Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l’environnement (MIREC) : résultats publiés

La plateforme de recherche de l'Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l'environnement (MIREC) va:

  • identifier les risques possibles pour la santé des mères et des enfants;
  • offrir de nouvelles connaissances sur l'exposition des Canadiens aux produits chimiques présents dans l'environnement.

Quelques résumés des résultats évalués par les pairs sont affichés ici.

Sur cette page

Description de la plateforme de recherche MIREC

Profil de la cohorte : plateforme de recherche MIREC

L'étude MIREC a été créée pour obtenir des données nationales de biosurveillance sur les femmes enceintes et leurs nourrissons. Elle a également examiné les effets nocifs possibles de l'exposition prénatale aux produits chimiques environnementaux sur la grossesse et la santé des nourrissons.

Pour obtenir des renseignements sur la méthode d'étude, visitez la plateforme de recherche MIREC et l'étude MIREC.

Comparativement aux moyennes nationales, les femmes participant à l'étude MIREC avaient tendance à :

  • être plus âgées;
  • fumer moins;
  • avoir un niveau de scolarité supérieur.

L'étude MIREC a évalué moins de personnes que beaucoup d'études mondiales. Néanmoins, elle possède l'un des plus vastes ensembles de données.

La plateforme de recherche MIREC sera une ressource importante dans le domaine de l'exposition prénatale aux produits chimiques environnementaux. Son importance est attribuable :

  • aux études de suivi;
  • aux échantillons prélevés;
  • à la grande quantité de données recueillies.

Santé Canada utilisera ces résultats pour étayer les évaluations des risques et la gestion des risques liés aux produits chimiques environnementaux. Une attention toute particulière sera portée à l'exposition durant la grossesse.

Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Paediatric and Perinatal Epidemiology (vol. 27, no 4, pp. 415-425, juillet 2013).

Biosurveillance des produits chimiques environnementaux

Produits chimiques mesurés dans l'urine pendant la grossesse

Exposition aux phtalates et au bisphénol A chez les femmes enceintes au Canada

Le bisphénol A (BPA) et les phtalates sont deux groupes de produits chimiques qui sont souvent mesurés dans l'urine au cours d'études de population. Les données sur les femmes enceintes au Canada sont toutefois limitées.

Ces produits chimiques ont été mesurés dans des échantillons d'urine prélevés au cours du premier trimestre chez environ 2 000 participantes à l'étude MIREC. Environ 90 % des femmes avaient des concentrations détectables de BPA.

Une évaluation des concentrations urinaires de BPA et des caractéristiques de la mère a révélé que les concentrations :

  • diminuaient avec l'augmentation de l'âge de la mère;
  • étaient plus élevées chez les fumeuses ou les femmes qui ont cessé de fumer pendant la grossesse;
  • tendaient à être plus élevées chez les femmes :
    • nées au Canada;
    • ayant donné un échantillon d'urine à jeun;
    • ayant des faibles revenus et niveaux de scolarité.

Certains phtalates ont été trouvés fréquemment dans l'urine de la mère, alors que d'autres étaient plus rares. Cette étude a permis d'obtenir les premiers résultats de biosurveillance pour un grand nombre de femmes enceintes au cours du premier trimestre de la grossesse.

Les résultats présentent des points communs avec ceux de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS). Les niveaux d'exposition à ces produits chimiques chez les mères de l'étude MIREC sont proches de ceux des femmes dans l'ECMS. Dans certains cas, ils étaient encore plus faibles que les niveaux mesurés par l'ECMS.

Ces résultats sur les niveaux d'exposition faciliteront l'évaluation et la gestion des risques associés à ces produits chimiques.

Cette recherche est publiée dans la revue Environment International (no 68, pp. 55-65, juillet 2014).

Exposition au triclosan et aux formes libres et conjuguées de bisphénol A (BPA) chez les femmes enceintes de la cohorte MIREC

Le triclosan et le BPA sont deux produits chimiques pour lesquels il existe peu de données sur leurs concentrations chez les femmes enceintes.

Le triclosan sert d'agent antimicrobien dans une vaste gamme de produits cosmétiques et de soins personnels, y compris de médicaments en vente libre.

Le BPA est utilisé pour fabriquer un plastique dur et transparent, et peut aussi se trouver dans :

  • les papiers thermiques comme :
    • les billets;
    • les reçus;
  • la résine époxyde qui couvre l'intérieur des boîtes de conserve métalliques et des canettes de boissons.

