Sulfure d’hydrogène (H2S), hydrogénosulfure de sodium (Na(SH)) et sulfure de sodium (Na2S) – fiche d’information

Sulfure d'hydrogène (H2S)
Numéro de registre du CAS 7783-06-4

Hydrogénosulfure de sodium [(Na(SH)); bisulfure de sodium]
Numéro de registre du CAS 16721-80-5

Sulfure de sodium (Na2S)
Numéro de registre du CAS 1313-82-2

Aperçu

  • Le gouvernement du Canada a réalisé une évaluation scientifique du sulfure d'hydrogène, de bisulfure de sodium et du sulfure de sodium, appelée une évaluation préalable, afin de déterminer le potentiel de risques posé aux Canadiens et à l'environnement.
  • En vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)], le risque que pose une substance est déterminé en considérant à la fois ses propriétés dangereuses (la capacité de causer les effets nocifs sur la santé humaine ou l'environnement) et les niveaux d'exposition des personnes ou de l'environnement. Une substance peut avoir un potentiel de danger élevé, mais le risque pour la santé humaine et l'environnement dépend du niveau d'exposition à la substance.
  • Le sulfure d'hydrogène a des effets préoccupants pour la santé humaine et l'environnement. Toutefois, les niveaux actuels d'exposition sont faibles. Il est donc proposé en vertu de la LCPE (1999) de déclarer que le sulfure d'hydrogène, l'hydrogénosulfure de sodium et le sulfure de sodium ne sont pas dangereux pour la santé humaine ni pour l'environnement.

À propos de ces substances

  • La présente évaluation préalable est centrée sur le sulfure d'hydrogène (H2S) et deux sels appelés hydrogénosulfure de sodium [(Na(SH)), aussi appelé bisulfure de sodium, et sulfure de sodium (Na2S)]. Ces substances ont été évaluées dans le cadre du Plan de gestion des produits chimiques (PGPC).
  • Le sulfure d'hydrogène est un gaz présent naturellement dans la nature, connu pour son odeur d'œuf pourri. Il est produit lors de la dégradation de la matière organique en absence d'oxygène et est donc souvent présent dans des sédiments, l'eau ou des déchets biologiques.
  • Il est présent naturellement dans le pétrole brut, le gaz naturel et les sources hydrothermales. Au Canada, un certain nombre d'opérations industrielles rejettent du sulfure d'hydrogène.
  • Au Canada le bisulfure de sodium est utilisé pour la production d'autres substances ou produits. Il a des applications commerciales dans des colorants pour textiles, des peintures et revêtements, des produits agricoles non pesticides et des matériaux de construction.
  • Le sulfure de sodium est utilisé dans les processus pour pâtes et papiers, le traitement des eaux usées, l'exploitation minière et la fusion et dans de l'emballage alimentaire n'entrant pas en contact avec les aliments.
  • Le bisulfure de sodium et le sulfure de sodium se dissocient rapidement et complètement dans le corps pour produire du sulfure d’hydrogène. De plus, le bisulfure de sodium et le sulfure de sodium réagissent pour former du sulfure d’hydrogène quand ils sont rejetés dans l’eau. La caractérisation des risques pour la santé humaine et l’environnement de la présente évaluation est donc centrée sur l’exposition au sulfure d’hydrogène.

Exposition des Canadiens et de l'environnement

  • Des sources naturelles peuvent rejeter du sulfure d'hydrogène, principalement dans l'air et l'eau, conduisant à une exposition potentielle des Canadiens.
  • Du sulfure d'hydrogène est rejeté dans l'environnement suite à plusieurs activités industrielles. Au Canada, il est rejeté par les installations pétrolières et gazières, les usines à pâte et à papier kraft, les usines de traitement des eaux usées, les sites miniers et les opérations d'élevage intensif de bétail. Il est le plus probablement rejeté dans l'air et l'environnement aquatique.
  • Au Canada, des niveaux de sulfure d'hydrogène ont été mesurés et rapportés dans des effluents d'eaux usées, l'air, des eaux de surface et à proximité d'opérations industrielles associées au rejet de cette substance.
  • Les Canadiens seraient principalement exposés au sulfure d’hydrogène par inhalation (respiration). Des mesures de sulfure d’hydrogène dans l’air extérieur ont donc été utilisées dans cette évaluation.

