Cadre national pour l’apprentissage en environnement au Canada

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Introduction

L'éducation à l'environnement est un outil puissant, mais sous-utilisé, permettant de faire lutter contre la crise mondiale liée aux changements climatiques, à la perte de biodiversité et à la pollution. Cela contribuera à bâtir une économie plus propre, plus durable et plus résiliente pour les générations futures. Elle dote les Canadiens – les enfants, les jeunes et leurs éducateurs en particulier – de connaissances, de compétences et de la capacité d'action dont ils ont besoin pour agir de manière significative, lutter contre la désinformation et faire partie de communautés résilientes. Elle est essentielle pour soutenir les emplois verts au Canada et assurer la transition vers une société resiliente et durable. Elle est également essentielle pour atténuer les répercussions des changements climatiques sur la santé, le bien-être et le rendement scolaire des enfants.

L'éducation à l'environnement est également un élément important des engagements du Canada à l'échelle internationale et nationale. Partout dans le monde, les gouvernements et les organisations redoublent d'efforts pour intégrer l'éducation à l'environnement à l'enseignement régulier. Il est primordial que le Canada fasse de même pour rester un chef de file mondial compétitif et respecté.

Le cadre national pour l'apprentissage en environnementNote de bas de page 1 vise à combler les lacunes et à mieux intégrer l'apprentissage en environnement dans l'ensemble du Canada. Il fournit des principes directeurs, des domaines d'intervention et des exemples pour inspirer l'action. Ce cadre est destiné aux éducateurs, aux décideurs politiques et aux autres responsables des secteurs de l'éducation formelle et non formelle afin de les aider à créer des documents, des programmes et des initiatives d'apprentissage ou à s'inspirer des outils existants. Il soutient également l'élaboration d'objectifs, de critères d'évaluation et de rapports. Le cadre est de nature générale, ce qui permet de respecter les compétences provinciales et territoriales et de reconnaître la nécessité de l'adapter aux contextes locaux.

Le cadre est le résultat d'une collaboration entre Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et ses partenaires et parties prenantes, notamment :

Il a été élaboré en réponse à l'appel lancé par les Canadiens en faveur d'un cadre national global et habilitant pour l'apprentissage en environnement. Pour en savoir davantage, voir le Rapport sur ce que nous avons entendu.

Ce cadre constitue une étape importante dans un processus de collaboration et d'évolution visant à faire progresser l'apprentissage en environnement au Canada. L'étape suivante, essentielle, consiste pour ECCC à travailler en étroite collaboration avec les partenaires et les parties prenantes afin d'élaborer une stratégie de mise en œuvre. Il s'agira notamment de définir plus précisément les objectifs et les mesures de réussite. Le cadre est un document évolutif qui sera réexaminé périodiquement et adapté en fonction des pratiques exemplaires et des nouveaux résultats.

Le cadre national pour l'apprentissage en environnement est possible grâce à de nombreuses organisations et personnes qui travaillent ensemble pour faire progresser l'éducation à l'environnement. Nous vous remercions de votre dévouement et de vos précieuses contributions.

Principes directeurs

Les principes suivants ont contribué à l'élaboration du cadre. Ils ont pour but d'aider à orienter les versions ultérieures et les engagements et mises en œuvre connexes.

Collaborer pour progresser

Le cadre comprend un ensemble de lignes directrices flexibles mais transformatrices visant à inciter les décideurs à collaborer selon des modalités adaptées à leurs communautés respectives. Il s'aligne sur des cadres politiques internationaux et nationaux prometteurs pour l'apprentissage en environnement et sur les engagements prioritaires liés à l'éducation à l'environnement. Il s'appuie également sur les efforts, les pratiques exemplaires et les politiques déjà en place pour améliorer l'accès à un apprentissage en environnement de qualité et adapté aux besoins locaux.

Le cadre est conçu pour rassembler divers secteurs et communautés. La mobilisation continue de la communauté guidera l'évolution et la mise en œuvre du cadre. L'harmonisation des efforts de plusieurs secteurs partout au Canada favorisera la résilience de la population, de l'économie nationale et de l'environnement. Le cadre contribuera également à résoudre la crise de la mésinformation en améliorant le niveau de connaissances des Canadiens en matière d'environnement.

