Guide de prévention des ITSS : Gestion des ITSS
Le présent guide comprend un aperçu des pratiques pour le traitement et suivi des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) par les professionnels de la santé qui exercent dans les domaines de la santé publique ou des soins primaires.
Dernière mise à jour partielle du contenu : Novembre 2025
Le contenu concernant la vaccination et la prophylaxie pré et post-exposition au VIH (PPrE au VIH et PPE au VIH) a été déplacé vers la nouvelle page « Prévention biomédicale » du guide de prévention des ITSS.
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Les ressources liées ont été mises à jour.
Ces changements sont détaillés dans le tableau « Changement/Mises à jour des guides ».
Sur cette page
- Prise en charge des syndromes associés aux ITS
- Traitement des ITSS diagnostiquées
- Suivi
- Déclaration et notification aux partenaires
- Références
Prise en charge des syndrome associés aux ITS
L'approche syndromique fait référence à une prise en charge en fonction des signes et symptômes, et réalisée avant la confirmation en laboratoire d'agent(s) étiologique(s). Certains syndromes sont couramment associés aux infections transmissible sexuellement (ITS) et la détermination des agents étiologiques les plus probables devrait être fondée sur l'évaluation de la probabilité que la personne ait acquis une ITS. Des analyses de laboratoire devraient être effectuées afin de confirmer l'infection lorsqu'il existe des signes et symptômes qui correspondent à une ITS ou lorsque la personne a un partenaire sexuel chez qui une ITS a été diagnostiquée. Consulter le guide Syndromes associés aux ITS pour obtenir un aperçu de la prise en charge des syndromes suivants associés aux ITS : ulcérations anogénitales, cervicite, épididymite, atteinte inflammatoire pelvienne (AIP), rectite, urétrite et vaginite.
Les personnes nécessitant une investigation diagnostique avancée ou une hospitalisation devraient être prises en charge en consultation avec un collègue expérimenté ou être orientées vers un spécialiste.
Traitement des ITSS diagnostiquées
Les objectifs du traitement dépendent de l'agent pathogène spécifique et si l'infection est guérissable (p. ex., infection bactérienne, VHC) ou chronique et gérable (p. ex., VHS, VHB, VIH).
Pour les cas des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) confirmés, référer aux guides propres à l'étiologie pour de l'information sur les aspects suivants :
- Prise en charge et traitement
- Test de contrôle et suivi
- Exigences en matière de déclaration
- Notification et traitement des partenaires
Traitement suppressif
Des traitements suppressifs sont disponibles pour certaines ITSS virales. Encourager les personnes qui prennent des traitements suppressifs à adhérer aux traitements tels qu'ils sont prescrits et d'utiliser des barrière (p.ex. condoms et des digues dentaires) régulièrement et correctement pour réduire le risque de contracter ou de transmettre des ITSS.
Traitement comme prévention du VIH
Un diagnostic et un traitement précoces peuvent réduire la morbidité et la mortalité associées à l'infection par le VIH et la progression de l'infection. L'objectif de la thérapie antirétrovirale (TAR) est d'atteindre et de maintenir une charge virale supprimée pour améliorer l'état de santé général des personnes vivant avec le VIH. Un avantage important d'une TAR efficace est la prévention de la transmission du VIH, y compris la transmission verticale.
Le traitement du VIH est un domaine complexe qui évolue rapidement, les régimes recommandés étant modifiés lorsque de nouvelles recherches et données probantes deviennent disponibles. Envisager de consulter un collègue expérimenté dans le traitement du VIH/sida ou un spécialiste en maladies infectieuses pour obtenir des conseils sur le traitement. Consulter les lignes directrices canadiennes, provinciales ou territoriales pour des renseignements et des indications pour le traitement du VIH. Consulter le formulaire pharmaceutique provincial ou territorial pour obtenir de l'information concernant la couverture des médicaments antirétroviraux.