Ces produits chimiques ont été mesurés dans des échantillons d'urine prélevés au cours du premier trimestre chez environ 1 900 participantes à l'étude MIREC. Les concentrations de BPA étaient plus élevés chez :

  • les fumeuses;
  • les femmes de moins de 25 ans;
  • celles ayant un faible revenu du ménage.

Les concentrations de triclosan tendaient à être plus élevées chez les femmes :

  • n'ayant jamais fumé;
  • d'au moins 25 ans.

Santé Canada utilisera ces résultats pour estimer l'exposition des Canadiens à ces produits chimiques.

Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Environmental Health Perspectives (vol. 123, no 4, pp. 277-84, avril 2015).

Déterminants des concentrations de phosphates de dialkyle dans l'urine de femmes enceintes canadiennes - résultats de l'étude MIREC

Les composés organophosphorés (OP) sont un groupe de pesticides étroitement liés. Ils sont utilisés dans les sites agricoles et non agricoles. Ces pesticides peuvent affecter le fonctionnement du système nerveux.

L'exposition élevée aux OP durant la grossesse a été liée à :

  • des issues défavorables de grossesse;
  • un développement neurologique plus faible chez les enfants.

La plupart de ces pesticides ont été abandonnés ou leur utilisation a été limitée.

Cette étude visait à examiner les liens entre :

  • les concentrations de métabolites d'OP dans l'urine de la mère et
  • divers facteurs qui influencent ces concentrations.

Six produits de dégradation d'OP ont été mesurés dans les échantillons d'urine prélevés pendant le premier trimestre de 1 884 femmes enceintes. Plusieurs facteurs présentaient des associations fortes avec des concentrations urinaires plus élevées, notamment:

  • être non-fumeuse;
  • avoir fait des études supérieures;
  • être à jeun lors du prélèvement d'urine;
  • avoir un IMC normal avant la grossesse;
  • donner un échantillon d'urine en hiver;
  • donner un échantillon d'urine tôt ou tard dans la journée.

Des concentrations urinaires plus élevées ont également été associées aux premières grossesses.

Des concentrations élevées d'OP ont été associées à une consommation accrue de certains aliments, notamment :

  • les tomates;
  • les agrumes;
  • les poivrons;
  • le pain à grains entiers;
  • les haricots et pois secs.

Une corrélation similaire avec des concentrations élevées a aussi été observée chez les femmes qui consommaient plus certaines boissons, notamment :

  • le vin blanc;
  • le jus de pomme;
  • le thé vert et les tisanes;
  • les boissons à base de soja et de riz.

Ces résultats peuvent être utiles à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada. L'Agence peut les utiliser pour l'évaluation continue des risques et la gestion des risques associés à ces pesticides.

Cette étude a été menée par des scientifiques de l'Université de Montréal. Elle a été publiée dans la revue Environment International (vol. 94, pp. 133-140, sept. 2016).

Concentrations d'arsenic chez des femmes enceintes et nouveau-nés canadiens : résultats de la cohorte de l'étude MIREC

L'arsenic est un produit chimique courant dans l'environnement. On peut le trouver en très faible concentration dans:

  • le riz;
  • les poissons, mollusques et crustacés.

L'exposition à long terme pendant de nombreuses années à des niveaux élevés d'arsenic peut :

  • avoir des effets sur plusieurs organes;
  • augmenter le risque de certains cancers.

En ce qui concerne les effets sur la santé des enfants, le moment de l'exposition est déterminant. En effet, les expositions durant la période prénatale et au début de la vie sont plus susceptibles d'avoir des effets néfastes.

L'arsenic a été mesuré dans :

  • le sang de cordon ombilical;
  • les premières selles du bébé;
  • l'urine de la mère au premier trimestre;
  • le sang maternel aux premier et troisième trimestres.

Environ 90 % des femmes enceintes présentaient de faibles concentrations mesurables d'arsenic dans le sang. L'arsenic a été détecté moins souvent dans le sang de cordon ombilical et dans les premières selles du bébé.

La plupart des formes d'arsenic mesurables dans l'urine ont rarement été décelées, à l'exception de l'acide diméthylarsinique.

