Les causes des inondations

Introduction

La plupart des inondations se produisent lorsque le volume d'eau d'une rivière ou d'un cours d'eau dépasse la capacité du lit. Il y a également des inondations le long des lacs et des littoraux maritimes lorsque le niveau normal de l'eau augmente au-delà du niveau des terres riveraines.

De nombreux facteurs influent sur le débit d'une rivière, et donc sur les risques d'inondation. Parmi les plus importants, mentionnons la quantité et le type de précipitations, la nature et l'état du bassin versant, ainsi que le climat.

Précipitations

Dans toutes les rivières, le débit de l'eau fluctue. Lors d'une pluie torrentielle, plusieurs paramètres déterminent le ruissellement qui atteint une rivière : la quantité, l'intensité, la durée, l'aire couverte et le trajet de la pluie. D'une part, le volume, l'intensité et la durée des précipitations influent sur la capacité de la terre d'absorber la pluie, ce qui à son tour influe directement sur le ruissellement. D'autre part, l'aire couverte par la tempête et sa trajectoire déterminent la région qui recevra la pluie et donc qui contribuera au ruissellement. Enfin, la superficie couverte et le débit du ruissellement déterminent le volume d'eau qui passera en un point donné en aval de la rivière ou du cours d'eau.

Bassins versants

Par ailleurs, la forme, la superficie, le type de sol et la topographie du bassin versant influent eux aussi sur la quantité d'eau qui atteint une rivière. Ces facteurs sont habituellement constants. Toutefois, le degré d'absorption ou de dispersion de l'eau par un sol varie selon la couverture végétale, la saison et l'importance des pluies antérieures.

Le reboisement et le rétablissement de la végétation peuvent ralentir eux aussi l'écoulement de l'eau de surface vers l'exutoire principal du bassin; le ruissellement dure alors plus longtemps. De plus, l'écoulement est plus lent dans les bassins qui renferment des zones naturelles de stockage de l'eau, comme les lacs et les marécages, ou des zones artificielles de stockage. Dans ces bassins, les crues sont moindres que dans les bassins dépourvus de ces influences modificatrices. En Amérique du Nord, le meilleur exemple d'un bassin ayant une forte capacité de stockage naturelle est le fleuve Saint-Laurent, dont les eaux d'amont sont constituées par les Grands Lacs.

Climat

Le climat joue aussi un rôle important dans la relation entre précipitations et ruissellement. Le gel rend le sol plus imperméable s'il contient déjà de l'humidité. Sous les latitudes septentrionales, l'hiver, pendant lequel une bonne partie des précipitations annuelles est stockée sous forme de neige, est souvent suivi d'une fonte soudaine, et les eaux de surface s'écoulent alors rapidement sur le sol gelé en direction des cours d'eau. De plus, la présence de glaces épaisses sur les rivières influe sur les crues, notamment dans les rivières qui coulent vers le nord. Le climat détermine l'importance de la glace hivernale sur les rivières, ainsi que sa débâcle, ce qui à son tour détermine la gravité des embâcles.

Ruissellement à la fonte des neiges

Pendant l'hiver canadien, le gros des précipitations s'entasse sur le sol sous forme de neige et de glace. À la fonte, d'énormes quantités d'eau sont créées, ce qui explique le volumineux ruissellement printanier et les inondations qui s'ensuivent. On désigne ce phénomène par le terme de crue nivale.

Les inondations dues à la fonte des neiges sont les plus fréquentes au Canada. Elles se produisent habituellement au printemps, mais également en hiver lors des dégels soudains. La fonte rapide de la neige associée aux effets combinés du soleil, des vents et des températures douces provoquent d'importants ruissellements. Lorsque le sol est gelé, l'eau produite par la fonte de la neige ne peut y pénétrer, et elle s'écoule donc sur la surface du sol vers les cours d'eau et les lacs. Les cours d'eau qui servent d'exutoire au bassin versant ont habituellement une capacité de transport suffisante pour le ruissellement produit. Toutefois, si l'accumulation de neige a été supérieure à la moyenne, si le dégel a été soudain, ou si les deux conditions coïncident, le risque d'un fort ruissellement et d'une inondation subséquente augmente. La situation peut devenir encore plus grave si les pluies sont intenses à la fonte des neiges. Plus la fonte est tardive, plus cette dernière situation risque de se produire. Comme les facteurs climatiques qui déterminent la vitesse de fonte de la neige couvrent habituellement de vastes régions, les conditions propices à une inondation à la fonte des neiges prévalent également dans de grandes régions.

