Permis de séjour temporaire (PST) pour les victimes de violence familiale

Cette section contient des politiques, des procédures et des instructions destinées au personnel d’IRCC. Elle est publiée sur le site Web du ministère par courtoisie pour les intervenants.

Ces instructions visent à guider les agents d’IRCC pour la délivrance sans frais de permis de séjour temporaire (PST) initiaux aux étrangers sans statut qui sont victimes de violence familiale. Cette mesure permet également à ces personnes d’avoir accès gratuitement à un permis de travail initial et à une assurance au titre du Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI), lorsque cela est justifié.

On entend ainsi faire en sorte que les cas des victimes de violence familiale présentant une demande de PST soient évalués aussi rapidement que possible, en fonction des critères décrits ci-dessous. Ces PST doivent être délivrés conformément aux instructions existantes pour la délivrance des PST, qui se trouvent au paragraphe 24(1) de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR), ainsi qu’aux instructions ministérielles établies sur le sujet en vertu du paragraphe 24(3) de la LIPR.

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Admissibilité au PST pour les victimes de violence familiale

En général, on définit la violence familiale comme toute forme de violence ou de négligence infligée par un membre de la famille. Dans ce contexte, le PST est destiné aux victimes de violence familiale infligée par un époux ou conjoint de fait. Au moment d’évaluer l’admissibilité au PST, l’agent évaluera si l’étranger :

Parmi les exemples de personnes qui peuvent être admissibles, mentionnons les étrangers qui :

Les enfants à charge étrangers des victimes de violence familiale sont également admissibles à ce PST (mais à la fois les enfants et le parent victime doivent se trouver au Canada). Les agents doivent être à l’affût des cas où des questions de droit de la famille ou de garde peuvent entrer en jeu.

Les personnes non admissibles qui ne sont pas considérées comme des demandeurs du statut de résident permanent aux termes des instructions ministérielles incluent, sans toutefois s’y limiter :

Cas exclus de la catégorie du regroupement familial

Bien qu’on s’attende à ce que la majorité des demandes pour le PST pour les victimes de violence familiale proviennent de la catégorie du regroupement familial, des allégations de violence peuvent également être soulevées dans des demandes présentées dans le cadre d’autres catégories d’immigration. Les agents doivent évaluer les allégations et choisir la marche à suivre qui s’impose.

Dans tous les cas de ce type, les agents doivent exercer leur pouvoir discrétionnaire pour déterminer si la délivrance d’un PST est justifiée, car l’absence de statut pose un problème immédiat. Les agents peuvent tenir compte de l’intérêt supérieur de tout enfant concerné, bien qu’il ne s’agisse pas d’une exigence de la LIPR pour l’examen des demandes de PST. Les agents doivent également déterminer s’il y a lieu de tenir compte de motifs d’ordre humanitaire.

Une détermination de non-admissibilité d’un an au PST en application du paragraphe 24(4) de la LIPR n’empêche pas les agents d’évaluer de leur propre chef si la délivrance d’un PST est justifiée (pour une victime de violence familiale ou un autre étranger).

Ce qui constitue de la violence familiale

La violence familiale peut être autre que de la violence physique. Une personne peut subir une ou plusieurs formes de violence, notamment :

Les enfants à charge de l’étranger peuvent aussi être victimes ou témoins de mauvais traitements ou de négligence.

Évaluation des preuves de violence familiale

Pour déterminer si une personne est victime de violence familiale, l’agent doit examiner les éléments de preuve disponibles au cas par cas, selon l’information fournie par cette personne.

Les agents d’IRCC peuvent permettre aux victimes de soumettre des observations et des éléments de preuve à l’appui des façons suivantes :

Les éléments de preuve peuvent être les suivants :

Remarque : Cette liste n’est pas exhaustive et est fournie uniquement pour donner des exemples.

Signalement initial des cas

Les étrangers au Canada qui sont victimes de violence familiale peuvent demander une évaluation en vue de l’obtention d’un PST :

Si l’agent du CSC est en mesure de confirmer que l’étranger a un statut de résident temporaire valide ou qu’il peut être admissible à demander le rétablissement de son statut, il peut informer le client de cette possibilité.

