Examen national volontaire 2023 du Canada – Une démarche continue à l’appui de la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’atteinte des objectifs de développement durable

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Examen national volontaire 2023 du Canada – Une démarche continue à l'appui de la mise en œuvre du Programme 2030 et de l'atteinte des objectifs de développement durable [PDF - 3,78 Mo]

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Message du premier ministre

Lutter contre les inégalités, protéger la planète et donner à chaque personne les possibilités dont elle a besoin pour prospérer sont des principes fondamentaux du développement durable. Alors que les conflits armés, les effets des changements climatiques et l’insécurité sur le plan de l’économie, du logement et de l’alimentation sont en hausse, il est compréhensible que les gens s’inquiètent de ce que représentent ces changements pour leur famille. Face à ces défis, il est important que nous comprenions que ces crises sont interreliées, tant au pays qu’à l’étranger. Le Programme 2030 et ses objectifs de développement durable (ODD) tracent la voie pour surmonter ces crises et bâtir un avenir juste, équitable et paisible, avec de l’air pur et de l’eau propre pour tous.

Je suis honoré de coprésider le Groupe des défenseurs des ODD du secrétaire général des Nations Unies. C’est une responsabilité que je ne prends pas à la légère. Je continue de travailler en étroite collaboration avec la coprésidente, la première ministre de la Barbade, Mia Mottley, pour unir les pays, les gouvernements, les peuples autochtones, le secteur privé et les autres partenaires afin d’accélérer les progrès et d’accroître nos ambitions à l’approche de 2030.

Depuis 2015, le Canada travaille fort pour aider les plus vulnérables à sortir de la pauvreté et rendre la vie plus abordable partout au pays, lutter contre les changements climatiques et protéger l’environnement, et stimuler notre économie pour le bienfait de chacun tout en créant de bons emplois pour la classe moyenne. Nous avons été un chef de file mondial grâce à des programmes comme notre plan d’offrir des services de garde d’enfants à 10 dollars par jour partout au pays, et notre prix sur la pollution qui vise à lutter contre les changements climatiques et à remettre plus d’argent dans le portefeuille des familles.

La Politique d’aide internationale féministe du Canada s’harmonise avec le Programme 2030 et guide les efforts déployés pour le mettre en œuvre à l’échelle internationale. L’investissement dans les organisations de femmes n’est pas qu’un objectif en soi; c’est également un moyen de favoriser la paix, la stabilité et la prospérité partout dans le monde. Le Canada continuera d’accroître ses efforts visant à promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles ainsi qu’à réaliser des progrès à l’égard des autres ODD, par exemple lutter contre les changements climatiques, aider les personnes démunies à sortir de la pauvreté et s’assurer que personne n’est laissé de côté.

Dans tout projet ambitieux, il est essentiel de savoir où nous en sommes pour savoir où nous allons. C’est là le but de l’examen national volontaire du Canada. La présentation des résultats de cet examen aux intervenants et aux États membres des Nations Unies dans le cadre du Forum politique de haut niveau, en juillet 2023, sera l’occasion de reconnaître les efforts déployés par l’ensemble de la société pour appuyer les progrès du Canada dans la réalisation des ODD. Ce sera également une occasion importante de nous responsabiliser, de parler de nos réussites et de nos défis, et de participer à des discussions clés sur les façons de continuer à nous améliorer.

J’ai le plaisir de présenter ce rapport qui démontre clairement que le Canada fait des progrès et continue de faire avancer le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Pour réussir, nous devons tous travailler ensemble. Pour aller de l’avant, nous devons tous assumer la responsabilité de protéger notre planète. J’ai la grande conviction que nous pouvons et que nous travaillerons ensemble pour assurer un avenir paisible, juste et durable pour tous.

— Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Message des ministres

Le Programme 2030 et les 17 objectifs de développement durable (ODD) nous fournissent une feuille de route inspirante et porteuse d’espoir pour bâtir ensemble un monde meilleur. Le gouvernement fédéral a adopté un programme ambitieux pour assurer la durabilité sur les plans social, économique et environnemental. Ainsi, la promotion des ODD au pays et à l’étranger demeure une priorité du gouvernement du Canada.

S’appuyant sur les solides acquis des huit dernières années, le Canada demeure déterminé à favoriser et à accélérer les progrès en vue de la réalisation des ODD, en suivant une approche inclusive qui englobe l’ensemble de la société.

Nous nous trouvons maintenant à mi-chemin dans la mise en œuvre du Programme 2030, et nous sommes heureux de présenter le deuxième examen national volontaire du Canada. L’examen de 2023 évalue les progrès réalisés vers l’atteinte des 17 ODD. Il rend compte des résultats relatifs à tous les ODD en mettant l’accent sur les efforts déployés par le Canada pour faire progresser cinq priorités nationales : l’ODD 1, « Pas de pauvreté »; l’ODD 4, « Éducation de qualité »; l’ODD 5, « Égalité entre les sexes »; l’ODD 13, « Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques »; et l’ODD 17, « Partenariats pour la réalisation des objectifs ».

Notre pays a réalisé des progrès considérables depuis le premier examen national volontaire de 2018. Par exemple, en février 2021, nous avons lancé la Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030 : Aller de l’avant ensemble, qui présente une approche impliquant l’ensemble de la société dans la réalisation des ODD. Cette stratégie a été élaborée dans le cadre de vastes consultations auprès de tous les ordres de gouvernement, des peuples autochtones, de la société civile, du secteur privé, du milieu universitaire, de partenaires internationaux et d’autres intervenants. Elle définit le plan du Canada pour faire en sorte que nous travaillions tous ensemble à l’atteinte des ODD, et elle oriente la mise en œuvre du Programme 2030. Par la suite, en juillet 2022, nous avons publié Agir ensemble – Rapport annuel de 2021 du Canada sur le Programme 2030 et les objectifs de développement durable. Ce faisant, nous donnions suite à notre engagement de rendre compte des progrès accomplis et faisions preuve de leadership, de transparence et de responsabilisation à l’égard de cet important programme mondial.

Le Canada contribue à l’atteinte des ODD au moyen de partenariats avec des intervenants et il favorise la collaboration sur un éventail d’enjeux, dont l’équité sociale, la réduction de la pauvreté, l’égalité entre les sexes, la lutte contre les changements climatiques et le logement abordable.

À l’échelle internationale, le Canada donne l’exemple pour la mise en œuvre du Programme 2030, guidé par sa Politique d’aide internationale féministe, qui met en évidence l’importance de promouvoir l’égalité entre les sexes ainsi que l’autonomisation des femmes et des filles pour la réalisation des ODD.

Lorsque nous regardons le monde sous l’angle des ODD, nous devrions nous sentir inspirés, habilités et pleins d’espoir. L’examen national volontaire souligne le travail exceptionnel accompli au Canada et partout ailleurs dans le monde par tous les ordres de gouvernement. Ensemble, nous continuerons de prendre des mesures fondées sur une approche intersectionnelle qui tient compte du genre et englobe l’ensemble de la société afin de nous assurer que nos efforts sont efficaces et que personne n’est laissé pour compte.

Résumé

Le Canada est résolu à appuyer la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 (le Programme 2030) : ce plan d’action, dont l’exécution est échelonnée sur 15 ans, a été adopté par tous les pays membres des Nations Unies. Au cœur du Programme 2030, on retrouve 17 objectifs de développement durable (ODD). Les ODD constituent le fondement d’un appel mondial à l’action dans le but de résoudre les défis sociaux, économiques et environnementaux les plus pressants de notre époque. Ces objectifs rendent compte du fait que, parallèlement aux efforts visant à mettre fin à la pauvreté, il faut mettre de l’avant des stratégies axées sur l’amélioration de la santé et de l’éducation, la réduction des inégalités et le soutien de la croissance économique, et également lutter contre les changements climatiques et œuvrer à la protection et à la préservation de l’environnement. La mise en œuvre du Programme 2030 relève de la responsabilité de toutes les parties prenantes et exige un effort de l’ensemble de la société afin de bâtir des communautés plus fortes, plus sûres et plus inclusives, où personne n’est laissé pour compte.

L’Examen national volontaire (ENV) 2023 du Canada rend compte des progrès réalisés et de l’expérience acquise à l’échelle nationale dans le cadre du Programme 2030 depuis l’évaluation de référence effectuée en 2018 lors du premier ENV du Canada, dont les résultats ont été publiés dans le document intitulé Mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 – Examen national volontaire du Canada. Conformément aux lignes directrices des Nations Unies, ce deuxième ENV décrit la manière dont le Canada a mis en place de robustes mécanismes institutionnels pour réaliser le Programme 2030 et dont il a instauré un environnement habilitant où le dialogue et les initiatives à l’appui du Programme 2030 convergent et ont un effet d’entraînement à l’échelle du pays ainsi qu’au niveau international.

L’ENV comprend aussi une évaluation des accomplissements du Canada et des défis rencontrés depuis 2018 relativement à l’ensemble des ODD, l’accent étant toutefois mis sur cinq de ces derniers : Pas de pauvreté (ODD 1); Éducation de qualité (ODD 4); Égalité entre les sexes (ODD 5); Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques (ODD 13); Partenariats pour la réalisation des objectifs (ODD 17). Ces ODD prioritaires concordent avec les priorités nationales et internationales du Canada. Les résultats rattachés à chacun des 17 ODD sont mesurés d’après les données canadiennes les plus récentes dont on disposait à la fin du mois d’avril 2023, présentées conformément au Cadre mondial des indicateurs et au Cadre d’indicateurs canadien.

L'ENV a fait l'objet de consultations et reflète les efforts de collaboration déployés dans le but d'appuyer l'atteinte des ODD. Il convient de mentionner notamment l'apport et les efforts notables des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, des municipalités, des organisations autochtones nationales (OAN), du secteur des organismes sans but lucratif, du milieu universitaire, du secteur privé et d'autres intervenants de la société civile. L'ENV a en outre eu recours à des données et à des statistiques robustes pour mesurer et quantifier les progrès du Canada vers l'atteinte des cibles associées aux ODD. L'ENV est assorti d'une annexe qui fait état d'autres initiatives menées par des parties prenantes et des partenaires pour adapter les ODD en fonction de leur contexte particulier (annexe A – Pleins feux sur les actions des partenaires et des intervenants pour localiser les ODD). Une annexe statistique (annexe B – Annexe statistique de l'Examen national volontaire 2023 du Canada) présente des données désagrégées et une mesure de progrès servant à quantifier les progrès réalisés vers l'atteinte des cibles établies pour chacun des ODD.

Bien que le Canada ait fait des progrès notables jusqu’ici, des efforts continus demeurent de mise pour atteindre les ambitions fixées. Chaque chapitre du présent ENV qui traite des ODD met en évidence des possibilités d’action et d’amélioration en vue de faire des progrès à l’égard de chacun des 17 ODD. Tirant parti de l’assise solide qui a été mise en place au cours des huit dernières années, le Canada demeure plus déterminé que jamais à favoriser et à accélérer les progrès en vue d’atteindre les ODD dans le cadre d’une approche inclusive qui mobilise l’ensemble de la société.

Constituer une assise solide pour étayer la mise en œuvre du Programme 2030

À l’instar de tous les autres pays membres des Nations Unies, le Canada s’est engagé à mettre en œuvre le Programme 2030 et à œuvrer à l’atteinte de chacun des 17 objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030. Depuis l’adoption du Programme 2030, et dans la foulée de son premier examen national volontaire (ENV), en 2018, le Canada a continué de jeter des bases solides et de progresser dans l’optique des ODD. Les ENV constituent un volet important du processus de mise en œuvre du Programme 2030. Ils permettent au Canada et aux autres États membres des Nations Unies de mettre en commun les leçons apprises et les pratiques exemplaires, de collaborer et de discuter des jalons rattachés au Programme 2030. Le présent ENV est important, notamment parce qu’il offre au Canada l’occasion de réitérer ses engagements en matière de développement durable et de faire preuve de leadership, de transparence et de responsabilisation.

Le document intitulé Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030 : Aller de l’avant ensemble a été publié en 2021. Dans le cadre de cette stratégie, il appelle à tous les ordres de gouvernement, aux peuples autochtones, à la société civile, au secteur privé, au milieu universitaire, aux partenaires internationaux et à d’autres intervenants d’agir pour appuyer la réalisation du Programme 2030. La stratégie énonce un plan directeur clair pour assurer un dialogue constant ainsi qu’une participation et une collaboration continues. Elle encourage tous les Canadiens à trouver des moyens de poser des gestes individuels et collectifs pour soutenir l’atteinte des ODD et pour faire en sorte que personne ne soit laissé de côté. En favorisant les partenariats et la collaboration à propos de tout un éventail d’enjeux, dont l’équité, la réduction de la pauvreté, l’égalité des genres, les changements climatiques et le logement abordable, le Canada donne suite aux ODD en partenariat avec les intervenants de l’ensemble de la société, afin de bâtir un avenir plus prospère, plus sain et plus durable pour tous.

La Stratégie nationale a été élaborée à la suite de vastes consultations auprès de l'ensemble de la société dans le but de créer un environnement habilitant qui permet à tous d'agir en vue d'atteindre les ODD. Elle représente le plan du Canada pour amener toute la communauté à travailler ensemble à l'atteinte des objectifs. En outre, elle sert à orienter la mise en œuvre du Programme 2030, et ce, sous cinq objectifs fondamentaux :

  1. encourager le leadership, la gouvernance et la cohérence des politiques;
  2. accroître la sensibilisation, la mobilisation et les partenariats;
  3. accroître la responsabilisation, la transparence, la mesure et la production de rapports;
  4. faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones et le Programme 2030;
  5. investir dans les ODD.

La Stratégie vise aussi à accélérer les progrès dans l’optique des personnes et des groupes les plus marginalisés, ce qui inclut les peuples autochtones, les membres des minorités racisées et religieuses, la communauté 2ELGBTQI+, les personnes en situation de handicap et les communautés de langue officielle en situation minoritaire, ainsi que d’autres groupes et personnes vulnérables.

Pour faire le suivi de ses progrès au regard des ODD, le Canada se fonde sur le Cadre mondial d'indicateurs et sur le Cadre d'indicateurs canadien. Publié pour la première fois en 2019 et mis à jour en 2021, le Cadre d'indicateurs canadien consiste en un ensemble d’indicateurs qui concordent avec les priorités nationales du Canada au chapitre des ODD. Les données canadiennes reposant sur ces deux cadres d’indicateurs sont mises à la disposition du public afin qu’il soit possible de tenir un dialogue fondé sur des données probantes à l’échelle de la société au sujet du rendement du Canada par rapport à chaque ODD.

Le Canada s’est engagé à faire preuve de transparence dans la présentation de ses progrès relatifs aux ODD, et il a publié un rapport intitulé Agir ensemble – Rapport annuel de 2021 du Canada sur le Programme 2030 et les objectifs de développement durable en juillet 2022. Ce document met en évidence des initiatives menées aux quatre coins du Canada, par tous les ordres de gouvernement, les peuples autochtones, un large éventail d’organisations de la société civile, le secteur privé et le milieu universitaire, qui contribuent à l’atteinte des ODD à la fois au pays et ailleurs. Également, des partenaires et des intervenants de l’ensemble du Canada procèdent à leurs propres examens locaux volontaires, mènent des études de recherche et présentent des données locales sur les progrès réalisés.

Le Canada fait d’importants progrès afin d’appuyer la mise en œuvre du Programme 2030 et l’atteinte des 17 ODD, tant au pays qu’à l’étranger. Dans son deuxième ENV, le Canada évalue le chemin parcouru depuis la présentation du premier examen volontaire, en 2018, et il souligne les efforts déployés à l’appui des ODD. L’ENV a été mené en consultation avec tous les ordres de gouvernement, les peuples autochtones, la société civile, le milieu universitaire et les Canadiens. L’examen repose sur des données et fait le point sur les actions, les réalisations et les défis à l’échelle de la société.

Créer un environnement habilitant qui permet à l’ensemble de la société de poser des gestes à l’appui des ODD

Depuis 2018, le Canada mobilise les Canadiens – notamment les administrations provinciales, territoriales et municipales, les peuples autochtones, la société civile et le secteur privé – dans le but de définir une approche nationale de mise en œuvre du Programme 2030 et d’élaborer une stratégie – la Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030 : Aller de l’avant ensemble – afin de catalyser les initiatives axées sur les ODD. Depuis l’adoption du Programme 2030, les partenaires et les intervenants ont donné suite de différentes manières à l’appel à l’action à l’égard des ODD, par exemple :

L’annexe A de cet ENV recense des initiatives et des mesures prises par les partenaires et les intervenants pour localiser les ODD et pour appuyer leur atteinte.

En 2018, le gouvernement du Canada a pris l’engagement d’affecter 59,8 millions de dollarsNote de bas de page 1 sur 13 ans (de 2018 à 2031)Note de bas de page 2 au Programme de financement des ODD afin d’appuyer l’atteinte de résultats tangibles à l’échelon local et communautaire. Les organismes sans but lucratif, les gouvernements, le milieu universitaire, le secteur privé, les communautés et organisations autochtones, les femmes, les jeunes et d’autres intervenants peuvent obtenir des fonds dans le cadre de ce programme pour les fins suivantes :

À ce jour, le Programme de financement des ODD a versé 22 millions de dollars pour soutenir 131 projets qui peuvent appuyer la mise en œuvre du Programme 2030. Depuis 2020, le Programme a également accordé des fonds à trois OAN – l’Assemblée des Premières Nations (APN), l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) et le Ralliement national des Métis (MC) – pour garantir que, les points de vue et le savoir traditionnel des Autochtones sont pris en compte dans le contexte des travaux du Canada à l’appui de l’atteinte des ODD.

Renforcer les mécanismes institutionnels et instaurer la cohérence stratégique requise pour mettre en œuvre le Programme 2030

Le gouvernement du Canada a établi une structure robuste pour mettre en œuvre le Programme 2030 selon une approche coordonnée, ainsi que pour appuyer l’atteinte des ODD et mobiliser les Canadiens. C’est en 2018 que l’Unité des ODD a été créée, au sein du ministère de l’Emploi et du Développement social du Canada, dans le but de diriger les travaux de coordination de la mise en œuvre du Programme 2030 au Canada.

Afin de mieux définir les responsabilités à l’échelle fédérale, le gouvernement du Canada a publié en 2021 son Plan de mise en œuvre fédéral du Canada pour le Programme 2030, qui établit une structure de gouvernance et des modalités redditionnelles englobant les ministères et organismes fédéraux afin de mettre en œuvre la Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030 : Aller de l’avant ensemble, de réaliser des progrès vers l’atteinte des ODD et d’appuyer la mise en œuvre du Programme 2030.

Le gouvernement du Canada utilise les ODD pour accroître la cohérence et l’alignement des politiques à l’échelle de l’administration publique fédérale. Les ODD sont également pris en compte dans les priorités du gouvernement du Canada à partir des processus existants de planification et de production de rapports, par exemple :

Recueillir des données robustes, mesurer les résultats et rendre compte des progrès

Le Canada a posé des gestes importants pour pouvoir bien mesurer les résultats entourant les ODD et produire des rapports éclairants à ce sujet. Statistique Canada recueille, collige, analyse et diffuse des données à des fins de suivi régulier et de production de rapports d’étape reposant sur le Cadre mondial d'indicateurs et le Cadre d’indicateurs canadien (CIC).

