que des résultats de cet ordre se manifestent et soient mesurables.
  • Il est difficile d’attribuer des changements d’attitude et de comportement à un seul programme. Il s’agit d’un problème inhérent à l’évaluation de programmes de lutte contre le racismeNote de bas de page 45. Même dans des conditions contrôlées, il est difficile d’attribuer des changements d’attitude et de comportement à un seul programme. Comme il est expliqué dans l’Étude préparatoire à l’évaluation du PACCR, pour évaluer ces programmes, il faut établir des liens directs entre les initiatives et un ensemble de variables mesurables qui doivent être appliquées aux premières étapes des projets puis suivies fréquemment. L’évaluation de l’impact de ce type de programmes devrait être effectuée en évaluant d’abord les différents projets au moyen d’une grille avant et après (c.-à-d. en mesurant la situation et les changements observés avant, pendant et après l’intervention) ou en se servant de groupes témoins (c.-à-d. en recueillant des données sur les changements observés chez les participants et en comparant ces résultats à un autre groupe n’ayant pas participé à l’intervention). Ce type de recherche est très coûteux et prend beaucoup de temps, et il peut donner lieu à des questionnements éthiques du fait de la limitation de l’accès à des programmes gouvernementaux.
  • L’élaboration de l’IDCA a soulevé certains défis. Le CGRR de l’IDCA a soulevé certains défis, dont [traduction] « une réorganisation majeure de la direction générale responsable du projet, l’absence de financement pendant la première année, et l’absence manque d’orientation stratégique et d’un ensemble d’objectifs et d’indicateurs de rendement clairement définisNote de bas de page 46. » Le rythme de mise en œuvre de l’IDCA s’en est trouvé ralenti.
  • La diversité des projets et des activités donne lieu à un large éventail de résultats immédiats et intermédiaires. La souplesse de l’IDCA a été mentionnée comme étant un point fort de l’Initiative, mais le manque d’uniformité et de définition des résultats et des indicateurs mesurables connexes entrave toute tentative de cartographier et regrouper de façon significative les impacts du programme.
  • Manque de données administratives adéquates et taux limité de réponse à l’enquête auprès des utilisateurs. Selon les rapports 2006-2007 et 2007-2008 de CIC au PACCR, la cueillette de données suffisamment exactes pour donner la mesure de l’impact de l’initiative a représenté un problème majeur. De plus, comme il a été mentionné plus tôt concernant les limites de la présente étude, il est difficile de généraliser les résultats des données recueillies auprès des utilisateurs et participants de l’IDCA à tous les utilisateurs des projets de l’IDCA en raison du faible nombre de répondants et de la grande diversité des projets.

Les données ont été analysées pour évaluer les impacts des programmes relativement aux nouveaux arrivants, aux collectivités d’accueil, au secteur de l’établissement et aux programmes d’établissement existants. Cependant, beaucoup de projets de l’IDCA se sont révélés comme ciblant plus d’un groupe. Ces conclusions ont été tirées principalement au moyen d’une analyse exploratoire des données qualitatives recueillies.

4.3.1. Impacts de l’IDCA sur les nouveaux arrivants

Les projets de l’IDCA ont eu un impact positif sur la capacité des nouveaux arrivants, particulièrement les jeunes, à composer avec les questions liées au racisme et à la discrimination et à comprendre ce qu’est le multiculturalisme. De plus, les projets de l’IDCA ont rendu les nouveaux arrivants plus à même de s’intégrer à leur collectivité.

Pour rejoindre les nouveaux arrivants, leur communiquer de l’information et susciter chez eux des discussions sur le racisme et la discrimination, des ateliers, séminaires et événements ont été mis à contribution. Les nouveaux arrivants ont été directement mobilisés dans des activités multiculturelles et de lutte contre le racisme par le truchement de festivals, de tournois et de forums, ou grâce à un appui apporté dans les écoles. Ils ont aussi été mobilisés de façon plus indirecte par le biais d’activités auxquelles ont participé enseignants et parents. Des 56 projets de l’IDCA examinés dans le cadre de l’évaluation, les nouveaux arrivants constituaient au moins un des publics cibles de 30 projets. Parmi ces derniers, huit étaient axés sur l’élargissement ou l’amélioration des services communautaires et d’établissement, et huit sur l’intégration et la participation. Quinze projets se sont révélés orientés vers les jeunes.

Le résultat de programme souhaité pour les nouveaux arrivants était qu’ils aient une meilleure compréhension des questions liées au racisme et à la discrimination, et qu’ils disposent des ressources et des outils pour les y aiderNote de bas de page 47. Selon les FS de l’IDCA sondés, leurs projets ont aidé les nouveaux arrivants, particulièrement les jeunes, à comprendre les questions liées au racisme et à la discrimination, ainsi qu’à reconnaître les actions discriminatoires et à appliquer des stratégies pour les contrer. Par exemple, des ateliers en classe d’ALS ont aidé les nouveaux arrivants à réfléchir sur les préjugés et la discrimination et sur leurs expériences personnelles à cet égard, et leur ont permis d’explorer différentes façons de réagir à des incidents de racisme, et ce, tout en apprenant les mots pour le dire. Dans d’autres projets, les étudiants ont reçu une formation pour apprendre à reconnaître le racisme et à composer avec ses manifestations; ils ont aussi appris à aider ceux qui sont aux prises avec ce problème. Dans un autre projet de l’IDCA, les jeunes nouveaux arrivants ont reçu une formation pour se faire les ambassadeurs de la lutte contre le racisme auprès de leurs pairs.

Plus généralement, quand on leur demande de noter (sur une échelle de 1 à 5) dans quelle mesure leurs projets ont rendu ou contribué à rendre les nouveaux arrivants mieux équipés pour composer avec les questions liées au racisme et à la discrimination, les utilisateurs et les participants des projets ont attribué en moyenne une meilleure note que les représentants des FS de l’IDCA (Figure 4-5).

