Virus Zika : Pour les professionnels de la santé

L'Agence de la santé publique du Canada a mis à jour la recommandation pour la prévention de la transmission sexuelle de Zika. Auparavant, on conseillait aux voyageurs de sexe masculin rentrant au pays d'attendre 6 mois avant de tenter de concevoir un enfant. On leur conseillait également de veiller à toujours utiliser de manière adéquate les préservatifs dans leurs rapports avec leur partenaire sexuel pendant 6 mois. Cette recommandation a été révisée à 3 mois sur la base de nouvelles preuves scientifiques concernant la persistance du virus Zika infectieux dans le sperme. Il est toujours conseillé aux voyageurs de sexe masculin ayant une partenaire enceinte de continuer à s'abstenir de rapports sexuels non protégés pendant la durée de la grossesse.

Sur cette page

Ce que les professionnels de la la santé doivent savoir sur le virus Zika

Le virus Zika est un virus neurotrope capable de pénétrer dans le système nerveux et de cibler les cellules progénitrices neurales. Le virus Zika se transmet principalement sous forme d'infection transmise par les moustiques; il peut aussi se transmettre par voie sexuelle et par le sang et les produits tissulaires.

L'ARN du virus Zika a été trouvé dans le sérum, la salive, l'urine, le sperme et les sécrétions vaginales d'individus infectés. De tous ces liquides organiques, c'est celui qui persiste le plus longtemps dans le sperme. L'isolement du virus Zika infectieux, par opposition à la détection de l'ARN, est le meilleur indicateur du risque de transmission. Une revue de la littérature actuellement publiée a révélé que 69 jours était la période la plus longue après l'apparition des symptômes à laquelle le virus capable de se répliquer a été détecté dans le sperme par culture ou effet cytopathique.

L'exposition au virus Zika durant le développement du fœtus augmente le risque d'effets graves sur la santé, comme le syndrome congénital associé à l'infection à virus Zika. Pour cette raison, les voyageurs qui se rendent dans des pays ou des régions touchés par le virus Zika devraient attendre, avant de tenter de concevoir un enfant :

  • Les femmes devraient attendre 2 mois après le voyage ou après l’apparition de la maladie due au virus Zika (selon la période la plus longue) pour laisser suffisamment de temps pour qu'une éventuelle infection à virus Zika soit éliminée de tous les liquides organiques.
  • Les hommes et les couples (ayant voyagé ensemble) devraient attendre 3 mois après le voyage ou après l'apparition de la maladie due au virus Zika (selon la période la plus longue) puisque le virus Zika infectieux a été trouvé dans le sperme de certains hommes infectés pendant une période prolongée.

La recommandation de 3 mois tient compte des données actuellement disponibles concernant la durée pendant laquelle le virus Zika infectieux peut être trouvé dans le sperme. Les voyageurs de retour de sexe masculin dont la partenaire est enceinte devraient :

  • toujours utiliser un préservatif de manière adéquate, ou
  • éviter tout rapport sexuel pendant toute la durée de la grossesse

Afin de prévenir toute transmission sexuelle potentielle, il est recommandé, en général, que tous les voyageurs revenant d'une région ou d'un pays touché par le virus Zika d’utiliser des préservatifs de manière adéquate ou d’éviter tout rapport sexuel :

  • Les hommes doivent prendre ces précautions pendant 3 mois après le voyage ou après l'apparition de la maladie due au virus Zika (selon la plus longue de ces périodes).
  • Les femmes doivent prendre ces précautions pendant 2 mois après le voyage ou après l'apparition de la maladie due au virus Zika (selon la plus longue de ces périodes).

Pour vous aider à conseiller vos patients qui planifient un voyage, vous pouvez :

Pour des détails supplémentaires, consulter les Recommandations sur la prévention et le traitement du virus Zika pour les professionnels de la santé au Canada du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV).

Agents causant la maladie

Le virus Zika est un flavivirus monocaténaire à ARN qui fait partie de la famille des Flaviviridae.