Le CIC a été lancé en 2019, et des améliorations y ont été apportées en 2021. Ce cadre comporte 31 « ambitions canadiennes » et 76 indicateurs servant à surveiller et à mesurer les progrès du Canada vers l’atteinte des 17 ODD. Les données canadiennes sont accessibles au public à partir de deux plateformes de données interactives : le carrefour de données relatives au CIC et le carrefour de données liées au Cadre mondial d'indicateurs. Les données désagrégées qui y sont fournies brossent un tableau plus complet des disparités vécues par les populations marginalisées ou vulnérables, ce qui peut aider à orienter les efforts afin de s’assurer que personne n’est laissé de côté. Dans le but d’améliorer les rapports du Canada fondés sur le CIC, Statistique Canada a incorporé une nouvelle « mesure des progrès » à son carrefour de données en 2023Note de bas de page 3. On dispose ainsi d’un aperçu simplifié des progrès réalisés par le Canada en vue d’atteindre chacun des ODD, selon l’hypothèse que les tendances actuelles vont se poursuivre. L’ENV et son annexe statistique (annexe B) présentent des paramètres de mesure des progrès à l’égard de certains indicateurs et cibles rattachés aux ODD.

Le Canada rend compte de façon transparente des progrès réalisés vers l’atteinte des ODD au moyen de rapports annuels ainsi que de ses ENV de 2018 et de 2023. Le premier rapport annuel du Canada, intitulé Agir ensemble – Rapport annuel de 2021 du Canada sur le Programme 2030 et les ODD, a été publié en juillet 2022. Outre le compte rendu des progrès réalisés par le Canada depuis 2015 en vue de réaliser ses ambitions et d’atteindre les cibles nationales du Programme 2030, ce rapport faisait état des initiatives menées par tous les ordres de gouvernement, les peuples autochtones, un large éventail d’organisations de la société civile, le secteur privé et le milieu universitaire pour faire des progrès à l’égard des ODD aux niveaux national, régional et localNote de bas de page 4. Dans le cadre de ses efforts pour faire mieux connaître les progrès du Canada vers l’atteinte des ODD, le gouvernement fédéral a créé deux séries de 17 infographies en complément de ses autres rapports.

Initiatives internationales auxquelles participe le Canada pour mettre en œuvre le Programme 2030

Les activités internationales du Canada sont guidées par les priorités énoncées dans la politique étrangère féministe du Canada, qui intègre sa Politique d’aide internationale féministe, son approche inclusive à l’égard du commerce et son Plan national d’action consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité. Selon le Canada, un système international plus robuste et fondé sur des règles, une paix durable ainsi que la sécurité, la prospérité et les droits de la personne – ce qui comprend la diversité, l’inclusion et l’égalité des genres – sont autant d’éléments essentiels si l’on veut produire des résultats tangibles à l’égard de l’ensemble des ODD.

Les initiatives internationales du Canada s’harmonisent avec les efforts continus et coordonnés de l’ensemble des gouvernements et de la société pour promouvoir les droits de la personne, l’égalité des genres, l’inclusion et le respect de la diversité. Grâce à ces efforts, toutes les personnes, quels que soient leurs antécédents, leur genre, leur orientation sexuelle, leur handicap ou leurs autres identités intersectionnelles, peuvent profiter pleinement d’une participation égale à la vie économique, politique, sociale et culturelle. Le Canada vise ainsi à renforcer le système international fondé sur des règles, à soutenir une paix et une sécurité durables et à favoriser un développement et une prospérité inclusifs et durables pour tous.

Pleins feux : L’aide officielle totale du Canada pour le développement durable, par ODD, 2021

Grâce à son aide officielle totale pour le développement durable (AOTDD)Note de bas de page 5, le Canada appuie le développement durable dans les pays en développement. De 2018 à 2021, le Canada a mobilisé 33,5 milliards de dollars dans le cadre de l’AOTDD, et 635 millions d’investissements privés par suite d’initiatives de financement mixte. La figure 1 présente une ventilation de ce financement en fonction de chaque ODD.

Figure 1 : Soutien du Canada à l’égard des objectifs de développement durable
Figure 1 : Soutien du Canada à l’égard des objectifs de développement durable
Description textuelle du graphique 1
ODD Pillier 1 Pillier 2 Total
1 1 085 M$ 2 398 M$ 3 482 M$
2 636 M$ 370 M$ 1 006 M$
3 878 M$ 1 605 M$ 2 483 M$
4 486 M$ 135 M$ 621 M$
5 674 M$ 111 M$ 785 M$
6 135 M$ 184 M$ 319 M$
7 317 M$ 165 M$ 482 M$
8 588 M$ 240 M$ 828 M$
9 437 M$ 255 M$ 692 M$
10 159 M$ 771 M$ 930 M$
11 371 M$ 41 M$ 412 M$
12 276 M$ 64 M$ 340 M$
13 524 M$ 398 M$ 923 M$
14 5 M$ 28 M$ 33 M$
15 310 M$ 291 M$ 601 M$
16 698 M$ 420 M$ 1 118 M$
17 123 M$ 79 M$ 203 M$
  • Légende : La partie plus foncée de chaque barre correspond au financement relié au « pilier 1 », qui comprend les flux transfrontaliers vers les pays admissibles à l’AOTDD; la partie plus pâle représente le financement relié au « pilier 2 », qui inclut les dépenses mondiales et régionales au titre des biens publics internationaux.

Le Canada soutient le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, qui est le principal cadre de financement pour la mise en œuvre du Programme 2030. Pour aider à mobiliser toutes les sources de financement, le Canada a accru sa participation à des initiatives de financement clés afin d’appuyer la prise de mesures de développement durable. Il a notamment collaboré avec les banques multilatérales de développement et le secteur privé pour étayer les infrastructures économiques et sociales, il a mis à l’essai des mécanismes de financement novateurs, il a pris des mesures pour corriger les vulnérabilités au chapitre de la dette ainsi que pour améliorer les flux de versements, et il a soutenu la coopération fiscale. Pour donner suite aux défis financiers exacerbés par la pandémie de COVID-19, le premier ministre Trudeau, aux côtés du premier ministre Holness de la Jamaïque et du secrétaire général des Nations Unies António Guterres, a lancé en mai 2020 une initiative intitulée Financement du développement à l’ère de la COVID-19 et au-delà. Cette initiative a servi à réunir la communauté internationale pour élaborer des approches stratégiques pratiques, composer avec les répercussions socioéconomiques et financières de la pandémie et poursuivre les efforts en vue d’atteindre les ODD.

Ne laisser personne de côté

Au cœur de la mise en œuvre du Programme 2030 par le Canada, on retrouve le principe fondamental de ne laisser personne de côté. Le Canada prend des mesures pour réduire la pauvreté, promouvoir l’égalité entre les sexes, soutenir l’autonomisation des femmes et des filles, réduire les inégalités, bâtir des sociétés plus inclusives, contrer la discrimination et accélérer les progrès pour les personnes les plus marginalisées. Cela comprend les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, les groupes racisés et les communautés religieuses en situation minoritaire, les personnes 2ELGBTQI+, les communautés de langue officielle en situation minoritaire et d’autres groupes marginalisés et vulnérables. Dans l’esprit qui sous-tend le principe « ne laisser personne de côté », le gouvernement du Canada met à jour les programmes de financement afin d’en élargir l’accès pour les communautés qui n’en profitaient pas pleinement jusqu’ici, tout en prenant des mesures en matière de lutte contre le racisme et à l’appui de la diversité, de l’équité et de l’inclusion, de manière que tous puissent participer au développement durable, y contribuer et en bénéficier.

La pandémie de COVID-19 a touché de façon disproportionnée les groupes en situation de vulnérabilité, a amplifié les inégalités et a eu des répercussions importantes sur les progrès entourant les ODD. Afin de paver la voie à une reprise inclusive et résiliente, tous les ordres de gouvernement au Canada ont mis en œuvre des mesures de soutien financier et d’autres initiatives pour aider les personnes touchées de façon disproportionnée par la pandémie.

L’évaluation des progrès au titre des ODD qui est présentée dans l’ENV ainsi que dans son annexe statistique (annexe B) fournit des données désagrégées portant sur les 17 ODD. Ces données permettent de mesurer jusqu’à quel point les gestes posés à l’appui des ODD ont des retombées sur des populations données, et elles aident à discerner les lacunes éventuelles.

Faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones

Le gouvernement fédéral collabore avec des partenaires autochtones pour réaliser le Programme 2030, et il veille à ce que la réconciliation avec les peuples autochtones soit prise en compte au regard des 17 ODD. Cela inclut les mesures prises aux termes de traités négociés, d’ententes et d’autres arrangements qui reconnaissent et mettent en œuvre les droits des Autochtones (ODD 7 [Énergie propre et d’un coût abordable]; ODD 14 [Vie aquatique]; ODD 15 [Vie terrestre]; et ODD 17 [Partenariats pour la réalisation des objectifs]).

Une approche fondée sur les distinctions est nécessaire pour veiller à ce que les cultures, les droits et les intérêts particuliers des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis soient dûment reconnus et que les mesures à l’appui soient mises en œuvre. Le gouvernement du Canada et ses partenaires autochtones ont élaboré conjointement des approches fondées sur les distinctions pour combler les lacunes en matière de services et pour appuyer l’autodétermination des peuples autochtones dans différents domaines, par exemple : l’éducation postsecondaire autochtone ainsi que l’apprentissage et la garde des jeunes enfants (ODD 4); la santé et le bien-être (ODD 3); l’infrastructure (ODD 9 et 11); la croissance propre et les mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques (ODD 13).

De par ses efforts continus pour donner suite aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, le Canada vise à remédier aux séquelles engendrées par les pensionnats autochtones et à faire progresser le processus de réconciliation. Bon nombre des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation proposent des mesures précises qui visent également à réduire les inégalités (ODD 10) dans des domaines importants, comme l’emploi et la formation (ODD 8), le logement (ODD 11) et la santé (ODD 3). D’autres mesures proposées ont pour but d’accroître l’accès à la justice et à des services de soutien culturellement adaptés dans le contexte de la justice autochtone (ODD 16).

Le Canada met aussi en œuvre le Plan d’action national pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées : Mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones (publié en 2021) pour élargir l’accès à la justice et à des services de soutien culturellement adaptés, et permettre l’utilisation de pratiques de justice réparatrice pour les peuples autochtones, dans le cadre du système de justice canadien, de pair avec le soutien de la justice autochtone (ODD 5 et ODD 16). Dans le document intitulé Voie fédérale concernant les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées, le gouvernement du Canada prend des engagements axés sur la culture, la santé et le bien-être, la sûreté et la sécurité de la personne ainsi que la justice qui concordent avec de nombreux ODD.

Le Canada a entériné la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). Le gouvernement fédéral s’est engagé à mettre intégralement et officiellement en œuvre cette déclaration à titre de feuille de route à long terme pour faire progresser la réconciliation en adoptant la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones en 2021. Cette loi va dans le sens de divers ODD et favorisera la prise de mesures pour soutenir le développement durable, l’autodétermination et l’intendance autochtone, de même que pour contrer les répercussions des changements climatiques sur les peuples autochtones et pour reconnaître le rôle de ces peuples à l’appui du développement durable (ODD 13). Elle aide en outre à poser des gestes concrets pour lutter contre les injustices et les préjugés, et pour éliminer toutes les formes de violence, de racisme et de discrimination, y compris le racisme et la discrimination systémiques (ODD 10). La Loi aidera à établir des liens plus solides, à combler les écarts socioéconomiques et à promouvoir une plus grande prospérité des peuples autochtones et de tous les Canadiens (ODD 16). Elle exige entre autres que le gouvernement fédéral travaille en partenariat avec les peuples autochtones pour prendre les mesures nécessaires afin que les lois fédérales soient conformes à la Déclaration, et qu’il élabore un plan d’action pour atteindre ses objectifs en collaboration avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Des ententes de transfert de services permettent par ailleurs aux communautés de progresser vers l’autodétermination et contribuent à la mise en œuvre de la DNUDPA.

À l’échelle internationale, le Canada fait la promotion des droits, de la culture et de la prospérité des peuples autochtones en assurant une plus grande participation de ces peuples aux travaux qui se déroulent au sein de forums bilatéraux et multilatéraux dans le but de concevoir des solutions aux défis mondiaux.

Pleins feux : Organisations autochtones nationales

Assemblée des Premières Nations

L’Assemblée des Premières Nations (APN) est un organisme national de défense des intérêts qui s’efforce de promouvoir les aspirations collectives des individus et des communautés des Premières Nations de tout le Canada, ce qui inclut plus de 900 000 personnes vivant dans plus de 600 communautés des Premières Nations aux quatre coins du pays.

Les Premières Nations pratiquent le développement durable depuis des temps immémoriaux et ont fait preuve de leadership en matière de protection de l’environnement, de conservation et de lutte contre les changements climatiques. Aucune relation n’est plus précieuse pour les Premières Nations que celle avec la Terre Mère. L’APN a pour mandat d’assurer une plus grande participation des Premières Nations aux processus décisionnels entourant le Programme 2030 et les ODD. Les Premières Nations ont une conception du développement durable qui va au-delà des trois piliers correspondant aux dimensions économique, sociale et environnementale : elles estiment que la culture est aussi un pilier important du développement durable, et elles situent ce dernier en fonction d’un cadre fondé sur les droits, notamment par le biais de la DNUDPANote de bas de page 6. Une approche pangouvernementale est donc requise, mais cela soulève des difficultés, car il faut assurer la cohérence des politiques en place pour donner suite comme il se doit aux priorités des Premières Nations.

L’APN contribue à l’ODD 5 (Égalité entre les sexes) en collaborant avec le gouvernement du Canada à la mise en œuvre des 231 appels à la justice faisant suite à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et du Plan d’action national pour mettre fin à la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones (dont la mise en œuvre est assurée au premier chef par les peuples autochtones), sans oublier la suite donnée au rapport sur le plan d’action des Premières Nations intitulé Breathing Life into the Calls for Justice [disponible en anglais seulement]. Une autre mesure allant dans le sens de l’ODD 5 est la création, par l’APN, d’un caucus national des femmes dirigeantes afin d’instaurer un environnement et une structure de soutien reposant sur des relations entre les administrations fédérales, provinciales et municipales, afin que les femmes des Premières Nations se sentent à l’aise et soutenues lorsqu’elles travaillent à la mise en œuvre des objectifs qu’elles se sont fixés dans l’exercice de leur leadership. Ce caucus servira de complément à l’actuel Conseil des femmes de l’APN, de manière que les intérêts des femmes des Premières Nations soient intégrés à l’ensemble des travaux de l’APN. Cela comporte la mise en œuvre du Plan d’action national pour mettre fin à la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQI+ autochtones. De plus, l’APN concourt à l’ODD 10 (Réduction des inégalités) en incluant des représentants de la communauté 2ELGBTQI+ au sein de son conseil. Cela aidera à assurer une plus grande diversité d’opinions prises en compte et respectées en vue d’étayer les travaux de l’APNNote de bas de page 7.

Inuit Tapiriit Kanatami

L’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) est un organisme national qui représente 70 000 Inuits vivant au Canada, dont la majorité résident dans l’Inuit Nunangat, la terre natale des Inuits, qui se compose de 51 communautés de la région désignée des Inuvialuit (Territoires du Nord-Ouest), du Nunavut, du Nunavik (Nord du Québec) et du Nunatsiavut (Nord du Labrador). L’ITK défend et fait valoir les droits et les intérêts des Inuits à l’échelle nationale, conformément à une structure de gouvernance démocratique qui est représentative de toutes les régions inuites.

Depuis 2020, l’ITK s’emploie à mieux faire connaître le Programme 2030 et les ODD par le biais d’une initiative intitulée « Inuit Tapiriit Kanatami and The United Nations SDGs: Linkages project ». Le rapport final du projet décrit la forte concordance entre les ODD et les diverses initiatives menées par l’ITK pour faire valoir les droits des Inuits au Canada. Il expose également les inégalités entre les Inuits vivant dans l’Inuit Nunangat et le reste du Canada, dans l’optique des ODD. Enfin, il recommande des moyens afin que le Programme 2030 demeure pertinent pour tous, et en particulier pour les Inuits :

  • établir des paramètres, de même que des engagements et des indicateurs axés sur les Inuits, pour mieux mesurer les progrès et faire le suivi des résultats;
  • veiller à ce que l’autodétermination des Inuits constitue un principe fondamental qui sous-tend les efforts déployés par le Canada pour atteindre les ODD dans l’Inuit Nunangat;
  • prendre des mesures pour éliminer les inégalités entre l’Inuit Nunangat et le reste du Canada, et ce, relativement à l’ensemble des ODD;
  • mobiliser des partenaires Inuits de façon constructive en veillant à ce que les programmes, les stratégies ou les initiatives de financement ayant pour objet d’atteindre les ODD au Canada soient élaborés et mis en œuvre en collaboration avec les Inuits.
Le rapport souligne que, pour réaliser des progrès au chapitre des ODD dans l’Inuit Nunangat, il est important de tirer parti des partenariats, des structures et des stratégies qui existent déjà. À titre d’exemple :
  • La Politique sur l’Inuit Nunangat (2022) énonce une approche de conception et de renouvellement de toutes les initiatives fédérales qui s’appliquent à l’Inuit Nunangat ou qui servent les intérêts des Inuits. Elle permet de créer un espace où coordonner les efforts visant à lutter contre les changements climatiques et à donner suite à d’autres enjeux environnementaux, de manière à réaliser des progrès à l’égard de l’ODD 6 (Eau propre et assainissement), de l’ODD 7 (Énergie propre et abordable), de l’ODD 13 (Action climatique), de l’ODD 14 (Vie aquatique) et de l’ODD 15 (Vie terrestre) dans l’Inuit Nunangat.
  • Les partenaires inuits et le gouvernement du Canada ont élaboré conjointement la Stratégie de logement pour l’Inuit Nunangat (2019), par le biais du Comité de partenariat entre les Inuits et la Couronne. Cette stratégie expose une vision et une orientation communes pour améliorer les résultats en matière de logement dans l’Inuit Nunangat. Elle fournit aussi une orientation aux fins des investissements fédéraux axés sur le logement des Inuits, de manière à combler les grands besoins en matière de logement dans l’Inuit Nunangat – c’est-à-dire réduire les problèmes de surpeuplement et la dépendance à l’endroit des logements sociaux, offrir davantage de solutions de logement abordable et améliorer la qualité des logements. La mise en œuvre de la Stratégie aidera à faire progresser l’ODD 9 (Industrie, innovation et infrastructure) et l’ODD 11 (Villes et communautés durables) dans l’Inuit Nunangat.
  • La collecte de données qui est en cours dans le cadre de l’enquête nationale sur la santé des Inuits, intitulée Qanuippitaa?, permettra de disposer de renseignements portant expressément sur la santé et le bien-être des Inuits et servira d’outil de conscientisation au sujet des enjeux qui ont une incidence sur la santé des Inuits. Il s’agira d’une importante source d’information pour faire le suivi des progrès réalisés à l’égard de l’ODD 3 (Bonne santé et bien-être) dans l’Inuit Nunangat.

Ralliement national des Métis

Le Ralliement national des Métis (RNM) représente la Nation métisse du Canada sur la scène nationale et internationale. La Nation métisse milite continuellement pour défendre les intérêts des populations à risque et des personnes directement touchées par les changements climatiques et le développement non durable.

Au cours des dernières années, le RNM a renforcé l’engagement de la Nation métisse à l’égard des ODD afin de faire connaître le point de vue particulier de cette dernière en matière de développement durable. Le RNM a également mis en exergue les liens entre le Programme 2030 et la réduction des écarts socioéconomiques entre les peuples autochtones et les Canadiens non-autochtones. Plusieurs des initiatives menées par le RNM pour la promotion des droits et des intérêts des Métis au Canada concordent dans une large mesure avec les ODD. Par exemple, depuis 2017, le RNM participe à la Table conjointe Nation métisse Canada sur la croissance propre et les changements climatiques (maintenant appelée « Goose Moon », ou la lune de l’oie) pour faire progresser la lutte contre les changements climatiques et les priorités connexes en matière de santé dans la perspective des Métis, ainsi que pour définir des initiatives communautaires de surveillance du climat. Le RNM dirige aussi l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale propre aux Métis en matière de climat (ODD 13, Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques).

