Manuel de l'exercice et du cérémonial | Chapitre 1 Introduction

A-DH-201-000/PT-000

Termes, notes et symboles que les membres de Forces armées canadiennes doivent lire et suivre dans le Manuel de l’exercice et du cérémonial.

SECTION 1 GÉNÉRALITÉS

OBJET

  1. La présente publication régit l’exercice et le cérémonial au sein des Forces armées canadiennes (FAC).

BUT

  1. L’exercice et le cérémonial ont pour but de contribuer à l’efficacité opérationnelle des FAC  :
    1. en s’assurant que les FAC exécutent efficacement les manœuvres et les exercices militaires à l’unisson, dans le cadre du service courant;
    2. en mettant l’accent sur la discipline, la vivacité d’esprit, la précision, la fierté, la stabilité et la cohésion nécessaires à la réussite.
  2. Tout travail d’équipe repose sur l’exercice.

HISTORIQUE

  1. À une certaine époque, l’exercice et la tactique étaient une seule et même chose, l’exercice consistant en majeure partie à exécuter les mouvements nécessaires sur le champ de bataille. L‘exercice de combat existe depuis les temps anciens. On sait que les Romains utilisaient le pas en cadence pour réaliser des formations tactiques. Bien que la domination de l’infanterie et les exercices précis aient disparu après la chute de l’empire romain et qu’à l’époque féodale les chevaliers soient allés au combat à cheval, les exercices d’infanterie ont refait surface au 14e siècle et ont pris de plus en plus d’importance tout en s’améliorant sans cesse. Les exercices distincts de la cavalerie, de l’artillerie, de l’infanterie et des autres armes (sauf en ce qui concerne l’équipement) ont été remplacés par les exercices destinés à toutes les armes au début du 20e siècle, l’évolution des conditions de la guerre ayant graduellement contribué à séparer la tactique des exercices de caserne.
  2. Les exercices avec ou sans armes exécutés par la Marine royale canadienne, l’Armée canadienne et l’Aviation royale canadienne se ressemblaient beaucoup; ils étaient d’ailleurs tous basés sur les mêmes exercices tactiques. Au moment de l’unification des trois armées en 1968, les exercices de chacune ont été fondus en une seule et même série.
  3. On se sert encore couramment des exercices pour assurer le déplacement ordonné et efficace des troupes. C’est à partir des exercices qu’on exécute les manœuvres précises dans le cadre de présentations et de cérémonies militaires.

TERMINOLOGIE

  1. Dans le présent manuel, les verbes « devoir » et « être » s’entendent dans le sens impératif et « pouvoir » dans le sens facultatif (voir l’annexe A pour les définitions).
  2. Le terme « officier » désigne tout membre du personnel détenant une commission d’officier. Le terme « militaire du rang » s’applique à tout membre du personnel détenant un grade allant de soldat à adjudant-chef inclusivement.
  3. Dans le présent manuel, le genre masculin sert à désigner à la fois les hommes et les femmes. S’il y a lieu, on substituera le terme « Madame » ou « Mademoiselle » au terme « Monsieur ».
  4. Par souci de commodité, on a normalisé la terminologie organisationnelle dans le présent manuel, pour inclure « bataillon », « compagnie », « peloton » et « section ». Les commandants de rassemblement devront en fait utiliser le terme désignant l’organisation relevant de leur commandement, par exemple : « escadrille » ou « troupe » au lieu de « peloton ».

GÉNÉRALITÉS

  1. C’est sur le terrain de rassemblement que les recrues et les officiers subalternes ont l’occasion d’observer, pour la première fois, l’organisation d’une unité et la chaîne de commandement. Qu’il s’agisse de l’officier, du capitaine-adjudant ou du sous-officier, chacun est appelé à remplir des devoirs et des fonctions qui lui sont propres.
  2. Les officiers ne peuvent pas déléguer leurs responsabilités à des sous-officiers au moment des rassemblements et les adjudants et militaires du rang ne devraient pas être appelés à diriger l’exercice des officiers, à moins qu’il ne s’agisse de l’instruction initiale d’officiers subalternes ou de cours de recyclage supervisés par le commandant ou le capitaine-adjudant. Pour mériter le respect auquel ils ont droit en vertu de la fonction qu’ils occupent au moment des rassemblements, les officiers, les adjudants et les sous-officiers doivent s’assurer que les commandements qu’ils donnent et la façon dont ils exécutent leurs mouvements sont irréprochables.
  3. L’exercice sur le terrain de rassemblement offre une excellente occasion aux adjudants et aux sous-officiers de faire preuve d’initiative et d’acquérir l’expérience du commandement, à condition toutefois qu’ils jouissent d’une certaine latitude. Les surveillants supérieurs qui sapent l’autorité de leurs subordonnés manquent à leurs devoirs pour ce qui est de l’exercice du commandement.

EXERCICE ET PROCÉDURES

  1. Exercice. L’exercice comprend des positions, des mouvements et des déplacements réglementaires qui sont dictés par des commandements particuliers, comme « GARDE-À — VOUS » et « PRÉSENTEZ — ARMES ». À moins d’indications contraires dans le présent manuel, aucun écart n’est permis, afin d’assurer l’uniformité des exercices et des manœuvres au sein des FAC.
  2. Procédures. Les procédures sont un ensemble de mouvements réglementaires exécutés dans le cadre de cérémonies ou de tâches particulières. Les commandants peuvent adapter les procédures en fonction des circonstances et des lieux, du moment qu’ils respectent la séquence habituelle et les éléments essentiels des rassemblements traditionnels. Les chapitres qui suivent renferment des lignes directrices à ce sujet.
  3. Expositions et présentations. Il est possible, au cours de présentations militaires, comme le Tattoo et les défilés, d’exécuter une série spéciale de mouvements réglementaires combinés à des exercices mémorisés et réalisés sans les commandements habituels.

MOUVEMENTS RÉGLEMENTAIRES

  1. L’efficacité, la précision et la dignité sont des qualités qui distinguent les exercices des FAC. Ces qualités, qui sont le fruit d’une grande discipline et de beaucoup de pratique, assurent la cohésion et la fierté de l’unité.
  2. Des mouvements réglementaires modifiés ou amplifiés et des particularités individuelles dénotent un manque de discipline et des lacunes sur le plan de l’instruction et trahissent l’incapacité de l’unité à mettre l’accent sur le but et l’utilité des exercices au sein d’une force armée moderne.
  3. Les troupes qui font constamment preuve de compétence dans l’exécution des exercices sont universelle­ment considérées comme des militaires profession­nels bien entraînés et bien disciplinés. Les exercices bien enseignés et bien exécutés développent chez chacun une fierté personnelle, une vivacité d’esprit, une précision et un esprit de corps qui aideront les militaires à exécuter instinctivement les ordres reçus, en tout temps.
  4. Un bon exercice, bien répété, surveillé attentivement et exigeant le plus haut degré de précision constitue une excellente manière de développer l’obéis­sance et la vivacité d’esprit. Un tel exercice définit une norme d’exécution, tant pour l’individu que pour l’unité, et contribue à créer entre le commandant et ses subordonnés la confiance mutuelle qui est une condition essentielle d’un bon moral.
  5. Les qualités personnelles développées sur le terrain de rassemblement doivent aussi s’exprimer dans tous les aspects de la vie militaire. Les commandants doivent insister pour que l’on respecte des normes tout aussi élevées, que l’on soit ou non sur le terrain de rassemblement, car ces qualités doivent s’enraciner assez profondément pour que le militaire puisse résister à toutes les difficultés du service, aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerre. La correction systématique d’erreurs mineures renforce ces caractéristiques et améliore tant le niveau individuel que le niveau de l’unité.

