Page 9 : Guide canadien d'immunisation : Partie 4 - Agents d'immunisation active

Vaccin contre le virus du papillome humain

Principaux renseignements (Consulter le texte pour plus de précisions)

Quoi
  • Les infections par le virus du papillome humain (VPH) sont les infections transmissibles sexuellement les plus répandues. La plupart des infections à VPH ne provoquent aucun symptôme et disparaissent sans traitement.
  • Sans immunisation, la plupart des Canadiens ayant une vie sexuelle active contracteront une infection à VPH sexuellement transmissible au cours de leur vie.
  • Les types 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58, entre autres, du VPH à haut risque peuvent causer le cancer du col de l’utérus et le cancer anogénital, ainsi que certains cancers du cerveau et du cou.
  • Les types 6 et 11 du VPH à faible risque, et autres, peuvent causer des verrues génitales.
  • Les vaccins CERVARIXMD (VPH2), GARDASILMD (VPH4) et GARDASILMD9 (VPH9) protègent contre les cancers anogénitaux. Les vaccins VPH4 et VPH9 offrent également une protection contre les verrues génitales.
  • Les effets secondaires les plus couramment signalés à la suite de l’administration d’un vaccin contre le VPH sont la douleur, l’enflure ou la rougeur au point d’injection. Au même titre que les autres vaccins, une syncope (évanouissement), parfois associée à des blessures lors d’une chute, s’est produite après une vaccination contre le VPH.
Qui
  • Le vaccin VPH2, VPH4 ou VPH9 est indiqué dans la prévention du cancer du col de l’utérus et de ses précurseurs chez les filles et les femmes âgées de 9 ans à moins de 27 ans, y compris celles dont le test Papanicolaou (Pap) a déjà montré des anomalies et celles qui ont déjà eu le cancer du col de l’utérus ou des verrues génitales.
  • Le vaccin VPH4 ou VPH9 est indiqué dans la prévention des cancers de la vulve et du vagin, des cancers de l’anus et de leurs précurseurs ainsi que des verrues génitales chez les filles et les femmes âgées de 9 ans à moins de 27 ans.
  • Le vaccin VPH2, VPH4 ou VPH9 peut être administré aux femmes âgées de 27 ans et plus qui sont à risque continu d’exposition.
  • Le vaccin VPH4 ou VPH9 est indiqué dans la prévention du cancer anogénital et des verrues génitales chez les garçons et les hommes âgés de 9 ans à moins de 27 ans.
  • Le vaccin VPH4 ou VPH9 peut être administré aux hommes de 27 ans ou plus qui sont à risque continu d’exposition.
  • Le vaccin VPH2 n’est pas autorisé pour l’utilisation chez les garçons et les hommes.
Comment
  • Chez les adolescents immunocompétents et non infectés par le VIH âgés de 9 à moins de 15 ans, les vaccins VPH2, VPH4 ou VPH9 peuvent être administré au moyen d’un calendrier de vaccination à deux doses ou à trois doses :
    • Si l'on suit un calendrier de vaccination à deux doses :
      • Le vaccin VPH2 (pour femmes seulement), doit être administré en deux doses distinctes de 0,5 ml à 0 et 6 mois;
      • Le vaccin VPH4 ou VPH9 doit être administré en deux doses distinctes de 0,5 ml à 0 et 6 mois ou à 0 et 12 mois.
    • Si l'on suit un calendrier de vaccination à trois doses :
      • Le vaccin VPH2 (pour femmes seulement) doit être administré en trois doses distinctes de 0,5 ml - à 0, 1 et 6 mois.
      • Le vaccin VPH4 ou VPH9 doit être administré en trois doses distinctes de 0,5 ml à 0, 2 et 6 mois.
  • Chez les sujets âgés de 15 ans et plus (à moins que la première dose du vaccin VPH2 ou VPH4 ait été administrée avant l’âge de 15 ans), chez les sujets immunodéprimés, de même que chez les sujets immunocompétents infectés par le VIH, le vaccin anti-VPH doit être administré en trois doses distinctes de 0,5 ml :
    • le vaccin VPH2 (pour les femmes seulement) à 0, 1 et 6 mois;
    • le vaccin VPH4 ou VPH9 à 0, 2 et 6 mois.
  • Chez les sujets en bonne santé âgés de 15 ans et plus qui ont reçu la première dose du vaccin VPH2 ou VPH4 lorsqu’ils étaient âgés de 9 à moins de 15 ans, un calendrier à deux doses pour le vaccin VPH2 (pour les femmes seulement), VPH4 ou VPH9 peut être utilisé.
  • Comme une syncope après la vaccination est plus commune chez les jeunes personnes, il est important d’observer chaque vacciné pendant une période de 15 minutes après l’administration du vaccin.
  • Pourquoi
    • Sans immunisation, on estime que 75 % des Canadiens sexuellement actifs contracteront une infection à VPH au cours de leur vie. Même si une personne est déjà infectée par un ou plusieurs types de VPH visés par le vaccin, le vaccin procurera une protection contre les autres types de VPH contenus dans le vaccin.
    • Au Canada, l’immunisation contre les types 16 et 18 du VPH contenus dans les vaccins VPH2, VPH4 et VPH9 peut prévenir environ 70 % des cancers du col de l’utérus et 60 % des lésions précancéreuses du col de l’utérus à risque élevé. L’immunisation contre les types 31, 33, 45, 52 et 58 du VPH contenue dans le vaccin VPH9 peut également prévenir jusqu’à 17 % des cancers du col de l’utérus et jusqu’à 30 % des lésions précancéreuses du col de l’utérus à risque élevé. L’immunisation par un vaccin VPH4 ou VPH9 peut prévenir environ 90 % des verrues génitales.