Le travail mené par le RNM en faveur de la préservation et de la revitalisation de la langue michif est un élément essentiel en vue de réaliser l’objectif général du Programme 2030 de ne laisser personne pour compte. La revitalisation des langues autochtones est cruciale, non seulement pour poursuivre la transmission intergénérationnelle de la culture, des coutumes et de l’histoire, mais aussi pour lutter contre la perte de biodiversité et les changements climatiquesNote de bas de page 8. Si la Nation métisse a connu une croissance importante au cours des 15 dernières années, il demeure que le nombre de citoyens qui parlent la langue michif a constamment diminué. Le RNM élabore des stratégies de revitalisation de la langue michif qui reposent sur la vision commune d’un avenir qui assurera la préservation de cette langue Les travaux en cours comprennent l’élaboration d’un plan d’action sur la langue michif et la mise en œuvre de l’Accord décennal sur la langue michif entre le Canada et la Nation métisse (signé en 2017).

Pleins feux : Jalons marquants de la mise en œuvre et de la promotion du Programme 2030 par le Canada
Plein feux : Jalons marquants de la mise en œuvre et de la promotion du Programme 2030 par le Canada
Description textuelle du graphique 2

Jalons marquant de la mise en œuvre et de la promotion du Programme 2030 par le Canada accomplis avant la présentation du premier ENV du Canada en 2018

  • À titre de membre du Groupe interinstitutions et d'experts sur les indicateurs relatifs aux ODD, mis sur pied par les Nations Unies, le Canada contribue à l'élaboration d'un cadre mondial d'indicateurs permettant de mesurer 169 cibles et 244 indicateurs.
  • Together|Ensemble est le premier symposium multilatéral à se tenir au Canada pour faire le suivi des progrès réalisés à l'égard des ODD. Depuis, cinq autres conférences ont eu lieu.
  • Le gouvernement du Canada lance la Politique d'aide internationale féministe du Canada.
  • Le budget de 2018 prévoit un financement de 109,2 millions de dollars sur 13 ans pour appuyer la mise en œuvre du Programme 2030 par le Canada : Le gouvernement du Canada met sur pied l'Unité des ODD et lance le Programme de financement des ODD.
  • Statistique Canada crée un carrefour de données liées au Cadre mondial des indicateurs.
  • La commissaire à l'environnement et au développement durable (CEDD) présente un rapport d'audit sur l'état de préparation du gouvernement du Canada pour la mise en œuvre des ODD.

Jalons marquant de la mise en œuvre et de la promotion du Programme 2030 par le Canada accomplis en 2019

  • On publie le document intitulé Vers la Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030, qui est le fruit d'une mobilisation et de consultations menées à l'échelle nationale.

Jalons marquant de la mise en œuvre et de la promotion du Programme 2030 par le Canada accomplis en 2020

  • On procède à l'examen exhaustif du Cadre mondial des indicateurs. En tant que membre du Groupe interinstitutions et d'experts sur les indicateurs relatifs aux ODD, Statistique Canada remplit un rôle de leadership dans le contexte de la révision du Cadre, qui aboutit à la détermination de 231 indicateurs servant à mesurer 169 cibles mondiales.

Jalons marquant de la mise en œuvre et de la promotion du Programme 2030 par le Canada accomplis en 2021

  • Le CEDD publie un rapport de suivi sur la mise en œuvre des ODD par le Canada.
  • La Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030 : Aller de l'avant ensemble est publiée.
  • La version finale du Cadre d'indicateurs canadien est publiée, de pair avec la mise en service d'un Carrefour de données fondé sur la plateforme ouverte des ODD, pour rendre compte des progrès du Canada à l'égard des indicateurs nationaux.
  • Le Plan de mise en œuvre fédéral du Canada pour le Programme 2030 est publié.
  • Les résultats de deux examens locaux volontaires (ELV) sont rendus publics : Global Goals, Local Action: Kelowna's Voluntary Local Review et Winnipeg and the SDGs: A Voluntary Local Review of Progress 2021

Jalons marquant de la mise en œuvre et de la promotion du Programme 2030 par le Canada accomplis en 2022

  • Le Canada publie un premier rapport annuel, intitulé Agir ensemble – Rapport annuel de 2021 du Canada sur le Programme 2030 et les objectifs de développement durable.
  • La cinquième Stratégie fédérale de développement durable – 2022 à 2026 est déposée au Parlement; il s'agit de la première stratégie à être structurée en fonction des 17 ODD.
  • Le premier ministre Trudeau et la première ministre Mottley (Barbade) deviennent coprésidents du Groupe des défenseurs des Objectifs de développement durable, à la demande du Secrétaire général des Nations Unies.

Jalons marquant de la mise en œuvre et de la promotion du Programme 2030 par le Canada accomplis en 2023

  • Statistique Canada élabore et diffuse une page Web consacrée à la mesure de progrès, qui repose sur le Cadre d'indicateurs canadien et le Cadre mondial des indicateurs.
  • Le Canada présente son deuxième ENV à l'ONU.

Poser des gestes à l’appui des cinq objectifs de développement durable prioritaires du Canada

ODD 1 : Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde

Ambition canadienne

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Le taux de pauvreté au Canada est en baisse depuis 2015, mais les données les plus récentes sur la pauvreté révèlent l’émergence de nouveaux défis pour les Canadiens vulnérables

Malgré les défis auxquels font face les Canadiens vivant dans la pauvreté ou à risque de connaître celle-ci, le Canada demeure en bonne voie d'atteindre son principal objectif aux termes de la loi, soit une réduction de la pauvreté dans une proportion de 50 % d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2015. En 2021, le taux de pauvreté au Canada s'établissait à 7,4 % : il dépassait de 1 % le creux historique de 6,4 % observé en 2020, mais était nettement plus bas que le niveau atteint avant la pandémie, soit 10,3 % en 2019, l'année ayant précédé la pandémie.

Ces résultats reflètent les effets des programmes temporaires d’une ampleur sans précédent mis en place à des fins de soutien du revenu pour contrebalancer les répercussions économiques de la COVID-19. Survenue à point nommé, cette augmentation marquée du soutien du revenu a permis d’éviter que de nombreux Canadiens qui étaient incapables de travailler se retrouvent en situation de pauvreté lors d’une année où le Canada a été confronté à une crise majeure. Toutefois, ces programmes étaient conçus dès le départ à titre de mesures temporaires, et l’on s’attend à ce que les tendances qui existaient avant la pandémie réapparaissent, à tout le moins en partie, en 2021 et en 2022.

Figure 3 – Indicateur national 1.1.1 – Taux de pauvreté basé sur le seuil officiel de la pauvreté Canadienne.
Figure 3 – Indicateur national 1.1.1 – Taux de pauvreté basé sur le seuil officiel de la pauvreté canadienne
Description textuelle du graphique 3
Année Pourcentage de personnes à faible revenu
2015 14.5%
2016 12.9%
2017 11.9%
2018 11.2%
2019 10.3%
2020 6.4%
2021 7.4%

Pleins feux : La pauvreté continue d’être vécue de façon différente au sein de certains groupes de Canadiens.

Bien que les signes de progrès à l’égard des taux de pauvreté nationaux soient encourageants, il est de fait que la pauvreté au Canada continue d’être vécue différemment dans le cas de certains groupes de Canadiens. Les taux de pauvreté chez les aînés demeurent inférieurs à la moyenne canadienne. Les groupes de Canadiens qui sont plus à risque de vivre dans la pauvreté comprennent :

  • Les personnes en situation de handicap
  • Les immigrants récents
  • Les membres des peuples autochtones
  • Les personnes vivant seules
  • Les mères célibataires
Figure 4 : Indicateur national 1.1.1 - Taux de pauvreté des Canadiens les plus à risque de vivre dans la pauvreté
Figure 4 : Indicateur national 1.1.1 - Taux de pauvreté des Canadiens les plus à risque de vivre dans la pauvreté
Description textuelle du graphique 4
Canada Personnes handicapées (16 ans plus) Immigrants récents Personnes seules Hommes seuls Autochtones (vivant hors réserve) Membres de familles monoparentales dirigées par une femme Femmes âgées
2015 14.5 20.6 28.1 32.8 33 26.2 15.9 8
2016 12.9 16.9 21.1 30.8 31.4 19.2 33.5 7.6
2017 11.9 16.6 21.2 28.8 29.4 22.5 27.5 6.7
2018 11.2 16.5 18.8 29.1 30.7 20.1 25.6 6.6
2019 10.3 13.7 16.7 26.9 26.4 18.6 22 6.3
2020 6.4 8.5 8.5 20.9 21.4 11.8 13.5 3.5
2021 8 10 10 21.9 21.6 15 19 6.1

Initiatives nationales prioritaires

Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes

Le gouvernement du Canada a publié le document Une chance pour tous : la première Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté en 2018. Cette stratégie englobe des investissements importants qui sont effectués depuis 2015 pour soutenir le bien‑être social et économique de tous les Canadiens. Cela inclut le financement d’initiatives clés de réduction de la pauvreté, comme l’Allocation canadienne pour enfants (plus de 25 milliards de dollars par année), l’Allocation canadienne pour les travailleurs, le Bon d’études canadien et la Stratégie nationale sur le logement. En complément de sa Stratégie de réduction de la pauvreté, le gouvernement a adopté la Loi sur la réduction de la pauvreté en 2019. Cette loi énonce des cibles de réduction de la pauvreté ainsi que le seuil officiel de la pauvreté au CanadaNote de bas de page 10, et elle porte la création du Conseil consultatif national sur la pauvreté.

En 2022, le Canada a publié son Plan pour rendre la vie plus abordable, qui offre un soutien additionnel aux Canadiens en raison de la hausse de l’inflation. Cela inclut de nouvelles mesures de soutien pour accroître l’abordabilité du logement et aider à payer les soins dentaires pour les enfants de moins de 12 ans. Le Canada dispose déjà d’un robuste système de soutien du revenu pour les aînés, qui comprend la Pension de la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti pour les aînés à faible revenu, et le Régime de pensions du Canada, de même que différents incitatifs fiscaux pour appuyer l’épargne-retraite. Ce système permet aux aînés canadiens de recevoir un revenu après leur retraite et contribue à réduire le nombre d’aînés vivant dans la pauvreté. En 2021, le taux de pauvreté chez les aînés (selon le seuil officiel de la pauvreté au Canada) était de 5,6 %, ce qui est nettement inférieur au taux observé pour l’ensemble de la population (7,4 %) et pour tous les autres groupes d’âge.

Grâce à l’Allocation canadienne pour enfants, qui offre un soutien accru aux familles à revenu faible ou moyen ayant des enfants depuis son instauration en 2016, des centaines de milliers d’enfants n’ont pas eu à vivre dans la pauvreté. D’autres prestations gouvernementales clés, comme l’Allocation canadienne pour les travailleurs et le crédit pour la taxe sur les produits et services, sont rajustées en fonction de l’inflation, tout comme les prestations pour les aînés et l’Allocation canadienne pour enfants. Cela signifie que les prestations augmentent en parallèle avec la hausse du coût de la vie au fil du temps. 

Les Canadiens admissibles continuent en outre de recevoir les paiements de l’incitatif à agir pour le climat, qui sont des montants non imposables ayant pour but d’aider les particuliers et les familles à compenser le coût de la tarification fédérale de la pollution, de pair avec des critères d’admissibilité élargis pour certains crédits d’impôt, entre autres le crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire et le crédit d’impôt pour personnes handicapées.

Améliorer la mesure de la pauvreté

Depuis 2018, le Canada a renouvelé ses efforts pour améliorer la mesure de la pauvreté, cerner les lacunes et recueillir des données afin d’orienter sa démarche jusqu’en 2030. Ce travail comprenait des progrès importants vers l’élaboration d’un seuil officiel de la pauvreté qui rend compte de la vie dans le Nord canadien. Grâce à ces efforts, le Canada a maintenant adopté une méthode officielle de mesure fondée sur un panier de consommation du Nord pour deux des territoires nordiques. L’élaboration d’une mesure provisoire adaptée aux réalités de la population inuite au Nunavut est en cours. Le gouvernement du Canada collabore aussi avec des organisations autochtones nationales (OAN) et d’autres organismes dans le but de définir ensemble des indicateurs de la pauvreté et du bien-être, y compris des mesures de la pauvreté fondées sur d’autres facteurs que le revenu, qui reflètent les multiples dimensions de la pauvreté et du bien-être dans la perspective des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le Canada prend part aux efforts visant à mettre fin à la pauvreté mondiale. On réalise de plus en plus l’importance de la collaboration intersectorielle afin de bien comprendre les causes profondes de la pauvreté et de prendre des mesures pour l’éliminer grâce à une approche multidimensionnelle. Aux termes de la Loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement officielle, l’aide au développement officielle du Canada doit être axée sur la réduction de la pauvreté. La Politique d’aide internationale féministe du Canada, publiée en 2017, repose sur une approche féministe intersectionnelle et axée sur les droits de la personne, qui a pour but d’éradiquer la pauvreté et de bâtir un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère. Le gouvernement du Canada a haussé les ressources totales qu’il consacre à l’aide internationale depuis la publication de la Politique d’aide internationale féministe, ces ressources passant de 6,1 milliards de dollars en 2017-2018 à 8,4 milliards en 2021-2022.

Dans le cadre de son engagement à l’appui d’un programme commercial progressif, le Canada a ratifié l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2016. Les efforts de facilitation des échanges du Canada s’harmonisent avec son programme commercial inclusif, qui repose sur la reconnaissance du fait qu’une croissance économique inclusive et durable est nécessaire pour réduire la pauvreté et les inégalités. En réduisant les obstacles commerciaux, notamment pour les groupes sous-représentés, le Canada aide à promouvoir des échanges commerciaux plus équitables et plus accessibles, en particulier pour les pays en développement.

Défis et possibilités

Bien que des progrès soient réalisés en vue de la réduction de la pauvreté au Canada de façon générale, les répercussions de la pandémie de COVID-19 et des récentes augmentations du coût de la vie ne sont pas encore entièrement connues. Au fil de sa reprise à la suite de la pandémie de COVID-19, le Canada adapte ses efforts de réduction de la pauvreté afin de s’assurer que les systèmes de protection sociale répondent adéquatement aux besoins et que l’on revient à la situation qui prévalait avant la pandémie. À mesure que de nouvelles données seront disponibles, on pourra en savoir plus sur la manière dont les Canadiens les plus à risque de pauvreté se remettent de cette période remplie de défis financiers et économiques, et sur les moyens de maximiser le degré de préparation des systèmes de protection sociale pour pouvoir composer avec les tendances changeantes et les urgences futures.

Pour atteindre son objectif de réduction de la pauvreté dans une proportion de 50 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2015, le Canada procédera à un examen approfondi pour déceler les lacunes éventuelles de ses systèmes de protection sociale, et il proposera des solutions efficaces afin de soutenir adéquatement les Canadiens qui vivent dans la pauvreté ou qui sont à risque de connaître celle-ci. Bien que des améliorations aient été notées au niveau de la population en général, de nombreux groupes demeurent plus à risque de vivre dans la pauvreté. Par exemple, les personnes, autres que des aînés, qui vivent seules étaient les plus vulnérables : plus du quart d’entre elles vivaient dans la pauvreté en 2021. Toujours en 2021, les membres des peuples autochtones âgés de 16 ans et plus étaient presque deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté (13,9 %) que les non-Autochtones‑ (7,4 %). De même, les personnes en situation de handicap (âgées de 18 à 64 ans) sont deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les autres personnes. Au total, un peu plus de 4 millions de Canadiens en situation de handicap – dont environ 1,6 million qui ont une incapacité grave ou très grave – sont en âge de travaillerNote de bas de page 11. C’est pourquoi il est proposé d’instaurer une Prestation canadienne pour les personnes handicapées, ce qui donne suite à un engagement clé énoncé dans le Plan d’action pour l’inclusion des personnes en situation de handicap du Canada, dans le but de réduire la pauvreté et d’accroître la sécurité financière des personnes en situation de handicap qui sont en âge de travailler. Le projet de loi portant création de cette prestation, intitulé Loi sur la prestation canadienne pour les personnes handicapées, a été déposé au Parlement en 2022.

Le gouvernement du Canada a créé le Conseil consultatif national sur la pauvreté en 2019 afin de mieux appuyer les efforts axés sur l’ODD 1. Le Conseil fournit des conseils indépendants sur la réduction de la pauvreté, et il fait rapport au Parlement du Canada à propos des progrès réalisés au pays en matière de réduction de la pauvreté.

Pleins feux : Initiatives provinciales et territoriales

Les gouvernements provinciaux et territoriaux remplissent un rôle clé dans l’élimination de la pauvreté au Canada. Ils conçoivent, élaborent et financent bon nombre de stratégies et de programmes importants qui offrent un soutien du revenu aux Canadiens, aux familles et aux ménages, que ce soit directement ou par le biais du régime fiscal. De plus, ils sont responsables de programmes et de services essentiels pour donner suite à l’engagement de ne laisser personne de côté, ce qui inclut par exemple des initiatives d’apprentissage et de développement des jeunes enfants ainsi que des mesures de soutien à l’intention des personnes en situation de handicap.

Les provinces et les territoires ont pris des mesures pour composer avec la COVID-19, considérant les répercussions financières directes de la pandémie sur de nombreux ménages, en particulier ceux qui étaient déjà à faible revenu. En 2020 et en 2021, nombre de gouvernements provinciaux et territoriaux ont fourni un soutien particulier à des partenaires communautaires qui offrent des programmes et des services aux personnes, aux familles et aux ménages à faible revenu pour les aider à combler des besoins prioritaires, comme la sécurité alimentaire et le logement. Les provinces et les territoires ont également mis de l’avant des politiques, des programmes, des services et des initiatives à plus long terme qui aident à réduire la pauvreté, appuient l’atteinte de l’ODD 1 et témoignent de leur engagement ferme à ne laisser personne de côté.

Les gouvernements provinciaux et territoriaux offrent un soutien du revenu. Un bon nombre de ces mesures de soutien ciblent les aînés et les familles ayant des enfants. La hausse de l’inflation et ses répercussions ont incité beaucoup de gouvernements à bonifier ces mesures de soutien et à offrir des prestations de soutien du revenu nouvelles ou spéciales et ponctuelles. Par exemple, en 2022, le gouvernement du Manitoba a lancé son Programme d’abordabilité pour les familles dans le but d’alléger le fardeau imposé par la forte inflation. Dans le cadre de ce programme, le gouvernement du Manitoba a versé à chaque famille admissible de la province ayant des enfants de moins de 18 ans une somme de 250 $ pour le premier enfant, puis de 200 $ pour chaque enfant additionnel de moins de 18 ans, et de 300 $ à tous les aînés admissibles; il a aussi haussé le taux de base de l’aide au revenu, et il a accordé un allégement financier ponctuel aux banques alimentaires.

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador élabore un plan de bien-être social et économique [disponible en anglais seulement] qui, comme son nom l’indique, a pour but d’améliorer le bien-être social et économique général des résidents de la province, l’accent étant mis en particulier sur l’augmentation du soutien pendant la petite enfance pour assurer la réussite future des enfants; un soutien en matière d’accès à une éducation de qualité et d’apprentissage permanent; un meilleur accès à un logement stable, abordable et convenable; la réduction de la pauvreté; l’amélioration de la sécurité alimentaire; et la promotion de l’appartenance à la communauté.