I=I
Indétectable = Instransmissible (I = I) Note de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3 communique le consensus scientifique selon lequel le VIH ne peut être transmis sexuellement lorsqu'une personne vivant avec le VIH suit une thérapie antirétrovirale (TAR) et maintient une charge virale inférieure à 200 copies par millilitre de sang.
Pour confirmer qu'une personne a atteint et maintient une charge virale supprimée, celle-ci est généralement mesurée tous les 4 à 6 mois dans le cadre des soins cliniques.
I=I s'applique uniquement à la transmission sexuelle du VIH. Il ne s'applique pas au partage de matériel de consommation de drogues, ni pendant la grossesse ou l'allaitement.
Les professionnels de santé peuvent accroître le recours au traitement contre le VIH, prévenir de nouvelles infections et réduire la stigmatisation liée au VIH en communiquant les avantages du traitement contre le VIH dans le cadre des messages généraux sur la santé sexuelle.
Traitement suppressif pour la VHS
Consulter le guide sur l'Herpès génital pour les indications et les recommandations de traitement épisodique ou suppressif.
Le traitement antiviral suppressif quotidien réduit la durée, la fréquence et la gravité des récidives d'herpès génitalNote de bas de page 4Note de bas de page 5Note de bas de page 6Note de bas de page 7 et diminue l'excrétion virale asymptomatique et la transmission du virus, mais ne l'éradique pas.
Autres ressources
- Canada.ca
- Relevé des maladies transmissibles au Canada
- Réseau canadien d'info-traitement sida (CATIE)
Résistance aux antimicrobiens (RAM)
La RAM est un problème de santé publique à l'échelle mondiale. Il est important de pratiquer une bonne gestion des antimicrobiens lors du traitement des ITSS. Les pratiques suivantes peuvent limiter le développement et la propagation des infections liées à la RAM :
- Promouvoir des pratiques sécuritaires
- Normaliser et augmenter le dépistage
- Augmenter la détection en prélevant tous les sites anatomiques affectés (génitaux et extra-génitaux)
- Traiter les personnes et leurs partenaires sexuels selon les lignes directrices en vigueur
- Envisager effectuer le dépistage et attendre les résultats, pour fournir un traitement selon l'étiologie, lorsque l'état clinique de la personne le permet, qu'elle est disposée à s'abstenir de toute activité sexuelle et de revenir pour un suivi et/ou le délai d'exécution des analyses est rapide
- Effectuer un test de contrôle, le cas échéant (consulter les guides propres à l'étiologie)
- Offrir un counseling pré-voyage et évaluer les antécédents de voyage
Neisseria gonorrhoeae et Mycoplasma genitalium ont présenté une résistance à plusieurs classes d'antibiotiques. Au Canada, il est difficile de dresser un tableau précis de la pharmacorésistance en raison de l'évolution de l'utilisation de tests d'amplification d'acides nucléiques (TAAN) plutôt que la culture; par conséquent, moins d'échantillons sont soumis à des tests de sensibilité aux antimicrobiensNote de bas de page 8. Consultez les guides sur la gonorrhée et la Mycoplasma genitalium pour obtenir des recommandations sur les tests diagnostiques et les traitements.
Autres ressources
- Canada.ca
- Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC)
Co-infections
Les voies de transmission sont similaires pour de nombreuses ITSS; les co-infections sont fréquentes et peuvent avoir des répercussions sur le traitement et le suivi.
Chez les personnes vivant avec le VIH, la co-infection par le VHB, le VHC ou la syphilis peut avoir un impact sur l'évolution de la maladie. De plus, des considérations particulières peuvent s'appliquer au traitement et au suivi afin d'assurer l'efficacité du traitement et prévenir les complications à long termeNote de bas de page 9.
Traitement des partenaires
En cas de contacts sexuels avec des personnes atteintes d'une ITS bactérienne confirmée, envisager un traitement empirique à titre préventif de santé publique afin de prévenir le développement d'une infection. Si un traitement empirique est administré, conseillez à la personne de s'abstenir de tout rapport sexuel jusqu'à ce que les résultats des tests soient connus.
