Les symboles provinciaux de l'Île-du-Prince-Édouard

L’Île-du-Prince-Édouard fait partie des provinces des Maritimes et est la plus petite province du pays, que ce soit en ce qui a trait à sa superficie ou à sa population.

Origines du nom

Le nom que porte aujourd'hui la province lui a été donné en 1799 en l'honneur du quatrième fils du roi George III, le prince Édouard, père de la reine Victoria. Le prince Édouard était le commandant en chef de l'Amérique du Nord britannique et se trouvait en garnison à Halifax quand l'île fut baptisée.

Les Autochtones avaient auparavant donné à l'île le nom « Abegweit », dérivé du mot Mi'Kmak « Abahquit » traduit librement par « bercé par les vagues ». De leur côté, les premiers colons français l'avaient baptisée « île de Saint-Jean », nom qui se transforma en « Saint John's Island » quand elle fut cédée aux Britanniques en vertu du Traité de Paris de 1763.

L'Île-du-Prince-Édouard a également plusieurs surnoms, dont « Million-Acre Farm » (ferme d’un million d'acres) et de « Garden of the Gulf » (jardin du golfe).

Population (2006) : 138 500

Superficie: Terre - 5 660 km2

Eaux douces - 0 km2

Total - 5 660 km2

Capitale : Charlottetown

Date d'entrée dans la Confédération : le

Province de l'Île-du-Prince-Édouard mise en évidence sur la carte du Canada

Histoire

S'il est établi que les Mi'Kmak habitent l'île depuis deux millénaires, certains indices donnent par ailleurs à penser que leurs ancêtres y vivaient déjà il y a 10 000 ans. Ils y seraient venus en franchissant la basse plaine aujourd'hui recouverte par le détroit de Northumberland.

Les Européens découvrent l'île quand Jacques Cartier y accoste en 1534 en la décrivant comme le « coin de terre le plus beau qu'on puisse imaginer ». Malgré ses comptes rendus enthousiastes, la colonisation de l'île se fait lentement. Les Français n'y établissent une colonie permanente qu'au début du XVIIIe siècle et, en 1748, la population de dépasse pas les 700 habitants.

Toutefois, après la déportation des Acadiens de la Nouvelle-Écosse en 1755, la population de l’île augmente de façon spectaculaire. Quand la forteresse française de Louisbourg tombe aux mains des Britanniques en 1758, la population de l'île s'élève à plus de 5 000 habitants. Les Britanniques forcent tous les Acadiens, à l'exception de quelques centaines, à quitter l'île, bien que la France ne renoncera à sa souveraineté qu'en 1763 lors de la signature du Traité de Paris.

En 1758, l'île est annexée à la colonie britannique de la Nouvelle-Écosse, qui comprend également à l'époque le territoire actuel du Nouveau-Brunswick et, en 1769, elle devient une colonie autonome.

L'Île-du-Prince-Édouard est presque tout au long de son histoire affligée des problèmes causés par l’absence des propriétaires fonciers. En effet, la plupart de ceux-ci, qui ont reçu leur titre de la Couronne britannique, n'y mirent jamais les pieds. Quelques-uns refusent de vendre leurs domaines à leurs locataires, d'autres demandent des sommes exorbitantes pour leur cession ou exigent des loyers très élevés des colons qui désirent exploiter une ferme sur leurs terres fertiles.

Les autorités de l'île tentent d'imposer aux propriétaires une taxe pour couvrir les frais d'administration, mais celle-ci est pratiquement impossible à percevoir. En 1840, la colonie est en mesure de racheter des terres de certains propriétaires et de les offrir en vente aux locataires. Les fonds réservés à cet effet ne tardent toutefois pas à s'épuiser.

L'Île-du-Prince-Édouard accueille la première des conférences de la Confédération, à Charlottetown, en 1864. Toutefois, elle se retire des pourparlers après la conférence de Québec tenue à l'automne de la même année, car ses dirigeants craignent que l'autonomie de l'île soit mise en danger si elle se joint à une grande union canadienne.

Moins de dix ans plus tard, cette décision est toutefois infirmée. La dette qu'elle a contractée pour la construction du chemin de fer, ainsi que les pressions exercées par le gouvernement britannique et les séduisantes promesses des dirigeants canadiens incitent l'île à entrer dans la Confédération en 1873. Le gouvernement canadien a, entre autres, promis d'absorber la dette de la colonie, de lui assurer l'accès au continent à longueur d'année et de lui octroyer des fonds pour racheter les terres des propriétaires absents.

Carte de l'Île-du-Prince-Édouard

Armoiries

Les armoiries de l'Île-du-Prince-Édouard, qui s'inspirent du motif du grand sceau de la province utilisé pour la première fois en 1769, sont accordées officiellement par le roi Édouard VII en 1905. En 2002, elles sont augmentées d'un cimier, de supports, d'un socle et de la devise de la province par un décret de la très honorable Adrienne Clarkson, gouverneure générale.