En 2020, l’Ontario a publié le document Établir une base solide pour la réussite : Réduire la pauvreté en Ontario, qui a comme objet d’aiguiller les personnes vivant dans la pauvreté vers des services de formation et de santé ainsi que vers d’autres services de soutien afin qu’elles puissent participer à la vie communautaire et trouver dans la mesure du possible un emploi gratifiant. Cette stratégie repose sur quatre piliers : encourager la création d’emplois et rapprocher les gens de l’emploi; offrir aux gens les soutiens et les services appropriés; rendre la vie plus abordable et renforcer la résilience financière; accélérer les mesures et favoriser le progrès. L’objectif de réduction de la pauvreté de la province pour la période allant de 2020 à 2025 consiste à faire passer le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale qui trouvent un emploi chaque année de 36 000 en 2019 à 60 000 en 2024.

Le gouvernement du Manitoba a annoncé en 2019 une nouvelle stratégie de réduction de la pauvreté, dont le titre est S’engager vers un avenir meilleur : Stratégie manitobaine de réduction de la pauvreté. Cette stratégie, qui repose notamment sur les résultats de vastes consultations auprès des parties prenantes, adopte une approche pangouvernementale afin d’améliorer le quotidien des Manitobains. La Stratégie reconnaît l’importance de la collaboration avec les communauté, les différents ordres de gouvernement et d’autres partenaires aux fins de l’élaboration et de la mise en œuvre de ses politiques et programmes. Elle met fortement l’accent sur la promotion de la réconciliation avec les communauté autochtones. Dorénavant, le Manitoba publie chaque année un document budgétaire sur la réduction de la pauvreté, parallèlement au budget provincial. Pour sa part, l’initiative d’accès à des produits d’hygiène féminine gratuits du Manitoba vise à améliorer l’accès à des produits d’hygiène féminine pour les personnes à faible revenu, les personnes en situation d’itinérance et les membres de groupes marginalisés, qui peuvent les obtenir gratuitement par le biais des écoles et d’autres organismes. De plus, le Manitoba a publié au début de 2023 sa première stratégie provinciale de lutte contre l’itinérance, intitulée Une place pour tous. Cette stratégie prévoit des investissements de 126 millions de dollars pour moderniser les interventions d’urgence, fournir des logements assortis de mesures de soutien, prévenir l’itinérance, élaborer des services axés sur la personne et renforcer les capacités dans les régions rurales et nordiques. Jusqu’ici, le Manitoba a pris des engagements qui représentent de nouveaux investissements se chiffrant à 31 millions de dollars pour aider à lutter contre l’itinérance, notamment en améliorant l’accès à l’allocation pour besoins de base et aux mesures d’aide au logement pour les Manitobains à faible revenu, en haussant le financement pour tenir compte des coûts réels de fonctionnement des refuges de nuit, en élargissant la portée des programmes de soutien aux personnes en situation d’itinérance et en haussant le financement des programmes de logement de transition.

ODD 4 : Assurer à tous une éducation équitable, inclusive et de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie

Ambition canadienne

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Le taux d’études postsecondaires au Canada est en hausse depuis des années

En 2022, 63 % des personnes âgées de 25 à 64 ans au Canada avaient fait des études postsecondaires, contre 58 % en 2018. Parmi les femmes âgées de 25 à 34 ans, 76 % avaient fait des études postsecondaires en 2022, soit le taux le plus élevé au pays. Dans le cas des jeunes hommes, 58 % avaient atteint un niveau de scolarité comparable. Les taux d’études postsecondaires chez les Autochtones vivant hors réserve ont augmenté de façon notable entre 2018 et 2022 (de 39 % à 45 %). De 2015 à 2018, la proportion d’hommes gais et de lesbiennes âgés de 25 à 64 ans détenant un baccalauréat ou un diplôme de niveau supérieur (43,2 % et 37,7 %, respectivement) était plus élevée que celle des hommes hétérosexuels (30,3 %) et des femmes hétérosexuelles (34,3 %)Note de bas de page 15.

Figure 5 : Indicateur national 4.2.1 - Taux de scolarité au niveau postsecondaire, personnes âgées de 25 à 64 ans, Canada.
Figure 5 : Indicateur national 4.2.1 - Taux de scolarité au niveau postsecondaire, personnes âgées de 25 à 64 ans, Canada
Description textuelle du graphique 5
Année Canada Femmes âgées de 25 à 34 ans Hommes âgés de 25 à 34 ans Autochtones hors réserve
2018 58 71 53 39
2022 63 76 58 45

Initiatives nationales prioritaires

Veiller à ce que les familles canadiennes aient accès à des services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants abordables, souples, inclusifs et de grande qualité

Le gouvernement du Canada a fait de nouveaux investissements historiques totalisant près de 30 milliards de dollars sur 5 ans pour bâtir un système pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants (AGJE), de pair avec les provinces, les territoires et des partenaires autochtones. L’annonce de ces investissements a été faite en 2021. Le gouvernement verse des fonds aux provinces et aux territoires pour soutenir et élargir le système d’AGJE, ce qui inclut des objectifs comme ceux consistant à ramener à 10 $ les frais des services de garde réglementés pour les enfants de moins de 6 ans et à créer 250 000 nouvelles places en garderie partout au pays d’ici mars 2026. En date d’avril 2023, 6 provinces et territoires offraient des services de garde réglementés à un coût moyen de 10 $ ou moins par jour. Les autres provinces et les autres territoires ont tous réduit d’au moins 50 % les frais des services de garde réglementés.

De plus, le gouvernement du Canada collabore avec des partenaires autochtones en vue de mettre en œuvre le Cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants autochtones, élaboré conjointement avec ces derniers. Ce cadre oriente la conception, la prestation et la gouvernance des services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants autochtones, est financé à l’aide des investissements fédéraux et est mis en œuvre en collaboration avec les gouvernements et les organisations autochtones. Toutes ces mesures ont pour but d’améliorer l’accès à des services d’AGJE qui sont adaptés à la culture autochtone, abordables, de grande qualité, souples et inclusifs dans l’optique des enfants et des familles autochtones.

Veiller à ce que les Canadiens aient accès à des programmes d’études postsecondaires abordables et de qualité

Au cours des cinq dernières années, le gouvernement du Canada a poursuivi la mise en œuvre de différentes initiatives visant à rendre les études postsecondaires plus abordables et plus accessibles en accordant un soutien au titre du coût associé aux études. À titre d’exemple, le Programme canadien d’aide financière aux étudiants (PCAFE) accorde des bourses et des prêts aux étudiants à temps plein et à temps partiel. Le Prêt canadien aux apprentis et les subventions incitatives aux apprentis aident les apprentis à terminer leur formation. Au début de la pandémie de COVID-‑19, des mesures temporaires ont été instaurées pour aider les étudiants qui avaient de la difficulté à assumer le coût de leurs études postsecondaires. Les mesures en question consistaient notamment à doubler le montant des bourses d’études (mesure prolongée jusqu’en juillet 2023), à hausser les limites rattachées aux prêts d’études canadiens, à ne pas tenir compte des contributions attendues des étudiants et des conjoints lors de l’évaluation des besoins financiers, et à accorder une exonération des intérêts sur les prêts d’études et les prêts aux apprentis. En outre, la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE)Note de bas de page 16 a offert un soutien financier aux étudiants de niveau postsecondaire et aux récents diplômés de niveau postsecondaire et secondaire qui n’ont pas pu trouver de travail en raison de la COVID-19. Plus de 2 millions de demandes de PCUE ont été traitées, ce qui a donné lieu au versement d’environ 2,9 milliards de dollars d’aide à quelque 700 000 étudiants et nouveaux diplômés. Plus récemment, le PCAFE a été modifié de manière à éliminer de façon permanente les intérêts sur tous les prêts d’études et les prêts aux apprentis. Ces mesures apporteront un allégement à tous les diplômés actuels et futurs qui doivent composer avec le coût élevé de la vie.

À la suite d’un examen exhaustif et concerté des programmes fédéraux de soutien à l’intention des étudiants autochtones qui souhaitent faire des études postsecondaires, des investissements dans des stratégies d’éducation postsecondaire autochtones fondées sur les distinctions ont été annoncés en 2019 afin d’appuyer l’accès et la réussite pour les étudiants autochtones. Les stratégies d'éducation postsecondaire des Premières Nations, des Inuits et de la nation métisse accordent aux bénéficiaires la souplesse nécessaire pour financer des programmes et des services. De plus, afin de corriger les inégalités entourant l’accès à l’éducation pour les personnes vivant dans le Nord canadien, un groupe de travail sur l’éducation postsecondaire dans le Nord a été mis sur pied en 2020 et a publié son rapport final intitulé Une responsabilité partagée : Voix du Nord, Solutions du Nord en 2022. Ce rapport expose les défis et les obstacles qui existent dans le Nord en ce qui concerne l’accès à l’éducation postsecondaire, de même que les points forts et les possibilités nouvelles pour mettre en place dans le Nord des programmes et des établissements d’enseignement postsecondaire adaptés à la culture et qui sont axés sur le Nord et dirigés par le Nord.

Dans le cadre du Programme de soutien à l’apprentissage des étudiants, des fonds sont versés à tout un éventail d’organismes de services aux jeunes qui fournissent différents services de soutien – tutorat, mentorat, bourses d’études, etc. – pour aider les apprenants, en particulier les étudiants autochtones et d’autres groupes en quête d’équité, à terminer leurs études secondaires et à faire des études postsecondaires. En 2021-2022, plus de 32 000 étudiants issus de groupes marginalisés ou en situation de vulnérabilité ont reçu un soutien dans le cadre du Programme.

Le gouvernement du Canada continue de soutenir les étudiants et les boursiers de recherches postdoctorales au moyen d’investissements importants dans les organismes subventionnaires fédéraux. Ces investissements ont aidé à créer 600 nouvelles bourses d’études supérieures du Canada et à hausser le montant de différents prix, bourses d’études et bourses de recherche accordés à des étudiants et à des boursiers par les organismes subventionnaires.

Veiller à ce que les Canadiens aient accès à des possibilités d’apprentissage tout au long de leur vie

Créé en 2018, le programme Service jeunesse Canada fait la promotion de la participation citoyenne chez les jeunes de 15 à 30 ans en éliminant certains obstacles pour assurer l’accès à des possibilités de bénévolat. Le programme fournit des fonds à près d’une centaine d’organismes, principalement des organismes sans but lucratif et des organismes au service des populations autochtones et des populations qui ne bénéficient pas de services adéquats, pour offrir des possibilités de bénévolat à des jeunes. Les participants acquièrent des compétences et de l’expérience en leadership, tout en faisant un apport concret dans leur communauté.

Mesures prises à l’échelle internationale

Les effets combinés de la COVID-19, de multiples conflits ainsi que des changements climatiques ont entraîné une crise mondiale sans précédent dans le domaine de l’éducation. En 2016, environ 75 millions d’enfants touchés par des crises sur la planète avaient besoin d’un soutien en matière d’éducation. En 2022, ce nombre atteignait 222 millions (en anglais seulement). La pandémie a également perturbé l’éducation des apprenants à l’échelle du globe, ce qui pourrait entraîner des pertes de 21 billions de dollars de revenus à vie en raison de la fermeture des écoles (ce qui équivaut à 17 % du produit intérieur brut mondial actuel). Ce sont les personnes vivant dans une extrême pauvreté, en particulier les filles et les personnes en situation de handicap, qui sont les plus laissées pour compte.

Entre 2018 et 2021, le Canada a investi plus de 1,3 milliard de dollars pour appuyer l’accès à une éducation et à une formation axée sur les compétences à la fois sécuritaires, de qualité et tenant compte des sexospécificités. Grâce aux efforts déployés lors du Sommet du G7 tenu en 2018 à Charlevoix, des engagements historiques de 3,8 milliards de dollars, dont 400 millions de dollars du Canada, ont été pris à l’appui de la Déclaration de Charlevoix sur l’éducation de qualité pour les filles, les adolescentes et les femmes dans les pays en développement. Une somme supplémentaire de 527 millions de dollars a fait l’objet d’un engagement à l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) de 2018. Les investissements du Canada aux termes de la Déclaration de Charlevoix ont eu des retombées sur plus de quatre millions de filles et de femmes.

En 2021, le Canada a lancé une campagne internationale de trois ans appelée Ensemble pour l’apprentissage, afin de promouvoir une éducation de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour les enfants et les jeunes réfugiés, déplacés de force ou vivant dans des communautés d’accueil. Puis, en 2022, le Canada a été l’hôte du Sommet d’Ensemble pour l’apprentissage, en coordination avec le Conseil pour l’éducation des réfugiés. Cela a conduit à la publication d’un manifeste pour les jeunes, qui comprend un appel à l’action centré sur cinq domaines clés : l’inclusion, la santé mentale et le soutien psychosocial, l’apprentissage numérique, l’égalité entre les genres, et la responsabilisation. Pour donner suite à ce manifeste, les gouvernements participants ainsi que des représentants de la société civile, des organisations multilatérales et des partenaires du secteur privé ont publié le document Ensemble avec les jeunes – Le document final du sommet Ensemble pour l’apprentissage. Le Canada fait aussi la promotion d’un accès inclusif et équitable à une éducation de qualité au moyen de son Programme de bourses internationales, qui est une composante de son programme de soutien des relations avec les universités (le Programme de relations académiques). Ces bourses permettent à un groupe diversifié d’étudiants et de chercheurs étrangers talentueux d’étudier et de mener des recherches au Canada (l’accent étant mis sur des personnes venant de pays en développement).

Défis et possibilités     

De même que pour d’autres ODD dans le contexte du Canada, les groupes défavorisés sur le plan socioéconomique, comme les personnes en situation de handicap, les personnes vivant dans des régions rurales et éloignées, les immigrants récents et les membres des peuples autochtones, peuvent aussi accuser des lacunes en matière d’éducation et d’apprentissage, faute d’un soutien suffisant. Le Canada met en œuvre des initiatives pour combler ces lacunes. Par exemple, le Plan d’action pour l’inclusion des personnes en situation de handicap du Canada a comme objet de réduire les obstacles matériels et ceux liés à la communication et aux attitudes qui empêchent les personnes en situation de handicap de participer pleinement à la vie communautaire et à l’économie. Cela comprend l’octroi de fonds pour la production de documents en médias substituts à l’intention des personnes ayant une déficience de lecture des imprimés, cette mesure étant en vigueur jusqu’en 2024, et la création d’un programme d’accès équitable à la lecture, qui sera lancé en 2024.

Le Canada continuera de se fonder sur des données probantes pour donner suite aux enjeux touchant l’accès, la qualité, l’équité et la responsabilisation en matière d’éducation dans une perspective globale. Cela comprend l’utilisation d’approches novatrices et la mobilisation de partenaires pour fournir une aide internationale, afin que les groupes les plus difficiles à atteindre, notamment les filles et les populations déplacées, aient accès à une éducation et à une formation axée sur les compétences à la fois sécuritaires, de qualité, inclusives et sexospécifiques.

Pleins feux : Initiatives provinciales et territoriales

Au Canada, l’éducation, incluant tous les niveaux d’apprentissage, relève de la compétence des provinces et des territoires. Chaque gouvernement provincial et territorial peut choisir les moyens par lesquels il œuvrera à l’atteinte de l’ODD 4 en fonction de ses particularités démographiques, géographiques, linguistiques et culturelles. Le Conseil des ministres de l’Éducation du Canada (CMEC) exerce un leadership en matière d’éducation à l’échelle à la fois pancanadienne et internationale, et il aide les provinces et les territoires à exercer leur compétence exclusive en matière d’éducation. Garantir une éducation de qualité, inclusive et équitable, et promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous reflètent à la fois un objectif du Programme 2030 et une conviction qui est au cœur même des systèmes d’éducation du Canada. En 2020, le CMEC a publié le rapport Assurer à tous une éducation équitable, inclusive et de qualité : Objectif de développement durable 4 au Canada, qui décrit certains des travaux en cours au Canada pour atteindre l’ODD 4. Un certain nombre d’initiatives, qui sont résumées dans la suite de cette section, concordent avec l’ODD 4 et avec les thèmes transversaux consistant à ne laisser personne de côté et à faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones.

La Stratégie d’entraide éducative et de bien-être à l’école du Québec a pour objet de favoriser la réussite éducative de tous les élèves. Elle jette les bases nécessaires pour mettre en œuvre diverses mesures visant à soutenir les élèves, leurs parents et le personnel enseignant. La Stratégie comporte deux volets : l’entraide scolaire (accroître le soutien destiné aux élèves qui éprouvent des difficultés occasionnelles ou persistantes) et le bien-être à l’école (soutenir le réseau scolaire dans la mise en œuvre d’initiatives favorisant le bien-être des élèves à l’école). Cette stratégie se veut inclusive et a comme objet de relever des défis qui ont été exacerbés par la pandémie de COVID-19. De plus, elle habilite les écoles en encourageant l’innovation et l’adaptabilité au niveau des pratiques pédagogiques postpandémie, de même que les interventions axées sur les élèves, ce qui aide à assurer la pertinence, l’efficacité et la pérennité des mesures prises.

Le Nouveau-Brunswick procède à une actualisation triennale du programme d’études sociales de la province de la quatrième à la huitième année dans le secteur francophone, de manière à diversifier les perspectives qui y sont prises en compte. En collaboration avec des aînés autochtones et des groupes d’ascendance noire et africaine, le Nouveau-Brunswick s’efforce d’intégrer les points de vue des Premières Nations, des Noirs et des personnes d’ascendance africaine dans le programme d’études. Ces travaux comprendront également l’élaboration de ressources pour aider les enseignants à utiliser le nouveau matériel pédagogique et pour offrir une formation sur les compétences interculturelles.

La province de Terre-Neuve-et-Labrador a élaboré un cadre d’éducation multiculturelle et un cadre d’éducation autochtone en 2020. Le cadre d’éducation multiculturelle sert à orienter l’éducation multiculturelle dans les écoles, le but étant de donner suite aux besoins des élèves qui sont de nouveaux arrivants et de ceux qui ont des antécédents culturels et linguistiques diversifiés. Le cadre d’éducation autochtone a servi à diriger les travaux d’élaboration active de programmes d’études, de politiques et de programmes connexes au sein du système d’éducation, dans un contexte concordant avec les appels à l’action en matière d’éducation de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

L’Ontario a révisé ses programmes d’enseignement en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) pour s’assurer que leur contenu est factuellement exact, approprié et adapté à la culture. Par exemple, dans le cadre des programmes d’études révisés, les étudiants découvrent l’apport des personnes ayant des expériences de vie diverses et venant de communautés variées dans le domaine des STIM. Cela pourra inspirer les étudiants – en particulier ceux venant de milieux différents – à s’orienter vers les STIM, et ce, à tous les niveaux.

La réussite des élèves autochtones à tous les niveaux de scolarité demeure une priorité du CMEC. Beaucoup de provinces et de territoires ont mis à jour leurs programmes d’études et mis en œuvre des cadres stratégiques en matière d’éducation autochtone en tenant compte de leurs besoins particuliers. Par exemple, en 2022, le gouvernement du Manitoba a mis de l’avant Mamàhtawisiwin : Les merveilles de notre héritage – Un cadre politique en matière d’éducation autochtone. Ce cadre repose sur quatre directives stratégiques : 1) favoriser la participation authentique; 2) mettre les élèves au centre des préoccupations; 3) comprendre les visions du monde, les valeurs, les identités, les traditions et les modes de vie contemporains; 4) instaurer un environnement d’apprentissage inclusif et respectueux de la culture. Le Cadre Mamàhtawisiwin rend compte des langues, des cultures et des identités autochtones dans le contexte de l’enseignement et des pratiques en classe, et il a aussi pour but d’appuyer la réussite globale des apprenants qui sont membres des Premières Nations, Inuits et Métis. Ce n’est là qu’un exemple des nombreux cadres qui existent dans les provinces et les territoires afin de mieux soutenir les élèves et les enseignants en les aidant à intégrer les façons de connaître, d’être, d’apprendre et d’agir des Autochtones dans les programmes d’études et les pratiques pédagogiques, ainsi qu’à progresser sur la voie de la vérité et de la réconciliation au sein de leurs communautés scolaires.

