ARCHIVÉE - Examen de l'exposition par voie alimentaire à l'aluminium réalisé par Santé Canada

Contexte

En 2006, le Comité mixte FAO/OMS (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture/Organisation mondiale de la santé) d'experts des additifs alimentaires (JECFA) a réévalué la toxicologie de l'aluminium. Le JECFA est un comité international d'experts qui a été mis sur pied pour évaluer les additifs alimentaires, mais aujourd'hui, sa mission s'est élargie et comprend désormais l'évaluation des contaminants et des toxines naturelles. Les scientifiques de Santé Canada ont contribué aux réunions du JECFA à titre d'experts et ils tiennent compte fréquemment des évaluations du JECFA lorsqu'ils réalisent les leurs dans le cadre des activités courantes de Santé Canada.

À la suite de la réévaluation de l'aluminium, le JECFA a réduit sa dose hebdomadaire admissible provisoire (DHAP) d'aluminium de toutes les sources, y compris des additifs alimentaires. La DHAP est l'expression de la quantité d'une substance particulière, dans ce cas-ci, l'aluminium, qui peut être ingérée sur une base hebdomadaire au cours de toute une vie sans courir de risque accru d'effets nocifs sur la santé. Le Comité a également indiqué que la DHAP sera probablement « largement dépassée chez certains groupes de la population, en particulier chez les enfants, qui consomment régulièrement des aliments qui contiennent des additifs comportant de l'aluminium. »

À la lumière de l'évaluation du JECFA, le Bureau d'innocuité des produits chimiques (BIPC) de la Direction des aliments de Santé Canada a entrepris un réexamen des concentrations d'aluminium contenues dans les aliments vendus au Canada. Comme l'aluminium est un élément d'origine naturelle, il est présent en faibles concentrations dans bon nombre des aliments que nous consommons. L'aluminium peut également être présent en raison de l'utilisation d'additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium, dont certains sont utilisés de longue date dans la transformation des aliments. Le BIPC s'emploiera à mieux quantifier l'exposition canadienne à l'aluminium, en particulier aux divers sels d'aluminium dont l'utilisation comme additifs alimentaires est permise au Canada. Les scientifiques du BIPC examineront les dispositions réglementaires (y compris les limites maximales d'utilisation) relatives aux additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium et ils en effectueront la mise à jour. À cette fin, le BIPC recueille actuellement des renseignements auprès de l'industrie agro-alimentaire, et ce, dans le but d'obtenir de plus amples détails quant à l'utilisation des additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium (voir le Santé Canada s'adresse au secteur d'activité pour obtenir des renseignements sur l'utilisation d'additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium).

L'aluminium est également examiné dans la perspective de la Registre environnemental de la LCPE, 1999 (LCPE 1999), laquelle présente des substances qui peuvent être nocives pour l'environnement ou constituer un danger pour la santé humaine. Cette étude est réalisée conjointement par Santé Canada et Environnement Canada.

Questions et réponses sur l'aluminium

Quelle est l'origine de l'aluminium?

L'aluminium est l'un des éléments métalliques les plus abondants dans notre environnement. Il est présent dans le sol, dans l'eau et dans l'air, mais non sous sa forme métallique. On retrouve plutôt l'aluminium dans l'environnement sous forme de composés d'aluminium, dans lesquels l'aluminium est lié à d'autres espèces chimiques comme la silice (par exemple, le silicate d'aluminium), les oxydes (par exemple, l'oxyde d'aluminium) et les hydroxydes. Dans l'industrie, on obtient l'aluminium métallique à partir de composés d'aluminium, le plus commun étant la bauxite, un minerai principalement constitué de divers composés d'hydroxyde d'aluminium. Les propriétés de l'aluminium et des composés d'aluminium ont fait en sorte qu'il est utilisé dans une grande variété de produits tels que dans des additifs alimentaires, des médicaments (antiacides), des produits de consommation (déodorants, papier d'aluminium) ainsi que dans le processus de traitement de l'eau potable (coagulation).

Comment l'aluminium se retrouve-t-il dans les aliments?

