Prise en charge par la santé publique des cas de la maladie à Virus Ebola (VE) et de leurs contacts dans la collectivité au Canada

Mise à jour : 1er août 2018

La stratégie exposée dans la présente directive vise la prise en charge rapide des cas et des contacts (c.-à-d., réduire les possibilités de transmission à des contacts et assurer l’évaluation sans délai des contacts). La présente directive a pour objectif d’endiguer la maladie.

Elle met à jour l’ancienne directive de Prise en charge par la santé publique des cas de maladie humaine et de leurs contacts en lien avec la maladie à virus Ebola (MVE) (22 juin 2015). Ce document de mise à jour respecte les recommandations faites aux voyageurs rentrant au pays et présente des définitions révisées du risque d’exposition qui sont cohérentes avec d’autres directives. Tous les formulaires et outils associés à ce document ont également été mis à jour.

Ce document de directive s’appuie sur les preuves scientifiques actuelles, les points de vue d’experts et sur les directives fournies par d’autres pays et organismes, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (CEPCM), le Royaume-Uni et les centres de contrôle et de prévention (CDC) aux États-Unis. La directive pourrait changer si des données nouvelles étaient publiées. Ce document doit être lu en même temps que les lois, règlements, politiques pertinentes des autorités fédérales, provinciales et territoriales et adapté au contexte local selon les besoins. Il a été produit en tenant compte de la situation au Canada et peut donc différer des directives élaborées par d’autres pays.

Public cible et portée

Le Groupe d’experts en mesures de santé publique (GE-MSP) a préparé le présent document avec les experts de programme de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) pour soutenir les autorités de santé publique FPT et locales dans l’éventualité de la découverte d’un cas de MVE ou de contact avec la MVE sur leur territoire. Le GE-MSP est composé d’experts en santé publique reconnus au Canada dans le domaine des stratégies de contrôle de la maladie. Ce groupe fournit à ces experts un forum de discussions sur les mesures de prévention, de contrôle et d’atténuation de la propagation des maladies infectieuses, y compris les maladies infectieuses émergentes, dans la communauté.

S’appuyant sur une approche d’évaluation du risque, la présente directive fournit des conseils relatifs à la gestion des contacts symptomatiques et asymptomatiques dans la collectivité. Le jugement clinique demeure essentiel et peut, avec les politiques des différentes administrations, aboutir à des décisions qui diffèrent des recommandations émises dans le présent document. Les directives se rapportant aux tests en laboratoire et tests sur des échantillons; aux soins cliniques; aux mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI) dans d’autres milieux (c.-à-d., les points d’entrée au Canada, les milieux de soins, les milieux de soins préhospitaliers, les moyens de transport de passagers et les cabines d’avion) sont traitées dans d’autres directives.

Au-delà de la portée de ce document, des exigences visent les travailleurs de la santé exposés dans le cadre de leur travail au Canada, qui seraient traités conformément à la politique de l’employeur, et en concertation avec les autorités de santé publique si nécessaire. Consultez les directives concernant la prévention et le contrôle des infections.

Contexte

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur la maladie à virus Ebola (MVE), consulter Canada.ca. Les recommandations du présent document s’appuient sur certains éléments fondamentaux.

Transmission :

  • La transmission entre les personnes peut survenir :
    • par contact physique direct avec le sang ou d’autres liquides corporels (p. ex., selles, urine, vomissement, salive, sueur, lait maternel, sperme) d’une personne atteinte ou du cadavre d’une personne atteinte OU
    • par contact physique indirect avec des surfaces et des matières (p. ex., seringues) contaminées par ces liquides.
  • À l’exception de la possible transmission sexuelle du virus Ebola pendant la période de convalescence, le virus Ebola ne peut pas être transmis par une personne asymptomatique.
  • Le virus Ebola ne peut pas être transmis entre humains par voie aérienne ou lors d’interactions occasionnelles.

Contagion :

  • Les personnes infectées ne sont pas considérées contagieuses avant l’apparition des symptômes.
  • Le risque de transmission est maximal lorsque la charge virale est maximale, soit au moment ou la personne est en phase aigue de maladie.
  • La contagion est possible aussi longtemps que le virus reste dans le sang et les liquides corporelsFootnote 1, y compris la période suivant le décès puisque le cadavre d’une personne infectée est extrêmement contagieuxFootnote 2,Footnote 3.
  • Pendant la convalescence, le VE peut également persister pendant des semaines voire de mois dans certains liquides corporels (p. ex., sperme, urine et lait maternel)Footnote 1,Footnote 4 -Footnote 8.

