Témoignages de parents de naissances multiples

Ces témoignages véridiques sont ceux de personnes ayant vécu une grossesse multiple. Ils vous donneront une idée des défis auxquels vous pourriez être confrontés comme parents d’enfants issus d’une naissance multiple. Mais chacun réagit à sa manière à l’annonce d’une grossesse multiple ou en tant que parent. Chaque expérience est unique à la personne.    

Stacie et Glen

Mon mari Glen et moi avons tenté pendant trois ans d’avoir des enfants, sans réussir. Nous sommes alors allés à la clinique de fertilité pour passer tous les tests, qui n'ont rien révélé d'anormal, ni chez Glen, ni chez moi. Nous étions un autre cas de stérilité inexpliquée. Deux inséminations intra-utérines (IIU) ont été tentées, sans succès. Puis nous avons opté pour une fécondation in vitro (FIV). Ce fut tout un processus, puisque je devais m’administrer des injections et subir plusieurs prises de sang et échographies.

Mon organisme a vraiment bien accepté les médicaments et a donc produit plusieurs follicules. Malheureusement, en raison du grand nombre de follicules produits, j’ai développé un syndrome d’hyperstimulation ovarienne. Cet état provoque une accumulation de liquide dans l’abdomen. J’ai donc dû subir deux drainages. Ce fut douloureux et très inconfortable.

Environ deux ans se sont écoulés entre les IIU et la FIV. Nous avons pris une pause entre les deux IIU et la FIV, parce que j'étais vidée sur le plan émotif et que avais besoin d'un répit de toutes ces aiguilles, échographies et prises de sang. J’ai subi la FIV le 15 août 2009 et découvert que j’étais enceinte le 24 août! J’étais si excitée!

J’ai appris que j’étais enceinte de jumeaux neuf jours après l’implantation. J’étais exaltée. Avec notre médecin, nous avons discuté des risques associés à une grossesse gémellaire, et nous étions prêts à avoir des jumeaux si c’était le cas.

Pendant ma dernière journée de travail avant mon congé de maternité, j’ai attrapé la grippe et j’étais très déshydratée. Je me suis rendue à l’urgence; après trois heures d’attente, on m’a transférée dans une salle de travail et d’accouchement. Un examen a révélé que j’étais dilatée à trois centimètres. J’ai alors été transportée d’urgence vers un autre hôpital, car j’étais enceinte de 30 semaines seulement. J'ai été alitée pendant une semaine, puis mon travail a commencé de façon spontanée et j’ai accouché de jumelles de 3 livres et 11 onces et 3 livres et 3 onces. Celles-ci ont passé cinq semaines à l’unité néonatale de soins intensifs. Elles ont presque 2 ans aujourd’hui!

Nos filles sont nées prématurément, mais elles n'ont pas encore présenté de problèmes de développement. Sur le plan du langage, elles sont plus lentes que les enfants de leur âge issus d’une grossesse unique et nés à terme, mais notre pédiatre dit qu’elles vont très bien et que personne ne devinerait à les voir qu’elles étaient si prématurées.

Je ne changerais rien aux choix que j'ai faits, parce que mon médecin nous a grandement aidés et nous a dirigés tout au long du processus.

Glen et Stacie

Taylor et Morgan

Comme nous sommes deux femmes, nos possibilités de devenir parents étaient limitées. Après en avoir longuement discuté, nous avons décidé de faire appel à un donneur anonyme par l’entremise d’une clinique de fertilité. Pendant un an avant les traitements de procréation assisté, nous avons suivi nos cycles d’ovulation et pris des vitamines prénatales. Nous approchions toutes les deux la quarantaine et jugions que nous n’avions pas le temps de découvrir que nous avions chacune des problèmes de fertilité. Nous avons donc toutes les deux tenté une insémination intra‑utérine. Au premier essai, Morgan avait par hasard ovulé deux fois, alors nous étions très surprises d’attendre des jumeaux. Nous avons décidé d’arrêter à ce moment, puisque mes deux premiers essais avaient échoué et que nous craignions maintenant d’avoir quatre enfants.

Pendant sa grossesse, Morgan a passé 42 jours alitée, ce qui n’est pas inhabituel dans un cas de grossesse gémellaire. Son travail a commencé prématurément, et une des jumelles montrait un retard de croissance intra-utérin. Il a donc fallu se rendre à l'hôpital aux deux jours, pour subir des examens de réactivité fœtale, et observer les mouvements des jumelles deux fois par jour. À un moment donné, nous sommes restées 5 jours à l’hôpital, parce que Morgan devait porter des attelles pneumatiques et être branchée à un cathéter, car elle n’avait pas vraiment bougé depuis un mois et les médecins craignaient la formation d’un caillot.

Nous avons été chanceuses, car nos jumelles n'ont pas eu besoin de rester à l'unité néonatale de soins intensifs. Par contre, une des filles a dû être pesée avant de pouvoir quitter l’hôpital, puisque les sièges d’auto ne sont pas conçus pour les prématurés.

