Stratégie nationale sur les soins oculaires
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Date de publication : 4 juin 2026
Table des matières
- Message de la ministre
- Résumé
- Introduction
- Description des maladies et affections oculaires courantes
- Professions offrant des services de soins oculaires
- L'expérience vécue de la perte de vision au Canada
- État des soins oculaires au Canada
- Principes directeurs
- Piliers de la stratégie
- Aller de l'avant
- Annexe A : Résumé du processus de mobilisation
- Annexe B : Gouvernement fédéral et soins oculaires
- Annexe C : Pleins feux sur les innovations
- Annexe D : Loi sur la stratégie nationale sur les soins oculaires
- Références
Message de la ministre
La Stratégie nationale sur les soins oculaires (la Stratégie), la première du genre au Canada, établit un plan commun à l'intention des gouvernements et des partenaires afin d'améliorer les soins oculaires pour tout le monde. Elle met l'accent sur la prévention de la perte de vision, l'amélioration de l'accès aux soins ainsi que le soutien aux personnes aveugles et malvoyantes. Elle s'appuie sur d'importants travaux déjà en cours pour faire progresser la santé oculaire dans tout le pays.
Cette stratégie s'appuie sur ce que nous avons entendu de la part de personnes de partout au pays. Nous avons écouté des personnes ayant une expérience vécue de la cécité ou de la vision partielle, des professionnels de la santé, des chercheurs, des représentants du secteur, des organisations autochtones et d'autres partenaires.
Un message ressort clairement de ces activités de mobilisation réalisées : l'accès aux soins oculaires n'est pas le même pour tout le monde au Canada. Votre lieu de résidence, vos revenus et vos antécédents peuvent influencer votre expérience en matière de soins oculaires. Les personnes vivant dans les collectivités rurales, éloignées et du Nord, les peuples autochtones, les nouveaux arrivants et les personnes à faibles revenus sont souvent confrontés à davantage d'obstacles, notamment de longues distances à parcourir, un nombre réduit de fournisseurs de soins de santé et des coûts élevés. La Stratégie place les personnes au premier plan, en mettant l'accent sur des soins accessibles, inclusifs et culturellement adaptés.
Il existe une réelle possibilité de faire encore mieux. Cette stratégie propose des moyens concrets d'aller de l'avant, en renforçant les partenariats, en utilisant les nouvelles technologies et en soutenant l'innovation, tout en aidant les gens à accéder plus facilement aux soins et aux services dont ils ont besoin. En travaillant ensemble, nous pouvons améliorer l'accès aux soins oculaires partout au Canada et rendre cela plus équitable pour tout le monde.
Par la suite, Santé Canada élaborera un plan de mise en œuvre pour donner vie à cette stratégie. La santé oculaire étant une responsabilité commune, j'encourage les partenaires de tout le pays à adapter la Stratégie à leurs propres collectivités et à leurs réalités respectives. Son succès dépend de notre collaboration continue ainsi que de nos démarches en vue de faire progresser la santé oculaire.
Merci à tous ceux et celles qui ont fait part de leurs expériences, de leurs connaissances et de leurs idées – vos voix ont contribué à façonner cette stratégie et continueront d'éclairer l'avenir des soins oculaires au Canada.
L'honorable Marjorie Michel, C.P., députée
Ministre de la Santé
Résumé
La santé oculaire peut être fondamentale pour la qualité de vie des Canadiens, car elle favorise l'autonomie, l'éducation, l'emploi et la pleine participation à la société. Pourtant, des millions de Canadiens vivent avec des troubles oculaires évitables ou traitables, et l'accès à des services de soins oculaires opportuns, abordables et coordonnés reste inégal dans tout le pays. Les pressions démographiques, y compris le vieillissement de la population, l'augmentation des maladies chroniques et la hausse des taux de myopie chez les jeunes, devraient accroître considérablement la demande de services de soins oculaires au cours des prochaines décennies.
La Stratégie nationale sur les soins oculaires (la Stratégie) propose un cadre pancanadien visant à améliorer la prévention et le traitement des maladies oculaires et à renforcer les services de réadaptation visuelle. Elle a été élaborée conformément à la Loi sur la stratégie nationale sur les soins oculaires (la Loi), qui exige que la ministre fédérale de la Santé élabore une stratégie nationale visant à soutenir la prévention et le traitement des maladies oculaires, ainsi que la réadaptation visuelle, afin d'assurer de meilleurs résultats en matière de santé pour la population canadienne, en consultation avec les représentants des gouvernements provinciaux et territoriaux qui se répartissent la responsabilité des questions liées à la santéNote de bas de page 1, les groupes autochtones et les autres intervenants concernés.
La Stratégie a été élaborée au moyen d'un processus de mobilisation, dont l'un des éléments clés consistait à établir des liens avec les organisations autochtones nationales. Au cours de ce processus, Santé Canada a organisé plus de 50 séances de dialogue avec plus de 100 intervenants, notamment des médecins (tels que des ophtalmologistes), des optométristes, des opticiens, des personnes aveugles ou malvoyantes, des personnes ayant vécu une perte de vision, des représentants du secteur privé, des organisations non gouvernementales et d'autres fournisseurs de services, des chercheurs, des représentants d'organismes du gouvernement du Canada, ainsi que des représentants des provinces et des territoires. Cette mobilisation a abouti à une conférence nationale qui s'est tenue le 4 février 2026 et qui a réuni plusieurs partenaires afin d'éclairer l'élaboration de la Stratégie.
Pour en savoir plus :
État des soins oculaires au Canada
- Un risque élevé et croissant lié à la perte de vision : Certaines études estiment que quelque 1,2 million de Canadiens vivent avec une perte de vision importante ou une cécité, et que des millions d'autres sont touchés par des affections telles que la dégénérescence maculaire liée à l'âge, la cataracte, le glaucome, la rétinopathie diabétique et les erreurs de réfraction. Ce nombre devrait augmenter d'ici 2050.Note de bas de page i
- Des répercussions économiques substantielles : La perte de vision entraîne un coût estimé à des dizaines de milliards de dollars par an en raison des dépenses de santé, de la perte de productivité et de la baisse de la qualité de vie.Note de bas de page ii Les soins préventifs et les traitements opportuns offrent des retombées économiques et sociales substantielles.
- Un accès inégal aux soins : L'accès aux services de soins oculaires varie considérablement selon la région, le revenu et le groupe démographique. Les collectivités rurales, éloignées et isolées, les peuples autochtones, les nouveaux arrivants et les Canadiens à faible revenu sont confrontés à des obstacles disproportionnés, y compris la pénurie de fournisseurs de soins de santé dans certaines régions, les distances à parcourir et les difficultés d'accès de nature financière.
- Des systèmes de soins fragmentés : Les services de soins oculaires sont proposés par de multiples fournisseurs de soins de santé et secteurs, mais ne sont pas toujours bien intégrés. Les lacunes dans la coordination entre les soins médicaux, la réadaptation et les mesures de soutien social se traduisent par des parcours de soins complexes et incohérents.
- Des obstacles financiers : La plupart des services de soins de la vue, à l'exception des soins médicalement nécessaires prodigués par un médecin, sont financés par le secteur privé. Environ 90 % de ces dépenses (par exemple, les services d'optométriste, les lunettes, etc.) sont couvertes par une assurance privée ou font partie des dépenses personnelles des personnes.Note de bas de page iii Pour les personnes disposant de ressources socio-économiques limitées, cela peut donc restreindre l'accès aux examens de routine, aux verres correcteurs et aux technologies d'assistance.
- Des pressions sur les effectifs et les capacités : Bien que le Canada dispose d'un solide bassin de professionnels de la vue, les pénuries et la répartition inégale – en particulier dans les collectivités rurales, éloignées et isolées – posent des défis pour répondre à la demande future.
- Des lacunes en matière de données et de sensibilisation : Le Canada dispose d'une solide base de données à l'échelle de la population sur la vision et la santé oculaire (par exemple, les enquêtes représentatives à l'échelle nationale de Statistique Canada comportent des questions sur la vision). Cependant, ces données ne sont pas pleinement intégrées ni exploitées de manière cohérente pour une planification globale de la santé oculaire. D'importantes lacunes subsistent dans des domaines tels que les causes, le dépistage précoce, l'accès aux aides et leur utilisation, ainsi que la sensibilisation du public à la prévention.
Mesures stratégiques
La Stratégie s'appuie sur les principes d'équité, d'inclusion, de réconciliation, de collaboration, de valeur et de mobilisation pertinente auprès des personnes ayant une expérience vécue. Elle reconnaît la perte de vision comme un enjeu à la fois sanitaire et social et souligne l'importance de soins centrés sur la personne, accessibles et culturellement adaptés.
Cinq piliers interdépendants définissent les domaines d'action :
- Renforcer les partenariats et briser les silos
Renforcer la collaboration entre les gouvernements, les fournisseurs de soins de santé et les systèmes sociaux afin d'améliorer la coordination, le partage des données et les parcours de soins intégrés. - Accroître la sensibilisation
Améliorer la sensibilisation publique et professionnelle à la santé oculaire, à la prévention, à la détection précoce et aux mesures de soutien disponibles, tout en s'attaquant à la stigmatisation et aux idées fausses sur la perte de vision et la cécité. - Connecter les Canadiens avec les ressources dont ils ont besoin
Améliorer l'accès équitable aux services de soins oculaires, à la réadaptation et aux technologies d'assistance. - Transformer les données en action
Améliorer la collecte, l'intégration et l'utilisation des données sur la santé oculaire pour soutenir la prise de décision fondée sur des données probantes, suivre les résultats et réduire les inégalités. - Adopter les nouvelles technologies et les solutions innovantes
Exploiter les avancées en intelligence artificielle (IA), en télésanté et au moyen des thérapies émergentes pour améliorer la détection précoce, élargir l'accès et accroître l'efficacité du système.
Regard sur l'avenir
La Stratégie fournit une feuille de route pour une action collective tout en respectant les responsabilités provinciales et territoriales en matière de prestation des soins de santé. Son succès dépendra d'une collaboration soutenue entre les gouvernements, les partenaires autochtones, les professionnels de la santé, les organisations communautaires et les personnes ayant une expérience vécue.
La mise en œuvre mettra l'accent sur la promotion de l'équité en matière de santé, le renforcement des partenariats et la promotion de l'innovation dans l'ensemble du système de soins oculaires. Un rapport d'étape sera déposé au Parlement dans un délai de cinq ans concernant l'efficacité de la Stratégie et l'état de la prévention et du traitement des maladies oculaires au Canada.
Introduction
La vision peut jouer un rôle essentiel dans l'apprentissage, l'emploi, la mobilité et la participation à la vie quotidienne. Lorsque les maladies oculaires et la perte de vision ne sont pas traitées ou prévenues en temps opportun, les répercussions ne se limitent pas aux résultats cliniques. Elles peuvent aussi avoir une incidence sur l'autonomie, la sécurité et la qualité de vie globale.Note de bas de page iv Cependant, il existe des mesures que les gouvernements et d'autres intervenants peuvent prendre pour favoriser l'autonomie des personnes ayant subi une perte de vision ou étant devenues aveugles, et leur pleine participation à la société, comme des services d'habilitation ou de réadaptation visuelle, ou la fourniture d'appareils fonctionnels.
Partout au Canada, des affections oculaires évitables et traitables touchent des millions de personnes, et l'accès aux services de soins oculaires reste inégal selon les régions et les populations. Une pression croissante est exercée sur les services de soins oculaires en raison :
- du vieillissement de la population
- de l'augmentation des taux de maladies chroniques
- de la prévalence croissante de troubles tels que la myopie
Ces pressions renforcent la nécessité d'un leadership national coordonné.
La Stratégie nationale sur les soins oculaires (la Stratégie) a été élaborée conformément à la Loi prévoyant l'élaboration d'une stratégie nationale sur les soins oculaires (la Loi). La Loi exige que le ministre de la Santé élabore et mette en œuvre une stratégie nationale en consultation avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les groupes autochtones et les intervenants concernés, afin de soutenir la prévention et le traitement des maladies oculaires, ainsi que la réadaptation visuelle, dans le but d'améliorer les résultats en matière de santé pour la population canadienne. La Loi exige également que le ministre de la Santé prépare et dépose un rapport sur l'efficacité de la Stratégie et sur l'état de la prévention et du traitement des maladies oculaires au Canada, dans les cinq ans suivant la présentation du rapport initial au Parlement. Ce rapport doit également présenter les conclusions et les recommandations de la ministre concernant la Stratégie.
L'élaboration de la Stratégie s'est appuyée sur des activités de sensibilisation, des discussions et des séances de mobilisation avec des personnes aveugles, des personnes malvoyantes, des personnes vivant avec une perte de vision, des aidants, des cliniciens, des chercheurs, des fournisseurs de services, des partenaires autochtones et des représentants provinciaux et territoriaux. Leurs points de vue ont mis en évidence l'importance de l'abordabilité, de l'accès rapide aux soins, de parcours de réadaptation coordonnés et d'une meilleure sensibilisation à la santé oculaire.
Pour lire un résumé de ce que nous avons appris dans l'annexe A.
Une approche nationale coordonnée est essentielle pour améliorer les résultats et réduire les pertes de vision évitables. Cette stratégie établit une orientation politique commune et peut aider à tracer une voie claire pour l'avenir. Elle propose une vision commune, met en évidence les lacunes critiques du système et offre un point de départ pour une future collaboration entre les gouvernements, les systèmes de santé, les collectivités et d'autres partenaires clés. En orientant les travaux coordonnés, la Stratégie soutient des progrès durables dans l'amélioration de la santé oculaire et de la qualité de vie des Canadiens.
La Stratégie sert de guide pour coordonner les travaux et appuie les progrès visant à faire avancer la santé oculaire et à améliorer la qualité de vie des personnes au Canada.
Pour en savoir plus :
Description des maladies et affections oculaires courantes
La Loi exige que la Stratégie décrive les différentes formes de maladies oculaires. À cette fin, il existe de nombreuses formes de maladies oculaires pouvant avoir une incidence sur la santé oculaire des Canadiens. Les dépistages préventifs permettent d'en détecter plusieurs avant qu'elles ne deviennent un problème grave. Voici quelques-unes des formes les plus courantes de maladies oculaires :
- Dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) : La dégénérescence maculaire est une maladie oculaire qui endommage la macula, la petite partie centrale de la rétine responsable d'une vision nette et détaillée. La DMLA sèche est la forme la plus courante et survient lorsque la macula s'amincit graduellement, entraînant une perte lente et progressive de la vision centrale. La DMLA humide est moins fréquente, mais plus grave. Elle est causée par des fuites anormales de vaisseaux sanguins sous la rétine, ce qui entraîne une distorsion ou une perte de vision plus rapide. Des injections d'une classe de médicaments appelée anti-VEGF (facteur de croissance de l'endothélium vasculaire) sont utilisées pour la DMLA humide. Les suppléments nutritifs (AREDS 2), les changements de mode de vie (tels que l'arrêt du tabac et le contrôle de la tension artérielle) et les aides visuelles peuvent aider à la gestion de certains stades de la DMLA. Les traitements existants peuvent ralentir la maladie, mais ils ne peuvent pas restaurer complètement la vision perdue.
- Cataractes : Une cataracte est une opacification du cristallin de l'œil, entraînant une vision floue, des éblouissements et une perte de netteté des couleurs. Elle se développe généralement avec l'âge, mais peut également résulter d'une blessure, de certains médicaments ou de pathologies telles que le diabète. Le seul traitement efficace consiste à retirer chirurgicalement le cristallin opacifié et à le remplacer par une lentille artificielle transparente.
- Rétinopathie diabétique : Cette affection survient lorsque l'hyperglycémie endommage les vaisseaux sanguins de la rétine. Cela peut entraîner une fuite de liquide ou de sang aux stades précoces, qui peut être asymptomatique. Aux stades plus avancés, de nouveaux vaisseaux sanguins se développent, pouvant entraîner la cécité. Des examens de dépistage périodiques sont essentiels pour la détection. Le traitement comprend le contrôle de la glycémie et le recours à la thérapie au laser, à des injections de médicaments anti-VEGF ou à la chirurgie pour la gestion des lésions rétiniennes.
- Glaucome : Le glaucome désigne un ensemble d'affections qui endommagent le nerf optique, souvent en raison d'une augmentation de la pression intraoculaire. Il provoque une perte progressive de la vision périphérique, mais s'il n'est pas traité, il peut entraîner la cécité. Il se développe généralement sans symptômes au début, c'est pourquoi des examens oculaires périodiques sont importants. Les traitements peuvent comprendre des collyres pour réduire la pression intraoculaire, la thérapie au laser ou la chirurgie, selon la gravité.
- Kératite : La kératite est une inflammation ou une infection de la cornée qui peut causer de la douleur, une sensibilité à la lumière et une perte de vision. Elle peut résulter d'une blessure, du port de lentilles de contact ou d'une infection. La kératite est traitée par des médicaments topiques, mais peut nécessiter un traitement systémique ou une intervention chirurgicale, selon la cause sous-jacente et la gravité.
- Uvéite : L'uvéite est une inflammation de la couche intermédiaire de l'œil (uvée), entraînant des douleurs, des rougeurs et une perte de vision. Elle est souvent liée à des maladies auto-immunes ou à des infections. Un retard dans le diagnostic peut entraîner une perte de vision grave. L'uvéite est traitée à l'aide de collyres à base de stéroïdes ou de médicaments systémiques, parallèlement au traitement de toute affection sous-jacente.
Les troubles oculaires courants nécessitant une correction comprennent :
- Myopie : La myopie, également appelée vision de près, est un trouble visuel courant dans lequel les objets éloignés semblent flous tandis que les objets proches restent nets. Elle survient lorsque le globe oculaire est trop long ou que la cornée est trop courbée, ce qui fait que la lumière se focalise devant la rétine au lieu de se focaliser directement sur celle-ci. La myopie commence souvent durant l'enfance et tend à s'aggraver durant l'adolescence. Une myopie très forte peut entraîner des affections oculaires secondaires et une perte de vision. La myopie peut être corrigée à l'aide de lunettes, de lentilles de contact ou d'une chirurgie réfractive, et certains traitements peuvent aider à ralentir sa progression chez les enfants.