Personnes faisant déjà l’objet d’une demande de résidence permanente

Lorsqu’un étranger demande un PST par l’intermédiaire du CSC en raison de violence familiale, les agents du CSC doivent :

Remarque : Étant donné la nature urgente de ces cas et la vulnérabilité des clients, les bureaux locaux d’IRCC doivent accorder la priorité au traitement des demandes de PST pour les victimes de violence familiale. Si ces cas sont traités dans un centre de traitement des demandes, il faut transférer la demande de résidence permanente au bureau local concerné le plus rapidement possible. Ces personnes peuvent se trouver au Canada sans statut et peuvent également ne pas avoir de documents de voyage ou de pièces d’identité, ou vivre dans un refuge.

Si le CSC ou un partenaire externe présente une demande d’évaluation au bureau local d’IRCC, un premier contact avec le demandeur doit être établi dans les 2 jours ouvrables qui suivent la réception de la demande de PST. Si le bureau local n’effectue pas de suivi dans le délai de 2 jours ouvrables, le CSC doit faire un suivi auprès du bureau local par courriel et soumettre à nouveau la demande d’évaluation.

Les bureaux locaux demanderont quotidiennement des renseignements au sujet des demandes d’évaluation, conformément aux procédures établies, afin de s’assurer que les cas urgents de violence familiale sont traités aussi rapidement que possible.

Les agents du CSC doivent également aviser les personnes dès le premier contact que les renseignements figurant à leur dossier peuvent être divulgués à des représentants autorisés, à moins qu’elles ne révoquent cette autorisation en présentant le formulaire Recours aux services d’un représentant [IMM 5476]. Les représentants autorisés peuvent être :

Pour en savoir plus, voir la section Révocation par le client de l’autorisation d’un représentant autorisé, ci-dessous.

Cas sans demande de résidence permanente en cours de traitement

Dans tous les cas où il n’y a pas d’IUC ou de dossier, les agents du CSC doivent :

Cas traités à l’étranger

Selon le type de demande, il peut y avoir des cas où une demande de résidence permanente est traitée à l’étranger, mais où le demandeur se trouve déjà effectivement au Canada et demande un PST.

Étrangers qui déclarent une situation de violence à un bureau local

Si un étranger se déclare comme victime de violence familiale en personne à un bureau local d’IRCC, l’agent doit s’occuper de son dossier. Dans ces situations, les agents doivent diriger les clients vers des sources d’information à consulter pour s’informer sur le processus de demande de PST pour les victimes de violence familiale.

Cas détectés par des représentants autorisés

Les représentants autorisés peuvent aider l’étranger à demander un PST en raison d’une situation de violence familiale. Ces représentants peuvent demander un PST au nom du client et envoyer la demande au Centre de traitement des demandes d’Edmonton (CTD-E) sans communiquer d’abord avec le CSC, conformément aux instructions publiques existantes. Dans ce cas, les représentants peuvent utiliser le code « VF » sur l’enveloppe de la demande en guise d’identificateur visuel pour signaler un cas de violence familiale. Le CTD-E enverra toute demande de PST portant le code « VF » au bureau local d’IRCC en se basant sur la liste de codes postaux fournie. La demande ne peut être envoyée au bureau local sans que le CTD-E crée le dossier dans le SMGC.

Cas détectés par l’entremise d’un autre partenaire gouvernemental

Lorsque l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ou un autre partenaire fédéral ou provincial déclare un étranger comme victime de violence familiale, il faut envoyer la demande de façon urgente au bureau local d’IRCC responsable, à l’attention des personnes-ressources désignées.

Cas impliquant la traite de personnes

Il est également important de noter qu’il peut arriver qu’une personne victime de traite soit également victime de violence familiale, par exemple de violence de la part d’un partenaire intime. Dans de tels cas, il convient de consulter la page Considérations relatives aux victimes de la traite de personnes.

Dossiers de la catégorie du regroupement familial – Demande pour circonstances d’ordre humanitaire

Si, au cours du traitement de la demande de PST, le demandeur demande la prise en compte de circonstances d’ordre humanitaire concernant sa demande de résidence permanente dans la catégorie du regroupement familial ou dans la catégorie des ECFC, la demande de prise en compte de motifs d’ordre humanitaire doit être transmise au bureau responsable du traitement de la demande de résidence permanente. Cela permettra au bureau qui traite la demande de résidence permanente d’appliquer les lignes directrices concernant les circonstances d’ordre humanitaire, qui présentent également des instructions particulières concernant les demandeurs de la catégorie des ECFC.