21A. Il est interdit au personnel des Forces armées canadiennes, individuellement ou en groupes, d’exécuter les mouvements d’exercice d’une organisation militaire étrangère ou d’une organisation domestique. Seul le CEMD peut, personnellement et par écrit, accorder une dérogation à la présente directive. Les demandes de dérogation doivent être envoyées au DHP suivant la chaîne de commandement.

SYMBOLES

  1. Les symboles utilisés dans le présent manuel pour les postes occupés sont illustrés à la figure 1-1-1.

Figure 1-1-1 Symboles utilisés pour les postes occupés

TECHNIQUES D’INSTRUCTION

  1. Généralités. L’instructeur doit constamment s’efforcer d’améliorer la qualité de l’instruction donnée. Le présent article contient les techniques à suivre pour garantir le succès de l’instruction.
  2. Apparence et maintien de l’instructeur. Puisqu’on prêche généralement par l’exemple, l’instructeur doit apporter le plus grand soin à son apparence et à son maintien. Lorsqu’il dirige un exercice, l’instructeur doit se tenir au garde-à-vous, à moins qu’il n’ait à faire la démonstration d’un mouvement ou à corriger une personne. L’instructeur doit exécuter tous les mouvements avec précision et de façon énergique.
  3. Démonstrations. Les démonstrations doivent être planifiées de façon à permettre aux membres de l’escouade de voir la position adoptée ou le mouvement exécuté. Toute démonstration doit être faite de façon impeccable. Les instructeurs ont tendance à abuser des démonstrations, ce qu’ils doivent éviter de faire. Il faut utiliser les armes appropriées pour enseigner les mouvements avec armes.
  4. Vérification. Il est essentiel de vérifier constamment les mouvements et de corriger les erreurs dès qu’elles se produisent.
  5. Vocabulaire. L’instructeur doit acquérir et utiliser un vocabulaire de termes brefs et concis, afin de bien faire comprendre aux membres de l’escouade l’importance d’exécuter les mouvements de façon énergique. Par exemple, les mots « claquer  », « enfoncer » et « saisir » donnent une idée du niveau de vivacité requis. L’instructeur ne doit en aucun cas proférer des jurons ou user de sarcasme.
  6. Rudesse. Il est interdit à tout instructeur de frapper ou de rudoyer les membres d’une escouade. Cela n’empêche pas l’instructeur d’aider un membre de l’escouade à corriger sa position, sans toutefois l’accabler de propos offensants.
  7. Périodes de repos. Au début de l’instruction des recrues, on accordera de courtes périodes de repos aux troupes pendant l’exercice, en faisant adopter aux membres de l’escouade la position de repos. On peut profiter de ces moments d’arrêt pour poser aux membres de l’escouade des questions sur les sujets déjà abordés. On doit éviter de demander aux membres de l’escouade de garder la même position trop longtemps; on ne ferait alors que causer de la tension et de la fatigue inutiles. On doit alterner les périodes d’exercice à la halte avec des mouvements de marche, avec ou sans armes, à intervalles appropriés, afin que les membres de l’escouade demeurent alertes et qu’ils fassent travailler leurs muscles, ce qui permettra d’obtenir les meilleurs résultats possibles.
  8. Formation adoptée. L’instructeur doit choisir la formation la plus efficace pour donner l’instruction aux membres de l’escouade. Ceux-ci peuvent se placer sur un seul rang ou encore former un demi-cercle ou un « U » au cours de l’instruction élémentaire.
  9. Erreurs de l’instructeur. Les erreurs commises par un instructeur et décelées par un supérieur doivent être corrigées dès que possible. Le supérieur ne doit toutefois pas reprendre l’instructeur en présence des membres de l’escouade ou si ces derniers sont à portée de voix.

ENSEIGNEMENT DES MOUVEMENTS

  1. Préliminaires. Avant de commencer la leçon, l’instructeur doit :
    1. récapituler les leçons précédentes qui sont pertinentes;
    2. faire adopter à son escouade une formation appropriée, par exemple, la formation en « U »;
    3. indiquer le mouvement qui doit être enseigné et expliquer le but de l’enseignement;
    4. indiquer la norme à atteindre au moment du contrôle de rendement.
  2. Leçon. La leçon doit se donner en deux étapes :
    1. Première étape : démonstration et exécution.
      1. Faire une démonstration complète du mouvement, en comptant la mesure.
      2. Faire une démonstration de la première partie du mouvement.
      3. Expliquer la façon dont la première partie du mouvement doit être exécutée.
      4. Laisser les membres de l’escouade poser des questions.
      5. Faire répéter la première partie du mouvement (escouade au complet, exécution individuelle, escouade au complet).
      6. Enseigner le deuxième mouvement et les mouvements subséquents en respectant le déroulement indiqué ci-dessus.
      7. Faire deux dernières démonstrations complètes du mouvement.
    2. Deuxième étape : répétition complète du mouvement.
      1. Faire une répétition complète du mouvement, tandis que l’instructeur compte la mesure.
      2. Faire une répétition complète du mouvement, tandis que les membres de l’escouade comptent la mesure.
      3. Faire une répétition complète du mouvement, tandis que les membres de l’escouade comptent mentalement la mesure.

NOTA

Lorsqu’il s’agit de mouvements difficiles ou de mouvements comportant plusieurs étapes, l’instructeur peut refaire une démonstration des mouvements avant de les faire répéter au complet.

  1. Essai et contrôle de rendement. Faire l’essai.
  2. Conclusion. Résumer la leçon comme suit :
    1. indiquer le mouvement enseigné et expliquer le but de l’enseignement;
    2. indiquer le niveau de rendement à atteindre;
    3. décrire la leçon suivante.

