Vaccin contre le chikungunya : Guide canadien d'immunisation

Pour les professionnels de la santé

Nouveau chapitre : février 2026

Ce nouveau chapitre a été rédigé d'après la déclaration suivante du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) :

Ces informations sont reprises dans le tableau des mises à jour.

Sur cette page

Remarque : L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) reconnaît que toutes les personnes qui accouchent ou qui allaitent ne s'identifient pas comme des femmes ou des mères. La rédaction de ce chapitre utilise une approche additive du genre où le terme « femme » est utilisé à côté d'un langage neutre du point de vue du genre. Il s'agit de démontrer la volonté de remédier à l'exclusion historique des personnes transgenres et non binaires, tout en évitant le risque de marginaliser ou d'effacer l'expérience des femmes dans l'environnement des soins de santé. Toutefois, conformément aux meilleures pratiques, il est admis que, lors de discussions ou de soins individuels, le langage et la documentation doivent refléter l'identité de genre de la personne. Enfin, l'ASPC reconnaît la nature dynamique du langage. Il est probable que le langage jugé approprié ou respectueux de la diversité dans un contexte ne donne pas la même impression dans d'autres et soit appelé à évoluer; le langage permettant la représentation appropriée des diverses affirmations d'identité changera donc vraisemblablement.

Épidémiologie

Description de la maladie

Agent infectieux

Le virus du chikungunya (CHIKV) est un virus à ARN monocaténaire de polarité positive. Il appartient au genre Alphavirus dans la famille des Togaviridae.

Pour de plus amples renseignements sur le CHIKV, voir la Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes.

Réservoir

Les réservoirs sont les primates non humains (PNH), les rongeurs, les chauves-souris et, possiblement, les oiseaux.

Transmission

Le virus du chikungunya (CHIKV) est transmis aux humains par la piqûre de moustiques infectés du genre Aedes (Stegomyia), principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus, qui ne sont pas établis au Canada. Ces espèces de moustiques sont aussi les vecteurs d'autres arbovirus, dont le virus de la dengue et le virus Zika. Des cas graves d'infection néonatale, ayant entraîné des manifestations neurologiques ou un sepsis néonatal, ont été signalés à la suite d'une transmission verticale. Des employés de laboratoire ont aussi été infectés par une exposition accidentelle. La période d'incubation est habituellement de 3 à 7 jours, mais elle peut varier entre 2 et 12 jours.

Facteurs de risque

Le risque qu'une personne soit infectée par le CHIKV dépend de son exposition à des vecteurs infectés, laquelle varie selon les conditions environnementales, la saison, les conditions de vie et les comportements individuels (p. ex. l'utilisation d'insectifuges). Il semble que l'infection confère une immunité à long terme. Ainsi, une part de la population des zones d'endémie ou d'éclosion pourrait ne pas être réceptive à l'infection. Certains groupes sont plus à risque de présenter une forme grave de la maladie, à savoir les nouveau-nés, les personnes âgées et les personnes qui présentent des affections sous-jacentes. Le diabète, l'hypertension, les maladies cardiaques et les arthropathies préexistantes font partie des affections qui semblent augmenter la probabilité de présenter une forme grave du chikungunya.

Spectre de la maladie clinique

Le chikungunya se caractérise par l'apparition soudaine de fièvre accompagnée de douleurs articulaires, qui s'avèrent invalidantes chez certaines personnes et qui peuvent durer des mois, voire des années, après l'infection. Parmi les autres symptômes figurent une enflure des articulations, des douleurs musculaires, des céphalées, des nausées, de la fatigue et une éruption cutanée touchant en particulier le tronc et les membres. Les décès associés au chikungunya sont rares chez les personnes en bonne santé. Toutefois, le risque augmente considérablement chez les personnes âgées, surtout si elles présentent d'autres affections médicales. Des complications neurologiques graves, des myocardites et des néphrites ont également été signalées, principalement chez des personnes âgées, des personnes qui sont immunodéprimées et des nouveau-nés.

À l'heure actuelle, il n'existe aucun traitement antiviral particulier contre l'infection par le virus du chikungunya. Le traitement clinique est essentiellement symptomatique et est axé sur le soulagement des symptômes de fièvre et des douleurs articulaires au moyen d'antipyrétiques et d'analgésiques. Il faut éviter les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tant que la dengue n'a pas été écartée, en raison du risque accru de saignement.