Figure 4-5 : Notation de l’impact l’IDCA sur la capacité des nouveaux arrivants à composer avec le racisme et la discrimination

Figure 4-5 : Notation de l’impact l’IDCA sur la capacité des nouveaux arrivants à composer avec le racisme et la discrimination</strong>

Les utilisateurs et les participants de projets qui ont rempli le sondage d’évaluation ont souligné l’apport d’activités comme les foires multiculturelles, qui aident les nouveaux arrivants à comprendre le tissu social du Canada et sa diversité. Ils ont mentionné que ces événements sont pour les participants une occasion de partager leurs expériences, d’apprendre des autres, et d’avoir le sentiment de contribuer à la mise en valeur de la diversité culturelle.

Huit des quatorze projets sélectionnés pour faire l’objet d’une étude de cas ont déclaré que leurs activités avaient eu un impact sur les nouveaux arrivants, y compris les jeunes. On trouvera un résumé de ces activités et des impacts déclarés de ces proets à l’appendice C. Les représentants du projet de la police de Peel ont été particulièrement éloquents sur les différents impacts que leur programme avait eus sur les nouveaux arrivants. Ils ont indiqué que la communication générale entre la police de Peel et les communautés de nouveaux arrivants s’était grandement améliorée depuis le début du projet de l’IDCA, si bien que le sergent chargé des relations publiques recevait quotidiennement des appels de la part de nouveaux arrivants, lesquels entraient plus volontiers en contact avec la police et faisaient état de divers problèmes, allant de la circulation à la violence familiale, en passant par la consultation familiale, l’agression sexuelle, les drogues et l’alcool.

Les études de cas qui suivent sont des exemples de projets de l’IDCA qui ont eu un impact sur les nouveaux arrivants :

  • Événement d’une journée : journée de lutte contre le racisme à l’intention des jeunes : Ce projet de journée de lutte contre le racisme destiné aux jeunes avait pour but de donner aux jeunes participants l’occasion de partager en groupe et de réfléchir sur les obstacles que le racisme leur pose. Ce projet a eu un impact notamment sur les jeunes nouveaux arrivants (80 %) et les jeunes canadiens en général (20 %) âgés de 13 à 18 ans. Au total, 62 jeunes y ont participé. À la suite de cet événement, les jeunes Canadiens en général qui y ont participé ont été conscientisés au racisme et ont été incités à devenir des alliés. Les jeunes ont fait des plans pour rendre les collectivités accueillantes et sont devenus plus conscients des comportements et des pratiques discriminatoires, tout en faisant la connaissance d’autres jeunes avec lesquels ils ont pu interagir dans d’autres contextes.
  • Bienvenue chez vous – Phase II : Livré par l’Association canadienne des programmes de ressources pour la famille (PRF), une organisation caritative nationale comportant 350 organismes membres de part et d’autre du Canada, le projet « Bienvenue chez vous » (I et II) a été conçu dans le but d’accroître la participation des parents nouveaux immigrants aux programmes communautaires. Parmi les autres objectifs de ce projet, notons : partager des connaissances par le truchement de ressources et de formation, créer de nouveaux partenariats entre les organismes d’aide à l’établissement et les programmes de ressources familiales au sein des collectivités canadiennes; élargir la gamme des ressources disponibles pour les parents immigrants. À la suite de ce projet, les nouveaux arrivants ont eu un meilleur accès à des ressources dans leur langue, et les parents nouveaux immigrants ont accru leur participation dans des programmes communautaires.
  • Projet de lutte contre le racisme et de sensibilisation aux droits de la personne : Ce projet a fourni des ateliers d’information, des consultations et des renseignements sur des questions touchant les nouveaux arrivants, les entreprises, les fournisseurs de services à la personne, les gestionnaires immobiliers et les propriétaires, et la collectivité en général. Dans le cadre de ce projet, les participants ont dû réfléchir à la diversité et au racisme. À l’issue des ateliers, ils étaient plus conscients des réalités du racisme. De plus, les participants se sont sentis plus autonomes et plus en maîtrise de leur capacité à s’adapter à la diversité.

4.3.2. Impacts de l’IDCA sur les collectivités d’accueil

Les projets de l’IDCA ont eu un impact positif sur les collectivités d’accueil et leur ont permis d’être plus conscientes des problèmes que sont le racisme et la discrimination. Les conclusions ont aussi suggéré que les projets de l’IDCA ont contribué à ce que les collectivités d’accueil soient plus ouvertes aux nouveaux arrivants.

Beaucoup de projets de l’IDCA travaillent avec des organismes autres que ceux des services d’établissement et avec d’autres membres de la collectivité. Les propriétaires d’entreprises, les municipalités et les Canadiens travaillant pour des organisations principales comme les banques, les services familiaux, les services sociaux et les écoles en sont quelques exemples. Ces organisations et individus se sont vu offrir des ateliers, des présentations et des ressources afin de mieux comprendre l’expérience des immigrants et leur contribution à la société canadienne, et de renforcer leurs compétences en matière de lutte contre le racisme et la discrimination dans leur travail et au sein de leur collectivité.

Pour ce qui est des collectivités d’accueil, l’IDCA a eu comme résultat immédiat d’accroître leur compréhension des problèmes liés au racisme et à la discrimination, et d’augmenter les ressources et les outils dont elles disposent pour composer avec ces questionsNote de bas de page 48. Des 56 projets examinés, 39 avaient pour au moins une de leurs cibles les collectivités d’accueil. Parmi ceux-ci, douze étaient axés sur la conscientisation et l’information, huit sur l’intégration et la participation, quatre sur la lutte contre le racisme et sur la formation en matière de diversité, et trois sur l’élaboration de ressources et d’outils.