    Les révisions importantes comprises dans le présent chapitre sont mises en relief dans le Tableau des mises à jour des chapitres du Guide canadien d’immunisation.

    Épidémiologie

    Description de la maladie

    Agent infectieux

    Les papillomavirus (VPH) sont de petits virus à ADN double brin qui infectent l’épithélium. Plus de 100 génotypes du VPH ont été recensés, dont près de 40 génotypes touchant la région anogénitale chez l’humain. Ces génotypes du VPH sont classés en deux catégories en fonction du risque d’oncogenèse - faible risque (p. ex., types 6 et 11) ou haut risque (p. ex., types 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58) - selon qu’ils ont ou non un lien avec les cancers anogénitaux.

    Réservoir

    Humains.

    Transmission

    Les infections à VPH sont transmises sexuellement par contact épithélial direct (peau ou muqueuse) et verticalement par exposition d’un bébé au virus dans le tractus génital maternel.

    Facteurs de risque
    Femmes

    Chez les femmes, les facteurs de risque de contracter des infections à VPH sont les suivants : partenaires sexuels multiples, antécédents d’infection transmissible sexuellement, cas d’agressions sexuelles, premières relations sexuelles à un jeune âge, nombre de partenaires sexuels au cours de la vie, consommation de tabac et de marijuana, immunodépression et infection au VIH.

    Hommes

    Le facteur le plus constant lié à un risque accru d’infection à VPH chez les hommes est le nombre de partenaires sexuels au cours d’une vie, l’utilisation irrégulière du condom et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). Les HARSAH courent environ 20 fois plus de risques de contracter le cancer de l’anus que les hommes hétérosexuels. Le taux de cancer de l’anus chez les HARSAH séropositifs pour le VIH est plus élevé que le taux de cancer du col de l’utérus chez les femmes, et ce, même dans les pays où les taux de cancer du col de l’utérus sont les plus élevés. Une plus faible incidence d’infection à VPH et de cancer du pénis a été associée à la circoncision.

    Spectre de la maladie clinique

    La plupart des infections à VPH sont asymptomatiques, spontanément résolutives et disparaissent en l’espace de 24 mois sans traitement. L’infection à un type particulier du VPH ne diminue pas la probabilité d’être infecté par d’autres types de VPH, et la co-infection est possible. Une infection persistante à un type de VPH à haut risque est la principale cause du cancer du col de l’utérus et est aussi associée aux cancers du pénis, de l’anus, de la vulve, du vagin, de la bouche et de l’oropharynx. Une infection à VPH à faible risque peut causer des lésions non cancéreuses, comme des verrues génitales. L’infection à VPH peut être transmise au fœtus avant et pendant l’accouchement. Par conséquent, les nouveau-nés peuvent contracter la papillomatose respiratoire récurrente, qui est associée à un haut degré de morbidité et, dans certains cas, peut être mortelle.

    Répartition géographique de la maladie

    Incidence et prévalence
    À l’échelle mondiale
    • Femmes : Les estimations de la prévalence du VPH chez les femmes à l’échelle mondiale varient entre 2 et 44 %. Le risque maximal d’infection à VPH se situe dans les 5 à 10 ans suivant la première expérience sexuelle. Les types de VPH à haut risque sont prédominants chez les femmes de moins de 25 ans, tandis que les types de VPH à faible risque et non caractérisés sont plus courants chez les femmes de plus de 55 ans.
    • Hommes : Un examen systématique des études a révélé que les estimations de la prévalence du VPH étaient comprises entre 1,3 et 72,9 %; et 56 % des études faisaient état d’une prévalence de 20 % ou plus chez les hommes. Le type 16 du VPH est celui qui est le plus couramment signalé. Chez les hommes, aucun lien important n’a été relevé entre l’âge et la prévalence du VPH, l’incidence ou la durée de l’infection.
    • Cancers liés au VPH : À l’échelle mondiale, le fardeau total des cancers liés au VPH chez les deux sexes est évalué à 5,2 % de tous les cancers. Le cancer du col de l’utérus est le troisième cancer le plus couramment diagnostiqué et la quatrième cause de mortalité chez les femmes à l’échelle mondiale. Presque tous les cancers du col de l’utérus sont associés aux types de VPH à haut risque, les types 16 et 18 étant présents dans environ 70 % des cas et les types 31, 33, 45, 52, et 58 dans environ 15 % à 19 % des cas. L’infection aux types 16 et 18 du VPH se présente dans environ 43 % des cas de cancer vaginal et 15 % des cas de cancer de la vulve, tandis que près de 24 % des cas de cancer vaginal et 2,5 % des cas de cancer de la vulve ont été attribués aux types 31, 33, 45, 52, et 58 du VPH. Parmi les cancers touchant les hommes, on estime que l’infection au VPH est associée à de 80 % à 90 % des cas de cancer anal et à de 40 % à 65 % des cas de cancer du pénis. Les cas de cancer de l’oropharynx augmentent dans les pays en voie de développement; jusqu’à 70 % des nouveaux cas sont attribués au VPH en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest. Parmi les cancers liés au VPH, environ 90 % des cancers de l’anus, 60 % des cancers du pénis et 90 % des cancers de la cavité buccale et des cancers de l’oropharynx sont attribuables aux types 16 et 18 du VPH.
    • Verrues génitales : Au Royaume-Uni, la prévalence des verrues génitales est estimée à 130 cas pour 100 000 personnes. Les estimations aux États-Unis sont légèrement plus élevées, entre 150 et 205 cas pour 100 000 personnes. Les verrues génitales sont associées aux types 6 et 11 du VPH dans plus de 90 % des cas, et de 20 à 50 % des cas sont co-infectés par des types de VPH à haut risque.
    À l’échelle nationale

    En Amérique du Nord, l’incidence cumulative à vie de l’infection à VPH est évaluée à plus de 70 % pour tous les types de VPH confondus, l’infection à VPH étant ainsi l’infection transmissible sexuellement la plus répandue. La prévalence la plus élevée est observée chez les personnes de 20 à 24 ans.