Le virus Zika possède au moins 2 lignées :

  • la lignée asiatique
  • la lignée africaine

Les souches qui circulent dans les îles du Pacifique et les Amériques ont probablement évolué à partir d'une souche ancestrale commune en Asie du Sud-Est.

Le moustique Aedes aegypti est :

  • le principal vecteur du virus Zika
  • en grande partie confinée aux régions tropicales et subtropicales, bien que des populations puissent se trouver en région tempérée dans des refuges isolés

Aedes albopictus a aussi été cité comme vecteur, bien que son rôle dans les éclosions de 2015 à 2016 demeure incertain. Cette espèce est largement répandue à l'extérieur des tropiques.

Au cours des dernières années, on a observé des spécimens de l'espèce Aedes albopictus à Windsor, en Ontario, grâce à une surveillance accrue. Un très petit nombre de spécimens adultes et de larves de l'espèce Aedes aegypti ont également été détectés dans cette zone. On ne sait pas si les populations de ces espèces ont pu passer l'hiver à Windsor ou si elles sont introduites à répétition par le transport transfrontalier entre le Canada et les États-Unis. Des études sont en cours afin de déterminer le risque lié à l'introduction relativement récente de ces deux espèces de moustiques dans cette région de l'Ontario. De plus, un seul œuf d'Aedes aegypti a été détecté en 2017 dans le sud du Québec lors d'une étude de surveillance accrue visant à détecter ces moustiques invasifs. Tous les tests des moustiques Aedes de la région de Windsor se sont révélés négatifs en ce qui concerne le virus Zika. L'œuf de l'étude québécoise n'a pas été testé en raison de la petite taille de l'échantillon, mais les moustiques deviennent infectés par Zika lorsqu'ils se nourrissent d'une personne déjà infectée par le virus et très rarement directement de moustiques femelles à leurs œufs.

À l'heure actuelle, les moustiques qui transmettent le virus Zika ne sont pas établis au Canada en raison du climat. Par conséquent, la transmission du virus par les moustiques est très peu probable au Canada.

Ces deux espèces de moustiques transmettent également le virus de la dengue et le virus chikungunya.

Le virus Zika est apparenté au même groupe taxonomique de virus (c.-à-d. les flavivirus) qui causent :

  • la dengue
  • l'infection au virus du Nil occidental
  • l'encéphalite de Saint-Louis
  • l'encéphalite japonaise

Spectre de la maladie clinique

Les infections asymptomatiques sont courantes. On estime que seulement 1 personne infectée au virus Zika sur 4 présentera des symptômes.

Les principaux symptômes associés à une infection à virus comprennent :

  • douleur rétro-orbitaire
  • faible accès de fièvre (de 37,8 à 38,5 °C)
  • symptômes généraux non spécifiques à la maladie tels que :
    • myalgie
    • asthénie
    • céphalées
  • arthrite ou arthralgie transitoire et possibilité d'œdème articulaire
  • surtout aux petites articulations des mains et des pieds
  • éruption maculopapulaire qui s'étend souvent du visage au corps
  • hyperémie conjonctivale ou conjonctivite bilatérale non purulente

La période d'incubation varie de 3 à 14 jours. Les symptômes sont habituellement légers et durent de 2 à 7 jours. La plupart des gens se rétablissent complètement, n'ont pas de complications graves et doivent simplement bénéficier de soins de soutien. Le taux d'hospitalisation est faible.

L'infection pourrait ne pas être reconnue ou être diagnostiquée à tort comme étant :

  • la dengue
  • le chikungunya
  • d'autres infections virales causant de la fièvre et des éruptions cutanées

L'infection à virus Zika peut entraîner des syndromes et des complications neurologiques. Les conditions neurologiques associées à l'infection à virus Zika comprennent :

  • le syndrome congénital de Zika
  • le syndrome de Guillain-Barré (SGB)
  • et plus rarement :
    • la polyneuropathie démyélinisante inflammatoire chronique
    • la polynévrite transitoire aiguë
    • la méningo-encéphalite
    • la myélite
    • l'encéphalomyélite aiguë disséminée
    • l'encéphalopathie

Un petit nombre de décès associés à l'infection à virus Zika ont été signalés chez des enfants et des adultes présentant des comorbidités et un système immunitaire affaibli.