Crues d'orage

Les crues éclair peuvent être extrêmement dangereuses. Imprévues, elles se produisent habituellement dans de petits bassins versants et forment des flots torrentiels. Elles sont souvent causées par des orages violents.

Une crue éclair se produit lorsque le maximum de crue a lieu dans les six heures suivant le début de la pluie. Les conditions propices à une crue se développent rapidement parce que les pluies sont si intenses que le sol est incapable d'absorber promptement l'eau, d'où un fort débit en surface. Une crue éclair est habituellement très localisée, ainsi que les dommages connexes. Les grosses rivières ne sont pas touchées, tandis que les petits cours d'eau débordent, même dans les années de sécheresse.

Plusieurs crues éclair remarquables ont eu lieu au Canada. Au cours d'un orage qui s'est produit à Harrow, en Ontario, en juillet 1989, il est tombé plus de 400 millimètres de pluie en 30 heures. Une autre crue éclair très spectaculaire a frappé Montréal le 14 juillet 1987. La plus importante précipitation de l'histoire canadienne s'est produite à Buffalo Gap (Saskatchewan), le 30 mai 1961. Plus récemment, de violents orages de convection ont causé les plus fortes pluies et les plus fortes inondations localisées au Canada (p. ex., Calgary, Edmonton et Lethbridge, en Alberta). 


Source : Tiré du « Manuel des principes d'hydrologie »

Pluies extrêmes

Les embâcles

Les embâcles sont une cause importante d'inondation au Canada. De fait, dans la plupart des rivières canadiennes, la crue annuelle est le résultat d'embâcles. Ceux-ci sont causés par l'accumulation de blocs de glace qui font obstacle à l'écoulement de l'eau, constituant de la sorte des barrages temporaires. Les embâcles se forment en périodes de gel et de dégel, mais ce sont habituellement les embâcles printaniers (à l'occasion du dégel) qui présentent le plus grand danger d'inondation. Bien qu'on ne dispose pas de données pour tout le Canada, les chiffres pour le bassin de la rivière Saint-Jean, dans la région atlantique du Canada, indiquent que plus des deux tiers des dédommagements provinciaux totaux pour les inondations sont attribuables à la glace. La rubrique Les inondations au Canada renferme des descriptions d'inondations attribuables à des embâcles sur la rivière Saint-Jean, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Winisk.

Photo - Les embâcles

Pendant les périodes de gel, la glace se forme sur la surface de la rivière à partir des berges. Des cristaux de glace peuvent croître dans la rivière sous forme de frasil, dans les eaux turbulentes libres qui sont rapidement refroidies, c'est-à-dire lorsque la température de l'eau est légèrement inférieure à 0°C. C'est un phénomène très courant dans les rapides. Les cristaux de glace tendent à s'agglomérer et à s'accumuler, et ils peuvent se fixer sous la surface de la nappe de glace ou sur le lit de la rivière sous forme de glace de fond.

Le frasil aggloméré peut aussi former des flocons qui flottent à la surface lorsque la turbulence du cours d'eau est réduite ou lorsque la flottaison d'une masse croissante est supérieure à la turbulence descendante. Les flocons continuent à s'agglomérer et ils forment des radeaux de glace, lesquels peuvent à leur tour se souder ensemble pour devenir des blocs de glace à la dérive. Les radeaux et les flocons de frasil sont les principaux composants dans la formation de la nappe de glace d'une rivière. Sur les eaux tranquilles, cette nappe constitue une couche unique de blocs de glace à la dérive et de radeaux de glace, mais ailleurs, plusieurs couches peuvent se superposer.

Durant les périodes de gel, les embâcles surviennent habituellement lorsque la glace flottante, sous forme de frasil ou de blocs, rencontre une nappe de glace stable. L'extrémité aval de l'embâcle est appelée début, et l'extrémité amont est appelée fin. La glace stable est soudée par le gel à la rive, ou encore elle ne peut pas se déplacer en raison de la morphologie du cours d'eau. De façon générale, la glace qui arrive coule sous la glace stable et s'accumule en dessous, ou s'empile derrière, ou encore les deux à la fois. Toutefois, certains éléments physiques peuvent, conjointement avec la nappe de glace ou seuls à l'occasion, augmenter la possibilité de formation d'un embâcle : piliers de ponts, îles, tournants prononcés, eaux peu profondes, réduction soudaine des pentes et étranglement du cours d'eau.