Présentation clinique et évolution de la maladie :

  • La période d’incubation du VE est de 2 à 21 jours; toutefois, la majorité des personnes atteintes présentent des symptômes de 3 à 10 jours après l’exposition au virus.
  • Les symptômes se manifestent généralement d’abord par l’apparition soudaine de symptômes s’apparentant à la grippe, comme la fièvre, la myalgie, des maux de tête importants et des malaises, et sont habituellement suivis par des symptômes gastro-intestinaux aggravants (p. ex., anorexie, nausée et gêne abdominale), des vomissements et de la diarrhée.
  • Les cas non mortels présentent de la fièvre pendant plusieurs jours et leur état s’améliore du sixième au dixième jourFootnote 9.
  • La diarrhée et les vomissements sont souvent importants aux stades ultérieurs de la maladie et, sans traitement, mènent à une grave déplétion du volume des liquides, des déséquilibres électrolytiques, des pertes et un état de choc.
  • Dans moins de la moitié des cas, une hémorragie peut survenir au cours des stades plus avancés de la maladie, habituellement du tractus gastro-intestinal ou d’autres muqueuses (p. ex., gencives, nez).
  • Les infections bactériennes secondaires sont également assez courantes.
  • Le rétablissement complet survient après une très longue période et s’accompagne souvent de séquelles à long terme comme la myélite, l’hépatite récurrente, la psychose ou l’uvéiteFootnote 1.
  • Sans traitement, le taux de mortalité chez les humains varie de 25 à 90 %.

Traitement :

  • Il n’existe actuellement aucun traitement homologué contre la MVE.
  • Plusieurs solutions thérapeutiques expérimentales, notamment des antiviraux et des anticorps monoclonaux, sont en cours d’étude.
  • Les personnes atteintes devraient être soignées dans les établissements ultra spécialisés pour assurer une prise en charge adéquate et des soins appropriés (maintien de la tension artérielle, équilibre électrolytique et fonction des organes) dans un contexte strict de contrôle et prévention des infections.

Vaccin :

  • Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué contre la MVE au Canada.
  • Un vaccin non homologué (rVSV-ZEBOV-GP, Merck) pour la souche Zaire ebolavirus, qui a franchi les premiers essais expérimentaux, a été offert pour des raisons d’ordre humanitaire lors des récentes éclosions (Afrique de l’Ouest 2014-2016, RDC 2018).
  • Le vaccin peut également être offert aux travailleurs humanitaires de première ligne déployés dans les zones infectées par le VE, comme mesure de gestion de l’éclosion.
  • Ce vaccin n’est ni homologué ni mis en marché au Canada et n’est offert au Canada que dans certains essais cliniques limités.

Risques au Canada

  • Bien que le risque d’exposition au VE au Canada soit considéré comme très faible, il est possible qu’un cas soit découvert, lié à une éclosion dans une zone affectée par la MVEFootnote 10.
  • Dans une telle situation, les autorités de santé publique de tous les paliers seraient impliquées dans les mesures à prendre, menées par les autorités de santé publique provinciales et territoriales.
  • L’ASPC travaille en étroite collaboration avec ses partenaires nationaux et internationaux à suivre et surveiller l’activité de la MVE dans le monde et évalue les risques de la MVE au Canada de façon constante. Pour obtenir des renseignements sur les récentes éclosions, consultez le site Web de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Prise en charge par la santé publique des personnes visées par la surveillance, des cas confirmés et des personnes en convalescence

La définition nationale des cas de MVE a été établie pour être utilisée lors des éclosions d’Ebola. Les autorités canadiennes de santé publique surveillent et réagissent, au besoin, à toutes les éclosions d’Ebola et ajustent les pratiques recommandées au Canada. Le rôle de la santé publique dans la détection de la MVE et la prise en charge comporte plusieurs facettes et comprend l’identification précoce des cas et des contacts au moyen de la surveillance, la recherche de contacts, l’éducation du public et des professionnels en soins de santé, et la communication. Les autorités de santé publique appuient également la continuité de la prise en charge des cas et des contacts au Canada.