Quand on leur demande de noter (sur une échelle de 1 à 5) dans quelle mesure les projets de l’IDCA ont permis ou contribué à permettre aux collectivités de mieux comprendre les problèmes liés au racisme et à la discrimination et de mieux y réagir, les utilisateurs et les participants des projets ont attribué en moyenne une note plus élevée que les FS de l’IDCA (voir la figure 4-6). Réciproquement, les FS de l’IDCA ont attribué une note plus élevée que les utilisateurs et les participants des projets lorsqu’on leur a demandé dans quelle mesure les projets de l’IDCA ont approfondi ou contribué à approfondir la compréhension des besoins, des problèmes et des questions relatifs aux nouveaux arrivants par des organismes autres que d’aide à l’établissement.

Figure 4-6 : Notation de l’impact de l’IDCA sur les collectivités d’accueil et les organismes autres que d’aide à l’établissement

Figure 4-6 : Notation de l’impact de l’IDCA sur les collectivités d’accueil et les organismes autres que d’aide à l’établissement

À la question de savoir quelles activités ont contribué à ces impacts, les FS de l’IDCA ont le plus souvent mentionné la prestation de présentations et d’ateliers mobilisant différentes organisations et le grand public et axés sur la lutte contre le racisme et la discrimination. Les utilisateurs des projets de l’IDCA ont aussi fait état des événements multiculturels de l’IDCA, auxquels ont assisté en grand nombre, les représentants des organismes communautaires et les membres de la collectivité, et qui ont mis en valeur la compréhension entre les personnes de cultures diverses. Certains projets ont fourni de la formation et des séances d’information à des membres de la collectivité qui travaillent avec des nouveaux arrivants, comme les enseignants, les bénévoles, les enseignants d’ALS, les employés de bibliothèque, les propriétaires d’entreprises et d’autres travailleurs dans des organismes communautaires. D’autres projets ont réuni des immigrants et de jeunes Canadiens et les ont encouragés à travailler ensemble et à apprendre les uns des autres. Dans une collectivité, les représentants d’organismes de soutien aux arts et au théâtre ont reçu de l’information sur le racisme et la discrimination, ainsi que sur les moyens d’incorporer des éléments de multiculturalisme à leur travail de façon à sensibiliser leurs concitoyens à ces questions et les rendre pour ouverts à la diversité.

Neuf projets faisant l’objet d’étude de cas sur quatorze ont déclaré avoir eu un impact sur les collectivités d’accueil (voir l’appendice III). Le programme Safe Harbor en est un exemple; on y a favorisé un changement de comportement au sein d’un groupe de propriétaires d’entreprise, qui ont par la suite soutenu publiquement la diversité et fait connaître leurs entreprises comme des endroits sûrs pour les victimes de discrimination. Dans cette collectivité, différentes entreprises ont été ainsi inspirées à approfondir l’information et la formation sur les cultures et à développer des milieux de travail inclusifs et sensibles aux nouveaux arrivants.

Les études de cas suivantes donnent des exemples de projets de l’IDCA qui ont eu un impact sur les collectivités d’accueil :

  • Programme de conscientisation des collectivités rurales : Ce projet a rassemblé des bénévoles issus d’un peu partout (Salvador, Mexique, pays d’Afrique, etc.) pour leur permettre de partager des histoires, des expériences et des traits de culture, et de mettre en perspective leur cheminement comme nouveaux arrivants appelés à s’établir dans une collectivité. Plus précisément, ce projet avait pour cible les jeunes d’âge scolaire, de la maternelle au collège. Les ateliers ont fait réfléchir ceux qui y ont participé, et ont aidé à dissiper beaucoup d’idées préconçues qu’ils pouvaient cultiver sur la manière dont les nouveaux arrivants sont traités et sur leur établissement au Canada. Les participants en sont sortis plus conscients du sort des nouveaux arrivants et plus empathiques à leur égard.
  • Safe Harbour: Respect for All : Ce projet cible les entreprises et les organisations qui représentent des « havres de sécurité » pour les nouveaux arrivants, signalant à la collectivité qu’on y comprend et qu’on y accueille la diversité et que ces endroits peuvent servir de refuges temporaires pour les gens qui sont victimes de discrimination ou de harcèlement, et qui ont temporairement besoin d’un endroit où aller. Non seulement ces endroits sont-ils des modèles de prise de position active contre le racisme et la haine, mais ils aident à développer une collectivité accueillante où la diversité est respectée et mise en valeur. À la suite de ce projet, différentes entreprises et ONG sont devenues plus conscientes des besoins des nouveaux arrivants en matière d’établissement et ont mieux compris l’importance que revêt la diversité. Qui plus est, ce projet a servi de catalyseur pour d’autres activités favorisant la diversité au sein d’entreprises ou d’organisations (p. ex. certaines entreprises ont poussé plus loin leurs politiques ou leurs procédures relatives à la diversité, ont fait appel à des formations sur la diversité, ont créé une signalisation en différentes langues, ou ont mis en circulation des calendriers affichant diverses confessions).

4.3.3. Impacts de l’IDCA sur le secteur de l’établissement

Les projets de l’IDCA ont eu un impact positif sur la capacité du secteur de l’établissement à contrer les problèmes liés au racisme et à la discrimination en élaborant des ressources, des outils, de la formation et de la recherche en appui à l’élaboration de programmes et de politiques.

Une gamme d’outils et de ressources ont été produits dans le cadre de projets de l’IDCA et diffusés auprès d’organismes d’aide à l’établissement afin de les aider dans l’élaboration et la prestation de services. Certains projets ont mené à des recherches sur les attitudes envers les nouveaux arrivants au niveau des organisations, sur les problèmes auxquels se heurtent les immigrants en matière de logement et de santé, et sur les écarts observés dans les connaissances des fournisseurs de services. Les représentants de ces projets ont déclaré que leurs conclusions ont servi à l’élaboration de politiques et de programmes d’établissement. Les FS de l’IDCA ont de même souvent déclaré que les outils et ressources produits ont servi à aider les fournisseurs de services d’établissement à :

  • mieux connaître les problèmes et les expériences vécus par les nouveaux arrivants et les minorités visibles relativement au racisme et à la discrimination;
  • reconnaître les préjugés et la discrimination dans la prestation de services (p. ex. ALS);
  • parler ouvertement de ces questions délicates avec leurs clients.

