Manuel de l'exercice et du cérémonial | Chapitre 13 Cérémonial à bord des navires

A-DH-201-000/PT-000

Formations des membres des Forces armées canadiennes lors des cérémonies à bord des navires.

GÉNÉRALITÉS

  1. Afin d’assurer le maximum d’uniformité dans l’ensemble de la flotte, on doit se conformer le plus possible aux directives décrites ci-dessous; celles-ci peuvent toutefois être adaptées aux circonstances particulières à bord de certains navires.
  2. De façon à maintenir la stabilité à bord d’un navire à flot, les militaires devront exécuter les manœuvres à pied en tenant les jambes droites et en fléchissant les genoux le moins possible. En raison des limites d’espace, on peut réduire la distance entre les personnes et les rangs.

DIVISIONS DE CÉRÉMONIE

  1. Les divisions de cérémonie suivent les procédures générales du rassemblement et de la revue d’une compagnie, décrites aux chapitres 7 et 9.
  2. Lorsque le rassemblement des divisions de cérémonie est sifflé, les divisions se forment sous les ordres des maîtres ou des premiers maîtres divisionnaires aux endroits prescrits. Les divisions se forment sur deux ou trois rangs, selon l’espace disponible, dos à la mer. Les maîtres surnuméraires doivent prendre place sur le flanc droit de leur division et le premier maître de la division se place à un pas en avant et au centre de la division, face à celle-ci. Si une division ne comprend que des maîtres, ceux-ci doivent se placer de la façon décrite ci-dessus mais en ordre décroissant d’ancienneté dans le grade, à partir de la droite.
  3. Dès qu’ils sont rassemblés, les membres de la division doivent se numéroter, se placer en fonction de leur taille, ouvrir les rangs et adopter la position en place repos. Les maîtres surnuméraires demeurent immobiles pendant que les membres de la division se forment en fonction de leur taille, sur leur gauche. S’il n’y a pas suffisamment d’espace, on limite l’ouverture des rangs, par exemple « OUVREZ LES RANGS D’UN PAS –  MARCHE ». On peut aussi omettre d’ouvrir les rangs et suivre alors la procédure décrite au paragraphe 8. Après avoir ordonné l’exécution des mouvements qui précèdent, le maître divisionnaire doit faire demi-tour de façon à faire face à l’avant et adopter la position en place repos.
  4. Lorsque l’officier divisionnaire s’approche, le maître de la division doit se mettre au garde-à-vous et ordonner à la division de faire de même. Une fois l’officier arrêté en face de lui, le maître doit saluer et, après que l’officier lui a rendu son salut, lui faire rapport de l’état de sa division.
  5. Dès que les officiers divisionnaires ont assumé leur commandement, les officiers surnuméraires doivent rejoindre les rangs. Lorsque le rassemblement a lieu sur le pont d’envol ou dans le hangar du navire, ils prennent place en travers du navire à l’extrémité avant du pont (voir figure 13-1).
  6. Chaque officier divisionnaire doit passer sa division en revue, en compagnie du maître divisionnaire. Si l’espace disponible ne permet pas d’ouvrir les rangs (voir paragraphe 4), chaque rang reçoit l’ordre de faire un pas en avant une fois que l’avant de ce même rang a été passé en revue par l’officier.
  7. Après la revue, le maître divisionnaire doit prendre place à un pas à droite du rang avant ou à un pas en arrière et au centre de sa division (si l’espace le permet) et l’officier divisionnaire doit se placer à un pas en avant et au centre de sa division. Si l’on n’a pu ouvrir les rangs faute d’espace, l’officier divisionnaire doit donner le commandement « DIVISION, UN PAS VERS L’ARRIÈRE – MARCHE » ou, si les rangs de la division sont ouverts, le commandement « DIVISION, FERMEZ LES RANGS – MARCHE ».
  8. Chaque officier divisionnaire doit alors faire rapport de l’état de sa division au commandant en second et, après avoir reçu l’ordre de rejoindre les rangs, doit retourner en avant de sa division, à laquelle il doit donner l’ordre d’adopter la position en place repos. Le commandant en second doit alors prendre place en avant et au centre du rassemblement ou sur le flanc par lequel le commandant s’approchera.
  9. À l’arrivée du commandant, le commandant en second doit ordonner à l’équipage de se mettre au garde-à-vous et faire rapport de l’état des divisions. Celles-ci peuvent ensuite être passées en revue soit par le commandant, soit par le commandant en second.

