Les symboles territoriaux du Nunavut

Le plus récent et le plus vaste des territoires canadiens et celui situé à l’extrême nord, le Nunavut, est officiellement séparé des Territoires du Nord-Ouest en 1999. La création du Nunavut entraîne le premier changement important à la carte du Canada depuis l’incorporation de Terre-Neuve-et-Labrador en 1949.

Origines du nom

Ce mot de la langue inuktitut signifie « notre pays ».

Population (2006) : 30 800

Superficie : 1 994 000 km2

Capitale : Iqaluit

Date de création du territoire: le 1er avril 1999

Territoire du Nunavut mis en évidence sur la carte du Canada

Histoire

Les vestiges les plus anciens de colonisation dans l'Arctique canadien remontent à plus de 4 000 ans, lorsque la première d'une série de colonies de chasseurs franchit le détroit de Béring pour atteindre le nord du Canada. Les Inuit, qui forment plus de 85 p. 100 de la population du Nunavut, descendent de l'une de ces colonies, celle des Thulés, dont la présence remonte à au moins 1 000 ans.

Le premier contact des Inuits avec des Européens a lieu au XIe siècle, à l'arrivée des Normands. Ces derniers sont suivis, d'abord à l'époque élisabéthaine, puis de nouveau au XIXe siècle, par d'autres explorateurs à la recherche du passage du Nord-Ouest. Plus récemment, ce fut le tour des baleiniers, des agents de traite de la Compagnie de la Baie d'Hudson, des missionnaires et de la Gendarmerie royale du Canada.

L'idée de diviser les Territoires du Nord-Ouest en deux est proposée pour la première fois au début des années 1960, sous le gouvernement de John Diefenbaker. On dépose alors un projet de loi sur cet enjeu à la Chambre des communes. Toutefois, le projet de loi reste lettre morte, certains résidents de l'est de l'Arctique étant venus jusqu'à Ottawa, en avion, afin de rencontrer les membres d'un comité de la Chambre des communes pour dénoncer le fait que les peuples du Nord n'avaient pas été consultés sur le sujet.

Le gouvernement nomme une commission de trois membres chargés d'examiner l'évolution politique de l'Arctique canadien et de faire des recommandations au Parlement. La Commission Carrothers tient quelques audiences au Nord et, en ce qui concerne la division des Territoires du Nord-Ouest, recommande d'attendre dix ans avant de réexaminer la question.

En 1971, la direction de l'Inuit Tapirisat du Canada, un organisme nouvellement créé, déclare que son objectif consiste à créer un nouveau territoire pour les Inuits de l'est de l'Arctique. Malgré les objections du gouvernement des Territoires du Nord‑Ouest à Yellowknife et du gouvernement fédéral, l'organisme insiste pour que ses revendications territoriales soient incluses dans tout accord à venir. L'organisme parvient même à convaincre l'Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest de rendre ce débat public.

Le Nunavut passe sa première épreuve lorsqu'en 1982, on appelle tous les habitants des Territoires du Nord‑Ouest à voter à un référendum sur la question de la division. Le vote penche en faveur des partisans de la division par 53 p. 100 contre 47 p. cent. Dix ans de négociations sur la délimitation de la frontière du nouveau territoire aboutissent, en 1992, à un nouveau référendum visant la ratification des frontières. Le gouvernement du Canada accepte ensuite d'inclure la création du Nunavut dans l'accord final sur les revendications territoriales qui accorde aux Inuit la propriété de 350 000 km2 de terres. En 1993, le Parlement adopte la Loi sur le Nunavut, qui entre en vigueur le 1er avril 1999.

Le Nunavut représente environ 20 p. 100 des terres émergées du Canada, ce qui en fait la plus vaste entité politique du pays. Le territoire est administré par une Assemblée législative dont le mode de fonctionnement se fonde sur le consensus, les 19 membres n'étant rattachés à aucun parti politique. L'employeur le plus important du Nunavut est le gouvernement, les autres principaux secteurs économiques étant les mines, la construction, le tourisme ainsi que les activités traditionnelles comme la chasse, le trappage, la pêche, les arts et l'artisanat.

