VIH et sida : Pour les professionnels de la santé

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Ce que les professionnels de la santé doivent savoir au sujet du VIH et du sida

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) cause une infection transmissible par le sang qui peut se communiquer :

Le syndrome d'immunodéficience acquise (sida) est une séquelle à long terme de cette infection.

Considérer et discuter du dépistage du VIH lors des soins courants. Le diagnostic précoce et l'initiation rapide d'un traitement antirétroviral (ARV) peuvent contribuer à réduire la morbidité et la mortalité associées à :

La connaissance du statut sérologique en temps opportun peut réduire la transmission du VIH en raison de la réduction des comportements à risque. De plus, le traitement ARV réduit la transmission. Les personnes qui adhèrent au traitement antirétroviral et qui atteignent et maintiennent une charge virale indétectable n'ont effectivement aucun risque de transmettre le VIH sexuellement.

Prévention

Prophylaxie pré-exposition (PPrE)

La prophylaxie pré-exposition (PPrE) s'adresse à des personnes qui sont séronégatives, mais qui sont à risque élevé d'acquérir le VIH. La PPrE est utilisée en association avec des pratiques sexuelles à risque réduit pour réduire le risque d'infection par le VIH.

Pris avant une exposition, les médicaments inhibent la capacité du VIH de se reproduire dans l'organisme et l'empêchent d'établir une infection.

La prise de la PPrE réduit de plus de 90 % le risque de contracter le VIH lors de rapports sexuels. Les participants à l'essai iPrEx et aux essais sur la PPrE :

La PPrE est hautement efficace lorsque qu'elle est prise correctement. En ajoutant l'utilisation de condoms et d'autres méthodes de prévention à la PPrE, on peut réduire davantage le risque d'acquérir le VIH lors de rapports sexuels.

En 2016, Santé Canada a accordé l'autorisation de mise en marché d'un traitement ARV (emtricitabine à 200 mg et fumarate de ténofovir disoproxil à 300 mg) pour la PPrE.

Les fournisseurs de soins de santé devraient consulter un infectiologue ou un collègue expérimenté dans les soins du VIH afin :

Consultez le sommaire de décision réglementaire de Santé Canada pour connaître les indications autorisées de la PPrE ainsi que les bienfaits et les risques de cette prophylaxie.

Prophylaxie post-exposition (PPE) après une exposition récente

La prophylaxie post-exposition (PPE) est la prescription et la prise de médicaments ARV par une personne séronégative afin de réduire le risque d'acquérir le VIH à la suite d'une exposition à risque élevé. La PPE devrait être entreprise aussitôt que possible; et est plus efficace si elle est initiée dans les 72 heures suivant l'exposition. La décision d'entreprendre une PPE devrait être prise conjointement avec le patient.

Les fournisseurs de soins de la santé devraient consulter un infectiologue ou un collègue expérimenté dans les soins du VIH afin de les :

Le traitement comme prévention (TasP)

Les médicaments utilisés pour traiter l'infection par le VIH peuvent aussi prévenir la transmission du VIH. Les personnes vivant avec le VIH qui adhèrent au traitement ARV et qui atteignent et maintiennent une charge virale indétectable n'ont effectivement aucun risque de transmettre le VIH sexuellement.

Le traitement comme prévention (TasP) est une stratégie de prévention importante. Discuter des avantages du traitement ARV dans le cadre des soins courants du VIH.

Progression de la maladie

Le temps entre l'infection initiale et les manifestations cliniques de ainsi que la progression de la maladie varient grandement.

Une infection par le VIH cause la destruction progressive des lymphocytes T exprimant CD4 (CD4+). Ces leucocytes sont essentiels au fonctionnement normal du système immunitaire.

Par conséquent, les personnes vivant avec le VIH et l'immunosuppression subséquente sont à risque de manifester des maladies définissant le sida, notamment :

Grâce aux progrès dans le traitement de l'infection par le VIH :

Manifestations cliniques

Selon le stade de l'infection, les personnes ayant le VIH peuvent être asymptomatiques ou présenter :

Primo-infection aiguë

Il s'agit de la période entre l'infection initiale et l'apparition du profil sérique complet des anticorps (séroconversion).

Jusqu'à 90 % des patients au stade de l'infection aiguë sont symptomatiques.

Les cliniciens doivent demeurer vigilants, car le diagnostic d'une infection aiguë est souvent manqué et le risque de transmission est élevé à ce stade. Les cliniciens devraient inclure l'infection par le VIH dans le diagnostic différentiel et effectuer un test de dépistage du VIH si une personne présente :

S'ils sont présents, les symptômes :

Les symptômes du syndrome rétroviral aigu comprennent :

Infection asymptomatique chronique

À ce stade :

De nombreuses personnes avec le VIH font partie de cette catégorie.