Dans cette étude, les concentrations d'arsenic dans le sang et l'urine maternels étaient inférieures aux moyennes nationales chez les femmes canadiennes en âge de procréer. En général, on a décelé des concentrations d'arsenic plus élevés chez les femmes :

  • plus âgées;
  • ayant un niveau de scolarité élevé;
  • nées à l'extérieur du Canada.

D'autres recherches sont nécessaires pour trouver les facteurs susceptibles d'influer l'exposition à l'arsenic chez les femmes enceintes et les nourrissons. Les recherches futures devraient également évaluer les effets possibles sur la santé, le cas échéant.

Santé Canada utilisera les résultats de cette étude pour étayer l'évaluation et la gestion des risques liés à l'arsenic.

Cette étude a été réalisée en collaboration avec des scientifiques de :

  • la Yale School of Public Health;
  • l'Institut national de santé publique du Québec;
  • le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, Université de Montréal.

Ces travaux ont été publiés dans la revue Environmental Research (vol. 153, pp. 8-16, février 2017).

Produits chimiques mesurés dans le sang durant la grossesse, dans le sang de cordon ombilical et dans les premières selles du bébé

Exposition maternelle et fœtale au plomb, mercure, cadmium et manganèse : l'étude MIREC

Il existe peu de données canadiennes sur les concentrations de métaux environnementaux potentiellement nocifs chez :

  • les femmes enceintes;
  • les fœtus en développement.

L'étude MIREC a permis de mesurer quatre métaux dans des échantillons de sang maternel prélevés aux premier et troisième trimestres, ainsi que dans :

  • les premières selles du bébé;
  • le sang de cordon ombilical.

Les métaux mesurés étaient :

  • le plomb;
  • le mercure;
  • le cadmium;
  • le manganèse.

Des renseignements sur les aliments consommés et les compléments alimentaires pris ont également été utilisés pour évaluer l'apport en nutriments, notamment :

  • le fer;
  • le calcium;
  • la vitamine D.

Des traces de trois métaux ont été trouvées dans le sang maternel :

  • le plomb;
  • le mercure;
  • le cadmium.

Parmi ces métaux, le cadmium était rarement présent dans le sang de cordon ombilical ou dans les premières selles du bébé. Dans le cas du plomb et du mercure, les concentrations moyennes étaient plus élevées dans le sang de cordon que dans le sang maternel.

On a trouvé du manganèse dans tous les échantillons de matériel biologique analysés. Le manganèse est un nutriment essentiel à la santé humaine, et encore plus durant la grossesse.

Un apport élevé en calcium a été associé à des concentrations sanguines plus faibles des métaux suivants chez la mère au troisième trimestre :

  • plomb;
  • mercure;
  • cadmium;
  • manganèse.

Un apport élevé en calcium a également été associé à des concentrations plus faibles de plomb dans le sang de cordon.

Un apport élevé en vitamine D a été associé à des concentrations sanguines plus faibles des métaux suivants dans le sang maternel au troisième trimestre :

  • plomb;
  • cadmium;
  • manganèse.

L'apport en vitamine D a également été associé à des concentrations plus faibles de plomb dans le sang de cordon.

Ces résultats montrent que le transfert de métaux entre le sang maternel et celui du cordon variait selon le métal. Le transfert de cadmium de la mère au fœtus était moins que pour les autres métaux.

Le fait de consommer plus de calcium et de vitamine D pendant la grossesse peut également être lié à des concentrations plus faibles de:

  • plomb chez la mère;
  • plomb dans le sang de cordon;
  • cadmium chez la mère.

Ces résultats peuvent aider à soutenir la gestion des risques associés aux métaux durant la grossesse de Santé Canada. Ils peuvent également étayer la formulation de conseils sur la bonne nutrition durant la grossesse.

Cette étude a été publiée dans la revue Chemosphere (vol. 163, pp. 270-282, nov. 2016).

Concentrations des polluants organiques persistants dans le sang de cordon et de la mère de la cohorte de l'étude MIREC

Les polluants organiques persistants (POP) sont un groupe de produits chimiques qui restent présents dans l'environnement. Ces produits chimiques s'accumulent dans les tissus adipeux des humains et des animaux. Il peut y avoir un lien entre une exposition plus élevée à certains de ces produits chimiques et certains effets sur la santé, notamment :

  • le cancer;
  • des anomalies congénitales.