Figure 13-1 Divisions

  1. Après la revue, on procède à la remise des récompenses et des décorations et, s’il y a lieu, l’aumônier, le commandant ou un officier désigné peut diriger une courte séance de prière.
  2. Après la séance de prière, le commandant en second doit ordonner à l’équipage de se mettre au garde-à-vous et faire rapport au commandant. Si le commandant ne désire pas adresser la parole à l’équipage, les divisions doivent demeurer au garde-à-vous jusqu’à son départ. Dans le cas contraire, le commandant en second doit donner les commandements « ÉQUIPAGE, EN PLACE, RE – POS »; et « RE – POS ». Une fois l’allocution du commandant terminée, le commandant en second doit donner le commandement « ÉQUIPAGE, GARDE-À –  VOUS ». Après le départ du commandant, le commandant en second doit donner aux officiers l’ordre de rompre les rangs. Il doit ensuite ordonner aux maîtres de rompre les rangs, puis déléguer au capitaine d’armes la responsabilité de faire rompre les rangs à l’équipage.

RASSEMBLEMENT QUOTIDIEN

  1. Le rassemblement quotidien se fait de la même façon que le rassemblement des divisions de cérémonie, sauf que le commandant ne passe pas les troupes en revue.

BRANLE-BAS DU SOIR

  1. Le branle-bas du soir se déroule de la même façon que le rassemblement quotidien.

ENTRÉE AU PORT ET SORTIE DU PORT

  1. Selon l’espace et le nombre de membres du personnel disponibles, les divisions doivent se former sur un, deux ou trois rangs. Les détachements d’officiers et de militaires du rang se forment selon la taille des membres, comme suit :
    1. sur la plage avant – les plus grands vers l’avant;
    2. sur la plage arrière – les plus grands vers l’arrière;
    3. au milieu du navire – alignement normal.
  2. Les officiers, les maîtres, les signaleurs et les membres de l’équipe de plage rejoignent leur poste comme suit (figure 13-2) :
    1. Les membres de la section de la plage avant doivent s’aligner de l’avant vers l’arrière du navire, face au côté indiqué. L’officier de la plage avant est tourné vers la proue du navire. Le maître et le signaleur de la plage avant doivent se placer en travers du navire, tournés vers la proue, derrière les membres de la section de la plage avant.
    2. Les membres de la section du centre doivent s’aligner de l’avant vers l’arrière, face à l’extérieur, du côté indiqué. L’officier de la section du centre doit se placer en avant des membres de la section du centre, aligné sur eux. Le maître et le signaleur de la section du centre doivent se placer entre l’officier et les membres de la section, alignés sur eux.
    3. Les membres de la section de la plage arrière doivent s’aligner de l’avant vers l’arrière, face à l’extérieur, du côté indiqué. L’officier de la plage arrière doit être le plus en avant, suivi du maître et du signaleur de la plage arrière, puis des membres de la section.
    4. Lorsque le navire fait marche arrière, l’officier de la plage avant et l’officier de la plage arrière doivent faire face à l’arrière.
  3. La garde et la musique doivent se placer à l’endroit qui leur a été assigné.
  4. Lorsque le clairon sonne « l'alerte » ou lorsque le signal « silence » est donné au sifflet de manœuvre, les maîtres de division doivent ordonner à leur division de se mettre au garde-à-vous, puis d’adopter la position en place repos au signal « continuez ». Seul le commandant en second salue lorsque retentit « l’alerte » ou le signal « silence ».
  5. Dans certaines circonstances particulières, lorsque d’autres membres de l’équipage désirent participer au rassemblement au moment de l’entrée au port ou à la sortie, ils doivent se rassembler à l’endroit désigné à cet effet, sous les ordres du militaire du rang supérieur présent, et se conformer aux instructions des paragraphes 17 à 19 figurant ci-dessus.

ÉQUIPAGE À LA BANDE POUR LE SALUT

  1. Au commandement « ÉQUIPAGE, À LA BANDE, FOR – MEZ », les membres de l’équipage doivent se former comme pour le rassemblement. Le premier maître d’équipage doit alors assigner à chacun des maîtres de division le secteur que doit occuper sa division en s’assurant, autant que possible, qu’il y a un nombre égal de membres du personnel de chaque côté du navire. Dès qu’il arrive à son secteur, le maître divisionnaire place sa division de sorte que chaque membre soit au garde-à-vous, face à l’extérieur et à un pas de la rambarde.
  2. Au commandement « ALIGNEMENT VERS L’AVANT, PAR LA DROITE ET PAR LA GAUCHE, ALI –  GNEZ », donné par le commandant en second au moyen du système de haut-parleur du pont supérieur, les membres de l’équipage des deux côtés du navire doivent s’aligner par l’avant. L’intervalle entre les marins dépend de l’espace disponible et est indiqué au moment de donner le commandement.
  3. Au commandement « ÉQUIPAGE, À LA – BANDE », chaque marin fait un pas vers l’avant avant et saisit la rambarde des deux mains, en croisant les mains avec celles de son voisin.
  4. Le commandant en second doit alors donner le commandement « PARÉ AUX ACCLAMATIONS, ÉQUIPAGE, GARDE-À – VOUS ».
  5. Aux commandements « DÉCOUVREZ – VOUS; TROIS BANS POUR ___ »; et « HIP HIP – HOURRA », les membres de l’équipage, tenant leur coiffure de la main droite, le bras tendu au maximum devant eux et parallèle au pont, font avec celle-ci un mouvement circulaire dans le sens des aiguilles d’une montre en gardant l’insigne vers l’avant pendant le « HOURRA ».
  6. Les trois bans terminés, le commandant en second doit donner le commandement « COUVREZ – VOUS ».
  7. L’équipage reçoit alors l’ordre de rompre les rangs de l’une des façons suivantes :
    1. au signal « rompez » sonné par le clairon;
    2. au signal « continuez » au sifflet; ou
    3. au commandement « ROM – PEZ » donné par le commandant en second.