Élargir le rôle des dirigeants autochtones

Les peuples autochtones entretiennent des relations profondes avec la nature et ont su gérer cette terre depuis la nuit des temps. Ils sont en première ligne dans la lutte contre la perte de biodiversité et les changements climatiques, et ils sont touchés en premier et de manière disproportionnée par ces changements. Les peuples autochtones sont donc particulièrement bien placés pour jouer un rôle de premier plan dans l'apprentissage en environnement.

Le cadre intègre le leadership et les perspectives autochtones dans l'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation des politiques sur l'apprentissage en environnement. Il prend en compte les engagements du Canada à l'égard des appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ainsi que les engagements pris dans le cadre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Le cadre reconnaît l'importance du savoir et de la souveraineté autochtones. Au cœur du cadre se trouve l'intégration des modes de connaissance traditionnels autochtones et occidentaux. Ce concept a été popularisé sous le nom d'approche à double regard (Etuaptmumk), bien qu'il ne s'agisse là que d'un exemple parmi la riche diversité des perspectives autochtones. Le concept d'approche à double regard a été développée par les aînés Mi'kmaq Albert et Murdena Marshall, avec le Dr Cheryl Bartlett (Assurer notre Avenir : rapport sur la résilience autochtone). L'approche renforce encore la nécessité de :

Adopter une approche globale

Le traitement des questions environnementales nécessite une approche globale qui prend en compte les facteurs écologiques, sociaux et économiques. Le cadre est interdisciplinaire et multisectoriel et prend en compte divers aspects du système d'éducation.

L'apprentissage en environnement doit aller au-delà des domaines scientifiques classiques pour inclure des compétences dans toutes les matières. Il devrait également faire participer des communautés entières, dont les suivantes :

L'apprentissage en environnement devrait également aller au-delà de la salle de classe et permettre d'aborder les questions environnementales dans le cadre des installations, des opérations et de la gouvernance, dans les contextes d'apprentissage formels et non formels.

L'approche globale le rend plus pertinent pour relever les défis environnementaux complexes dans le monde réel. Il permet aux élèves et à leurs éducateurs d'acquérir les connaissances, l'autonomie et l'espoir nécessaires pour relever ces défis. Il permet également aux Canadiens de saisir les occasions offertes par leurs communautés et de célébrer la riche diversité de notre pays.

Voici quelques exemples internationaux et régionaux d'utilisation d'une approche globale de l'apprentissage en environnement (en anglais seulement) :

Suivre les progrès

De nombreux efforts d'apprentissage en environnement sont déjà déployés au Canada. Le cadre reconnaît la nécessité de mieux reconnaître et harmoniser ces efforts et d'en rendre compte.

C'est pourquoi il est essentiel de définir ou de redéfinir les paramètres de réussite de l'apprentissage en environnement. Cela permettra de donner la priorité aux objectifs de croissance économique, ainsi qu'à la justice sociale, culturelle et environnementale.

Il est également important de :

Boussole de l'éducation à l'environnement

Description longue

Vision : connaissances traditionnelles autochtones et occidentales

Cette approche collaborative est axée vers l'extérieur et influence la manière dont tous les autres aspects du cadre devraient être envisagés et mis en œuvre.

Domaines d'intervention pour l'éducation à l'environnement :

  • renforcer les capacités des éducateurs
  • créer des espaces d'apprentissage fertiles
  • développer les données et la recherche
  • des communautés vertes en pleine croissance
  • renforcer les compétences vertes

Défis :

  • changements climatiques
  • pollution
  • perte de biodiversité

Résultats sociétaux :

  • économie forte
  • bien-être de la planète
  • résilience des êtres humains

Vision

Au cœur de la vision du Cadre pour l'apprentissage environnemental se trouve l'entrelacement des perspectives autochtones et occidentales. Cette approche collaborative est axée vers l'extérieur et influence la manière dont tous les autres aspects du cadre devraient être envisagés et mis en œuvre.