Pendant la débâcle printanière, ou les dégels hivernaux, un embâcle est causé par l'accumulation de glace provenant justement de la débâcle de la nappe de glace en amont. La montée des eaux peut être due à la fonte des neiges ou, ce qui est fréquent dans les parties sud et atlantique du Canada, à un redoux soudain en plein hiver. Ces redoux sont souvent accompagnés de pluies relativement abondantes, ce qui accroît rapidement la montée des eaux et cause des embâcles dévastateurs.

La nappe de glace peut se rompre massivement en raison de pressions exercées vers le haut par la montée rapide de l'eau. On parle alors de « fissures en charnières », ou fissures longitudinales, parallèles aux rives. La nappe se rompt ensuite en plus petits fragments après avoir été mise en mouvement par l'eau et s'être heurtée aux rives ou à d'autres parties de la nappe de glace.

Les embâcles provoquent des inondations pour deux raisons principales. En premier lieu, l'épaisseur de la glace formant embâcle peut être considérable, atteignant plusieurs mètres. En second lieu, la face inférieure de la nappe de glace est habituellement très rugueuse. Dans des conditions normales d'écoulement de l'eau, seul le lit de la rivière exerce une résistance par friction à l'écoulement de l'eau. Plus le lit est inégal, plus grande est la profondeur requise pour un débit donné. Lorsqu'il y a un embâcle, l'amoncellement de la glace et la surface inférieure très inégale de celle-ci ralentissent l'écoulement de l'eau. Pour que l'eau puisse s'écouler, la profondeur doit donc être beaucoup plus grande que dans le cas d'un cours d'eau libre.

Comme l'embâcle diminue la profondeur requise pour maintenir le débit du cours d'eau, il est manifeste qu'il peut se produire des crues importantes, même à des débits relativement faibles.

Les embâcles peuvent produire une autre situation dévastatrice : les lames causées par le dégagement soudain d'un embâcle majeur. Ces lames peuvent atteindre des vitesses de 10 mètres par seconde, soit 36 kilomètres par heure, ce qui signifie que l'eau montera très rapidement et qu'il y aura peu de temps pour la mise en place des mesures d'urgence. De plus, la vitesse de l'eau et de la glace flottante peut être élevée, plus de 5 mètres par seconde ou 18 kilomètres par heure, ce qui peut causer des dommages importants par érosion ou impact.

Anecdotes

Insight, Alberta Public Safety Services : Les embâcles printaniers à Fort McMurray (Alberta) attirent les curieux chaque année, mais la possibilité d'une inondation causée par les glaces est aussi une préoccupation annuelle.

Betty Brown, Vars, Ontario : Je me rappelle, lorsque j'étais enfant sur une ferme le long de la rivière Becaguimec, au Nouveau-Brunswick, que mon père prenait son tracteur au printemps pour remorquer la serre et la porcherie loin de la rivière. Au fil des ans, nous avons perdu plusieurs serres.

Pendant la débâcle, nous entendions un grondement qui ressemblait au tonnerre. La glace rasait presque le côté de notre maison. Certains blocs de glace étaient aussi gros que la maison. Une année mon chien a été voincé sur les graces et ma mère l'a sauvé. Chaque jour, mon frère et moi nous surveillons le passage de choses « curieuses». Nous avons vu passer des batteries de cuisine, des balles et des bâtons, des chambres à air, des arbres déracinés... À la campagne, la débâcle est l'événement de l'année.

Débâcles glaciaires catastrophiques

Les débâcles glaciaires sont chose commune dans l'ouest du Canada. Les lacs retenus par des glaciers ou des moraines relâchent soudainement des tonnes d'eau, de boue et de débris.

Ces débâcles glaciaires sont appelées « jökulhlaups », un mot islandais. L'inondation se produit habituellement si le niveau de l'eau est suffisamment élevé pour faire flotter la glace ou si un petit chenal se forme sous celle-ci, ce qui provoque une fonte rapide et accroît les dimensions du chenal. Un autre mécanisme courant est le débordement de l'eau par-dessus la glace, avec érosion thermique et mécanique rapide du chenal, ce qui provoque un drainage catastrophique. Dans tous les cas, les dimensions du nouveau chenal s'accroissent rapidement, et le lac perd vite son eau. En fait, la perte de l'eau est souvent soudaine et catastrophique. De nombreux lacs fermés par un glacier se sont vidés et remplis plusieurs fois. L'hydrogramme suivant illustre le régime d'écoulement type des inondations éruptives.