Personnes visées par la surveillance (PVS)

Au Canada, selon la définition nationale des cas, une personne visée par la surveillance (PVS) est une personne présentant des symptômes de la MVE ET un facteur de risque épidémiologique. Si les autorités de la santé publique sont informées qu’une personne correspond à la définition de cas de PVS (p. ex., un contact soumis à la surveillance présente des symptômes), elles exigeront de cette personne qu’elle prenne des mesures immédiates pour empêcher la transmission (voir la section Recommandations aux contacts qui présentent des symptômes associés à la MVE) et, selon le protocole PT, organiseraient l’évaluation médicale dans un établissement de soins actifs afin de confirmer ou écarter la MVE.

Si l’évaluation médicale et les analyses de laboratoire ne peuvent pas écarter la MVE, la PVS doit être suivie par la santé publique pendant la période de 21 jours (après la possible dernière exposition) OU jusqu’à ce que la MVE puisse être écartée.

Cas confirmés

Les cas confirmés de MVE au Canada seront hospitalisés dans les établissements de traitement spécialisés de la MVE capables de fournir le traitement approprié et garantir l’isolation efficace. Il est conseillé que les autorités de la santé publique communiquent quotidiennement avec le personnel de l’hôpital pendant l’hospitalisation d’un patient afin de suivre l’évolution de la maladie et participer activement à la planification du congé.

Cas de convalescence

La décision relative au congé de l’hôpital (PDF) devrait être prise conjointement, en collaboration avec des consultants en maladies infectieuses et en santé publique. La décision quant au moment d’accorder un congé est prise au cas par cas; le patient doit être assez bien physiquement pour quitter l’hôpital et le risque de contagion doit être négligeable. Les décisions relatives au congé s’appuient sur les critères suivants :

  • le patient ne présente plus de symptômes depuis plus de 72 heures
  • la recherche du virus Ebola par PCR sur deux échantillons de sang prélevés consécutivement à au moins 24 heures d’intervalle est négative

Au moment du congé, le patient devrait recevoir des instructions et des conseils pour traiter les séquelles associées à la maladie ET prévenir la transmission du virus pendant sa convalescence.

Les instructions données au cas en convalescence devraient comprendre les éléments suivants :

  • instructions relatives au suivi médical qui peut être nécessaire;
  • information sur la possible transmission sexuelle de la MVE, notamment :

Pour les hommes en convalescence, recommander :

  • l’abstinence de contact sexuel ou le respect de pratiques sexuelles sûres, soit l’utilisation du condom et le respect des recommandations de test de sperme;
  • le test de sperme aux trois mois après l’apparition de la maladie puis, si les résultats sont positifs, chaque mois jusqu’à ce que deux tests de sperme consécutifs, faits à une semaine d’intervalle, soient négatifs. Veuillez consulter la directive de l’ASPC sur l’analyse des échantillons en vue de détecter le virus Ebola pour obtenir les renseignements pertinents sur l’analyse des échantillons.

En l’absence d’analyse de sperme, recommander l’abstinence ou l’adoption de pratiques sexuelles sûres pendant au moins 12 mois après l’apparition des symptômes. Cette période peut être modifiée en fonction de renseignements supplémentaires obtenus sur la prévalence du virus Ebola dans le sperme de survivants au fil du temps. Des renseignements supplémentaires sont accessibles sur la transmission sexuelle de la maladie à virus Ebola.

Pour les femmes en convalescence, recommander :

  • l’arrêt de l’allaitement jusqu’à confirmation de l’absence du virus Ebola

Prise en charge des contacts par la santé publique

Aux fins de ce document, un contact est une personne qui a été ou qui peut avoir été exposée au virus Ebola au cours des 21 derniers jours. L’exposition peut survenir lors d’un contact physique avec le sang ou d’autres liquides corporels d’une personne infectée (une personne symptomatique, le cadavre d’un cas confirmé ou un animal atteint) ou indirectement par une surface ou un objet contaminé au virus Ebola.

Recherche des contacts

La rechercher des contacts a pour but de :

  • faire en sorte que les contacts sont informés de la possible exposition, des symptômes à surveiller, des mesures d’atténuation des risques et de la démarche en cas d’apparition des symptômes de la MVE;
  • repérer le plus rapidement possible tous les contacts symptomatiques;
  • mener rapidement les analyses diagnostiques en laboratoire et entreprendre le traitement;
  • réduire le risque de transmission.