Domaine d'intervention

Le cadre comprend cinq domaines d'action clés visant à améliorer la qualité de l'apprentissage en environnement au Canada. ​

Défis

L'apprentissage en environnement favorise la compréhension des connaissances, des outils, des compétences et des mesures nécessaires pour faire face aux trois plus grandes menaces qui pèsent sur notre planète et sur nous-mêmes :

Résultats sociétaux

La priorité accordée à l'apprentissage en environnement au Canada contribuera à une économie forte, au bien-être de la planète et à la résilience des êtres humains.

Cinq domaines d'intervention pour l'éducation à l'environnement

L’adoption du Cadre est volontaire reconnaissant la valeur des domaines d’action suivants.

Renforcer les capacités des éducateurs

Créer des espaces d'apprentissage fertiles

Développer les données et la recherche

Des communautés vertes en pleine croissance

Renforcer les compétences vertes

Études de cas par domaine d'intervention

Voici quelques exemples de projets qui illustrent les domaines d'interventiondu cadre en action.

Renforcer les capacités des éducateurs

Accélérer la formation sur les changements climatiques chez les enseignants – Université Lakehead

Ce projet développe et renforce l'éducation aux changements climatiques dans le cadre de la formation des enseignants au Canada. Il offre des occasions d'apprentissage professionnel aux enseignants de la maternelle à la 12e année qui sont en formation initiale ou en exercice ainsi qu'aux membres du corps enseignant des établissements d'enseignement supérieur. Les principaux éléments du projet sont les suivants :

Favoriser l'essor des espaces d'apprentissage

National Education Nature Park – Ministère de l'Éducation du Royaume-Uni

Le programme National Education Nature Park a été mis au point par le ministère de l'Éducation du Royaume-Uni et le Natural History Museum. Objectif du document :

En envisageant le domaine de l'éducation comme un grand parc naturel, les enfants et les jeunes voient comment de petites actions peuvent avoir une incidence importante sur le rétablissement de la nature. Les participants collaborent également avec des scientifiques à des recherches novatrices menées avec des données recueillies dans le cadre du programme. Il s'agit d'un moyen de fournir des informations essentielles sur les meilleurs moyens de lutter contre la double crise que sont les changements climatiques et la perte de biodiversité.

Projet Learning by Nature – BC Parks Foundation

Ce projet est un partenariat provincial-fédéral-privé unique en son genre pour l'apprentissage de la nature. Les élèves de Colombie-Britannique s'informent sur les changements climatiques et la perte de biodiversité et prennent des mesures positives pour les atténuer dans les parcs provinciaux, les cours d'école et les salles de classe de la province.

Développer les données et la recherche

De la sensibilisation à l'action : les Canadiens face aux changements climatiques et l'éducation (2025) - L'éducation au service de la Terre

Ce troisième sondage national de L'éducation au service de la Terre permet de suivre l'évolution de l'opinion des Canadiens sur les changements climatiques et l'éducation depuis 2019 et 2022. Le rapport de 2025 met en évidence le changement d'attitude du public, les pratiques actuelles en classe et les appels croissants en faveur d'un apprentissage climatique plus approfondi partout au Canada.

Alimenter la littératie environnementale des jeunes grâce à l'apprentissage en réseau - Université du Cap-Breton

Les jeunes et les enseignants peuvent donner leur avis sur l'impact et l'accessibilité de l'éducation à l'environnement. Ce projet est ouvert aux écoles de toutes les provinces et territoires du Canada, y compris

Des communautés vertes en pleine croissance

Les cours oasis - Ville de Paris, France

Ce projet transforme les cours d'école en espaces verts et multifonctionnels destinés à atténuer les effets des changements climatiques et à améliorer le bien-être de la communauté environnante. Ces espaces :

Avatimik kamattiarniq (intendance environnementale) – Société Aqqiumavvik

Ce projet vise à élaborer et à mettre à l'essai un programme de connaissance en environnement pertinent sur le plan culturel et adapté à l'âge des participants, afin de renforcer le concept d'avatimik kamattiarniq (intendance environnementale) chez les jeunes d'Arviat, au Nunavut.