Un résultat immédiat de l’IDCA pour le secteur de l’établissement a été d’accroître sa compréhension des problèmes liés au racisme et à la discrimination et de rendre les ressources et les outils pour composer avec ces questions plus accessiblesNote de bas de page 49. Des 56 projets examinés, 14 avaient pour au moins une de leurs cibles le secteur de l’établissement. Parmi eux, cinq étaient axés sur l’élaboration d’outils et de ressources, quatre sur la lutte contre le racisme et sur la formation à la diversité et trois sur la recherche et l’élaboration de politiques.

On a demandé aux FS de l’IDCA et aux utilisateurs et participants dans quelle mesure les projets de l’IDCA ont augmenté, ou contribué à augmenter, la disponibilité des outils et des guides visant à aider les fournisseurs de services à gérer et à fournir des services aux nouveaux arrivants. La même question leur a été posée au sujet de l’information nécessaire pour appuyer l’élaboration de politiques d’établissement ou la prestation de programmes d’établissement. Ces conclusions sont présentées à la figure 10. On peut remarquer que les FS de l’IDCA ont attribué une note plus élevée, en moyenne, à la contribution de ces projets à la gestion et à la prestation des services aux nouveaux arrivants qu’à l’élaboration de politiques ou la prestation de programmes (voir la Figure 4-7).

On leur a aussi demandé dans quelle mesure les projets de l’IDCA ont augmenté, ou contribué à augmenter, la capacité des organismes d’aide à l’établissement à comprendre les problèmes liés au racisme et à la discrimination et à y réagir. On peut remarquer que les utilisateurs et les participants de l’IDCA ont attribué, en moyenne, une note plus élevée à cet égard que les FS de l’IDCA (Figure 4-7).

Figure 4-7 : Notation de l’impact de l’IDCA sur le secteur de l’établissement

Figure 4-7 : Notation de l’impact de l’IDCA sur le secteur de l’établissement

Cinq des quatorze projets qui ont fait l’objet d’une étude de cas ont fait état d’un impact positif sur la capacité du secteur de l’établissement à contrer les problèmes liés au racisme et à la discrimination. Voici deux exemples des projets de l’IDCA qui ont eu un impact sur la capacité du secteur de l’établissement :

  • Projet de création d’une boîte à outils – La boîte à outils est un outil pratique dont les petits centres se servent pour établir une stratégie afin d’attirer et de conserver les immigrants. La boîte à outils couvre toute la panoplie des défis que doivent relever les petits centres et toute l’information dont ils ont besoin pour mettre en œuvre leur stratégie. Ce projet cible les représentants communautaires des fournisseurs de services aux immigrants, des fournisseurs de services autres que d’établissement, des écoles, des commissions scolaires et des employeurs. Grâce à ce projet, le secteur de l’établissement et d’autres partenaires de la prestation de services ont pu disposer d’un outil tangible pour renforcer leur capacité et mobiliser la collectivité. Certains utilisateurs se sont servis de cet outil pour renforcer des initiatives existantes et ainsi améliorer le produit final.
  • Karibuni – Le projet Karibuni offre des ateliers et fournit de l’information au secteur de l’établissement, aux écoles et aux milieux de travail pour aider ceux qui participent à explorer les expériences, les défis et les obstacles des nouveaux arrivants au Canada. Il aide à cerner des façons de créer des espaces justes et inclusifs pour les immigrants au sein de leur nouvelle collectivité. Des organismes ont assisté aux ateliers à des fins de perfectionnement professionnel et pour mieux comprendre les enjeux de la population immigrante. Après un atelier, les participants se sentent mieux préparés et plus avertis pour contrer certains des obstacles posés par le racisme et la discrimination, et pour mettre en œuvre les stratégies qu’ils ont apprises.

4.3.4. Impacts de l’IDCA sur les programmes d’établissement

Les projets de l’IDCA ont soutenu l’élargissement ou l’amélioration des services d’établissement et d’autres services communautaires.

L’IDCA est conçue pour avoir un certain impact sur les programmes d’établissement, particulièrement le Programme d’accueil et le Programme des TEENote de bas de page 50. Des 56 projets de l’IDCA examinés, 12 ont contribué à l’élargissement ou à l’amélioration des services d’établissement ou de certains services communautaires. Parmi eux, dix constituaient un élargissement ou une amélioration du Programme des TEE et deux étaient reliés à d’autres services communautaires, et ils ont ainsi contribué à ce que d’autres organismes que ceux de l’aide à l’établissement puissent fournir des services appropriés aux nouveaux arrivants.

Selon l’examen des projets de l’IDCA, le financement de l’IDCA a soutenu la prestation de services d’établissement dans les écoles en Alberta, en Saskatchewan et en Ontario, et soutenu la prestation des services du Programme d’accueil à l’Île-du-Prince-Édouard et en Ontario. Les FS de l’IDCA ont relevé les domaines dans lesquels les projets de l’IDCA ont apporté une aide notable au Programme d’accueil et aux services d’établissement dans les écoles. Il s’agit de :

  • l’ajout aux services d’établissement de composantes précises couvrant directement les problèmes de racisme et informant les étudiants sur la diversité culturelle et les lois du Canada;
  • la création de partenariats avec les écoles, les bibliothèques, les centres communautaires;
  • l’utilisation d’installations d’autres organismes pour élargir la prestation de services du Programme d’accueil et du Programme des TEE;
  • la promotion des services fournis par ces programmes.