- Hypermétropie : L'hypermétropie, également appelée vision de loin, est un trouble de la vision courant dans lequel les objets éloignés peuvent sembler plus nets que ceux de près. Elle survient lorsque le globe oculaire est trop court ou que la courbure de la cornée est insuffisante, ce qui fait que la lumière se focalise derrière la rétine plutôt que directement sur celle-ci. Une hypermétropie légère est courante, mais des degrés plus élevés peuvent entraîner une fatigue oculaire, des maux de tête ou des difficultés à effectuer un travail de près prolongé; chez les enfants, elle peut contribuer à des problèmes d'alignement des yeux (tels que le strabisme) ou à une baisse de la vision si elle n'est pas traitée. L'hypermétropie peut être corrigée à l'aide de lunettes, de lentilles de contact ou d'une chirurgie réfractive, en fonction de l'âge, de la gravité et des besoins individuels.
- Presbytie : La presbytie est un trouble de la vision lié à l'âge dans lequel l'œil perd progressivement sa capacité à faire la mise au point sur des objets proches. Elle survient parce que le cristallin de l'œil perd de sa souplesse avec le temps, ce qui rend plus difficile le changement de forme nécessaire à la vision de près. La presbytie commence généralement à se manifester entre le début et le milieu de la quarantaine et s'aggrave progressivement avec l'âge, entraînant souvent des difficultés à lire les petits caractères ou à voir les objets de près. Il s'agit d'un phénomène courant lié au vieillissement et non d'une maladie. La presbytie peut être corrigée à l'aide de lunettes de lecture, de lunettes à double foyer, de verres progressifs, de lentilles de contact ou, dans certains cas, par des interventions chirurgicales.
- Astigmatisme : L'astigmatisme est un trouble de la vision courant causé par une forme irrégulière de la cornée ou du cristallin, qui empêche la lumière de se focaliser uniformément sur la rétine. Au lieu d'une forme parfaitement ronde, la cornée ou le cristallin peut être plus ovale, ce qui entraîne une vision floue ou déformée à toutes les distances. L'astigmatisme peut survenir seul ou en association avec la myopie ou l'hypermétropie et est souvent présent dès la naissance. Les symptômes peuvent inclure une vision floue, une fatigue oculaire, des maux de tête ou des difficultés à voir clairement la nuit. L'astigmatisme peut être corrigé à l'aide de lunettes, de lentilles de contact (y compris des lentilles toriques) ou d'une chirurgie réfractive, selon sa gravité.
Le terme « soins de la vue », aux fins de la Stratégie, englobe divers services de santé liés à la vue. Il inclut, par exemple, les services médicalement nécessaires fournis par un médecin, tels qu'une intervention chirurgicale pratiquée par un ophtalmologiste, qui pourraient être couverts par un régime provincial ou territorial d'assurance-maladie conformément à la Loi canadienne sur la santé.
Ce terme englobe également divers services liés à la santé oculaire qui peuvent ou non être couverts par les provinces et les territoires. Il peut s'agir d'examens préventifs de la vue, de diagnostics ou de prescriptions fournis par un optométriste, d'orientations par des médecins de premier recours et de la fourniture de lunettes par des opticiens. Les soins oculaires comprennent également des services d'habilitation et de réadaptation, tels que ceux fournis par des ergothérapeutes, pour aider les personnes atteintes de perte de vision, de basse vision ou de cécité à s'adapter à leur situation particulière et à retrouver leur autonomie. Par exemple, la réadaptation en basse vision vise à améliorer la vision résiduelle, tandis que la réadaptation en cas de perte de la vue enseigne des compétences pratiques pour renforcer l'autonomie, la sécurité et la mobilité après la perte de la vue. Les services d'habilitation sont essentiels pour les personnes aveugles de naissance ou ayant perdu la vue en bas âge, car ils mettent l'accent sur le développement de compétences dès le plus jeune âge.
Cependant, les soins oculaires ne se limitent pas strictement aux services médicaux. Au cours de la mobilisation, les intervenants ont souligné qu'un régime complet de soins de la vue comprend également toute une gamme de mesures de soutien sociales destinées aux personnes atteintes de perte de vision ou de cécité. Ces mesures de soutien peuvent comprendre des mesures visant à traiter la santé mentale, l'isolement social, les inégalités en matière d'emploi, et bien plus encore, afin de garantir que les personnes aveugles ou malvoyantes aient la capacité de fonctionner de manière autonome au sein de la société.
« Nous qui sommes nés aveugles au sens de la loi méritons également d'avoir facilement accès à une formation aux compétences de la vie quotidienne, afin de pouvoir vivre notre vie au mieux »
- Marcia Yale, présidente nationale, Alliance pour l'égalité des personnes aveugles du Canada
Pour en savoir plus :
Professions offrant des services de soins oculaires
Les soins oculaires ne sont pas offerts par un seul prestataire de soins de santé ou une seule profession. Parmi les principales professions qui proposent des soins oculaires, on trouve :
- Ophtalmologistes : Les ophtalmologistes sont des médecins spécialisés dans la santé des yeux et de la vision qui diagnostiquent et traitent les maladies oculaires complexes, pratiquent des interventions chirurgicales (telles que les opérations de la cataracte ou de la rétine) et assurent la gestion des affections oculaires médicales avancées.
- Omnipraticiens et prestataires de soins primaires : Les omnipraticiens et le personnel infirmier praticien peut déterminer et gérer les problèmes de santé généraux ayant une incidence sur la vision, fournir une évaluation initiale des symptômes oculaires, offrir des références à des optométristes ou des ophtalmologistes, et aider à coordonner les soins pour des conditions systémiques comme le diabète qui ont une incidence sur la santé oculaire.
- Optométristes : Les optométristes sont des professionnels de soins visuels de premier recours titulaires d'un doctorat en optométrie (quatre ans d'études) qui réalisent des examens oculaires complets, diagnostiquent les erreurs de réfraction et de nombreuses maladies oculaires, prescrivent des lunettes et des lentilles de contact, et assurent la gestion continue des affections oculaires non chirurgicales.
- Opticiens : Les opticiens sont des professionnels réglementés qui interprètent les ordonnances des optométristes ou des ophtalmologistes pour fournir, adapter, ajuster et réparer les lunettes et les lentilles de contact.
- Orthoptistes : Les orthoptistes sont des spécialistes qui évaluent et traitent les troubles du mouvement oculaire et de la vision binoculaire. Ils travaillent souvent en collaboration avec des ophtalmologistes pour gérer des affections telles que le strabisme, la vision double et les troubles de la vision chez l'enfant.
- Ocularistes : Les ocularistes fabriquent, adaptent et entretiennent des prothèses oculaires (yeux artificiels) pour les personnes ayant perdu un œil à la suite d'une maladie ou d'un traumatisme, en veillant au confort, à l'aspect esthétique et à la bonne santé de l'orbite.
- Spécialistes en réadaptation : Ces professionnels (parfois des optométristes ayant suivi une formation complémentaire ou des ergothérapeutes spécialisés en réadaptation ou en habilitation) aident les personnes atteintes de perte de vision à optimiser leur vision résiduelle à l'aide de techniques d'adaptation, d'appareils et d'entraînement pour faciliter les activités quotidiennes, ou aident les personnes nées aveugles ou ayant perdu la vue à acquérir des compétences essentielles.
L'expérience vécue de la perte de vision au Canada
La perte de vision est un enjeu sanitaire et social majeur au Canada. Elle touche des personnes à toutes les étapes de la vie, et peut être congénitale, progressive, soudaine, temporaire ou permanente. Elle comprend :
- les enfants ayant besoin de verres correcteurs
- les adultes ayant des changements de vision en lien avec l'âge
- les personnes vivant avec une perte de vision grave ou une cécité, y compris celles nées sans la vue
L'expérience de la cécité et de la vision partielle varie en fonction :
- de la cause sous-jacente, de l'âge d'apparition, et du rythme de progression
- de l'accès à un diagnostic, d'un traitement et d'une réadaptation en temps opportun
Il est important de considérer la perte de vision et la cécité comme un enjeu clinique et social. Si le traitement médical est essentiel, de nombreuses personnes aveugles ou malvoyantes ne sont pas des patients « malades » ayant besoin d'un remède. Ce sont des personnes qui ont besoin de formation, d'outils, d'aménagements et d'environnements accessibles pour participer pleinement à la société. Il est donc primordial que ces personnes aient un accès coordonné aux services suivants :
- services de réadaptation
- technologies d'assistance
- mesures de soutien en santé mentale
- aménagements en matière d'emploi
Cependant, la fragmentation entre les systèmes de santé, de réadaptation et les services sociaux reste un obstacle persistant. Les services de soins oculaires fonctionnent souvent en silos, avec des parcours d'aiguillage incohérents et une intégration limitée entre les fournisseurs de soins de santé et entre les provinces et territoires. En conséquence, les personnes et les familles doivent souvent naviguer seules dans des systèmes complexes.
La pandémie de COVID-19 a encore accentué les inégalités existantes, car de nombreuses personnes aveugles et malvoyantes ont subi :
- des perturbations dans leurs soins
- un accès réduit aux mesures de soutien et à l'information
- des obstacles liés aux mesures de santé publique qui n'étaient pas toujours conçues dans une optique d'accessibilité
« Chez BALANCE, beaucoup d'entre nous – y compris moi-même – sommes nous-mêmes atteints d'une perte de vision. Nous rencontrons régulièrement des clients qui ont dû composer pendant des années avec des services déconnectés les uns des autres – soins ophtalmologiques ici, réadaptation là-bas, aides à l'emploi ailleurs encore – sans que personne ne fasse le lien. La perte de vision n'existe pas en vase clos. Elle s'accompagne trop souvent d'isolement, de troubles de santé mentale et de précarité économique, mais les systèmes censés aider sont cloisonnés, ne communiquent pas entre eux et obligent les clients à se charger eux-mêmes de la coordination au moment où ils sont le moins en mesure de le faire. »
– Michelle McQuigge, PDG, BALANCE for Blind Adults
Au Canada, la perte de vision est associée à toute une série de pathologies, notamment :
- la cataracte
- le glaucome
- la rétinopathie diabétique
- la dégénérescence maculaire
- l'augmentation des taux de myopie chez les jeunes
Des millions de personnes au Canada vivent avec des maladies oculaires qui pourraient entraîner une cécité partielle ou totale si elles ne sont pas traitées. Les répercussions sont considérables, non seulement pour les individus et les familles, mais aussi pour la société. La perte de vision coûte chaque année des milliards de dollars aux personnes au Canada en dépenses de santé, en perte de productivité et en diminution du bien-être.Note de bas de page v Les dépenses en soins de la vue (hors honoraires des ophtalmologistes) s'élevaient à environ 7,7 milliards de dollars en 2025, soit une augmentation de 5 % par rapport à 2024.Note de bas de page vi
Les données probantes montrent que les interventions sur le plan ophtalmologique permettent d'économiser des milliards de dollars chaque année en coûts de santé et sociaux évités, et que ces économies augmenteront considérablement au cours des prochaines décennies.Note de bas de page vii Les avantages économiques et sociaux liés à la préservation de la vision l'emportent largement sur les coûts de la prévention et du traitement, mais seulement si les systèmes sont prêts à répondre à une demande croissante.
Si l'âge est un facteur de risque pour de nombreuses formes de maladies oculaires,Note de bas de page viii la perte de vision ne doit pas nécessairement être une conséquence inévitable du vieillissement. Il est possible de prévenir, de ralentir ou de gérer efficacement de nombreuses formes de perte de vision au moyen :
- d'un dépistage précoce
- de traitement en temps opportun
- d'examens oculaires de routine
- de soins de suivi appropriésNote de bas de page ix
Le dépistage chez l'enfant et l'intervention précoce favorisent la santé oculaire tout au long de la vie, et la prévention reste essentielle à l'âge adulte et chez les personnes âgées. Cependant, les programmes de dépistage, la sensibilisation du public et les politiques de couverture varient d'une province et d'un territoire à l'autre. Les examens ophtalmologiques de routine, les verres correcteurs et les lunettes constituent des besoins de santé essentiels, mais ils ne sont pas systématiquement couverts partout au Canada. De nombreuses personnes au Canada peuvent retarder leurs examens ophtalmologiques de routine ou leurs traitements en raison des coûts, surtout s'ils ne bénéficient pas d'une assurance publique ou privée.
Au-delà des obstacles financiers, des obstacles comportementaux et systémiques limitent également l'accès aux soins. La stigmatisation et les idées fausses concernant la cécité et la basse vision peuvent contribuer :
- à un sous-renvoi
- à un diagnostic tardif
- à des occasions manquées d'intervention
- à des occasions manquées d'accès aux services de réadaptation visuelleNote de bas de page x
Les employeurs, les éducateurs et même les professionnels de la santé peuvent ne pas être au courant des aménagements disponibles ou peuvent supposer que des problèmes de santé sans rapport avec le handicap d'une personne sont dus à ce handicap. Les discours culturels qui présentent la perte de vision comme une simple partie normale du vieillissement peuvent aussi décourager les personnes de rechercher des soins ou du soutien en temps opportun.
Pour s'attaquer à ces obstacles, il faut :
- mener des interventions de sensibilisation ciblées auprès des communautés marginalisées (y compris les personnes en situation de précarité de logement)
- assurer une communication accessible dans les établissements de santé
- faire respecter les droits des patients et mettre en place des mesures de protection contre la discrimination
- offrir des services adaptés sur le plan culturel et linguistique et tenant compte des traumatismes
Sans ces mesures, des affections évitables ou gérables risquent de passer inaperçues jusqu'à ce que la vision d'une personne se soit déjà détériorée.
« J'ai souvent l'impression que l'accessibilité est traitée comme une réflexion après coup. Bon nombre des obstacles auxquels je suis confrontée pourraient être levés grâce à de simples changements et à une meilleure sensibilisation. Ce n'est pas toujours une question de complexité, mais de considération. Écouter les personnes ayant une expérience vécue est essentiel pour apporter des améliorations significatives. »
– Dar Wournell, présidente, Alliance pour l'égalité des personnes aveugles du Canada
La géographie a aussi une incidence sur l'expérience vécue. Les personnes vivant dans des collectivités rurales, éloignées ou isolées peuvent être confrontées à des obstacles supplémentaires, notamment :
- une disponibilité limitée des fournisseurs de soins de santé
- des difficultés liées aux soins de suivi
- devoir parcourir de longues distances pour accéder aux services de santé
Les peuples autochtones sont affectés par des taux plus élevés de maladies oculaires, telles que :
- l'uvéite
- la rétinopathie diabétique
- les erreurs de réfraction non traitées
- d'autres complications connexesNote de bas de page xi
Les peuples autochtones sont également confrontés à des inégalités supplémentaires liées :
- à la discrimination systémique
- à la disponibilité des services
- aux lacunes en matière d'infrastructures
- aux déterminants sociaux plus larges de la santé
Les écarts dans les politiques provinciales et territoriales contribuent à un accès inégal, de manière générale, aux examens de la vue, aux traitements, aux services de réadaptation et aux technologies d'assistance. La coordination et la mutualisation d'informations entre les systèmes fédéral, provinciaux et territoriaux sont essentielles pour garantir que tout le monde au Canada puisse accéder à de nouveaux traitements ainsi qu'à des mesures de soutien, et pour empêcher l'aggravation des inégalités en matière de santé.
« Je connais beaucoup de gens, dont moi-même, qui ont du mal à se payer les technologies d'assistance dont nous avons besoin. L'endroit où vous vivez au Canada détermine souvent les mesures de soutien auxquelles vous pouvez avoir accès. Cela crée une inégalité qui ne devrait pas exister. »
– Dar Wournell, présidente, Alliance pour l'égalité des personnes aveugles du Canada
Pour les personnes atteintes d'une perte de vision importante ou de cécité, les répercussions s'étendent à presque tous les aspects de la vie quotidienne. Perdre la vue, ou évoluer dans un monde sans la vue, peut signifier perdre :
- son indépendance
- son sentiment de sécurité
- ses liens sociaux
- ses occasions d'emploi
L'emploi, l'éducation et l'accessibilité numérique influencent considérablement la qualité de vie. Des lieux de travail inaccessibles, une connaissance limitée des aménagements raisonnables et le coût élevé des appareils fonctionnels peuvent restreindre la participation et la sécurité économique.
Les personnes aveugles ou malvoyantes connaissent des taux disproportionnés de chômage et de sous-emploi au Canada.Note de bas de page xii Les personnes aveugles, sourdes-aveugles ou malvoyantes sont également plus susceptibles d'avoir un statut socio-économique inférieur à celui de la population générale.Note de bas de page xiii
Les personnes en situation de logement précaire ou sans domicile fixe sont souvent confrontées à des obstacles complexes en matière de soins oculaires, notamment :
- de la difficulté à gérer des plans de traitement
- des difficultés à accéder aux examens de routine
- une plus grande vulnérabilité aux erreurs de réfraction non corrigéesNote de bas de page xiv
L'accès limité aux médicaments, aux mesures de soutiens et à des conditions de vie stables peut augmenter le risque de maladies oculaires non traitées et de perte de vision évitable. Cela souligne la nécessité d'une sensibilisation accessible et d'une continuité des soins pour les personnes vivant dans des refuges ou en situation de logement précaire.