Répartition de la maladie

Incidence et prévalence

À l'échelle mondiale

Le CHIKV a été identifié pour la première fois en République-Unie de Tanzanie en 1952. Il est endémique dans une grande partie des régions tropicales et subtropicales du monde, avec des cas signalés sur les continents américain, asiatique, africain et européen. Tout indique qu'une transmission persistante du chikungunya se produit à de faibles taux dans un grand nombre de régions tropicales. Cette activité endémique peut s'intensifier et engendrer d'importantes éclosions touchant une grande part de population locale, ce qui accroît alors le risque pour les voyageurs présents dans ces régions. Les éclosions sont souvent de courte durée : après une période de 3 à 6 mois, la transmission diminue, tout comme le nombre d'infections et de cas déclarés.

Voir les Conseils aux voyageurs et avertissements par destination pour obtenir des renseignements sur les risques liés à la santé des voyageurs, y compris le risque de chikungunya par destination.

À l'échelle nationale

Le chikungunya n'est pas endémique au Canada. Toutefois, des cas importés ont été signalés chez les voyageurs revenant de régions où il existe une transmission soutenue du CHIKV, en particulier quand des éclosions sont en cours. Selon les données de surveillance en laboratoire du Laboratoire national de microbiologie (LNM), environ 550 et 340 cas de chikungunya liés aux voyages ont été détectés en 2014 et en 2015, respectivement, parmi les personnes testées pour le chikungunya au LNM, alors que d'importantes éclosions de chikungunya touchaient l'Amérique. À titre de comparaison, de 2016 à 2024, ce sont plutôt entre 1 et 89 cas qui ont été détectés par année. Ces données sont vraisemblablement une sous-estimation du nombre réel de cas liés aux voyages, parce que le chikungunya n'est pas une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale, la surveillance en laboratoire ne comprend pas toutes les infections et les cas signalés varient selon les pratiques de dépistage et divers facteurs contextuels.

Préparations autorisées au Canada

L'autorisation d'une préparation aux fins d'utilisation au Canada ne garantit pas sa disponibilité à la vente. Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) de Santé Canada pour connaître le statut du produit. Les définitions des statuts se trouvent sur la page Terminologie de la BDPP.

Pour obtenir les renseignements thérapeutiques complets, consulter le dépliant du produit ou la monographie de produit autorisée par Santé Canada, qui se trouve dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Le chapitre Contenu des agents immunisants autorisés au Canada de la partie 1 contient la liste des vaccins et des agents d'immunisation passive autorisés au Canada, y compris leurs constituants.

Immunogénicité, efficacité potentielle et efficacité réelle

On ne dispose pas à l'heure actuelle de données sur l'efficacité potentielle ou réelle du vaccin Chik-LAV. Selon les données sur l'immunogénicité provenant d'un vaste essai contrôlé randomisé de phase 3 chez des participants de 18 ans et plus, le taux de séroconversion était élevé 29 jours après l'administration d'une dose unique du vaccin Chik-LAV (98,9 %), et cet effet a persisté pendant 4 ans chez un sous-ensemble des participants à l'étude. Les taux de séroréponse ne variaient pas de manière significative selon le groupe d'âge – ils atteignaient 98,6 % chez les participants de 18 à 64 ans, et 100 % chez les participants de 65 ans et plus –, et les titres se sont maintenus pendant au moins 2 ans à des niveaux vraisemblablement protecteurs. Il devrait y avoir une corrélation entre les titres d'anticorps observés dans ces études et la protection clinique.

Indications

Personnes de 12 à 17 ans

Santé Canada a autorisé l'utilisation du vaccin Chik-LAV chez les personnes de 12 à 17 ans pour la prévention de la maladie causée par le CHIKV. Le CCMTMV n'a pas encore fourni de directives sur l'utilisation du vaccin Chik-LAV dans ce groupe d'âge.

