VIH et sida : Pour les professionnels de la santé
Apprenez à faire progresser les soins du VIH avec I=I
Sur cette page
- Ce que les professionnels de la santé doivent savoir au sujet du VIH et du sida
- Prévention
- Progression de l'infection par le VIH
- Manifestations cliniques
- Diagnostic
- Traitement
- Surveillance
Ce que les professionnels de la santé doivent savoir sur le VIH et le sida
Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est une infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS). Il peut se transmettre par contact avec le sang, le sperme, les sécrétions vaginales ou rectales ou le lait maternel humain d'une personne vivant avec le VIH. La transmission périnatale peut également se produire pendant la grossesse ou l'accouchement.
Le syndrome d'immunodéficience acquise (sida) est une complication à long terme résultant de l'infection par le VIH.
Envisagez le dépistage du VIH et discutez-en dans le cadre des soins de routine avec tous les patients. Un diagnostic précoce et le début du traitement peuvent entraîner une réduction de la morbidité et de la mortalité associées aux infections par le VIH.
Stigmatisation liée au VIH
De nombreuses personnes vivant avec le VIH continuent de faire face à la stigmatisation liée au VIH. Les personnes vivant avec le VIH ont des expériences de vie diverses et peuvent également faire face à des formes de stigmatisation qui se chevauche et à d'autres formes de discrimination, notamment le racisme, l'homophobie et le capacitisme.
La stigmatisation est un obstacle aux soins de santé, car elle peut limiter l'accès au dépistage et aux traitements précoces. Les professionnels de la santé peuvent interroger les patients sur leur situation et les obstacles auxquels ils pourraient être confrontés afin de mieux soutenir leurs besoins en matière de santé. Cela peut également contribuer à favoriser un environnement de soins de santé compatissant et sans stigmatisation, démontrant une compréhension et un respect des diverses expériences de vie.
Prévention
Les professionnels de la santé jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation aux différentes méthodes disponibles de prévention du VIH. Il est essentiel que les professionnels de la santé communiquent toutes les options et travaillent avec leurs patients pour identifier les stratégies de prévention les mieux adaptées à leurs besoins. En engageant ces discussions de manière ouverte et proactive, les professionnels de la santé peuvent donner aux personnes les moyens de prendre des décisions éclairées qui leur conviennent le mieux.
La priorisation d'une approche centrée sur la personne et de soins dirigés par les patients peut aider à lancer la conversation. Cela peut notamment consister à demander aux patients :
- ce qu'ils savent sur le VIH
- au sujet de leur situation, leurs priorités et leurs préférences
- quels obstacles ils peuvent rencontrer
Indétectable = Intransmissible
Le traitement du VIH peut également prévenir la transmission. Le VIH ne peut pas être transmis sexuellement lorsqu'une personne vivant avec le VIH suit un traitement et maintient une charge virale de moins de 200 copies par millilitre de sang. Pour confirmer qu'une personne a une charge virale supprimée, sa charge virale est habituellement mesurée tous les 4 à 6 mois dans le cadre des soins cliniques.
Pour en savoir plus :
- Le traitement comme pouvoir d'agir : l'avancement de la prise en charge du VIH avec I = I (Université de Colombie britannique)
- Prévenir la transmission du VIH : Indétectable = Intransmissible (I = I) pour les professionnels de la santé
- Indétectable = Intransmissible (I = I) : Conseils de communication pour les professionnels de la santé
- I=I : Guide à l'intention des fournisseurs de services (CATIE)
Prophylaxie préexposition au VIH (PPrE au VIH)
La prophylaxie préexposition au VIH (PPrE au VIH) est l'utilisation de médicaments antirétroviraux (ARV) sur ordonnance par des personnes séronégatives afin de prévenir l'infection par le VIH. Pris avant l'exposition, le médicament interrompt la capacité du VIH à se reproduire dans le corps et empêche ainsi une infection.
La PPrE au VIH est destinée à être utilisée régulièrement comme méthode de prévention du VIH. Il s'agit de prendre des médicaments ARV oraux ou injectables. La PPrE au VIH est très efficace lorsqu'elle est prise correctement.
Le guide de pratique clinique canadien sur la prophylaxie préexposition et postexposition au VIH — mise à jour de 2025, élaboré par le Réseau pancanadien de recherche sur les essais cliniques (CTN+) du VIH et des ITSS des Instituts de recherche en santé du Canada recommande :
- de prescrire la PPrE au VIH aux adultes et aux adolescents et adolescentes qui en font la demande
- de recommander et prescrire la PPrE au VIH aux personnes évaluées comme étant à risque de contracter le VIH
Tout prescripteur autorisé peut prescrire la PPrE au VIH. La spécialisation en maladies infectieuses ou en médecine du VIH n'est pas requise. Consultez les monographies de produit pour obtenir des renseignements sur la prescription, y compris les indications approuvées.