Il est essentiel d'évaluer l'exposition environnementale des femmes enceintes, étant donné la vulnérabilité du fœtus en développement. Cette étude a mesuré plusieurs concentrations de POP dans des échantillons de sang maternel et de sang ombilical prélevés au cours du premier trimestre.

L'étude a montré que les femmes étaient exposées à plusieurs produits chimiques. Bon nombre de ces produits chimiques ont été interdits au Canada il y a des années.

Toutefois, comparativement à d'autres études, les concentrations de produits chimiques dans le sang des participantes à l'étude MIREC étaient inférieurs.

De nombreux facteurs influaient sur les concentrations de produits chimiques, notamment :

  • le niveau de revenu;
  • le niveau de scolarité;
  • l'âge de la mère;
  • le tabagisme;
  • l'IMC avant la grossesse;
  • le nombre de grossesses antérieures;
  • le lieu de naissance (en dehors du Canada).

Les résultats de cette étude nous aideront à :

  • appuyer les activités d'évaluation et de gestion des risques de Santé Canada;
  • élaborer des mesures de santé publique pour protéger les femmes enceintes des effets de l'exposition aux produits chimiques présents dans l'environnement.

Ces travaux ont été publiés dans la revue Environmental Health (vol. 15, no 1, p. 59, 4 mai 2016).

État nutritionnel

Mesures de folate total et d'acide folique non métabolisé dans le lait maternel d'un groupe représentatif de femmes canadiennes

Les besoins en folate augmentent durant la grossesse et l'allaitement. On recommande un complément d'acide folique aux femmes :

  • qui allaitent;
  • sont enceintes;
  • qui pourraient devenir enceintes.

Cette étude avait les objectifs suivants :

  • mesurer la teneur en folate totale et en acide folique non métabolisé dans le lait maternel;
  • évaluer la relation entre ces teneurs et la consommation de suppléments d'acide folique chez les mères canadiennes.

Les concentrations de plusieurs formes d'acide folique ont été mesurées dans le lait maternel à l'aide de techniques et d'équipement spécialisés. Les formes mesurées comprenaient :

  • acide folique non métabolisé;
  • acide tétrahydrofolique (THF);
  • 5-formyl-THF;
  • 5-méthyl-THF;
  • 5,10-méthényl-THF.

L'apport quotidien total d'acide folique était fondé sur l'utilisation autodéclarée de suppléments.

L'étude a révélé que l'acide folique non métabolisé était détectable dans le lait de 96,1 % des femmes.

L'apport quotidien total en suppléments d'acide folique a été associé aux concentrations et aux formes de folate du lait maternel. La concentration de folate total était de 18 % supérieure dans le lait maternel des utilisatrices de suppléments, en comparaison de celles qui n'en utilisaient pas. Cet écart était perceptible lorsque la consommation d'acide folique dépassait 400 µg par jour.

Les concentrations d'acide folique non métabolisé et de 5-méthyl-THF des utilisatrices de suppléments étaient respectivement 126 % plus élevés et 19 % plus faibles que ceux des femmes qui n'en utilisaient pas. Les femmes qui consommaient plus de 400 µg d'acide folique par jour affichaient des concentrations de 5-méthyl-THF plus faibles et des concentrations d'acide folique non métabolisé plus élevés, comparativement à celles qui consommaient 400 µg ou moins par jour.

Cette étude a montré que la prise de suppléments d'acide folique était associée à une augmentation modeste du folate total dans le lait maternel. Elle a également montré que l'acide folique non métabolisé était détectable dans le lait maternel de presque toutes les participantes.

L'acide folique non métabolisé du lait maternel était proportionnellement plus élevé que l'acide 5-méthyl-THF chez les femmes qui consommaient plus de 400 µg d'acide folique par jour. Cela donne à penser que des doses plus élevées de suppléments dépassent la capacité du corps à métaboliser l'acide folique. Cela peut entraîner une augmentation de l'acide folique non métabolisé dans le lait maternel.

Pour cette raison, la prise de suppléments d'acide folique pourrait ne pas être utile lorsque la dose dépasse 400 µg. Cela est particulièrement vrai au Canada, où l'ajout d'acide folique à certains aliments (comme la farine) est obligatoire.