Adultes de 18 à 64 ans

Le vaccin Chik-LAV n'est pas recommandé de façon générale chez les adultes de 18 à 64 ans, mais son utilisation peut être envisagée en présence d'un risque élevé d'infection, par exemple chez les personnes qui se rendent dans une région touchée par une éclosion, à la suite d'une évaluation individuelle et d'une discussion avec un professionnel de la santé sur les avantages et les préjudices associés au vaccin Chik-LAV. Les caractéristiques suivantes du voyageur sont prises en considération :

Pour déterminer si une destination est identifiée comme étant touchée par une éclosion, consultez la page Conseils aux voyageurs et avertissements par destination du gouvernement du Canada. Dans la section « Santé » de la page de chaque destination, recherchez précisément un « Avis de santé aux voyageurs de niveau 2 ».

Voir la section Voyageurs pour de plus amples renseignements.

On ne sait pas si la présence d'affections sous-jacentes (comme le diabète, l'hypertension ou des maladies cardiaques) peut accroître le risque d'EIG chez les personnes de 18 à 64 ans. Il s'agit d'un facteur à prendre en compte dans l'évaluation individuelle des personnes de tout âge, car ces affections sont associées à la survenue d'issues graves liées au chikungunya, et elles étaient présentes dans la plupart des cas déclarés d'EIG après l'administration du vaccin Chik-LAV.

Des exemples d'évaluation individuelle se trouvent dans le tableau 1 de la déclaration du CCMTMV Directives sur l'utilisation du vaccin vivant atténué contre le chikungunya (IXCHIQ).

Adultes de 65 ans et plus

L'utilisation du vaccin Chik-LAV n'est pas recommandée chez les personnes de 65 ans et plus. Ces personnes devraient éviter les voyages dans une région où sévit une éclosion de chikungunya. Pour déterminer si une destination est touchée par une éclosion, consulter la page Conseils aux voyageurs et avertissements par destination du gouvernement du Canada. Le cas échéant, des « conseils de santé aux voyageurs de niveau 2 » figureront dans la section « Santé » de la page de la destination.

Si le voyage ne peut être évité ou reporté, il importe d'avoir une discussion approfondie sur les risques d'infection et sur le risque de complications graves liées à la vaccination, notamment les EIG, afin de soutenir la prise de décision partagée en ce qui concerne le vaccin Chik-LAV. Les données de surveillance postcommercialisation indiquent que la plupart des EIG suivant l'administration du vaccin Chik-LAV sont signalés chez des personnes de ce groupe d'âge qui ont déjà des problèmes de santé. Voir la section Innocuité et évènements indésirables pour des renseignements supplémentaires.

Des exemples d'évaluation individuelle se trouvent dans le tableau 1 de la déclaration du CCMTMV Directives sur l'utilisation du vaccin vivant atténué contre le chikungunya (IXCHIQ).

Doses de rappel et revaccination

La nécessité d'une dose de rappel du vaccin contre le chikungunya n'a pas été établie.

Vaccination de populations particulières

Grossesse et allaitement

Le vaccin Chik-LAV est contrindiqué chez les femmes enceintes et les personnes enceintes. Les données sont limitées en ce qui a trait à l'utilisation du vaccin Chik-LAV chez les femmes enceintes, les personnes enceintes et les personnes qui allaitent. Les données disponibles sont insuffisantes et ne permettent pas d'en déterminer l'innocuité pendant la grossesse, le développement embryofœtal, la naissance, le développement postnatal ou l'allaitement. Aussi, on ne sait pas si le vaccin est excrété dans le lait humain.

Pour soutenir la prise de décision partagée en ce qui concerne le vaccin Chik-LAV lorsqu'une personne enceinte se rendra dans une région touchée par une éclosion de chikungunya et ne peut reporter son voyage, il importe d'avoir une discussion approfondie sur les risques d'infection, sur le risque de complications graves liées à la vaccination, notamment les EIG, et/ou sur l'absence de données concernant l'innocuité en cas d'utilisation pendant la grossesse.

Le cas échéant, la personne vaccinée devrait éviter de devenir enceinte dans le mois qui suit l'administration du vaccin Chik-LAV.

Voir Immunisation durant la grossesse et l'allaitement dans la partie 3 pour de plus amples renseignements sur la vaccination des femmes et des personnes qui sont enceintes ou qui allaitent.

Personnes qui sont immunodéprimées

Le vaccin Chik-LAV est contrindiqué chez les personnes qui sont immunodéprimées en raison du risque de maladie causée par la souche vaccinale. Les données sur l'utilisation du vaccin Chik-LAV dans les populations qui sont immunodéprimées sont limitées.