    • Femmes : Une étude fondée sur un échantillon de la population canadienne des femmes de 13 à 86 ans a estimé que la prévalence totale de l’infection à VPH chez les femmes était de 16,8 %. La prévalence des infections à VPH de types 6, 11, 16 et 18 était de 4,0 %; 0,2 %; 10,7 % et 3,5 %, respectivement. La positivité à l’égard du VPH était surtout prévalente chez les femmes âgées de moins de 20 ans, avec une tendance significative à la baisse de la prévalence observée jusqu’à l’âge de 60 ans.
    • Hommes : Peu d’études canadiennes ont été publiées sur la prévalence du VPH ou sur son incidence chez les hommes. Les estimations de l’infection à VPH chez les hommes sont principalement fondées sur des études de la prévalence et de l’incidence dans certaines populations, dont plusieurs peuvent être biaisées et montrer des taux plus élevés d’infection parce que leurs sujets ont eu de nombreux partenaires sexuels. Une étude canadienne a fait état d’une prévalence du VPH, tous types confondus, de 70 % dans une population d’hommes hétérosexuels âgés de 16 à 69 ans (âge médian, 29 ans) fréquentant une clinique de dépistage des infections transmises sexuellement.
    • Cancers liés au VPH : En 2011, le taux d’incidence du cancer du col de l’utérus était estimé à 7 cas pour 100 000 personnes. Le cancer du col de l’utérus est le treizième cancer le plus répandu chez les femmes canadiennes de tous âges et le troisième cancer le plus courant chez celles âgées de 20 à 44 ans. Chaque année, on compte près de 1 300 cas de cancer du col de l’utérus et de 350 décès liés à ce cancer. On estime que le taux de cancer attribuable à l’infection à VPH au Canada est semblable à celui observé à l’échelle internationale.
    • Verrues génitales : Des études canadiennes ont fait état de taux d’incidence des verrues génitales variant entre 131 et 154 cas pour 100 000 hommes et entre 120 et 121 cas pour 100 000 femmes. La prévalence était évaluée entre 146,4 et 148,0 cas pour 100 000 personnes. La prévalence et l’incidence étaient systématiquement plus élevées chez les hommes que chez les femmes. L’incidence culminait entre 20 et 24 ans chez les femmes et entre 25 et 29 ans chez les hommes.

    Agents immunisants disponibles au Canada

    Vaccins anti-VPH

    • CERVARIXMD (vaccin bivalent contre le virus du papillome humain [types 16, 18], recombiné), GlaxoSmithKline Inc. (VPH2).
    • GARDASILMD (vaccin quadrivalent contre le virus du papillome humain [types 6, 11, 16, 18], recombiné), Merck Canada Inc. (VPH4).
    • GARDASILMD9 (vaccin nonavalent contre le virus du papillome humain [types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58], recombiné), Merck Canada Inc. (VPH9).

    Pour obtenir l’information posologique dans son intégralité, voir le dépliant du produit ou les renseignements contenus dans les monographies des produits accessibles à partir de la Base de données sur les produits pharmaceutiques de Santé Canada.

    Voir Contenu des agents immunisants utilisés au Canada de la partie 1 pour connaître la liste des vaccins offerts au Canada ainsi que de leurs constituants.

    Immunogénicité, efficacité potentielle et efficacité réelle

    Immunogénicité

    Les vaccins contre le VPH sont très immunogènes. Plus de 99 % des vaccinés obtiennent une réponse immunitaire aux types de VPH visés par le vaccin après avoir subi une série de trois doses. Dans le cas des adolescents immunocompétents et non infectés par le VIH âgés de 9 à 14 ans, un calendrier à deux doses pour le vaccin VPH2, VPH4 ou VPH9 est tout aussi immunogène qu’une série à trois doses chez les sujets âgés de 15 à 24 ans. Les corrélats immunitaires de la protection contre l’infection à VPH sont inconnus.