Jökulhlaup du Lac Summit

Les débâcles glaciaires proverrant des lacs fermés par une moraine sont plus rares, mais elles peuvent être tout aussi destructrices. L'eau, dans ces lacs, passe par-dessus la moraine et l'incise. Dans des lacs de formation récente, le barrage formé par la moraine peut céder, en raison des infiltrations d'eau au travers de celle-ci lorsque le coeur de glace a fondu.

Les eaux d'inondation provenant des lacs fermés par un glacier ou une moraine peuvent contenir d'importantes quantités de sédiments et se transformer en flux de débris destructeurs. Ces débris saturés d'eau et composés de blocs erratiques dévalent les flancs des collines et des montagnes, puis arrachent du plancher de la vallée les couches de sédiments et les arbres.

Plusieurs jökulhlaups se sont produits dans l'ouest du Canada au cours des dernières années. Le lecteur trouvera, sous la rubrique Les inondations au Canada, une description d'un jökulhlaup survenu dans le col Kicking Horse, en Colombie-Britannique. La carte suivante illustre les lieux où sont survenus d'autres jökulhlaups dont ceux du lac Hazard dans la chaîne St. Elias et des lacs Tulsequah, Flood, Summit et Ape dans la chaîne Côtière. 

Jökulhlaups dans l'ouest du Canada

Les tempêtes côtières

De nombreux Canadiens qui vivent sur les rives de lacs de grandes dimensions, comme les Grands Lacs, ou le long des côtes maritimes du Canada ont connu des inondations et ont subi des dommages matériels à la suite de l'action intense des vents et des vagues, ou de l'interaction entre les débits estuariens élevés et les marées. L'inondation des régions côtières peut être causée par des lames ou des seiches, qui souvent se produisent simultanément avec de fortes vagues.

Toute masse d'eau possède des périodes d'oscillation naturelle auxquelles il est facile de la mettre en mouvement; de tels déplacements de l'eau sont appelés seiches. La période d'une seiche dépend de la profondeur et des dimensions horizontales de la masse d'eau, et elle peut aller de plusieurs minutes à plusieurs heures. Les seiches se produisent habituellement dans des bassins totalement ou partiellement fermés, et sont dues à un changement soudain, ou une série de changements périodiques, de la pression atmosphérique ou de la vitesse du vent. Les périodes d'oscillation d'une seiche dépendent de la force qui met l'eau en mouvement, et de la période d'oscillation naturelle du bassin. Par exemple, lorsque le vent cesse, le mouvement de l'eau visant à ramener l'équilibre peut créer une oscillation avec une période propre au bassin où se produit ce phénomène.

On peut simuler la formation d'une seiche en penchant sur le côté une bassine remplie partiellement d'eau et ensuite en la ramenant de niveau. L'eau éclaboussera un bord et l'autre avec une période déterminée par la forme et les dimensions de la bassine. L'amplitude d'une seiche dans un bassin fermé est maximale à ses extrémités; le point de non-variation verticale se trouve au milieu.

Photo - les Grands Lacs

Des vagues de tempête du lac Érié balaient une plage et une aire de pique-nique au parc national de la Pointe-Pelée, en Ontario. (Travaux publics et Services gouvernementaux Canada / Richard Vroom, 1976).

Les lames sont causées par une modification soudaine de la pression atmosphérique et du stress éolien qui accompagne les systèmes cycloniques en mouvement. Ceux-ci sont importants à cause de leur fréquence et parce qu'ils peuvent accroître anormalement le niveau de l'eau le long des littoraux. Dans de nombreuses régions côtières, ce sont les ouragans violents qui provoquent les plus grandes lames. Déterminer la montée de l'eau pendant les tempêtes est un problème complexe, car il faut tenir compte des interactions entre l'eau et le vent, et des différences de pression atmosphérique. Ce sont les vents qui sont responsables des plus fortes modifications du niveau de l'eau dues à une lame. Le vent qui souffle sur une masse d'eau exerce une force horizontale à la surface de l'eau et induit un courant de surface dans la direction générale du vent. Dans les eaux peu profondes, ces courants ne peuvent circuler, ce qui provoque la montée de l'eau du côté vent arrière, tandis qu'elle descend au vent. On utilise le terme « lame de tempête » pour désigner les variations du niveau normal de l'eau dues à l'action des tempêtes. Quant à l'expression « dénivellation due au vent », elle désigne souvent la montée des eaux dans les lacs, les réservoirs et les nappes d'eau plus petites. La chute du niveau de l'eau en deçà des valeurs normales, du côté au vent d'un bassin, est appelée creux.