« Le plus grand obstacle à l'emploi pour les personnes aveugles ou malvoyantes réside dans les idées préconçues que la plupart des employeurs ont sur les capacités des personnes aveugles. Les employeurs et les collègues ne peuvent tout simplement pas imaginer comment ces personnes pourraient faire leur travail si elles ne voyaient pas. Mais avec un peu de compréhension, et l'accès à la formation et aux technologies d'assistance que nous utilisons au quotidien, les personnes aveugles peuvent rivaliser avec leurs pairs voyants et souvent obtenir un rendement supérieur. Nous apportons créativité, ténacité, persévérance et une perspective unique à tout milieu de travail. »
– Ian White, administrateur et président du conseil d'administration, Santé Vision Canada
La réadaptation visuelle peut améliorer considérablement les capacités fonctionnelles, l'autonomie et la confiance en soi. La réadaptation en basse vision vise à optimiser la vision résiduelle, tandis que la réadaptation visuelle au sens large fournit les compétences pratiques, la formation et le soutien nécessaires pour renforcer l'autonomie, la sécurité et la mobilité après une perte de vision. Des services tels que les technologies d'assistance, la formation à la mobilité, les appareils fonctionnels et les chiens-guides peuvent changer la vie. Cependant, l'accès à ces services varie d'une province et d'un territoire à l'autre, et la couverture des technologies d'assistance et des mesures de soutien connexes est inégale, les critères d'admissibilité différant d'une administration à l'autre.Note de bas de page xv Pour de nombreuses personnes aveugles ou malvoyantes, les aides essentielles à l'accessibilité et à la vie quotidienne sont inabordables, surtout compte tenu des obstacles à l'obtention et au maintien d'un emploi.
« Grâce au soutien précoce de ma famille, à la formation opportune dispensée par l'INCA et à l'accès à des technologies spécialisées, je suis aujourd'hui une personne aveugle de 79 ans qui mène une vie pleinement autonome. Quatre-vingt-dix pour cent des informations dont nous avons besoin pour fonctionner sont traitées par nos yeux. Dans un premier temps, la perte de vision a des répercussions sur notre capacité à effectuer les tâches les plus élémentaires. Le défi consiste à apprendre à utiliser nos quatre autres sens comme voies d'accès à l'information. La technologie joue un rôle de plus en plus important dans l'accès à l'information, qu'il s'agisse de livres audio ou d'ordinateurs équipés de logiciels spéciaux, récemment améliorés grâce à l'intelligence artificielle. »
- Jim Sanders, directeur, Santé Vision Canada
Bien que des programmes existent dans de nombreuses régions, la sensibilisation du public à la nécessité d'obtenir des soins et à la manière d'y accéder reste limitée.Note de bas de page xvi En l'absence de voies d'accès claires à la réadaptation et aux ressources communautaires, les personnes sont souvent laissées à elles-mêmes pour naviguer dans des systèmes fragmentés, en particulier après un diagnostic de maladie oculaire progressive. De tels diagnostics peuvent être source d'incertitude, de chagrin et d'inquiétude quant à la perte du permis de conduire, d'un emploi et de sécurité financière. Une intervention précoce à ce stade peut avoir un impact important sur la préservation de l'indépendance et de la qualité de vie.
« En tant que personne aveugle, je me retrouve souvent à naviguer entre plusieurs systèmes de soins de santé qui ne sont pas liés entre eux. On attend de moi que je coordonne mes propres soins sans informations accessibles ni soutien cohérent. Cette situation est source de confusion, de retards et parfois d'absence de soins. Il ne devrait pas être aussi difficile d'accéder aux services de base. »
- Dar Wournell, présidente, Alliance pour l'égalité des personnes aveugles du Canada
L'expérience vécue de la cécité, de la basse vision et de la perte de vision n'est pas seulement déterminée par des facteurs cliniques, mais aussi par :
- la disponibilité des mesures de soutiens
- l'efficacité des systèmes de mise en relation des personnes avec les soins
- le fait que les collectivités disposent, ou non, d'infrastructures tenant compte de l'accessibilité
Les personnes et les familles font preuve de résilience et d'adaptabilité en adoptant de nouvelles technologies, en apprenant d'autres techniques de mobilité et en créant des réseaux de soutien. Cependant, ces adaptations nécessitent souvent des efforts personnels importants et des dépenses considérables.
Les idées fausses sur la cécité et la basse vision, notamment l'idée que toute cécité est synonyme de perte totale de la vue, peuvent contribuer à la stigmatisation et à l'exclusion dans les domaines de l'emploi, de l'éducation et de la vie au sein de la collectivité. L'accessibilité n'est pas intégrée de manière cohérente dans les environnements physiques, numériques et de soins de santé. Les personnes se retrouvent fréquemment dans un contexte de soins de santé où les panneaux, les formulaires d'admission et les processus cliniques présument de la capacité de voir, ce qui crée des obstacles inutiles et nuit à l'autonomie.
« Les déplacements dans les établissements de santé – ou dans tout autre environnement bâti – peuvent être compliqués pour les personnes souffrant d'une perte de vision. La signalisation est souvent inaccessible et les voies de circulation ne sont pas évidentes. Comment l'espace est-il aménagé? Où se trouvent les meubles, la porte, la chaise? L'apprentissage de la "technique du guide voyant" par les professionnels des soins oculaires prend moins de cinq minutes, et cette simple compétence leur permet d'offrir une assistance empathique qui respecte la dignité et l'autonomie du patient. »
- Ian White, directeur et président du conseil d'administration, Santé Vision Canada
Avec le vieillissement de la population canadienne et l'augmentation de la demande de soins ophtalmologiques, l'avenir de la santé visuelle nécessitera une planification à long terme. Des mesures proactives et coordonnées entre les gouvernements, les fournisseurs, les collectivités et les personnes ayant une expérience vécue seront essentielles pour réduire les effets personnels, sociaux et financiers de la perte de vision et garantir que tout le monde au Canada puisse participer pleinement à la société.
État des soins oculaires au Canada
Accès aux soins oculaires et aux facteurs de risque
De nombreux Canadiens ont besoin d'une correction de la vue pour fonctionner dans leur vie quotidienne. Les données de Statistique Canada montrent que le pourcentage de personnes déclarant avoir une bonne vision sans correction diminue avec l'âge. En 2020, 83 % des hommes et 69 % des femmes de 12 à 19 ans ont déclaré avoir une bonne vision, contre 70 % des hommes et 60 % des femmes de 40 à 44 ans, et 25 % des hommes et des femmes âgés de 55 ans ou plus.Note de bas de page xvii
Un nombre important de Canadiens vivent également avec l'une des maladies ou affections oculaires (ou d'autres) susceptibles d'entraîner une perte importante de la vision ou la cécité. Par exemple, les données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé de Statistique Canada montrent que la prévalence du glaucome chez les Canadiens âgés de 40 à 79 ans varie de 0,7 % à 10,3 % selon la définition utilisée. Jusqu'à 40 % des personnes atteintes d'un glaucome certain n'étaient pas conscientes de leur état.Note de bas de page xviii Comme de nombreux services de soins oculaires sont fournis par le secteur privé, les estimations du nombre de personnes vivant avec une affection donnée varient.
Un rapport du Conseil canadien des aveugles datant de 2021 estimait que 1,2 million de personnes au Canada vivent avec une perte de vision importante ou avec la cécité, un chiffre qui pourrait doubler d'ici à 2050 en raison du vieillissement de la population canadienne. Le rapport estime également que plus de huit millions de Canadiens vivent avec l'une des quatre maladies suivantes : la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), la cataracte, la rétinopathie diabétique et le glaucome.Note de bas de page xix Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à ces quatre affections, ainsi qu'à d'autres, ce qui souligne l'importance d'examens oculaires réguliers tout au long de la vie, afin de prendre des mesures préventives précoces.
Outre ces affections courantes, les récents changements sociétaux ont entraîné de nouveaux risques de perte de vision à un âge précoce. Une étude importante publiée dans le British Journal of Ophthalmology a révélé que les taux globaux de myopie touchent un tiers des enfants et des adolescents dans le monde, dont 25 % des jeunes Canadiens, soit le triple du taux de 1990.Note de bas de page xx Le temps passé devant un écran numérique, l'exécution de tâches de vision de près et la réduction du temps passé à l'extérieur sous la lumière du soleil ont été identifiés dans de nombreuses études comme des facteurs de risque de myopie chez les jeunes, qui ont tous augmenté de manière significative depuis la pandémie de COVID-19.Note de bas de page xxi
De nombreux facteurs de risque, y compris d'autres maladies ou conditions médicales, peuvent influencer la vulnérabilité d'une personne à des affections oculaires. Par exemple, les personnes atteintes de diabète sont beaucoup plus susceptibles de développer certaines maladies oculaires telles que la rétinopathie diabétiqueNote de bas de page xxii et la DMLA.Note de bas de page xxiii De même, des facteurs tels que l'hypertension, les maladies cardiovasculaires ou le tabagisme sont également des facteurs de risque importants pour la DMLA.Note de bas de page xxiv
Les lacunes existantes en matière d'accès aux soins de santé peuvent également avoir une incidence considérable sur l'accès aux soins ophtalmologiques. Une étude réalisée en 2022 par Statistique Canada a révélé que les Canadiens ayant accès à un médecin de famille avaient davantage accès à des professionnels des soins oculaires.Note de bas de page xxv En 2024, les données recueillies par Statistique Canada et rapportées par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) ont montré que 82,6 % des Canadiens ont un fournisseur de soins de santé habituel – ce qui signifie que 17,4 % n'en ont pas et peuvent être confrontés à des obstacles plus importants dans l'accès aux soins ophtalmologiques.Note de bas de page xxvi
Les revenus et la géographie peuvent également contribuer à réduire l'accès aux services de soins ophtalmologiques, notamment en raison d'une couverture publique inégale des examens de dépistage et des tests, y compris pour les personnes présentant un risque de maladie.
Les personnes vivant dans des ménages dont le revenu annuel est supérieur ou égal à 100 000 $ ont une plus grande probabilité d'avoir consulté un professionnel de la vue.Note de bas de page xxvii Les Canadiens vivant dans des collectivités rurales, éloignées ou isolées peuvent avoir des difficultés à accéder aux soins ophtalmologiques, en raison de la distance ou d'un manque ou d'un accès limité aux services. Par exemple, il y a un nombre limité d'ophtalmologistes permanents dans les territoires, aucun au Yukon et au Nunavut, et un seul dans les Territoires du Nord-Ouest.Note de bas de page xxviii Les résidents qui recherchent des services ophtalmologiques dans ces territoires doivent soit attendre qu'un ophtalmologiste soit consulté pour fournir des services dans la communauté occasionnellement au cours de l'année, soit se faire soigner en dehors du territoire.
D'autres recherches récentes suggèrent que les populations de réfugiés au Canada accèdent aux services de soins ophtalmologiques à des taux nettement inférieurs à ceux de la population canadienne dans son ensemble.Note de bas de page xxix
Les populations autochtones sont également confrontées à des défis uniques en matière de soins oculaires. Les lacunes dans l'accès aux soins de santé dans les collectivités rurales, éloignées et isolées peuvent avoir des conséquences graves pour les populations autochtones, en particulier pour les Premières Nations vivant dans les réserves et pour de nombreux Inuits de l'Inuit Nunangat. Parallèlement, les populations autochtones vivant à proximité des grands centres de population peuvent ne pas avoir facilement accès à des soins ophtalmologiques culturellement adaptés.
Des études ont montré que les membres des Premières Nations qui vivent hors des réserves ont des taux de diabète qui sont un peu plus de deux fois supérieurs à ceux de la population générale.Note de bas de page xxx Une méta-analyse de 2025 a étudié la prévalence de la rétinopathie diabétique chez les populations autochtones et non autochtones du Canada atteintes de diabète. Bien qu'il n'y ait pas de différence de rétinopathie diabétique entre les deux groupes, la rétinopathie diabétique menaçant la vision, un stade plus avancé de la maladie, s'est avérée plus fréquente chez les Autochtones.Note de bas de page xxxi De même, une étude de cohorte fondée sur la population de l'Ontario entre 1995-1996 et 2014-2015 a également révélé que les membres des Premières Nations évoluaient plus rapidement vers des stades sévères de rétinopathie diabétique que les autres personnes.Note de bas de page xxxii Divers facteurs peuvent expliquer ces différences, tels que la fréquence plus faible du dépistage, le contrôle de la glycémie, les obstacles financiers, la disponibilité des fournisseurs de soins de santé, etc.Note de bas de page xxxiii
De même, la recherche suggère que les Inuits sont particulièrement exposés au risque de glaucome par fermeture de l'angle, qui nécessite une détection précoce pour éviter la perte de vision ou la cécité.Note de bas de page xxxiv
En outre, il est difficile de s'assurer que les membres des communautés de langue officielle en situation minoritaire peuvent accéder aux soins oculaires dans leur première langue officielle. Une communication claire entre les patients et les fournisseurs de soins permet de réduire les obstacles, d'améliorer la compréhension par les patients des affections oculaires et des traitements, et de soutenir des collectivités plus saines à travers le Canada. Des recherches menées au Canada montrent que le fait de recevoir des soins dans la langue officielle de son choix améliore la communication et les relations entre le patient et le fournisseur de soins et est associé à de meilleurs résultats. Cependant, l'accès reste inégal : par exemple, seuls 51 % des adultes appartenant à des populations minoritaires de langue officielle ont déclaré avoir reçu des soins hospitaliers dans leur langue officielle en 2022, ce qui met en évidence les lacunes persistantes dans la disponibilité des services.Note de bas de page xxxv De plus amples informations sont nécessaires sur l'accès des communautés de langue officielle en situation minoritaire aux services de soins ophtalmologiques dans leur première langue officielle.
Main-d'œuvre dans le secteur des soins oculaires
L'ICIS fait état de moyennes de 17,8 optométristes pour 100 000 habitants et de 22,7 opticiens pour 100 000 habitants dans les administrations pour lesquelles des données sont disponibles entre 2020 et 2024.Note de bas de page xxxvi La répartition des ophtalmologistes entre les villes et les collectivités rurales diminue également, ce qui limite l'accès à ces services dans les collectivités rurales.Note de bas de page xxxvii En 2024, l'ICIS a indiqué qu'il n'y avait que 23 optométristes dans l'ensemble des territoires.Note de bas de page xxxviii
L'ICIS indique qu'il y aura 1 403 ophtalmologistes au Canada en 2024. Bien que la plupart des ophtalmologistes soient installés en Ontario et au Québec, les provinces qui comptent le plus grand nombre d'ophtalmologistes par habitant sont la Nouvelle-Écosse (5 spécialistes pour 100 000 habitants), le Nouveau-Brunswick, le Québec et la Colombie-Britannique (4 pour 100 000 habitants chacun).Note de bas de page xxxix Bien que l'offre d'ophtalmologistes ait augmenté au fil du temps, cette croissance a été inférieure à la moyenne de tous les spécialistes en chirurgie, et les projections de main-d'œuvre montrent qu'il pourrait ne pas y avoir suffisamment de fournisseurs pour répondre à la demande future, même si la population croît plus lentement que prévu. Le personnel ophtalmologique vieillit également et la proportion d'ophtalmologistes âgés de 65 ans et plus a plus que doublé depuis les années 1970.Note de bas de page xl
Financement des soins oculaires
Au Canada, les soins oculaires sont financés à la fois par des sources publiques et privées, bien que les sources privées soient majoritaires. Les services de soins oculaires médicalement nécessaires fournis par un médecin (comme une intervention chirurgicale effectuée par un ophtalmologiste) sont souvent assurés par les régimes d'assurance provinciaux et territoriaux conformément à la Loi canadienne sur la santé, la législation fédérale canadienne sur l'assurance des soins de santé. En 2023-24, 1,36 milliard de dollars de paiements cliniques pour des services médicaux assurés par l'État (par la rémunération à l'acte) ont été versés à des ophtalmologistes dans l'ensemble du Canada (à l'exclusion du Nunavut, où les données n'étaient pas disponibles).Note de bas de page xli
Les autres dépenses liées aux soins de la vue au Canada représentaient environ 7,7 milliards de dollars en 2025, ce qui inclut les services des optométristes et des opticiens d'ordonnances, ainsi que les lentilles de contact et les lunettes. Sur ce montant, le secteur privé, y compris les assurances privées, les régimes d'employeurs et les dépenses personnelles, a représenté 7,0 milliards de dollars (soit 90 %).Note de bas de page xlii
Le financement du secteur public a représenté environ 780 millions de dollars (soit 10 %) du total, car les provinces et les territoires financent certains services de soins oculaires fournis par des optométristes ou des opticiens (p. ex., les examens de la vue pour les enfants, les adultes plus âgés ou les personnes à faible revenu), ainsi que le coût de certaines lunettes pour certaines populations. Chaque province et territoire détermine les services qu'il couvrira et s'il les financera en partie ou en totalité. Parmi les exemples de ces types de services liés aux soins de la vue, on peut citer la couverture des examens de la vue, des lunettes ou des médicaments pour le traitement d'affections oculaires. Généralement, ces services sont destinés à certains groupes de population, tels que les enfants, les personnes âgées et les bénéficiaires de l'aide sociale. Les services complémentaires de soins oculaires, tels que les examens de la vue, peuvent également être couverts pour les personnes ayant un besoin médical, comme un diagnostic de diabète.