Au Canada, les autorités locales de santé publique sont responsables d’entreprendre la recherche des contacts. Après avoir repéré une PVS, les autorités de santé publique évalueront la nécessité d’entreprendre la recherche des contacts à partir des renseignements épidémiologiques et cliniques fournis.

Les facteurs suivants devraient être pris en considération pour déterminer le besoin d’entreprendre la recherche des contacts :

Période de contagion et transmissibilité :

  • la phase infectieuse commence à l’apparition de symptôme (c.-à-d., seules les personnes symptomatiques peuvent transmettre le virus);
  • le risque de transmission d’un cas est faible ou plus faibleFootnote i pendant les premiers stades de la maladie, alors que la charge virale est plus basse, et augmente avec le temps; plus une personne est infectieuse plus la charge virale est importante, et la personne infectée présente les symptômes du stade avancé comme la diarrhée, les vomissements ou les saignements;
  • la période d’incubation est de 2 à 21 jours après l’exposition et détermine la durée de surveillance des contacts;
  • la nature de l’exposition : l’évaluation du risque comme étant élevé ou faible (en fonction de l’évaluation individuelle du risque).

Évaluation des risques des contacts

Toutes les personnes qui sont des contacts d’un cas confirmé devraient être rapidement repérées et évaluées par les autorités de santé publique pour déterminer leur risque d’exposition et les recommandations appropriées de santé publique.

Pour faciliter l’établissement des recommandations, les contacts sont classés selon leur risque d’exposition. Remarque : L’exposition peut survenir avant ou après qu’une personne symptomatique devienne un cas confirmé.

Chacune des situations suivantes présente une exposition à risque élevé :

  • Contact physique direct, sans suivre les précautions de prévention et contrôle des infections (PCI) ou en raison d’un manquement aux précautions de PCI, avec :
    • la surface corporelle ou les muqueuses d’un cas symptomatique de la MVE, ses liquides corporels, son cadavre ou
    • toute autre source connue de virus Ebola (p. ex., instruments chirurgicaux, objet ou surfaces de l’environnement contaminés).
  • Un contact sexuel non protégé avec un cas actif de MVE ou en convalescence (voir la section Cas en convalescence - conseils clés, ci-dessus).

Une des situations suivantes présente une exposition à faible risque :

  • Contact physique, en suivant les précautions de PCI recommandées et sans manquement aux précautions de PCI, avec :
    • la surface corporelle ou les muqueuses d’un cas symptomatique de la MVE, ses liquides corporels, son cadavre ou
    • toute autre source connue de virus Ebola (p. ex., instruments chirurgicaux ou surfaces de l’environnement contaminés).
  • Interactions occasionnelles ET sans contact physique direct (surface corporelle non protégée à surface corporelle) avec un cas de MVE ou ses liquides corporels. Exemples d’interactions occasionnelles : partager un espace assis dans un transport public ou une salle d’attente.

Les autorités de santé publique évaluant le risque d’exposition des voyageurs rentrant d’une zone affectée par la MVE devraient appliquer le critère cité, à l’exception de l’exigence de contact avec un « cas confirmé » puisqu’il est possible que le voyageur ignorait l’état du cas de MVE. Il est à noter que ces recommandations sont cohérentes avec la déclaration du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV), soit les Recommandations sur les mesures préventives, le suivi et la surveillance de l’infection à virus Ebola; toutefois la déclaration du CCMTMV s’appuie sur les définitions internationales des cas, soit la définition de cas confirmé, probable ou soupçonné.

Prise en charge des contacts

La prise en charge des contacts a pour but de surveiller une personne qui risque de présenter des symptômes de MVE et de minimiser les risques de transmission. Les directives de santé publique pour la prise en charge des contacts dans les collectivités canadiennes sont présentées ainsi qu’un algorithme de soutien, à la fin du document.

Les autorités de santé publique devront possiblement améliorer ou adapter les recommandations afin de gérer adéquatement diverses situations, comme le non-respect des directives et le possible risque pour le public. De plus, en de rares circonstances, l’autorité de santé publique peut choisir de mettre en œuvre des mesures de quarantaine ou d’émettre une ordonnance en vertu d’une loi pertinente de santé publique provinciale/territoriale afin d’obliger une personne à se conformer aux instructions.