Renforcer les compétences vertes

Programme d'éducation sur le climat du Traité no 3 - Grand Conseil du Traité no 3

Ce projet permettra aux enfants et aux jeunes du territoire du Traité no 3 d'acquérir des connaissances précises sur le lieu et de perfectionner des compétences en matière de changements climatiques. Le projet les aidera à devenir des chefs de file en matière de climat dans leurs communautés et à participer à l'économie verte émergente. Le programme combine la science occidentale du climat et les connaissances traditionnelles des Anishinaabe qui sont propres au Traité no 3. Les apprenants de tous âges amélioreront leurs connaissances des éléments suivants :

Prochaines étapes

Plan de mise en œuvre

ECCC travaille avec des partenaires et des parties prenantes à l'élaboration d'un plan de mise en œuvre. Le plan définira des cibles précises et des critères d'évaluation pour mesurer la réussite. Ce plan permettra la mise à jour du cadre au besoin. Il permettra également au Canada de mieux rendre compte des progrès accomplis par rapport à divers engagements nationaux et internationaux, notamment, mais pas exclusivement, les suivants :

Forum pour le leadership en éducation à l'environnement

Le premier Forum pour le leadership en éducation à l'environnement a eu lieu en mars 2025. Il a été organisé conjointement par ECCC, la Commission canadienne pour l'UNESCO et le Réseau canadien d'éducation et de communication relatives à l'environnement et avait pour but d'élaborer la version préliminaire du présent cadre. Le Forum de 2026 s'appuiera sur les efforts déjà déployés par les partenaires et les parties prenantes pour définir des objectifs et des outils de mesure des progrès, ainsi que des mécanismes d'établissement de rapports. Cela permettra de produire la version définitive du plan de mise en œuvre.

Examen et rapports cycliques

ECCC coordonnera également avec ses partenaires la mise à jour périodique du cadre. Les mises à jour seront fondées sur l'examen des rapports sur le plan de mise en œuvre, ainsi que sur les nouvelles recherches émergentes et les pratiques exemplaires. ECCC sera également chargé de partager les progrès réalisés par le Canada en matière d'apprentissage en environnement sur la base des exigences en matière d'établissement de rapports contenues dans divers engagements.

Remerciements

ECCC souhaite remercier les nombreux Canadiens et Canadiennes qui ont participé à notre consultation nationale et à notre engagement à l'égard de l'éducation à l'environnement au cours des quatre dernières années. Les contributions que nous avons reçues d'organismes et de parties prenantes de tout le Canada, ainsi que les informations sur les efforts déployés par des partenaires du monde entier, ont joué un rôle déterminant dans l'élaboration du présent cadre.

Compte tenu des défis économiques actuels et des occasions qui s'offrent à notre pays, le Canada est bien placé pour faire preuve de leadership en matière d'éducation à l'environnement au cours des prochaines années. Nous nous réjouissons de continuer à travailler ensemble à la mise en œuvre de ce cadre.

Annexe 1 : Les engagements du Canada en matière d'éducation au climat et à l'environnement

Engagements nationaux

Stratégie fédérale de développement durable 2022 à 2026 (SFDD)

Stratégie pour la nature 2030 du Canada : Freiner et inverser la perte de biodiversité au Canada

Stratégie nationale d'adaptation du Canada

Appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation

Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et Plan d'action (2023–2028)

Loi concernant l'élaboration d'une stratégie nationale visant à évaluer et prévenir le racisme environnemental ainsi qu'à s'y attaquer et à faire progresser la justice environnementale (projet de loi C‑226)

Un droit à un environnement sain en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999)

Stratégie pour les sciences 2024 à 2029 d'Environnement et Changement climatique Canada

Plan d'action pour la science ouverte d'Environnement et Changement climatique Canada : 2021-2026

Science du climat 2050 et Rapport sur les priorités nationales en matière de science et de savoir sur les changements climatiques

Stratégie de lutte contre la désinformation d'Environnement et Changement climatique Canada (en cours d'élaboration)

Plan de réduction des émissions pour 2030

Stratégie canadienne de la connaissance de l'océan (dirigée par la Coalition canadienne de la connaissance de l'océan)

Plan pour des emplois durables et Loi canadienne sur les emplois durables

Engagements internationaux

Objectifs de développement durable des Nations Unies

Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal

Convention relative aux droits de l'enfant des Nations Unies

Action for Climate Empowerment

Accord de Paris

Déclaration de Berlin sur l'éducation au développement durable de l'UNESCO

L'Initiative de Bakou pour le développement humain en faveur de la résilience climatique (approuvée par le Canada lors de la Conférence des Parties [COP] 29 de la CCNUCC)

Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l'Organisation de coopération et de développement économiques

Annexe 2 : Répercussions économiques, sanitaires et sociétales pertinentes pour l'éducation à l'environnement

Prospérité économique, transition vers l'économie verte et compétences et emplois verts

Un rapport récent de la Banque mondiale indique que « la transition écologique dans le monde nécessiterait des travailleurs qualifiés pour environ 100 millions de nouveaux emplois, des travailleurs plus qualifiés pour la plupart des emplois existants et le recyclage professionnel des travailleurs qui occupent 78 millions d'emplois supplémentaires qui disparaîtront. Cependant, il manque de travailleurs qui possèdent ces compétences. » [Traduction]

Au Canada, les pénuries de main-d'œuvre et de compétences poseront des problèmes à l'économie verte du pays et limiteront son potentiel de croissance (Eco Canada, 2024; Smart Prosperity Institute, 2023; RBC, 2022). Une analyse de 2022 de la RBC note également que le Canada a besoin d'une main-d'œuvre agile « pour suivre les bouleversements technologiques et opérationnels qui favorisent la transition climatique ».

Par exemple, Clean Energy Canada prévoit que les emplois dans le secteur de l'énergie propre au Canada augmenteront de 3,4 % par an au cours de la prochaine décennie. C'est presque quatre fois plus rapide que la moyenne canadienne (Plan pour des emplois durables; Quantifying Canada's Clean Energy Economy).

Selon d'autres analyses, l'« économie propre » du Canada pourrait créer entre 300 000 et 400 000 nouveaux emplois au Canada d'ici 2030 (Smart Prosperity Institute 2023; RBC 2022). Les « compétences et la main-d'œuvre » ont été désignées comme un secteur important et habilitant à l'ensemble de l'économie et un secteur porteur dans le cadre de la trajectoire du Canada vers la réduction des émissions d'ici 2030 (Plan de réduction des émissions pour 2030).

Les jeunes ont également indiqué qu'ils souhaitaient une action climatique ambitieuse dans laquelle les jeunes et les groupes marginalisés seraient au cœur de la solution (consultations sur le rapport de 2021 sur l'état de la jeunesse). Les Canadiens, y compris les jeunes, ont été consultés en 2022 pour s'assurer que le passage à la carboneutralité créera des emplois durables.

De nombreux domaines stratégiques révèlent également le besoin de compétences vertes et de soutien à une économie plus verte, notamment les suivants :

Santé

L'éducation à l'environnement comprend l'amélioration de l'accès à la nature. Cela est essentiel pour que les Canadiens soient en bonne santé et résilients face aux conséquences des conditions météorologiques extrêmes et à l'augmentation de l'écoanxiété. Elle est si essentielle qu'elle a donné naissance au concept d'accès à la nature en tant que droit de la personne.

Au Canada, de nombreuses écoles et de nombreux services de garde ne sont pas équipés pour protéger les enfants et le personnel en cas de phénomènes météorologiques extrêmes. Par exemple, les fortes chaleurs présentent des risques sanitaires importants qui pèsent sur la santé et le bien-être des enfants et entravent leur capacité d'apprentissage. Si rien n'est fait, la chaleur extrême dans les établissements d'enseignement aggravera les inégalités systémiques en matière de logement, d'infrastructures de quartier et d'espaces verts. Cela contribuera à un fardeau de risque inégal pour les enfants des communautés touchées par les injustices sociales et économiques.

La végétalisation des cours d'école et des lieux d'apprentissage est une stratégie d'adaptation qui a fait ses preuves pour atténuer la chaleur extrême. Il s'agit également d'un domaine d'intervention essentiel du cadre national pour l'apprentissage en environnement.