ODD 5 : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : La représentation des femmes dans certains postes de direction connaît une hausse depuis 2018

Parmi les députés fédéraux, 30,6 % étaient des femmes en 2022, contre 27,0 % en 2018. Les femmes représentaient près de la moitié (48,7 %) des membres du Cabinet fédéral en 2022, une proportion un peu différente de celle qui existait en 2018 (50 %).

Les femmes demeurent sous-représentées dans les postes de haute direction au Canada : un peu moins du tiers de tous les cadres supérieurs en fonction en 2022 étaient des femmes, soit à peu près le même pourcentage qu’en 2018. Toutefois, les femmes occupaient près de la moitié des postes de cadres intermédiaires spécialisésNote de bas de page 29 en 2018 et en 2022.

De plus, en 2021, les femmes occupaient 20 % des sièges des conseils d’administration de toutes les sociétés ayant fait appel au public, comparativement à 17 % en 2020Note de bas de page 30.

Figure 6 : Indicateur national 5.2.1 – Proportion de rôles de leadership tenus par des femmes, pourcentage, Canada.
Figure 6 : Indicateur national 5.2.1 – Proportion de rôles de leadership tenus par des femmes, pourcentage, Canada
Description textuelle du graphique 6
2018 2022
Cadres intermédiaires spécialisés 48.3 47.9
Cadres supérieures 32 32.5
Juges nommés par le fédéral S.O. 45.3
Cabinet fédéral 50 48.7
Parlementaires nationaux 27 30.6

Initiatives nationales prioritaires

Le Canada poursuivra ses efforts pour faire prévaloir l’égalité des genres et prendra des mesures concrètes pour veiller à ce que les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ soient valorisées et habilitées comme il se doit. Cela consiste notamment à aider ces personnes à prendre en main leur destinée, à participer pleinement à la prise de décisions au sein de leur foyer et dans la société, à contribuer au développement et à la prospérité ainsi qu’à en bénéficier de manière égale. Depuis 2018, le Canada a mis en œuvre des initiatives importantes qui concourent à cet objectif, par exemple :

Mettre fin à la violence fondée sur le sexe

Le gouvernement du Canada et les gouvernements provinciaux et territoriaux ont pris des mesures importantes pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe (VFS). Le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe a été lancé en 2022 dans le but de faire du Canada un pays exempt de violence fondée sur le sexe et d’offrir un soutien aux victimes, aux familles et aux personnes survivantes, peu importe l’endroit où elles vivent. Ce plan d’action a été élaboré en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriauxNote de bas de page 31 (qui l’ont aussi entériné), ainsi qu’avec la participation de partenaires autochtones, de spécialistes de la VFS et de différentes parties prenantes. Le Plan d’action national pour mettre fin à la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones (2021) sert de complément au Plan d’action national pour mettre fin à la VFS et concorde avec ce dernier. Il favorisera l’apport de changements transformateurs pour mettre fin au racisme et à la violence systémique envers les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones et pour lutter contre la violence fondée sur le sexe.

Le Canada a également mis en œuvre une Stratégie nationale de lutte contre la traite de personnes 2019-2024 pour prévenir la traite des personnes (qui touche de façon disproportionnée les femmes et les filles), poursuivre les contrevenants et soutenir les populations vulnérables. Dans le cadre de cette stratégie, le Canada sensibilise la population à la traite des personnes et verse des fonds à des organismes qui offrent aux victimes et aux personnes survivantes des services en tenant compte des traumatismes subis.

Parvenir à l’égalité des sexes dans les positions de leadership et à tous les niveaux de la prise de décision

Le Canada a fait des investissements et pris des mesures dans le but de promouvoir l’égalité des genres et la diversité dans toutes les sphères du leadership et à tous les niveaux de la prise de décisions. Il a :

Appuyer l’autonomisation économique

Le Canada a également fait des investissements pour soutenir la participation et la réussite des femmes au sein de l’économie. Il a :

Mesures prises à l’échelle internationale

L’approche féministe du Canada en matière d’engagement international repose sur la conviction que toutes les personnes, peu importe leur origine, leur identité ou expression de genre, leur orientation sexuelle ou leurs identités croisées, devraient bénéficier pleinement d’une participation égale à la vie économique, politique, sociale et culturelle. Le Canada est le principal donateur de l’OCDE en ce qui touche la part de l’aide destinée à appuyer l’égalité des genres, et il est l’un des principaux pays au chapitre des investissements visant à soutenir les organismes de défense des droits des femmes et à mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles. Le Canada défend l’égalité des genres, les droits des femmes et des filles, les droits sexuels et reproductifs ainsi que les droits de la personne des membres et des communautés 2ELGBTQI+, notamment dans le cadre de travaux bilatéraux et multilatéraux.

Le Canada a plus que triplé ses investissements pour prévenir et endiguer la violence sexuelle et fondée sur le genre entre 2017-2018 et 2020-2021, exerçant un leadership dans des domaines clés, comme la prévention et les interventions liées à la VFS dans les écoles, et la lutte contre la violence sexuelle et fondée sur le genre dans le cadre de conflits et de crises ainsi que dans des contextes humanitaires. Le Canada fait preuve de leadership en pilotant la résolution annuelle sur l’élimination de la violence contre les femmes au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, et en faisant de même, de pair avec la Zambie, à l’égard de la résolution bisannuelle pour mettre fin aux mariages d’enfants et aux mariages précoces et forcés, à l’Assemblée générale des Nations Unies. Les investissements du Canada ont également produit des résultats notables dans d’autres domaines : entre autres, le programme Voix et leadership des femmes a dépassé ses objectifs fixés au départ, appuyant plus de 900 organismes de défense des droits des femmes en 2021-2022.

Dans le contexte des accords de coopération dans le domaine du travail et des chapitres sur le travail dans les accords de libre-échange (ALE), le gouvernement du Canada a recours à une approche en deux volets concernant les échanges commerciaux et le genre. On vise notamment à inclure un chapitre autonome sur les échanges commerciaux et le genre, ainsi qu’à assurer une prise en compte systématique du genre en incluant d’autres dispositions relatives au genre dans les ALE.

Défis et possibilités

Bien que le Canada continue de faire des progrès dans la promotion de l’égalité des genres, il subsiste des obstacles cruciaux pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+. Les femmes et les personnes 2ELGBTQI+ demeurent plus à risque d’être victimes de VFS, et elles accusent encore un retard au chapitre de la participation au marché du travail et des revenus d’emploi au Canada. Les femmes continuent d’assumer davantage de responsabilités au chapitre des soins et des tâches ménagères. Les femmes et les filles autochtones sont exposées à des taux de victimisation avec ou sans violence parmi les plus élevés de tous les groupes de population au Canada. Au moment même où le Canada et le monde émergent de la pandémie de COVID-19, qui a exacerbé les inégalités existantes, la hausse du coût de la vie met en évidence les inégalités économiques persistantes pour les femmes et les personnes 2ELGBTQI+. Le Canada continuera d’appliquer une approche intersectionnelle au fil de la mise en œuvre du Programme 2030 afin que les progrès réalisés et les avantages obtenus profitent équitablement à tous, et notamment aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQI+. Les efforts du Canada pour faire des progrès à l’égard des cibles reliées au genre relativement à l’ensemble des ODD ont comme effet d’accélérer les travaux menés par le pays afin que personne ne soit laissé de côté.

Pleins feux : mesures prises par les intervenants

Des intervenants de l’ensemble du Canada se mobilisent pour faire de l’égalité des genres une réalité, au pays et au-delà. Par exemple, le Fonds pour l’innovation et la transformation est un programme national d’innovation lancé en 2019 par le Réseau de coordination des conseils provinciaux et régionaux pour la coopération internationale – une coalition de huit conseils provinciaux et régionaux de coopération internationale qui se consacrent à la justice sociale et au changement social à l’échelle mondiale – et le gouvernement du Canada. Le Fonds est administré par le Conseil manitobain pour la coopération internationale, qui réunit plus d’une quarantaine d’organismes qui participent à des activités de développement international et de viabilité mondiale. En concordance avec la Politique d’aide internationale féministe du Canada, le Fonds a aidé plus de 50 organismes canadiens qui travaillent en étroite collaboration avec leurs partenaires des pays du Sud à concevoir et à mettre à l’essai des solutions novatrices dans le but de promouvoir l’égalité des genres et de soutenir les communautés vulnérables. Jusqu’à maintenant, le Fonds a financé 54 projets de mise à l’essai et a pris des engagements totalisant plus de 11 millions de dollars pour appuyer la conception de moyens novateurs de soutenir l’égalité des genres. Bien que ces solutions novatrices puissent concourir à l’atteinte de nombreux ODD, leur but premier est de favoriser l’égalité des genres. Les organisations mettent en commun les résultats de leurs projets ainsi que les leçons apprises. Étant donné que la plupart des organismes ont terminé leurs travaux de mise à l’essai, nous pouvons maintenant voir comment ces solutions novatrices éliminent les obstacles sexospécifiques et quelle est leur incidence sur l’accès et la capacité d’agir des femmes. Par exemple, CAUSE Canada a réalisé un projet en Sierra Leone pour mettre à l’essai des solutions communautaires en vue de lutter contre les mariages d’enfants. Le projet a permis d’éviter 127 mariages d’enfants dans 20 communautés.

De même, Fondations communautaires du Canada, organisme national qui dirige le réseau des 191 fondations communautaires locales du Canada, s’est associé au Fonds Égalité pour mettre sur pied le Fonds pour l’égalité des genres. Ce Fonds est une initiative quinquennale qui appuie des projets locaux ambitieux en vue de réaliser des progrès vers l’égalité des genres. Il fait fond sur les efforts déployés pour habiliter les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les personnes de diverses identités de genre. Grâce au Fonds, des dizaines de fondations communautaires ont modifié leurs systèmes et processus internes pour promouvoir l’égalité des genres. À l’heure actuelle, plus de 198 projets communautaires axés sur l’égalité des genres dans l’ensemble du Canada reçoivent un soutien financier.

Le Women’s Insight Project du Centre Mothers Matter a pour but d’habiliter les femmes en renforçant leurs capacités et leur confiance afin qu’elles deviennent des agentes de changement dans leur communauté. Le projet permet à des femmes autochtones, réfugiées et nouvellement arrivées de surmonter les insuffisances pouvant exister dans leur communauté et de trouver des solutions allant dans le sens de la mise en œuvre des ODD. Il mobilise trois groupes de femmes issues de communautés à faible revenu et marginalisées de Vancouver et tire parti de leurs capacités afin de pouvoir cerner et combler les lacunes relatives aux ODD à l’échelle locale. Les femmes participantes ont acquis une connaissance approfondie des ODD et des chefs de file locaux, et elles ont mis en place une approche communautaire de planification et de mise en œuvre de programmes adaptés. Des projets dirigés par la communauté ont ainsi été élaborés et exécutés afin de combler les lacunes existantes. Par exemple, le projet Mélange a favorisé le renforcement communautaire et offert à des femmes réfugiées et immigrantes une occasion de briser leur isolement en participant à des activités variées. Le Centre Mothers Matter continue de documenter les constatations de ces projets dirigés par la communauté et d’en faire la synthèse afin de fournir un modèle pour faire progresser les ODD dans les communautés marginalisées au moyen d’activités dirigées par la communauté.

Pleins feux : Initiatives provinciales et territoriales

Les gouvernements provinciaux et territoriaux sont eux aussi bien conscients de l’importance d’assurer l’égalité des genres au moyen d’initiatives de formation et de recyclage professionnel visant les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+, de fournir un soutien financier aux organismes qui offrent un continuum de guérison aux personnes ayant survécu à la violence familiale et de mettre en œuvre des plans d’action pour lutter contre la violence fondée sur le sexe. Ainsi, le gouvernement du Yukon a publié un Plan d’action pour l’inclusion des personnes LGBTQ2+. Il s’agit d’une initiative quinquennale ayant pour but de mettre fin à la discrimination en rendant les programmes gouvernementaux plus inclusifs dans l’optique de la communauté LGBTQ2S+. De plus, le Yukon verse des fonds à des organismes de femmes et de personnes LGBTQ2S+ pour appuyer la défense des droits et conscientiser le public à propos de la prévention de la violence fondée sur le sexe.

ODD 13 : Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Émissions historiques de gaz à effet de serre et projections, 2005 à 2035 Note de bas de page 34

Selon le scénario « avec mesures existantes », qui inclut toutes les politiques et mesures financées, légiférées et mises en œuvre par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux jusqu’en novembre 2022 ainsi que les contributions de l’utilisation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie, les émissions au Canada devraient être, d’après les projections Note de bas de page 35 , de 625 Mt d’éq. CO2 en 2030 (soit 16 % sous le niveau de 2005)Note de bas de page 36.

Selon le scénario « avec mesures supplémentaires », qui tient compte en outre des politiques et mesures supplémentaires qui sont en cours d’élaboration, mais qui n’ont pas encore été entièrement mises en œuvre, les émissions devraient descendre à 491 Mt d’éq. CO2 d’ici 2030 (soit 34 % sous le niveau de 2005).

Figure 7
Figure 7
Description textuelle du graphique 7
Année Émissions historiques Scénario « avec des mesures » Scénario « avec des mesures supplémentaires » – sans mesures agricoles ni solutions aux problèmes climatiques fondées sur la nature Scénario « avec des mesures supplémentaires »
2005 741 S.O. S.O. S.O.
2006 732 S.O. S.O. S.O.
2007 760 S.O. S.O. S.O.
2008 741 S.O. S.O. S.O.
2009 684 S.O. S.O. S.O.
2010 721 S.O. S.O. S.O.
2011 739 S.O. S.O. S.O.
2012 728 S.O. S.O. S.O.
2013 731 S.O. S.O. S.O.
2014 704 S.O. S.O. S.O.
2015 737 S.O. S.O. S.O.
2016 707 S.O. S.O. S.O.
2017 708 S.O. S.O. S.O.
2018 727 S.O. S.O. S.O.
2019 717 S.O. S.O. S.O.
2020 649 S.O. S.O. S.O.
2021 S.O. 681 679 S.O.
2022 S.O. 686 677 S.O.
2023 S.O. 683 664 S.O.
2024 S.O. 677 651 S.O.
2025 S.O. 672 631 S.O.
2026 S.O. 666 606 S.O.
2027 S.O. 655 578 S.O.
2028 S.O. 642 550 S.O.
2029 S.O. 633 528 S.O.
2030 S.O. 625 506 491
2031 S.O. 621 494 479
2032 S.O. 617 485 470
2033 S.O. 614 478 463
2034 S.O. 610 470 455
2035 S.O. 608 458 443

Initiatives nationales prioritaires

Réduire les émissions de gaz à effet de serre

Pour obtenir les résultats projetés, le Canada continue de prendre des mesures coordonnées à l’échelle nationale dans la foulée du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques (2016). Ce cadre a donné lieu à de nombreuses mesures nouvelles visant à réduire les émissions dans tous les secteurs. Il a aussi conduit à la mise sur pied du Centre canadien des services climatiques, pour aider les Canadiens à bien comprendre et à réduire leur vulnérabilité aux changements climatiques.

En 2016, le gouvernement fédéral a pris l’engagement de renforcer sa collaboration avec les peuples autochtones à titre de partenaires en matière d’action climatique. À la suite d’engagements conjoints du premier ministre et des dirigeants nationaux de l’Assemblée des Premières Nations (APN), de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) et du Ralliement national des Métis (RNM), le gouvernement fédéral a constitué trois tables bilatérales de haut niveau fondées sur les distinctions. Ces tables permettent aux peuples autochtones de jouer pleinement et efficacement leur rôle de partenaires pour faire progresser la croissance propre et atteindre les objectifs en matière de changements climatiques afin de réduire les émissions, dans un esprit de reconnaissance des droits, de coopération et de partenariat. Les tables favorisent une approche collaborative de mobilisation continue à l’appui d’un éventail varié d’initiatives climatiques, notamment la mise de l’avant d’un programme de leadership autochtone en matière de climat afin d’appuyer la prise de mesures autodéterminées pour donner suite aux priorités climatiques des peuples autochtones.

En décembre 2020, le Canada a publié un plan climatique renforcé, intitulé Un environnement sain et une économie saine. Ce plan comprenait 64 politiques, programmes et investissements nouveaux et renforcés afin de réduire la pollution et de bâtir une économie plus forte, plus propre, plus résiliente et plus inclusive. Le Canada a promulgué la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité en 2021. Cette loi enchâsse dans la législation canadienne l’engagement plus ambitieux consistant à réduire d’ici 2030 les émissions dans une proportion de 40 % à 45 % par rapport aux niveaux de 2005, de même que l’engagement d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Conformément à ladite loi, un Plan de réduction des émissions du Canada pour 2030 a été publié en 2022. Le Canada a également mis en œuvre, puis renforcé, un système national de tarification de la pollution. La tarification de la pollution demeure l’un des moyens les plus efficaces et les plus économiques de lutter contre les changements climatiques, et l’approche du Canada consistant à retourner les sommes ainsi perçues a comme effet de minimiser les répercussions sur les Canadiens et de rendre cette mesure plus abordable.

En 2021, le Canada a exprimé son appui à l’Engagement mondial sur le méthane, qui a pour but de réduire d’au moins 30 % d’ici 2030 les émissions anthropiques de méthane dans l’ensemble des secteurs économiques par rapport aux niveaux de 2020. Grâce aux mesures en cours et prévues pour réduire les émissions de méthane, de pair avec les programmes de soutien décrits dans le document Plus vite et plus loin : La stratégie canadienne sur le méthane, le gouvernement du Canada estime que les émissions nationales de méthane diminueront de plus de 35 % entre 2020 et 2030.

Accroître la résilience face aux effets des changements climatiques

Depuis 2018, le Canada investit dans le but d’accélérer la mise en œuvre d’infrastructures résilientes au climat. Des engagements de plus de 2,29 milliards de dollars ont été pris dans le cadre du Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes pour appuyer 81 projets d’infrastructures structurelles et naturelles afin d’accroître la résilience des communautés qui subissent les effets des catastrophes naturelles engendrées par les changements climatiques. Le gouvernement du Canada investit également dans l’environnement bâti pour réduire le plus possible les émissions de GES grâce à la construction d’immeubles à émissions nettes zéro et à l’amélioration du rendement énergétique des immeubles publics existants.

Mesures prises à l’échelle internationale

À l’échelle internationale, sur différentes tribunes bilatérales et multilatérales, le Canada préconise des mesures ambitieuses en matière de changements climatiques. Il reconnaît que les pays en développement, surtout les plus pauvres et les plus vulnérables, sont les plus durement touchés par les changements climatiques et que bon nombre d’entre eux ne disposent que de capacités limitées pour prévenir ces derniers et pour composer avec leurs conséquences. C’est pourquoi, lors du Sommet des dirigeants du G7 qui s’est tenu en 2021, le Canada a annoncé un engagement de 5,3 milliards de dollars (de 2021 à 2026) dans le but d’aider les pays à revenu faible et moyen déjà touchés par les changements climatiques à faire la transition vers un développement durable, à faibles émissions de carbone, résilient au climat, favorable à la nature et inclusif. Pour aider ces pays à accroître leur résilience face aux répercussions des changements climatiques, le Canada s’est engagé à ce que 40 % de ce financement soit affecté à des projets d’adaptation. De plus, il entend affecter 20 % des fonds à des solutions et à des projets axés sur la nature qui procurent des avantages connexes pour la biodiversité. Conformément à sa Politique d’aide internationale féministe, le Canada s’est engagé à ce que 80 % des projets intègrent des considérations relatives à l’égalité des genres.