COMMANDEMENTS

  1. La bonne exécution des mouvements dépend de la façon dont sont donnés les commandements. Le but des commandements étant de transmettre un ordre qui doit être exécuté sur-le-champ, il est essentiel qu’ils soient donnés de façon claire et distincte et sur un ton assuré et énergique.
  2. Les commandements se divisent en deux parties, soit :
    1. l’avertissement;
    2. l’exécution.
  3. Le commandement d’avertissement indique le mouvement à exécuter et doit être donné en premier. Il peut comprendre des directives supplémentaires, par exemple « VERS L’AVANT », « VERS L’ARRIÈRE ». Le commandement d’exécution indique le moment où le mouvement doit être exécuté. Dans le présent manuel, les termes de commandement sont indiqués en lettres majuscules. Un tiret sépare la partie avertissement de la partie exécution, par exemple : « À DROITE OBLI — QUEZ ».
  4. À titre d’indication, l’avertissement devrait s’étaler sur au moins deux pas cadencés, et l’intervalle entre la première et la seconde partie du commandement devrait également être de deux pas. La durée de la pause doit être aussi uniforme que possible.
  5. Le commandement « AU TEMPS » se donne seulement lorsqu’aucun autre commandement ne peut être utilisé pour ramener les membres d’une escouade à leur position antérieure ou pour annuler un commandement erroné avant qu’il n’ait été exécuté.
  6. Exemples de commandements donnés correctement :
    1. « ESCOUADE, VERS LA DROITE, EN TROIS, À DROITE TOUR — NEZ, PAR LA GAUCHE, PAS CADENCÉ — MARCHE »;
    2. « PELOTON, SALUT GÉNÉRAL, PRÉSENTEZ — ARMES »;
    3. « PELOTON NE 1, À LA HALTE, À GAUCHE, FORMEZ PELO — TON »;
    4. « COMPAGNIE, À GAUCHE, EN COLONNE SERRÉE, FORMEZ PELO — TONS »;
    5. « BATAILLON, VERS LA DROITE, EN COLONNE DE ROUTE, À DROITE TOUR — NEZ ».
  7. Les troupes se mettent en ligne au moment du rassemblement et le rang avant reste le même jusqu’à ce qu’il reçoive l’ordre de rompre les rangs. Les avertissements « VERS L’AVANT » et « VERS L’ARRIÈRE » indiquent que les troupes doivent se tourner ou se diriger vers le rang avant ou le rang arrière (voir aussi les paragraphes 9 à 11 du chapitre 3 et le paragraphe 1 du chapitre 7). Ainsi :
    1. « ESCOUADE, VERS L’ARRIÈRE, À DROITE TOUR — NEZ », dans le cas d’une escouade à la halte ou se déplaçant vers la droite en trois et devant tourner vers la droite;
    2. « ESCOUADE, VERS L’AVANT, À DROITE TOUR — NEZ », dans le cas d’une escouade à la halte ou se déplaçant vers la gauche en trois et devant tourner vers la droite;
    3. « ESCOUADE, VERS L’ARRIÈRE, DEMI-TOUR, TOUR — NEZ », dans le cas d’une escouade se déplaçant vers l’avant et devant faire demi-tour;
    4. « ESCOUADE, VERS LA GAUCHE, À DROITE TOUR — NEZ », dans le cas d’une escouade se déplaçant vers l’arrière et devant tourner vers la gauche.
  8. On utilise le commandement « ESCOUADE, VERS L’AVANT (VERS L’ARRIÈRE) » lorsque le changement de direction est fait en ligne. Après chaque changement de direction, le flanc de direction est indiqué par le commandement « PAR LA GAUCHE (DROITE) ».
  9. Exception faite du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, qui exécute ses mouvements comme un régiment de ligne, l’infanterie légère et les régiments de carabiniers qui, selon la tradition, conservent une agilité et une vivacité particulières sur le champ de bataille, peuvent utiliser une combinaison des deux parties d’un commandement lorsqu’ils s’adressent uniquement à leurs propres troupes ou à des unités semblables; par exemple, « ESCOUADE, TOURNEZ, VERS LA DROITE EN TROIS. À L’ÉPAULE, PAS CADENCÉ — MARCHE ». L’escouade doit exécuter dans l’ordre chacun des commandements reçus.

NOTA

Les commandements sont donnés dans la langue première de l’unité. Ainsi, dans une unité unilingue francophone, les commandements sont habituellement donnés en français seulement. Dans les unités désignées bilingues, les deux langues officielles sont utilisées. Dans ce cas, l’exercice sans armes se fera dans la langue de la majorité des militaires rassemblés, tandis que l’exercice avec armes se déroulera dans l’autre langue officielle.

PAUSE RÉGLEMENTAIRE

  1. La pause réglementaire entre chaque mouvement correspond à deux battements au pas cadencé.
  2. Au début de l’instruction, tous les membres de l’escouade doivent compter à haute voix en exécutant les mouvements d’exercice.
  3. Afin d’avertir les membres de l’escouade qu’ils doivent compter la mesure, l’instructeur fera précéder le commandement de chaque mouvement de l’avertissement « EN COMPTANT ». Ainsi, au commandement « EN COMPTANT, À DROITE TOUR — NEZ », les membres de l’escouade :
    1. exécutent le premier mouvement du commandement en comptant ensemble « un »;
    2. après avoir terminé le premier mouvement, comptent « deux », « trois », en observant la pause réglementaire;
    3. exécutent le dernier mouvement en comptant ensemble « un ».
  4. Après avoir exécuté un mouvement en marchant, l’escouade formée de recrues doit compter la mesure pendant trois pas; par exemple, au pas cadencé, l’escouade scandera « gauche-droite-gauche ».

MATÉRIEL D’INSTRUCTION

  1. Tambours. On peut utiliser un tambour pour accentuer l’exécution des exercices avec et sans armes à la halte, pour battre la mesure lorsqu’on désire familiariser les troupes avec les diverses cadences et pour battre la mesure de la marche.
  2. Métronome. Le métronome est un instrument qui émet un son et qui peut être réglé de façon à marquer la cadence de divers mouvements. L’instructeur peut s’en servir pour régler et maintenir la bonne cadence. Le métronome est particulièrement utile lorsqu’on s’en sert avec le tambour. Il faut vérifier régulièrement la précision du métronome à l’aide d’une montre.
  3. Mesure-pas. L’instructeur utilise un mesure-pas pour mesurer la distance, les intervalles et la longueur des pas en marchant (voir chapitre 6).