Cependant, la couverture pour les services de soins oculaires, y compris pour les personnes à risque, varie à l'échelle du Canada, ce qui peut mener à des disparités sociales et sur le plan de la santé. Par exemple, un adulte qui travaille peut ne pas être en mesure de payer des examens de la vue ou des lunettes si son employeur n'offre pas cette protection. Dans les provinces où les enfants ne bénéficient pas d'une assurance publique pour les examens de la vue ou les lunettes, les parents sans assurance peuvent être confrontés à des décisions budgétaires difficiles s'ils ne sont pas en mesure de payer facilement les lunettes dont leurs enfants ont besoin pour réussir à l'école. Selon certaines estimations, le coût total de la perte de vision au Canada s'élèverait à plus de 32 milliards de dollars en 2019 et pourrait atteindre 56 milliards de dollars en 2050 – un montant qui inclut les pertes de productivité et la valeur de la réduction de la qualité de vie.Note de bas de page xliii
Couverture fédérale des soins oculaires pour certaines populations
Bien que les soins oculaires relèvent principalement de la compétence des provinces et des territoires, le gouvernement fédéral fournit ou finance également des services de soins oculaires pour certaines populations relevant de sa compétence. Voici quelques exemples de programmes offrant des services complémentaires de soins oculaires financés par le gouvernement fédéral :
Programme des services de santé non assurés (SSNA) (Services aux Autochtones Canada) :
Le programme des SSNA offre aux Premières Nations inscrites et aux Inuits reconnus une couverture pour une gamme spécifique de prestations de santé, y compris les soins de la vue (par exemple, les examens de la vue et les lunettes correctrices). Le programme couvre également d'autres éléments liés aux soins de la vue dans le cadre d'autres domaines de prestations, notamment les prothèses oculaires, une gamme complète d'équipement et de fournitures pour la basse vision et les services d'évaluation fonctionnelle et de formation en basse vision, ainsi que les médicaments utilisés pour traiter les affections oculaires. Lorsqu'il n'est pas possible d'avoir accès à des soins oculaires en personne, le programme des SSNA offre des services de transport médical pour permettre aux clients d'accéder aux services admissibles par l'entremise du fournisseur approprié le plus près. Dans certains cas, le programme peut également faciliter le déplacement des optométristes dans les collectivités éloignées pour fournir des services en personne lorsqu'il est déterminé que c'est un moyen rentable de fournir des services. Le programme des SSNA offre une couverture pour les prestations admissibles lorsqu'elles ne sont pas autrement disponibles pour les clients admissibles par l'intermédiaire de l'assurance-maladie provinciale ou territoriale, les régimes d'assurance privés ou d'autres régimes ou programmes financés par l'État.
Programme des services de santé non assurés (SSNA) [Services aux Autochtones Canada]
Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada]
Le PFSI offre une couverture limitée et temporaire des soins de santé pour aider les réfugiés, les personnes protégées, les demandeurs d'asile, les victimes de la traite des êtres humains et de la violence familiale, les détenus de l'immigration et les groupes humanitaires à répondre aux besoins médicaux urgents et essentiels pendant qu'ils attendent d'être admissibles aux programmes provinciaux ou territoriaux d'assurance-maladie et de prestations complémentaires de santé. Les prestations en matière de soins oculaires sont offertes dans le cadre de la couverture de base et de la couverture complémentaire du programme. Les prestations de base comprennent les services des médecins, les services de diagnostic et de traitement des affections oculaires en hospitalisation et en ambulatoire. Les prestations complémentaires comprennent les examens de la vue, les lunettes de prescription, les prothèses oculaires et les lunettes pour la basse vision. À partir du 1er mai 2026, il y a un ticket modérateur obligatoire pour les prestations complémentaires, y compris 30 % des services de soins oculaires.
Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada]
Soins de la vue (PDC nº 14) d'Anciens Combattants Canada
Anciens Combattants Canada offre aux anciens combattants admissibles un ensemble de prestations de soins de la vue, notamment des examens de la vue, des tests ophtalmologiques, des lentilles intraoculaires, des lunettes et des lentilles de contact, des chirurgies au laser et des aides à la basse vision pour préserver, maintenir et corriger leur vision.
Soins de la vue (PDC nº 14) d'Anciens Combattants Canada
Couverture des soins de la vue des Forces armées canadiennes (FAC)
Les FAC remboursent aux membres de la Force régulière et aux membres admissibles de la Force de réserve à temps plein des lunettes de prescription à hauteur de 600 $ tous les deux ans et offrent une protection pour divers services d'optique dans le cadre de la Gamme de soins. Cela comprend le droit à un examen oculaire de routine tous les deux ans, la fourniture de lunettes spécialisées requises par l'emploi, telles que des lentilles de protection et des lunettes de soleil pour les métiers désignés, et l'accès à la chirurgie réfractive au laser (LASIK ou PRK) pour les membres du personnel des FAC qui n'atteignent pas les normes médicales visuelles minimales requises pour leur emploi militaire.
Couverture des soins de la vue des Forces armées canadiennes (FAC)
Services de santé du Service correctionnel du Canada (SCC)
SCC fournit aux personnes incarcérées au niveau fédéral des services de santé essentiels, y compris l'accès à des optométristes et à d'autres spécialistes, en veillant à ce que les détenus bénéficient d'examens oculaires médicalement nécessaires et de soins connexes conformes aux normes professionnelles.
Services de santé du Service correctionnel du Canada (SCC)
Soutien fédéral à la recherche sur la vision
Le gouvernement du Canada, par l'intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), soutient également la recherche sur l'ensemble des conditions et des déficiences qui ont une incidence sur la santé visuelle des Canadiens et sur les répercussions de ces conditions sur la santé et le bien-être. Les IRSC ont investi environ 67,3 millions de dollars dans la recherche sur la vision de 2020-2021 à 2024-2025. En outre, les IRSC soutiennent également l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ELCV), une plateforme de recherche nationale qui suit plus de 51 000 Canadiens âgés de 45 à 85 ans pendant au moins 20 ans, et qui comprend des recherches sur la santé visuelle et les maladies des yeux.
Soutien fédéral à la recherche sur la vision
Le gouvernement du Canada, par l'intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), soutient également la recherche sur l'ensemble des conditions et des déficiences qui ont un impact sur la santé visuelle des Canadiens et sur les répercussions de ces conditions sur la santé et le bien-être. Les IRSC ont investi environ 67,3 millions de dollars dans la recherche sur la vision de 2020-2021 à 2024-2025. En outre, les IRSC soutiennent également l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ELCV), une plateforme de recherche nationale qui suit plus de 51 000 Canadiens âgés de 45 à 85 ans pendant au moins 20 ans, et qui comprend des recherches sur la santé visuelle et les maladies des yeux.
Principes directeurs
Les principes transversaux suivants ont été établis pour guider la stratégie dans la définition d'une orientation commune pour les soins oculaires au Canada.
Inclusion et participation
Soutenir les actions susceptibles d'aider tous les Canadiens, y compris les enfants, les jeunes et les adultes (y compris les personnes âgées), à accéder aux soins de la vue et aux soutiens dont ils ont besoin à chaque étape de leur vie, tout en reconnaissant que les expériences personnelles sont influencées et déterminées par des facteurs sociaux, économiques, linguistiques et culturels propres à chacun.
« Rien sur nous, sans nous »
Fondée sur les principes de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, la participation des personnes aveugles, malvoyantes et celles ayant vécu une perte de à la vue dans l'élaboration des décisions et des politiques est significative.
Équité
Promouvoir un accès équitable aux soins oculaires et aux services de soutien pour tous dans les deux langues officielles du Canada, en mettant l'accent sur les communautés racisées, les populations à faible revenu, les nouveaux arrivants, les communautés de langue officielle en situation minoritaire et les résidents des régions rurales et du Nord.
Réconciliation
La réconciliation exige un engagement soutenu en faveur du respect des droits, des systèmes de connaissances et de l'autodétermination des peuples autochtones. Il s'agit notamment de veiller à ce que les services de soins oculaires soient adaptés à la culture, accessibles et gérés par les collectivités, tout en s'attaquant aux inégalités historiques et actuelles en matière de santé oculaire par un partenariat significatif, l'instauration d'un climat de confiance et une prise de décision partagée.
Collaboration et responsabilité partagée
Favoriser une collaboration étroite entre les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et municipaux, les gouvernements et partenaires autochtones et les partenaires communautaires, et offrir des occasions de partager les connaissances, les meilleures pratiques et les données susceptibles de contribuer à l'amélioration des soins ophtalmologiques.
Valeur et impact économique
Il s'agit de réfléchir à l'utilisation efficace et efficiente des ressources, aux moyens de créer des opportunités économiques grâce à l'innovation et à la participation de la main-d'œuvre, et d'obtenir des résultats de grande valeur pour les patients et les communautés.
Piliers de la stratégie
La stratégie comprend cinq piliers interdépendants qui correspondent à des domaines où il pourrait y avoir des possibilités d'améliorer les soins oculaires au Canada. De nombreux éléments facilitateurs, tels que la recherche sur la vision, la promotion des droits des personnes handicapées et les partenariats solides soutiennent chaque pilier.
Pilier 1 : Renforcer les partenariats et briser les silos
Contexte
Pour garantir des services de soins oculaires équitables et en temps opportun pour toutes les personnes au Canada, quel que soit leur lieu de résidence, il faudra ce qui suit :
- une collaboration à l'échelle du système
- des partenariats intergouvernementaux solides
- l'intégration des soins oculaires aux services de soutien social
- la promotion de liens entre les fournisseurs de soins oculaires et des voies d'orientation claires
Cependant, il est également important de reconnaître que la couverture publique du dépistage, des services, des programmes et des traitements ophtalmologiques varie d'une province ou d'un territoire à l'autre, où la plupart de ces services sont fournis.
Si la perte de la vue est un problème de santé, elle est aussi un problème social et peut entraîner des obstacles à l'accès au matériel éducatif, des possibilités d'emploi limitées, des discriminations sur le lieu de travail et un isolement social. Les cloisonnements entre les systèmes de santé et les services sociaux peuvent aggraver encore davantage la situation des personnes touchées par la perte de la vue.
Défis
Les participants au processus de consultation sur la stratégie ont plaidé pour une coordination nationale renforcée dans l'ensemble du secteur des soins oculaires afin d'harmoniser la recherche, l'innovation et l'accès aux soins. Ils ont aussi souligné la nécessité d'un leadership fédéral pour soutenir et promouvoir cette approche coordonnée, puisque la plupart des programmes et des services sont fournis par les provinces et les territoires.
L'importance de travailler ensemble pour partager les données et encourager la collaboration intersectorielle entre le gouvernement, l'industrie et les partenaires du secteur de la santé a également été soulignée. Cette démarche pourrait garantir que l'accès aux soins, aux traitements et aux mesures de soutien soit intégré de manière efficace et équitable.
À l'heure actuelle, les services de soins oculaires restent fragmentés, les organisations fonctionnant souvent de manière isolée les unes des autres. Les liens sont limités entre les nombreux types de fournisseurs engagés dans ce domaine, notamment :
- les opticiens
- les optométristes
- les ophtalmologues
- les médecins généralistes
- les spécialistes en réadaptation
Le manque d'interopérabilité entre les systèmes de santé électroniques aggrave cette fragmentation. Certains intervenants ont envisagé les cliniques optométriques comme des centres primaires pour la santé oculaire, à l'instar des médecins de famille dans le système de santé général.
Les niveaux de financement public des services de soins oculaires varient d'une province et d'un territoire à l'autre. Les discussions menées au cours du processus de consultation ont mis en évidence l'absence d'une instance permettant aux territoires de compétence de discuter de ces différences, et le fait que ces échanges n'ont lieu qu'en cas de besoin. Les participants ont exprimé leur intérêt pour une approche plus structurée, mais volontaire, afin de favoriser ce type de collaboration.
L'importance de relever les lacunes en matière de formation et d'orientation des professionnels des soins oculaires a également été soulignée au cours du processus de consultation. Les intervenants ont notamment insisté sur la nécessité de faire connaître les services de réadaptation visuelle disponibles pour soutenir les personnes atteintes de perte de vision, de basse vision ou de cécité.
Au cours du processus de consultation, les intervenants ont appelé à un renforcement des liens entre les soins de santé, la réadaptation et les services sociaux. Cela permettrait de fournir aux personnes aveugles, sourdes-aveugles ou malvoyantes un accès continu à l'ensemble des soutiens dont elles ont besoin. L'intégration de l'accessibilité, de la conception inclusive et de la sensibilisation au handicap dans les systèmes de santé, l'emploi ou les systèmes d'éducation a été jugée essentielle pour réduire les obstacles et la stigmatisation. Toutefois, les intervenants ont également reconnu que cela nécessitera des efforts soutenus et considérables.
Les intervenants et les partenaires ont souligné les difficultés liées au fait que les politiques sont élaborées par des personnes qui n'ont pas d'expérience de terrain et ne répondent donc pas aux besoins concrets. Ils ont estimé qu'il était essentiel d'intégrer l'expérience de terrain à tous les niveaux de la conception, de la formation et de la gouvernance pour mettre en place une stratégie crédible, inclusive et durable.
Possibilités
- Étudier les possibilités de réunir les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux intéressés afin de partager les meilleures pratiques en matière de soins oculaires, telles que les innovations dans ce domaine, les stratégies visant à améliorer l'accès à la formation pour garantir une main-d'œuvre suffisante de professionnels de la santé dans ce secteur, ainsi que les moyens de répondre au mieux aux besoins concrets, y compris ceux des peuples autochtones, des personnes aveugles ou malvoyantes, et des personnes ayant une expérience vécue de la perte de vision.
- Encourager les discussions fédérales, provinciales et territoriales sur les domaines potentiels d'harmonisation, notamment en matière de dépistage, de traitement, d'orientation vers des spécialistes, d'habilitation et de réadaptation, en tenant compte des commentaires des cliniciens et des personnes ayant une expérience vécue.
- Encourager les ordres professionnels et les associations professionnelles à explorer les mécanismes susceptibles d'améliorer la formation et l'accompagnement des professionnels des soins oculaires en matière de prévention et de traitement des maladies oculaires et de réadaptation.
- Encourager l'établissement de liens solides et durables entre les prestataires de soins ophtalmologiques, en s'appuyant sur des mesures visant à améliorer l'interopérabilité des données de santé.
- Collaborer avec les organisations de santé pancanadiennes, telles que Healthcare Excellence Canada, afin de relever, de diffuser et de déployer à plus grande échelle les innovations et les pratiques prometteuses en matière de soins oculaires.
Pilier 2 : Accroître la sensibilisation
Contexte
De nombreux professionnels de santé interviennent dans la prestation des services de soins oculaires, notamment les :
- opticiens
- pharmaciens
- optométristes
- ophtalmologistes
- ergothérapeutes
- prestataires de soins de santé primaires
Les services de soins oculaires peuvent être dispensés dans des établissements tels que les cliniques, les hôpitaux et les pharmacies, ainsi que dans des lieux communautaires tels que les écoles ou les centres communautaires. Les personnes confrontées à une perte de vision peuvent également bénéficier de services de réadaptation ou d'adaptation et de soutien à domicile.
Il est important que tous les prestataires de ce secteur partagent leurs connaissances et leur expertise, étant donné l'éventail de services qu'ils offrent. Face à cette grande variété de services et de prestataires de soins oculaires, les gens ont besoin de savoir comment, où et pour quelles raisons accéder à ces soins.
Toutes les provinces et tous les territoires proposent une couverture complémentaire pour les examens de la vue et les lunettes, en particulier pour les enfants, les personnes âgées et les personnes bénéficiant d'une aide au revenu.
Insister sur l'importance des examens oculaires réguliers pour détecter les problèmes oculaires à un stade précoce peut contribuer à prévenir la perte de vision et à favoriser la santé oculaire globale. Au-delà des bienfaits pour la santé, la prise en charge de la perte de vision, aussi minime soit-elle, peut :
- améliorer la qualité de vie en général
- aider les enfants à poursuivre leurs études
- permettre aux adultes de mener une vie professionnelle productive
Par ailleurs, il est important de comprendre que les personnes aveugles ou malvoyantes sont souvent victimes de stigmatisation et de préjugés. Cela se traduit par une exclusion du marché du travail et des opportunités sociales, et il convient de réfléchir aux moyens de lutter contre cette stigmatisation.
Défis
Les participants au processus de consultation sur la stratégie ont systématiquement souligné que la compréhension du grand public concernant la santé oculaire, la cécité et la perte de vision reste limitée. Ils ont appelé à la diffusion d'informations claires, crédibles et accessibles provenant de sources fiables afin de mieux faire connaître :
- la prévention (y compris les visites de routine pour les soins oculaires)
- les options de traitement
- les aides disponibles
De nombreux participants ont également souligné que certaines affections, comme le glaucome, ne sont souvent pas détectées à un stade précoce. Cela s'explique par le fait que les symptômes peuvent être discrets, mais aussi parce que le grand public ne sait pas toujours s'il doit consulter et, le cas échéant, où s'adresser. En outre, le dépistage peut ne pas être un service couvert en fonction de l'âge, ce qui crée un obstacle financier à la prévention.
La sensibilisation consiste également à informer les gens sur les programmes de prise en charge auxquels ils peuvent avoir droit, mais qui sont peut-être sous-utilisés.
Au-delà de la sensibilisation clinique, les participants ont évoqué les idées fausses qui persistent au sujet de la cécité et de la malvoyance. Les intervenants ont souligné l'importance des actions éducatives visant à lutter contre les stéréotypes, à promouvoir l'inclusion et à encourager l'utilisation d'un langage respectueux qui place la personne au premier plan.
Les intervenants ont également appelé à une sensibilisation ciblée des professionnels de la santé, des employeurs et des éducateurs, qui peuvent jouer un rôle crucial dans la sensibilisation à la santé visuelle et qui peuvent également bénéficier d'une compréhension plus complète des aides disponibles pour les personnes aveugles ou confrontées à une perte de vision. Ils ont souligné qu'il était possible de dissiper la confusion quant au rôle que jouent les différents professionnels de la santé dans la prestation de soins oculaires.
Possibilités
- Explorer les possibilités en collaboration avec les ministères fédéraux et les groupes externes pour la mise en œuvre d'initiatives préventives de sensibilisation à la santé oculaire qui proposent des informations et des conseils adaptés sur le plan culturel et linguistique et fondés sur des données probantes et qui s'adressent à tous les Canadiens, y compris toutes les personnes atteintes d'une perte de vision, les peuples autochtones, les populations prioritaires et les personnes vivant dans des communautés de langue officielle en situation minoritaire.
- Examiner la meilleure façon de tirer parti des ressources existantes pour diffuser des conseils sur l'accessibilité, l'emploi inclusif et les normes de sécurité, y compris la formation sur l'inclusion des personnes ayant une incapacité.
- Poursuivre la publication de données sur la santé oculaire et l'incidence des mesures préventives, y compris par l'entremise des médias sociaux.