Infection symptomatique chronique

À ce stade, la maladie se caractérise par :

La réplication virale provoque la déplétion des lymphocytes T CD4+ à un degré d'immunosuppression profonde menant au développement des infections opportunistes.

Diagnostic

Plusieurs types de tests de dépistage du VIH sont homologués pour l'utilisation au Canada. L'accès aux différents types de tests peut varier d'une région à l'autre.

Approche à l'égard du dépistage

Avant d'offrir le dépistage du VIH, on recommande d'évaluer la personne et de s'assurer qu'elle comprend ce qui suit :

Un test de dépistage du VIH peut être offert sans réaliser une évaluation approfondie du risque basée sur les comportements et(ou) un counseling pré- et post-test détaillé.

La détection des anticorps anti-VIH est la méthode diagnostique la plus fréquente pour diagnostiquer l'infection par le VIH.

Le délai de séroconversion (période fenêtre) est la période au début de l'infection par le VIH pendant laquelle :

Le délai de séroconversion varie selon le test utilisé. Les deux principaux types de tests sont les suivants :

  1. les essais immunoenzymatiques (EIA) de troisième génération, qui :
    • détectent les anticorps anti-VIH chez 99 % des sujets infectés 3 mois après l'exposition
    • peuvent détecter les anticorps à peine 20 à 30 jours suivant l'exposition chez certaines personnes
  2. les tests combinés de quatrième génération, qui :
    • détectent aussi l'antigène p24 pendant la phase aiguë de l'infection
    • réduisent la fenêtre sérologique, le faisant passer à 15 à 20 jours

L'infection par le VIH peut aussi être diagnostiquée par la détection du virus lui-même, au moyen des méthodes qui suivent.

Traitement

Les progrès dans le traitement de l'infection par le VIH :

Un diagnostic et un traitement précoces peuvent réduire la morbidité et la mortalité associées à l'infection par le VIH et la progression de l'infection.

Le traitement de l'infection par le VIH est un domaine complexe qui évolue rapidement, le traitement optimal étant modifié lorsque de nouvelles recherches et données probantes deviennent disponibles. Lorsqu' un traitement ARV est envisagé, il est recommandé de consulter un collègue expérimenté dans les soins du VIH/sida ou un infectiologue. Les autorités de santé publique locales possèdent une liste de ces professionnels de la santé.

Un traitement ARV efficace peut être une stratégie de prévention importante. Les personnes qui adhèrent au traitement ARV et qui atteignent et maintiennent une charge virale indétectable n'ont effectivement aucun risque de transmettre le VIH sexuellement. Un traitement ARV efficace peut aussi contribuer à prévenir la transmission verticale du VIH.

Indétectable = Intransmissible (I = I)

I = I représente les données probantes scientifiques appuyant le fait qu'une personne traitée pour le VIH qui atteint et maintient une charge virale n'a effectivement aucun risque de transmettre le VIH sexuellement. Reportez-vous à la fiche d'information sur le VIH et le concept I = I.

Les fournisseurs de soins de santé devraient encourager l'utilisation constante et correcte de condoms afin de prévenir la transmission ou l'acquisition d'autres ITS.

Les fournisseurs de soins de santé devraient :

Surveillance

Les professionnels de la santé du Canada jouent un rôle essentiel pour repérer et déclarer les cas d'infection au VIH et de sida.

Personnes vivant avec le VIH au Canada

À la fin 2016, on estimait que 63 110 personnes vivaient avec le VIH au Canada (plausiblement de 55 500 à 70 720).

On estimait que 1 Canadien sur 7 ayant le VIH n'avait pas reçu de diagnostic et ne savait pas qu'il avait l'infection.

Au cours de la même année, on estimait que 2 165 nouveaux cas d'infection par le VIH étaient survenus au Canada (plausiblement de 1 200 à 3 150).

Personnes vivant avec le VIH partout dans le monde

L'Observatoire de la santé mondiale de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) fournit des données sur le VIH/sida à travers le monde (en anglais seulement). Il estime qu'environ 37 millions de personnes vivaient avec le VIH à la fin de 2016.

Surveillance du VIH et du sida

Le VIH et le sida sont deux maladies à déclaration obligatoire. Le système national de déclaration est volontaire et reçoit les déclarations de cas de la part des ministères de la Santé provinciaux ou territoriaux.

Les provinces et les territoires ont des lois régissant la déclaration de maladies infectieuses prioritaires sur leurs territoires. Toutes les provinces et tous les territoires déclarent les nouveaux cas diagnostiqués de VIH au ministère fédéral. Toutefois, la déclaration du sida n'est pas obligatoire dans toutes les provinces et tous les territoires.

Les provinces et les territoires déclarent les cas au gouvernement fédéral s'ils répondent à la définition de cas nationale du VIH ou du sida.

Liens connexes

Ressources de sensibilisation

Lignes directrices

Relevé des maladies transmissibles au Canada

Rapports

Ressources externes

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