Protection des personnes dans les cas de violence familiale

Les agents du CSC et les agents qui s’occupent du cas doivent confirmer un numéro de téléphone, une adresse électronique ou une adresse postale permettant de communiquer de manière sécuritaire avec la victime. L’agent doit informer son gestionnaire s’il n’est pas en mesure de communiquer avec la victime dans le délai de 2 jours, mais il doit continuer de s’efforcer de communiquer avec elle en utilisant les renseignements fournis.

L’agent doit consigner, dans les notes du SMGC, toutes les tentatives faites pour communiquer avec la victime.

Remarque : La protection des renseignements personnels du client doit commencer dès la première prise de contact avec celui-ci au sujet de la situation de violence.

Révocation par le client d’un représentant autorisé

Si une personne informe IRCC par écrit qu’elle souhaite la révocation d’un représentant autorisé, l’agent doit immédiatement mettre le SMGC à jour. La page Recours aux services d’un représentant décrit la marche à suivre par le client pour révoquer son représentant et en désigner un nouveau.

Personnes visées par une mesure de renvoi

Si une mesure de renvoi a été prise à l’égard d’une personne qui demande un PST, un gestionnaire ou un superviseur d’IRCC doit communiquer directement avec l’ASFC, par écrit, pour informer cette dernière de la situation. Une note doit aussi être associée à l’IUC du demandeur pour indiquer que la délivrance d’un PST est à l’étude, et pour demander à l’ASFC de consulter IRCC avant de prendre des mesures supplémentaires. À l’issue du processus, un gestionnaire ou un superviseur d’IRCC doit communiquer directement avec l’ASFC, par écrit, pour indiquer si le PST est délivré.

Considérations relatives aux entrevues

L’agent peut rendre une décision en se fondant sur les documents reçus. Si l’agent considère que les documents fournis sont insuffisants, une entrevue peut être justifiée. S’il n’y a aucun obstacle pour le client, une entrevue en personne doit être organisée.

Il peut y avoir des situations qui font qu’il est difficile, pour une victime, de participer à une entrevue en personne :

L’agent d’IRCC doit tenir compte de ces facteurs lorsqu’il demande une entrevue en personne, et pourrait plutôt envisager une entrevue téléphonique. L’agent doit suivre les précautions de sécurité et les consignes sur les entrevues décrites à la page Violence : Considérations liées à l’entrevue.

Les objectifs de l’entrevue sont les suivants :

Remarque : Lorsqu’il y a des allégations de violence familiale et que des preuves sont demandées, les agents d’IRCC doivent s’assurer qu’ils envoient toutes les communications directement à l’étranger (aux coordonnées fournies par ce dernier). Afin d’éviter toute intervention de l’agresseur, si l’agent n’est pas en mesure d’évaluer la sécurité offerte par les coordonnées, les communications ne doivent pas être envoyées.

Les communications doivent indiquer une date limite pour la présentation des observations et exposer les conséquences possibles de l’absence de réponse (par exemple, refus de la demande).

Si un agent d’IRCC n’est pas en mesure de communiquer avec une personne après 2 tentatives (à intervalle laissé à la discrétion de l’agent), après avoir reçu une demande de PST en raison de violence familiale, il doit rendre une décision fondée sur l’information disponible. Il doit mettre le SMGC à jour pour indiquer quelles mesures sont prises et quelles tentatives de communication avec la personne ont été faites (par exemple, appels téléphoniques, courriels et lettres).

Tout agent qui reçoit de l’information au sujet d’une forme de violence à l’endroit d’un enfant ou en présence d’un enfant doit :

  • le signaler à son superviseur immédiat ou à son gestionnaire;
  • le signaler à la Direction générale du règlement des cas (DGRC), avec copie à la Direction générale de l’orientation du programme d’immigration (DGOPI);
  • consulter les instructions existantes sur le signalement des cas d’enfants maltraités.

Délivrance d’un PST

Si la victime de violence familiale a déjà un statut d’immigrant dans le cadre d’un autre programme, l’agent ne doit pas délivrer de PST avant que le statut actuel ne soit expiré et qu’il ne soit plus possible de rétablir le statut.