- Favoriser la collaboration entre les partenaires provinciaux, territoriaux et autochtones pour discuter des activités potentielles de sensibilisation à la santé oculaire qui pourraient être entreprises dans leurs administrations respectives, dans le but de sensibiliser la population à la prévention, au dépistage précoce, à la réduction de la stigmatisation associée à la perte de vision et aux services de soins oculaires disponibles (par exemple, les examens de la vue pour les enfants pris en charge dans le cadre des régimes publics de soins de santé).
- Collaborer avec les partenaires pour s'assurer que le matériel éducatif centralisé et culturellement et linguistiquement approprié ainsi que les approches fondées sur des données probantes peuvent être adaptées et accessible à l'échelle communautaire pour joindre toutes les personnes aveugles, malvoyantes ou souffrant d'une perte de vision, y compris les peuples autochtones, les populations prioritaires et les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
- Explorer les possibilités de réunir des associations professionnelles dans des domaines autres que la santé oculaire avec des professionnels de la santé oculaire afin de discuter de la formation des membres sur la détection précoce des affections oculaires et de clarifier les divers rôles et titres des professionnels de la santé impliqués dans la prestation de soins oculaires.
Pilier 3 : Connecter les Canadiens avec les ressources dont ils ont besoin
Contexte
Il est essentiel d'améliorer l'accès équitable aux services et aux mesures de soutien en matière de soins oculaires partout au Canada afin de réduire les pertes de vision évitables et d'améliorer les résultats en matière de santé.
Cela comprend le renforcement de la collaboration avec les provinces et les territoires, les partenaires autochtones et d'autres intervenants pour promouvoir des approches mieux coordonnées en matière de prévention, de diagnostic, de traitement et de réadaptation visuelle.
L'accès aux traitements, y compris aux médicaments, aux interventions chirurgicales et aux thérapies émergentes, doit être envisagé parallèlement au diagnostic rapide aux filières d'orientation, aux services de réadaptation et d'adaptation, aux aides techniques et à la formation axée sur les compétences afin de permettre aux personnes de conserver leur autonomie et leur qualité de vie.
L'accès aux services dans sa langue officielle est un élément essentiel d'une prestation de soins équitable. Les personnes qui reçoivent des soins dans la langue officielle de leur choix bénéficient d'une meilleure communication ainsi que d'une expérience de soins et de résultats de santé améliorés. La collaboration avec les provinces et les territoires pour renforcer l'accès à l'information et aux services pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire contribuera à garantir un accès équitable partout au Canada.
Le renforcement de la main-d'œuvre en soins oculaires et de la capacité globale de prestation du système aidera à répondre à la demande croissante. Les approches de prestation de services devraient répondre aux besoins :
- des communautés autochtones
- des populations à faibles revenus
- des personnes vivant dans des collectivités rurales, éloignées et isolées
Cela contribuera à promouvoir un accès plus respectueux des spécificités culturelles et plus équitable partout au pays.
Défis
Les obstacles financiers limitent toujours l'accès à des soins oculaires essentiels pour de nombreuses personnes au Canada. Les appareils et accessoires fonctionnels, les lunettes d'ordonnance, les examens de la vue ou le dépistage de routine, les médicaments pour les affections oculaires et d'autres mesures de soutien peuvent être coûteux et ne sont pas assurés de manière uniforme dans les différentes administrations.
Sans une assurance publique ou privée adéquate, ces dépenses peuvent retarder ou empêcher l'accès aux soins nécessaires. Ainsi, le risque de détérioration évitable de la vision et de réduction de la qualité de vie augmente.
De nombreuses collectivités rurales, éloignées et isolées sont aux prises avec une disponibilité limitée de professionnels de santé, dont :
- les prestataires de soins primaires
- les optométristes
- les ophtalmologistes
- les prestataires de services de réadaptation visuelle
La distance à parcourir, la pénurie de prestataires et les contraintes infrastructurelles peuvent retarder le diagnostic et le traitement. Les nouvelles technologies, comme la téléophtalmologie et les outils de dépistage à distance, offrent des possibilités d'élargir l'accès. Toutefois, la façon de les mettre en œuvre et de les intégrer aux autres systèmes diffère d'une administration à l'autre.
La capacité et la répartition des effectifs exercent des pressions supplémentaires. À mesure que la demande de services augmente, il est essentiel d'assurer un nombre suffisant de professionnels en soins oculaires formés, y compris de spécialistes de la réadaptation. En l'absence d'une approche coordonnée en matière de planification et de mobilité de la main-d'œuvre, les disparités en matière d'accès risquent de s'accentuer, particulièrement dans les collectivités mal desservies.
Possibilités
- Tirer parti des mécanismes fédéraux, provinciaux et territoriaux existants pour aider les provinces et les territoires à explorer collectivement la meilleure façon d'intégrer les soins oculaires aux cadres de soins primaires et de gestion des maladies chroniques.
- Explorer les possibilités de collaboration avec les provinces et les territoires afin de discuter des meilleures pratiques en matière de programmes d'appareils et accessoires fonctionnels.
- Favoriser les discussions sur la mobilité interprovinciale de la main-d'œuvre comme moyen de renforcer la sensibilisation et d'améliorer l'accès aux services de soins oculaires dans les collectivités mal desservies.
- Encourager l'élaboration et l'expansion de modèles de prestation de services mobiles et virtuels, comme les programmes de télérétine et les services de proximité dans les établissements de soins de longue durée, afin d'améliorer l'accès dans les régions rurales, éloignées et nordiques.
- Aider les provinces, les territoires et les organismes professionnels à élaborer, s'il y a lieu, des normes nationales en matière de compétences et de programmes d'études liées à l'accessibilité, à la sécurité culturelle et à l'équité dans la prestation des services de santé oculaire.
Pilier 4 : Transformer les données en action
Contexte
Le gouvernement du Canada s'appuie sur des données et des données probantes pour éclairer ses décisions en matière de politiques de santé. Nous collaborons avec les provinces, les territoires et les organisations pancanadiennes de santé pour améliorer la façon dont les administrations échangent de l'information. Cela favorise la collecte, l'analyse et le partage efficaces de l'information tout en assurant le respect des principes des Premières Nations en matière d'appropriation, de contrôle, d'accès et de possession (PCAP®)ainsi que de la souveraineté autochtone en matière de données.
Le Canada ne dispose pas d'une base solide et partagée de données probantes sur la santé oculaire. Les données sur la perte de vision au Canada sont fragmentées et ne sont que partiellement reliées, et il n'y a pas de données pancanadiennes complètes sur la vision ou la santé oculaire. Par exemple, Statistique Canada recueille des données autodéclarées et des mesures directes sur la vision et les troubles de la vision au moyen d'enquêtes comme l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes et l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé. L'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) saisit lui aussi des données administratives sur les soins ophtalmiques en milieu hospitalier.
Les données sont par ailleurs réparties dans le système de soins de santé privé et public ou concentrées dans des registres à petite échelle gérés par des organisations. À l'instar du reste du système de santé, cette fragmentation des données contribue à une prise en charge fragmentée et empêche toute amélioration et planification du système fondées sur des données. Les lacunes en matière de données sont particulièrement importantes en ce qui a trait aux renseignements ventilées sur :
- les personnes âgées
- les groupes de revenu
- les peuples autochtones
- les communautés racialisées
- les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
La production de rapports contenant des données pancanadiennes sur les soins oculaires peut aider les décideurs à mieux comprendre les soins, leur utilisation et leur accès dans le domaine des soins oculaires. Le recoupement des données sur les soins oculaires provenant des différents secteurs du système de santé et des données sur les déterminants sociaux de la santé peut aider à éclairer des questions comme les résultats en matière de santé, la qualité des soins de santé et la santé de la population.
Défis
Les participants au processus de consultation sur la Stratégie ont souligné l'absence de données nationales et comparables sur la prévalence des maladies oculaires au Canada. De nombreux services de soins oculaires sont fournis et administrés dans le secteur privé et ne sont pas pris en compte par les programmes de suivi provinciaux et territoriaux. Les intervenants ont souligné des possibilités d'intégrer davantage les données des cliniques d'optométrie dans les dossiers de santé électroniques généraux.
Plusieurs intervenants ont également demandé un soutien à l'innovation, à l'équité et à la responsabilisation par la recherche menée par des organismes tels que :
- Statistique Canada
- Inforoute Santé du Canada
- L'Institut canadien d'information sur la santé
- Les Instituts de recherche en santé du Canada
Au-delà du financement, les intervenants ont souligné que la coordination de la recherche, la mise en application des résultats de la recherche et la suppression des cloisonnements constituaient des priorités.
Possibilités
- Tirer parti du leadership de Santé Canada et des IRSC pour organiser une table ronde virtuelle de décideurs et de chercheurs qui travaillant dans le domaine des soins oculaires, afin de cerner les obstacles actuels qui contribuent au cloisonnement des efforts de recherche dans ce domaine et pour explorer les possibilités de réduire ces obstacles et de renforcer la collaboration au sein de la communauté scientifique.
- À plus long terme, examiner comment le gouvernement fédéral (Santé Canada, les IRSC, Statistique Canada), les organismes pancanadiens de santé (ICIS, Inforoute) ainsi que les provinces et les territoires pourraient collaborer à l'élaboration d'un plan stratégique en matière de données pour tirer parti des données pancanadiennes existantes sur les soins oculaires, ce qui pourrait comprendre l'élaboration d'indicateurs nationaux, de données de référence et de systèmes de surveillance pour suivre les résultats, éclairer les politiques et réduire les inégalités.
- Tirer parti des capacités de couplage de Statistique Canada en explorant de nouvelles possibilités dans ce domaine pour combler les lacunes en matière de santé oculaire selon divers facteurs sociodémographiques et appuyer l'élaboration de programmes et de politiques liés à la santé oculaire. Par exemple, les données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (comportant des questions sur la santé oculaire) pourraient être couplées à des données sur l'hospitalisation, le recensement et la fiscalité afin d'obtenir des informations plus approfondies.
- Explorer les possibilités d'élargir les activités de collecte de données tant autodéclarées que mesurées directement sur la santé oculaire au moyen d'enquêtes représentatives à l'échelle nationale comme l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes et l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé de Statistique Canada, afin de mieux comprendre les causes, les expériences et les traitements liés à la santé oculaire.
- Souligner l'importance de la recherche sur la vision dirigée par des personnes aveugles, malvoyantes ou ayant vécu une perte de vision, ainsi que les facteurs sociaux associés à la cécité ou à la perte de vision.
Pilier 5 : Adopter les nouvelles technologies et les solutions innovantes
Contexte
Les nouvelles technologies offrent d'énormes possibilités pour faire évoluer le système de soins de santé, notamment en ce qui concerne les soins oculaires. Parmi ces technologies, on peut citer :
- la télésanté
- l'apprentissage automatique
- l'intelligence artificielle (IA)
- les biotechnologies de pointe
Par exemple, des entreprises et des professionnels de la santé mettent à l'essai des outils qui effectuent un balayage oculaire pour diagnostiquer des maladies à un stade précoce (comme la rétinopathie diabétique). Les programmes pilotes d'IA existants dans certaines régions du Canada, comme le nord de l'Ontario, se sont révélés prometteurs. Ces technologies témoignent également d'un besoin accru d'intégrer les soins oculaires aux systèmes de soins primaires.
Les collectivités rurales, éloignées et isolées bénéficieraient de services de soins oculaires élargis dispensés par télémédecine. Certains intervenants ont souligné que des techniciens qualifiés pourraient communiquer à distance avec des ophtalmologistes ou des optométristes pour fournir des services ou réaliser des interventions via Internet. Cela dépendrait de la vitesse et de la fiabilité de la connexion Internet du patient.
Les intervenants ont mis en avant des exemples d'innovations déjà réalisées par des chercheurs, des entreprises et des établissements d'enseignement canadiens. Bon nombre d'entre elles améliorent déjà l'efficacité et la sécurité des interventions en matière de soins oculaires tout en réduisant leurs coûts relatifs. Par exemple, mentionnons les progrès récents en matière de chirurgie de la cataracte, notamment des interventions comme les chirurgies de la cataracte assistées par laser femtoseconde, les lentilles intraoculaires avancées personnalisables et les progrès de l'intelligence artificielle qui permettent d'améliorer les résultats.
Parmi les avancées récentes, on peut également citer les thérapies cellulaires et géniques, ainsi que les traitements destinés à des maladies comme la rétinopathie diabétique ou la dégénérescence maculaire liée à l'âge. Ces avancées pourraient changer la donne en matière de réduction de la perte de vision et de prévention de la cécité.
Défis
De nombreux intervenants ont souligné les défis liés à la conversion des nouvelles technologies, des médicaments et des appareils en véritables traitements et services pour les patients. L'une des causes de ces défis est la nature fragmentée de la prestation des soins de santé au Canada. Les provinces et les territoires sont en grande partie responsables de la prestation des soins de santé au Canada et ont des normes et des niveaux de soutien différents pour l'opérationnalisation de ces nouvelles technologies.
Santé Canada poursuit ses efforts visant à moderniser ses processus réglementaires d'approbation de la mise en marché des médicaments et des instruments, y compris par l'entremise de l'Arrêté prévoyant le recours à des décisions d'autorités réglementaires étrangères, ou à des documents émanant de celles-ci, à l'égard de certaines drogues. Cet arrêté proposé créerait une présomption voulant que l'obligation du ministre d'examiner les renseignements et le matériel spécifiés dans une présentation de certaines classes de médicaments ait été satisfaite sur le fondement de décisions prises ou de documents présentés par certaines autorités réglementaires étrangères. Toutefois, dans le cadre du processus de consultation, certains intervenants de l'industrie ont tout de même signalé des retards dans l'approbation par Santé Canada.
Au-delà du niveau fédéral, les intervenants ont également noté des retards dans l'intégration des médicaments ou des instruments nouvellement approuvés aux régimes de soins de santé provinciaux et territoriaux, ce qui peut déterminer l'accès des patients. À cette fin, Santé Canada collabore avec des partenaires chargés d'accorder des autorisations postérieures, comme les autorités sanitaires provinciales et territoriales, pour améliorer la coordination et la réduction des délais tout au long du continuum d'accès aux médicaments.
En 2025, Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada ont également publié un rapport sur la réduction du fardeau administratif. Ce rapport recense les initiatives et les mesures visant à réduire davantage les obstacles réglementaires, notamment :
- la simplification des règles
- l'adoption d'une approche de surveillance fondée sur les risques
- l'accélération des décisions réglementaires au moyen de plateformes numériques
Les technologies nouvelles et potentiellement novatrices comportent également de nouveaux risques. Nous devons nous assurer que les innovations en matière de soins oculaires respectent des valeurs telles que :
- la responsabilisation
- l'équité et l'inclusion
- la protection des renseignements personnels et la sécurité
- l'efficacité et la sécurité cliniques
Par exemple, les Principes directeurs pancanadiens pour l'utilisation de l'IA en santé définissent un ensemble de principes communs visant à aider les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à adapter les technologies de l'IA dans les soins de santé. Le respect de ces principes directeurs dans toutes les applications des technologies d'IA exigera des efforts et une coordination.
Pour en savoir plus :
- Principes directeurs pancanadiens pour l'utilisation de l'IA au service de la santé
- Rapport sur la réduction du fardeau administratif de Santé Canada et de l'Agence de la santé publique du Canada
- Arrêté prévoyant le recours à des décisions d'autorités réglementaires étrangères, ou à des documents émanant de celles-ci, à l'égard de certaines drogues
Possibilités
- Poursuivre la modernisation des processus réglementaires de Santé Canada pour l'approbation de la mise en marché de nouveaux médicaments et instruments, y compris ceux destinés au traitement des maladies oculaires. Cela pourrait inclure la poursuite des efforts visant à encourager l'industrie à déposer des demandes d'autorisation pour des produits nouveaux et novateurs en modernisant la réglementation et en réduisant les formalités administratives à l'échelle du gouvernement du Canada ainsi que des efforts de coordination avec les partenaires intervenant après l'autorisation délivrée par Santé Canada.
- Explorer les possibilités de faire avancer les discussions fédérales-provinciales-territoriales sur l'amélioration de l'accès et de l'abordabilité des nouvelles technologies et des traitements novateurs à l'échelle du Canada.
- Cerner les possibilités de tirer profit des programmes existants du gouvernement du Canada visant à soutenir à la recherche et le développement au Canada dans le domaine des soins oculaires.
- Explorer la possibilité de tenir une table ronde nationale sur la santé oculaire numérique afin de mettre en relation les innovateurs, les organismes de réglementation provinciaux et territoriaux, les associations professionnelles et les groupes de patients.
Aller de l'avant
La Stratégie propose une voie commune à suivre pour guider les efforts collectifs visant à appuyer la prévention et le traitement des maladies oculaires, ainsi que la réadaptation visuelle, afin d'assurer ainsi de meilleurs résultats pour la santé des Canadiens.
Étant donné que les provinces et les territoires sont principalement responsables de l'établissement des politiques relatives aux services de soins oculaires dans leurs administrations respectives, tous les ordres de gouvernement, ainsi que les nombreux partenaires, organismes et personnes qui participent à la prestation de services de soins oculaires sont invités à utiliser la Stratégie pour faire progresser les priorités en matière de soins oculaires de manière à répondre à leurs mandats, objectifs et besoins respectifs, et à adapter la Stratégie à leur propre contexte. Une perspective inclusive et large des déterminants sociaux de la santé et une approche axée sur la personne qui met l'accent sur les personnes qui ont une expérience vécue doivent être appliquées pour faire progresser de façon respectueuse et significative les initiatives visant à améliorer les soins oculaires.
À mesure que la mise en œuvre de la Stratégie progresse, le gouvernement du Canada continuera d'approfondir sa collaboration avec ses partenaires autochtones afin de promouvoir l'équité en matière de santé, d'établir des partenariats, d'encourager l'innovation et de jeter les bases des collaborations visant à promouvoir la santé oculaire. La mobilisation fondée sur les distinctions qui sera effectuée durant toute la mise en œuvre de la Stratégie contribuera à assurer la confirmation, l'inclusion et la prise en compte des droits, des intérêts et des expériences des Premières Nations, des Inuits et des Métis dans les politiques, les programmes et les soutiens.