Syndrome congénital de Zika

Le syndrome congénital de Zika englobe des caractéristiques nettes d'anomalies structurelles et fonctionnelles se développant à la suite d'une infection congénitale à Zika et qui correspondent à ces 5 caractéristiques qui sont :

  • la microcéphalie, avec crâne partiellement effondré
  • un développement anormal du cerveau, notamment :
    • l'atrophie cérébrale
    • l'hypoplasie du corps calleux
    • la calcification sous-corticale diffuse
    • une minceur du cortex cérébral et un développement anormal du cortex
  • une hypertonie précoce marquée et des symptômes d'atteinte extrapyramidale tels que :
    • des convulsions
    • la spasticité
    • l'irritabilité
  • le pied bot et l'arthrogrypose
  • l'atrophie choriorétinienne, la marbrure pigmentaire focale et autres anomalies oculaires

Tous les bébés nés avec une infection congénitale à Zika n'auront pas tous ces problèmes. Les nourrissons ayant un périmètre crânien normal à la naissance peuvent encore présenter des anomalies cérébrales compatibles avec le syndrome congénital de Zika. Certaines personnes qui n'ont pas la microcéphalie à la naissance peuvent plus tard connaître un ralentissement de la croissance de la tête et développer une microcéphalie postnatale. L'éventail complet des effets négatifs causés par l'infection par le virus Zika pendant la grossesse reste inconnu.

Des déficiences congénitales ont été observées dans des proportions similaires chez les fœtus et les nourrissons dont la mère présentait ou non des symptômes de la maladie durant sa grossesse. Des déficiences ont été signalées chaque trimestre, bien que la probabilité que la mère soit infectée durant son premier trimestre soit plus élevée.

De récentes constatations tirées du registre américain des infections à virus Zika chez la femme enceinte (qui couvre les États-Unis et les territoires des États-Unis) ont permis de déterminer qu'environ 1 fœtus ou nourrisson sur 20 dont la mère avait contracté une infection par le virus Zika durant sa grossesse présentait une anomalie congénitale.

Lorsque l'analyse était limitée aux cas avérés d'infection à virus Zika durant le premier trimestre, environ 1 fœtus ou nourrisson sur 10 présentait une anomalie congénitale possiblement associée au virus Zika.

Une étude (basée sur des données du Zika Pregnancy and Infant Registry des États-Unis) publiée en août 2018 a révélé que sur 1 450 enfants d'un an ou plus ayant reçu des soins de suivi :

  • 6 % avaient au moins une anomalie congénitale associée au Zika
  • 9 % présentaient au moins une anomalie neurodéveloppementale pouvant être associée au Zika congénital
  • 1 % avaient les deux

Étant donné que ces données sont fondées sur les enfants qui ont reçu des soins de suivi (définis comme des soins cliniques à l'âge de plus de 14 jours et déclarés au registre), les proportions déclarées peuvent ne pas être représentatives de l'ensemble de la cohorte d'enfants nés de mères présentant des signes en laboratoire d'infection confirmée ou possible au virus Zika pendant leur grossesse. Cependant, ce rapport souligne la nécessité d'un suivi et d'une évaluation continus des enfants nés de mères présentant des signes d'infection à Zika pendant la grossesse afin de faciliter la détection précoce des handicaps possibles et l'orientation rapide vers les services de soutien et d'intervention.

Les bébés atteints du syndrome congénital de Zika éprouvent souvent d'importants problèmes de développement, notamment de la difficulté à dormir, à se nourrir, à communiquer et à contrôler leurs mouvements musculaires. Ils ont aussi souvent des crises convulsives et des problèmes d'audition et de vision. Il est important de noter que les bébés affectés par le virus Zika peuvent avoir besoin de soins spécialisés au cours de leur vie.