Santé mentale et montée de l'écoanxiété

L'amélioration de l'accès à la nature permet également de résoudre les problèmes de santé mentale, tels que l'écoanxiété et le syndrome du manque de nature. Ce syndrome fait référence aux coûts physiques, psychologiques et cognitifs de l'aliénation de la nature chez l'humain. Ces problèmes sont particulièrement fréquents chez les jeunes et les groupes sous-représentés (Associations between Nature Exposure and Health: A Review of the Evidence, PMC

Une étude réalisée par l'Université Lakehead a permis d'interroger 1 000 jeunes (âgés de 16 à 25 ans) dans tout le Canada. L'étude a permis de constater ce qui suit :

Les données montrent également que les changements climatiques contribuent à la perception négative qu'ont les jeunes de leur avenir. Par exemple :

Les données montrent que les jeunes Canadiens ont besoin de divers soutiens pour faire face à la situation. Ils estiment également que le système d'éducation devrait faire davantage pour les soutenir. 

La recherche montre également que les jeunes au Canada, en particulier les femmes, ressentent plus d'émotions négatives à propos des changements climatiques que les adultes plus âgés. Ces émotions comprennent la colère et l'anxiété (Programme de recherche appliquée sur l'action pour le climat, 2022).

Réussite scolaire et réussite des étudiants en général

Une analyse de l'Université de Stanford portant sur 119 études évaluées par des pairs et publiées sur une période de 20 ans a mesuré l'impact de l'éducation à l'environnement sur les élèves de la maternelle à la 12e année. Il en ressort que l'éducation à l'environnement a eu un certain nombre d'effets positifs :

L'éducation à l'environnement deviendra également un critère d'excellence scolaire. La connaissance du climat sera intégrée au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) auquel le Canada participe en 2029. Le PISA est un test international créé par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui mesure les capacités des élèves de 15 ans en lecture, en mathématiques et en sciences.

Les résultats de l'enquête PISA aident les pays à suivre le rendement de leurs élèves dans le temps afin de dégager des tendances et d'évaluer les compétences et les connaissances. Ils peuvent également indiquer dans quelle mesure les étudiants sont préparés à poursuivre leurs études ou à entrer sur le marché du travail.

Lors de la 29e Conférence des parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l'OCDE a annoncé que la connaissance du climat serait incluse dans le principal critère de référence mondial en matière d'éducation à compter de 2029. Au Canada, environ 25 000 élèves de 15 ans ont été sélectionnés au hasard dans 1 100 écoles des 10 provinces pour participer à l'évaluation.

Mésinformation et désinformation

La mésinformation et la désinformation sur les changements climatiques et la dégradation de l'environnement sont de plus en plus répandues. Ce phénomène peut éroder la confiance du public dans les institutions et compromettre gravement la capacité d'ECCC à transférer efficacement les connaissances et à motiver les personnes à prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques.

Il est prouvé que la désinformation cause des préjudices. Il est nécessaire d'investir dans des communications sur les changements climatiques fondées sur des données scientifiques et factuelles. Il est essentiel de renforcer l'éducation à l'environnement pour lutter contre les effets négatifs de la mésinformation et de la désinformation et pour éviter l'exploitation par des acteurs qui cherchent à porter atteinte à l'intégrité scientifique.

Préparation aux situations d'urgence et aux sinistres

Les données montrent que le coût des catastrophes météorologiques augmente. L'année 2024 a été l'année la plus coûteuse de l'histoire du Canada en pertes liées à des phénomènes météorologiques. Un Canadien sur cinq est extrêmement ou très préoccupé par les urgences météorologiques ou les catastrophes naturelles (résultats de 2022 de Statistique Canada).

Les jeunes constituent un groupe démographique sous-utilisé en termes de capital humain et créatif, de mobilisation civique et de capacités d'emploi. Une mobilisation accrue des jeunes pourrait faire progresser notre action en matière de gestion des catastrophes (More than a checkbox: engaging youth in disaster risk reduction and resilience in Canada; Youth Are Our Future Assets in Emergency and Disaster Management).

En outre, l'amélioration des connaissances sur l'énergie contribuera à une planification plus équitable de l'énergie, des transports, de la construction et de l'environnement par et pour les communautés, les entreprises et les gouvernements. Un cadre national pour l'apprentissage en environnement axé sur les jeunes de la maternelle à la 12e année peut contribuer à l'amélioration de la préparation aux catastrophes au Canada.

Détails de la page

2025-12-10