Puisque des composés d'aluminium sont présents dans l'environnement, l'aluminium peut être naturellement présent dans bon nombre d'aliments que nous consommons. L'aluminium peut également migrer dans les aliments depuis une batterie de cuisine, des ustensiles et des matériaux d'emballage, mais la plupart des études ont démontré que la quantité d'aluminium libérée par ces sources est habituellement négligeable. Certains aliments peuvent contenir des additifs alimentaires qui comportent de l'aluminium. Par exemple, le sulfate d'aluminium et de sodium et le sulfate d'aluminium et de potassium peuvent être utilisés comme correcteur du pH dans la levure chimique et la farine. Le phosphate d'aluminium et de sodium peut être utilisé comme agent émulsifiant dans certains fromages fondus. On utilise aussi les additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium dans des préparations de coloration, sous forme d'agents raffermissants et comme agents antiagglomérants.

Existe-t-il une réglementation relative à l'utilisation d'additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium?

Au Canada, les additifs alimentaires, y compris les additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium, peuvent être utilisés dans les aliments vendus au détail seulement si leur utilisation a été préapprouvée dans des aliments particuliers jusqu'à une concentration maximale établie par Santé Canada. Par exemple, les oeufs d'oursin (caviar) peuvent contenir du silicate d'aluminium et de potassium jusqu'à une concentration maximale de 350 parties par million (ppm). Cependant, des condiments peuvent contenir ce même additif, mais en une concentration qui est régie par les bonnes pratiques de fabrication.

Afin qu'une approbation préalable soit accordée, Santé Canada doit d'abord réaliser une évaluation scientifique de l'additif alimentaire pour l'utilisation prévue. Si les résultats de l'évaluation ne suscitent aucune préoccupation, le Règlement sur les aliments et drogues du Canada peut alors être modifié afin d'accorder une approbation réglementaire pour l'utilisation particulière de l'additif alimentaire. Les fabricants qui choisissent d'employer des additifs alimentaires dont l'utilisation est permise dans les aliments qu'ils fabriquent doivent déclarer la présence de chaque additif alimentaire particulier avec les autres ingrédients sur l'étiquette du produit.

Que signifie « bonne pratique de fabrication » (BPF)?

Dans le contexte des additifs alimentaires, les bonnes pratiques de fabrication, ou BPF, établissent que seule la quantité minimale de l'additif alimentaire nécessaire pour obtenir l'effet technique recherché soit utilisée, et pas davantage. Lorsque l'on utilise des additifs alimentaires, ce principe doit toujours être appliqué. Par exemple, si le règlement établit une limite maximale donnée pour l'utilisation d'un additif alimentaire et qu'une quantité inférieure à cette limite maximale produit l'effet recherché, c'est cette dernière qu'il convient d'observer. Il existe de nombreux exemples de dispositions relatives aux additifs alimentaires dans lesquelles l'additif peut être utilisé à des concentrations conformes aux « BPF »; c'est-à-dire qu'une limite maximale numérique n'est pas proposée. Certaines de ces inscriptions aux BPF s'y trouvent depuis longtemps. Quelques-unes de celles-ci ont été intégrées au Règlement sur les aliments et drogues du Canada dès sa création.

La détermination de la limite maximale d'utilisation d'un additif alimentaire conformément aux « BPF » est une pratique acceptée pour de nombreux additifs alimentaires qui ne constituent pas une préoccupation toxicologique lorsqu'ils sont utilisés comme tels. L'acide ascorbique en est un exemple. Toutefois, la politique de Santé Canada consiste à établir une limite numérique maximale d'utilisation pour ces additifs alimentaires qui nécessitent des mesures plus restrictives tels que ceux qui contiennent de l'aluminium. Par conséquent, Santé Canada prévoit remplacer par des limites numériques maximales d'utilisation toutes les dispositions qui paraissent aux BPF à l'égard des additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium.

La présence d'aluminium dans les aliments représente-t-elle un risque pour la santé?