Les données sur la mortalité associée à l'infection congénitale par le virus Zika ne sont pas encore largement disponibles, mais certaines études ont montré une augmentation des taux de mortalité aux stades fœtal et périnatal.

Syndrome de Guillain-Barré

Le lien entre le syndrome de Guillain-Barré (SGB) et l'infection à virus Zika a été établi pour la première fois dans une étude cas-témoin en Polynésie française. Les études relatives à l'épidémie de 2013-2014 en Polynésie française ont estimé qu'environ 1 personne sur 4 000 ayant contracté une infection à virus Zika a développé le SGB à titre de complication consécutive à l'infection. Plus de 20 pays ont signalé une association temporelle entre les symptômes cliniques de l'infection à virus Zika et l'apparition du SGB. De plus, une corrélation a été notée entre la baisse de l'incidence de Zika et la diminution des taux de SGB.

Plusieurs autres infections peuvent déclencher le SGB (p. ex. Campylobacter jejuni, cytomégalovirus, hépatite E). Dans une étude comparant des patients hospitalisés avec et sans SGB, les auteurs ont constaté que les chances d'avoir contracté une infection récente par le virus Zika étaient plus de 30 fois plus élevées chez les patients avec SGB. Les auteurs ont effectué des tests de dépistage d'autres infections pouvant déclencher le SGB pour constater que de nombreux patients présentaient également une réactivité des anticorps aux virus de la dengue. Ces résultats ont été rapportés par l'OMS dans le cadre d'une revue systématique de la littérature scientifique et ont amené celle-ci à conclure en 2016 que « l'explication la plus probable des preuves disponibles des épidémies d'infection à virus Zika et du syndrome de Guillain-Barré est que l'infection à virus Zika est un déclencheur du SGB ».

Dépistage

Le processus décisionnel permettant d'établir si des tests de dépistage du virus Zika doivent être offerts à des adultes est décrit dans l'arbre décisionnel pour le dépistage en laboratoire du virus Zika.

La décision de procéder à des tests devrait tenir compte :

  • des antécédents de voyage
  • des populations à risque
  • de la présence de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika
  • des expositions potentielles non liées aux voyages (par exemple, la transmission sexuelle)

Le choix du test optimal, de même que le moment et les modalités, sont expliqués plus en détail dans la section sur le diagnostic.

Le bilan diagnostique pour déceler une infection à virus Zika chez les enfants, en particulier les nourissons nés de mères infectées pendant la grossesse, peut nécessiter d'autres examens non réalisés en laboratoire.

Veuillez consulter le Point de pratique de la Société canadienne de pédiatrie (30 mars 2017) pour obtenir des conseils cliniques.

Arbre décisionnel pour le dépistage en laboratoire du virus Zika

Figure 1. Homme ou femme non enceinte
Figure 1. La version textuelle suit.
Figure 1 - Équivalent textuel

Cette image représente un arbre décisionnel conçu pour aider les professionnels de la santé à prendre des décisions relatives au dépistage en laboratoire du virus Zika.

1. La première question porte sur la population à risque : le patient est-il de sexe masculin ou féminin?

Patient de sexe masculin ou patiente non enceinte

Si le patient est un homme ou une femme non enceinte

2. Ont-ils des antécédents de voyage ou un partenaire sexuel s'étant rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques?

Si la réponse est « non », il n'est pas recommandé de procéder aux tests de dépistage du virus Zika. L'infection à virus Zika est improbable en l'absence d'antécédents de voyage ou d'exposition.

D'autres maladies infectieuses entraînant des signes et des symptômes similaires sont possibles. Le dépistage d'autres maladies infectieuses pourrait être justifié. Si vous avez des doutes sur la pertinence ou l'envergure des tests à effectuer, envisagez de consulter un spécialiste en maladies infectieuses.