L'élaboration et la publication de cette stratégie marquent un jalon important. Toutefois, il reste encore beaucoup de travail à faire pour soutenir la prévention et le traitement des maladies oculaires au Canada, ainsi que la réadaptation visuelle. Ces travaux nécessiteront une collaboration et un partenariat multisectoriels continus entre les gouvernements, les organisations et les particuliers. Comme prochaine étape, Santé Canada commencera à élaborer un plan de mise en œuvre à l'appui de cette stratégie.
Après cinq ans (2031), le ministre de la Santé déposera au Parlement un rapport d'étape sur l'efficacité de la Stratégie nationale et sur l'état de la prévention et du traitement des maladies oculaires, comme l'exige la Loi. Il soulignera les efforts de collaboration avec les gouvernements provinciaux, territoriaux et locaux, les partenaires autochtones et les intervenants en soins oculaires, et comprendra les conclusions et les recommandations du ministre concernant la Stratégie.
Annexe A : Résumé du processus de mobilisation
D'août à décembre 2025, l'équipe de soins oculaires de Santé Canada a mené des activités de sensibilisation et a tenu plus de 50 séances de dialogue avec plus de 100 intervenants et partenaires pour éclairer l'élaboration d'une stratégie nationale sur les soins oculaires. Les participants comprenaient des médecins (comme des ophtalmologistes), des optométristes, des opticiens, des personnes aveugles, des personnes malvoyantes, des personnes ayant vécu une perte de vision, des représentants du secteur privé, des ONG et d'autres fournisseurs de services, des chercheurs ainsi que des représentants d'organismes du gouvernement du Canada, des provinces et des territoires et de certaines organisations autochtones nationales.
Le 4 février 2026, Santé Canada a organisé une conférence dans le but d'éclairer l'élaboration de la Stratégie nationale sur les soins oculaires, comme l'exige la Loi sur la stratégie nationale sur les soins oculaires. La conférence virtuelle, qui a été ouverte par l'aînée Verna McGregor, a été conçue pour permettre à Santé Canada de faire connaître les commentaires des partenaires et des intervenants de l'écosystème des soins oculaires, en vue d'atteindre 2 objectifs stratégiques :
- valider les conclusions des premières réunions de mobilisation des intervenants et des discussions avec les organisations autochtones;
- partager les perspectives essentielles à l'élaboration d'une stratégie nationale sur les soins oculaires pour le Canada fondée sur les 5 piliers stratégiques élaborés à partir des séances de mobilisation et de dialogue initiales.
La conférence a été animée par Publivate Inc., agissant à titre d'animateurs tiers neutres pour permettre aux participants de partager leurs expériences, leurs points de vue et leurs besoins dans le cadre d'une tribune honnête et transparente, tant en français qu'en anglais pour assurer un dialogue ouvert.
La conférence a réuni 134 intervenants et partenaires de l'écosystème canadien des soins oculaires, comme le résume le tableau 1.
| Catégorie | Nombre de représentants | Exemples d'établissements |
|---|---|---|
| Gouvernement (fédéral) | 11 | Santé Canada, Statistique Canada, ASPC, EDSC, SCC, IRSC |
| Gouvernement (provincial ou territorial) | 14 | Provinces (Ontario, Nouvelle-Écosse, Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard, Saskatchewan, Manitoba, Québec), Nunavut |
| Milieu universitaire et de recherche | 18 | Universités de Waterloo, Toronto, Montréal, Ottawa, McMaster, Queen's, Utah |
| Soutien, défense des intérêts et bienfaisance | 23 | INCA, Lutte contre la cécité Canada, CanAge, Conseil canadien des aveugles, L'Alliance pour l'égalité des Canadiens aveugles, Réadaptation en déficience visuelle Canada, Orbis, Diabète Canada, Santé Vision Canada |
| Associations de professionnels et praticiens | 18 | ACO (optométristes), SCO (ophtalmologie), Medtech Canada, Réhabilitation visuelle Canada, ergothérapie |
| Industrie (produits pharmaceutiques et technologie) | 13 | Johnson & Johnson, AbbVie, Roche, Merck, Astellas, BIOTECanada |
| Organisations autochtones | 15 | Les Femmes Michif Otipemisiwak, Métis Nation British Columbia, Inuit Tapiriit Kanatami, Pauktuuti, Association des femmes autochtones du Canada, Régie de la santé des Premières Nations, Ralliement national des Métis, Métis Nation Saskatchewan, Centres d'amitié |
Ce que nous avons entendu
Certains des principaux thèmes que les intervenants et les partenaires ont cernés dans le cadre du processus de mobilisation générale et de la conférence sont résumés ci-dessous
Pilier 1 : Renforcer les partenariats et briser les silos
Les intervenants et les partenaires ont souligné que le système canadien de soins oculaires est fragmenté, caractérisé par un accès incohérent, une intégration limitée des données et une prestation de services cloisonnée. Ils ont demandé le renforcement du leadership national afin d'harmoniser la recherche, l'innovation et les soins dans l'ensemble des administrations. Beaucoup ont fait valoir que les soins oculaires doivent être intégrés aux systèmes sociaux et de santé plus vastes, reconnaissant que la perte de vision est à la fois un problème médical et social.
Les participants ont souligné la nécessité d'une collaboration entre les gouvernements, les cliniciens, l'industrie, les services de réadaptation et les soutiens sociaux. Les priorités comprenaient des voies de recommandation normalisées, une surveillance uniforme et des ensembles de données partagés pour assurer un accès équitable. Ils ont également souligné que les personnes ayant une expérience vécue de cécité ou de perte de vision devraient être intégrées aux rôles de gouvernance pour faire en sorte que les politiques tiennent compte des besoins réels.
Un autre thème récurrent portait sur la redéfinition et l'amélioration de la coordination des rôles des optométristes et des ophtalmologistes. Certains intervenants ont réclamé le positionnement des optométristes comme principaux points d'entrée pour la santé oculaire afin d'améliorer la cohérence dans l'ensemble des provinces et des territoires.
Pilier 2 : Accroître la sensibilisation
Les intervenants et les partenaires ont convenu que la compréhension du public de la santé oculaire et des services disponibles est limitée. De nombreux Canadiens ignorent l'importance des examens de la vue de routine ou de la détection précoce d'affections comme le glaucome. Une campagne nationale d'éducation publique, appuyée par une formation professionnelle et un dépistage en milieu scolaire, a été largement recommandée.
La lutte contre la stigmatisation entourant la cécité et la malvoyance était également considérée comme essentielle. Les intervenants ont décrit la persistance d'idées fausses qui contribuent à l'exclusion sociale, au chômage et à la discrimination. Ils ont encouragé les efforts pancanadiens pour promouvoir l'inclusion, l'utilisation d'un langage mettant la personne à l'avant-plan et les histoires qui mettent en valeur les capacités et les contributions des personnes aveugles ou malvoyantes.
Les participants ont également recommandé des activités de sensibilisation ciblées auprès des professionnels de la santé, des employeurs et des enseignants.
Pilier 3 : Connecter les Canadiens avec les ressources dont ils ont besoin
L'amélioration de l'accès équitable et rapide est ressortie comme un thème central. Les intervenants et les partenaires ont souligné l'importance d'un dépistage précoce pendant l'enfance, surtout en réponse à la hausse de la myopie et à l'augmentation du travail à une distance visuelle rapprochée chez les jeunes. Ils ont également souligné que le vieillissement de la population canadienne augmentera considérablement la demande de services de soins oculaires.
Les intervenants et les partenaires ont décrit les obstacles systémiques liés à l'abordabilité, à l'isolement géographique et à la couverture incohérente des technologies d'assistance et des services de réadaptation. Ils ont souligné l'inégalité de l'accès au financement des appareils fonctionnels, qui peuvent aider à soutenir l'autonomie grâce au grossissement, à la description sonore et aux aides tactiles. Ils ont souligné que la réadaptation de la vision est essentielle à l'indépendance et doit être accessible tout au long de la vie. Les solutions recommandées comprenaient la télémédecine, les cliniques mobiles et l'élargissement de l'accès aux appareils et accessoires fonctionnels. Des problèmes plus vastes, comme les milieux de travail inaccessibles, l'accessibilité numérique limitée et les soutiens insuffisants en santé mentale, ont également été soulignés. De nombreux participants ont demandé la mise en place d'incitatifs et de leviers politiques pour promouvoir une conception inclusive et un accès équitable à la technologie, à l'éducation et à l'emploi.
Pilier 4 : Transformer les données en action
L'une des principales préoccupations est l'absence de données nationales fiables sur la prévalence de la cécité, de la malvoyance et de certaines maladies oculaires. Les lacunes statistiques sont particulièrement importantes pour les communautés racialisées, les Autochtones, les personnes âgées et d'autres groupes mal desservis.
Les intervenants ont suggéré de tirer parti d'organismes comme l'ICIS, Inforoute Santé du Canada et Statistique Canada. Les points de vue sur le financement de la recherche variaient : certains préconisaient une augmentation des investissements fédéraux, tandis que d'autres préféraient une amélioration de la coordination et de la mise en œuvre ainsi qu'une réduction des cloisonnements. Les intervenants et les partenaires ont souligné que la recherche doit être inclusive et, s'il y a lieu, dirigée par des Autochtones selon les principes de propriété, de contrôle, d'accès et de possession des Premières Nations (PCAP®), afin que les Premières Nations aient le contrôle des processus de collecte de données et qu'elles possèdent et contrôlent la façon dont ces renseignements peuvent être utilisés.
Pilier 5 : Adopter les nouvelles technologies et les solutions innovantes
Les intervenants ont souligné le potentiel de leadership du Canada en matière de biotechnologie et d'outils numériques liés aux yeux. Ils ont cerné des possibilités clés dans le dépistage assisté par IA pour des affections comme la rétinopathie diabétique. Les cliniques mobiles, la télémédecine et les outils d'assistance fondés sur l'IA (p. ex. Be My Eyes) ont été considérés comme des moyens prometteurs d'élargir l'accès, particulièrement dans les collectivités rurales, éloignées ou isolées.
Toutefois, certains intervenants ont souligné que les innovations peuvent être freinées par la lenteur des voies réglementaires et des processus provinciaux incohérents. Ils ont recommandé de nouveaux mécanismes d'analyse prospective, de mise à l'échelle de technologies efficaces et de partage des pratiques exemplaires entre les administrations. Les collègues provinciaux et territoriaux ont souligné le rôle important que joue le gouvernement fédéral dans la production et l'évaluation des données probantes concernant les nouvelles technologies, ainsi que sa capacité d'accélérer la mise en œuvre de ces nouvelles technologies en tirant parti de son rôle de rassembleur et de coordonnateur.
Autres thèmes
Les intervenants ont soulevé des préoccupations au sujet de la myopie en croissance, des liens entre la cécité, la perte de vision et la pauvreté, de la variabilité des réformes du champ d'exercice des optométristes, des risques associés aux lentilles cornéennes cosmétiques, des pressions commerciales dans le domaine des soins oculaires et des possibilités de collaboration internationale. Beaucoup ont souligné que la Stratégie nationale devrait servir de cadre à long terme se prolongeant bien au-delà de 2026.
Santé Canada a également entendu des préoccupations concernant les défis auxquels font face les Autochtones pour accéder aux services de soins oculaires, y compris ceux qui sont admissibles à une garantie du programme des soins de santé non assurés de Services aux Autochtones Canada. Bien que le programme offre une garantie de soins oculaires (examens de la vue et lunettes) aux clients des Premières Nations et inuits admissibles qui ne sont couverts par aucune autre forme d'assurance (programmes sociaux, régimes d'assurance privés, régimes provinciaux et territoriaux), les partenaires ont exprimé des préoccupations selon lesquelles les clients admissibles éprouvent des difficultés en matière d'accessibilité.
Annexe B : Gouvernement fédéral et soins oculaires
Les soins oculaires ne font pas partie du système de soins de santé public du Canada. Cela signifie que la plupart des aspects des soins oculaires, en particulier les examens de la vue et les verres correcteurs, sont habituellement couverts par une assurance de l'employeur ou privée, ou payés directement par les patients. Les soins oculaires ne sont pas couverts universellement par le régime d'assurance maladie en vertu de la Loi canadienne sur la santé, sauf les soins médicalement nécessaires dispensés par un médecin autorisé ou dans un hôpital, qui pourraient comprendre des interventions comme une chirurgie de base de la cataracte. Toutes les provinces et tous les territoires offrent un certain niveau d'assurance des soins oculaires (examens de la vue et, dans certains cas, lunettes) pour certains groupes démographiques dans le cadre de leur assurance maladie publique, mais la couverture varie selon la province et le territoire.
Le gouvernement du Canada finance et fournit une gamme de services de santé ou une assurance de soins de santé aux membres actifs des Forces armées canadiennes, à certaines populations immigrantes, aux personnes incarcérées dans des établissements correctionnels fédéraux, aux membres inscrits des Premières Nations et aux Inuits reconnus. Les personnes admissibles à ces prestations assurées reçoivent une gamme de services de santé publique et de soins de santé ou bénéficient d'une assurance pour ces services, selon leurs besoins et leur contexte.
À titre de bureau central canadien de la statistique, Statistique Canada mène plusieurs enquêtes représentatives à l'échelle nationale qui brossent un portrait détaillé de la société canadienne. Il s'agit notamment de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, de l'Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes, de l'Enquête sur l'accès aux soins de santé et l'expérience de soins – Soins primaires et spécialisés et de l'Enquête auprès des peuples autochtones, qui comprend des questions sur les maladies oculaires et la perte de vision. De 2015 à 2019, l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé comprenait des évaluations de la vue dans le but d'obtenir des données représentatives à l'échelle nationale sur les niveaux déclarés et non déclarés de glaucome, de dégénérescence maculaire, de rétinopathie diabétique et d'autres maladies oculaires.
Vous trouverez ci-dessous un aperçu d'autres stratégies, programmes et initiatives pertinents qui sont liés à la Stratégie nationale sur les soins oculaires.
Cadre sur le diabète au Canada
Le Cadre sur le diabète au Canada vise à fournir une orientation stratégique commune pour lutter contre le diabète au Canada, y compris pour les populations à risque élevé de développer le diabète, les personnes diabétiques et leurs aidants, les peuples autochtones, les organisations non gouvernementales, les professionnels de la santé, les chercheurs et tous les ordres de gouvernement. Il établit les fondements d'une action collaborative et complémentaire de tous les secteurs de la société afin d'améliorer l'accès à la prévention et au traitement du diabète et d'assurer de meilleurs résultats pour la santé des personnes vivant au Canada.
Cadre sur le diabète au Canada
Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada
Le Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada est une approche pangouvernementale complète en matière d'inclusion des personnes en situation de handicap. Il intègre les considérations relatives aux personnes en situation de handicap dans l'ensemble de nos programmes tout en cernant des investissements ciblés dans des domaines clés pour stimuler le changement. Il s'appuie sur les mesures et les programmes existants visant à améliorer l'inclusion des personnes en situation de handicap et établit des mesures nouvelles et significatives.
Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada
Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap
La Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap est un cadre pour orienter les mesures gouvernementales. La Stratégie s'inscrit dans les mesures prises récemment par le gouvernement du Canada pour aider les personnes en situation de handicap à trouver et à conserver de bons emplois. Elle s'appuie sur des travaux amorcés il y a plus de 60 ans. Elle est fondée sur des données probantes et une compréhension des défis et des expériences des personnes en situation de handicap. Elle explique les mesures prises par le gouvernement du Canada pour permettre aux personnes en situation de handicap de trouver et de conserver de bons emplois.
Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap
Feuille de route pour un Canada accessible : vers un Canada exempt d'obstacles d'ici 2040
La Feuille de route pour un Canada accessible est un cadre qui soutient et présente les efforts des Canadiens qui œuvrent pour créer un Canada exempt d'obstacles d'ici 2040. Il repose sur le principe que l'accessibilité aide tout le monde, et que nous avons tous un rôle à jouer pour créer un Canada exempt d'obstacles d'ici 2040 comme le prévoit la Loi canadienne sur l'accessibilité.
Feuille de route pour un Canada accessible : vers un Canada exempt d'obstacles d'ici 2040
Prestation canadienne pour les personnes handicapées
Administrée par Service Canada, la Prestation canadienne pour les personnes handicapées offre un soutien financier direct aux personnes handicapées âgées de 18 à 64 ans.
Prestation canadienne pour les personnes handicapées
Crédit d'impôt pour personnes handicapées
Le crédit d'impôt pour personnes handicapées (CIPH) est un crédit d'impôt non remboursable qui aide les personnes en situation de handicap ou leurs aidants à réduire le montant de l'impôt sur le revenu qu'ils pourraient devoir payer. En réduisant le montant d'impôt sur le revenu qu'une personne pourrait devoir payer, le CIPH vise à compenser une partie des coûts supplémentaires liés à la déficience.
Crédit d'impôt pour personnes handicapées
Programme d'accès équitable à la lecture
Le Programme d'accès équitable à la lecture (PAEL) est un programme de financement du gouvernement du Canada. Il donne de l'argent aux groupes qui contribuent à la création de documents imprimés en médias substituts pour les personnes ayant une déficience de lecture des imprimés.
Programme d'accès équitable à la lecture
Stratégie nationale visant les médicaments pour le traitement des maladies rares
Dans le cadre de la Stratégie nationale visant les médicaments pour le traitement des maladies rares, le gouvernement du Canada a signé des ententes de financement bilatérales de trois ans avec les 13 provinces et territoires totalisant 1,4 milliard de dollars afin de rendre les médicaments pour le traitement des maladies rares plus accessibles et abordables et d'améliorer la santé des patients partout au Canada, y compris ceux atteints de maladies oculaires rares.