Des scientifiques de Santé Canada ont dirigé ces travaux. Ils ont été publiés dans la revue American Journal of Clinical Nutrition (vol. 105, no 5, pp. 1101-1109, mai 2017, doi : 10.3945/ajcn.116.137968).

Associations entre divers produits chimiques et l'issue de la grossesse

Exposition maternelle aux composés chimiques perfluorés et diminution de la fécondité : l'étude MIREC

Les produits chimiques perfluorés (PFC) ou les substances perfluoroalkyliques (SPFA) sont largement utilisés dans les produits domestiques et industriels. Cela les rend résistants :

  • aux taches;
  • à l'eau;
  • à la graisse.

Ces produits chimiques peuvent persister dans l'environnement. Les mesures de gestion des risques les ont en grande partie éliminés au cours de la dernière décennie, en raison de préoccupations pour l'environnement et la santé.

La production de plusieurs SPFA est en baisse. Néanmoins, on retrouve de faibles taux de SPFA dans le sang des Canadiens, selon les études nationales de biosurveillance menées au Canada.

Certaines SPFA sont associées à des effets nocifs sur la santé, particulièrement dans les modèles animaux. Il existe des preuves contradictoires quant aux effets des SPFA sur la fécondité humaine.

Certaines études indiquent que des concentrations supérieures de SPFA pourraient augmenter le délai de conception. D'autres études n'indiquent aucun effet.

Cette étude a examiné le lien entre les SPFA et le délai de conception. Au cours de la première visite de l'étude, on a demandé aux participantes d'indiquer le nombre de mois pendant lesquels elles avaient eu des rapports sexuels non protégés avant de tomber enceinte.

L'infertilité a été définit comme suit :

  • recevoir un traitement d'infertilité pour la grossesse, ou
  • avoir tenté pendant plus de 12 mois de tomber enceinte.

Des échantillons de sang maternel ont été évalués pour trois des SPFA les plus courantes :

  • le perfluorooctanoate (PFO);
  • le sulfonate de perfluorooctane (SPFO);
  • le sulfonate de perfluorohexane (PFHxS).

Au total, 1 743 femmes ont été incluses dans l'étude. Les résultats ont été ajustés en fonction de facteurs susceptibles de nuire à la fécondité, comme :

  • l'âge;
  • l'indice de masse corporelle;
  • le statut socioéconomique.

L'étude a révélé que les concentrations de SPFA étaient inférieurs à ceux des études antérieures. Toutefois, des taux sanguins élevés de PFO ou de PFHxS ont été liés à une augmentation du nombre de mois avant la grossesse. Aucune différence significative n'a été observée pour le SPFO.

Les probabilités d'infertilité augmentaient à mesure que les concentrations sanguines de PFO ou de PFHxS augmentaient.

Ces résultats portent à croire que l'exposition au PFO et au PFHxS peut avoir une incidence sur la fécondité. Cela est vrai même à des concentrations inférieures à celles mesurées dans d'autres études.

Il s'agit de la plus importante étude à ce jour sur le sujet. Toutefois, ces résultats doivent être lus avec prudence.

Des facteurs importants de la fécondité des couples n'ont pas été mesurés. Cela comprend l'état de santé et l'exposition des partenaires masculins.

Néanmoins, ces résultats confirment le bien-fondé des mesures prises pour réduire la libération de ces polluants dans l'environnement.

Cette étude a été menée par des scientifiques :

  • de Santé Canada;
  • de l'Université de Montréal;
  • du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

L'étude a été publiée dans la revue Human Reproduction (vol 3, pp. 701-9, 30 mars 2015).

Exposition aux phtalates, bisphénol A et métaux durant la grossesse et association avec une diminution de la tolérance au glucose et le diabète gestationnel : l'étude MIREC

Les produits chimiques susceptibles de perturber le système hormonal ont été mesurés pour déterminer s'ils augmentaient le risque de diabète gestationnel.

Les concentrations de BPA et de plusieurs phtalates ont été mesurées dans l'urine des femmes. Quatre métaux ont été mesurés dans leur sang :

  • le plomb;
  • l'arsenic;
  • le cadmium;
  • le mercure.

Un test de tolérance au glucose a été effectué durant la grossesse. Il a permis d'identifier les femmes atteintes de diabète gestationnel ou d'une tolérance réduite au glucose.

Les femmes ayant une concentration élevée d'arsenic dans le sang étaient quatre fois plus susceptibles d'être atteintes de diabète gestationnel que celles dont le sang contenait peu d'arsenic.