Recommandations pour tous les contacts asymptomatiques de MVE

Durant la période de 21 jours suivant la possible dernière exposition à la MVE, il est recommandé que tous les contacts avec la MVE, peu importe le risque de leur exposition, respectent TOUTES les mesures suivantes, qu’ils :

  • soient surveillés activement par la santé publique qui vérifiera les symptômes et donnera des conseils;
  • surveillent eux-mêmes les symptômes de MVE, y compris la vérification et la consignation de la température orale deux fois par jour (matin et soir) et dès qu’ils se sentent fiévreux ou frissonnants (Formulaire de consignation de la température des contacts avec le virus Ebola (PDF));
  • se rapportent à l’autorité de santé publique appropriée, comme indiqué.
  • soient prêts à s’auto-isoler immédiatement (séparation physique et maintien d’une distance de 2 mètres avec toute autre personne) et communiquent avec l’autorité de santé publique en cas d’apparition de symptômes de MVE;
  • informent tous les professionnels de la santé qu’ils côtoient, y compris le personnel paramédical, de leur possible exposition à la MVE;
  • tentent d’éviter les médicaments qui sont connus pour faire baisser la fièvre (p. ex. : acétaminophène, ibuprofène, acide acétylsalicylique) puisque ces médicaments pourraient masquer un symptôme précoce de la MVE; informent l’autorité de santé publique si des médicaments de ce type doivent être pris;
  • reportent les visites médicales et les autres interventions non urgentes (p. ex., visite non urgente chez le dentiste, examens sanguins non urgents);
  • s’abstiennent de donner du sang, du sperme et tout autre liquide corporel ou tissu;
  • maintiennent de bonnes pratiques d’hygiène respiratoire et d’hygiène des mains;
  • signalent à l’autorité de santé publique toute intention de voyage à l’extérieur du territoire.

Recommandations supplémentaires pour les contacts asymptomatiques qui ont eu une exposition à risque élevé

Pendant la période de 21 jours suivant la possible dernière exposition au virus Ebola, en plus des recommandations valides pour tous les contacts de MVE (ci-dessus), il est recommandé que les personnes ayant été en situation d’exposition à risque élevé :

  • restent à proximité d’un établissement de soins actifs (moins d’une heure de transport, si possible, pour faciliter un transfert rapide vers l’établissement) où les soins médicaux et des mesures de PCI appropriées peuvent être mis en place;
  • s’abstiennent de contact sexuel ou respectent des pratiques sexuelles sûres en utilisant le condom de manière correcte et cohérente pendant la période de 21 jours (voir les recommandations destinées aux cas en convalescence si ce contact devient un cas de MVE).
  • évitent les lieux publics (épicerie, centre commercial, clinique, école, salon funéraire, assemblée religieuse);
  • évitent de voyager dans les transports publics (bus, train, taxi, avion);
  • limitent davantage les interactions interpersonnelles (p. ex., lieu de travail), selon le cas, en fonction de l’évaluation individuelle du risque. En cas de préoccupation pour la sécurité du public, il est possible que la quarantaine soit recommandée.

Recommandations pour les contacts symptomatiques

Si des symptômes associés à la MVE apparaissent chez un contact, les autorités de santé publique vont :

  • Informer la personne qu’elle doit :
    • s’isoler immédiatement (distance de 2 mètres, aucun contact physique avec des personnes ou des animaux), si la personne n’est pas déjà isolée;
    • se laver les mains, surtout après avoir vomi ou s’être lavée;
    • s’assurer que les autres n’ont pas de contact avec son sang ou ses liquides corporels (y compris l’urine, les selles, les vomissures, la salive, la sueur et le sperme) ou tout autre objet qui aurait pu être en contact avec son sang ou son liquide corporel (p. ex., draps, vêtement, toilette, articles de toilette). Consulter le document Mesures de gestion des déchets et du linge souillé avec le virus Ebola dans les habitations ou ailleurs pour obtenir de l’information sur la gestion de déchets contaminés par le VE.
      • Remarque : l’urine, les matières fécales et les vomissures peuvent être éliminées dans le réseau d’égout sanitaire normal ou conformément aux règlements municipaux/régionauxFootnote iv,Footnote v.
  • Prévoir, selon le protocole PT, l’évaluation de la personne dans un établissement de soins actifs afin de confirmer ou d’écarter la MVE. Il est recommandé que la personne ne prenne pas le transport en commun (bus, train, taxi) pour se rendre à l’établissement. Selon la nature/gravité des symptômes et la proximité de l’établissement, la personne peut s’y rendre en véhicule privé et éviter le contact direct avec d’autres passagers ou s’y rendre en ambulance.Footnote iii Note de bas de page 3. Il est important de s’assurer que les services paramédicaux (s’ils sont impliqués) et l’établissement de soins actifs soient informés d’avance des symptômes associés à la MVE pour les aider à prendre les mesures appropriées de PCI pendant le transport et avant l’arrivée à l’établissement.