Les IRSC font progresser la recherche sur les maladies rares, notamment une subvention qui appuie un réseau d'essais cliniques sur les maladies rares pédiatriques. Santé Canada fournit aussi un financement à l'Agence canadienne du médicament et à l'Institut canadien d'information sur la santé pour entreprendre des activités visant à améliorer la collecte et l'utilisation de données probantes à l'appui de la prise de décisions, comme l'émission de directives et de soutiens financiers pour améliorer la qualité des registres de patients et encourager l'utilisation de données probantes concrètes dans la prise de décisions.
Stratégie nationale visant les médicaments pour le traitement des maladies rares
Continuum d'accès aux médicaments
Le système d'accès aux médicaments du Canada est une responsabilité partagée qui concerne les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et les partenaires du système. Santé Canada collabore avec des partenaires après l'autorisation pour améliorer la coordination et la rapidité dans l'ensemble du continuum d'accès aux médicaments. Cela comprend des examens harmonisés pour les nouveaux médicaments – des examens menés en parallèle avec l'échange d'information entre Santé Canada et les organismes d'évaluation des technologies de la santé (ETS) pour aider à réduire le délai entre l'approbation réglementaire et les recommandations de remboursement, ainsi que l'initiative Objectif zéro de l'Agence des médicaments du Canada (AMC), qui vise l'atteinte d'un intervalle de zéro jour entre l'approbation réglementaire de Santé Canada et la recommandation de remboursement de l'AMC aux régimes publics d'assurance-médicaments participants.
L'Alliance pharmaceutique pancanadienne (APP), qui mène des négociations collectives sur les prix au nom des régimes publics d'assurance-médicaments fédéral, provinciaux et territoriaux participants, a également fait des progrès sur le plan de l'amélioration des délais, réduisant de 41 % la période totale des négociations depuis 2020.
L'APP a également lancé deux nouvelles voies de négociation accélérées :
- Processus de négociation précoce (PNP) : voie accélérée pour certains médicaments anticancéreux approuvés par Santé Canada dans le cadre du projet Orbis, dans le but de terminer les négociations dans un délai de trois à quatre mois, parallèlement à la recommandation finale de l'ETS. L'APP évaluera les possibilités d'étendre cette initiative à d'autres médicaments à l'avenir.
- Processus de négociation ciblé (PNC) : une voie simplifiée pour les négociations non complexes, y compris des médicaments comparables à d'autres médicaments déjà offerts sur le marché.
L'initiative Objectif zéro de l'Agence des médicaments du Canada (AMC)
L'Alliance pharmaceutique pancanadienne (APP)
Initiatives en cours dans le domaine des ressources humaines en santé
Le gouvernement fédéral reconnaît qu'il a un rôle à jouer pour relever les défis liés aux effectifs de la santé et collabore avec les provinces, les territoires, les partenaires et les autres intervenants afin d'accroître le nombre de professionnels de la santé dans les systèmes de soins de santé du Canada.
Le 17 octobre 2025, les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de la Santé se sont réunis pour discuter du renforcement de la santé et du bien-être des Canadiennes et des Canadiens. Les ministres ont reconnu l'urgence de renforcer et de maintenir les effectifs en santé du Canada. Ils ont pris l'engagement de mettre en œuvre rapidement des solutions et d'éliminer les obstacles. Parmi ces solutions, on retrouve la coopération avec leurs homologues responsables de l'immigration afin d'améliorer les parcours des professionnels de la santé formés à l'étranger. Mentionnons également l'accélération de la reconnaissance des titres de compétences étrangers et la collaboration avec les organismes de réglementation canadiens en vue d'adopter des modèles de reconnaissance mutuelle des permis d'exercice afin d'améliorer la mobilité de la main-d'œuvre pour les médecins, le personnel infirmier, et les professionnels de la santé partout au Canada.
Le budget de 2025 prévoit 97 millions de dollars sur cinq ans pour l'établissement du Fonds d'action pour la reconnaissance des titres de compétences étrangers. Le gouvernement collaborera avec les provinces et les territoires afin de rendre le processus de reconnaissance des titres de compétences étrangers plus équitable, transparent, rapide et uniforme. Cela permettra aux professionnels formés à l'étranger et qualifiés de contribuer plus rapidement à la main-d'œuvre canadienne, notamment dans les domaines où il y a pénurie de main-d'œuvre, comme les soins de santé.
Budget de 2025 : Accélérer la réalisation des grands projets d'intérêt national
Réunion des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de la Santé
Réduction du fardeau administratif
Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada sont conjointement responsables de protéger la santé et la sécurité des Canadiennes et des Canadiens. Les règlements sont un outil important pour remplir ce mandat. Par exemple, ils protègent la salubrité et la qualité des aliments, des médicaments et d'autres produits de consommation qui peuvent avoir une incidence sur la santé et la sécurité des gens au Canada. La réglementation peut toutefois être complexe, trop prescriptive ou devenir obsolète, ce qui peut entraîner un fardeau administratif.
Reconnaissant à la fois la nécessité de moderniser les cadres réglementaires et de soutenir une forte croissance économique au Canada, le gouvernement du Canada a lancé un examen du fardeau administratif dans tous les ministères et organismes fédéraux en juillet 2025. L'examen du fardeau administratif s'appuie sur des travaux déjà réalisés au cours des dernières années pour moderniser la réglementation. Tel qu'il est souligné dans leur rapport sur la réduction du fardeau administratif, Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada reconnaissent qu'il est possible d'en faire plus pour simplifier davantage les règles et réduire les formalités administratives pour les parties réglementées et le gouvernement.
Réduction du fardeau administratif
Arrêté proposé prévoyant le recours à des décisions d'autorités réglementaires étrangères, ou à des documents émanant de celles-ci, à l'égard de certaines drogues
Ce projet de règlement introduit un cadre permettant à Santé Canada de se fier aux décisions prises par des autorités réglementaires étrangères fiables lorsqu'elle approuve certains médicaments. Il permettrait l'utilisation d'une liste incorporée par renvoi pour définir les catégories de médicaments et les autorités réglementaires étrangères qui sont admissibles à ce mécanisme. Cette approche vise à simplifier le processus d'approbation en réduisant le double emploi et en accélérant l'accès aux médicaments pour les Canadiennes et les Canadiens. En même temps, elle représente un virage important vers une plus grande harmonisation de la réglementation internationale et une réduction des formalités administratives.
Plan d'action FPT conjoint sur les données de santé et la santé numérique et Charte pancanadienne des données sur la santé
Guidés par des engagements communs et animés par une solide collaboration, les gouvernements de partout au Canada réalisent des progrès significatifs dans le renforcement de la santé numérique et des données sur la santé :
- Collecte et partage de renseignements comparables et de haute qualité pour améliorer les soins de santé offerts aux Canadiennes et aux Canadiens
- Adoption de normes d'interopérabilité communes pour mieux connecter le système de santé du Canada
- Sous la direction d'Inforoute Santé du Canada, les provinces et les territoires, ainsi que les fournisseurs de TI en santé, continuent de favoriser l'adoption de normes d'interopérabilité pour l'échange sécuritaire de données entre les points d'intervention, tout en respectant la vie privée, grâce à la Feuille de route commune de l'interopérabilité pancanadienne
- Mise en œuvre de politiques et de cadres législatifs provinciaux et territoriaux alignés pour soutenir le bien public
- Promotion des principes communs de la Charte pancanadienne des données sur la santé, y compris le renforcement de la confiance du public, la littératie numérique et la souveraineté des données autochtones
- Collecte et mise en commun de données sur la santé publique afin d'aider le Canada à se préparer et à répondre aux événements de santé publique
Charte pancanadienne des données sur la santé
Feuille de route commune de l'interopérabilité pancanadienne
Plan d'action FPT conjoint sur les données de santé et la santé numérique
Plan « Travailler ensemble pour améliorer les soins de santé pour les Canadiens »
Le budget fédéral de 2023 prévoyait des investissements totalisant près de 200 milliards de dollars sur 10 ans pour appuyer le plan « Travailler ensemble pour améliorer les soins de santé pour les Canadiens ».
Un montant de 25 milliards de dollars servait à financer les provinces et les territoires pour appuyer les priorités comme l'accès aux soins de santé familiale, les soins de longue durée à domicile ainsi que les services de santé mentale et de lutte contre les dépendances, soutenir les travailleurs de la santé et moderniser les systèmes de santé.
Plan « Travailler ensemble pour améliorer les soins de santé pour les Canadiens »
Investissements des IRSC
Au cours des cinq dernières années, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont investi environ 67,3 millions de dollars dans la recherche sur la vision. De plus, les IRSC appuient l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ELCV), une plateforme nationale de recherche qui suit plus de 51 000 Canadiennes et Canadiens âgés de 45 à 85 ans depuis au moins 20 ans et qui comprend des recherches sur la santé visuelle et les maladies oculaires.
Pour illustrer l'incidence du financement des IRSC pour la recherche sur la vision, on peut donner pour exemple la Dre Valerie Rac et son équipe, qui ont reçu un financement de 1,7 million de dollars par l'entremise du programme « Subventions d'équipe : mécanismes du diabète et solutions translationnelles » des IRSC. La Dre Rac et son équipe ont conçu, mis en œuvre et évalué conjointement une nouvelle approche fondée sur des données pour cibler les personnes qui ont besoin de se prêter à un dépistage de la rétinopathie diabétique. Ces travaux ont permis de déterminer que le rendement sur un investissement de 1 $ pour le dépistage et les traitements subséquents à faible coût pour le traitement de la progression de la rétinopathie était de 26,95 $, alors que celui du traitement à coût élevé se chiffrait à 7,66 $.
Par l'entremise des IRSC, le gouvernement fédéral a appuyé la recherche sur la vision dans les universités et les instituts de recherche des provinces suivantes : la Colombie-Britannique, l'Alberta, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario, le Québec et la Saskatchewan.
Autres exemples de projets de recherche sur les soins de la vue des IRSC
Dégénérescence maculaire liée à l'âge
Past history of infection as a trigger of immune reprograming and neuroinflammation in late life
Past history of infection as a trigger of immune reprograming and neuroinflammation in late life (1 132 200 $ sur cinq ans), projet dirigé par des chercheurs du Centre de recherche de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Cette étude se concentre sur l'influence possiblement exercée par la mémoire des cellules immunitaires sur la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), le processus par lequel une infection initiale reprogramme ces cellules et les fait réagir différemment lors de rencontres ultérieures. Dans le cadre de ce projet, on s'efforcera de déterminer si les infections courantes entraînent des modifications immunitaires durables qui augmentent le risque de DMLA.
Past history of infection as a trigger of immune reprograming and neuroinflammation in late life
Extracellular Granzyme B Accumulates with Aging and Promotes Age-related Macular Degeneration (AMD)
Extracellular Granzyme B Accumulates with Aging and Promotes Age-related Macular Degeneration (AMD) (1 051 875 $ sur cinq ans), projet dirigé par des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique. Ce projet de recherche permettra de trouver de nouveaux traitements contre la DMLA humide qui peuvent être utilisés à la place des médicaments inhibiteurs du facteur de croissance de l'endothélium vasculaire (anti-VEGF) ou en association avec eux. Le projet cible le granzyme B, une enzyme qui s'accumule dans les tissus rétiniens vieillissants et affaiblit la barrière hémato-rétinienne externe, dans le but de mettre au point un médicament pour prévenir les dommages précoces liés à la DMLA.
Extracellular Granzyme B Accumulates with Aging and Promotes Age-related Macular Degeneration (AMD)
Establishment of a novel multi-parametric assessment protocol for identification of distinctive pathological pathways in age-related macular degeneration
Establishment of a novel multi-parametric assessment protocol for identification of distinctive pathological pathways in age-related macular degeneration, (478 126 $ sur cinq ans), un projet dirigé par des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique. Ce projet de recherche apportera de nouvelles connaissances sur les effets du vieillissement sur la rétine et aidera à déterminer les cibles potentielles pour un diagnostic précoce et précis, ainsi que pour le traitement de la DMLA.
Rétinopathie du prématuré
Ketone Body Metabolism and Its Implications in Proliferative Retinopathies
Ketone Body Metabolism and Its Implications in Proliferative Retinopathies (1 093 950 $ sur cinq ans), un projet dirigé par des chercheurs du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. Cette étude cherche à déterminer si les corps cétoniques produits par les vaisseaux sanguins près des régions rétiniennes ischémiques aident à soutenir les neurones pendant la rétinopathie proliférative (la principale cause de cécité chez les enfants atteints d'une rétinopathie du prématuré et chez les adultes en âge de travailler qui ont une rétinopathie diabétique). Ces travaux pourraient inspirer de nouvelles stratégies visant à préserver la vision dans les cas de rétinopathies prolifératives.
Ketone Body Metabolism and Its Implications in Proliferative Retinopathies
Metabolic control of vascular regeneration in retinopathy of prematurity
Metabolic control of vascular regeneration in retinopathy of prematurity (925 650 $ sur cinq ans), un projet dirigé par des chercheurs du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. Ce projet de recherche porte sur la façon dont la rétine peut former de nouveaux vaisseaux sanguins lorsqu'elle manque non seulement d'oxygène, mais de sources d'énergie. Une protéine appelée « sirtuin‑3 » semble contrôler la façon dont les cellules rétiniennes utilisent ces sources d'énergie. En son absence, les vaisseaux sanguins se régénèrent plus rapidement, ce qui pointe vers de nouvelles cibles métaboliques pour traiter la perte de vision causée par la rétinopathie.
Metabolic control of vascular regeneration in retinopathy of prematurity
Cholesterol metabolism and regulation of the senescence-associated secretory phenotype in retinopathy
Cholesterol metabolism and regulation of the senescence-associated secretory phenotype in retinopathy (868 276 $ sur cinq ans), un projet dirigé par des chercheurs du Centre de recherche de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Cette étude utilise la rétine comme modèle accessible pour découvrir comment les vaisseaux sanguins dégénèrent lors de maladies ischémiques du système nerveux central, en rapport avec les rétinopathies ischémiques, notamment la rétinopathie du prématuré et la rétinopathie diabétique (les principales causes de cécité dans le monde industriel).
Projets de recherche supplémentaires en soins de la vue
LuzCornea: A light activated biomimetic material for on-the-spot repairing thinning corneas
LuzCornea: A light activated biomimetic material for on-the-spot repairing thinning corneas (956 250 $ sur trois ans), un projet dirigé par des chercheurs de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa. LuzCornea est un matériau injectable activé par la lumière, conçu pour remodeler et épaissir doucement la cornée. Ce projet vise à préparer ce matériau pour un usage chez l'humain. L'équipe testera son innocuité et sa biocompatibilité, validera son rendement dans un modèle de grands animaux et produira les données nécessaires à l'approbation réglementaire, tout en peaufinant la façon dont le matériau peut être personnalisé pour chaque patient.
LuzCornea: A light activated biomimetic material for on-the-spot repairing thinning corneas
Collagen Fiber Scaffolds for Emergency Treatment of Corneal Injury
Collagen Fiber Scaffolds for Emergency Treatment of Corneal Injury (952 426 $ sur cinq ans), un projet dirigé par des chercheurs de l'Université Dalhousie. Ce projet de recherche et la technologie proposée visent à stabiliser les dommages au tissu cornéen et à réduire les cicatrices chez les patients qui attendent une greffe de la cornée. Il pourrait également améliorer l'accès aux soins pour les patients vivant en milieu défavorisé ou en région éloignée, car il pourrait être appliqué par les premiers intervenants, ainsi que dans les hôpitaux ruraux et de campagne.
Collagen Fiber Scaffolds for Emergency Treatment of Corneal Injury
Annexe C : Pleins feux sur les innovations
Pilier 1 : Renforcer les partenariats et briser les silos
Réseau de recherche en sciences de la vision (RRSV)
Ce réseau de recherche québécois est voué à l'avancement des connaissances et à l'innovation dans le domaine de la santé oculovisuelle. Il vise à renforcer la capacité de recherche et la compétitivité du Québec dans ce domaine en réunissant des chercheurs, des cliniciens et des institutions afin qu'ils collaborent à des projets interdisciplinaires. Le réseau soutient des projets de recherche allant d'études fondamentales sur le fonctionnement de la vision à la mise au point de thérapies, de technologies et d'approches de réadaptation pour les personnes ayant une déficience visuelle. Il favorise également la formation, le partage des connaissances et les partenariats afin que les découvertes scientifiques puissent se traduire pour la population par de meilleurs soins et de meilleurs résultats en matière de santé visuelle.
Réseau de recherche en sciences de la vision
Plateforme de recherche en santé publique du RRSV
La plateforme de recherche en santé publique du RRSV, est une initiative québécoise axée sur l'amélioration et la protection de la santé de la population par la recherche sur la santé visuelle. Elle réunit des organisations, des chercheurs et des spécialistes pour étudier des questions comme les facteurs de risque, les politiques en matière de santé et les inégalités sociales qui ont une incidence sur la santé visuelle. Guidée par les principes de santé publique, la plateforme met l'accent sur la prévention des maladies, la promotion de la santé et l'action collective pour améliorer le bien-être et prolonger la durée de vie en bonne santé. Dans l'ensemble, il vise à accroître la sensibilisation à la santé visuelle au sein de la population et à encourager la recherche collaborative et l'innovation afin de renforcer les systèmes de santé et les conditions de vie communautaires.
Plateforme de recherche en santé publique du RRSV
À l'École de la Vue
La Fondation des maladies de l'œil mène une initiative de dépistage des troubles de la vue à l'intention des enfants de la maternelle au Québec. Le programme offre aux enfants âgés de 4 à 5 ans des examens de la vue gratuits, effectués directement dans les écoles par des optométristes qualifiés. Son objectif est de détecter tôt les problèmes de vision, lorsqu'ils sont plus faciles à corriger ou à atténuer, de manière à appuyer le développement visuel et l'apprentissage des enfants. En partenariat avec le ministère de l'Éducation du Québec, cette initiative contribue aussi à réduire les obstacles à l'accès aux examens de la vue et favorise l'égalité des chances de réussite au début du parcours scolaire.