    Efficacité potentielle et efficacité réelle

    Le vaccin contre le VPH est hautement efficace dans la prévention de l’infection persistante de type visé par le vaccin VPH, ainsi que du cancer du col de l’utérus et de ses précurseurs. Chez les femmes de 16 à 26 ans, l’efficacité des vaccins VPH4 et VPH9 contre les affections du col de l’utérus liées aux types 16 et 18 du VPH est proche de 100 %. L’efficacité contre les lésions génitales externes liées aux types 6, 11, 16 ou 18 du VPH, y compris les verrues génitales, varie entre 95 et 99 %. De plus, l’efficacité du vaccin VPH9 contre les maladies de haut grade liées aux types 31, 33, 45, 52 et 58 du VPH est de plus de 96 %. Chez les hommes de 16 à 26 ans, l’efficacité du vaccin VPH4 contre les lésions génitales externes liées aux types contenus dans le vaccin est de 84 à 100 %. L’efficacité contre l’infection persistante liée aux types contenus dans le vaccin est de 70 à 96 %. Chez les femmes âgées de 15 à 26 ans n’ayant jamais été infectées par le VPH, l’immunisation par le vaccin VPH4 a entraîné une réduction globale des anomalies du frottis de Pap de 17,5 %; de la colposcopie de 19,8 %; de la biopsie cervicale de 22 % et des traitements définitifs du col de l’utérus de 42,3 %. Chez les femmes de 24 à 45 ans, l’efficacité du vaccin VPH4 contre un paramètre composite d’une infection persistante, d’une affection du col de l’utérus ou de lésions génitales externes liées aux types 6, 11, 16 et 18 du VPH était de 91 % et, contre les types 16 et 18 du VPH seulement, de 83 %. Chez les femmes âgées de 15 à 25 ans, l’efficacité du vaccin VPH2 contre les atteintes cervicales liées aux types 16 et 18 du VPH est de 95 à 99 %. Bien que l’efficacité du vaccin anti-VPH chez les enfants de moins de 15 ans n’ait pas été démontrée, des données probantes en matière d’immunogénicité indiquent qu’elle sera élevée.

    Au Canada, l’immunisation contre les types 16 et 18 du VPH contenus dans les vaccins VPH2, VPH4 et VPH9 peut prévenir environ 70 % des cancers anogénitaux et 60 % des lésions précancéreuses du col de l’utérus à risque élevé. L’immunisation contre les types 31, 33, 45, 52 et 58 du VPH contenus dans le vaccin VPH9 peut également prévenir jusqu’à 14 % des cancers anogénitaux et jusqu’à 30 % des lésions précancéreuses du col de l’utérus à risque élevé. L’immunisation par un vaccin VPH4 ou VPH9 peut prévenir environ 90 % des verrues génitales.

    Le vaccin contre le VPH n’a aucun effet thérapeutique avéré sur l’infection à VPH. Une infection préalable par un ou plusieurs types de VPH contenus dans le vaccin ne diminue pas l’efficacité du vaccin contre d’autres types de VPH visés par le vaccin. La durée de la protection à la suite de la vaccination contre le VPH reste inconnue. Des sujets d’essai clinique ont été suivis pendant environ dix ans en ce qui concerne les vaccins VPH2 et VPH4 sans preuve de protection déclinante.

    Les études indiquent que la vaccination des femmes peut prévenir la transmission des types de VPH visés par le vaccin chez les hommes. Même si aucune étude ne fait état de lien direct entre la vaccination des hommes contre le VPH et la prévention de la transmission des types de VPH visés par le vaccin des hommes aux femmes ainsi que la réduction de l’incidence du cancer du col de l’utérus, les modèles indiquent que l’ajout d’hommes à un programme systématique de vaccination contre le VPH empêche, à des degrés divers, des cas supplémentaires de verrues génitales et de cancer du col de l’utérus chez les femmes.

    Indications

    Le choix du vaccin dépendra de l’objet de l’immunisation. Si l’objet de l’immunisation est la prévention des cancers liés aux types 16 et 18 du VPH et à leurs précurseurs, le vaccin VPH2, VPH4 ou VPH9 peut être utilisé. Si l’objet de l’immunisation comprend également la prévention des cancers liés aux types 31, 33, 45, 52 et 58 du VPH, le vaccin VPH9 devrait être utilisé. Si une protection contre les verrues génitales est voulue en plus de la protection contre le cancer, le vaccin VPH4 ou VPH9 devrait être utilisé.

    Filles et femmes

    Sujets de moins de 9 ans

    Il n’existe aucune donnée sur l’utilisation du vaccin anti-VPH chez les enfants âgés de moins de 9 ans. Le vaccin anti-VPH peut être envisagé chez les enfants âgés de moins de 9 ans qui sont à risque d’exposition au VPH (p. ex., qui ont des antécédents d’agressions sexuelles ou ont reçu un diagnostic d’infection transmissible sexuellement).

    Âgées de 9 ans à moins de 27 ans

    Le vaccin VPH2, VPH4 ou VPH9 est indiqué dans la prévention du cancer du col de l’utérus et de ses précurseurs chez les filles et les femmes âgées de 9 ans à moins de 27 ans, y compris celles dont le test Pap a déjà montré des anomalies et celles qui ont déjà eu le cancer du col de l’utérus ou des verrues génitales. Le vaccin VPH4 ou VPH9 est indiqué dans la prévention des cancers de la vulve et du vagin, des cancers de l’anus et de leurs précurseurs ainsi que des verrues génitales chez les filles et les femmes âgées de 9 ans à moins de 27 ans. La vaccination contre le VPH avant le début de l’activité sexuelle et l’exposition au VPH est recommandée pour optimiser les bienfaits du vaccin.

    Même si les femmes dont le test Pap a déjà présenté des anomalies ou qui ont déjà eu le cancer du col de l’utérus ou des verrues génitales ont pu être infectées auparavant par un ou plusieurs types de VPH visés par le vaccin, le vaccin anti-VPH leur conférera une protection contre les types de VPH auxquels elles n’ont pas été exposées. Il faut informer les femmes que le vaccin anti-VPH n’a aucun effet thérapeutique sur les affections cervicales préexistantes.

    Voir Autres considérations pour plus de précisions.