Le segment supérieur de l'écu est chargé du léopard héraldique anglais. Le léopard figure sur les armoiries du prince Édouard, en l'honneur duquel l'île a été baptisée, et sur les armoiries du roi Édouard VII, qui a accordé ses armes à la province. Le segment inférieur de l'écu est illustré d'un gros chêne à droite et de trois chêneaux à gauche. L'arbre adulte est le chêne de l'Angleterre et les trois chêneaux représentent les trois comtés de la province, celui de King, celui de Queen et celui de Prince. Les arbres s'élèvent tous à partir d'une base unique, l'Île-du-Prince-Édouard et la Grande-Bretagne étant toutes deux des îles.

Le cimier allie le geai bleu et la feuille de chêne rouge, deux emblèmes de la province, ainsi que la couronne royale. Tous ces éléments sont placés sur le casque d'or de la souveraineté, qui symbolise la co-souveraineté de l'Île-du-Prince-Édouard au sein de la Confédération. Les supports sont constitués de deux renards argentés, des animaux appréciés évoquant l'importance de l'élevage d'animaux à fourrure pour l'économie de la province au 19e et au 20e siècle. Ils portent au cou une guirlande de fleurs de pomme de terre et un filet de pêche, qui représentent l'industrie agricole et celle de la pêche. Le socle sur lequel ils se tiennent se compose de roses, de lis, de trèfles et de chardons, les emblèmes floraux de l'Angleterre, de la France, de l'Irlande et de l'Écosse, ainsi que de deux sabots de la Vierge, l'emblème floral de la province. Au centre figure une étoile à huit branches, symbole utilisé pendant des siècles par les Mi'kmaq pour représenter le soleil.

Les armoiries  de l'Île-du-Prince-Édouard

Devise

Parva sub ingenti (Les grands protègent les petits)

Drapeau

Le drapeau de l'Île-du-Prince-Édouard est adopté par décret du roi Édouard VII en 1905 et officiellement sanctionné par une loi en 1964. Le dessin s’inspire des armoiries de la province. De forme rectangulaire, il est bordé sur les trois côtés flottants de bandes qui alternent le rouge et le blanc. Ses dimensions sont trois de longueur sur deux de largeur.

Le drapeau de l'Île-du-Prince-Édouard

Emblème floral

L'emblème floral de l'Île-du-Prince-Édouard, adopté en 1947, est le sabot de la Vierge (Cypripedium acaule). L’espèce d'orchidée est ainsi nommée en raison de ses pétales qui forment un petit sac rappelant un peu la forme d'un sabot. Les abeilles y tombent et dans l'effort qu'elles font pour se libérer, elles se frottent contre les organes mâle et femelle de la fleur, dont elles assurent ainsi la pollinisation. Le sabot de la Vierge pousse habituellement dans les boisés humides et fleurit à la fin de mai et en juin.

L'emblème floral de l'Île-du-Prince-Édouard,  le sabot de la Vierge

Autres symboles de la province

Oiseau

Le geai bleu (Cyanocitta cristata) devient l’oiseau emblématique de l’Île-du-Prince-Édouard en 1977, à la suite d’un vote tenu dans toute la province.

On retrouve le geai bleu partout dans la province à longueur d’année et celui-ci se prépare pour l’hiver en récoltant et en emmagasinant des provisions de grains, de graines et de suif.

L'oiseau de l'Île-du-Prince-Édouard, le geai bleu

Sol provincial

En 1997, l’Île-du-Prince-Édouard adopte une série de sols en reconnaissance de la plus importante ressource naturelle de la province – la terre.

Principal sol de l’Île-du-Prince-Édouard, le sol de Charlottetown représente près de 470 000 acres de terres. Sol limoneux sableux, on le considère comme le meilleur pour une vaste gamme de cultures, dont l’un des produits les plus populaires de l’île, la pomme de terre.

L’île est formée d’une couche de sédiments de grès doux qui produit le riche sol rouge. La rougeur du sol est attribuable à la forte teneur en oxyde de fer (rouille).

Tartan

Le tartan de l’Île-du-Prince-Édouard a été conçu par Mme Jean Reid, de Covehead. Il est adopté en 1960, à la suite d'un concours tenu dans toute la province. Il contient du brun roux, qui représente le sol rougeâtre de l'île; du vert, qui en rappelle l'herbe et les arbres; du blanc pour l'écume des vagues; et du jaune pour le soleil.

Le tartan de l'Île-du-Prince-Édouard

Arbre

La province fait du chêne rouge (Quercus rubra) son emblème arboricole en 1905.

Trouvé partout dans la province au début de l’établissement européen, le chêne rouge était très prisé par les ébénistes en raison de la finesse du grain de son bois, ce qui a pratiquement engendré sa disparition sur l’Île. Depuis, la province a créé à Charlottetown une aire de conservation du nom de Royalty Oaks Natural Area pour ces majestueux arbres.

L'arbre de l'Île-du-Prince-Édouard, le chêne rouge
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