Carte du Nunavut

Armoiries

Le 1er avril 1999, le très honorable Roméo LeBlanc, gouverneur général, accorde des armoiries au Nunavut. Les couleurs, azur et or, symbolisent les richesses de la terre, de la mer et du ciel. Sur la partie inférieure de l'écu figure un inuksuk, ces monuments de pierres qui guident les gens sur leur chemin et marquent des lieux sacrés et d'autres sites importants. Le qulliq, ou lampe de pierre inuite, représente la lumière et la chaleur associées à la famille et à la collectivité.

Dans la partie supérieure, l'arc concave de cinq cercles dorés évoque les propriétés vivifiantes du soleil et sa trajectoire au-dessus ou au‑dessous de l'horizon, selon la saison. L'étoile Niqirtsituk, c'est-à-dire l'étoile Polaire, sert traditionnellement de guide aux navigateurs et, de façon plus générale, représente le repère fixe et immuable du conseil des sages dans la communauté.

Au-dessus de l'écu, l'igloo représente la vie traditionnelle des gens et leurs moyens de survie. Il symbolise également les membres de l'Assemblée législative du Nunavut réunis pour le bien-être du territoire. La couronne royale représente la gouvernance par et pour tous les résidents du Nunavut et le fait que leur territoire jouit d'un statut équivalent à celui des autres territoires et provinces de la Confédération canadienne.

Le tuktu (caribou) et le qilalugaq tugaalik (narval) représentent tous les animaux terrestres et marins qui font partie du riche héritage naturel du Nunavut et qui contribuent à la subsistance de la population. La terrasse est composée d'éléments de la terre et de la mer et comprend trois importantes variétés de fleurs sauvages de l'Arctique.

Les armoiries  du Nunavut

Devise

Nunavut sanginivut (Nunavut notre force)

Drapeau

Le drapeau du Nunavut est accordé par le très honorable Roméo LeBlanc, gouverneur général, le 1er avril 1999. Les couleurs, blanc, bleu et or, symbolisent les richesses de la terre, de la mer et du ciel. Le rouge représente le Canada. Tout comme sur les armoiries, on y retrouve un inuksuk et l'étoile Niqirtsituk. Les proportions du drapeau sont deux de long sur un de large.

Le drapeau du Nunavut

Emblème floral

L'emblème floral du Nunavut, la saxifrage à feuilles opposées (Saxifraga oppositifolia), a été adopté à l'unanimité par l'Assemblée législative du Nunavut le 1er mai 2000. Cette fleur sauvage est l’une des trois variétés qui sont représentées dans les armoiries du Nunavut. Elle est aussi une des premières plantes à fleurir dans l'Arctique au printemps, et il n'est pas rare de voir dans la toundra des tapis de saxifrages mauves qui se détachent sur le blanc de la neige encore présente lorsqu'elles fleurissent.

L'emblème floral du Nunavut, la saxifrage à feuilles opposées

Autres symboles du territoire

Animal

Le Nunavut a choisi le chien esquimau canadien (canis familiaris borealis) comme animal officiel. Appelée « Qimmiq » dans la langue inuit, cette race pure de chiens est l’une des plus anciennes au monde, et des preuves archéologiques montrent que ces chiens parcourent l’Arctique depuis plus de 4 000 ans. Le chien esquimau canadien a joué un rôle essentiel dans la survie des Inuit pendant de nombreuses générations, étant le seul animal de trait capable de couvrir de grandes distances tout en étant un précieux compagnon de chasse.

L'animal du Nunavut, le chien inuit du Canada

Oiseau

Alors que la plupart des oiseaux migrent vers le sud au début de l’automne, les lagopèdes alpins (lagopus mutus) affichent leur identité inhérente d’oiseaux de l’Arctique en demeurant au Nunavut toute l’année. Connu sous le nom d’Aqiggiq dans la langue inuit, on observe le lagopède alpin d’un bout à l’autre des régions circumpolaires; il a mérité une place dans l’expression artistique, le folklore et la diète des Inuit.

Ses trois variations de plumage caractéristiques le distinguent de la plupart des autres oiseaux qui n’en ont que deux. Son plus grand défi consiste à survivre durant les rigoureux hivers, alors qu’il devient difficile de trouver un abri et de la nourriture en raison de la neige et du vent. Les pattes du lagopède alpin sont couvertes de plumes jusqu’aux serres, ce qui les garde au chaud et leur sert de raquettes pour se déplacer sur la neige sans risque de s’y enfoncer.

L'oiseau du Nunavut, le lagopède alpin
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