Au moyen de l'Étude Canadienne du l'alimentation totale qui se déroule de façon continue, Santé Canada surveille systématiquement les concentrations d'aluminium dans les aliments consommés par les Canadiens. De données canadiennes récentes permettent de présumer qu'actuellement, l'ingestion d'aluminium moyenne par voie alimentaire ne constitue pas un risque inacceptable pour la santé des Canadiens. Toutefois, à la suite de l'évaluation récente du JECFA, Santé Canada réalise un examen plus minutieux de l'exposition alimentaire à l'aluminium en procurent un meilleur aperçu des taux d'exposition au sein de la population canadienne. Les résultats de cette évaluation seront utilisés pour déterminer si d'autres dispositions réglementaires sur l'aluminium sont nécessaires au Canada.

Quels sont les risques pour la santé associés à une exposition à l'aluminium?

La plupart des études révèlent que le corps n'absorbe que très peu d'aluminium à partir du tractus gastro-intestinal. L'absorption de l'aluminium peut dépendre d'un certain nombre de facteurs tels que la composition des aliments ingérés, le type de composé d'aluminium ainsi que l'âge et l'état de santé de la personne. Jusqu'à présent, l'aluminium est considéré comme étant relativement non toxique. Toutefois, une profusion d'études scientifiques indique désormais qu'une exposition à long terme à des concentrations élevées d'aluminium peut entraîner des effets nocifs sur les humains et les animaux.

Par exemple, des études réalisées chez certaines espèces d'animaux de laboratoire permettent de présumer que divers composés d'aluminium, lorsqu'ils sont ajoutés au régime alimentaire ou à l'eau potable à des concentrations élevées, peuvent provoquer des effets nocifs sur le plan de la reproduction, du comportement neurologique et du développement neurologique. L'aluminium a fréquemment été cité comme cause possible de la maladie d'Alzheimer; mais jusqu'à présent, les résultats des recherches qui laissent entendre qu'il existe une association entre l'accumulation élevée d'aluminium dans le corps et la maladie d'Alzheimer ne sont pas considérés comme étant concluants.

Que fait Santé Canada au sujet de la présence d'aluminium dans les aliments?

Le Bureau d'innocuité des produits chimiques de la Direction des aliments de Santé Canada a entrepris un réexamen de l'exposition alimentaire à l'aluminium présent dans les aliments consommés par la population canadienne afin de déterminer si d'autres dispositions réglementaires relatives à l'aluminium présent dans les aliments doivent être mise en oeuvre au Canada. Alors que les estimations moyennes actuelles d'exposition alimentaire à l'aluminium chez les Canadiens et les Canadiennes ne démontrent pas l'existence d'un risque inacceptable, les scientifiques du BIPC examinent de plus près l'exposition alimentaire à l'aide de techniques de modélisation plus raffinées afin de s'assurer qu'aucun segment de la population canadienne n'est exposé à des concentrations inacceptables d'aluminium. Les scientifiques du BIPC se penchent également sur les utilisations actuelles des additifs alimentaires qui contiennent de l'aluminium au Canada, et ce, dans le but de remplacer les limites maximales d'utilisation telles qu'elles sont formulées dans les « BPF » par des valeurs numériques maximales.

Dans une perspective plus globale, Santé Canada collabore avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments pour faire en sorte que des démarches adéquates soient entreprises lorsque les concentrations d'une substance chimique présente dans des aliments sont considérées comme constituant un risque inacceptable pour la santé. Santé Canada dirige un programme continu, dont les objectifs consistent à évaluer les données scientifiques sur les produits chimiques dans les aliments au fur et à mesure de leur publication, à évaluer tout risque associé à la santé et à déterminer les moyens appropriés de réduire ces risques.

Santé Canada compte également au nombre des principaux collaborateurs à l'évaluation de l'aluminium réalisé en sous légide de la Loi canadienne de protection de l'environnement (LCPE, 1999). L'aluminium et les composés d'aluminium sont actuellement soumis à procédé d'examen approfondi régi par la LCPE afin de mesurer l'impact actuel de l'aluminium sur l'environnement et la santé des Canadiens.

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