Le sélénium et ses composés – fiche d’information

Mise à jour le 12 mai 2021 :

L'évaluation préalable finale du sélénium et ses composés a été publiée le 16 décembre 2017 dans le cadre de l'Initiative des groupes de substancesdu Plan de gestion des produits chimiques (PGPC). L'évaluation est résumée dans la présente fiche d'information. La section ci-dessous intitulée « Mesures préventives et réduction des risques » est une mise à jour des activités de gestion des risques, à savoir :

Sur cette page

Aperçu

  • Le gouvernement du Canada a réalisé une évaluation scientifique du sélénium et ses composés, appelée évaluation préalable, afin de déterminer le potentiel d'effets nocifs sur les Canadiens et à l'environnement.
  • Le risque que pose une substance est déterminé en considérant à la fois ses propriétés dangereuses (la capacité de causer les effets nocifs sur la santé humaine ou l'environnement) et les niveaux d'exposition des personnes ou de l'environnement.
  • À la suite de l'évaluation préalable, le sélénium et ses composés sont jugés nocifs pour certaines sous-populations canadiennes dont l'absorption de sélénium est plus élevée. Cependant, ils ne sont pas jugés nocifs pour la population générale du Canada. Le sélénium est un élément nutritif essentiel pour la santé humaine. Il a aussi été conclu que le sélénium et ses composés sont nocifs pour l'environnement.

À propos de ces substances

  • Cette évaluation préalable est axée sur l'entité sélénium et, par conséquent, porte sur toutes les formes de sélénium trouvées dans le commerce et présentes dans l'environnement, dont l'ensemble est appelé le sélénium et ses composés.
  • Cette évaluation porte principalement sur le potentiel du sélénium de causer des effets nocifs suite à une exposition élevée au sélénium. Ces substances ont été évaluées en tant que Groupe de substances contenant du sélénium dans le cadre de l'Initiative des groupes de substances du Plan de gestion des produits chimiques (PGPC).
  • Le sélénium est un élément naturel présent dans l'environnement. Il peut se trouver dans des minéraux comme la pyrite, la chalcopyrite, la pyrrhotite et la sphalérite, ainsi que dans des gisements de pétrole et de charbon.
  • Bien qu'il n'existe pas de mines de sélénium au Canada, il peut être récupéré lors du traitement d'autres matériaux.
  • Le sélénium est un élément nutritif essentiel à la santé humaine et à de nombreux organismes dans l'environnement.
  • Une certaine quantité de sélénium est nécessaire à l'exécution d'importantes fonctions de l'organisme. Le sélénium joue un rôle dans les fonctions reproductives, neurologiques et immunitaires, qui demandent en moyenne 45 µg/jour. Cependant, il existe des risques potentiels pour certaines sous-populations exposées à des quantités élevées de sélénium. L'absorption maximale tolérable (AMT) de sélénium a été établie à 400 µg/jour et représente l'absorption totale due aux aliments, à l'eau et à des suppléments. L'AMT est le niveau d'absorption nutritionnelle quotidien moyen le plus élevé susceptible de ne présenter aucun risque d'effets néfastes sur la santé pour presque tous les individus. Il ne représente pas le niveau d'absorption recommandé.
  • L'évaluation porte sur l'exposition combinée à tous les composés du sélénium, qu'ils soient de source naturelle ou industrielle, et qu'ils soient présents dans l'eau, les sédiments, le sol, l'air, les aliments ou les produits disponibles pour les consommateurs.
  • Selon l'évaluation, des substances contenant du sélénium sont présentes dans des produits de santé naturels (par exemple, des suppléments de multivitamines et de minéraux, et des shampoings antipelliculaires). Il peut également être utilisé comme composant dans des pigments (dans des matières plastiques, peintures, céramique et verre), pour la fabrication du caoutchouc, en agriculture (suppléments pour les sols, nourritures pour animaux et pesticides), dans des équipements électroniques et électriques, des médicaments, des cosmétiques, des produits de consommation, des lubrifiants et des applications métallurgiques.
  • En vertu du Règlement sur les aliments et drogues, le sélénium ne peut être ajouté aux aliments, sauf aux préparations pour nourrissons, aux préparations pour régime liquide, aux aliments présentés comme étant conçus pour un régime à très faible teneur en énergie ou aux substituts de repas et aux suppléments nutritionnels. Les quantités minimale et maximale de sélénium qui peuvent être ajoutées sont spécifiées pour ces types d'aliments, et décrites dans ce règlement. Certains autres aliments peuvent également être enrichis en sélénium, mais seulement après un examen réalisé par Santé Canada et pourvu que les exigences en matière de composition et d'étiquetage soient satisfaites.