INSPECTION

  1. On doit ouvrir les rangs lors des inspections.
  2. L’unité doit être alignée après avoir ouvert les rangs en vue de l’inspection; elle peut aussi s’aligner après avoir fermé les rangs.
  3. L’officier ou le sous-officier chargé de l’inspection commencera habituellement celle-ci par le flanc droit du rang avant et inspectera successivement le devant et l’arrière de chaque rang dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. En règle générale, un rang surnuméraire ne devrait pas être inspecté.
  4. S’il y a une musique, elle peut également être inspectée, quoique ce ne soit pas habituel à moins qu’elle ne fasse partie intégrante de l’unité qui tient le rassemblement.
  5. Les militaires se tiennent au garde-à-vous pendant l’inspection. Ceux des autres rangs qui ne font pas l’objet de l’inspection peuvent recevoir l’ordre de se tenir à la position en place repos pendant ce temps. De même, au cours de l’inspection d’une unité ou d’une sous-unité, les autres unités ou sous-unités qui ne font pas l’objet de l’inspection peuvent recevoir l’ordre de se tenir à la position en place repos.
  6. Au cours d’une inspection, un militaire qui reçoit l’ordre d’ajuster sa tenue ou son équipement doit le faire immédiatement tout en restant en place dans le rang. Il doit ensuite reprendre la position du garde-à-vous.
  7. L’inspection d’un militaire, qui doit se faire de la tête aux pieds, a pour but de s’assurer que cet individu :
    1. est prêt pour le rassemblement, sa tenue et son équipement étant propres et en bon état;
    2. est convenablement vêtu, sa tenue, ses insignes, ses décorations, etc., étant portés correctement;
    3. prend grand soin de son hygiène personnelle et de son apparence, par exemple, ses cheveux sont de la longueur réglementaire, il est bien rasé et il est propre.

EXERCICES SANS ARMES

  1. Le militaire qui garde un équilibre parfait dans l’exécution de chaque mouvement démontre qu’il a :
    1. d’excellents réflexes;
    2. de la stabilité;
    3. le contrôle de son corps;
    4. l’esprit vif;
    5. la maîtrise des connaissances de base.
  2. Il faut s’assurer qu’à chacune des étapes de l’instruction, les militaires adoptent le maintien approprié.

CONNAISSANCES DE BASE

  1. Les exercices sans armes comprennent les mouvements élémentaires indiqués ci-après :
    1. « Fléchir le __ genou. » L’une des jambes reste tendue et le pied est posé bien à plat sur le sol, une pression étant appliquée sur les orteils et l’avant-pied. Le genou de l’autre jambe est fléchi de manière à ce que les orteils soient directement sous le genou, formant un angle naturel. Au cours de mouvements exécutés à la halte ou au pas cadencé, on lève le pied à 15 cm au-dessus du sol; au pas ralenti, on lève la cuisse jusqu’à ce qu’elle soit parallèle au sol (voir aussi les procédures spéciales pour les exercices sans armes à bord d’un navire à flot au chapitre 13).
    2. « Allonger la __ jambe. » On allonge la jambe en abaissant le pied vers le sol, de façon que ce soit l’avant-pied qui absorbe le choc.
    3. « Porter le pied __ vers l’avant. » L’une des jambes reste tendue, le pied toujours au sol. Sans que le genou ne soit fléchi, l’autre pied est porté vers l’avant, prêt à recevoir le poids du corps.
    4. « Transférer le poids du corps à __. » On transfère tout le poids du corps sur la partie avant du pied qui est redressé et on conserve son équilibre en posant le pied bien à plat sur le sol.
  2. L’expression « poser le pied bien à plat sur le sol » signifie qu’il faut poser le pied naturellement, sans forcer, ni exagérer le mouvement.

SECTION 2 SALUTS MILITAIRES

GÉNÉRALITÉS

  1. Le salut militaire est une marque officielle de respect et de courtoisie.
  2. Le salut militaire est une manifestation traditionnelle de confiance et le respect. Même si la façon de saluer varie selon les circonstances, le fait d’indiquer son respect en saluant constitue l’une des exigences fondamentales de la discipline militaire.
  3. Au Canada, les saluts militaires ne sont adressés qu’au souverain, au gouverneur général, aux membres de la famille royale, à la royauté étrangère reconnue, aux chefs d’États ou de gouvernements étrangers, au premier ministre, au ministre et au ministre associé de la Défense nationale, aux lieutenants-gouverneurs et aux officiers commissionnés. Les exceptions, comme les saluts aux militaires décédés, sont décrites aux paragraphes 20 à 23 et aux paragraphes 25, 26, 28, 29 et 41.
  4. Le militaire à qui on fait un salut doit rendre ce salut.
  5. Des instructions détaillées sur les différentes façons de saluer sont fournies aux chapitres suivants du présent manuel :
    1. à la halte – chapitre 2;
    2. en marchant – chapitre 3;
    3. avec armes :
      1.  fusil – chapitre 4,
      2.  carabine – chapitre 5
      3.  épée – chapitre 6,
    4. avec le mesure pas ou une canne – chapitre 6

GROUPES DE MILITAIRES

  1. Le responsable d’un groupe de militaires salue habituellement au nom du groupe qu’il commande.
  2. À la halte :
    1. Le responsable doit donner au groupe qu’il commande l’ordre de se tenir au garde-à-vous avant de saluer.
    2. Lorsque le groupe est armé, il doit d’abord être placé au garde-à-vous; il peut ensuite recevoir l’ordre de porter l’arme à l’épaule avant que le responsable ne salue.
  3. Durant la marche :
    1. Le responsable d’un groupe de militaires doit saluer lui-même lorsqu’il croise des officiers subalternes (capitaines et lieutenants) dont le grade est supérieur au sien. Lorsqu’il croise des officiers supérieurs dont le grade est supérieur au sien, il doit donner le commandement « TÊTE À DROITE (GAUCHE) » et saluer de la main en tournant la tête et les yeux dans la direction appropriée.
    2. Lorsque la personne qui commande le groupe a l’arme à la main, elle doit porter l’arme à l’épaule avant d’exécuter les mouvements prescrits à l’alinéa a.

MILITAIRES SEULS

  1. Les officiers doivent saluer les officiers d’un grade supérieur au leur et répondre à tous les saluts qu’ils reçoivent. Les officiers supérieurs qui reçoivent les saluts de troupes en marche au cours d’une prise d’armes doivent continuer de saluer jusqu’à ce que chacun des éléments constitutifs soit passé devant eux.
  2. Les militaires du rang doivent saluer tous les officiers commissionnés.
  3. Les officiers et les militaires du rang qui ne font pas partie d’un groupe de militaires doivent tous saluer individuellement tout officier de grade supérieur qu’ils croisent (voir également le paragraphe 12). L’officier supérieur à qui s’adresse un salut devra retourner le salut, tandis que les militaires qui l’accompagnent font une « tête à droite (gauche) » de la même façon que s’ils saluaient sans coiffure (paragraphe 15) lors du salut ou des salutations.
  4. Lorsqu’un officier s’approche d’un groupe de militaires du rang, le plus haut gradé ou la personne qui, la première, reconnaît l’officier, doit assumer le commandement et donner l’ordre au groupe de se mettre au garde-à-vous (« GROUPE, GARDE-À-VOUS »); le plus haut gradé du groupe ou le militaire qui commande ce dernier est alors le seul à saluer. Les militaires subalternes doivent, si l’occasion s’y prête, signaler à leur supérieur l’approche d’officiers.
  5. Un militaire seul qui rencontre un groupe en marche commandé par un officier doit saluer en s’arrêtant, en se tournant vers le groupe et en saluant de la main. Le militaire devrait continuer à saluer jusqu’à ce que le groupe complet soit passé.
  6. Lorsqu’ils portent des armes, les militaires seuls doivent saluer les officiers en adoptant la position « à l’épaule, armes ». Les sentinelles saluent de la façon décrite à la section 4 du chapitre 10.
  7. Un militaire en uniforme qui ne porte pas de coiffure doit saluer en se tenant au garde-à-vous. S’il est en marche, il continuera de balancer les bras et tournera la tête à gauche ou à droite, selon le cas.