Si les tests confirment une ITS bactérienne, consulter les guides spécifiques à l'étiologie pour connaître les recommandations en matière de traitement et de suivi des partenaires sexuels.
Traitement accéléré des partenaires
Certaines provinces et certains territoires permettent le traitement accéléré des partenaires (TAP). Vérifiez auprès des autorités de santé provinciales ou territoriales ainsi que des associations professionnelles pour connaître les politiques et les lignes directrices relatives au TAP. Les TAP peut inclure les éléments suivants :
- Ordonnance ou médicaments pour les partenaires sans évaluation par un professionnel de la santé
- Trousses de dépistage pour les partenaires sexuels, à retourner par courrier
- Fiches d'information, instructions d'orientation vers des services
- Consultations par télémédecine
Les avantages potentiels du TAP comprennent :
- Augmentation de la proportion de partenaires traités, en particulier parmi les populations prioritaires
- Traitement rapide des partenaires
- Réduction de la transmission
- Réduction des réinfections
- Traitement des ITSS non diagnostiquées
- Prévention de la morbidité et des complications
Les défis liés au TAP comprennent :
- Absence d'établissement d'une relation thérapeutique
- Difficulté à vérifier l'achèvement du traitement
- Potentiel de réaction négative de la part des partenaires
- Partenaires ne recherchent pas de dépistage et des soins
- Perte d'une occasion de counseling
- Possibilité de réactions allergiques ou indésirables aux médicamentsNote de bas de page 10Note de bas de page 11
Suivi
Idéalement, le suivi devrait être effectué par le professionnel de la santé qui a diagnostiqué et traité la personne, pour assurer :
- la résolution des symptômes
- la réalisation des tests de suivi
- le suivi pour la notification et le traitement des partenaires
Si le même professionnel de la santé n'est pas disponible, les personnes devraient être orientées vers les ressources appropriées et recevoir un counseling sur le suivi et des symptômes évocateurs d'un échec au traitement.
Un test de suivi est requis si le test de dépistage initial a pu être effectué pendant la période fenêtre.
Un test de contrôle peut être recommandé selon l'agent pathogène en cause et le traitement prescrit. Pour certains agents pathogènes, un test de contrôle est recommandé systématiquement, alors que pour d'autres, ce test n'est recommandé que dans des situations précises. Dans les cas de syphilis, des tests sérologiques post-traitement sont nécessaires pour évaluer la réponse au traitement et devraient être effectués aux intervalles recommandés en fonction du stade de l'infection.
Offrir de répéter le dépistage des ITSS selon les facteurs de risque persistants et le potentiel d'exposition continu. Il est généralement recommandé de répéter le test de dépistage 3 à 6 mois après le traitement d'une ITS bactérienne en raison du risque de réinfection.
Consulter les guides propres à l'étiologie pour obtenir des renseignements sur le suivi.
Déclaration et notification aux partenaires
Exigences en matière de déclaration des ITSS et confidentialité
Les exigences de déclaration des ITSS varient selon les provinces et les territoires. Informer les personnes que les lois provinciales ou territoriales sur la santé publique et la Loi sur la protection de l'enfance ont préséance sur la confidentialité entre le professionnel de la santé et le client et exigent la divulgation de renseignements personnels sans le consentement de la personne pour toutes les ITSS à déclaration obligatoire ou si la maltraitance d'enfants est suspectée.
Rassurer la personne que les renseignements ne seront communiqués aux autorités que dans la mesure où la loi l'exige et qu'ils resteront par ailleurs confidentiels. Informer la personne que ceux qui reçoivent et traitent ces renseignements personnels sont tenues par des obligations éthiques, légales et professionnelles de protéger la confidentialité.