Exposition des Canadiens et de l'environnement

  • Tous les Canadiens sont exposés au sélénium par leur alimentation. Les céréales, le pain, les pâtisseries, les oléagineux et la farine sont les principales sources d'exposition au sélénium de la population générale.
  • La consommation de suppléments de multivitamines et minéraux fournissant plus de 200 µg de sélénium par jour peut donner lieu à un apport élevé.
  • Certains Inuits vivant dans diverses communautés de l'Arctique canadien forment une sous-population dont les concentrations sanguines de sélénium sont élevées, probablement sous l'effet de la consommation de certains aliments traditionnels riches en sélénium (comme les mammifères marins). Les pêcheurs de subsistance, notamment ceux des Premières Nations, qui consomment du poisson à teneur élevée en sélénium (par exemple, à proximité de certaines exploitations minières), sont une autre sous-population qui peut être exposée à des concentrations élevées de sélénium.
  • L'évaluation du sélénium et de ses composés a été basée sur les résultats d'études de biosurveillance humaine. Les renseignements sur les niveaux mesurés chez l'homme sont importants pour estimer l'exposition des Canadiens.
  • L'activité volcanique, les embruns, les incendies, l'altération des sols et des roches riches en sélénium constituent des sources naturelles de sélénium. Du sélénium provenant des rivières et des lacs se retrouve également dans l'air.
  • Les procédés et les produits industriels constituent également une source importante de sélénium. Il s'agit notamment de la production de sélénium, de la production, de l'importation et de l'utilisation de substances contenant du sélénium, de produits et articles manufacturés, de la production fortuite et du rejet de sélénium dû à des activités comme la combustion de combustibles fossiles, l'extraction minière, la fusion et l'affinage de métaux de base, l'agriculture et le traitement des eaux usées.
  • Une fois rejeté dans l'environnement, le sélénium peut pénétrer dans l'air, l'eau et le sol, et se retrouvera ultérieurement dans les sédiments et des organismes tels que les poissons.

Effets principaux (dangers) sur la santé et l'environnement

  • La sélénose est considérée comme l'effet important ou « critique » du sélénium sur la santé et cet état a été observé chez les humains par suite d'une exposition élevée au sélénium. Cette maladie est caractérisée par des symptômes tels que la perte de cheveux, la perte et la difformité des ongles, une haleine à l'odeur d'ail, une faiblesse, une baisse de la fonction cognitive et des troubles gastro-intestinaux.
  • La sélénose est la base pour de nombreuses valeurs de référence réglementaires internationales, y compris l'absorption maximale tolérable (AMT) de 400 µg/jour fixée par l'Institute of Medicine (IOM; maintenant appelé National Academy of Medicine) pour les populations canadiennes et américaines.
  • La quantité totale de sélénium dans l'organisme chez certaines sous-populations, déterminée à l'aide d'une méthode de biosurveillance, dépasse cet AMT, tout comme la concentration à laquelle la sélénose a été observée chez l'humain.
  • Par ailleurs, les valeurs recommandées pour la protection de la santé humaine fondées sur l'AMT de l'IOM ont permis de caractériser le risque posé aux pêcheurs de subsistance (consommation élevée de poisson) et aux consommateurs de suppléments de multivitamines et minéraux à teneur élevée en sélénium (par exemple, plus de 200 µg/jour).
  • L'échec de la reproduction chez les vertébrés (tels que les poissons, les oiseaux aquatiques et les amphibiens) découlant d'une exposition à long terme au sélénium constitue l'effet environnemental le plus grave. Chez les poissons, des concentrations excessives de sélénium peuvent s'accumuler dans les œufs des poissons et affecter les embryons et les larves en développement.
  • Chez les oiseaux, la réduction du taux d'éclosion et l'augmentation des malformations des embryons constituent les principaux effets environnementaux du sélénium.

Résultats de l'évaluation des risques

  • La présente évaluation préalable était centrée sur les effets nocifs dus à des niveaux élevés de sélénium et ne donnait pas un aperçu des avantages du sélénium pour la santé du point de vue nutritionnel.
  • Trois sous-populations du Canada sont exposées à un niveau de sélénium supérieur à l'AMT (c'est-à-dire que les expositions sont supérieures au niveau d'absorption maximale tolérable) :
    • La concentration totale de sélénium dans le sang entier chez certains Inuits dépasse l'équivalent de l'AMT dans le sang entier et dépasse les concentrations auxquelles la sélénose a été observée chez l'humain.
    • De plus, des dépassements de la valeur de référence existent chez les personnes qui consomment beaucoup de poisson (les pêcheurs de subsistance, dont ceux des Premières Nations) pêché à proximité de sources « ponctuelles » (locales) de sélénium telles que les mines, les fonderies et les affineries.
    • Enfin, un dépassement de l'AMT peut se produire chez les personnes qui prennent des suppléments multivitamines et minéraux à forte teneur en sélénium.
  • D'après les résultats de l'évaluation préalable finale, le sélénium et ses composés peuvent demeurer longtemps dans l'environnement, s'accumuler dans les organismes et leur causer des effets nocifs.
  • Le gouvernement a publié l'Évaluation préalable finale du sélénium et ses composés le 16 décembre 2017.