3. Si la réponse est « oui » à la question sur les antécédents de voyage pour le patient ou la patiente non enceinte, il faut choisir parmi 3 options :

  1. « Le patient présente des symptômes aigus compatibles avec l'infection à virus Zika. »
  2. « Le patient a des antécédents de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika qui se sont résorbés. »
  3. « Le patient ne présente pas de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika. »

Si la réponse est « oui » à la question sur les antécédents de voyage pour le patient ou la patiente non enceinte et :

3.A que ce patient présente des symptômes aigus compatibles avec l'infection à virus Zika, les tests sont recommandés.

Si la réponse est « oui » à la question sur les antécédents de voyage pour le patient ou la patiente non enceinte et :

3.B que le patient a des antécédents de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika qui se sont résorbés, les tests devraient être envisagés si la confirmation du diagnostic est jugée utile.

Dans certaines circonstances, par exemple si un couple tente de concevoir un enfant et que la grossesse ne peut être retardée pour des motifs médicaux, des tests pourraient être justifiés. Dans de tels cas, une consultation auprès d'un spécialiste en maladies infectieuses est recommandée.

Si la réponse est « oui » à la question sur les antécédents de voyage pour le patient ou la patiente non enceinte et :

3.C que le patient ne présente pas de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika, les tests ne sont pas recommandés systématiquement.

Comme dans l'exemple précédent, les tests pourraient être justifiés dans certains cas. Une consultation auprès d'un spécialiste en maladies infectieuses est recommandée.

Arbre décisionnel pour le dépistage en laboratoire du virus Zika

Figure 2. Femme enceinte
Figure 2. La version textuelle suit.
Figure 2 - Équivalent textuel

Patiente enceinte

Si la patiente est une femme enceinte

1. A-t-elle des antécédents de voyage ou un partenaire sexuel qui s'est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques?

Si la réponse est « non », alors il n'est pas recommandé de procéder aux tests de dépistage du virus Zika. L'infection à virus Zika est improbable en l'absence d'antécédents de voyage ou d'exposition.

D'autres maladies infectieuses entraînant des signes et des symptômes similaires sont possibles. Le dépistage d'autres maladies infectieuses pourrait être justifié. Si vous avez des doutes sur la pertinence ou l'envergure des tests à effectuer, envisagez de consulter un spécialiste en maladies infectieuses.

2. Si la patiente enceinte répond « oui » pour les antécédents de voyage ou le partenaire sexuel qui s'est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques, il faut choisir parmi 3 options :

  1. « La patiente présente des symptômes aigus compatibles avec l'infection à virus Zika. »
  2. « La patiente a des antécédents de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika qui se sont résorbés. »
  3. « La patiente ne présente pas de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika. »

Si la patiente est enceinte et qu'elle répond « oui » pour les antécédents de voyage ou le partenaire sexuel qui s'est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques et :

2.A que cette patiente présente des symptômes aigus compatibles avec l'infection à virus Zika, les tests sont recommandés.

Si la patiente est enceinte et qu'elle répond « oui » pour les antécédents de voyage ou le partenaire sexuel qui s'est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques et :

2.B que la patiente a des antécédents de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika, qui se sont résorbés, des tests sont recommandés.

Si la patiente est enceinte et qu'elle répond « oui » pour les antécédents de voyage ou le partenaire sexuel qui s'est rendu dans un pays ayant signalé une transmission locale du virus Zika par les moustiques et :

2.C que la patiente ne présente pas de symptômes compatibles avec l'infection à virus Zika, les tests devraient être envisagés.

L'absence de symptômes ne permet pas de prévoir le risque de syndrome associé à l'infection congénitale à virus Zika. En raison de la complexité de l'interprétation et du déroulement de la grossesse, vous devriez consulter rapidement un spécialiste en maladies infectieuses avant d'envisager des tests.

Diagnostic

En général, le diagnostic en laboratoire est réalisé en analysant le sérum ou le plasma pour déceler l'un ou l'autre de ces éléments :

  • matériel génétique viral (acide ribonucléique, ARN)
  • anticorps spécifiques au virus produits par l'organisme

Il existe 2 méthodes d'analyse permettant de détecter le virus Zika, soit les tests d'amplification en chaîne par la polymérase (PCR) et les tests sérologiques.