Pour en savoir plus :
- Guide de pratique clinique canadien sur la prophylaxie préexposition et postexposition au VIH — mise à jour de 2025 | CMAJ
- Fiche d'information sur le VIH : Prévention biomédicale du VIH – PPrE et PPE
Prophylaxie postexposition au VIH (PPE au VIH)
La prophylaxie postexposition au VIH (PPE au VIH) est l'utilisation de médicaments ARV oraux sur ordonnance par les personnes séronégatives pour éviter de contracter le VIH à la suite d'une exposition potentielle.
La PPE au VIH doit être débutée le plus tôt possible après l'exposition, jusqu'à un maximum de 72 heures suivant l'exposition. Le CTN+ recommande de prescrire la PPE au VIH aux personnes dont le type d'exposition présente un risque modéré ou élevé et dont la personne source présente un risque substantiel d'être porteuse d'une infection par le VIH transmissible.
La PPE au VIH peut être utilisée à plus d'une reprise, au besoin. Une fois la PPE terminée, le CTN+ recommande le passage à la PPrE au VIH chez les personnes dont le risque de contracter le VIH demeure continu. Il convient de noter que l'utilisation de médicaments ARV dans le cadre de la PPE au VIH constitue une utilisation non approuvée au Canada. Consulter les monographies de produit pour obtenir des renseignements pharmacologiques.
Pour en savoir plus :
- Guide de pratique clinique canadien sur la prophylaxie préexposition et postexposition au VIH — mise à jour de 2025 | CMAJ
- Fiche d'information sur le VIH : Prévention biomédicale du VIH – PPrE et PPE
Condoms
La façon la plus courante de transmettre le VIH est par le sexe. Utiliser des condoms internes et externes peut réduire le risque de contracter ou de transmettre le virus.
Si une personne vivant avec le VIH maintient une charge virale faible (moins de 200 copies par ml mesurées tous les 4 à 6 mois), le VIH ne peut pas être transmis sexuellement à son ou ses partenaires. Cela signifie qu'ils n'ont pas besoin d'utiliser des condoms ou des médicaments comme la PPrE au VIH et la PPE au VIH pour prévenir la transmission du VIH lors des rapports sexuels.
Les condoms protègent également contre d'autres ITSS, telles que :
Réduction des méfaits et pratiques d'injection plus sécuritaires
Le VIH peut se transmettre en partageant du matériel utilisé pour l'injection de drogues, le tatouage ou le perçage. Il est important d'utiliser du matériel neuf et stérile à chaque fois et de ne jamais le partager.
Une personne peut également réduire le risque de contracter ou de transmettre le VIH en suivant des pratiques d'injection plus sûres.
Pour en savoir plus :
- Comment discuter de santé sexuelle, de consommation de substances et d'ITSS : un guide pour les dispensateurs de services (Association canadienne de santé publique)
- Pratiques d'injection plus sécuritaire (CATIE)
Progression de l'infection par le VIH
La durée entre l'infection initiale et le développement des manifestations cliniques est très variable, tout comme la progression de l'infection.
L'infection par le VIH entraîne la destruction progressive des lymphocytes T CD4+. Ces globules blancs sont essentiels au bon fonctionnement du système immunitaire.
Par conséquent, les personnes atteintes du VIH et d'une suppression immunitaire subséquente sont exposées à un risque accru de développer diverses affections définissant le SIDA, notamment :
- infections opportunistes
- maladie neurologique primaire
- malignité
En raison des avancées dans le traitement du VIH :
- la progression de l'infection a considérablement ralenti et
- l'infection par le VIH est désormais considérée comme une condition chronique traitable.
Manifestations cliniques
Selon le stade de l'infection, les personnes atteintes du VIH peuvent être asymptomatiques ou présenter les symptômes suivants :
- symptômes non spécifiques qui peuvent ne pas être reconnus comme une infection par le VIH
- divers signes et symptômes liés à l'immunodéficience
Infection aiguë primaire
C'est la période entre l'infection initiale et le développement du profil complet d'anticorps sériques (séroconversion). Le risque de transmission à ce stade de l'infection est élevé.