    Âgées de 27 ans et plus

    Le vaccin VPH2, VPH4 ou VPH9 peut être administré aux femmes âgées de 27 ans ou plus qui sont à risque continu d’exposition au VPH. Bien que le pic de risque pour les infections à VPH se situe dans les cinq à dix années qui suivent la première expérience sexuelle, un second pic de prévalence du VPH est observé chez les femmes de 45 ans ou plus. Bien que le second pic soit réduit par comparaison au sommet élevé chez les femmes plus jeunes, le risque est accru. Même si la raison de ce second pic n’est pas entièrement comprise, la vaccination de femmes adultes non immunisées contre le VPH pourrait réduire le risque de contracter une infection à VPH plus tard dans la vie.

    Voir Facteurs de risque et Autres considérations pour plus de précisions.

    Garçons et hommes

    Moins de 9 ans

    Il n’existe aucune donnée sur l’utilisation du vaccin anti-VPH chez les enfants âgés de moins de 9 ans. Le vaccin anti-VPH peut être envisagé chez les enfants âgés de moins de 9 ans qui sont à risque d’exposition au VPH (p. ex., qui ont des antécédents d’agressions sexuelles ou ont reçu un diagnostic d’infection transmissible sexuellement).

    Âgés de 9 ans à moins de 27 ans

    Le vaccin VPH4 ou VPH9 est indiqué dans la prévention des verrues anogénitales, du cancer du pénis et de l’anus, des néoplasies intra-épithéliales périnéales et des cancers connexes. La réception d’un vaccin VPH4 ou VPH9 avant le début de l’activité sexuelle et l’exposition à une infection à VPH est recommandée pour optimiser les bienfaits du vaccin.

    Âgés de 27 ans ou plus

    Il n’existe aucune donnée sur l’innocuité, l’immunogénicité ou l’efficacité du vaccin VPH4 ou VPH9 chez les hommes de 27 ans ou plus. Par conséquent, aucune recommandation fondée sur les preuves ne peut être faite quant à l’utilisation du vaccin dans ce groupe d’âge. Cependant, le vaccin VPH4 ou VPH9 peut être administré à des hommes âgés de 27 ans ou plus qui sont à risque continu d’exposition au VPH. Voir Facteurs de risque pour obtenir davantage de renseignements.

    Hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes

    Par rapport à la population générale, le fardeau de l’infection à VPH, en particulier liée aux types 16 et 18 du VPH à haut risque, est disproportionné chez les HARSAH. L’infection liée aux types du VPH à haut risque est associée au cancer anal et à ses précurseurs, plus particulièrement chez les HARSAH séropositifs pour le VIH. Une réception précoce du vaccin VPH4 ou VPH9 conférera un avantage maximal, car les HARSAH sont susceptibles d’être infectés plus rapidement par le VPH en raison du taux élevé d’infection dans leur population. Le vaccin VPH4 ou VPH9 est indiqué pour les hommes âgés de moins de 27 ans qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Bien qu’il n’existe aucune donnée sur l’efficacité du vaccin VPH4 ou VPH9 chez les hommes âgés de 27 ans et plus qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, l’immunisation par le vaccin VPH4 ou VPH9 devrait être sérieusement envisagée en raison du risque accru de maladies associées au VPH. La vaccination contre le VPH avant le début de l’activité sexuelle et l’exposition au VPH est recommandée pour optimiser les bienfaits du vaccin.

    Immunisation après le début de l’activité sexuelle

    La vaccination contre le VPH après le début de l’activité sexuelle est bénéfique, car le vacciné est peu susceptible d’être infecté par tous les types de VPH visés par le vaccin. On doit informer les vaccinés qui ont déjà des activités sexuelles qu’ils peuvent être infectés par un type de VPH visé par le vaccin et que le vaccin n’aura pas d’effet thérapeutique sur les infections préexistantes de type de VPH visé par le vaccin.

    Calendrier

    Voir le Tableau 1 pour obtenir un résumé des calendriers d’immunisation et des vaccins anti-VPH recommandés pour les groupes de récepteurs de vaccin. Pour les calendriers de vaccination incomplets ou interrompus, voir Calendriers de vaccination incomplets ou interrompus.

    Vaccin VPH2
    • Filles immunocompétentes et non infectées par le VIH, âgées de 9 ans à moins de 15 ans : 2 doses (à 0 et 6 mois), ou 3 doses (à 0, 1 et 6 mois).
    • Femmes âgées de 15 ans et plus, femmes immunodéprimées et femmes immunocompétentes infectées par le VIH : 3 doses (à 0, 1 et 6 mois).
    Vaccin VPH4
    • Adolescents immunocompétents et non infectés par le VIH, âgés de 9 ans à moins de 15 ans : 2 doses (à 0 et 6 mois), ou 3 doses (à 0, 2 et 6 mois).
    • Sujets âgés de 15 ans et plus, sujets immunodéprimés et sujets immunocompétents infectés par le VIH : 3 doses (à 0, 2 et 6 mois).
    Vaccin VPH9
    • Adolescents immunocompétents et non infectés par le VIH, âgés de 9 à moins de 15 ans : 2 doses (à 0 et 6 mois), ou 3 doses (à 0, 2 et 6 mois).
    • Sujets âgés de 15 ans et plus, sujets immunodéprimés et sujets immunocompétents infectés par le VIH : 3 doses (à 0, 2 et 6 mois).
    Tableau 1 : Calendrier d'immunisation et vaccin anti-VPH recommandés, par groupe
    Groupes Calendrier d'immunisation Vaccin(s)