Figure 13-2 Disposition de l’équipage à l’entrée au port et à la sortie du port

  1. Après avoir reçu l’ordre de rompre les rangs, les membres de l’équipage doivent se tourner vers l’avant du navire avant de quitter leur poste.

GARDES

  1. En raison du manque d’espace, on devra s’en tenir aux effectifs indiqués ci-dessous lorsqu’il y a lieu de former une garde pour la cérémonie des couleurs ou pour accueillir un dignitaire à bord :
    1. un lieutenant de vaisseau ou un enseigne de vaisseau de 1re classe;
    2. un maître;
    3. au plus 24 et au moins 12 militaires du rang.

CÉRÉMONIE DES COULEURS

  1. En règle générale, les navires de la taille d’un destroyer ne forment pas de garde dans le cadre de la cérémonie des couleurs. Toutefois, si les circonstances l’exigent, on procède de la façon décrite ci-dessous.
  2. La garde doit se former dans un endroit désigné, baïonnettes au canon, et se placer face à l’arrière, en travers du navire, sur deux rangs. Le maître de la garde doit aligner les membres de la garde selon leur taille sur deux rangs ouverts, puis remettre le commandement au commandant de la garde. Après avoir assumé le commandement, le commandant de la garde doit dégainer son épée et donner le commandement « GARDE, EN PLACE RE – POS ». Le maître se place à droite du rang avant. Le clairon se place à droite du rang avant, à un pas.
  3. L’officier de service ou l’officier de quart, ou tout autre officier désigné, de même que le matelot de 1re classe de la coupée et le détachement de salut au sifflet doivent se placer à l’endroit désigné.
  4. Le fanion d’avertissement doit être hissé au mât de misaine cinq minutes avant la cérémonie des couleurs. Le signaleur prend place à l’arrière près du mât du pavillon de poupe, face à l’avant de façon à voir le fanion, et annonce : « LES COULEURS DANS CINQ MINUTES, MONSIEUR ».
  5. Une minute avant l’heure prescrite, le signaleur annonce : « LES COULEURS DANS UNE MINUTE, MONSIEUR », et le commandant de la garde doit alors donner les commandements « GARDE, GARDE-À –  VOUS »; et « GARDE, À L’ÉPAULE – ARMES ».
  6. À l’heure prescrite, le fanion d’avertissement est amené à mi-drisse et le signaleur dit : « MONSIEUR, LES COULEURS ». On fait sonner « l'alerte » au clairon ou le « silence » au sifflet et le commandant de la garde donne le commandement « GARDE, SALUT GÉNÉRAL, PRÉSENTEZ – ARMES ».
  7. Dès que le salut est terminé, le commandant de la garde doit donner le commandement « GARDE, À L’ÉPAULE – ARMES ». Le fanion d’avertissement doit alors être abaissé et, dès qu’il est complètement descendu, le signal « continuez » est donné soit par le clairon, soit au sifflet de manœuvre. La garde reçoit alors l’ordre de mettre l’arme au pied, de remettre la baïonnette au fourreau et de rompre les rangs.

