Chapitre 4 : Rapport de L’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada 2008 – Le développement des jeunes enfants

Facteurs socioéconomiques qui influent sur notre état de santé et qui contribuent aux inégalités sur le plan de la santé

Le développement des jeunes enfants

Les premières années de vie sont cruciales pour la croissance et le développement des enfants. Des dispensateurs de soins affectueux, un environnement d’apprentissage positif, une bonne alimentation et une interaction sociale avec d’autres enfants contribuent à un développement physique et social précoce qui peut avoir une incidence positive sur la santé et le bien-être tout au long de la vie8. Un mauvais départ dans la vie cause bien souvent des problèmes qui peuvent avoir des répercussions sur la santé et les perspectives à long terme.

Le développement sain des jeunes enfants comporte trois grands volets : 

  • un revenu adéquat – le revenu familial ne devrait pas être un obstacle au développement positif des enfants, et des mécanismes de soutien devraient être en place pour que tous les enfants bénéficient d’un bon départ dans la vie;
  • de bonnes compétences parentales et fonctionnement de la famille – de bonnes compétences parentales sont essentielles au développement de l’enfant, mais les parents peuvent avoir besoin du soutien de leur employeur pour obtenir un horaire de travail flexible ou encore un congé de maternité ou un congé parental, aussi bien que d’un soutien social plus général pour le bien-être des familles;
  • des environnements communautaires favorables – tous les membres de la communauté sont concernés par le développement sain des enfants. Les communautés doivent offrir des ressources et des programmes de santé et des programmes sociaux aux familles avec enfants8

En général, les enfants canadiens se développent bien en termes de bien-être physique, mental et émotionnel. Le bien-être des jeunes enfants au Canada : Rapport du Gouvernement du Canada, 2008 indique que la majorité des enfants Canadiens montrent des niveaux moyens ou élevés de développement en ce qui a trait au développement moteur et social (83,6 %), au développement verbal (86,5 %), à la connaissance des nombres (83,7 %) et au développement cognitif (85,2 %). De plus, la plupart des enfants canadiens ne montrent aucun signe d’anxiété émotionnelle (85,3 %), d’agression physique (85,8 %) ou de comportements associés à l’hyperactivité ou à l’inattention (93,4 %)294

Il y a cependant des données qui montrent un gradient de santé en matière de développement des enfants, compte tenu des facteurs socioéconomiques. En général, les enfants issus de familles ayant un faible revenu et un faible niveau de scolarité sont en moins bonne santé et ont un taux supérieur de difficultés cognitives, de problèmes de comportement, d’hyperactivité et d’obésité pendant l’enfance295, 296, 297, 298

La disposition à apprendre, une mesure de réussite précoce des enfants en ce qui a trait aux capacités, à l’attitude et au comportement lorsque les enfants commencent à aller à l’école, est un indicateur des avantages des expériences positives en bas âge299. Le Community Asset Mapping Project de Vancouver a permis de découvrir que les enfants de familles à faible revenu obtiennent de moins bons scores pour les résultats mesurés liés à la disposition à apprendre, comme les connaissances, les compétences, la maturité, la connaissance de la langue et le développement cognitif300. La figure 4,4 montre que le vocabulaire passif des enfants augmente en fonction du revenu familial. Elle montre également que la participation précoce des parents à l’apprentissage est un facteur important de réussite, peu importe le revenu. Dans chaque groupe de revenu, en particulier dans les familles à faible revenu, les enfants à qui les parents font la lecture quotidiennement surpassent les autres en ce qui a trait au vocabulaire passif299.

Figure 4,4 Score du vocabulaire passif* d’enfants, âgés de
5 ans, à qui ont fait ou non la lecture tous les jours selon
quatre niveaux de revenu du ménage, Canada, 2002-2003

 

Figure 4,4 Score du vocabulaire passif* d’enfants, âgés de 5 ans, à qui ont fait ou non la lecture tous les jours selon quatre niveaux de revenu du ménage, Canada, 2002-2003

SFR - Seuil de faible revenu
*Un score de 75 correspondant au 5e percentile inférieur de la répartition du score du vocabulaire passif.
Source : Agence de la santé publique du Canada au moyen de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes, 2002-2003, Statistique Canada.