Les concentrations élevées des autres métaux ne présentaient aucune association avec :

  • une tolérance réduite au glucose;
  • un risque de diabète gestationnel.

Les résultats de cette étude s'ajoutent aux données étayant le rôle de l'arsenic dans l'augmentation du risque de diabète gestationnel chez les femmes.

Les scientifiques du Centre de santé IWK à Halifax ont dirigé cette étude. L'étude a été publiée dans la revue Environment International (vol. 83, pp. 63-71, oct. 2015).

Associations entre divers produits chimiques et la croissance et la santé métabolique des nourrissons

Étude sur les associations entre l'exposition prénatale aux phtalates et au bisphénol A et les marqueurs de dysfonction métabolique chez le fœtus dans une cohorte de naissance

Les phtalates sont un groupe de produits chimiques utilisés dans de nombreux produits de consommation, comme les parfums et les contenants en plastique. Le BPA est un produit chimique utilisé pour fabriquer :

  • les reçus en papier;
  • un plastique dur et transparent;
  • les garnitures à l'intérieur des conserves métalliques d'aliments et de boissons.

Ces substances chimiques ont une structure semblable à celle d'hormones produites par le corps. C'est pourquoi ces substances peuvent avoir des effets nocifs sur le système endocrinien et reproducteur.

Cette situation est préoccupante pour les femmes enceintes et leurs enfants en développement. En effet, les bébés sont plus sensibles aux effets nocifs possibles des produits chimiques présents dans l'environnement.

Cette étude a examiné le lien entre :

  • les hormones ayant une fonction métabolique et
  • l'exposition des femmes enceintes aux phtalates et au BPA.

Des comparaisons ont été faites entre :

  • les concentrations de BPA et de phtalates dans l'urine des femmes et
  • les hormones leptine et adiponectine dans le sang de cordon ombilical.

Les résultats ont révélé que les concentrations de leptine étaient plus élevées chez les nourrissons de sexe féminin que chez ceux de sexe masculin. Les concentrations d'adiponectine étaient à peu près les mêmes quel que soit le sexe.

Les sources d'exposition au phtalate de monobenzyle peuvent comprendre :

  • les revêtements de sol en vinyle;
  • des emballages alimentaires.

Les femmes ayant des concentrations plus élevées de phtalate de monobenzyle étaient légèrement plus susceptibles d'afficher des concentrations supérieures de leptine dans le sang de cordon. Celles ayant été plus exposées au phtalate de monobenzyle étaient légèrement plus susceptibles d'afficher des concentrations supérieures d'adiponectine dans le sang de cordon.

Cette recherche donne à penser que l'exposition à des substances chimiques courantes durant la grossesse peut être liée à des effets sur la fonction métabolique du fœtus.

Des études récentes montrent que des substances chimiques courantes dans l'environnement peuvent avoir un impact sur le métabolisme. Il existe des liens possibles entre les produits chimiques environnementaux et la hausse :

  • des taux d'obésité;
  • des taux de diabète de type 2.

D'autres recherches sont nécessaires pour déterminer :

  • si les variations des taux d'hormones observées dans cette étude sont liées à une modification des profils de croissance des enfants;
  • si ces variations entraînent l'obésité ou le diabète de type 2.

Ces travaux ont été dirigé par des chercheurs de l'Université Dalhousie et ont été financés par :

  • Santé Canada;
  • l'Association canadienne du diabète (ACB).

Cette étude a été publiée dans la revue Environmental Health(vol. 13, p. 84, 22 oct. 2014).

Concentrations de métaux dans le sang maternel et marqueurs de la fonction métabolique chez le fœtus

Cette étude examine les effets nocifs possibles de l'exposition prénatale aux métaux sur les marqueurs hormonaux du métabolisme fœtal.

Selon des recherches antérieures, l'exposition de la mère à des métaux présents dans l'environnement pourrait avoir un effet négatif sur le métabolisme fœtal.

Cette étude a mesuré les hormones qui régulent l'apport énergétique et les dépôts de graisses, et examiné le lien entre ces hormones dans le sang de cordon ombilical et l'exposition prénatale :

  • au plomb;
  • à l'arsenic;
  • au mercure;
  • au cadmium.