Le Canada et près de 200 autres pays sont parvenus à une entente au sujet du Plan de mise en œuvre de Sharm el-Sheikh lors de la COP27, en 2022. Le Canada a déployé des efforts pour que soit maintenu l’engagement mondial de limiter la hausse des températures à 1,5 °C et a été l’un des premiers à faire valoir la nécessité pour la COP27 de faire des progrès sur toute la question des pertes et dommages. Le Canada a fait l’annonce d’initiatives totalisant 84,25 millions de dollars pour donner suite aux besoins des pays en développement relativement aux pertes et dommages, à l’accès au financement climatique et à la gouvernance climatique.

Au cours des cinq dernières années, le Canada a appuyé d’autres initiatives mondiales en matière de changements climatiques et de santé en :

Défis et possibilités

Les effets des changements climatiques se font sentir partout au Canada. Les Canadiens constatent que les températures et les précipitations deviennent plus extrêmes, sans compter les feux de forêt, les vagues de chaleur, les sécheresses et les inondations, dont la fréquence et la gravité sont en hausse. Le taux de réchauffement au Canada est deux fois plus élevé qu’à l’échelle mondiale, et le réchauffement est encore plus rapide dans l’Arctique canadien. Parallèlement, l’élévation du niveau de la mer ainsi que des effets moins manifestes, comme l’augmentation de l’acidité et la réduction des niveaux d’oxygène dans les océans, nuisent aux écosystèmes et à la vitalité des industries traditionnelles, notamment la pêche. Les changements climatiques constituent l’un des principaux facteurs expliquant la perte de biodiversité au niveau mondial, ce qui pose une menace additionnelle sur les écosystèmes et les précieux avantages qu’ils apportent à la société.

La gestion des forêts, des prairies et des autres écosystèmes afin de garantir leur résilience aide également à atténuer les changements climatiques grâce au captage et au stockage du carbone. Une meilleure utilisation des terres peut donner lieu à un plus grand captage du carbone et réduire ainsi les émissions de gaz à effet de serre. Les espaces naturels favorisent également l’adaptation aux changements climatiques, comme les chaleurs extrêmes, en offrant de l’ombre, ce qui peut réduire les températures.

Les données scientifiques établissent clairement que la réduction de la pollution par le carbone de manière à parvenir à un état de carboneutralité d’ici 2050 est notre meilleure chance de garder la planète vivable pour nos enfants et nos petits-enfants. Le Canada investit dans l’énergie propre (ODD 7), la création d’emplois verts (ODD 8), la transition vers une économie circulaire (ODD 12), les infrastructures vertes, incluant les transports à faibles émissions de carbone (ODD 11, Villes et communautés durables) et les bâtiments résilients aux changements climatiques et éconergétiques (ODD 9). Les changements climatiques exigent la prise de mesures décisives pour préserver la biodiversité et les écosystèmes naturels (ODD 14 et ODD 15). L’atteinte des cibles de réduction des émissions contribuera à la santé et au bien-être des personnes (ODD 3) et aidera à bâtir des communautés résilientes et durables (ODD 11) dans l’intérêt de tous les Canadiens.

Les changements climatiques constituent un enjeu dont la responsabilité incombe à tous les ordres de gouvernement et à tous les membres de la société. Le gouvernement du Canada va continuer de collaborer avec les provinces et les territoires, ses partenaires internationaux, ses partenaires autochtones, la société civile, l’industrie et d’autres parties prenantes afin de réaliser des progrès dans l’optique des priorités communes. Le Plan de réduction des émissions pour 2030 (PRE) est le plus complet en son genre de toute l’histoire du Canada. Il prévoit des nouveaux investissements s’élevant à 9,1 milliards de dollars, et il va dans le sens de différentes mesures touchant l’ensemble de l’économie, comme le Règlement sur les combustibles propres, tout en servant à réaliser des progrès à l’égard de mesures ciblées dans tous les secteurs. Cela comprend entre autres la réduction des coûts énergétiques des maisons et des bâtiments, la diminution de la pollution par le carbone émis par le secteur pétrolier et gazier, l’accroissement de l’approvisionnement en électricité renouvelable, l’octroi d’une aide aux industries pour mettre au point et adopter des technologies propres, des investissements dans des solutions climatiques naturelles et le maintien de l’approche du Canada en matière de tarification de la pollution. Les mesures à venir en 2023 visent entre autres à devenir le premier grand producteur de pétrole et de gaz naturel à plafonner les émissions du secteur pétrolier et gazier.

Dans le but de s’adapter aux changements climatiques et de renforcer la résilience face à leurs répercussions, le gouvernement du Canada a publié la Stratégie nationale d’adaptation pour le Canada (SNA) en 2022. Cette stratégie énonce une vision commune de la résilience climatique au pays, détermine les grandes priorités afin de renforcer la collaboration et établit un cadre pour mesurer les progrès à l’échelle nationale. Le Plan d’action pour l’adaptation du gouvernement du Canada, publié parallèlement à la SNA en novembre 2022, reflète l’apport fédéral à la mise en œuvre de la SNA.

Voici les prochaines étapes entourant la lutte contre les changements climatiques au Canada :

Pleins feux : Initiatives provinciales et territoriales

Les gouvernements provinciaux et territoriaux du Canada sont des partenaires clés aux fins d’avancer l’ODD 13 (Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques), de par leurs stratégies, leurs lois, leurs plans d’action et leurs directives visant à garantir à leurs citoyens un avenir meilleur et plus durable pour tous. C’est à ces gouvernements qu’il incombe d’élaborer des approches pertinentes et bien ciblées de lutte contre les changements climatiques et leurs répercussions et de donner suite à leurs besoins provinciaux ou territoriaux particuliers, d’autant plus qu’ils sont particulièrement bien placés pour le faire. Au cours des dernières années, nombre de provinces et de territoires ont pris des engagements en vue d’atteindre la carboneutralité et ont investi dans l’énergie propre et l’innovation.

Par exemple, le gouvernement du Yukon a fait l’annonce en 2020 d’une stratégie décennale axée sur l’urgence climatique, intitulée Notre avenir propre : La stratégie du Yukon sur les changements climatiques, l’énergie et l’économie verte. On y expose les grandes priorités du territoire au cours des 10 prochaines années en vue de lutter contre les changements climatiques, de combler les besoins énergétiques et de bâtir une économie verte. La stratégie a été élaborée en partenariat avec les Premières Nations du Yukon, des groupes autochtones transfrontaliers et les municipalités du Yukon, dans le cadre d’un processus qui a duré trois ans. Depuis 2020, le gouvernement du Yukon met en œuvre cette stratégie et fait fond sur les mesures qu’elle prévoit, notamment :

  • l’engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2010;
  • l’évaluation des risques climatiques et de la résilience menée en 2022;
  • le suivi des émissions de gaz à effet de serre en concordance avec les rapports nationaux, et la mise en œuvre de mesures qui permettent de réduire les émissions, par exemple, accroître l’approvisionnement en énergie renouvelable, encourager l’utilisation de véhicules sans émission, faire la transition vers des sources de chauffage renouvelables et adopter des lois exigeant la production de rapports;
  • la communication de renseignements accessibles sur les changements climatiques, au moyen de rapports et de campagnes de marketing social afin d’habiliter les citoyens et de renforcer les capacités citoyennes.

ODD 17 : Renforcer les moyens de mettre en œuvre le Partenariat mondial pour le développement durable et le revitaliser

Ambition canadienne

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Hausse de l’aide publique au développement au fil des ans

L’aide monétaire accordée par le Canada pour promouvoir le développement économique et le bien‑être dans les pays en développement a augmenté, atteignant 0,319 % du revenu national brut (RNB) du pays. À titre comparatif, lors de l’examen national volontaire (ENV) précédent, en 2018, l’aide publique au développement (APD) représentait 0,277 %. du RNB. Bien que l’APD nette en proportion du RNB du Canada ait augmenté entre 2018 et 2021, elle demeure de beaucoup inférieure à la cible de 0,7 %. Le Canada se classe au 5e rang parmi les pays du G7 et au 14e rang parmi les pays de l’OCDE au chapitre de l’APD nette en proportion du RNB. L’APD nette totale destinée aux pays les moins développés représentait 0,09 % du RNB du Canada en 2020, soit une légère baisse par rapport à 2018 (0,10 %). En outre, cette proportion était légèrement inférieure à la moitié de la cible fixée pour cet indicateur (0,20 %).

Figure 8 Indicateur mondial 17.2.1 - Aide publique au développement nette, montant total, en proportion du revenu national brut (RNB) des pays donateurs membres du Comité d'aide au développement de l'OCDE, Canada.
Figure 8 Indicateur mondial 17.2.1 - Aide publique au développement nette, montant total, en proportion du revenu national brut (RNB) des pays donateurs membres du Comité d'aide au développement de l'OCDE, Canada
Description textuelle du graphique 8
Année Total Pays les moins avancés
2018 0.277 0.1
2019 0.275 0.09
2020 0.311 0.09
2021 0.319 s/o

Initiatives nationales prioritaires

Favoriser la collaboration et les partenariats pour faire progresser les ODD au niveau national

Le Canada est conscient du fait que les partenariats sont au cœur de la réalisation du Programme 2030 et de l’atteinte de ses 17 ODD. Le gouvernement du Canada travaille en étroite collaboration avec un large éventail de partenaires, dont des organisations de la société civile et du secteur privé ainsi que des organisations multilatérales. Ces partenariats sont essentiels pour étayer les efforts du Canada en vue d’éradiquer la pauvreté et de bâtir un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère.

En complément du Programme de financement des ODD, le Canada mène plusieurs initiatives dans le but de renforcer les partenariats existants et de fournir des fonds à l’appui des ODD. Par exemple, le Programme de partenariats pour le développement social favorise les investissements dans les organismes sans but lucratif en vue d’améliorer la qualité de vie des personnes en situation de handicap, des enfants et des familles ainsi que d’autres groupes vulnérables. Les activités financées par ce programme devraient mener à l’enrichissement et à la mise en commun des connaissances relatives aux enjeux sociaux actuels et nouveaux, favoriser la collaboration, les partenariats, les alliances et les réseaux et conduire à l’élaboration d’approches pour aborder les enjeux sociaux actuels et nouveaux.

La Stratégie d’innovation sociale et de finance sociale (IS/FS) a été lancée en 2019. Dans le cadre de cette stratégie, 100 millions de dollars ont été investis jusqu’ici dans le Programme de préparation à l’investissement, et on a annoncé l’affectation de 755 millions de dollars au Fonds de finance sociale afin d’appuyer les organismes à vocation sociale (OVS) – organismes de bienfaisance, organismes sans but lucratif, entreprises sociales, coopératives et entreprises ayant une mission sociale. Les OVS jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre du Programme 2030 et l’atteinte des ODD par le Canada. La Stratégie d’IS/FS a été conçue de manière à promouvoir l’équité sociale et à aider les OVS à appuyer des populations canadiennes diversifiées, ne bénéficiant pas de services suffisants et en quête d’équité, ce qui inclut les femmes, les Autochtones, les personnes à faible revenu, les Canadiens noirs et les autres personnes racisées, les personnes en situation de handicap, les membres de la communauté 2ELGBTQI+, les communautés de langue officielle en situation minoritaire ainsi que les nouveaux immigrants et les réfugiés. La Stratégie fournit un soutien aux OVS afin qu’ils puissent élaborer de nouvelles solutions, établir des partenariats efficaces avec des organisations privées et des institutions publiques et régler ainsi des problèmes sociaux et environnementaux urgents. Elle accroît aussi la capacité de ces organismes à attirer des investissements publics et privés qui auront des retombées sociales et environnementales positives, tout en favorisant une croissance économique inclusive et durable. En date de 2021, le Programme de préparation à l’investissement a accordé des subventions de renforcement des capacités à environ 700 OVS et a permis de renforcer les partenariats ainsi que de mobiliser de nouvelles ressources et de nouveaux outils pour surmonter les obstacles avec lesquels doivent composer ces organismes lorsqu’ils veulent accéder à des investissements.

Mesures prises à l’échelle internationale

Financement à l’appui des ODD

Le Canada a fait d’importants progrès pour aider à orienter le financement mondial d’initiatives de développement afin de mobiliser des sources de financement prévisibles et robustes à l’appui des ODD. Il a notamment collaboré avec les institutions financières internationales et le secteur privé pour étayer les infrastructures économiques et sociales, il a mis à l’essai des mécanismes de financement novateurs, il a pris des mesures pour corriger les vulnérabilités au chapitre de la dette ainsi que pour améliorer les flux de versements, et il a soutenu la coopération fiscale. Dans le cadre de ces travaux, le Canada a constamment appuyé l’établissement de partenariats inclusifs. Par exemple, dans le cadre d’un projet mené avec l’Organisation internationale du Travail, le Canada travaille à la promotion et à la protection des droits des travailleurs migrants en Asie, en partenariat avec des ministères nationaux, des organismes régionaux, des organisations de travailleurs, le secteur privé, des organisations de la société civile et des établissements universitaires. Jusqu’à maintenant, plus de 36 000 personnes (dont 43 % sont des femmes) des États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ont suivi une formation sur la gouvernance de la migration de la main d’œuvre, et plus de 157 000 travailleurs migrants (dont 45 % de femmes) ont bénéficié de services de soutien personnalisés par le biais d’un réseau de 30 centres de ressources pour les travailleurs migrants, ce qui inclut plus de 4 millions de dollars américains d’indemnisation à la suite de violations des droits du travail et de blessures en milieu de travail.

Pour aider à maximiser le financement axé sur les ODD, le Canada a lancé le Programme d’innovation en aide internationale (PIAI) et le Programme de prêts souverains (PPS) en 2019. Le Canada a pris des engagements totalisant jusqu’ici près de 300 millions de dollars destinés à des initiatives menées dans le cadre du PIAI pour appuyer l’agriculture et les infrastructures adaptées au climat, le financement des petites et moyennes entreprises et les investissements dans une optique tenant compte des différences entre les sexes. Entre autres, le Canada appuie le Fonds BUILD, un mécanisme de financement mixte qui mobilise des investissements publics et privés dans le but de démontrer la viabilité des investissements dans les pays moins développés. Ce fonds soutient des entrepreneurs, des propriétaires d’entreprise (dont des femmes), des fournisseurs, des consommateurs et des utilisateurs en améliorant l’accès à des biens et services de qualité.

Le Canada a profité du fait qu’il assurait la présidence du G7 en 2018 pour mettre de l’avant de nouvelles approches de financement novateur du développement dans l’optique de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes et des filles. Ainsi, trois initiatives phares ont été lancées lors du Sommet de Charlevoix : l’Engagement de Charlevoix pour un financement novateur du développement; le Défi 2X, dans le cadre duquel les institutions de financement du développement du G7 ont proposé de mobiliser collectivement 3 milliards de dollars pour soutenir l’autonomisation des femmes et l’égalité des genres; et le Réseau de leadership d’investisseurs, conçu pour faciliter et accélérer la collaboration d’investisseurs institutionnels de premier plan en vue d’instaurer une économie mondiale durable et inclusive. Le Défi 2X a permis de recueillir, dans une optique d’égalité des genres, des investissements totalisant 16,3 milliards de dollars américains en 2021 et en 2022 pour appuyer 473 entreprises en Asie, en Afrique, en Europe centrale, en Europe de l’Est, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

FinDev Canada a amorcé ses activités en 2018 et se consacre à fournir des services financiers au secteur privé dans les pays en développement, ainsi qu’à mobiliser des capitaux privés dans le but de stimuler une croissance économique durable au profit des populations locales, en particulier les femmes. Son mandat est de contribuer à la réduction de la pauvreté en misant sur la création d’emplois, l’autonomisation économique des femmes et l’atténuation des changements climatiques. On peut mentionner, par exemple, l’aide accordée à la société MKOPA afin qu’elle puisse fournir de l’énergie solaire à un million de foyers africains à faible revenu. FinDev Canada a aussi pris une participation dans Miro Forestry Development Ltd., une entreprise ouest-africaine de foresterie durable et de produits du bois d’œuvre, ce qui permettra à cette dernière d’étendre ses plantations forestières et ses activités industrielles de transformation du bois.

Appuyer le système économique mondial

Afin de maximiser l’impact de l’allocation de droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) la plus élevée de l’histoire (650 milliards de dollars américains), le Canada et de nombreux pays du G7 et du G20 qui comptent sur de solides positions extérieures ont convenu de canaliser 20 % de leurs nouveaux DTS vers les pays à faible revenu et d’autres pays vulnérables. Le Canada a été le premier pays à annoncer qu’il avait dépassé la cible en question, ayant canalisé 40 % de ses nouveaux DTS conformément à cet engagement, grâce notamment à une contribution d'une milliard de dollars à la Fiducie pour la réduction de la pauvreté et la croissance du FMI; à une contribution de 2,4 milliards de dollars au Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité du FMI, qui aide les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire vulnérables à accroître leur résilience face aux chocs externes comme ceux causés par les changements climatiques; et à l’affectation de 4,35 milliards de dollars au Compte pour l’Ukraine, qui est administré par le FMI.

Dans un contexte marqué par les restrictions commerciales de plus en plus nombreuses imposées à l’échelle mondiale en raison de la COVID-19, le Canada a dirigé et appuyé l’élaboration de différentes déclarations internationales comportant des engagements en vue d’assurer la libre circulation des fournitures médicales et des biens essentiels. Grâce au leadership exercé par le Canada dans le cadre des travaux du Groupe d’Ottawa sur la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2020, le Groupe a convenu d’une déclaration commune axée sur la COVID-19, qui comportait des mesures importantes de la part des pays membres afin de soutenir une reprise économique mondiale inclusive, durable et résiliente. Les travaux menés dans le cadre de cette initiative ont aidé à produire les résultats présentés lors de la 12e Conférence ministérielle de l’OMC en 2022 au sujet de l’état de préparation aux pandémies futures. Le Canada a pris l’engagement de mettre en place une organisation qui sert les intérêts de tous les membres et qui appuie le système économique mondial. C’est d’ailleurs dans ce but qu’il participe aux travaux de réforme de l’OMC, notamment au sein du Groupe d’Ottawa.

Favoriser la collaboration et les partenariats pour faire progresser les ODD à l’étranger

Le Canada cherche constamment des moyens de renforcer les partenariats multipartites et de mettre en commun les connaissances afin d’appuyer le développement dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables. Les partenaires canadiens, internationaux et locaux fournissent une expertise technique et un savoir pertinent à l’échelon local, et ils prônent des politiques pour habiliter les efforts de mobilisation bilatérale et multilatérale du Canada à l’échelle du globe.

La société civile a un rôle important à jouer dans la promotion, la coordination et la défense de l’engagement à l’égard des ODD à l’échelle tant nationale que mondiale. Grâce au programme « Inspirer l’action pour la citoyenneté mondiale » et à d’autres initiatives similaires, les conseils provinciaux et régionaux canadiens qui composent le Réseau de coordination des conseils provinciaux et régionaux pour la coopération internationale peuvent offrir un soutien à davantage de Canadiens, en particulier les jeunes, qui participent à des campagnes, à des ateliers et à des activités de formation portant sur des enjeux de développement international rattachés aux ODD.

Le premier ministre Trudeau, dans son rôle de coprésident, avec la première ministre de la Barbade, Mia Mottley, du Groupe des défenseurs des Objectifs de développement durable du secrétaire général des Nations Unies, accorde la priorité à la collaboration avec des partenaires et des parties prenantes de manière à mettre davantage l’accent sur les ODD. À titre de coprésident de ce groupe, le premier ministre, de concert avec les 17 défenseurs des ODD, s’efforce d’inspirer et de conscientiser les dirigeants mondiaux dans l’optique de l’atteinte des ODD pendant cette Décennie d’action (2021-2030).