Recommandations de santé publique pour des groupes et des milieux communautaires particuliers

Les stratégies de contrôle de la MVE orientées sur la collectivité doivent tenir compte du contexte de l’épidémiologie actuelle de la maladie et des données concernant les mesures de santé publique efficaces. La probabilité de la transmission de la MVE d’une personne à une autre dans la collectivité dépend de la nature et du moment de l’exposition (exposition directe à une personne symptomatique, infectée ou à ses liquides corporels).

Étant donné la profusion de mesures de précaution mises en œuvre pour tous les possibles contacts de la MVE, décrites plus tôt, le risque encouru à la suite d’interactions occasionnelles est considéré comme très faible. Il est donc peu probable que la transmission de la MVE survienne, au Canada, dans un lieu public comme les écoles, les centres commerciaux, les épiceries, les funérailles ou les assemblées religieuses. Les autorités de santé publique doivent continuellement évaluer le potentiel du risque de transmission de la MVE au sein de la collectivité et communiquer les conseils pertinents en matière de prévention de la maladie, lorsque nécessaire.

Algorithme : Prise en charge par la santé publique des cas de maladie du Virus Ebola et de leurs contacts dans la collectivité au Canada

L’algorithme résume le processus de prise en charge par la santé publique des contacts avec le virus Ebola (VE) dans les collectivités au Canada, comme recommandé dans le présent document. La première étape consiste à identifier les contacts. Un contact est une personne qui a été ou qui peut avoir été exposée au virus Ebola au cours des 21 derniers jours. L’exposition peut survenir lors d’un contact physique avec le sang ou d’autres liquides corporels d’une personne infectée (une personne symptomatique, le cadavre d’un cas confirmé ou un animal atteint) ou indirectement par une surface ou un objet contaminé par le virus Ebola.

Description de l'algorithme

Étape 1

Il s'agit d'un point de décision. Une fois que les contacts ont été déterminés, la question suivante doit être posée : Est-ce que le contact a des symptômes associés à la MVE?

Étape 2

Si la réponse à la question à l'étape 1 est « OUI », c’est-à-dire que le contact AFFICHE des symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola, les recommandations suivantes s'appliquent :

  • Le contact doit immédiatement s’isoler et maintenir une distance de deux mètres par rapport aux autres personnes.
  • Informer les autres personnes de la maison de ne pas toucher au linge ou aux déchets qui peuvent être contaminés par le sang ou les fluides corporels du contact affichant des symptômes et leur demander de vérifier les lignes directrices concernant la prise en charge des déchets en cas de MVE (sauf si la MVE est exclue).
  • Assurer le transport approprié vers un établissement de soins actifs adéquat (aucun moyen de transport public).
  • Veiller à ce que les services paramédicaux (s’il y a lieu) et l’établissement de soins actifs accueillant le contact soient informés d’avance de l’arrivée du contact ayant des symptômes.
  • S'assurer que les partenaires de la santé publique appropriés sont identifiés.

Étape 3

Il s'agit d'un point de décision. Le contact symptomatique subit un test de diagnostic de la maladie à virus Ebola.

Étape 4

Si la maladie à virus Ebola est confirmée, il faut entreprendre un cycle de recherche de contacts pour ce cas nouvellement confirmé.

Étape 5

Si le test de diagnostic de la MVE est négatif, poursuivre la surveillance du contact jusqu’à la fin de la période de surveillance de 21 jours, conformément à son risque d’exposition évalué (à l’étape 6).