Jusqu'à 90 % des personnes en phase d'infection aiguë sont symptomatiques, bien que ces symptômes puissent passer inaperçus.
L'infection aiguë par le VIH peut ressembler à d'autres syndromes viraux, y compris la grippe et la mononucléose. Les professionnels de la santé devraient envisager l'infection aiguë par le VIH dans le diagnostic différentiel chez les patients présentant des symptômes aigus non spécifiques, notamment :
- fièvre
- frissons
- éruption cutanée
- fatigue
- myalgie
- diarrhée
- arthralgie
- maux de tête
- pharyngite
- douleurs musculaires
- lymphadénopathie
Si présents, les symptômes :
- sont généralement autolimités
- apparaissent généralement de 2 à 4 semaines après l'exposition
- durent généralement de 1 à 2 semaines, bien que certains puissent durer plusieurs mois
- sont similaires à ceux de nombreuses autres maladies, y compris les syndromes viraux.
Infection chronique par le VIH
À cette étape de l'infection, la réplication virale et la virémie plasmatique sont davantage contrôlées par la réponse immunitaire représentée par le niveau de lymphocytes T CD4+.
Certaines personnes peuvent être asymptomatiques, tandis que d'autres peuvent présenter des symptômes non spécifiques, tels que :
- fièvre
- frissons
- candidose buccale
- dermatite séborrhéique
- diarrhée chronique inexpliquée
- lymphadénopathie généralisée
Des résultats de laboratoire non spécifiques peuvent également être détectés, notamment :
- insuffisance rénale chronique inexpliquée
- thrombocytopénie ou leucopénie persistante inexpliquée
De nombreuses personnes vivant avec le VIH sont à ce stade de l'infection.
Syndrome d'immunodéficience acquise
À ce stade, l'infection se caractérise par :
- un taux de lymphocytes T CD4+ bas
- des niveaux élevés de réplication virale et de virémie plasmatique, ce qui augmente le risque de transmission
La réplication virale épuise les cellules T CD4+ jusqu'à un niveau d'immunosuppression profonde, ce qui entraîne des infections opportunistes.
Diagnostic
Différents types de tests de dépistage du VIH sont homologués pour une utilisation au Canada. Le type et la disponibilité peuvent varier selon l'administration.
Pour en savoir plus :
Approche du dépistage
Les professionnels de la santé devraient proposer un dépistage des ITSS, y compris le VIH, dans le cadre de leurs stratégies cliniques de prévention et de contrôle.
Avant d'offrir un test de dépistage du VIH, effectuez une évaluation et assurez-vous que la personne comprend :
- comment le VIH est transmis
- les implications des tests
- comment le processus de test fonctionne
- comment interpréter les résultats
La normalisation du dépistage peut réduire les obstacles au dépistage et aux tests, ainsi que la stigmatisation associée au VIH.
Il est également important de reconnaître que certains patients à risque de contracter le VIH ont peut-être été confrontés à d'autres formes de stigmatisation et à des expériences négatives antérieures dans des établissements de santé. Utiliser un langage non stigmatisant et fournir des documents de soutien aux patients après les tests et le diagnostic du VIH est important pour réduire la peur et établir la confiance.
Ressources supplémentaires :
- Adoptez une approche active en matière de dépistage d'infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) (infographie)
- Fiche d'information sur le VIH : Dépistage et test
- Approche de dépistage du VIH
Dépistage standard du VIH
Au Canada, tous les laboratoires effectuant le dépistage du VIH utilisent des tests de quatrième génération du VIH, également connus sous le nom de tests combinés, qui détectent à la fois les anticorps du VIH et l'antigène p24 du VIH. Ces tests de dépistage sont plus performants en cas d'infection aiguë que ceux qui ne détectent que les anticorps, car l'antigène p24 est détectable plus tôt que les anticorps. Avec les tests de dépistage de quatrième génération, certaines personnes peuvent obtenir un résultat réactif (positif) dès 15 à 20 jours après une exposition au VIH. Bien que la plupart des personnes obtiendront un résultat de test précis de 3 à 6 semaines après l'exposition, pour un petit nombre de personnes, la période peut aller jusqu'à 12 semaines. Si un test de dépistage du VIH indique un résultat réactif, le laboratoire effectuera des tests de confirmation spécialisés pour garantir un diagnostic correct d'une infection par le VIH.
Dans certaines circonstances, des tests d'amplification des acides nucléiques (TAAN) qualitatifs et/ou quantitatifs (tests de charge virale) peuvent être utilisés pour détecter le virus lui-même. La génotypage et la phénotypage sont utilisés pour détecter et surveiller la résistance aux médicaments contre le VIH.