Tests d'amplification en chaîne par la polymérase

Ces tests permettent de détecter directement le matériel génétique du virus Zika. Un résultat positif confirme que le patient est infecté par le virus Zika.

L'analyse de PCR est la plus efficace si elle est effectuée sur des échantillons cliniques comme :

  • le sang prélevé dans les 10 jours suivant l'apparition des symptômes
  • l'urine prélevée dans les 14 jours suivant l'apparition des symptômes

Étant donné que le virus Zika peut être présent dans ces types d'échantillons pour une courte durée après l'apparition de l'infection seulement, cela constitue la principale limite de ce test.

Tests sérologiques

Plutôt que d'analyser les composantes du virus, ces tests permettent de détecter la présence d'anticorps contre le virus Zika. Les anticorps peuvent être détectés environ une semaine après l'apparition des symptômes.

Le principal avantage des tests sérologiques est qu'ils demeurent positifs plusieurs mois au minimum après qu'une personne soit infectée.

Toutefois, leurs principales limites consistent en ce que :

  • la réalisation des tests et la présentation des résultats peuvent prendre plusieurs jours, voire quelques semaines
  • il y a un risque de réactivité croisée avec les anticorps qui ciblent d'autres flavivirus associés au virus Zika, comme le virus de la dengue. Un résultat positif à ce test peut indiquer une exposition antérieure à un autre virus ou à un vaccin administré pour certains virus comme la fièvre jaune, ce qui peut en compliquer l'interprétation.

Considérations relatives aux tests

S'ils s'avèrent positifs, les tests de PCR et les tests sérologiques peuvent être utilisés pour confirmer une infection à virus Zika.

Amplification en chaîne par la polymérase

Si le résultat à un test de PCR est positif, cela indique une infection aiguë à virus Zika malgré des symptômes légers.

Si le résultat est négatif, cela peut indiquer :

  • que la personne n'a pas été infectée
  • que la personne a été infectée, mais que le virus n'était plus présent au moment où l'échantillon a été prélevé. Il est recommandé de procéder à des tests sérologiques afin de confirmer les cas d'infection.

Sérologie

Un résultat positif à un test sérologique peut indiquer :

  • une infection aiguë ou une exposition antérieure au virus Zika
  • une infection aiguë ou une exposition antérieure à un autre flavivirus
  • un vaccin administré pour d'autres virus, comme la fièvre jaune

Pour déceler et confirmer la présence d'anticorps spécifiques au virus Zika dans des échantillons de sérum, il peut être nécessaire de procéder à d'autres tests et, dans certains cas, de prélever des échantillons supplémentaires. Cela est attribuable à la possible réactivité croisée des tests sérologiques avec des anticorps qui sont associés à d'autres flavivirus similaires, comme le virus de la dengue.

Un résultat négatif à un test sérologique pour le virus Zika peut indiquer :

  • que les anticorps ne se sont pas encore développés
  • qu'il n'y avait pas d'infection, ce qui pourrait justifier le prélèvement d'échantillons supplémentaires

Si les résultats d'un test sérologique effectué 1 à 2 mois après le retour de voyage sont négatifs, cela peut indiquer l'absence d'infection car les anticorps se développent généralement 4 semaines après l'exposition. Si le professionnel de la santé soupçonne que le test a été effectué trop tôt, un deuxième échantillon de sang peut être prélevé aux fins d'analyses supplémentaires.

Les patients devraient connaître les limites de ces tests et accepter que les résultats puissent ne pas être disponibles avant quelques semaines.