Programme d'aides visuelles de l'Ontario
Le programme d'aides visuelles de l'Ontario fait partie du Programme d'appareils et accessoires fonctionnels de la province (Ontario), qui aide les personnes ayant une basse vision ou une cécité de longue durée à payer pour de l'équipement spécialisé qui soutient leurs activités quotidiennes. Les résidents admissibles de l'Ontario qui sont titulaires d'une carte Santé de l'Ontario valide peuvent recevoir une aide financière pour des articles comme des loupes, des aides optiques spécialisées, des technologies de lecture et d'écriture et des cannes blanches. Le programme couvre habituellement 75 % du coût approuvé de ces aides visuelles, tandis que les clients paient la portion restante; toutefois, certaines personnes qui reçoivent de l'aide sociale peuvent être admissibles à une couverture pouvant atteindre 100 %. Les demandeurs doivent être évalués par un professionnel agréé des soins oculovisuels ou de la réadaptation et acheter l'aide visuelle auprès de fournisseurs approuvés avant le traitement de la demande de financement.
Programme d'aides visuelles de l'Ontario
Pilier 2 : Accroître la sensibilisation
Le Mois de la vision des enfants (Octobre)
Cet événement souligne l'importance pour l'enfant de passer régulièrement un examen complet de la vue. En effet, beaucoup d'enfants ne se rendent pas compte qu'ils ont un problème de vision et les parents peuvent ne pas remarquer les signes avant-coureurs. Cette initiative met l'accent sur le dépistage précoce afin de prévenir les répercussions à long terme sur l'apprentissage, le développement et le bien-être général, d'autant plus que les problèmes de vision non corrigés passent souvent inaperçus chez les enfants d'âge scolaire. Les efforts de sensibilisation sont également axés sur la lutte contre l'épidémie croissante de myopie, la promotion du temps en plein air et la réduction de l'utilisation excessive d'écrans pour aider à protéger la vue des enfants.
Le Mois de la vision des enfants
Mois de la sensibilisation à la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) (février)
Les initiatives associées à la sensibilisation à la DMLA soulignent que la DMLA est l'une des principales causes de la perte de vision chez les Canadiennes et les Canadiens de 55 ans et plus, qu'elle touche des millions de personnes et qu'elle nécessite un dépistage précoce pour prévenir une déficience visuelle importante. Les campagnes de sensibilisation du public mettent en évidence l'importance d'un dépistage régulier et d'une santé oculovisuelle proactive; en effet, même si la DMLA précoce se présente souvent sans symptômes clairs, il n'en reste pas moins que le ou la patiente profite grandement d'une intervention rapide. Ces efforts de sensibilisation favorisent l'adoption de modes de vie sains, comme l'amélioration de la nutrition, l'activité physique et l'abandon du tabagisme, qui peuvent aider à réduire le risque de DMLA ou ralentir la progression de la maladie.
Mois de la sensibilisation à la dégénérescence maculaire liée à l'âge
Mois de la santé visuelle (mai)
Le Mois de la santé visuelle encourage les Canadiennes et les Canadiens à intégrer des examens réguliers de la vue à leur routine en matière de santé. En effet, un dépistage précoce peut prévenir ou traiter jusqu'à 75 % de la perte de vision. Les campagnes de sensibilisation mettent l'accent sur le fait que des millions de Canadiennes et de Canadiens vivent avec une maladie oculaire. Parmi ceux-ci, bon nombre ne présentent aucun symptôme évident, ce qui met en lumière le rôle essentiel des optométristes en tant que principaux fournisseurs de soins oculovisuels. Ce mois spécial permet aussi de souligner les efforts nationaux visant à renforcer la sensibilisation aux soins oculovisuels. Il permet notamment de donner aux personnes de tous âges les moyens de protéger proactivement leur vision et de comprendre les vastes connaissances sur la santé que peuvent fournir les examens de la vue.
Pilier 3 : Connecter les Canadiens avec les ressources dont ils ont besoin
Eye See, Eye Learn
Le programme provincial Eye See, Eye Learn est une initiative qui offre gratuitement des examens complets de la vue et des lunettes d'ordonnance (au besoin) aux enfants qui entrent à la maternelle. Des versions du programme sont offertes dans des provinces comme l'Ontario, Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Édouard. Son objectif principal est de veiller à ce que les enfants commencent l'école avec la capacité visuelle nécessaire pour amorcer leur apprentissage, en reconnaissant que de nombreux jeunes enfants ne signalent pas de problèmes de vision et que jusqu'à 80 % de l'apprentissage précoce est visuel. Le programme élimine les obstacles financiers et logistiques aux soins oculovisuels précoces, en aidant à détecter des problèmes comme l'amblyopie, les erreurs de réfraction et les problèmes de vision binoculaire à l'âge où l'intervention est la plus efficace.
Eye Van
La clinique ophtalmologique mobile de Réadaptation en déficience visuelle Canada, entièrement équipée, parcourt plus de 6 000 kilomètres par année pour offrir des services essentiels de soins oculovisuels dans les collectivités éloignées du Nord de l'Ontario, où l'accès aux ophtalmologistes est limité. Depuis 1972, elle a fourni à des milliers de résidents des examens complets de la vue, des traitements, des chirurgies mineures et des références pour des soins spécialisés ou urgents. Exploitée pendant plusieurs mois chaque année et visitant plus de 20 collectivités par tournée, la clinique ophtalmologique mobile comble une lacune critique en matière de soins de santé en offrant des soins de la vue rapides et de grande qualité directement aux populations mal desservies.
EYE MAC
Une initiative de recherche et clinique dirigée par l'Université McMaster qui vise à améliorer l'accès aux soins oculovisuels et au dépistage des troubles de la vue, en particulier chez les enfants. Le projet élabore et étudie des modèles de prestation de soins oculovisuels dans les milieux communautaires, y compris les écoles et les populations mal desservies. Il vise également à générer des données de recherche sur le dépistage des problèmes de la vue, les voies de traitement et les résultats en matière de santé oculovisuelle afin d'inspirer de meilleures approches de santé publique. Dans l'ensemble, EYE MAC travaille avec des optométristes locaux et des partenaires pour élargir l'accès aux examens de la vue précoces et améliorer la façon dont les soins oculovisuels pédiatriques sont prodigués au Canada.
Le projet ICEE soins oculaires pour enfants autochtones
Une initiative canadienne qui vise à améliorer l'accès aux soins oculovisuels pour les enfants des Premières Nations, métis et inuits, en particulier dans les collectivités éloignées. Fondé en 2019 par l'ophtalmologiste pédiatrique Kourosh Sabri, le programme offre des examens de la vue dans des cliniques sur place et en télémédecine, souvent en partenariat avec des organismes de santé locaux et des communautés. Il permet également de s'assurer que les enfants qui ont besoin de lunettes ou de soins spécialisés les reçoivent gratuitement et coordonne l'aiguillage vers un traitement plus avancé au besoin. En outre, le Projet ICEE forme des jeunes de la région à titre de techniciens en soins oculovisuels et vise à renforcer l'accès à long terme aux services de santé dans les collectivités mal desservies.
Le projet ICEE soins oculaires pour enfants autochtones
Dépistage de la rétinopathie diabétique par l'IA
Orbis Canada, avec le soutien de Leonardo Canada, a lancé une étude de dépistage sur la rétinopathie diabétique assistée par l'IA afin d'aider à dépister les personnes vivant avec le diabète dans les régions éloignées et mal desservies du nord de l'Ontario. Le programme, qui en est actuellement à l'étape de la recherche, pourrait permettre aux cliniques de soins primaires de saisir des images rétiniennes qui sont analysées instantanément par l'IA afin de détecter tout signe de rétinopathie diabétique sans avoir besoin d'un ophtalmologiste sur place. L'initiative vise à démontrer comment les outils d'intelligence artificielle peuvent apporter une capacité diagnostique spécialisée directement aux collectivités, et ce, tout en améliorant le dépistage précoce et en réduisant la perte de vision évitable chez les Canadiennes et les Canadiens atteints du diabète.
Dépistage de la rétinopathie diabétique par l'IA
Clinique d'optométrie mobile
La clinique d'optométrie mobile FYidoctors est une unité mobile d'optométrie entièrement équipée et conçue pour offrir des soins oculovisuels complets directement aux Canadiennes et aux Canadiens, en particulier à ceux qui font face à des obstacles comme la distance, les limitations de mobilité ou le manque de services locaux. Il offre des services de soins oculovisuels clés en main, y compris des examens de la vue sur place, la distribution de lentilles d'ordonnance et l'accès à des montures. Lancée initialement en Alberta, la clinique a déjà servi les populations vulnérables grâce à des partenariats communautaires. Elle fait partie d'un déploiement national planifié visant à améliorer l'équité en santé dans les collectivités éloignées, rurales et mal desservies.
Be My Eyes
Be My Eyes est une application mobile gratuite qui met en contact des personnes aveugles et malvoyantes avec des bénévoles voyants et des entreprises. À l'aide de vidéos en direct, ces bénévoles et entreprises peuvent ainsi offrir une aide visuelle en temps réel. La plateforme comprend également Be My AI, un outil alimenté par l'intelligence artificielle qui peut décrire des images et aider les utilisateurs à identifier indépendamment des objets ou du texte. Cette plateforme est appuyée par des millions de bénévoles dans plus de 150 pays, dont de nombreux bénévoles dévoués au Canada.
Pilier 4 : Transformer les données en action
Can-View
Can-View est un dépôt de données sur la santé mis au point à l'Université de Waterloo pour assimiler et intégrer en toute sécurité les données sur la santé oculaire, ce qui favorise la protection des renseignements personnels, le consentement, l'interopérabilité et la confiance. Il permet la recherche, l'innovation, le développement de l'IA et la gouvernance des données dirigée par les Autochtones tout en répondant aux priorités nationales comme l'amélioration du suivi des maladies oculaires, l'élargissement de l'accès aux soins et l'adoption de technologies émergentes. L'initiative s'harmonise également avec la vision plus large de l'Université de Waterloo visant à créer une ressource régionale de données sur la santé qui relie les hôpitaux, les soins primaires, les laboratoires, les services sociaux et le gouvernement pour renforcer la santé et le mieux-être communautaires.
Institut de l'œil de Waterloo
Construit au coût de 53 millions de dollars, l'Institut de l'œil de Waterloo est un nouvel établissement de soins de la vue de l'Université de Waterloo de 68 000 pieds carrés qui réunit la recherche, l'éducation et les soins aux patients sous un même toit. Il intègre des technologies de pointe (p. ex. la téléoptométrie et la réalité virtuelle) afin d'élargir l'accès aux soins oculovisuels à un moment où un Canadien sur cinq risque de perdre la vue en raison de problèmes comme le glaucome et les cataractes. L'Institut vise également à remédier aux pénuries nationales d'optométristes et à améliorer les soins pour les collectivités rurales, éloignées et autochtones mal desservies.
Téléoptométrie à Churchill
L'École d'optométrie et des sciences de la vision de l'Université de Waterloo, en partenariat avec l'Association des optométristes du Manitoba et le Centre de santé de Churchill, a lancé une clinique de téléoptométrie à Churchill (Manitoba), ce qui a permis de doter la collectivité d'outils de diagnostic cardio-vasculaire qui demeurent sur place pour assurer des soins continus.
Cette approche permet aux patients des communautés autochtones éloignées et accessibles uniquement par avion d'avoir accès à des soins de suivi entre les visites en établissement, ce qui réduit le besoin de se déplacer de façon coûteuse et chronophage vers des services optométriques éloignés. En conservant l'équipement à l'échelle locale et en utilisant la téléoptométrie pour combler les lacunes du service, l'initiative élargit considérablement l'accès aux examens de la vue réguliers et à la détection précoce des troubles oculovisuels menaçant la vision chez les populations mal desservies du Nord.
Nouvelles écoles d'optométrie
L'Université de Waterloo et l'Université Mount Royal ont signé un protocole d'entente pour explorer la possibilité d'établir une nouvelle école d'optométrie en Alberta, la première dans l'Ouest canadien et seulement la troisième au pays, afin d'accroître la capacité de formation et de répondre à la demande croissante de soins de la vue. Ce partenariat vise à améliorer l'accès à la formation en optométrie pour les étudiants, en particulier ceux qui proviennent de collectivités rurales et autochtones touchées de façon disproportionnée par des maladies oculaires et systémiques comme le glaucome, le diabète et la dégénérescence maculaire liée à l'âge.
En misant sur les forces des deux établissements, l'initiative vise à recruter une population étudiante plus diversifiée et à combler les pénuries nationales d'optométristes, tout en s'appuyant sur le leadership de longue date de Waterloo et son impact mondial sur la recherche en optométrie.
L'Université du Nouveau-Brunswick et l'Université de Waterloo ont signé un protocole d'entente pour explorer la possibilité d'établir une école d'optométrie à Saint John, dans le but d'améliorer l'accès à la formation en optométrie au Canada atlantique. Ce partenariat vise à éliminer les obstacles importants auxquels font face les étudiants régionaux, qui doivent actuellement quitter la province ou le pays pour suivre une formation, et à accroître le nombre d'optométristes desservant les collectivités rurales et autochtones où les taux de perte de vision évitable sont élevés.
En tirant parti de l'initiative sur la santé intégrée de l'Université du Nouveau-Brunswick et de l'expertise optométrique reconnue à l'échelle nationale de l'Université de Waterloo, la collaboration vise à renforcer la prestation des soins de santé et à offrir des avantages à long terme aux populations mal desservies.
Base de données de l'ICIS
L'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) a été créé en 1994 par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à titre d'organisme indépendant sans but lucratif, voué à la création d'une approche commune de l'information sur la santé au Canada et à sa mise à la disposition des Canadiennes et des Canadiens. Depuis, l'ICIS a dirigé les efforts visant à élaborer des indicateurs du système de santé et à fournir des renseignements comparables sur le secteur de la santé, y compris certains indicateurs liés aux soins oculovisuels. À l'heure actuelle, l'ICIS est le gardien des données pancanadiennes sur les soins oculovisuels pour les visites d'hôpitaux et de médecins financés par le secteur public, les effectifs en santé qui participent à la prestation des soins oculovisuels, ainsi que des données agrégées sur les dépenses en soins oculovisuels dans les secteurs privé et public.
Pilier 5 : Adopter les nouvelles technologies et les solutions novatrices
Centre for Vision Research (Université York)
Le Centre for Vision Research (CVR) de l'Université York est un carrefour reconnu à l'échelle internationale pour la recherche interdisciplinaire sur la vision humaine et machine. Ce centre réunit des experts en psychologie, en génie, en biologie, en physique, en médias numériques et dans des domaines connexes. Ses travaux intègrent la psychophysique humaine, les neurosciences visuelles, la vision informatique et la théorie computationnelle, soutenus par des installations avancées telles qu'un dispositif IRMf 3T, des environnements de réalité virtuelle immersive et des plateformes visuorobotiques.
Le CVR est également le point d'ancrage du programme VISTA de l'Université York, une importante initiative du Fonds d'excellence en recherche Apogée Canada qui accroît le leadership de l'université dans les domaines des sciences biologiques et informatiques de la vision. Le CVR détient actuellement deux importantes subventions fédérales :
- VISTA (Vision Science to Applications) : Permet d'examiner la science de la vision et de l'appliquer à divers domaines du monde réel, y compris les sciences sociales.
- Connected Minds : Axé sur l'IA, les interactions sociotechniques et la compréhension du fonctionnement des processus cognitifs et perceptuels dans des environnements réels.
Centre for Vision Research (Université York)
Recherche ophtalmologique au Canada
La recherche en ophtalmologie au Canada est un domaine solide axé sur la santé visuelle. Les domaines clés comprennent le glaucome, la rétine, la cornée et l'ophtalmologie pédiatrique, ainsi que des travaux avancés en génétique oculaire, en intelligence artificielle et en télémédecine. Des travaux passionnants et novateurs sont menés dans de nombreux instituts partout au Canada, notamment dans les établissements suivants :
- Université Dalhousie
- Université McGill
- Université McMaster
- Comprend le McMaster Pediatric Eye Research Group
- Université de l'Alberta
- Université de la Colombie-Britannique
- Université de Calgary
- Université Laval
- Université du Manitoba
- Université d'Ottawa
- Comprend l'Institut de l'œil de l'Université d'Ottawa
- Université de la Saskatchewan
- Université de Montréal
- Université de Sherbrooke
- Université de Toronto
- Comprend le Vision Science Research Program
- Université Queen's
- Université Western
Voici des exemples d'entreprises canadiennes novatrices dans le domaine des soins oculaires :
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Zilia (Québec, QC) : La plateforme de Zilia utilise l'imagerie, la spectrométrie et l'intelligence artificielle pour améliorer la détection précoce du glaucome, de la rétinopathie diabétique, de la DMLA et des troubles neurologiques grâce à des mesures non invasives des biomarqueurs oculaires.
-
RetinaLogik (Calgary, AB) : Spécialisée dans la technologie du dépistage ophtalmique, cette jeune entreprise met au point un appareil portatif d'examen de la vue fondé sur la réalité virtuelle. Cet appareil utilise l'intelligence artificielle pour effectuer des tests du champ visuel accessibles n'importe où dans une clinique.
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20/20 OptimEyes Technologies (Hamilton, ON) : Cette jeune pousse en biotechnologie travaille à la création d'une plateforme d'administration de médicaments oculaires à l'aide de la technologie micellaire pour améliorer la pénétration des produits et réduire la fréquence des doses.
-
Ocumetics Technology Corp. (à l'échelle du pays) : Cette entreprise de recherche et de développement de produits travaille sur la lentille Ocumetics, une lentille intraoculaire destinée à rétablir la capacité naturelle de focalisation sans lunettes.
Annexe D: Loi sur la stratégie nationale sur les soins oculaires
Loi prévoyant l'élaboration d'une stratégie nationale sur les soins oculaires (version PDF)
Note de bas de page
- Note de bas de page 1
-
La présente Stratégie, y compris ses annexes, a été préparée par Santé Canada conformément à la Loi et ne reflète pas nécessairement les points de vue des provinces et des territoires, bien que ceux-ci aient été consultés lors de son élaboration.
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