Étape 6

Il s'agit d'un point de décision. Si la réponse à la question à l'étape 1 (« Est-ce que le contact a des symptômes associés à la maladie à virus Ebola? ») est « NON », les autorités en santé publique réaliseront une évaluation du risque d’exposition, afin de déterminer si le contact affiche un faible risque d’exposition ou un risque élevé d’exposition.

Étape 7

Facteurs à déterminer s'il y a eu un faible risque d'exposition :

  • Contact physique, tout en suivant les précautions de PCI recommandées et sans manquement connu aux précautions de MVE, avec la surface corporelle, les muqueuses d’un cas symptomatique de MVE, ses liquides corporels, son cadavre ou toute autre source connue du virus Ebola (y compris des instruments médicaux ou des surfaces de l’environnement contaminés).

OU

  • Interactions occasionnelles ET sans contact physique direct (surface corporelle non protégée à surface corporelle) avec un cas de MVE ou ses liquides corporels.  Exemples d’interactions occasionnelles : partager un espace assis dans un transport public ou une salle d'attente.

Étape 8

Facteurs à déterminer s'il y a eu un risque élevé d'exposition :

  • Contact physique, sans suivre les précautions recommandées de prévention et contrôle des infections (PCI) ou en raison d’un manquement aux précautions de PCI, avec la surface corporelle, les muqueuses d’un cas symptomatique de MVE, ses liquides corporels, son cadavre ou toute autre source connue du virus Ebola (y compris des instruments médicaux, des objets ou des surfaces de l’environnement contaminés).

OU

  • Un contact sexuel non protégé avec un cas de MVE en phase aigüe ou en convalescence.

Étape 9

Il s'agit d'un point de décision. Lorsque les autorités en santé publique ont déterminé le niveau d’exposition au risque, il faut prendre en charge le contact avec la maladie à virus Ebola.

Étape 10

En ce qui concerne TOUS les contacts avec la maladie à virus Ebola (risque d’exposition élevé et faible), il est recommandé que les autorités en santé publique fassent ce qui suit :

  • Offrir au contact des services de surveillance active et des conseils de santé publique (que faire en cas d'apparition de symptômes associés à la MVE).
  • Demander au contact de surveiller ses symptômes, y compris prendre sa température orale deux fois par jour (éviter les antipyrétiques, si possible).
  • Demander au contact de reporter toute chirurgie mineure (y compris dentaire), visite et intervention, de ne pas donner de sang ou d’autre liquide corporel ou tissu et de maintenir de saines pratiques d’hygiène respiratoire et d’hygiène des mains.

Étape 11

Recommandations additionnelles pour les contacts à risque d’exposition ÉLEVÉ :

  • Le contact doit rester à proximité d’un établissement de soins actifs (moins d’une heure de transport, si possible, pour faciliter un transfert rapide vers l'établissement) où les soins médicaux et des mesures de PCI appropriées peuvent être mis en place.   
  • Informer le contact de s'abstenir de contact sexuel ou d’avoir des pratiques sexuelles sûres en utilisant le condom de manière correcte et cohérente pendant la période de 21 jours (voir les recommandations destinées aux cas en convalescence si ce contact s'avère un cas de MVE).
  • Informer le contact d’éviter les lieux publics (épicerie, centre commercial, clinique, école, salon funéraire, assemblée religieuse).
  • Informer le contact de ne pas voyager dans les transports publics (bus, train, taxi, avion).
  • Informer le contact de limiter tout contact avec les autres (p. ex., lieu de travail), en fonction de l'évaluation individuelle du risque. La quarantaine peut être recommandée selon la gravité de la maladie et les préoccupations relatives à la sécurité publique.

Étape 12

Il s'agit d'un point de décision. La question doit être posée : Y a-t-il eu apparition de symptômes associés à la MVE durant la période de surveillance de 21 jours?

Étape 13

Si la réponse à l’étape 12 est NON, il est recommandé de mettre un terme à la surveillance, ainsi qu’aux restrictions ou précautions recommandées concernant la MVE.

Étape 14

Si la réponse à l’étape 12 est OUI, le processus de prise de décision pour un contact symptomatique s’applique (voir les étapes 2, 3 et 4/5).

Outils et formulaires supplémentaires

Notes de fin

References

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