Traitement

À l'heure actuelle, il n'existe ni prophylaxie, ni vaccin, ni traitement contre l'infection à virus Zika. Toutefois, des traitements peuvent être prescrits pour soulager les symptômes comme de :

  • prendre du repos
  • boire des liquides
  • prendre des analgésiques
  • en évitant la prise d'acide acétylsalicylique (AAS) et de tout autre anti-inflammatoire non stéroïdien jusqu'à ce que la possibilité d'une infection au virus de la dengue ait été écartée
  • prendre des antipyrétiques

Surveillance au Canada

L'Agence de la santé publique du Canada et ses partenaires provinciaux et territoriaux travaillent en étroite collaboration afin d'assurer une surveillance des cas d'infection à virus Zika à l'échelle du Canada.

Au Canada, les professionnels de la santé jouent un rôle essentiel dans le recensement des cas d'infection à virus Zika. Les professionnels de la santé qui ont des questions à ce sujet doivent communiquer avec leurs autorités locales en matière de santé publique pour plus de renseignements.

Le Laboratoire national de microbiologie effectue les tests permettant de détecter le virus en plus d'aider les provinces et les territoires à la réalisation des tests. Certains laboratoires provinciaux procèdent également aux tests.

Cas d'infection à Zika recensés au Canada

Au 31 août 2018, 569 cas liés aux voyages et 4 cas de transmission sexuelle ont été signalés au Canada depuis que des cas ont commencé à être détectés en octobre 2015. Les cas de transmission sexuelle sont des cas sans antécédents de voyage dans une région touchée au cours des deux semaines précédant l'apparition des symptômes. Au total, 45 cas ont été signalés chez des femmes enceintes au Canada et moins de 5 cas de syndrome congénital de Zika ont été signalés.

Étant donné que les résultats de la grossesse (y compris les naissances, les mortinaissances, les pertes et les interruptions de grossesse) ne sont pas signalés aux autorités de santé publique, les résultats de la grossesse chez les femmes infectées par le Zika ne sont généralement pas connus. Les activités de surveillance sont axées sur la détection du nombre de cas de syndrome congénital de Zika (ceux qui présentent des anomalies observables liées à Zika).

Le risque de transmission du virus Zika par les moustiques demeure faible pour les Canadiens qui se rendent dans des régions ou des pays où l'on signale une transmission du virus Zika par les moustiques. Toutefois, il y a eu une diminution des cas observés dans la plupart des pays des Caraïbes et des pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud en 2017 et 2018 et, par la suite, du nombre de cas au Canada.

Comment on surveille le virus Zika au Canada

Le Laboratoire national de microbiologie effectue les tests permettant de détecter le virus en plus d'aider les provinces et les territoires à la réalisation des tests. Certains laboratoires provinciaux procèdent également aux tests.

Dans le cadre de leurs programmes de surveillance du virus du Nil occidental, plusieurs provinces et territoires mènent des activités de surveillance des moustiques.

Le virus Zika dans le monde

Le virus a été identifié pour la première fois chez l'homme dans les années 1950. De 1951 à 1981, des cas d'infection humaine par le virus Zika ont été signalés dans des pays africains et dans certaines parties de l'Asie.

En 2007, le premier foyer majeur du virus Zika s'est déclaré en Micronésie (île Yap), dans le sud-ouest de l'océan Pacifique. C'était la première fois que le virus Zika était détecté en dehors de l'Afrique et de l'Asie.

Entre 2013 et 2015, plusieurs foyers importants ont été observés sur des îles et des archipels de la région Pacifique. Il s'agit notamment d'un important foyer en Polynésie française.

Début 2015, le virus Zika est apparu en Amérique du Sud et des foyers importants ont été signalés au Brésil et en Colombie. L'activité d'éclosion associée à l'émergence de cette maladie dans les Amériques a culminé dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Amérique du Sud en 2016.

L'Organisation mondiale de la santé surveille les rapports de cas de Zika dans le monde entier. À ce jour, un certain nombre de pays, territoires et régions ont signalé des cas de syndrome de Zika congénital et/ou de malformations du système nerveux central associés à l'infection à virus Zika. La surveillance des femmes enceintes dans d'autres pays qui connaissent des éclosions du virus Zika se poursuit.

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