Effets principaux (danger) sur la santé et l'environnement

  • Lors de la préparation de cette évaluation du sulfure d'hydrogène, aucune classification de mutagénicité (dommage au matériel génétique) ou de cancérogénicité (l'habilité de causer des cancers) n'a été identifiée par d'autres agences règlementaires nationales ou internationales. Aucune classification au niveau de la reproduction ou du développement n'a été identifiée.
  • L'exposition au sulfure d'hydrogène a été associée à des effets sur les yeux (irritation) et le système respiratoire (augmentation de la résistance des voies aériennes chez les personnes atteintes d'asthme). Cette substance a aussi été associée à une perte de l'odorat.
  • Des effets sur le système nerveux ont été observés chez des humains lors d'une exposition accidentelle à du sulfure d'hydrogène par inhalation sur leur lieu de travail. Les effets comprennent des maux de tête, une mémoire défaillante et, à des niveaux élevés, des pertes de conscience ou la mort.
  • Les effets sur les yeux, les voies respiratoires et le système nerveux étaient considérés comme les effets importants ou « critiques » à utiliser pour la caractérisation des risques pour la santé humaine de la présente évaluation préalable.
  • Le sulfure d'hydrogène peut potentiellement avoir des effets nocifs (y compris la mort) sur des organismes aquatiques et des plantes terrestres à des concentrations faibles. Dans le cas des plantes, ces faibles concentrations peuvent aussi avoir des effets stimulants (par exemple, croissance accrue).

Résultats de l'évaluation des risques

Conclusions de l'évaluation préalable proposées

  • Le gouvernement propose donc de conclure que le sulfure d'hydrogène, l'hydrogénosulfure de sodium et le sulfure de sodium ne sont pas dangereux pour la santé humaine aux niveaux actuels d'exposition.
  • Le gouvernement propose aussi de conclure que le sulfure d'hydrogène, le bisulfure de sodium et le sulfure de sodium ne pénètrent pas dans l'environnement à des niveaux dangereux pour l'environnement.

Mesures préventives et réduction des risques

  • Au Canada, un certain nombre de mesures de gestion du risque fédérales, provinciales/territoriales et municipales sont actuellement en place pour réduire au minimum les rejets du sulfure d'hydrogène dans l'environnement (principalement dans l'air et l'eau). Parmi ces mesures, on retrouve des règlements visant les rejets dans l'environnement aquatique dus aux effluents des usines de pâtes et papiers, aux effluents des usines de traitement des eaux usées municipales, au suintement des installations pétrolières et gazières, aux urgences environnementales et au transport de substances.
  • Il existe un certain nombre de règlements provinciaux et territoriaux, de normes, d'objectifs et/ou directives en place pour le contrôle de la qualité de l'air et de la pollution. Certaines de ces mesures sont spécifiques d'un secteur, par exemple, ceux qui restreint les rejets atmosphériques de sulfure d’hydrogène du secteur pétrolier et gazier.
  • Certains rejets industriels de sulfure d'hydrogène sont déclarés et surveillés dans le cadre de l'Inventaire national des rejets de polluants fédéral.
  • Bien que l'exposition de la population générale au sulfure d'hydrogène ne soit pas préoccupante aux niveaux actuels, le sulfure d'hydrogène est associé à des effets préoccupants sur la santé (par exemple, de graves effets neurologiques) à concentration élevée. Il pourrait donc devenir préoccupant pour la santé humaine si les expositions des Canadiens venaient à augmenter.
  • Des activités pour suivre les changements de l'exposition au sulfure d'hydrogène sont donc à l'étude. Elles comprendront les initiatives actuelles de surveillance tant au niveau fédéral que provincial/territorial.
  • Au cours de la période de commentaires du public de 60 jours sur l'évaluation, les parties prenantes sont encouragées à fournir tout renseignement pertinent sur cette substance qui pourrait étayer la prise de décision relative aux activités de suivi.

Important à savoir

  • Dans des environnements professionnels, plusieurs effets graves sur la santé (par exemple perte de conscience et mort) ont été rapportés suite à une exposition aiguë accidentelle de travailleurs à des niveaux élevés de sulfure d'hydrogène. Ces niveaux d'exposition, spécifiques à des environnements industriels, sont nettement plus élevés que ceux existant dans un environnement communautaire. Ces hauts niveaux ne sont donc pas considérés pertinents pour la caractérisation des risques posés à la population générale du Canada, qui est l'objet de la présente évaluation préalable.
  • Des exigences professionnelles sont stipulées pour la protection des travailleurs contre l'exposition par inhalation au sulfure d'hydrogène. Les Canadiens qui pourraient être exposés à du sulfure d'hydrogène, à de bisulfure de sodium ou à du sulfure de sodium en milieu de travail devraient consulter leur employeur et leur représentant en santé et sécurité au travail (SST) en ce qui a trait aux pratiques de manutention sécuritaires et aux lois et exigences applicables en vertu de la législation en matière de SST et du Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT).
  • Le Centre canadien de santé et sécurité au travail (CCSST) fournit une fiche de renseignements sur le sulfure d'hydrogène comportant des renseignements pertinents pour un environnement de travail.
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