MILITAIRES EN CIVIL

  1. Tout militaire qui rencontre un officier en civil qu’il reconnaît doit saluer de la façon appropriée.
  2. Lorsqu’ils sont en civil, les militaires doivent se tenir au garde-à-vous; les personnes de sexe masculin (sauf les Sikhs) doivent se découvrir dans tous les cas où il y aurait lieu de saluer si elles étaient en uniforme et lorsque la température le permet. En marche, les militaires soulèvent ou enlèvent au besoin leur coiffure et tournent la tête à droite ou à gauche. S’ils ne portent pas de coiffure, ils peuvent simplement tourner la tête dans la direction appropriée et saluer poliment.

CAS PARTICULIERS

  1. Édifices. On ne salue pas à l’intérieur d’un édifice public ou militaire, sauf lors de rassemblements, de cérémonies, dans les secteurs désignés par les commandants ou lorsqu’on entre dans le bureau d’un officier qui, en vertu de son grade ou de son poste, a normalement droit à un salut, ou qu’on en sort. En outre :
    1. il convient de tourner la tête et de saluer poliment lorsqu’on croise un officier dans une aire commune d’un édifice public ou militaire;
    2. les militaires qui travaillent dans un édifice, à l’exception des Sikhs, ne portent habituellement pas la coiffure lorsqu’ils se rendent dans le bureau d’une autre personne à l’intérieur d’un même édifice. Dans ce cas, le salut consiste à se tenir brièvement au garde-à-vous à l’entrée du bureau.
  2. Cénotaphes. Les officiers et les militaires du rang doivent saluer en se conformant aux modalités prescrites pour les militaires seuls ou en groupes, lorsqu’ils passent devant le Monument commémoratif de guerre du Canada ou un cénotaphe dressé à la mémoire de militaires.
  3. Drapeaux consacrés. Les militaires seuls ou faisant partie d’un groupe doivent rendre les honneurs lorsque les drapeaux consacrés sont dégainés, sauf si ces derniers font partie d’une escorte funèbre.
    1. Les groupes de militaires armés à la halte doivent présenter les armes.
    2. Les groupes de militaires qui passent devant des drapeaux consacrés dégainés doivent tourner la tête à droite (gauche).
    3. Voir aussi le paragraphe 30.
  4. Édifices réservés au culte et services religieux. Il faut afficher les marques de respect et de courtoisie qui conviennent lors de services religieux et dans les établissements réservés au culte, selon les coutumes religieuses en cause et la religion du militaire (voir A-DH-265-000/AG-001, Instructions sur la tenue des FAC, chapitre 2, section 3).
  5. Funérailles. Les honneurs suivants doivent être rendus lors de funérailles d’État, militaires ou civiles :
    1. La dépouille du défunt a la préséance et l’exclusivité des saluts pendant les funérailles.
    2. Les militaires doivent porter la coiffure et saluer lorsqu’ils passent devant le cercueil au cours d’une veille.
    3. L’officier ou le responsable d’un groupe de militaires doit donner l’ordre à ses troupes de s’arrêter et de se tourner vers le cortège funèbre lorsque le cercueil croise les troupes et doit saluer lui-même le cercueil. Les militaires seuls salueront de la même façon.
    4. Les militaires armés qui sont seuls ou qui font partie d’un groupe doivent saluer tout cortège funèbre en présentant les armes
    5. Le salut se fait de la façon décrite ci-dessus au moment de la mise en terre du cercueil.
    6. À la fin du service funèbre, I’aumônier se rend au pied de la tombe pour rendre un dernier hommage au défunt. Les militaires se rendent ensuite au pied de la tombe, par ordre d’ancienneté, pour présenter individuellement leurs respects en saluant. S’ils sont nombreux, les militaires peuvent s’approcher librement en petits groupes.
    7. Voir aussi le paragraphe 25.
  6. Gardes et sentinelles. Le chapitre 10 renferme les instructions détaillées concernant le salut par les gardes et sentinelles.
  7. Saluts de courtoisie
    1. Il faut saluer les officiers étrangers de la même façon qu’on salue les officiers des Forces armées canadiennes et les officiers de la Gendarmerie royale du Canada, à moins que les circonstances ne s’y prêtent absolument pas.
    2. Les militaires peuvent effectuer un salut, en signe de respect, pour accueillir officiellement certains civils ou en prendre congé.
    3. La courtoisie et le protocole exigent que la personne de niveau supérieur se trouve à la droite de la personne subalterne. Les personnes les plus importantes qui participent à une activité arrivent habituellement les dernières et partent les premières (Voir chapitre 9, Le cérémonial au sein du bataillon, sections 1 et 2).
  8. Funérailles, cérémonies du souvenir et services commémoratifs. On doit saluer pendant le « Dernier appel » et pendant le « Réveil » au cours des funérailles, des cérémonies du souvenir et des services commémoratifs. (On ordonnera un salut royal ou un salut général, s’il y a lieu.) On rend les honneurs de la façon suivante :
    1. Les militaires de tous grades qui ne font pas partie d’un groupe de militaires saluent.
    2. Les groupes de militaires reçoivent l’ordre de se tenir au garde-à-vous, et tous les officiers saluent.
    3. La garde d’honneur aux funérailles présente les armes; tandis que l’escorte garde l’arme au pied, les officiers qui en font partie saluent de la main. Dans ce cas, ils continuent de saluer pendant la brève période de silence (pause de 10 secondes) entre le « Dernier appel » et le « Réveil ».
    4. Au cours des services commémoratifs, p. ex. le jour du Souvenir, les saluts commencent à la première note de chaque appel et se terminent à la dernière, sauf en ce qui concerne les saluts avec armes, qui doivent se poursuivre au cours de la période de silence entre le « Dernier appel » et le « Réveil ».
    5. Dans les établissements de défense, tous les véhicules à proximité doivent s’arrêter. Les occupants doivent en descendre et rendre les honneurs.

NOTA

L’intervalle entre les appels doit être de 10 secondes dans le cas des funérailles, de 1 minute dans celui des cérémonies du souvenir et de 2 minutes dans celui des services commémoratifs.