4.4. Conception et prestation

Dans le cadre de l’examen de la conception et de la prestation du programme, l’étude s’est penchée sur les perceptions, les opinions et les suggestions des intervenants au sujet de la souplesse de la conception, de l’orientation générale et de l’approche stratégique de l’IDCA, de même que du suivi, de la reddition de compte, de la communication et du partage de l’information qui y ont cours et, enfin, de son financement. Les résultats de l’étude des documents ont aussi été employés pour la formulation des conclusions. La section suivante présente les principales conclusions sur chacun des sujets, suivies des renseignements pertinents et des données probantes.

Conclusions clés : La flexibilité de la conception a permis à l’IDCA de répondre aux besoins d’un grand nombre de collectivités partout au pays. Toutefois, cette flexibilité a donné naissance à divers projets, qui visent un large éventail d’activités, de groupes cibles et de résultats. C’est pourquoi il est difficile de mesurer et de rendre compte des résultats de l’ensemble de l’Initiative. Une approche plus ciblée et plus stratégique permettrait de résoudre ces problèmes, et le moment serait bien choisi de la mettre en place étant donné la modernisation de l’approche relative aux programmes d’établissement.

4.4.1. Souplesse

La souplesse de la conception de l’IDCA lui permet de mieux s’adapter aux besoins des collectivités, lesquelles peuvent mettre en œuvre des projets taillés sur mesure pour répondre à leurs objectifs particuliers où qu’elles se trouvent au Canada. Toutefois, la grande diversité de ces projets a donné toute une gamme de résultats et d’indicateurs qui ne se laissent pas aisément cartographier et mesurer quand vient le moment d’évaluer le rendement du programme.

Tant les FS de l’IDCA que CIC (le personnel et les directeurs et gestionnaires) ont indiqué que la souplesse et l’adaptabilité de l’IDCA constituaient des facteurs de réussite du programme. La recherche montre que les problèmes que sont le racisme et la discrimination, la promotion du multiculturalisme ou le développement de collectivités accueillantes se présentent très différemment d’une collectivité rurale à une autre, et entre les collectivités rurales et urbainesNote de bas de page 51. La souplesse a permis aux fournisseurs de services de tailler les projets et produits de l’IDCA sur mesure et de les adapter aux objectifs et aux besoins particuliers des collectivités visées. Les critères larges d’admissibilité ont permis l’élaboration de projets qui varient considérablement sur le plan des groupes cibles, des activités, des produits et des résultats prévus.

L’étude a révélé 56 projets de l’IDCA différents, et a montré la grande étendue des activités et des groupes cibles soutenus par l’Initiative. Les activités de chacun de ces projets ont été classées sous six grands thèmes en fonction de leurs principaux objectifs et orientation. Cependant, il est également apparu que beaucoup de projets de l’IDCA comportaient des activités qui recoupaient plusieurs thèmes et plusieurs publics cibles. Cette diversité a donné lieu à un large éventail de résultats et d’indicateurs qui ne se laissent pas aisément cartographier et mesurer pour évaluer les impacts du programme.

À l’étape de la planification de l’évaluation et de l’élaboration d’un modèle logique, la diversité des projets de l’IDCA financés n’a pas rendu la tâche facile. Le manque d’orientation dans le financement des activités se reflète donc dans la largeur de la définition donnée aux résultats et aux indicateurs dans le cadre d’évaluation qui a guidé cette étude. De même, l’examen et l’analyse qui ont conduit à la typologie des projets de l’IDCA se sont frottés à ce manque d’orientation.

Questionnés à savoir si la structure actuelle de prestation des programmes d’établissementNote de bas de page 52 est suffisamment souple pour répondre aux besoins locaux, les agents de programme de CIC ont tous répondu par l’affirmative (trois étaient assez d’accord et quatre tout à fait d’accord). Toutefois, les résultats ont été plus mitigés chez les représentants principaux des FS associés avec l’IDCA. Deux ont répondu par l’affirmative (un était assez d’accord et un tout à fait d’accord), deux n’étaient ni d’accord ni en désaccord, et un était assez en désaccord. CIC et les représentants provinciaux ont souligné l’importance de la souplesse dans l’élaboration de partenariats locaux; elle permet d’axer les mesures sur les problèmes et les besoins locaux, et elle facilite le maintien de la communication avec les collectivités.

4.4.2. Orientation et direction stratégique

L’orientation de l’IDCA a évolué pendant la période à l’étude. Au total, 56 projets comportant de multiples groupes cibles et activités et recoupant 6 grands thèmes ont été évalués. Devant cette profusion, il appert que l’orientation globale de l’IDCA et les résultats qui en sont attendus devraient être redéfinis dans une perspective plus stratégique et qui cadrerait mieux avec l’approche modernisée de l’aide à l’établissement.

Comme il a été mentionné plus tôt, l’orientation de l’IDCA a évolué pendant la période à l’étude. Le financement de l’IDCA a servi à soutenir l’élargissement des programmes d’établissement existants (Programme d’accueil et Programme des TEE), ainsi qu’à élaborer des activités de lutte contre le racisme. En conformité avec la responsabilité de l’IDCA en tant qu’initiative financée par le PACCR, la portée, les objectifs, et le modèle logique de l’IDCA cadraient avec les objectifs et les buts plus larges du PACCR pendant la période à l’étude. À cet égard, l’orientation sur l’élaboration d’activités de lutte contre le racisme s’est précisée au cours de la période à l’étude.

Questionnés sur la conception et la prestation de l’IDCA, les représentants des FS ont soutenu le bien-fondé de la conception globale de l’Initiative. Ils ont toutefois ajouté qu’à l’avenir, l’élaboration des projets devrait être mieux orientée et plus claire au chapitre des résultats stratégiques et des méthodes utilisées pour appuyer l’intégration et l’établissement des nouveaux arrivants. La plupart des représentants principaux des FS associés avec l’IDCA ont convenu (quatre étaient assez d’accord et un tout à fait en désaccord) que les programmes d’établissementNote de bas de page 53 sont bien conçus et répondent aux besoins des nouveaux arrivants.