Au Canada, les cyclones côtiers violents peuvent produire des lames atteignant 2 mètres de hauteur, mais dans certaines régions du monde, notamment au Bangladesh, les cyclones peuvent causer des lames de plus de 8 mètres. En général, les lames dans les réservoirs et les lacs ont une plus faible amplitude. Les lames du lac Érié comptent parmi les plus hautes lames de lac au monde, car elles atteignent 2,5 mètres dans la partie est du lac. Cette montée d'eau constitue une base sur laquelle les vagues hautes peuvent s'appuyer pour attaquer les parties supérieures des plages et pénétrer à l'intérieur des terres. Les dénivellations dues au vent, accompagnées de l'action des vagues, sont responsables de la majeure partie des dommages aux structures côtières et aux plages. Il existe des types particuliers de tempêtes côtières : les tsunamis et les cyclones et les ouragans.

La section « Les inondations au Canada » renferme des renseignements supplémentaires sur les inondations survenues dans les Grands Lacs et à Tuktoyaktuk.

Les tsunamis

Le tsunami est sans conteste la plus spectaculaire des inondations côtières. Il est aussi appelé raz-de-marée, expression incorrecte, car la marée n'a rien à voir avec ce phénomène.

Le mot japonais tsunami signifie « vague de port ».

Un tsunami est une vague de fond créée par des déplacements sous-marins comme un tremblement de terre ou un glissement de terrain, et cette perturbation provoque le déplacement vertical de l'eau. Un tremblement de terre de 7,0 sur l'échelle de Richter est suffisamment puissant pour créer une série de vagues. On a observé, dans le bassin du Pacifique, un ensemble de vagues atteindre une vitesse de 960 kilomètres/heure et parcourir de longues distances avec une faible perte d'énergie. Les crêtes peuvent être séparées de plusieurs centaines de kilomètres et on les remarque à peine lorsqu'on est en mer. En approchant de la côte, la vague ralentit et se ramasse sur elle-même en se gonflant vers le haut à mesure qu'elle rencontre des eaux de moins en moins profondes. Cette masse d'eau frappe alors la côte avec une très grande vitesse et un impact énorme.

La vague qui frappe la côte est rarement la vague déferlante que l'on s'imagine, mais elle apparaît plutôt comme une augmentation rapide du niveau de l'eau. La première vague est souvent précédée par une descente du niveau de l'eau et par le drainage des ports, baies, bras de mer, etc.

Les tsunamis sont un phénomène unique pour ce qui est de l'emplacement et de l'amplitude des vagues, et du temps qui en sépare les crêtes. Ils se comportent comme des vagues d'eaux peu profondes, car leur direction dépend de la topographie du fond. L'information topographique est l'un des paramètres utilisés dans la modélisation et l'élaboration de scénarios, mais les modèles sont approximatifs car on ignore la source des vagues.

Pour plus de renseignements sur les tsunamis, consulter Un tsunami touche la côte est et Un tsunami frappe la côte ouest sous la rubrique « Les inondations au Canada ».

Les cyclones et les ouragans

Le type de tempête le plus courant au Canada est le cyclone des latitudes moyennes ou cyclone extratropical. Il s'agit de systèmes de basse pression qui se déplacent d'ouest en est, avec une rotation caractéristique des fronts froids et chauds dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Les grosses inondations associées à ces cyclones sont dues aux fortes précipitations qui s'ajoutent à la fonte des neiges ou qui coïncident avec d'autres facteurs. Les cyclones extratropicaux se déplacent souvent en série et peuvent causer des précipitations considérables sur de longues périodes, d'où une saturation des sols, condition propice aux inondations.

Les cyclones tropicaux se développent au-dessus des eaux tropicales ou subtropicales et ils sont peu fréquents par rapport aux cyclones extratropicaux. Le cyclone tropical diffère de son cousin extratropical puisqu'il concentre son énergie sur une petite région; en effet, quelques centaines de kilomètres plus loin, le temps peut être calme. À l'approche d'un cyclone tropical, le temps se dégrade soudain en un violent maelström. La furie d'un cyclone déchaîné est telle que ceux qui en font l'expérience ne l'oublient jamais. Une tempête de cette nature, l'ouragan Hazel, frappa Toronto en l954.