  1. Salles de conférences
    1. Lorsqu’un officier ou un dignitaire d’un niveau supérieur à l’instructeur entre dans une salle de conférences, de cours, etc., l’instructeur ou le militaire le plus haut gradé qui est présent donne au groupe l’ordre de se mettre au garde-à-vous (« ESCOUADE ou GROUPE, GARDE-À-VOUS »). Tous les membres de la classe doivent adopter la position assise du garde-à-vous, les bras le long du corps, la tête et les yeux vers l’avant et les talons joints.
    2. S’il est dangereux de donner au groupe l’ordre de se tenir au garde-à-vous, ou si les circonstances ne le permettent pas, il faut donner l’ordre « IMMOBILE ». Les membres du groupe doivent alors cesser toute activité, sans toutefois créer de dangers physiques pour eux-mêmes ou quelqu’un d’autre ni causer de dommages au matériel, jusqu’à ce qu’ils reçoivent l’ordre « CONTINUEZ ».
  2. Hymnes et saluts (voir aussi le paragraphe 30). Lorsqu’on joue l’hymne royal, le salut royal, le salut vice-royal, l’hymne national (voir l’A-AD-200-000/AG-000, La structure du patrimoine des Forces canadiennes qui deviendra bientôt l’A-DH-200-000/AG-000, La structure du patrimoine des Forces armées canadiennes) ou l’hymne national d’un pays étranger, tous doivent se lever et :
    1. les militaires de tous grades qui ne font pas partie d’un groupe doivent saluer. Le salut commence lorsqu’on joue la première note et cesse dès que l’on finit de jouer la dernière note;
    2. les groupes de militaires reçoivent l’ordre de se mettre au garde-à-vous et tous les officiers et les MR ou la personne responsable du groupe, saluent; les groupes qui portent des armes doivent présenter les armes;
    3. dans les établissements de défense, tous les véhicules qui sont suffisamment près pour que les occupants puissent entendre l’hymne doivent s’arrêter. Les occupants doivent en descendre et rendre les honneurs;
    4. l’hymne n’est pas chanté quand il s’inscrit dans le cadre d’un salut ou d’un rassemblement autre qu’un rassemblement à l’église, une cérémonie du souvenir ou un service commémoratif. Lors d’une cérémonie en plein air ou d’une cérémonie du souvenir, le rassemblement doit, si on lui ordonne de chanter, se mettre au garde-à-vous et entonner l’hymne national. Dans un tel cas, les officiers ne saluent pas;
    5. Les sentinelles doivent mettre l’arme à l’épaule au son de l’hymne national, à moins de se trouver à proximité de gardes qui sont tournées pour saluer un personnage important, auquel cas les sentinelles doivent présenter les armes en même temps que les gardes. (Voir chapitre 10, section 3, par. 16.).
    6. à la discrétion du commandant de rassemblement, l’hymne national peut être joué lors de cérémonies comme les collations des grades ou les passations de commandement. Toutefois, il ne sera pas joué immédiatement avant ou après un salut général;
    7. l’hymne royal n’est habituellement pas joué au cours des cérémonies (sauf comme salut) ni durant les cérémonies du souvenir.
  3. Drapeau national. Lorsqu’on hisse ou qu’on abaisse le drapeau national dans un établissement de  défense, les militaires de tous grades, en uniforme ou non, qui sont en mesure de voir le drapeau doivent se tourner vers le mât, se mettre au garde-à-vous et saluer de la façon suivante :
    1. Tous les militaires qui ne font pas partie d’un groupe doivent saluer;
    2. Les groupes militaires non armés doivent recevoir l’ordre de faire halte face au mât et l’officier ou le militaire du rang responsable doit saluer;
    3. Les groupes armés doivent présenter les armes;
    4. Les véhicules qui sont en vue du mât doivent s’arrêter. Les occupants doivent en descendre et rendre les honneurs;
    5. Les mêmes règles s’appliquent lorsqu’on hisse ou qu’on abaisse des drapeaux étrangers.
  4. Rassemblements. Les membres des FAC qui assistent à un rassemblement doivent :
    1. se lever à l’arrivée et au départ de l’officier de la revue ou du dignitaire. Lorsque les troupes sont armées, le signal convenu pour se lever à l’arrivée est le commandement « À L’ÉPAULE — ARMES », donné par le commandant du rassemblement. Au moment du départ, les militaires de tous grades doivent demeurer au garde-à-vous après le dernier salut royal ou salut général, jusqu’à ce que l’officier de la revue ou le dignitaire quitte la zone de rassemblement;
    2. saluer lorsque les drapeaux consacrés dégainés passent directement devant eux. Les canons constituent les drapeaux consacrés des unités d’artillerie et doivent être considérés comme tels lorsqu’ils défilent au cours des rassemblements et cérémonies officielles;
    3. saluer lorsqu’on joue des hymnes nationaux et des saluts royaux;
    4. se tenir au garde-à-vous lorsqu’on joue le salut général.
  5. Membres de la suite d’un dignitaire. Les officiers qui font partie de la suite d’un dignitaire ne saluent pas lorsqu’on joue le salut royal ou le salut général à l’intention de ce dignitaire ou lorsqu’un hymne national est joué à titre de salut à son égard. Les membres d’une suite comprennent les aides, les écuyers et autres personnes accompagnant un dignitaire sur un podium d’honneur, lors d’un rassemblement, etc. Les membres de la suite ne saluent pas lorsque le dignitaire qu’ils accompagnent est salué, mais ils devraient le faire si c’est le dignitaire qui exécute le salut, p. ex. au cours d’une cérémonie de dépôt d’une couronne.
  6. Façon de se présenter à un supérieur
    1. Lorsqu’un militaire se présente à un officier ou à un dignitaire, il doit se conformer aux consignes suivantes :
      1. s’avancer, s’arrêter à deux pas devant l’officier ou le dignitaire;
      2. saluer, demeurer au garde-à-vous et attendre qu’on le salue de la façon appropriée;
      3. transmettre son message, recevoir ses instructions, etc. (voir alinéa b. ci-dessous);
      4. saluer, attendre qu’on lui rende son salut;
      5. tourner vers la droite et s’éloigner.
    2. Au cours d’une cérémonie d’investiture ou de remise de récompenses, il faut faire un pas vers l’avant pour recevoir la récompense et un pas vers l’arrière après l’avoir reçue..
    3. Lorsqu’un militaire du rang se présente à un supérieur autre qu’un officier, il doit suivre les consignes exposées ci-dessus, mais sans saluer
  7. Véhicules
    1. Il faut rendre les honneurs aux passagers d’une voiture d’état-major qui arbore un fanion ou qui est munie de plaques réservées aux officiers généraux.
    2. Lorsqu’ils portent la coiffure, le passager d’une voiture d’état-major dont le grade est le plus élevé et, dans le cas des autres véhicules, le  passager qui occupe le siège avant rendent le salut. Lorsqu’ils ne portent pas la coiffure, ils rendent le salut en adoptant la position assise du garde-à-vous (voir aussi l’A-DH-265-000/AG-001, Instructions sur la tenue des Forces armées canadiennes, chapitre 2, section 3, paragraphe 12).
    3. Les militaires qui conduisent un véhicule ou une motocyclette ou qui roulent à bicyclette ne saluent pas.
    4. Les passagers qui occupent la partie arrière d’un camion rendent les honneurs en adoptant la position assise du garde-à-vous.
  8. Autres circonstances. Il faut rendre les honneurs dans les autres circonstances prévues dans les instructions, règlements et ordres appropriés.