Si l’agent détermine que l’étranger est victime de violence familiale, il peut lui délivrer un PST pour une période minimale de 6 mois, en se fondant sur les considérations suivantes :

Selon les circonstances et à la discrétion de l’agent, un PST subséquent peut également être justifié, si les facteurs susmentionnés sont pris en compte, dans les cas où il pourrait être avantageux pour la personne de demeurer au Canada pendant une plus longue période.

Remarque : Seul le PST initial est exempt de frais.

Les étrangers qui ont été victimes de violence familiale au Canada peuvent :

Ces circonstances ne doivent pas jouer contre l’attribution du statut de résident temporaire, dans ce contexte, pour les cas où un PST est justifié.

Si la personne s’est déclarée victime de violence familiale ou si les agents soupçonnent qu’elle en est victime, l’agent peut la diriger vers des ressources de la collectivité. Voir la page Ressources disponibles pour les victimes de violence pour obtenir une liste détaillée des services et des ressources à l’intention des victimes de violence familiale.

Assurance-maladie

Les victimes présumées de violence familiale qui ne sont pas couvertes par un régime d’assurance-maladie public ou privé peuvent être admissibles aux prestations de soins de santé du PFSI; c’est le ministre qui exerce un pouvoir discrétionnaire à cet égard, en vertu de la politique sur le PFSI approuvée par le Cabinet. Les avantages comprennent (pour la durée du PST) :

Remarque : Si le client a déjà subi un examen médical aux fins de l’immigration couvert par le PFSI, il ne sera pas admissible à un deuxième examen. De plus, toute personne qui a accès à une couverture provinciale ou territoriale ne doit pas se voir accorder de couverture du PFSI. Le PFSI ne couvre pas les citoyens canadiens, et les bébés nés au Canada de bénéficiaires du PFSI non plus.

À moins que le demandeur n’ait déjà subi un examen médical aux fins de l’immigration au cours des 12 derniers mois, il doit passer un examen médical pour résident temporaire s’il a l’un des deux objectifs suivants :

Pour en savoir plus, voir Qui doit se soumettre à un examen médical aux fins de l’immigration.

De plus, certains demandeurs qui ont déjà subi un examen médical peuvent être admissibles à une réévaluation du dossier médical.

Permis de travail

Un PST valide pendant au moins 180 jours permet au titulaire de présenter une demande de permis de travail ouvert. Le PST ne dispense pas son titulaire de l’obligation de demander un permis de travail s’il souhaite travailler au Canada. L’option d’un permis de travail exempt de frais doit être offerte au client, pour que l’on soit sûr que le client sait qu’il est admissible à un tel permis. Si la victime de violence familiale veut faire une demande de permis de travail, la demande doit être traitée par le bureau local d’IRCC en même temps que la demande de PST, en raison de la nature urgente de ce type de cas.

Recouvrement des coûts

Les victimes de violence familiale sont exemptées, soit en vertu du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR), soit en vertu de la politique d’intérêt public connexe :

Remarque : En vertu de la politique d’intérêt public connexe, seuls le PST initial et le permis de travail initial sont exemptés des frais. Les frais relatifs aux avantages conférés par le permis de travail ouvert ne s’appliquent pas à ces cas, comme le prévoit le paragraphe 303.2(1) du RIPR.

Codage et rapports

Aux fins d’établissement des frais, le PST initial et le permis de travail initial doivent tous deux être codés dans le SMGC en utilisant le code d’exemption 999.

Pour le permis de travail ouvert, les agents doivent utiliser :

Pour la couverture du PFSI, les agents doivent créer une demande du PFSI en utilisant les paramètres ci-dessous pour s’assurer que le client dispose d’une couverture active dans le cadre du PFSI et qu’il a un certificat du PFSI pour la durée du PST :

Dans le cas des PST délivrés pour les personnes à charge, l’agent doit utiliser le même code que celui indiqué ci-dessus.

Autres mesures possibles

Les étrangers victimes de violence familiale, y compris ceux qui ne sont pas admissibles au PST, peuvent se prévaloir d’un certain nombre d’autres mesures législatives et administratives pour demeurer au Canada temporairement ou en permanence. En voici quelques-unes :

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