Pour soutenir la prise de décision partagée en ce qui concerne le vaccin Chik-LAV lorsqu'une personne est immunodéprimée et ne peut reporter son voyage dans une région touchée par une éclosion de chikungunya, il importe d'avoir une discussion approfondie sur les risques d'infection, sur le risque de complications graves liées à la vaccination, notamment les EIG, et/ou sur l'absence de données concernant l'innocuité en cas d'utilisation chez les personnes qui sont immunodéprimées.

Voir Immunisation des sujets immunodéprimés dans la partie 3 pour de plus amples renseignements sur la vaccination des personnes qui sont immunodéprimées.

Voyageurs

L'utilisation du vaccin Chik-LAV n'est pas recommandée chez les personnes de 65 ans et plus, de même que chez les personnes de 18 à 64 ans qui ne présentent pas un risque élevé d'infection.

Le vaccin Chik-LAV peut être envisagé chez les personnes de 18 à 64 ans qui présentent un risque élevé d'infection. Une évaluation individuelle et une discussion entre le voyageur et le professionnel de la santé sont nécessaires pour déterminer s'il convient d'administrer le vaccin Chik-LAV.

L'évaluation individuelle comprend une discussion sur les avantages et les préjudices associés au vaccin Chik-LAV dans le contexte de l'exposition du voyageur au virus du chikungunya, notamment l'activité de la maladie à la destination, la durée du voyage et la possibilité que plus d'un séjour soit effectué dans les régions touchées. Les éclosions de chikungunya entraînent un risque élevé d'infection, et les voyageurs seraient plus susceptibles de choisir de recevoir le vaccin Chik-LAV lorsque le risque estimé est le plus élevé. Pour déterminer si une destination est touchée par une éclosion, consulter la page Conseils aux voyageurs et avertissements par destination du gouvernement du Canada. Le cas échéant, des « conseils de santé aux voyageurs de niveau 2 » figureront dans la section « Santé » de la page de la destination.

Le vaccin Chik-LAV pourrait se révéler avantageux pour les voyageurs de 18 à 64 ans qui se rendent dans une région où sévit une éclosion, ainsi que pour ceux qui prévoient effectuer des voyages prolongés, ceux qui pourraient se rendre à plusieurs reprises dans des régions à risque et/ou ceux qui auraient une probabilité accrue de souffrir d'une forme grave du chikungunya ou de complications. Certaines affections médicales préexistantes (entre autres le diabète, l'hypertension, les maladies cardiaques et les arthropathies préexistantes) peuvent accroître le risque de présenter une forme grave du chikungunya ou des EIG associés à la vaccination; par conséquent, ces affections doivent être prises en compte dans la décision d'utiliser le vaccin Chik-LAV.

Des exemples d'évaluation individuelle se trouvent dans le tableau 1 de la déclaration du CCMTMV Directives sur l'utilisation du vaccin vivant atténué contre le chikungunya (IXCHIQ).

Pour de plus amples renseignements sur la prévention du chikungunya au cours de voyages ou l'administration du vaccin Chik-LAV aux voyageurs, voir les Directives sur l'utilisation du vaccin vivant atténué contre le chikungunya (IXCHIQ) du CCMTMV, la section Indications et le chapitre Immunisation des voyageurs de la partie 3.

Tests sérologiques

L'exécution d'un test sérologique n'est pas indiquée, que ce soit avant ou après l'administration du vaccin Chik-LAV.

Méthodes d'administration

Dose

Chaque dose du vaccin Chik-LAV est de 0,5 mL après reconstitution.

Voie d'administration

Le vaccin Chik-LAV est administré par voie intramusculaire.

Administration concomitante d'autres vaccins

Il n'y a pas de données sur l'administration concomitante du vaccin Chik-LAV et d'autres vaccins.

En général, les vaccins vivants administrés par voie parentérale peuvent être donnés en même temps que d'autres vaccins au cours de la même visite, mais à des points d'injection différents, et à l'aide d'aiguilles et de seringues distinctes. Lorsque deux vaccins vivants à administration parentérale ne sont pas administrés de façon concomitante, il faut attendre au moins 4 semaines avant de donner le second vaccin vivant à administration parentérale. Lorsque deux vaccins vivants à administration parentérale sont administrés à moins de 4 semaines d'intervalle, la réponse immunitaire au deuxième vaccin peut être moindre en raison de la réponse immunitaire au premier vaccin.