Dépistage rapide du VIH
Les trousses de dépistage rapide du VIH autorisées au Canada pour les tests en point de service (PdS) ou les autotests nécessitent quelques gouttes de sang prélevées d'une piqûre au doigt et fournissent des résultats en quelques minutes. Parce que les tests de dépistage rapide sont des tests de troisième génération qui ne détectent que les anticorps du VIH, ils ont généralement une période de détection plus longue que les tests de dépistage standard de quatrième génération du VIH. Alors que certaines personnes peuvent avoir un résultat réactif dès 20 à 30 jours après une exposition au VIH, la période de fenêtre peut aller jusqu'à 12 semaines. Les résultats réactifs sont considérés comme « préliminaires » et doivent être confirmés par des tests de laboratoire standard pour le diagnostic de l'infection par le VIH.
Lorsqu'ils sont disponibles, les trousses de dépistage rapide du VIH pour les tests au PdS ou les autotests peuvent faciliter l'adoption du dépistage. De plus, les tests rapides de dépistage du VIH offrent une option aux personnes qui rencontrent des obstacles pour accéder aux tests dans les établissements de santé, tels que :
- barrières linguistiques
- un historique de traumatisme médical
- manque d'accès aux transports
Traitement
Le VIH est traité par une thérapie antirétrovirale (TAR), qui est une combinaison de médicaments qui peuvent :
- permettre aux personnes vivant avec le VIH de mener une vie saine, longue et active
- prévenir la transmission du VIH par le sexe et réduire le risque de transmission périnatale
- ralentir la progression de l'infection à un tel point que le VIH est considéré comme une condition chronique et traitable
Le diagnostic précoce et le traitement réduisent la morbidité et la mortalité associées au VIH et à la progression de l'infection.
Le traitement de l'infection par le VIH est un domaine complexe, avec des changements dans les schémas thérapeutiques recommandés qui surviennent à mesure que de nouvelles recherches et de nouvelles preuves deviennent disponibles. Si la TAR est envisagé, consultez un collègue expérimenté en soins du VIH ou un spécialiste des maladies infectieuses. Les autorités locales de santé publique auront une liste de ces professionnels de la santé.
Sommaire : Couverture des médicaments antirétroviraux au Canada (report)
Surveillance
Le VIH et le sida sont deux maladies à déclaration obligatoire nationale. La déclaration nationale est volontaire et les données sont rapportées par les autorités de santé publique provinciales ou territoriales.
Les provinces et les territoires ont des lois régissant la déclaration de maladies infectieuses prioritaires. Toutes les provinces et tous les territoires recueillent des données sur les diagnostics d'infection par le VIH et les déclarent annuellement à l'Agence de la santé publique du Canada. Toutefois, la déclaration du sida n'est pas obligatoire dans toutes les provinces et tous les territoires.
Les provinces et les territoires déclarent les cas à l'Agence de la santé publique du Canada s'ils correspondent à la définition de cas nationale du VIH ou du sida.
L'Agence de la santé publique du Canada, en partenariat avec les provinces et territoires, les autorités de santé publique régionales ou locales, coordonne le système de surveillance accrue Track à différents sites sentinelles au Canada. Le système Track surveille les tendances de la prévalence du VIH et de l'hépatite C ainsi que des facteurs de risque de populations clés.
Pour en savoir plus :
- Définition nationale de cas : Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH)
- Définition nationale de cas : Syndrome d'immunodéficience acquise
Rapports sur le VIH au Canada
Informations en un coup d'œil
Rapports techniques
Ressources d'orientation
Rapports sur les progrès du Canada vers l'élimination du VIH
Informations en un coup d'œil
Rapports techniques
Ressources d'orientation
Rapports sur les interventions liées au VIH
Informations en un coup d'œil
Rapports techniques
Liens connexes
Relevé des maladies transmissibles au Canada
- Risque de transmission et suppression de la charge virale du VIH, 2023
- Revue systématique des obstacles au dépistage du VIH au Canada; 2009–2019
- Recommandations canadiennes et internationales sur la fréquence de dépistage et de diagnostic du VIH : Un examen systématique
- Résultats nationaux de l'enquête Track auprès des utilisateurs de drogues injectables au Canada, phase 4, 2017 à 2019
- Résultats en ce qui concerne les participants autochtones sondés dans le cadre de l'enquête Track auprès des utilisateurs de drogues injectables au Canada, phase 4, 2017 à 2019