Les voies d'exposition à ces métaux sont notamment :

  • le tabagisme;
  • les émissions industrielles;
  • les polluants dans :
    • le sol;
    • les aliments;
    • l'eau.

Les hormones mesurées dans le sang de cordon ombilical (leptine et adiponectine) peuvent permettre de prédire les profils de croissance infantile.

Chez les adultes, des concentrations très faibles de leptine peuvent entraîner une alimentation incontrôlée et une prise de poids. De faibles concentrations d'adiponectine sont liées à un risque accru de diabète et de cardiopathie.

L'étude a révélé que les concentrations de leptine dans le sang de cordon étaient plus élevées chez les nourrissons de sexe féminin que dans celles de sexe masculin. Les concentrations d'adiponectine dans le sang de cordon étaient à peu près les mêmes, quel que soit le sexe.

Il était plus probable d'observer des concentrations élevées de leptine dans le sang de cordon si le sang de la mère affichait une concentration élevée de cadmium, comparativement aux femmes ayant de faibles niveaux d'exposition. Ce lien n'a été observé que chez les nourrissons de sexe masculin.

Aucun lien significatif n'a été observé entre les autres métaux et ces hormones. Les résultats de l'étude semblent indiquer que l'exposition prénatale à certains métaux, comme le cadmium, pourrait avoir une incidence sur le métabolisme fœtal.

Ces résultats justifient un examen plus poussé des effets de l'exposition prénatale aux produits chimiques sur les profils de croissance infantile. Des recherches approfondies permettront de préciser les répercussions possibles sur la santé et la croissance des enfants.

Cette étude a été réalisée en partenariat avec des scientifiques de l'Université Dalhousie. Elle a été publiée dans la revue Environmental Research (vol. 136, pp. 27-34, janv. 2015).

Concentrations de substances perfluoroalkyliques chez la mère, marqueurs de la fonction métabolique chez le fœtus et poids du bébé à la naissance

D'après des recherches antérieures, l'exposition de la mère aux SPFA peut être liée à un poids inférieur du nourrisson à la naissance. Les SPFA sont des polluants persistants. Ces substances sont largement utilisées pour produire des produits ménagers et des biens de consommation courants, notamment :

  • des vêtements;
  • des batteries de cuisine;
  • des emballages alimentaires.

La période fœtale est une période de sensibilité accrue aux effets nocifs des produits chimiques présents dans l'environnement. Cette étude a examiné le lien possible entre le poids à la naissance des nourrissons et les concentrations sanguines chez la mère de trois formes de SPFA :

  • l'acide perfluorooctanoïque (APFO);
  • le sulfonate de perfluorooctane (SPFO);
  • le sulfonate de perfluorohexane (PFHxS).

On a également évalué le lien entre l'exposition de la mère à ces produits chimiques et les concentrations de leptine et d'adiponectine dans le sang de cordon ombilical. Ces deux hormones peuvent permettre de prédire les profils de croissance infantile.

Les SPFA ont été mesurées dans le sang maternel au premier trimestre chez les participantes à l'étude MIREC. Des concentrations élevées d'APFO dans le sang maternel ont été associées à un poids inférieur du nourrisson à la naissance. L'ampleur de cet effet était faible.

Les concentrations de SPFO chez les mères ont été liées à une légère diminution des concentrations de leptine dans le sang de cordon.

La plupart des femmes nord-américaines présentent des concentrations détectables de ces trois SPFA dans leur sang. Il est donc important de continuer à évaluer les risques possibles de ces produits chimiques pour la santé.

Le suivi des enfants de l'étude MIREC à mesure qu'ils vieillissent aidera à déterminer si les constatations observées peuvent être liées à la croissance et au développement futurs.

Des scientifiques de l'Université Dalhousie ont dirigé cette étude, avec l'aide de scientifiques de Santé Canada. Elle a été publiée dans l'American Journal of Epidemiology (vol. 185, no 3, pp. 185-193, 1er février 2017).

Associations entre divers produits chimiques et le système immunitaire des nourrissons

Exposition prénatale aux phtalates, bisphénol A et substances perfluoroalkyliques et concentrations d'IgE, TSLP et IL-33 dans le sang de cordon

Les taux d'allergies et d'asthme chez les enfants ont augmenté au cours des dernières décennies. Cette tendance n'est pas entièrement expliquée par des facteurs de risque connus comme les antécédents familiaux et le tabagisme.