Ils ont aussi convenu que les objectifs des programmes d’établissementNote de bas de page 54, les rôles et responsabilités des fournisseurs de services, et les responsabilités de l’Initiative sont bien définis (trois étaient assez d’accord et trois tout à fait en désaccord). Cependant, la plupart des représentants des FS étaient indécis quant à la façon dont l’IDCA contribue au Programme des TEE, au Programme d’accueil et au PEAI, et quant à savoir (en dehors de leur projet) quelles activités précises sont financées par l’Initiative. Les représentants régionaux de CIC ont fait remarquer que la distinction entre les projets de l’IDCA et les autres programmes d’établissement s’est estompée avec le temps, et que le chevauchement touche particulièrement les activités du PEAI-B.

Toutefois, certains représentants de CIC se sont dits préoccupés de ce que la grande diversité des projets rend difficile la mesure des progrès en regard des objectifs et des résultats souhaités. D’autres préoccupations ont été soulevées quant à la variabilité de l’approche et la petite taille de l’Initiative, lesquelles peuvent en restreindre l’impact global. Pour y remédier, il faudrait élaborer des priorités stratégiques claires qui aideraient à guider la sélection des projets.

Ces conclusions cadrent avec l’information contenue dans le profil de programme du CGRR de l’IDCA de 2006, où l’on soulignait que [traduction] « l’Initiative manquait de direction stratégique et d’un ensemble clairement défini d’objectifs et d’indicateurs de rendement », de même que dans le rapport annuel au PACCR de 2007-2008, dans lequel on faisait ressortir [traduction] « le besoin avéré chez les partenaires et les intervenants de plus de direction quant aux résultats souhaités de l’IDCA ».

Le besoin de revoir l’approche stratégique de l’IDCA et ses résultats a été amplifié par l’annonce en 2008 de la modernisation du Programme d’établissement. L’approche modernisée, qui vise à améliorer les résultats à long terme en matière d’établissement et d’intégration, établit un programme d’établissement global qui travaille à des buts et des résultats communs en ce qui a trait aux nouveaux arrivants. Cette approche comporte un volet Connexions communautaires, pour lequel l’IDCA est cruciale. Les résultats intermédiaires associés à ce volet comprennent : 17) les clients sont en lien avec la collectivité en général et les réseaux sociaux; et 18) les participants au programme sont conscients des besoins et des contributions des nouveaux arrivants et sont engagés dans l’établissement des nouveaux arrivants. Les résultats à long terme associés à ce volet comprennent : 21) les Canadiens fournissent des collectivités accueillantes qui facilitent la participation pleine et entière des nouveaux arrivants dans la société canadienne; et 22) les nouveaux arrivants contribuent à combler les besoins économiques, sociaux et culturels du CanadaNote de bas de page 55.

Le travail subséquent sur les politiques relatives à l’IDCA s’est attaché à définir et à élaborer ce volet du Programme d’établissement. En 2008, CIC a tenu, dans des centres régionaux du pays, une série d’ateliers sur le rôle de la mobilisation sociale dans l’intégration. Un des objectifs de ces discussions était de « clarifier et présenter clairement les principes fondamentaux qui devraient guider les approches des politiques et des programmes en matière de mobilisation socialeNote de bas de page 56. » Lors de ces consultations, certaines discussions se sont attachées à définir le concept de collectivité. Plus récemment, une recherche a été commandée afin de comprendre les principales caractéristiques d’une collectivité accueillante. Ainsi, l’IDCA s’est trouvée dans une phase de transition pendant la dernière partie de la période à l’étude.

Les gestionnaires et les directeurs de CIC ont prédit que, dans le cadre de l’approche modernisée, l’IDCA devrait pouvoir conserver sa souplesse, mais qu’elle devrait préciser son orientation, ses attentes, ses résultats et son évaluabilité. Les FS de l’IDCA ont suggéré que CIC mène des consultations auprès de différents organismes communautaires pour recueillir leurs suggestions et commentaires au sujet des stratégies futures de l’IDCA.

4.4.3. Mesure du rendement et reddition de comptes

La mesure du rendement et la reddition de comptes ont représenté un défi constant pour l’IDCA. La diversité des projets, particulièrement au chapitre des résultats souhaités, et l’absence d’indicateurs de rendement normalisés et de données connexes font qu’il est difficile de dresser un tableau juste et cohérent du rendement et des impacts de l’IDCA.

L’IDCA doit surveiller son rendement et en rendre compte, et elle dispose d’une structure à cette fin. Tous les projets financés par l’IDCA rendent compte de leurs résultats à CIC aux fins de l’imputabilité au Ministère et au PACCR ainsi que de présentation de rapports. Puis, l’AC de CIC prépare un rapport annuel basé sur le modèle de rapport du PACCR. Le Tableau 4-7 présente les trois niveaux de rapports de l’IDCA.

Tableau 4-7 : Résumé du mécanisme de reddition de comptes de l’ IDCA
Niveau Description
Les FS de l’IDCA au bureau régional de CIC
  • renseignements sur les objectifs ainsi que sur les activités et résultats prévus, basés les ententes de contribution de l’IDCA;
  • information sur les progrès et les réalisations des projets;
  • rapports provisoires et rapport final accompagnés de descriptions détaillées des projets, des activités et des matériels élaborés.
Le bureau régional de CIC à l’AC
  • questionnaire d’inventaire rempli, accompagné d’informations sur les activités de l’IDCA financées dans chaque région, basées sur l’information reçue des FS;
  • le Manitoba et la Colombie-Britannique fournissent un plan annuel de services pour le prochain exercice financier et un rapport annuel sur l’année précédente.
L’AC de CIC au PACCR
  • modèle de rapport annuel complet comprenant de l’information sur les initiatives financées et une description des partenaires et intervenants, de tout changement effectué, des consultations et des réunions majeures, des défis et des mesures prises pour y faire face, ainsi que des progrès et des réalisations.