    Tableau 1 - Abréviations

    VPH2 : = vaccin bivalent contre le virus du papillome humain
    VPH4 : = vaccin quadrivalent contre le virus du papillome humain
    VPH9 : = vaccin nonavalent contre le virus du papillome humain

    Filles en santé Tableau 1 - Note de bas de page 1 (9 ans à moins de 15 ans Tableau 1 - Note de bas de page 2) Calendrier à 2 ou 3 doses

    VPH2, VPH4 ou VPH9

    Filles et femmes en santéTableau 1 - Note de bas de page 1 (15 ans et plus) Calendrier à 3 dosesTableau 1 - Note de bas de page 2

    VPH2 ou VPH4 ou VPH9

    Garçons en santéTableau 1 - Note de bas de page 1(9 ans à moins de 15 ansTableau 1 - Note de bas de page 3) Calendrier à 2 ou 3 doses VPH4 ou VPH9
    Garçons et hommes en santéTableau 1 - Note de bas de page 1(15 ans et plus) Calendrier à 3 dosesTableau 1 - Note de bas de page 3 VPH4 ou VPH9
    Personnes immunodéprimées et personnes immunocompétentes infectées par le VIH Calendrier à 3 doses Femmes : VPH2 ou VPH4 ou VPH9
    Hommes : VPH4 ou VPH9
    Intervalles minimaux entre les doses des vaccins anti-VPH

    Des efforts devraient être faits pour administrer les vaccins contre le VPH aux intervalles recommandés. Lorsqu'un calendrier accéléré est nécessaire, les intervalles minimaux entre les doses de vaccin doivent être respectés. Dans un calendrier de vaccination contre le VPH à deux ou trois doses, la première et la dernière dose du vaccin doivent être administrées à un intervalle d'au moins 24 semaines (6 mois). Dans un calendrier à trois doses, l'intervalle minimal entre la première et la deuxième dose du vaccin est de 4 semaines (1 mois), l'intervalle minimal entre la deuxième et la troisième dose du vaccin est de 12 semaines (3 mois) et l'intervalle minimal entre la première et la dernière dose est de 24 semaines (6 mois). Voir Calendrier d'administration des vaccins de la partie 1 pour plus de précisions sur les retards dans les calendriers de vaccination et les calendriers de vaccination accélérés.

    Calendriers de vaccination incomplets ou interrompus

    Une série vaccinale contre le VPH devrait être lancée, même si elle ne peut être réalisée selon le calendrier. Lorsque le calendrier d’immunisation est interrompu, la série vaccinale n’a pas besoin d’être recommencée.
    Chez les sujets âgés de 15 ans ou plus qui ont reçu la première dose entre l’âge de 9 ans et de moins de 15 ans, il est possible d’utiliser un calendrier à deux doses, et d’administrer la deuxième dose au moins six mois après la première dose.

    Voir les autres renseignements contenus dans les monographies de produits, qui sont accessibles dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques de Santé Canada.

    Doses de rappel et revaccination

    La revaccination par le vaccin anti-VPH n’est pas indiquée en ce moment, car le vaccin protège pendant au moins 10 ans.

    Vaccination de populations particulières

    Grossesse et allaitement

    Les vaccins anti-VPH ne sont pas indiqués en cas de grossesse, car les données sur la vaccination contre le VPH en cas de grossesse sont limitées. Il n’a toutefois pas été établi de lien de causalité entre le vaccin anti-VPH et l’apparition de conséquences néfastes sur la grossesse ou sur le développement du fœtus. En l’absence de données, il est recommandé de reporter après l’accouchement l’administration de la série vaccinale anti-VPH. Si une femme tombe enceinte après avoir entamé la série de vaccination, il convient de retarder l’exécution de la série jusqu’à la fin de la grossesse. Aucune intervention n’est requise si le vaccin a été administré durant la grossesse.

    Les vaccinées et les fournisseurs de soins de santé sont invités à signaler toute exposition au vaccin VPH4 ou VPH9 lors de la grossesse au fabricant (Merck Canada Inc.) en composant le 1-800-567-2594. L’exposition au vaccin VPH2 durant la grossesse doit être signalée au fabricant du vaccin (GlaxoSmithKline Inc.) en composant le 1-800-387-7374.

    Les données sur les effets de la vaccination des mères contre le VPH sur les nourrissons allaités sont limitées. Cependant, aucun effet indésirable lié au vaccin n’a été signalé. Le vaccin anti-VPH peut donc être administré aux femmes qui allaitent.

    Voir Immunisation durant la grossesse et l’allaitement de la partie 3 pour obtenir plus de précisions sur la vaccination des femmes enceintes ou qui allaitent.

    Sujets immunodéprimés

    L’immunisation avec un calendrier de vaccination contre le VPH à trois doses est recommandée pour les personnes immunodéprimées. Cependant, la réponse immunitaire et l’efficacité du vaccin peuvent être plus faibles que celles observées chez les personnes immunocompétentes. Pour les cas complexes, il est recommandé de consulter un médecin spécialisé dans les domaines de l’immunisation et de l’immunodéficience. Par exemple, la vaccination contre le VPH peut être envisagée avant une chirurgie chez un enfant âgé de 7 ou 8 ans qui sera atteint d’immunosuppression à la suite d’une transplantation rénale.

    Voir Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements sur la vaccination des personnes immunodéprimées.

    Tests sérologiques

    Un test sérologique n’est pas recommandé avant ou après la réception d’un vaccin anti-VPH. Les méthodes de dépistage ne sont pas systématiquement disponibles.