Défis et possibilités

Le Canada a appris à mieux s’adapter et à trouver des moyens plus souples et plus efficaces de collaborer avec ses partenaires de développement dans un environnement mondial caractérisé par l’entrecroisement de multiples crises, comme les changements climatiques, la pandémie de COVID-19 et le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Pour donner suite aux défis entourant le financement du développement, qui ont été exacerbés par la pandémie de COVID-19, le premier ministre Trudeau, aux côtés du premier ministre Holness de la Jamaïque et du secrétaire général des Nations Unies António Guterres, a lancé en mai 2020 une initiative intitulée Financement du développement à l'ère de la COVID-19 et au-delà. Cette initiative a servi à réunir la communauté internationale pour élaborer des approches stratégiques pratiques, composer avec les répercussions socioéconomiques et financières de la pandémie et poursuivre les efforts en vue d’atteindre les ODD. En outre, le premier ministre Trudeau, dans son rôle de coprésident, avec la première ministre de la Barbade, Mia Mottley, du Groupe des défenseurs des Objectifs de développement durable du secrétaire général des Nations Unies, accorde la priorité à la collaboration avec des partenaires et des parties prenantes de manière à mettre davantage l’accent sur les ODD.

Pleins feux : Mesures prises par les intervenants

Together|Ensemble 2022 a constitué le quatrième d’une série de symposiums et de conférences tenus depuis 2017 par une communauté diversifiée et de plus en plus large au sein de la société canadienne qui travaille à l’atteinte des ODD. La première édition a été organisée par l’Alberta Council of Global Cooperation et s’est tenue à l’Université de Calgary en 2017. Cette conférence reflète une approche qui englobe l’ensemble de la société dans le but de donner suite aux plus difficiles défis du Canada en matière de développement durable; elle réunit le secteur privé, le milieu universitaire, les gouvernements et la société civile. L’événement de trois jours, qui s’est déroulé en ligne en 2022, a été organisé par le Réseau de solutions de développement durable, l’entité hôte étant l’Université de Waterloo. L’impressionnante combinaison de 26 séances, de plus de 110 conférenciers et de 700 participants a conféré beaucoup de dynamisme aux travaux. Il y a notamment eu pendant une journée complète des événements stimulants organisés en parallèle par des groupes de premier plan des quatre coins du Canada qui travaillent à l’atteinte des ODD. Les discussions tenues en 2022 ont été orientées notamment par un large dialogue axé sur les 17 ODD, et ont aussi porté sur la mesure des progrès en vue de l’atteinte des ODD à mi-chemin d’ici l’horizon 2030.

Prendre des mesures à l’égard de tous les objectifs de développement durable

ODD 2 : Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable

Ambitions Canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : L’insécurité alimentaire est présente au Canada à divers degrés dans toutes les régions et pour tous les profils socioéconomiques.

Le taux d’insécurité alimentaire chez les Canadiens est passé de 11,6 % en 2018 à 12,9 % en 2021. Cela montre qu’il y a eu une détérioration des progrès vers la réalisation de l’objectif consistant à éliminer la faim et l’insécurité alimentaire au Canada. Les familles monoparentales dirigées par une femme courent un risque plus élevé d’insécurité alimentaire, 34,1 % d’entre elles se trouvant en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave, soit le même pourcentage qu’en 2018. Parmi les personnes de moins de 65 ans (non âgées) qui ne vivaient pas dans une famille économique, 18,5 % se trouvaient en situation d’insécurité alimentaire en 2021, un taux nettement plus élevé que la moyenne nationale de 12,9 %.

Le taux d’insécurité alimentaire est plus élevé dans les territoires canadiens que dans les provinces, 49,5 % des habitants du Nunavut, 20,4 % des habitants des Territoires du Nord‑Ouest et 21,2 % des habitants du Yukon vivant dans des ménages qui se trouvent en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave en 2020Note de bas de page 37. Les ménages autochtones affichent également des taux d’insécurité alimentaire plus élevés que la population canadienne en généralNote de bas de page 38. En 2016, 50,8 % des adultes des Premières Nations vivant dans une réserve se trouvaient en situation d’insécurité alimentaireNote de bas de page 39 et, en 2017, 77,1 % des adultes Inuits vivant dans l’Inuit Nunangat se trouvaient dans une telle situationNote de bas de page 40.

Figure 9 Indicateur mondial 2.1.2 – Proportion de personnes vivant dans une famille qui se trouve en situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave, en pourcentage, Canada.
Figure 9 Indicateur mondial 2.1.2 – Proportion de personnes vivant dans une famille qui se trouve en situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave, en pourcentage, Canada
Description textuelle du graphique 9
Année Toutes les personnes Personnes dans les familles monoparentales ayant une femme à leur tête Personnes non âgées hors famille économique
2018 11.6 34.1 18.9
2021 12.9 34.1 18.5

Initiatives nationales prioritaires

Le gouvernement du Canada a lancé la Politique alimentaire pour le Canada en 2019, dont l’objectif est de faire en sorte que toutes les personnes au Canada aient accès à une quantité suffisante d’aliments salubres, nutritifs et culturellement diversifiés et que les systèmes alimentaires soient résilients et novateurs, soutiennent l’environnement et appuient l’économie. En réaction à la pandémie de COVID-19, le gouvernement du Canada a effectué des investissements supplémentaires à l’appui de cette cible au moyen d’initiatives comme le Fonds d’urgence pour la sécurité alimentaire et le Fonds de soutien aux communautés autochtones. Dans le cadre de son Plan d’intervention économique pour répondre à la COVID-19, le gouvernement du Canada a versé 20 millions de dollars par année en 2020-2021 et en 2021-2022 afin de remédier aux vulnérabilités émergentes concernant la capacité d’inspection qui découlent de la pandémie de COVID-19 et d’assurer un approvisionnement alimentaire adéquat, salubre et fiable pour les Canadiens.

Le Canada continue d’améliorer et d’élargir ses programmes de sécurité alimentaire dans le Nord canadien. La Subvention pour le soutien aux chasseurs-cueilleurs a été mise au point en 2020 en collaboration directe avec des partenaires autochtones pour accroître leur accès aux aliments traditionnels. Depuis son lancement, elle a permis de soutenir plus de 5 500 chasseurs-cueilleurs dans 108 communautés admissibles, et elle a donné lieu à plus de 85 nouvelles initiatives de partage d’aliments et 113 activités de chasse et de récolte communautaires. Les partenaires ont salué la conception et la souplesse de la Subvention et l’ont décrite comme une étape importante vers la réconciliation. En 2021, le Canada a élargi la Subvention et ajouté une nouvelle Subvention pour les programmes alimentaires des communautés afin de soutenir l’infrastructure alimentaire locale dans 112 communautés isolées et d’ainsi renforcer la souveraineté alimentaire. Ces investissements visent à encourager le retour aux régimes alimentaires et aux pratiques traditionnelles, à réduire la dépendance envers les aliments achetés en magasin et à accroître les activités de partage des aliments qui soutiennent les plus marginalisés. Le Canada finance et appuie également des initiatives d’éducation nutritionnelle dans toutes les communautés isolées du Nord admissibles afin d’accroître les connaissances en matière d’alimentation saine et de faciliter l’acquisition de compétences en matière de sélection et de préparation d’aliments sains.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le Canada fournit un soutien au développement de systèmes agricoles et alimentaires pour s’attaquer aux causes profondes de la faim et a affecté 650 millions de dollars à l’aide alimentaire et nutritionnelle humanitaire mondiale en 2022. Cela comprenait 100 millions de dollars pour soutenir la croissance des petites et moyennes entreprises agroalimentaires en Afrique par le biais de la Banque africaine de développement afin d’accroître la sécurité alimentaire, et 52 millions de dollars pour appuyer des solutions agricoles, notamment de l’équipement temporaire de stockage des céréales en Ukraine. Le Canada a également versé un financement humanitaire de 30 millions de dollars au Programme alimentaire mondial pour faciliter le transport, l’entreposage et la distribution des céréales ukrainiennes acheminées dans le cadre de l’Initiative céréalière de la mer Noire vers les pays aux prises avec une insécurité alimentaire aiguë. De plus, le Canada a soutenu des organisations de la société civile canadienne pour qu’elles viennent en aide à des centaines de milliers de petits exploitants agricoles, de pêcheurs et de petits éleveurs de bétail en Afrique subsaharienne, en Asie et en Amérique latine, en particulier les femmes, grâce à une amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens de subsistance.

Défis et possibilités

De nombreux Canadiens éprouvent des difficultés accrues en raison de l’inflation et d’autres facteurs économiques et sont de plus en plus préoccupés par l’insécurité alimentaire, en particulier ceux qui vivent dans des ménages vulnérables. Les conflits mondiaux ont également des répercussions sur la sécurité alimentaire partout dans le monde.

Le gouvernement du Canada met en œuvre une éventail d’initiatives visant à atténuer les pressions financières immédiates pour les ménages canadiens et à appuyer des solutions communautaires plus vastes et à plus long terme afin de renforcer les systèmes alimentaires et sociaux. Le gouvernement améliore également la mesure des facteurs de sécurité alimentaire et des résultats en matière de sécurité alimentaire. Plus récemment, le gouvernement fédéral s’est engagé à collaborer avec les provinces, les territoires, les municipalités, les partenaires autochtones et des intervenants en vue d’élaborer une Politique nationale en matière d’alimentation dans les écoles et d’examiner les mesures pouvant être prises pour qu’un plus grand nombre d’enfants canadiens puissent recevoir des aliments nutritifs à l’école.

La vitalité à long terme du secteur de l’alimentation et de l’agriculture et l’établissement d’un approvisionnement stable et salubre dépendent d’un environnement sain et de la résilience face aux changements climatiques. Le gouvernement du Canada s’est engagé à verser plus de 1,5 milliard de dollars pour accélérer les progrès du secteur de l’agriculture en ce qui concerne la réduction des émissions, l’amélioration de la résilience climatique et le fait de devenir un chef de file mondial de l’agriculture durable. De plus, le nouveau Partenariat canadien pour une agriculture durable, une entente de 3,5 milliards de dollars sur 5 ans entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, contribue de façon importante à la promotion et à l’augmentation de la production agricole durable dans le secteur canadien de l’agriculture. La Stratégie pour une agriculture durable aidera également à établir une orientation commune pour une action collective visant à améliorer la performance environnementale du secteur à long terme, à soutenir les moyens de subsistance des agriculteurs et à renforcer la vitalité des entreprises agricoles canadiennes.

Pleins feux : Mesures prises par les intervenants

Partout au Canada, des organismes et des agriculteurs améliorent l’accès aux aliments, font la promotion d’une agriculture durable et réduisent le gaspillage alimentaire. Les Producteurs d’œufs du Canada (POC), l’organisme national qui représente les producteurs d’œufs de partout au pays, s’efforcent d’offrir aux Canadiens un approvisionnement constant en aliments sains et entiers tout en contribuant à la sécurité alimentaire des communautés et en soutenant les communautés rurales dynamiques dans lesquelles des producteurs d’œufs exercent leurs activités. Les producteurs d’œufs contribuent à faire progresser l’ODD 2 en veillant à ce que les Canadiens aient accès toute l’année à des œufs frais, locaux, abordables et de grande qualité partout au pays. Les POC collaborent régulièrement avec des organismes comme Banques alimentaires Canada et le Club des petits déjeuners du Canada pour livrer des millions d’œufs aux Canadiens en situation de vulnérabilité et aux enfants dans le cadre de programmes de petits déjeuners chaque année. Dans le cadre du Programme des femmes dans l’industrie des œufs, les POC cherchent à éliminer les obstacles auxquels les femmes peuvent faire face dans le secteur (ODD 5, Égalité entre les sexes). L’organisme investit également dans des recherches continues sur le climat afin d’explorer les pratiques exemplaires en matière de durabilité et de réduire l’empreinte environnementale du secteur, tout en continuant de répondre à la demande canadienne d’œufs locaux et abordables (ODD 13, Action climatique). Au cours des 50 dernières années, les producteurs d’œufs canadiens ont réduit les répercussions environnementales de la production d’œufs de 68 % sur le plan des émissions de gaz à effet de serre, de 69 % sur celui de l’utilisation durable de l’eau, de 81 % sur celui de l’utilisation des terres et de 41 % sur celui de l’utilisation de l’énergie.

De plus, les POC font équipe avec des organisations internationales pour offrir aux communautés vulnérables l’accès à une source fiable d’œufs riches en protéines, qui ont été nommés « ingrédient vedette » par l’Organisation des Nations Unies (ONU) lors de la Journée mondiale de l’alimentation 2021. Par exemple, leur travail avec l’organisme humanitaire dirigé par le Canada Heart for Africa a renforcé la production d’œufs à Eswatini en partageant l’expertise agricole canadienne pour former et soutenir les agriculteurs locaux (ODD 17, Partenariats pour la réalisation des objectifs). En plus d’exploiter une grande ferme et d’embaucher des résidents de la communauté locale, ce projet vient compléter un programme de repas qui rejoint 4 500 membres de la communauté toutes les semaines. Plus de 11 millions d’œufs ont été produits localement et livrés à la communauté depuis 2016.

CropLife Canada est l’association commerciale qui représente les fabricants, les concepteurs et les distributeurs de solutions phytoscientifiques novatrices, ce qui comprend des innovations en matière de produits antiparasitaires et de sélection des plantes, pour l’agriculture, le milieu urbain et la santé publique. Lancée en 2018, son initiative Gérer la résistance maintenant a permis aux agriculteurs et aux revendeurs de rechercher et de trouver des stratégies de pratiques exemplaires pertinentes qui fournissent des conseils cruciaux et opportuns sur la gestion de la résistance aux parasites. L’initiative consiste en un effort de collaboration entre des experts de l’industrie, du milieu universitaire et du gouvernement en vue d’accroître les connaissances et de promouvoir l’adoption de stratégies qui permettront de réduire la résistance des mauvaises herbes, des insectes et des maladies. Depuis son lancement, elle a donné lieu à la production de 19 fiches d’information, de 11 études de cas, de 16 vidéos et d’articles de fond ainsi qu’à une présence active sur les médias sociaux et à un concours à l’intention des producteurs pour faciliter la communication d’information aux agriculteurs et assurer la sensibilisation à la gestion de la résistance et la compréhension de celle-ci. Elle aide également à faire progresser les ODD grâce à ses résultats dans les domaines suivants :

  • protéger les cultures contre les espèces de ravageurs domestiques et envahissantes;
  • assurer l’accessibilité à des aliments sains et nutritifs au Canada et à l’étranger;
  • faire en sorte que les agriculteurs puissent continuer d’utiliser de façon responsable les technologies de protection des cultures pour produire des cultures durables et à haut rendement.

ODD 3 : Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Un nombre accru de Canadiens ont estimé que leur santé mentale s’est détériorée en 2021 à la suite du début de la pandémie de COVID-19 en 2020.

Les Canadiens ont estimé que leur santé mentale s’est détériorée en 2021 à la suite du début de la pandémie de COVID-19 en 2020 et en raison des répercussions sociales persistantes. Parmi les Canadiens, 59,0 % ont estimé que leur santé mentale allait de très bonne à excellente en 2021, ce qui représente une baisse par rapport à 68,6 % en 2018 et constitue un obstacle à la réalisation de l’ambition selon laquelle les Canadiens ont une vie saine et satisfaisante. Il a été signalé que la santé mentale chez les femmes était particulièrement moins bonne que celle des hommes en 2018 et en 2021. En 2021, 55,1 % des femmes ont déclaré avoir une très bonne ou une excellente santé mentale comparativement à 63,0 % chez les hommes. Chez les femmes âgées de 18 à 34 ans, moins de la moitié (45,8 %) ont déclaré avoir une très bonne ou une excellente santé mentale en 2021, soit beaucoup moins qu’en 2018, et ce taux est considérablement plus faible que celui des hommes. Bien que des hommes jeunes aient également déclaré qu’il y a eu des répercussions sur leur santé mentale entre 2018 et 2021, la proportion de ceux-ci qui ont déclaré avoir une très bonne ou une excellente santé mentale est demeurée plus élevée que chez les femmes.

Figure 10 Indicateur national 3.7.1 – Pourcentage des Canadiens qui perçoivent leur santé mentale comme très bonne ou excellente, Canada.
Figure 10 Indicateur national 3.7.1 – Pourcentage des Canadiens qui perçoivent leur santé mentale comme très bonne ou excellente, Canada
Description textuelle du graphique 10
Année Toutes les personnes Femmes Hommes Femmes âgées de 18 à 34 ans Hommes âgés de 18 à 34 ans
2018 68.6 66.1 71.2 59.5 68.5
2021 59 55.1 63 45.8 56.1

Initiatives nationales prioritaires

Le portail Espace mieux-être Canada a été créé en réaction à une hausse des préoccupations en matière de santé mentale et de toxicomanie depuis le début de la pandémie de COVID-19. En avril 2023, plus de 3,42 millions de personnes au Canada avaient accédé au portail dans le cadre de plus de 9,59 millions de séances Web.

Le Canada continue de soutenir l’amélioration du bien-être mental dans les communautés autochtones au moyen d’approches communautaires dirigées par les Autochtones en matière de prévention du suicide, de promotion de la vie, d’intervention en cas de crise et de services de traitement et de prévention de la toxicomanie adaptés à la culture. Cela comprend également un financement pour l’accès à des soutiens en santé mentale, culturels et émotionnels tenant compte des traumatismes pour les personnes touchées par des traumatismes intergénérationnels et subis durant l’enfance, notamment les survivants des pensionnats autochtones et les membres de leur famille, les anciens élèves des externats indiens fédéraux et les membres de leur famille, et ceux et celles concernés par la tragédie nationale des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées.

Comme première étape pour éliminer les inégalités dans l’accès aux services de soins dentaires, la Prestation dentaire canadienne provisoire a été lancée en 2022 afin de permettre aux parents d’obtenir des paiements directs pour les enfants admissibles de moins de 12 ans (pendant 2 ans, jusqu’à concurrence de 1 300 $ par enfant) en vue d’aider à payer les coûts des services de soins dentaires. On estime que plus de 500 000 enfants en profiteront.

De plus, la Politique financière collaborative du Canada sur l’autonomie gouvernementale (lancée en 2019) a commencé à établir une nouvelle relation financière entre les gouvernements autochtones autonomes et le Canada, et elle comprend un volet sur le bien-être social qui vise à aider à combler les lacunes grâce à des initiatives fructueuses fondées sur des données probantes qui reconnaissent que la culture, la langue et le patrimoine constituent des éléments fondamentaux du bien-être social. En tout, 25 gouvernements autochtones autonomes ont reçu 189,2 millions de dollars en 2018 pour appuyer des initiatives de processus de collaboration, y compris du financement pour aider à combler les lacunes en matière de bien-être social.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le Canada est un chef de file de longue date en matière de santé dans le monde. L’Engagement de 10 ans en matière de santé et de droits dans le monde du Canada s’appuie sur l’initiative de Muskoka (2011 à 2020) et renforce son soutien à l’ODD 3. Le nouvel engagement de 10 ans comprend 1,4 milliard de dollars par année pour les programmes en matière de santé mondiale à compter de l’exercice 2023-2024, dont 700 millions consacrés à la promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs. En 2020, le Canada a versé plus de 3,5 milliards de dollars supplémentaires dans le cadre de l’intervention relative à la pandémie. De plus, en 2021-2022, le Programme de subventions internationales à la santé a versé 2,3 millions de dollars à des bénéficiaires étrangers pour contribuer à l’amélioration de la santé et du bien-être, ce qui comprend des projets visant à protéger les personnes contre les risques liés aux agents pathogènes et aux toxines, à favoriser la santé et l’équité entre les sexes ainsi qu’à protéger les populations vulnérables, à permettre une intervention rapide et coordonnée relativement aux pandémies futures, à améliorer la salubrité de l’eau et à lutter contre les changements climatiques.