HONNEURS MILITAIRES ET SALVES DE CANON

  1. L’A-AD-200-000/AG-000, La structure du patrimoine des FC qui deviendra bientôt l’A-DH-200-000/AG-000, La structure du patrimoine des Forces armées canadiennes), contient des renseignements complémentaires sur le sujet.
  2. Les salves de canon sont normalement distinctes des autres honneurs et n’ont pas à accompagner ou à être accompagnées d’autres honneurs.
  3. Les salves de canon doivent normalement commencer à un moment approprié afin de se terminer à l’arrivée du dignitaire à l’endroit prévu.
  4. Si on a formé une garde d’honneur ou si des troupes ont été rassemblées à l’endroit prévu aux fins d’inspection, le point d’arrivée doit en principe être le podium.
  5. Lorsqu’on a prévu des salves de canon et des saluts avec armes dans le cadre de la même cérémonie, le commandant responsable peut coordonner les deux activités de même que le salut du corps de musique pour plus d’effet. Lorsque, en raison des circonstances, il est impossible d’être informé de l’arrivée imminente du dignitaire, la meilleure solution peut consister à tirer les salves de canon et à effectuer le salut avec armes simultanément. Dans ce cas, le salut au canon commence habituellement dès qu’on a exécuté le dernier mouvement du « Présentez armes », et le salut avec armes doit être conclu de la façon habituelle; il faut poursuivre le rassemblement même si le salut au canon n’est pas complètement terminé.
  6. Les salves de canon doivent être tirées de façon à ne pas incommoder le dignitaire.

EMBARCATIONS ET BÂTIMENTS DE GUERRE EN SERVICE

  1. Les militaires doivent saluer :
    1. lorsqu’ils montent à bord d’un bâtiment de guerre en service ou qu’ils en descendent;
    2. lorsqu’ils montent sur la plage arrière.
  2. À bord des embarcations, on rend les honneurs de la façon suivante :
    1. Le commandant ou le patron d’une embarcation salue. Si en raison de la configuration de l’embarcation, l’officier ou le patron occupe une position qui ne permet pas de bien le voir, on devra désigner un des membres de l’équipage pour saluer.
    2. Dans le cas des baleinières qui se déplacent à la rame, on salue en donnant le commandement « À VOS RAMES LE — VEZ ». Un coup après avoir reçu l’ordre, l’équipage adopte la position assise du garde-à-vous, les rames étant maintenues à l’horizontale et perpendiculaires à l’axe de l’embarcation et à plat. Dans le cas d’embarcations qui se déplacent à la voile, on laisse flotter les voiles et, dans le cas d’embarcations à moteur, on fait tourner le moteur au ralenti et on désengage l’hélice de façon à éliminer la force de propulsion.
    3. Lorsqu’une embarcation est accostée le long d’un quai ou d’une échelle de coupée ou lorsqu’elle est amarrée, les hommes de garde doivent adopter la position assise du garde-à-vous et le plus haut gradé du groupe salue. Tous les passagers et les membres d’équipage qui ne sont pas occupés à garder l’embarcation accostée doivent :
      1.  lorsqu’il s’agit d’une embarcation pontée à moteur, se tenir au garde-à-vous, face à l’officier ou au dignitaire à qui s’adresse le salut;
      2.  dans une embarcation ouverte, adopter la position assise du garde-à-vous.
    4. On ne salue pas lorsque deux embarcations transportant des officiers de même grade se croisent.
    5. Tous les saluts échangés à bord des embarcations ou entre embarcations sont assujettis au respect des règles de matelotage.
  3. Il faut rendre les honneurs au sifflet de manœuvre lorsque les personnes mentionnées ci-après montent à bord de navires canadiens de Sa Majesté entre le moment où l’on hisse les drapeaux consacrés et le coucher du soleil :
    1. le souverain du Canada;
    2. les membres de la famille royale détenant au moins le grade de capitaine de vaisseau et portant l’uniforme de la marine;
    3. le gouverneur général du Canada et les lieutenants-gouverneurs des provinces, dans les limites de leurs responsabilités
    4. les officiers du Commonwealth et du Canada en uniforme, détenant au moins le grade de commodore ou de brigadier-général;
    5. tous les officiers en uniforme qui commandent une formation ou un groupe de navires, ou un officier qui commande un seul navire;
    6. les membres d’une cour martiale qui arrivent au tribunal ou qui en repartent;
    7. l’officier commandant la garde lorsqu’il hisse son fanion;
    8. tous les officiers de marine en uniforme qui viennent d’autres pays que ceux du Commonwealth, quelle que soit l’heure de la journée;
    9. une dépouille qu’on monte à bord du navire ou qu’on passe par-dessus bord, quelle que soit l’heure de la journée. 
  4. On rend habituellement les honneurs au sifflet de manœuvre à un officier qui y a droit même s’il accompagne un officier détenant un grade ou occupant un poste supérieur qui n’y a pas droit