Quand on est parents de jumelles nées grâce à la procréation assistée, le plus grand avantage, c’est évidemment d’être avec deux jolies bambines affectueuses et enjouées. Ce qui est moins intéressant (et les parents qui n’ont eu qu’un bébé ne le comprennent pas) c’est la plus grande privation de sommeil, les questions personnelles sur les jumelles et, dans notre cas, les questions déplacées, sinon illogiques, sur la maternité biologique. Il nous arrive quand même d’en rire, chaque fois qu’on nous demande s’il y a beaucoup de jumeaux dans ma famille.

Parce que nous voulions miser sur nos forces, j'avais commencé un programme de lactation pour pouvoir allaiter nos jumelles, même si je ne suis pas leur mère biologique. Pour me préparer, il a fallu, six mois à l’avance, prendre des médicaments et des plantes médicinales et ensuite tirer du lait sans cesse trois semaines avant la naissance des jumelles. Je devais me lever la nuit pour tirer mon lait et le faire aussi au travail. Ces efforts supplémentaires ont valu la peine parce que les bébés avaient de la difficulté à prendre le sein, un problème courant chez les prématurés.

Nous avons profité des services du programme de développement du nourrisson à certaines étapes, mais, deux ans et demi après, nous sommes contentes de ne plus en avoir besoin. Nous savions que les jumelles commenceraient à parler plus tard, alors nous avons suivi plusieurs cours de langage des signes et elles ont appris plus d’une centaine de signes, ce qui a été notre bouée de sauvetage pour communiquer.

Avoir des jumeaux impose un grand stress sur votre relation. Cela va plus loin que d’être simplement une nouvelle mère. Vos amis et votre famille perçoivent seulement l’aspect sensationnel d’une grossesse multiple et ne comprennent pas bien l’expérience émotionnelle profonde associée aux soins de deux nourrissons. Nous demandons alors à ces personnes lequel de leurs enfants elles laisseraient dans la voiture, stationnée dans la rue, pendant qu’il pleure et qu’elles doivent faire entrer l’autre dans la maison. Il ne s'agit pas seulement d'acheter des couches en double ou de leur donner le bain ensemble – c'est beaucoup plus complexe, et la plupart des gens ne comprennent pas que la situation de ces parents est différente. Le meilleur conseil, c'est que les choses ont fini et finissent par être plus faciles.

Les gens veulent encore savoir qui est la mère biologique, qui est l'aînée, qui est la meneuse, qui est le donneur. Pour toutes ces raisons et bien d'autres, élever des jumelles en tant que couple homosexuel ne sera jamais simple. Mais, pourquoi voudrait-on que ce le soit?

Taylor et Morgan

Maryn et Callum

J’était au début de la vingtaine lorsqu’ on m’a dit que j’avais le syndrome des ovaires polykystiques. Je savais donc qu’avoir des enfants de façon naturelle serait un défi. Mon mari Callum et moi touchons un salaire décent, mais modeste. Il travaille comme mécanicien chez un concessionnaire local, et je suis gérante dans un magasin d’articles de sport. Nous savions que nous ne pourrions nous offrir une fécondation in vitro et pensions que, peut-être, un jour, il nous serait possible d'adopter un enfant. La découverte que j’étais enceinte à peine six mois après notre mariage a donc été une grande surprise et suscité beaucoup de joie. Notre fils est né en mai 2007.

Je me suis retrouvée de nouveau enceinte à l’hiver 2008 et j’ai pris rendez-vous pour une échographie afin de connaître l’âge de la grossesse. La technicienne m’a dit que le premier embryon qu’elle avait mesuré était âgé de huit semaines et cinq jours et que les embryons jumeaux avaient à peu près huit semaines. Je me suis précipitée à la salle de bain, où j’ai vomi à la perspective de devoir prendre soin de quatre enfants dont les âges seraient si rapprochés! On m’a informée que mes jumeaux partageaient le même sac amniotique et le même placenta et qu’il était fort probable qu’ils meurent tôt au cours de la grossesse. Certains spécialistes que j’ai consultés, en particulier un spécialiste en périnatalogie de Montréal, nous ont conseillé d’envisager une réduction de la grossesse à un seul fœtus afin d’atténuer les risques et d’améliorer les chances de survie du singleton. Ni mon mari ni moi ne nous sentions à l’aise à l’idée de réduire le nombre de fœtus, et nous avons préféré laisser Dieu et le temps décider de notre sort.

On me suivait de près au moyen d’échographies régulières, et j’espérais qu’avec le passage du temps, le risque pour la santé de mes bébés diminuerait et que ceux-ci survivraient contre toute attente! À la seizième semaine de ma grossesse, la technicienne ne pouvait percevoir qu’une seule pulsation à l’échographie. Je me suis sentie très triste, et un peu frustrée, dois-je avouer. La famille et nos amis nous disaient, à mon mari et moi, que tout était « pour le mieux » et « il vous reste toujours au moins un bébé ». Il n'y a pas de mode d'emploi pour une « fausse couche incomplète », mais je puis vous assurer que le deuil est toujours profond.

Notre fille est venue au monde en santé et heureuse en octobre 2008. Elle est maintenant plus grande que son frère aîné, très drôle et débordante d’énergie.

Maryn and Callum

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