    Administration du vaccin

    Dose

    Chaque dose du vaccin contre le VPH est de 0,5 ml.

    Voie d’administration

    Le vaccin anti-VPH doit être administré par voie intramusculaire.

    Période d’observation après vaccination

    Les sujets vaccinés, plus particulièrement les adolescents et les jeunes adultes, doivent être observés pendant 15 minutes après l’immunisation afin d’éviter de graves blessures en cas d’épisode de syncope.
    Voir Méthodes d’administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir plus de précisions sur la consultation et l’observation avant et après la vaccination. Voir Réactions précoces à la vaccination, dont l’anaphylaxie de la partie 2 pour obtenir de plus amples renseignements sur la prévention et la gestion des syncopes.

    Interchangeabilité des vaccins

    Dans la mesure du possible, le même vaccin anti-VPH devrait être utilisé pour réaliser la série vaccinale. Si le vaccin utilisé pour les doses précédemment reçues n’est pas connu ou si celui-ci n’est pas disponible, n’importe lequel des vaccins contre le VPH homologués au Canada peut être utilisé pour compléter la série vaccinale. Étant donné que tous les vaccins anti-VPH offrent une protection contre les types 16 et 18 du VPH, le titre d’anticorps protecteurs contre ces types sera probablement atteint si les vaccins anti-VPH sont interchangés. Le vaccin VPH2 n’est pas autorisé pour l’utilisation chez les garçons et les hommes.

    Voir Principes de l’interchangeabilité des vaccins de la partie 1 pour obtenir de plus amples renseignements sur l’interchangeabilité des vaccins contre le VPH.

    Administration simultanée de vaccins

    Un vaccin anti-VPH peut être administré simultanément avec d’autres vaccins adaptés à l’âge à des points d’injection différents en utilisant des seringues et des aiguilles distinctes. Le vaccin anti-VPH doit être administré après les autres vaccins, puisqu’il est reconnu comme étant plus douloureux.

    Voir Calendrier d’administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir plus de précisions sur l’administration simultanée de vaccins.

    Entreposage et manipulation des agents immunisants

    Le vaccin anti-VPH doit être conservé à une température de 2 °C à 8 °C et ne doit pas être congelé. Ce vaccin doit être protégé de la lumière. Voir Manipulation et entreposage des agents immunisants de la partie 1 pour obtenir plus de précisions ainsi que des recommandations.

    Innocuité et effets secondaires

    Effets secondaires courants et localisés

    D’après des essais cliniques préhomologation portant sur plus de 15 000 sujets ayant reçu un vaccin VPH4 et 12 000 sujets ayant reçu un vaccin VPH2, les effets secondaires les plus courants chez ces vaccinés étaient la douleur (82 à 92 %), l’enflure (24 à 44 %) ou la rougeur (24 à 48 %) au point d’injection. Ces effets ont été observés nettement plus souvent après le vaccin anti-VPH, par rapport aux groupes témoins recevant un autre vaccin actif ou un placebo. Chez plus de 94 % des sujets qui ont reçu le vaccin anti-VPH, les réactions variaient de légères à modérées en intensité; elles ont disparu en quelques jours et n’ont pas empêché la réalisation du calendrier d’immunisation. Les effets secondaires systémiques, tels que la fatigue, la myalgie, les maux de tête, la fièvre et la nausée, se sont produits généralement à une fréquence comparable dans les groupes recevant le vaccin et dans les groupes témoins. Le profil d’innocuité du vaccin VPH9 est comparable à celui du vaccin VPH4, bien que des réactions au point d’injection d’intensité faible à modérée soient plus courantes après l’administration du vaccin VPH9.

    Depuis leur homologation, des centaines de millions de doses de vaccin contre le VPH ont été distribuées à l’échelle mondiale. Les données des systèmes de surveillance de l’innocuité après l’homologation ont systématiquement confirmé les données avant l’homologation, les effets secondaires le plus souvent signalés après l’immunisation étant les réactions au point de vaccination et les douleurs musculaires.

    Effets secondaires moins fréquents et graves

    Les effets secondaires graves sont rares après l’immunisation contre le VPH et, dans la plupart des cas, les données sont insuffisantes pour établir un lien de causalité. Les essais cliniques n’ont relevé aucune augmentation du nombre ou du type d’effets secondaires graves chez les vaccinés contre le VPH comparativement aux sujets ayant reçu un placebo. Des réactions anaphylactiques à la suite de l’administration d’un vaccin anti-VPH peuvent survenir, mais elles sont extrêmement rares. Une syncope peut survenir après la vaccination, le plus souvent chez les adolescents et les jeunes adultes. Pour obtenir de plus amples renseignements sur l’observation après la vaccination et sur la prise en charge des effets indésirables, voir Méthodes d’administration des vaccins de la partie 1 et Réactions précoces à la vaccination, dont l’anaphylaxie de la partie 2.

    Autres effets secondaires et troubles signalés

    Des études sur l’adjuvant AS04 utilisé dans le vaccin VPH2 n’ont mis en évidence aucune preuve d’une augmentation du risque de troubles auto-immuns associés à la réception d’un vaccin contenant l’adjuvant AS04.

    Le profil d’innocuité des vaccins anti-VPH a été examiné par le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et par l’Institute of Medicine (IOM) de la National Academy of Sciences des États-Unis.