Conclusions de l'évaluation préalable

  • Le gouvernement a conclu que l'entité sélénium et ses composés sont nocifs pour la santé humaine, étant donné leur présence potentielle en concentrations élevées chez certaines sous-populations du Canada. Le sélénium et ses composés ne devraient pas causer d'effet nocif pour la population générale du Canada.
  • Le gouvernement a également conclu que le sélénium et ses composés pénètrent dans l'environnement à des concentrations qui sont nocives pour l'environnement.
  • Il a été déterminé que l'entité sélénium et ses composés répond aux critères de persistance et de bioaccumulation énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation de la LCPE 1999. Cependant, le sélénium est un élément naturel, provenant de sources naturelles et anthropiques.

Mesures préventives et réduction des risques

  • Le gouvernement du Canada a publié le Document sur l'approche de gestion des risques pour le sélénium et ses composés faisant partie du Groupe de substances contenant du sélénium le 16 décembre 2017. Cette publication est suivie d'une période de commentaires du public de 60 jours se terminant le 14 février 2018.
  • Le 12 mai 2021, le sélénium et ses composés ont été inscrits à l'Annexe 1 de la LCPE 1999, également appelée Liste des substances toxiques. L'inscription d'une substance à la liste ne restreint pas son utilisation, sa production ni son importation. Elle permet plutôt au gouvernement de prendre des mesures de gestion des risques en vertu de la LCPE 1999.
  • Le gouvernement prend des mesures pour réduire les rejets de sélénium dans les secteurs suivants afin de répondre aux préoccupations environnementales :
    • Exploitation du charbon : en développant une méthode réglementaire pour limiter les rejets de sélénium;
    • Extraction minière : en améliorant la collecte de données en vertu du Règlement sur les effluents des mines de métaux (REMM) pour déterminer la nécessité d'une gestion supplémentaire des risques;
    • Fusion et affinage des métaux de base : en en appliquant la mesure proposée pour les mines de métaux aux fonderies et aux affineries qui combinent leurs effluents avec ceux découlant d'activités minières et en collaborant avec l'industrie pour recueillir d'autres renseignements au moyen d'une initiative facultative avec les installations qui ne sont pas visées par le REMMMD;
    • Production d'électricité : en appliquant les normes de rendement du Règlement sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone - secteur de l'électricité thermique au charbon qui est entré en vigueur en juillet 2015, normes qui devraient réduire en tant qu'avantage connexe le potentiel de risque lié au rejet de métaux, notamment le sélénium;
    • Agriculture : en continuant à collaborer avec d'autres ministères et l'industrie sur des initiatives scientifiques appropriées, au besoin;
    • Traitement des eaux usées par une usine d'assainissement publique : en examinant l'effet du Règlement sur les effluents des systèmes d'assainissement des eaux usées sur le sélénium pour déterminer si une gestion additionnelle des risques est nécessaire en amont.
  • Le gouvernement prend également des mesures dans les domaines suivants pour répondre aux préoccupations en matière de santé humaine :
    • Produits de santé naturels : le gouvernement a baissé la dose quotidienne maximale de sélénium de 400 à 200 mg/jour. Il est rappelé aux Canadiens de ne consommer que des suppléments de multivitamines et minéraux dont l'étiquette porte un numéro de produit naturel (NPN). Les renseignements sur les ingrédients se trouvent sur l'étiquette du produit.
    • Avis concernant la consommation d'aliments par certaines sous-populations : à la demande des autorités de santé publique compétentes (telles que les provinces et les territoires), Santé Canada fournira des évaluations des risques pour la santé et des conseils sur les risques potentiels posés par les substances chimiques dans certains aliments traditionnels ou sur l'interprétation des résultats de la biosurveillance. Tout avis ultérieur sur la gestion des risques élaboré à partir de ces évaluations, notamment la publication d'avis de consommation, relèvera de la responsabilité de l'autorité compétente.
  • Pour de plus amples renseignements et des mises à jour sur les mesures de gestion des risques pour les substances gérées en vertu du PGPC, veuillez consulter le tableau de Gestion des risques du PGPC et l'Échéancier des activités de gestion des risques et des consultations.

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