Notification aux partenaires
Les professionnels de la santé sont tenus d'assurer la confidentialité de la personne : aucun renseignement relatif à la personne ne peut être communiqué aux partenaires.
La notification aux partenaires est un processus de prévention secondaire par lequel les partenaires sexuels et autres contacts potentiellement exposés à une ITSS sont identifiés, localisés, évalués, conseillés, dépistés et traités. La notification aux partenaires présente des avantages pour la santé publique (p. ex. surveillance des maladies et lutte contre les maladies) et réduit le risque de réinfection pour plusieurs ITSS. La notification aux partenaires peut être un moyen efficace de trouver les personnes atteintes d'une ITSS ou à risque d'acquérir une ITSSNote de bas de page 12Note de bas de page 13.
Bien que la notification aux partenaires soit parfois considérée comme créant un conflit entre les droits de la société et les droits individuels, son but est d'aider à respecter les droits des partenaires sexuels de savoir s'ils ont été exposés à une ITSS et de prendre des décisions éclairées concernant leur santé.
Les pratiques de notification aux partenaires varient selon les provinces et territoires. Plus d'une stratégie peut être utilisée pour notifier les différents partenaires. Les stratégies de notification aux partenaires incluent :
- Auto-référence : La personne accepte l'entière responsabilité d'informer ses partenaires de la possibilité d'une exposition à une ITSS et de les orienter vers les services appropriés.
- Référence par un professionnel de la santé ou de la santé publique : Avec le consentement de la personne, le professionnel de la santé ou de la santé publique prend la responsabilité d'informer confidentiellement les partenaires de la possibilité de leur exposition à une ITSS. En général, l'orientation par un professionnel de la santé permet la notification, le counseling et l'évaluation d'un plus grand nombre de partenairesNote de bas de page 12Note de bas de page 13.
- Référence contractuelle : Le professionnel de la santé négocie un délai avec la personne (généralement de 24 à 48 heures) pour informer ses partenaires de leur exposition et de les orienter vers les services appropriés, après quoi, si cela n'est pas fait, le professionnel de la santé ou de la santé publique notifiera les partenairesNote de bas de page 13.
Obstacles à la notification aux partenaires
Si la personne ne souhaite pas notifier ses partenaires ou si ses partenaires ne se sont pas manifestés, considérer les obstacles suivants à la notification aux partenaires. Au besoin, aviser les autorités de santé publique.
| Obstacle potentiel | Stratégies de réduction des obstacles |
|---|---|
| Crainte ou réalité de la violence physique ou émotionnelle |
|
| Crainte de perdre un partenaire en raison d'un diagnostic d'ITSS (blâme ou culpabilité) |
|
| Crainte des procédures judiciaires |
|
| Crainte d'une nouvelle victimisation (victimes d'agression sexuelle ou d'abus sexuel) |
|
| Partenaires anonymes |
|
Autres ressources
- Canada.ca
- Relevé des maladies transmissibles au Canada
- Portail canadien de la recherche en protection de l'enfance
- Journal de l'Association médicale canadienne (CMAJ)
- Association canadienne de santé publique
- Ministère de la Justice
- Réseau juridique VIH
- Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses
- La notification aux partenaires des ITS : Options stratégiques
- Anonymous partner notification for sexually-transmitted Infections: Information sheet (en anglais seulement)
- Internet partner notification for sexually-transmitted Infections: Information sheet (en anglais seulement)
- A review of evidence on partner notification practices for chlamydia (en anglais seulement)
Références
- Note de bas de page 1
-
LeMessurier J, Traversy G, Varsaneux O, et al. Risk of sexual transmission of human immunodeficiency virus with antiretroviral therapy, suppressed viral load and condom use: A systematic review. CMAJ. 2018;190(46):E1350-E1360.
- Note de bas de page 2
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Service des poursuites pénales du Canada. Guide du Service des poursuites pénales du Canada – Partie 5.12 Poursuites impliquant la non-divulgation de la séropositivé. 8 Décembre 2018.