    D’après l’examen de l’IOM, à ce jour, il n’existe aucune preuve attestant un lien entre le vaccin contre le VPH et l’une des pathologies suivantes : le syndrome de Guillain-Barré, la myélite transverse, l’encéphalomyélite aiguë disséminée, la sclérose en plaques, la névrite brachiale, la polyneuropathie inflammatoire disséminée chronique, la sclérose latérale amyotrophique, la neuromyélite optique, la pancréatite, l’arthralgie transitoire ou des épisodes thromboemboliques. En outre, on ne recense aucune preuve entre le vaccin contre le VPH et le syndrome douloureux régional complexe ou de lien entre le syndrome de tachycardie orthostatique posturale.

    Les décès qui ont été observés à la suite du vaccin anti-VPH dans des essais préhomologation n’ont pas eu lieu plus souvent que dans les groupes recevant un placebo. Bien que les rapports sur les effets secondaires suivant l’immunisation après commercialisation fassent état de décès, le taux ne dépassait pas ce qui pouvait être attribué au hasard.

    Conseils pour la déclaration des effets secondaires suivant l’immunisation (ESSI)

    Les vaccinés et les vaccinateurs sont priés de signaler aux responsables de la santé publique locaux tout effet secondaire grave ou inattendu temporellement associé à la vaccination. Un ESSI inattendu est un effet secondaire qui ne figure pas dans les renseignements disponibles sur le produit, mais qui peut être dû à l’immunisation, ou encore à une modification de la fréquence d’un ESSI connu.

    Voir le guide Déclaration de manifestations cliniques inhabituelles (MCI) à la suite d’une immunisation au Canada et Innocuité des vaccins de la partie 2 pour plus de précisions sur la déclaration des effets secondaires suivant l’immunisation.

    Contre-indications et précautions

    Le vaccin anti-VPH est contre-indiqué chez les personnes ayant déjà eu une réaction anaphylactique au vaccin et chez les personnes ayant une hypersensibilité immédiate ou anaphylactique établie à l’un ou l’autre des composants du vaccin ou de son contenant. Les personnes qui présentent des symptômes indiquant la présence d’une hypersensibilité après avoir reçu une dose du vaccin anti-VPH ne devraient pas recevoir d’autres doses. Voir Contenu des agents immunisants utilisés au Canada de la partie 1 pour connaître la liste des vaccins offerts au Canada ainsi que de leurs constituants.

    Le vaccin anti-VPH n’est pas indiqué en cas de grossesse, car les données sur la vaccination contre le VPH en cas de grossesse sont limitées. Il n’a toutefois pas été établi de lien de causalité entre le vaccin anti-VPH et l’apparition de conséquences néfastes sur la grossesse ou sur le fœtus. Pour plus de renseignements à ce sujet, voir Grossesse et allaitement.

    Voir Contre-indications, précautions à prendre et préoccupations de la partie 2 pour obtenir de plus amples renseignements.

    Autres considérations

    Dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes qui ont reçu le vaccin contre le VPH

    Toutes les femmes doivent faire l’objet d’un suivi et d’un dépistage systématique du cancer du col de l’utérus, sans égard à l’immunisation contre le VPH. Bien que le vaccin anti-VPH se soit avéré hautement efficace contre le cancer du col de l’utérus attribuable aux types de VPH contenus dans le vaccin, les vaccinés demeurent vulnérables à l’infection par d’autres types de VPH à risque élevé. De plus, les femmes sexuellement actives peuvent avoir été infectées par les types de VPH contenus dans le vaccin anti-VPH avant de recevoir ce vaccin. Il faut continuer à utiliser les mesures de précaution appropriées contre les maladies transmissibles sexuellement.

    Références choisies

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    Comité canadien d’immunisation. Recommandations relatives au programme de vaccination contre le virus du papillome. Décembre 2007. Consulté en janvier 2017. Accès : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/2008/papillomavirus-papillome/papillomavirus-papillome-index-fra.php

    Comité consultatif national de l'immunisation. Recommandations mises à jour sur les vaccins contre le virus du papillome humain (VPH) : Calendrier de vaccination du vaccin nonavalent contre le VPH à deux doses et utilisation des vaccins anti-VPH chez les populations immunodéprimées. Mai 2017. Consulté en mai 2017. Accès : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/mises-a-jour-vaccins-contre-virus-papillome-humain-calendrier-vaccination-populations-immunodeprimees.html

    Comité consultatif national de l'immunisation. Examen de la documentation du CCNI concernant l’immunisation contre le VPH des populations immunodéprimées. Mai 2017. Consulté en mai 2017. Accès : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/examen-documentation-immunisation-contre-virus-papillome-humain-populations-immunodéprimées.html

    Comité consultatif national de l'immunisation. Recommandations mises à jour sur les vaccins contre le virus du papillome humain (VPH) : vaccin nonavalent contre le VPH et précisions sur les intervalles minimums entre les doses dans le calendrier d'immunisation contre le VPH. Juillet 2016. Consulté en septembre 2016. Accès : http:://www.canadiensensante.gc.ca/publications/healthy-living-vie-saine/human-papillomavirus-9-valent-vaccine-update-recommendation-mises-a-jour-recommandations-papillome-humain-vaccin-nonavalent/index-fra.php?_ga=1.2475376.1166396752.1487101925.

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    Comité consultatif national de l’immunisation. Déclaration sur le vaccin contre le virus du papillome humain. Relevé des maladies transmissibles au Canada. Févr. 2007;vol. 33(DCC-2). Accès : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/07vol33/acs-02/index-fra.php

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