Comme il est énoncé dans les rapports présentés par CIC au PACCR en 2006-2007 et 2007-2008, la mesure et les rapports à l’égard du rendement ont constitué un défi majeur pour l’IDCA. L’AC de CIC a tenté d’instaurer une stratégie solide de mesure du rendement à l’IDCA, y compris un questionnaire à remplir par les régions de CIC et un questionnaire modèle pour les participants afin de recueillir leur rétroaction. Cependant, cette stratégie a été révisée à la suite de préoccupations soulevées dans les régions au sujet de son coût. En conséquence, un questionnaire plus court a été proposé dans les régions de CIC pour rendre compte des projets, produits et résultats de l’IDCA en 2006-2007, mais l’information recueillie manquait d’uniformité.

Une approche différente a été adoptée pour les rapports sur les exercices financiers 2007-2008 et 2008-2009. L’AC de CIC a demandé des copies des ententes de contribution et des rapports des FS de façon à générer de l’information sur les projets de l’IDCA. Cependant, selon le rapport annuel de 2008-2009 au PACCR [traduction] « l’information sur le rendement et le niveau de renseignements obtenu de ces documents variait d’un projet à l’autre », empêchant l’élaboration d’une stratégie nationale de reddition de comptes.

La surveillance, la mesure du rendement et la reddition de comptes à l’égard de l’IDCA ont été difficiles en raison d’un grand nombre de facteurs, y compris :

  • la souplesse de l’approche du financement de l’IDCA et la diversité des projets financés en conséquence. Le large éventail des activités, des groupes cibles et des résultats a entravé l’élaboration d’indicateurs de rendement normatifs pour l’IDCA. Les rapports sur les activités et les progrès de l’IDCA ont été en grande partie narratifs et hétérogènes sur le plan du contenu;
  • les difficultés éprouvées pour harmoniser les exigences ministérielles de CIC et celles du PACCR en matière de rapport. Lors de leurs premières exécutions, la plupart des activités financées par l’IDCA ont été enregistrées par le truchement des structures de reddition de compte habituelles des autres programmes d’établissement financés par CIC;
  • les défis posés par le suivi du financement et des activités de l’IDCA. Les codes financiers relatifs à l’IDCA n’ont été établis qu’en 2007; en outre, ils n’ont pas été uniformément appliqués pendant la période à l’étude. Qui plus est, les activités de projet de l’IDCA ne sont pas saisies explicitement dans le SGEC. Cette lacune rend difficile la distinction entre les projets de l’IDCA et les autres activités soutenues par les programmes d’établissement (codées soit comme relevant du PEAI ou du Programme d’accueil).

Par conséquent, il n’y a pas de données suffisantes pour évaluer les impacts de l’IDCA dans son ensemble.

L’opinion des agents de programme de CIC était mitigée au sujet de l’approche de l’IDCA en matière de surveillance, de reddition de comptes et de mesure du rendement. L’un d’entre eux était tout à fait en désaccord, alors que trois n’étaient ni en accord ni en désaccord et qu’un autre était assez d’accord avec le fait qu’il s’agit de l’approche appropriée. Ils ont fait remarquer que, bien que les rapports soient recueillis de façon constante, l’actuelle stratégie de reddition de comptes est en grande partie axée sur les produits plutôt que sur les résultats, et qu’il y a peu d’information sur les impacts et les résultats des projets.

De plus, la moitié des agents de programme de CIC était assez d’accord avec le fait que l’IDCA peut compter sur les outils, les ressources et les mécanismes adéquats et peut être livrée efficacement, l’un d’entre eux étant tout à fait en désaccord avec cet énoncé et un autre n’était ni d’accord, ni en désaccord. Les représentants de CIC ont expliqué que, même si les ressources, comme le CGRR, ont permis de préciser les objectifs, les résultats et les produits attendus de l’IDCA, les outils et les ressources nécessaires à la cueillette de données et à la surveillance du rendement n’ont pas été fournis. Ils ont suggéré que les exigences en matière de rapports incorporent un plus grand nombre de données quantitatives et de produits propres aux projets. Par exemple, tous les projets liés à la prestation directe de services aux clients devraient assurer le suivi des données quantitatives sur la clientèle desservie et les services fournis et en rendre compte.

Les opinions étaient plus mitigées chez les représentants principaux des FS associés avec l’IDCA. Deux d’entre eux étaient d’accord que les outils et ressources à l’appui de la prestation des services d’établissementNote de bas de page 57 sont efficaces (un était assez d’accord et un était fortement d’accord), tandis que deux n’étaient ni en accord ni en désaccord et un était assez en désaccord. Les représentants des FS de l’IDCA ont noté que les exigences en matière de rapports étaient chronophages et que les lignes directrices n’étaient pas claires. Les données recueillies dans le cadre des rapports de l’IDCA ne sont pas utilisées efficacement pour mesurer le rendement de ces projets, ou pour fournir aux FS une rétroaction sur le succès des projets. L’absence de stratégie de suivi à long terme pour les projets, une fois ceux-ci terminés, ajoute aux difficultés de mesure du rendement.