ANNEXE A - DÉFINITIONS

action de couvrir
Action d’aligner une personne ou un groupe directement derrière une autre personne ou un autre groupe. (covering)
action de s’aligner
Action de s’aligner selon un tracé prescrit et de couvrir les rangs qui sont à l’avant. (dressing)
affectation
Poste de commandement au sein d’une unité ou d’une sous-unité, par exemple, commandant de compagnie, commandant de division ou commandant de peloton. (appointment)
alignement
Ligne droite sur laquelle un groupe est formé ou doit se former. (alignment)
avance
Une unité avance lorsqu’elle se déplace dans la direction à laquelle le rang avant fait face si l’unité est placée en ligne. (advance)
bataillon
Formation militaire comprenant au moins deux compagnies. (battalion)
batterie
Formation d’artillerie approximativement de la taille d’une compagnie. (battery)
brigade/groupement aérien
Formation militaire regroupant au moins deux bataillons/escadres et des formations de soutien. (brigade/air group)
cadence
Nombre de battements à la minute. (cadence)
changement de direction
Formation d’un nouveau front, par exemple en changeant, vers la droite ou la gauche, la direction dans laquelle une unité fait face, mais non sa formation. (changing direction)
colonne
Sous-unités alignées parallèlement les unes derrière les autres et à des intervalles tels que, lorsqu’elles se placent à un angle de 90 degrés par rapport à un flanc ou à l’autre, elles forment une ligne avec intervalles de 7 pas entre les pelotons et de 10 pas entre les compagnies. (column)
colonne de route
Unité formée en colonne, faisant face à un flanc (droit ou gauche) et dont les officiers et les surnuméraires sont placés à l’avant ou à la suite de la formation. (column of route)
colonne de trois
Unité formée en colonne sur trois rangs, faisant face à un flanc (droit ou gauche) et dont les officiers et les surnuméraires occupent les mêmes positions que lorsque l’unité est en ligne. (column of threes)
colonne serrée
Unité formée en colonne avec intervalles réduits pour répondre aux besoins, la distance minimale étant de 12 pas entre les pelotons et de 15 pas entre les compagnies. (column, close)
compagnie
Formation militaire regroupant au moins deux pelotons. (company)
conversion à pivot fixe
Mouvement exécuté pour changer de direction sans changer de formation. (form)
conversion à pivot mouvant
Mouvement exécuté par une formation faisant face à un flanc pour changer de direction sans changer de formation. (wheel)
déplacement en file vers un flanc
Action d’une unité se déplaçant vers un flanc sur deux rangs. (file, moving to a flank in)
déplacement vers l’arrière
Une unité se déplace vers l’arrière lorsqu’elle se dirige dans la direction opposée à celle à laquelle le rang avant ferait face. (retiring)
distance
Espace de l’avant à l’arrière entre des militaires ou des unités. (distance)
division
  • Au moins deux brigades.
  • Sous-unité de l’équipage d’un navire.
  • Sous-unité d’une garde d’honneur ou d’une autre garde. (division)
drapeaux consacrés

Lorsque le terme est employé seul, ou à moins d’indication contraire, il désigne les étendards, les guidons, le drapeau consacré de la reine, les drapeaux consacrés de commandement/de collège/de régiment ainsi que les étendards d’escadron aérien. 

Dans la Marine royale canadienne, on se sert aussi du terme anglais « colours » pour désigner l’heure (normalement 8 h) à laquelle on hisse le drapeau national et les pavillons des navires. (colours)

équipage
Officiers et membres d’équipage d’un navire.  (ship’s company)
escadre
Formation militaire à peu près de la taille d’un bataillon. (wing)
escadrille
Formation militaire à peu près de la taille d’un peloton. (flight)
escadron
Formation militaire à peu près de la taille d’une compagnie. (squadron)
escouade
Petite formation militaire dont la taille est inférieure à celle d’un peloton et qu’on utilise pour enseigner les mouvements d’exercice. (squad)
file creuse

Nom donné à la deuxième file simple de gauche lorsque :

  • sur trois rangs, cette file ne comprend aucun membre au rang arrière et/ou central;
  • sur deux rangs, cette file ne comprend aucun membre au rang arrière. (file, blank)
file simple
Groupe de militaires disposés les uns derrière les autres sur une seule ligne. (file, single)
flanc
L’un ou l’autre côté d’une formation, par opposition à l’avant et à l’arrière. Désigné comme flanc droit ou flanc gauche. (flank)
flanc de direction
Flanc sur lequel se règle la marche ou l’alignement d’un groupe. (flank, directing)
flanc extérieur
Flanc opposé au flanc de direction.  (flank, outer)
flanc intérieur
Flanc qui sert de pivot quand un groupe change de direction. (flank, inner)
former escouade
Mouvement exécuté pour changer de formation sans changer de direction. (form squad)
front
Direction à laquelle des troupes font face ou dans laquelle elles se déplacent. (front)
guide
Militaire placé à un certain endroit pour indiquer la position que doit occuper un groupe de militaires lorsqu’il se rassemble ou couvre d’autres troupes. (marker)
guides de droite ou de gauche
Militaires placés à la droite et à la gauche du rang avant, dont le rôle est de maintenir les distances ou intervalles prescrits entre les unités lorsqu’elles sont en marche et sur lesquels les autres membres de la même unité se guident, s’alignent et conservent l’alignement. Les guides ne doivent pas être couverts (voir « action de couvrir »), mais ils peuvent servir à indiquer les positions que les unités ou les sous-unités doivent occuper au moment du rassemblement.  (guides, right or left)
intervalle
Espace entre les militaires ou les unités formés sur le même alignement. (interval)
largeur du front
Distance latérale couverte par un groupe de militaires. En règle générale, les distances sont de 1,5 pas par file à l’alignement à portée de bras et de 1 pas pour tous les autres intervalles d’alignement. (frontage)
ligne
Groupes formés sur un même alignement. (line)
obliquer
Tourner ou, si l’unité est en marche, se déplacer vers le flanc indiqué à un angle de 45 degrés par rapport au front dans la nouvelle direction. (incline)
pas
Longueur d’un pas normal, mesuré d’un talon à l’autre. (pace)
pause réglementaire
Pause faite entre les mouvements au cours de l’exercice. Dans le cas de l’exercice à la halte, la pause réglementaire est de deux battements de pas cadencé. Dans le cas de l’exercice en marche, la pause réglementaire correspond à la durée nécessaire pour faire deux pas. (standard pause)
peloton
Formation militaire de base comprenant environ 30 membres du personnel, un commandant de peloton, un adjudant de peloton et un guide de droite et normalement formée sur trois rangs. (platoon)
profondeur
Espace occupé par une unité militaire depuis le front jusqu’à l’arrière. (depth)
rang
Ligne de militaires placés côte à côte sur un seul alignement, à intervalles réglementaires. (rank)
rang arrière
Rang qui ferme la marche d’une unité qui avance. (rank, rear)
rang avant
Rang qui ouvre la marche d’une unité qui avance. (rank, front)
rang de tête
Rang qui ouvre la marche lorsque l’unité se déplace vers l’arrière ou vers l’avant. (rank, leading)
rangs ouverts
Distance réglementaire accrue entre les rangs (deux pas et demi) lorsque les militaires sont en ligne. (open order)
rangs serrés
Distance normale entre les rangs (un pas) lorsque les militaires sont en ligne. (close order)
sous-unité
Un des éléments d’une unité militaire; par exemple, le peloton est une sous-unité de la compagnie. (sub-unit)
surnuméraires
Officiers qui prennent place à l’avant et adjudants et sous-officiers supérieurs qui prennent place à l’arrière de leur formation lors des rassemblements sans toutefois occuper de poste de commandement. (supernumeraries)
troupe
Formation militaire à peu près de la taille d’un peloton. (troop)
roue
Mouvement par lequel un corps de militaires faisant face à un côté change de direction sans changer de formation.
escadre
Formation militaire ayant approximativement la taille d’un bataillon.
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