Un cyclone tropical accompagné de vents dont la vitesse est de 64 noeuds ou plus est appelé ouragan. Un ouragan bien développé peut couvrir de plusieurs centaines à un millier de kilomètres.

Les cyclones tropicaux qui touchent l'est du Canada prennent naissance dans les parties tropicale ou subtropicale de l'Atlantique nord, la mer des Antilles ou le golfe du Mexique. À mesure que le cyclone se déplace vers le nord, il se disperse au-dessus des terres et des eaux plus froides.

Les cyclones tropicaux ont tendance à suivre des trajectoires qui varient selon la saison. Les premiers cyclones de l'année se forment en juin et juillet dans le golfe du Mexique et l'ouest de la mer des Antilles. Ces cyclones touchent rarement l'est du Canada. Ceux qui risquent le plus de perturber les provinces de l'Atlantique proviennent d'une large bande s'étirant du sud-est de la Floride jusqu'aux îles du Cap-Vert, en août, septembre et octobre. 

Trajectoires habituellement suivies par les ouragans au-dessus de l'Atlantique nord en octobre
Source : Adaptation de American Practical Navigator, An Epitome of Navigation de N. Bowditch.

En moyenne, trois cyclones tropicaux par année touchent ou menacent la région Atlantique du Canada. Toutefois, ce nombre peut être beaucoup plus élevé. En 1969, huit cyclones tropicaux ont touché les provinces de l'Atlantique.

Les cyclones tropicaux peuvent garder leur puissance aussi loin à l'intérieur du continent qu'en Ontario. Dans une étude faite par Transports Canada sur les cyclones tropicaux qui ont touché l'Ontario entre 1900 et 1949, on a trouvé que 25 ouragans avaient passé au-dessus de l'Ontario ou à proximité. Huit d'entre eux avaient eu des effets météorologiques importants, soit des vents forts et des précipitations excessives.

Lorsque les ouragans se déplacent à l'intérieur du continent

  • Les ouragans qui se déplacent à l'intérieur du continent, dans une région de température uniforme, c'est-à-dire dans une masse d'air tropicale et homogène, ne se rendent pas très loin à l'intérieur des terres.
  • Les ouragans qui se déplacent à l'intérieur du continent, dans une région de gradient plus élevé, gardent suffisamment d'énergie pour parcourir des distances considérables vers l'intérieur.
  • Les ouragans les plus dangereux pour les terres intérieures sont ceux qui arrivent à la côte en suivant une trajectoire presque parallèle à un front froid puissant. Ce fut le cas avec l'ouragan Hazel en 1954.
  • Un ouragan qui atteint la côte en suivant une trajectoire presque perpendiculaire à un front forme habituellement une dépression frontale qui donne lieu rapidement à une occlusion. Il est peu probable que les fortes pluies qui accompagnent l'ouragan pénètrent profondément dans le continent.

Source : Adapté d'après « Hurricane Hazel », sur l'ouragan des 15 et 16 octobre 1954  en Ontario; Mason, Thomas et Boyd.

Écoulement d'averse en milieu urbain

L'écoulement d'averse en milieu urbain peut également provoquer la crue des rivières qui y coulent et l'inondation de la zone urbaine. L'urbanisation modifie radicalement le drainage des bassins versants naturels, car elle accroît le volume et le débit du ruissellement. Bien que les conséquences sur les gros réseaux fluviaux soient minimes, la capacité de transport des petits cours d'eau peut rapidement être dépassée, ce qui cause des problèmes d'inondation et d'érosion. Il arrive souvent que le ruissellement après une forte pluie dépasse la capacité de transport du réseau d'égouts, ce qui fait refluer l'eau dans le réseau et provoque l'inondation des sous-sols et des routes.

Défaillance d'un barrage

L'inondation est aussi causée parfois par la défaillance d'un barrage ou d'un autre ouvrage hydraulique, quand un véritable mur d'eau peut dévaler le lit de la rivière. Comme c'est à prévoir, un tel accident, presque toujours imputable à l'erreur humaine dans la conception, la construction ou l'exploitation de l'ouvrage, a des résultats désastreux en raison de sa soudaineté et de son ampleur.

On trouvera plus de renseignements dans la description de l'inondation du Saguenay présentée sous la rubrique « Les inondations au Canada ».

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