Toutefois, il est recommandé de ne pas administrer le vaccin Chik-LAV en même temps que d'autres vaccins vivants ou inactivés, car il n'existe aucune donnée sur l'innocuité et l'immunogénicité à la suite d'une administration concomitante, et l'administration concomitante pourrait être un facteur de confusion dans la surveillance continue de l'innocuité du vaccin Chik-LAV. Voir le chapitre Calendrier d'administration des vaccins dans la partie 1 pour de plus amples renseignements sur l'administration concomitante de vaccins.

Conditions d'entreposage

Conserver le vaccin Chik-LAV (flacon contenant la poudre lyophilisée et le diluant) au réfrigérateur entre +2 °C et +8 °C. Ne pas congeler. S'il n'est pas utilisé immédiatement, conserver le vaccin reconstitué à température ambiante et l'administrer dans les 30 minutes.

Voir le chapitre Manipulation et entreposage des agents immunisants dans la partie 1 pour de plus amples renseignements et des recommandations.

Innocuité et évènements indésirables

Évènements indésirables fréquents et très fréquents

Les évènements indésirables fréquents surviennent chez 1 % à moins de 10 % des personnes vaccinées. Les évènements indésirables très fréquents surviennent chez 10 % ou plus des personnes vaccinées.

Chez les sujets de 18 ans et plus qui ont reçu le vaccin Chik-LAV dans l'essai clinique de phase 3, l'évènement indésirable local le plus fréquent était la sensibilité (10,6 %) au point d'injection. Certaines réactions indésirables systémiques ont été très fréquentes dans les 10 premiers jours suivant la vaccination : céphalée (31,6 %), fatigue (28,5 %), myalgie (23,9 %), arthralgie (17,2 %) et fièvre (13,5 %). La plupart des réactions signalées après la vaccination par le Chik-LAV ont été légères à modérées.

Dans l'essai clinique de phase 3, des réactions indésirables semblables au chikungunya (RISC) ont été signalées chez 11,7 % des sujets vaccinés par le Chik-LAV, et 1,6 % de ces réactions étaient graves. Les RISC correspondent à l'apparition d'un ensemble de symptômes typiques de l'infection naturelle par le virus du chikungunya. Les symptômes se manifestent dans les 30 jours suivant la vaccination et comprennent de la fièvre et au moins un des symptômes suivants : arthralgie ou arthrite, myalgie, céphalée, douleurs dorsales, éruption cutanée ou certains symptômes cutanés, lymphadénopathie ou certains symptômes neurologiques, cardiaques ou oculaires. Les évènements ont été jugés graves si les symptômes ont empêché les activités quotidiennes ou nécessité une intervention médicale.

Évènements indésirables peu fréquents, rares et très rares

Les évènements indésirables peu fréquents surviennent chez 0,1 % à moins de 1 % des personnes vaccinées. Les évènements indésirables rares se produisent chez 0,01 % à moins de 0,1 % des personnes vaccinées, et les évènements indésirables très rares, chez moins de 0,01 % des personnes vaccinées.

Dans l'essai clinique de phase 3, un lien a été établi entre le vaccin Chik-LAV et deux EIG ayant nécessité une hospitalisation; les deux personnes se sont complètement rétablies. Une participante a présenté des myalgies sévères, des arthralgies légères, une tachycardie et une tachypnée 1 à 2 jours après la vaccination. L'autre participant a présenté une forte fièvre 4 jours après la vaccination, de même qu'une hyponatrémie hypovolémique et une fibrillation auriculaire.

En date du 11 juillet 2025, on dénombre 28 EIG suivant la vaccination par le Chik-LAV d'après les données de surveillance postcommercialisation provenant d'Europe et des États-Unis. La plupart de ces EIG, dont 3 décès, sont survenus chez des personnes de 65 ans et plus qui avaient déjà des problèmes de santé. Dans certains cas, la souche du CHIKV utilisée dans le vaccin a été détectée, et les EIG se sont généralement manifestés dans les délais prévisibles d'apparition d'un évènement indésirable lié à la vaccination.