Pendant les entrevues, les sondages et les études de cas, les participants ont souligné les facteurs qui peuvent limiter les progrès accomplis par l’Initiative, qu’ils soient réels ou perçus. Entre autres :

  • Le chevauchement de l’IDCA avec d’autres programmes d’établissement rend difficile l’isolation des impacts. Les conclusions de l’évaluation du PEAI montrent que presque le tiers des FS qui fournissent les services traditionnels du PEAI ont fait état d’activités similaires à celles conduites dans le cadre de l’IDCA, comme des séances de groupes, des cercles de discussion, des ateliers et du counseling personnel sur la lutte contre le racisme et la discrimination. Le tiers des représentants participant à des projets du PEAI-B ont aussi fait état d’activités similaires à l’IDCA et environ la moitié des FS du Programme d’accueil ont déclaré que les bénévoles recevaient une formation relative aux sensibilités culturelles et à la lutte contre le racisme. Les FS se sont montrés indécis quant à savoir si la prestation de ces activités faisait partie de leurs services d’établissement traditionnels ou constituait une addition dans le cadre des projets de l’IDCA.
  • Le manque de cueillettes de données communes et de données comparables d’un projet et d’une région à l’autre rend difficile la conduite d’une analyse comparative et la mesure du succès du programme.
  • En raison de l’absence de directions claires quant aux attentes et aux résultats, la reddition de comptes est coûteuse et chronophage pour les différents projets. Les représentants principaux des FS ont noté que puisque la perspective n’est pas claire quant à l’efficacité globale de l’Initiative et aux pratiques exemplaires, il est difficile de planifier et d’améliorer les outils et activités existants.
  • En cours d’évaluation, il est apparu évident que le manque de données au niveau de l’Initiative limitait la capacité des informateurs clés à fournir une opinion précise sur différents aspects de l’IDCA. Les participants ont aussi eu du mal à se baser sur une analyse et un ensemble de données pour dresser un tableau complet du programme ou pour parler des pratiques exemplaires et comparer les projets.

4.4.4. Communication et échange de renseignements

Le niveau de communication et d’échange de renseignements à CIC et entre CIC et les FS est limité.

On a demandé aux agents de programme de CIC et aux représentants principaux des FS associés à l’IDCA s’ils étaient d’accord ou en désaccord avec l’énoncé selon lequel il y a un niveau approprié de communication et d’échange de renseignements entre CIC et les fournisseurs de servicesNote de bas de page 58. La moitié des représentants de CIC était en désaccord avec cet énoncé (un était assez en désaccord et deux étaient fortement en désaccord), tandis que deux étaient assez d’accord. Ils ont noté qu’il n’y avait pas de mécanismes solides ou de dispositifs en place pour échanger les renseignements, les pratiques exemplaires et les réussites du programme. La communication et l’échange de renseignements sur les projets de l’IDCA sont assurés surtout par le truchement des ententes de contribution et des rapports finaux présentés une fois, qui ne fournissent que peu de suivi sur les pratiques exemplaires et les leçons apprises et aucune possibilité de discuter avec les fournisseurs de services de la planification d’actions futures.

Les représentants principaux des FS associés à l’IDCA ont présenté un point de vue plus positif. Les deux tiers étaient d’accord avec l’énoncé (deux étaient assez d’accord et deux étaient fortement d’accord). Ils ont expliqué que CIC a communiqué avec succès la disponibilité du financement ainsi que les rôles, responsabilités et mandat de l’IDCA. Toutefois, ils ont aussi fait remarquer qu’il n’y a pas eu d’autres communications, commentaires ou conseils concernant le progrès, le rendement et les plans prévus à l’égard de l’Initiative. Plusieurs exemples ont été donnés d’ateliers similaires offerts par d’autres organisations dans la même collectivité en peu de temps.

Les FS de l’IDCA ont aussi fait quelques suggestions pour améliorer la communication et l’échange de renseignements, dont :

  • mener des consultations auprès de la collectivité pour recueillir des suggestions et des réactions de la part de différents organismes;
  • organiser des séances d’information avec des organismes pour les mettre au fait des programmes de CIC;
  • encourager les employés de CIC à participer aux activités de projet comme des ateliers et conférences;
  • élaborer du matériel comme des brochures ou des ressources en ligne pour mettre en valeur tous les projets financés dans le cadre de l’IDCA, inviter les collectivités et les experts à participer, et insuffler aux FS de l’IDCA un sentiment de travail accompli.

4.4.5. Niveau de financement

Le niveau de financement est généralement perçu comme étant approprié pour les activités actuelles. Toutefois, certains FS ont suggéré que plus de fonds auraient dû être disponibles pour soutenir la gestion des projets, les activités promotionnelles, et la diffusion des résultats des projets.

Les gestionnaires et les directeurs de CIC ont dit que le niveau de financement était approprié pour les activités actuelles, mais se sont montrés préoccupés de la disponibilité du financement à long terme pour les activités continues. Toutefois, deux représentants étaient fortement en désaccord avec le fait que le financement est adéquat, ajoutant qu’il n’y avait pas assez de ressources et d’expertise pour soutenir la gestion des projets de l’IDCA au niveau régional.

À la question de savoir si le financement disponible pour soutenir la prestation des programmes d’établissement était adéquatNote de bas de page 59, les deux tiers des représentants principaux des FS associés à l’IDCA étaient d’accord (deux étaient assez d’accord et deux étaient fortement d’accord), tandis que le tiers étaient assez en désaccord. Les représentants des FS de l’IDCA ont fait valoir que le financement a bien été disponible, mais qu’il leur a été difficile de lancer les activités de projet dans les délais prévus et de planifier en raison du calendrier de financement (le moment de la signature des ententes de contribution) et du manque d’engagement financier clair à long terme.

Par exemple, la planification de la prestation des programmes dans les écoles pose problème dans la mesure où l’année scolaire ne coïncide pas avec l’exercice financier. Plusieurs représentants ont souligné l’importance d’accorder un financement additionnel pour accroître la sensibilisation et diffuser les produits des projets, particulièrement dans le cas des projets axés sur l’élaboration d’outils et de ressources. Ils ont aussi suggéré de fournir les fonds aux FS plus tôt dans l’exercice financier pour qu’ils puissent commencer les activités de l’IDCA dans les délais et éviter d’avoir à transférer des budgets d’un programme à l’autre.

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