L’incapacité d’accéder à des programmes de développement des jeunes enfants en raison de l’éloignement, de l’offre et de la capacité de payer est un autre obstacle de taille. D’autres obstacles peuvent également se dresser devant les enfants autochtones et les enfants immigrants si les programmes locaux ne sont pas adaptés à la culture ni offerts dans leur langue (consultez la zone de texte encadré). Ces désavantages peuvent avoir pour conséquence que les enfants deviennent des adultes ayant un faible niveau de scolarité et d’alphabétisation, de faibles compétences en communication ainsi qu’ayant peu d’occasions d’emploi et une mauvaise santé physique
et mentale générale301, 302

 

Programmes adaptés à la culture pour les enfants

Programme d’aide préscolaire aux Autochtones

Le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques (1995) et le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones des réserves (1998) du Canada ont été créés pour s’attaquer aux problèmes uniques que vivent les enfants et les familles chez les
Premières nations, les Inuits et les Métis. Les programmes aident à combler les besoins émotionnels, sociaux, sanitaires, nutritionnels et psychologiques des enfants autochtones (de la naissance à six ans) en vue de leur entrée à l’école. Les programmes offrent aux enfants d’âge préscolaire la possibilité d’apprendre la langue, la culture et les valeurs traditionnelles de leur communauté ainsi que les modes de vie sains à adopter, tout en acquérant les compétences requises pour aller à l’école303. En même temps, les parents et les fournisseurs de soins obtiennent de l’information sur le développement sain des enfants et sur les ressources et les services com-munautaires offerts et obtiennent des conseils de sécurité pratiques pour les enfants. Compte tenu du rôle que joue chaque communauté dans l’élaboration du programme pour ses enfants, les dimensions spirituelles et culturelles de la vie autochtone sont incluses dans les activités. Récemment, le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques a fait l’objet d’une évaluation qui révèle :

  • d’importants gains pour les enfants quant au développement physique, personnel et social et à la santé;
  • des changements positifs quant aux pratiques familiales liées à l’alimentation et à la santé;
  • une disposition à apprendre visible et de solides compétences chez les diplômés;
  • un accroissement des pratiques traditionnelles et de l’utilisation des langues autochtones304.

Aujourd’hui, plus de 13 600 enfants et leur famille vivant dans des communautés urbaines et nordiques et dans les réserves du Canada profitent du Programme d’aide préscolaire aux Autochtones305, 306.

 

On reconnaît clairement au Canada l’importance d’un développement des jeunes enfants. Comme il a été mentionné dans un récent rapport publié par la conseillère en santé des enfants et des jeunes du ministre de la Santé du gouvernement fédéral, la croissance de la nation dépend de l’investissement dans la santé des enfants. Ce rapport mentionne également que le Canada peut, et devrait, faire mieux dans les domaines de la santé et du bien-être de ses enfants et de ses jeunes307. Comme mentionné antérieurement, les taux de pauvreté chez les enfants au pays continuent d’être plus élevés que dans d’autres pays développés semblables. Bien qu’il faille faire preuve de prudence lorsqu’on compare les indicateurs internationaux de santé et de développement, le Canada se classe, en moyenne, au 12e rang, parmi 21 pays développés semblables, dans six volets du bien-être des enfants307, 308. De plus, si le bilan des Nations unies sur le bien être des enfants dans les pays riches classe à des rangs élevés le Canada en ce qui concerne les volets éducation et bien-être matériel (2e et 6e rangs), nous nous classons à un moins bon rang en ce qui a trait aux relations familiales et aux relations avec les pairs (18e rang) et aux comportements et aux risques (17e rang)308

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