GARDE D’HONNEUR

  1. Quinze minutes avant l’arrivée du dignitaire, la garde doit être rassemblée :
    1. soit à l’appel du clairon qui sonne les appels « garde » et « musique » ou « clairons »;
    2. soit au son du sifflet de manœuvre qui sonne l’appel général au moyen du système de haut-parleur avec le message verbal « rassemblement de la garde, détachement d’accueil en place ».
  2. La garde doit se former près de la coupée, baïonnette au canon. Sous les ordres du maître de la garde, les membres se forment sur deux rangs, face à l’extérieur, les rangs étant ouverts au moment du rassemblement. Les membres de la garde doivent se placer selon leur taille et s’aligner en tenant compte de l’espace disponible, puis le commandement est remis au commandant de la garde. Après avoir assumé le commandement de la garde, le commandant doit dégainer son épée et donner le commandement « GARDE, EN PLACE, RE – POS ».
  3. Lorsque l’embarcation du dignitaire se trouve à deux ou trois longueurs de l’échelle de coupée, on sonne « l’alerte » et le commandant de la garde donne les commandements « GARDE, GARDE-À – VOUS »; et « GARDE, À L’ÉPAULE – ARMES ». Dès que la garde a exécuté ces mouvements, le détachement d’accueil rend les honneurs au sifflet (« appel du bord ») si le dignitaire y a droit. Ce salut est répété une fois le dignitaire parvenu à la plate-forme de l’échelle de coupée.
  4. Dès que le dignitaire a mis pied à bord et qu’il est en position, le commandant de la garde doit donner le commandement « GARDE, SALUT ROYAL (GÉNÉRAL), PRÉSENTEZ – ARMES ». Après le salut musical approprié, le commandant de la garde donne les commandements « GARDE, À L’ÉPAULE – ARMES»; et « GARDE, AU PIED – ARMES », puis fait rapport de sa garde au dignitaire, qui peut alors la passer en revue s’il le désire. Après la revue, le commandant de la garde doit saluer le dignitaire, qui doit alors se diriger vers le carré des officiers ou ailleurs en compagnie du commandant. La garde peut alors rompre les rangs jusqu’à la cérémonie de départ du dignitaire.
  5. Au moment du départ, on répète la même cérémonie qu’à l’arrivée du dignitaire. Lorsque celui-ci s’approche de la coupée, on sonne « l’alerte » et le commandant de la garde donne les commandements « GARDE, GARDE-À – VOUS » et « GARDE, À L’ÉPAULE – ARMES ». Dès que le dignitaire est en place, le commandant de la garde donne le commandement « GARDE, SALUT ROYAL (GÉNÉRAL), PRÉSENTEZ – ARMES ». Dès qu’on a joué le salut approprié, le commandant de la garde donne le commandement « GARDE, À L’ÉPAULE – ARMES ». Au moment où le dignitaire s’avance sur la plate-forme de l’échelle de coupée, le détachement d’accueil rend les honneurs au sifflet et le fait de nouveau lorsque l’embarcation s’éloigne de l’échelle de coupée.
  6. La garde doit alors recevoir l’ordre de mettre l’arme au pied et de remettre la baïonnette au fourreau avant de rompre les rangs.

SALUTS À BORD

  1. Tous les officiers et les militaires du rang doivent saluer quand ils montent à bord d’un bâtiment de guerre en service ou quand ils en descendent.
  2. Les militaires du rang doivent saluer quand ils s’adressent à un officier ou quand un officier s’adresse à eux, et saluer de nouveau quand ils le quittent.
  3. Les officiers et les militaires du rang doivent faire face à la direction appropriée et, s’ils portent une coiffure, saluer dans les circonstances suivantes :
    1. quand on joue l’hymne national du Canada ou d’un autre pays;
    2. quand on hisse les couleurs;
    3. quand on amène les couleurs au coucher du soleil.
    Dans les circonstances énumérées au paragraphe 45, l’officier ou le militaire du rang responsable d’un groupe de militaires du rang doit mettre son groupe au garde-à-vous et saluer.

HONNEURS RENDUS AU SIFFLET (APPEL DU BORD)

  1. Entre la cérémonie des couleurs et le coucher du soleil, il faut rendre les honneurs au sifflet en sonnant l’appel du bord lorsque les personnes suivantes montent à bord d’un navire canadien de Sa Majesté ou en descendent :
    1. la reine;
    2. le gouverneur général;
    3. les lieutenants-gouverneurs dans les territoires sous leur autorité;
    4. les membres de la famille royale lorsqu’ils portent l’uniforme de capitaine de vaisseau ou d’un grade supérieur;
    5. les membres du Conseil de la marine en uniforme;
    6. les amiraux, officiers généraux et commodores canadiens en uniforme et les officiers détenant le grade de commodore ou un grade supérieur dans la marine de pays du Commonwealth quand ils sont en uniforme;
    7. les officiers en uniforme qui commandent un navire ou une formation de navires;
    8. les membres d’une cour martiale qui se rendent à la cour ou qui la quittent;
    9. l’officier de la garde lorsque son guidon est déployé;
    10. lorsqu’on charge à bord ou qu’on décharge une dépouille mortelle et lorsqu’on livre un corps à la mer.
  2. Il faut sonner l’appel du bord en tout temps pour tous les officiers des marines étrangères, autres que celles du Commonwealth, qui commandent un navire ou une formation de navires et qui portent l’uniforme.
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