On suppose que certains produits chimiques présents dans l'environnement pourraient accroître le risque d'allergie chez les enfants, notamment :

  • le BPA;
  • les SPFA;
  • les phtalates.

L'étude de l'exposition prénatale à ces produits chimiques présente un grand intérêt. En effet, la période fœtale est un moment important pour le développement du système immunitaire.

Les perturbations du développement du système immunitaire fœtal peuvent accroître le risque d'allergies pendant l'enfance. Les perturbations peuvent être marquées par des changements dans les concentrations sanguines de marqueurs du système immunitaire comme :

  • les IgE;
  • la TSLP;
  • l'IL-33.

Cette étude a examiné le lien entre les concentrations des trois marqueurs du système immunitaire dans le sang de cordon ombilical et l'exposition prénatale aux substances suivantes :

  • le BPA;
  • les SPFA;
  • les phtalates.

Les données de l'étude MIREC ont été utilisées pour explorer ce lien. Sur les 2 000 femmes étudiées, 1 258 répondaient à certains critères :

  • ont accouché à terme;
  • ont eu un seul enfant;
  • ont fourni un échantillon de sang de cordon.

Il n'y avait pas d'association entre les marqueurs du système immunitaire dans le sang de cordon et les trois groupes de produits chimiques étudiés. Ces résultats s'ajoutent à l'ensemble des connaissances qui appuient les décisions de Santé Canada concernant ces produits chimiques.

Ces travaux ont été menés par des scientifiques de l'Université Dalhousie et ont été publiés dans la revue Environmental Research (vol. 140, pp. 360-8, juillet 2015).

Associations entre divers produits chimiques et le comportement et le neurodéveloppement des nourrissons et des enfants

Associations entre les concentrations urinaires prénatales de bisphénol A et les comportements et les capacités cognitives des enfants

Des études ont établi un lien entre l'exposition prénatale au BPA et certains effets nocifs chez les enfants. D'autres études n'ont pas trouvé ce lien. Seules quelques études antérieures sur l'exposition prénatale au BPA ont évalué la capacité d'apprentissage et de raisonnement des enfants.

Cette étude a mesuré les concentrations urinaires de BPA chez des femmes de l'étude MIREC au cours de leur grossesse.

Quand les enfants des participantes ont eu environ trois ans, l'équipe de l'étude a mesuré les capacités cognitives des enfants. Pour ce faire ils ont utilisés des :

  • tests de quotient intellectuel (QI);
  • tests des fonctions exécutives;
    • capacité à planifier, organiser, être attentif et se souvenir;
  • rapports des parents sur le comportement de l'enfant.

Les concentrations urinaires de BPA des femmes enceintes n'ont pas été liées au QI de leur enfant. Toutefois, le lien observé entre l'exposition prénatale au BPA et les fonctions exécutives diffère selon le sexe de l'enfant.

Des associations ont été estimées pour les enfants dont l'exposition prénatale au BPA étaient deux fois supérieure. Pour ces enfants, les scores relatifs à la mémoire de travail étaient inférieurs de 1 point chez les garçons et de 0,5 point chez les filles. Chez les garçons, des concentrations urinaires de BPA élevées chez la mère ont également été liées à certains comportements, notamment :

  • l'anxiété;
  • la dépression;
  • les comportements somatiques (symptômes physiques qui ne peuvent s'expliquer par des affections sous-jacentes).

Une exposition prénatale au BPA deux fois plus élevée a également été liée à de moins bonnes notes à un test qui mesurait :

  • la communication;
  • les comportements interpersonnels;
  • les comportements répétitifs ou stéréotypés.

Les concentrations prénatales de BPA ont été liés à certains aspects du comportement et de la mémoire de travail des enfants. Toutefois, les chercheurs n'ont pu conclure que le BPA avait causé ces effets, car ils n'ont pu tenir compte du comportement et du QI des parents.

De plus, les concentrations de BPA n'ont été mesurées qu'une seule fois durant la grossesse. Néanmoins, ces résultats s'ajoutent au corpus de connaissances sur les effets neurotoxiques possibles de l'exposition prénatale au BPA.

Ces travaux ont été dirigés par des scientifiques de l'Université Brown et publiés dans la revue Environmental Health Perspectives (vol. 125, no 6, p. 067008, 16 juin 2017).

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