Pour de plus amples renseignements sur l'observation après la vaccination et sur la prise en charge des évènements indésirables, voir les chapitres Méthodes d'administration des vaccins dans la partie 1 et Anaphylaxie et autres réactions aiguës après la vaccination dans la partie 2.

Directives sur la déclaration des effets secondaires suivant l'immunisation (ESSI)

Il est essentiel que les vaccinateurs et autres cliniciens signalent les ESSI si l'on veut garantir l'innocuité des vaccins au Canada. Dans certaines administrations, la déclaration constitue une obligation légale.

Les vaccinateurs sont priés de déclarer les ESSI par l'intermédiaire de leur organisme local de santé publique. Les exigences de déclaration des ESSI peuvent varier selon la province ou le territoire. En général, on signalera tout évènement indésirable grave ou inattendu pour lequel il semble exister un lien temporel avec la vaccination.

Voir La sécurité des vaccins et pharmacovigilance et Effets secondaires suivant l'immunisation (ESSI) dans la partie 2 pour de plus amples renseignements sur l'innocuité des vaccins, les définitions des ESSI et la déclaration des ESSI aux autorités de santé publique.

Contrindications et précautions

Le vaccin Chik-LAV est contrindiqué chez les personnes qui présentent une hypersensibilité anaphylactique ou immédiate avérée à l'un des composants du vaccin ou de son contenant. Le chapitre Contenu des agents immunisants autorisés au Canada de la partie 1 contient la liste des vaccins et des agents d'immunisation passive autorisés au Canada, y compris leurs constituants.

Voir le chapitre Contre-indications et précautions dans la partie 2 pour de plus amples renseignements généraux.

Processus de révision du chapitre

Le présent chapitre a été rédigé d'après les Directives sur l'utilisation du vaccin vivant atténué contre le chikungunya (IXCHIQ) du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV), lesquelles ont été publiées le 24 décembre 2025.

Remerciements

Le chapitre a été préparé par N. Mohamed et revu par C. Jensen, E. Abrams, R. Pless, T. Nguyen et le groupe de travail du CCMTMV sur le chikungunya.

Le chapitre est fondé sur les Directives sur l'utilisation du vaccin vivant atténué contre le chikungunya (IXCHIQ), une déclaration du CCMTMV préparée par P. Lagacé-Wiens, S. Schofield, I. Bogoch, Y.G. Bui, A. Khatib, M. Libman, T. Nguyen et K. Plewes au nom du CCMTMV.

Le CCNI tient à remercier N. Haddad pour sa contribution.

Références choisies

Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages. Directives sur l'utilisation du vaccin vivant atténué contre le chikungunya (IXCHIQ). Ottawa : Agence de la santé publique du Canada; 2025. Accessible à : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/ccmtmv/directives-utilisation-vaccin-contre-chikungunya.html

European Centre for Disease Prevention and Control. Chikungunya virus disease worldwide overview [mise à jour : 2025-11-13; consultation : 2025-11-25]. Accessible à : https://www.ecdc.europa.eu/en/chikungunya-monthly

FCPADM. Ferreira, ASV. da Silva, J. Recht, L. Guaraldo, MEL. Moreira, AM. de Siqueira, P. Gerardin, P. Brasil. Vertical transmission of chikungunya virus: A systematic review. [publication : 2021-04-23; consultation : 2025-12-16].

L. Petersen, A. Powers. Control of Communicable Diseases Manual. Chikungunya [mise à jour : 2021-01-22; consultation : 2025-11-25]. Accessible à : https://ccdm.aphapublications.org/doi/abs/10.2105/CCDM.2745.159?role=tab

Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC). Dengue, Zika et chikungunya liés aux voyages au Canada, 2024. Ottawa : Agence de la santé publique du Canada; 2025. Accessible à : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/rapports-publications/releve-maladies-transmissibles-canada-rmtc/numero-mensuel/2025-51/numero-9-septembre-2025/dengue-zika-chikungunya-lies-voyages-canada-2024.html

Valneva Austria GmbH. Monographie du produit – IXCHIQ. Août 2025.

World Health Organization (WHO). Chikungunya epidemiology update - June 2025 [mise à jour : 2025-06-11; consultation : 2025-11-25]. Accessible à : https://www.who.int/publications/m/item/chikungunya-epidemiology-update-june-2025

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2026-02-27