Jour du Souvenir | 2. Histoire du jour du Souvenir

Le jour de l’Armistice, ou « jour du Souvenir », comme on l’appelle aujourd’hui, remonte à la fin de la Première Guerre mondiale. La convention d’armistice est signée par l’Allemagne et les forces alliées à Paris le lundi 11 novembre 1918 à 5 h. Le cessez-le-feu entre en vigueur à 11 h le même jour. La onzième heure du onzième jour du onzième mois.

Le premier jour de l’Armistice est célébré en 1919. Le 6 novembre, à la Chambre des communes, le Premier ministre suppléant du Canada de l’époque, sir George Foster, lit un message du roi George V s’adressant « à tous les sujets de l’Empire ».

Voici sa lettre :

« À tous mes sujets,

Mardi prochain, le 11 novembre, est le premier anniversaire de l’armistice qui a mis fin au carnage mondial des quatre années précédentes et marqué la victoire des droits et de la liberté. Je suis convaincu que mes sujets de tous les coins de l’Empire souhaitent ardemment perpétuer le souvenir de cette grande libération et de ceux qui ont donné leur vie pour la rendre possible.

Pour nous donner l’occasion d’exprimer universellement ce sentiment, je désire et j’espère qu’à l’heure de l’entrée en vigueur de l’armistice, soit la onzième heure du onzième jour du onzième mois, il y ait pendant une courte période de deux minutes une suspension complète de toutes nos activités quotidiennes. Pendant cette période, sauf dans les rares cas où une telle suspension ne s’avérerait pas pratique, tout travail, tout bruit et tout déplacement cessera afin que dans l’immobilité absolue, les pensées de chacun se tournent avec déférence vers le souvenir de nos morts glorieux ».

Au Canada, d’un océan à l’autre, à exactement 11 h heure locale, tous les bureaux, entreprises, usines, écoles et même la circulation s’arrêtent pour respecter ces deux minutes de silence.

A. JOUR DE L'ARMISTICE ET ACTION DE GRÂCES

En avril 1919, Isaac Pedlow, un député libéral, propose à la Chambre des communes une loi visant à établir un jour de l’Armistice annuel. Tous les membres de la Chambre s’entendent pour dire que la désignation d’une journée pour honorer les personnes mortes à la guerre est d’une grande importance. Toutefois, certains refusent que la journée soit fixée au 11 novembre. Pedlow fait remarquer que des groupes d’entreprises sont en faveur de l’idée que le jour du Souvenir soit célébré un lundi précis de novembre et non exactement le 11 afin de ne pas incommoder les entreprises et les employeurs.

En plus de son projet de loi, Pedlow demande que l’Action de grâces devienne un jour férié annuel, alors que jusque là elle était célébrée à une date qui variait à la discrétion du gouvernement. Il propose donc que le deuxième lundi de novembre soit reconnu comme « l’Action de grâces », une journée « qui commémorera à jamais la fin victorieuse de la récente guerre ».

Un autre membre de la Chambre réussit à retarder de six mois la discussion sur le projet de loi. La Chambre ne reprend jamais les débats au sujet de la proposition. En 1921, le gouvernement unioniste du Premier ministre Arthur Meighen présente un projet de loi visant à reconnaître officiellement le jour de l’Armistice comme un jour férié. L’article 2 de la Loi du jour de l’Armistice de 1921 stipule que chaque année, le lundi de la semaine du 11 novembre doit être reconnu comme jour férié portant le nom de « jour de l’Armistice ». Cette loi ébauchée par le gouvernement découle de la proposition de 1919 de Pedlow.

Puisque la proposition antérieure de Pedlow a servi à l’ébauche de ce projet de loi, la question de l’Action de grâces reprend de l’importance. L’article 3 de la même loi prévoit que l’Action de grâces aura lieu le même jour que celui de l’Armistice. Entre 1921 et 1931, le Canada célèbre donc le jour de l’Armistice et l’Action de grâces chaque année à la même date. Un député indépendant de la Colombie-Britannique, A. W. Neill, dépose un projet de loi modifiant la loi du jour de l’Armistice en 1931. Son projet de loi annule les articles 2 et 3 de la Loi du jour de l’Armistice et introduit une disposition fixant le jour de l’Armistice au 11 novembre. En vertu de la nouvelle loi, l’Action de grâces est de nouveau assujettie à la réglementation d’avant 1921, où sa date était fixée au gré du gouvernement.

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