Le Canada continue de chercher à résoudre les problèmes liés aux maladies infectieuses et à la vaccination, comme la diminution de la vaccination systématique des enfants. En 2022, le Canada a versé 1,21 milliard de dollars pour renflouer le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Le soutien du Canada au Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT) a aidé le mécanisme COVAX à livrer plus de 1,9 milliard de doses de vaccins contre la COVID-19 à l’échelle mondiale, ce qui a accru l’accès aux tests de dépistage et aux traitements de la COVID-19 et a renforcé les systèmes de santé. Le Canada a versé plus de 2 milliards de dollars aux partenaires de l’Accélérateur ACT pour combler les lacunes continues en matière d’accès aux vaccins, aux traitements et aux diagnostics pour les populations à risque élevé dans les pays à revenu faible et moyen jusqu’en 2024. Cela comprend l’Initiative mondiale pour l’équité vaccinale du Canada, une initiative phare de 275 millions de dollars, lancée en 2022, qui vise à améliorer la livraison et la distribution des vaccins, à renforcer la capacité des systèmes de santé et à diversifier la fabrication locale de vaccins dans 12 pays.

Le leadership du Canada assuré par le Groupe d’Ottawa sur la réforme de l’OMC a donné lieu à une Initiative sur le commerce et la santé [disponible en anglais seulement] en réaction à la pandémie de COVID-19, en 2020. Dans le cadre de l’Initiative, le Groupe d’Ottawa a prôné une coopération accrue entre tous les membres de l’OMC pour renforcer les chaînes d’approvisionnement à l’échelle du globe et faciliter la circulation des produits médicaux essentiels, dont les vaccins, dans le contexte de la pandémie.

Défis et possibilités

Les jeunes, les Autochtones, les Canadiens noirs et racisés et les membres de la communauté 2ELGBTQI+ sont touchés de façon disproportionnée par des problèmes importants et uniques en matière de santé mentale. La pandémie de COVID-19 a eu une incidence sur la santé mentale perçue, et cela s’est accompagné d’une augmentation du nombre de Canadiens ayant eu un dépistage positif pour la dépression, l’anxiété ou le trouble de stress post-traumatique.

Le Canada continuera de travailler à l’amélioration des résultats en matière de santé et de bien-être dans le cadre de l’ODD 3 afin de surmonter les difficultés et les épreuves découlant de la pandémie de COVID-19. Les prochaines étapes et les occasions à exploiter sont les suivantes :

Pleins feux : Mesures prises par les intervenants

Black Youth Helpline [disponible en anglais seulement] est un organisme de bienfaisance national qui offre des services directs et dirige des initiatives novatrices de changement stratégique axées sur la prévention de la rupture sociale pour les populations d’enfants, de jeunes et de familles les plus vulnérables. Il sert tous les jeunes et comble tout particulièrement le besoin concernant l’offre d’un service destiné aux jeunes Noirs, et il est bien placé et doté de ressources pour promouvoir l’accès à un soutien professionnel et culturellement adapté pour les jeunes, les familles et les écoles. En plus de fournir des services directs, l’organisme mène des initiatives axées sur des solutions de rechange à l’exclusion des écoles, sur l’accès à des soins professionnels en santé mentale et sur le développement communautaire au moyen d’approches qui accordent la priorité à la prévention primaire et à la pertinence culturelle. L’organisme fait actuellement équipe avec 84 districts scolaires partout au Canada et a constaté une augmentation des partenariats et de la collaboration avec des dirigeants des systèmes de santé qui cherchent des moyens de favoriser l’accès à des soins de santé mentale efficaces.

ODD 6 : Garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable

Ambition canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Maintenir et améliorer la qualité de l’eau des rivières du Canada.

La qualité de l’eau des rivières du Canada est un indicateur de la qualité globale de l’eau au pays. Pour la période 2018 à 2020, la qualité de l’eau a été jugée comme allant de bonne à excellente pour un peu moins de la moitié (45 %) des rivières – une hausse par rapport à 40 % pour la période 2016 à 2018. Une augmentation de la proportion de rivières dont la qualité de l’eau va de bonne à excellente témoigne d’une tendance vers la réalisation de l’ambition selon laquelle les Canadiens ont accès à l’eau potable et l’utilisent de manière durable. Par ailleurs, la qualité de l’eau a été jugée comme allant de marginale à mauvaise pour 16 % des rivières, une légère détérioration par rapport à 15 % pour la période 2016 à 2018. Si l’on examine les tendances à long terme, la qualité de l’eau n’a pas changé entre 2002 et 2020 à plus de la moitié des sites (60 %) dans le Sud du Canada. Là où elle a changé, elle s’est détériorée (30 %) plus souvent qu’elle ne s’est améliorée (10 %)Note de bas de page 43.

Figure 11 Indicateur national 6.4.1 – Qualité de l'eau des rivières, Canada.
Figure 11 Indicateur national 6.4.1 – Qualité de l'eau des 
rivières, Canada
Description textuelle du graphique 11
Année Bonne ou excellente Satisfaisante Douteuse Mauvaise
2016-2018 40 40 17 2
2018-2020 45 38 14 2

Initiatives nationales prioritaires

Le Canada continue de soutenir les communautés des Premières Nations vivant dans les réserves afin de s’assurer qu’elles disposent de fonds et de ressources pour se doter de réseaux d’alimentation en eau durables. En 2021-2022, 1,29 milliard de dollars ont été engagés sur deux ans (2022 à 2024) dans le cadre du Programme amélioré pour l’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées des Premières Nations. Cela comprend 247 millions de dollars pour les infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement à l’appui de projets axés sur la levée des ALTQEP restants dans les réserves, et 1,04 milliard de dollars destinés à de nouveaux projets d’immobilisations en matière d’approvisionnement en eau et d’assainissement, ce qui englobe à la fois de nouvelles constructions et des travaux de réparation et de mise à niveau des réseaux. Outre les Premières Nations vivant dans les réserves, le gouvernement du Canada investit dans des projets d’infrastructure partout au pays par l'entremise du Fonds pour le développement des communautés du Canada. Ces investissements visent à réduire le nombre de communautés qui subissent des interruptions de service d’alimentation en eau potable ainsi que la quantité d’eau utilisée par personne au Canada, à améliorer le traitement des eaux usées pour réduire la pollution des rivières, des lacs et des océans, et à assurer une stabilité à long terme pour appuyer la planification des améliorations futures des réseaux.

Le gouvernement du Canada prend également des mesures pour prévenir la pollution nocive et surveiller la qualité de l’eau des lacs et des rivières, des eaux côtières et des cours d’eau dans le Nord. Par exemple, l’application des règlements pris en vertu des dispositions relatives à la prévention de la pollution de la Loi sur les pêches protège les eaux où vivent des poissons contre la menace de pollution, et le Programme des sites contaminés du Nord (2002) appuie la recherche et la surveillance concernant la pollution par les plastiques dans le Nord ainsi que le renforcement des capacités connexes au moyen de projets de surveillance et de recherche environnementaux.

Le Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées (2016) et le Programme d’infrastructure Investir dans le Canada (2018) ont aidé les communautés à réduire la pollution de l’air et de l’eau, à fournir de l’eau propre, à accroître la résilience face aux changements climatiques et à créer une économie axée sur la croissance propre, et ils ont contribué à bâtir des communautés fortes, dynamiques et inclusives et à faire en sorte que les familles canadiennes aient accès à des services modernes et fiables qui améliorent la qualité de vie. De plus, le Plan d’action sur l’eau douce (financé en 2017 et en 2022) a aidé à réduire la pollution par le phosphore, à nettoyer les sédiments contaminés, à éliminer d’autres altérations des utilisations bénéfiques dans les grands plans d’eau, à coordonner des projets scientifiques visant à améliorer la qualité de l’eau, à préserver la biodiversité et à promouvoir l’utilisation durable de plusieurs ressources en eau du Canada.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le manque de services d’approvisionnement en eau propre, d’assainissement et d’hygiène touche de façon disproportionnée les femmes et les filles. Dans le cadre de la Politique d’aide internationale féministe, le gouvernement du Canada collabore avec des partenaires étrangers pour promouvoir les services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène partout dans le monde. La pandémie de COVID-19 a entraîné une modification des priorités mondiales et a mis en exergue l’importance de l’accès à de l’eau propre et à des services d’assainissement comme outil d’intervention, de prévention et de préparation en cas de pandémie. Dans le cadre de l’intervention du Canada relative à la pandémie mondiale de COVID-19 par le biais de l’Accélérateur ACT, le Canada a versé 155 millions de dollars à l’Organisation mondiale de la Santé pour renforcer les systèmes de santé, ce qui comprend une assistance technique afin d’améliorer les services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène et la gestion des déchets. Cela a permis la création d’une liste de vérification [disponible en anglais seulement] relative à la COVID-19 pour les services essentiels d’approvisionnement en eau, d’assainissement, d’hygiène et de gestion des déchets et d’une analyse globale [disponible en anglais seulement] concernant les déchets médicaux liés à la COVID-19. Le Canada a également fait équipe avec l’UNICEF et a versé 170 millions de dollars dans le cadre de l’Initiative mondiale pour l’équité vaccinale du Canada afin d’appuyer l’intégration de la COVID-19 aux services d’immunisation systématique ainsi que la prestation de services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène adaptés au genre et de services de prévention et de contrôle des infections.

Le Canada reconnaît que la réalisation de progrès à l’égard de l’ODD 6 dans les zones touchées par des conflits doit faire l’objet d’une attention particulière. Le Canada affecte 5 millions de dollars au projet humanitaire d’assistance en matière de services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène adaptés au genre pour les populations touchées par les conflits dans la bande de Gaza de 2020 à 2023, dirigé par Action contre la faim Canada. Le Canada verse également 1,9 million de dollars au Centre for Affordable Water and Sanitation Technology pour mettre en œuvre l’initiative WomenLed WASH for Healthy Homes en Éthiopie (2022 à 2026), qui vise à améliorer la santé et le bien-être de 77 348 femmes, filles, hommes et garçons au moyen d’interventions axées sur l’acquisition de connaissances, de compétences et de comportements positifs en matière d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène.

Défis et possibilités

Le manque de fournitures, d’équipement et de capacité à l’échelle mondiale en raison de la pandémie et des différends internationaux pourrait avoir une incidence sur les calendriers des projets et sur l’aptitude du gouvernement fédéral à fournir un financement suffisant. Cela pourrait influer sur la capacité de respecter les dates cibles de levée déjà établies concernant les autres ALTQEP dans les réserves.

L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des précipitations liées aux changements climatiques complique la gestion des eaux de ruissellement par les villes. Les eaux de ruissellement non traitées ainsi que les rejets d’eaux non traitées provenant à la fois des eaux de ruissellement et des réseaux d’évacuation des eaux usées contribuent à la pollution de l’eau dans les bassins versants urbanisés.

Les prochaines étapes et les occasions à exploiter sont les suivantes :

Pleins feux : Mesures prises par les intervenants

Le Conseil Patronal de l’Environnement du Québec (CPEQ) est l’organisme-cadre qui représente le secteur des affaires du Québec pour les questions liées à l’environnement et au développement durable ainsi que les enjeux importants d’intérêt général et commun en coordonnant les objectifs des entreprises qui en sont membres. Entre autres projets, l’initiative Adaptation aux changements climatiques pour la gestion de l’eau vise à améliorer la gestion de la quantité et la qualité des eaux de ruissellement de la Municipalité régionale de comté de Brome-Missisquoi, grâce à l’utilisation d’infrastructures vertes dans le contexte des changements climatiques. Le projet a pour but de réduire la durée et la fréquence des épisodes de débordement, de minimiser les apports de sédiments dans une source d’eau potable et de réaménager un cours d’eau agricole. La municipalité a mis en place divers projets visant à mettre à l’essai une approche d’innovation sociale et à mesurer l’efficacité de plusieurs types d’infrastructures vertes dans trois milieux différents : urbain, montagneux et agricole. De plus, un cours d’eau dégradé a été réaménagé et fait l’objet d’améliorations environnementales en milieu agricole, qui concernent notamment la végétation de la bande riveraine. Cette approche de soutien agronomique a encouragé et aidé les producteurs à adopter des pratiques favorisant la conservation des sols et à mettre en place des installations hydroagricoles. En zone urbaine, un programme de débranchement des gouttières du réseau d’égout municipal a été élaboré. En zone montagneuse, une approche visant à aider les propriétaires fonciers lors des travaux de remodelage des sols et dans le cadre de leur formation en matière de travaux publics a été mise en œuvre. De plus, des structures de contrôle de l’érosion dans les emprises routières, à l’échelle d’un bassin versant en milieu montagneux, ont été mises en place.

ODD 7 : Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Consommation totale d’énergie par habitant

En raison des températures qui varient considérablement tout au long de l’année et de l’immensité géographique du pays, le Canada est considéré comme l’un des pays où la consommation d’énergie par habitant est la plus importante. En 2021, le Canadien moyen a consommé 0,21 térajoule, en baisse par rapport à 0,24 en 2018, ce qui montre que des progrès ont été accomplis; une accélération est toutefois nécessaire pour réaliser l’ambition canadienne en matière d’ODD concernant la réduction de la consommation d’énergie. Entre 2018 et 2021, la consommation totale d’énergie a diminué de 7,3 %, en raison en grande partie de la baisse de l’activité économique observée au début de la pandémie de COVID-19 en 2020. Bien que la consommation totale d’énergie ait commencé à augmenter en 2021, elle est demeurée sous les niveaux constatés avant la pandémie.

Figure 12 Indicateur national 7.2.1 – Consommation totale d'énergie par habitant, térajoules, Canada.
Figure 12 Indicateur national 7.2.1 – Consommation totale d'énergie par habitant, térajoules, Canada
Description textuelle du graphique 12
Année Consommation d'énergie par habitant
2015 0.23
2016 0.23
2017 0.23
2018 0.24
2019 0.24
2020 0.21
2021 0.21

Initiatives nationales prioritaires

Le Plan de réduction des émissions (PRE) pour 2030 du Canada, publié en 2022, décrit une feuille de route visant à permettre au Canada de ramener ses émissions à au moins 40 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030 et à zéro émission nette d’ici 2050, avec 9,1 milliards de dollars de nouvelles dépenses en plus des 100 milliards déjà investis. Dans le cadre du PRE, le Canada luttera contre les changements climatiques en investissant dans l’énergie propre et abordable (ce qui comprend notamment le renforcement de la capacité de production de combustibles propres, l’électricité renouvelable, les petits réacteurs modulaires et la modernisation des réseaux), et au moyen d’initiatives, comme l’élaboration de règlements sur l’électricité propre et l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les maisons, les immeubles et les installations industrielles du pays.

L’Initiative canadienne pour des maisons plus vertes, lancée en 2021, aide les propriétaires à économiser de l’argent et à réduire les émissions de GES grâce à l’offre de subventions et de prêts pour des rénovations écoénergétiques admissibles. Cela comprend le Programme pour la conversion abordable du mazout à la thermopompe, qui aide les propriétaires à revenu faible à moyen à passer du chauffage au mazout à des thermopompes hautement efficaces.

Le Canada continue de soutenir le programme Énergie propre pour les collectivités rurales et éloignées grâce à un investissement supplémentaire de 300 millions de dollars sur 5 ans annoncé en 2022. Cela comprend un nouveau financement destiné à l’Initiative autochtone pour réduire la dépendance au diesel, un programme de formation et de financement qui appuie les solutions climatiques dirigées par les Autochtones dans les communautés éloignées qui dépendent du diesel.

En plus des programmes Réseaux intelligents et Énergie renouvelable émergente dans le cadre du Plan Investir dans le Canada, des investissements dans l’énergie propre de la Banque de l’infrastructure du Canada et des efforts actifs pour éliminer progressivement la production d’électricité traditionnelle à partir du charbon au pays, le Canada a continué d’investir dans le Programme d’innovation énergétique, la recherche et le développement dans les infrastructures vertes ainsi que la recherche et le développement énergétiques. Ces initiatives continueront de faire progresser le développement et le déploiement de nouvelles technologies, connaissances et solutions pour accélérer la transformation des filières énergétiques.

Établies en 2022, les Tables régionales sur l’énergie et les ressources consistent en des partenariats conjoints avec le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires, en collaboration avec des partenaires autochtones et des intervenants clés. Elles ont pour but de cerner et d’accélérer les possibilités de transformer les industries des ressources traditionnelles et de faire progresser les industries émergentes pour en arriver à un avenir carboneutre. L’un des avantages attendus de ces processus régionaux sera un portrait plus précis des besoins en capital, en main-d’œuvre et en compétences d’une économie à faibles émissions de carbone.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le Canada appuie la transition des pays en développement vers l’énergie propre grâce à l’élimination progressive des émissions produites par les centrales au charbon et à un accès équitable à des solutions d’énergie propre et à des technologies écoénergétiques fiables et économiques. Cela englobe les secteurs où les entreprises canadiennes sont bien positionnées et possèdent une expertise de premier plan dans les domaines de l’énergie renouvelable, comme l’énergie solaire, éolienne et marine et l’hydrogène, ainsi que dans le transport et le stockage de l’énergie grâce aux technologies de réseaux intelligents.

Depuis 2021, le Canada aide les pays en développement à atteindre les objectifs d’atténuation des risques climatiques énoncés dans leurs contributions déterminées au niveau national ou à établir leurs plans et leurs cibles. Par exemple, le Canada verse un milliard de dollars au programme Accélération de la transition vers l’abandon du charbon du Fonds d’investissement climatique [disponible en anglais seulement] pour aider les pays en développement à passer de l’électricité produite par les centrales au charbon à l’énergie propre. Le Canada a codirigé avec le Royaume-Uni l’Alliance : Énergiser au-delà du charbon, une initiative de calibre mondial visant à accélérer l’élimination progressive des émissions produites par les centrales au charbon à l’échelle du globe. Le G7, dont fait partie le Canada, a élargi les partenariats pour une transition énergétique juste (PTEJ) afin d’accroître le niveau d’ambition concernant la transition énergétique et l’élimination progressive du charbon dans les pays en développement, tout en veillant à protéger les travailleurs et les communautés vulnérables.

En 2019-2020, le Canada a investi 786,8 millions de dollars dans la recherche, le développement et la démonstration en matière d’énergie propre par le biais de Mission Innovation, en collaboration avec des partenaires externes. Le Canada fait également progresser la collaboration internationale sur les minéraux critiques grâce à la mise en œuvre du Plan d’action canado-américain pour la collaboration dans le domaine des minéraux critiques et du Partenariat stratégique Canada-UE sur les matières premières.

Défis et possibilités

La production d’énergie est l’un des principaux facteurs contribuant aux changements climatiques; elle est en effet responsable d’environ 80 % des émissions de gaz à effet de serre du CanadaNote de bas de page 45.  Cela met en évidence la difficulté d’atteindre la carboneutralité au Canada, mais fait également ressortir le potentiel d’innovation au moyen d’initiatives ciblées qui accroissent l’accès des Canadiens à l’énergie propre, comme le Fonds pour l’énergie dans l’Arctique.

L’énergie propre et abordable est essentielle en vue de donner suite à l’intention du Canada et du reste du monde de décarboniser l’économie et d’atteindre la carboneutralité. Le Canada continuera de collaborer avec les principaux intervenants à titre de participant actif à Mission Innovation et en tant que membre de l’Agence internationale de l’énergie et de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables afin d’appuyer le développement et le déploiement de nouvelles technologies d’énergie propre, ce qui lui permettra d’être un chef de file en matière d’énergie propre.  

Il est essentiel d’accroître l’accès à une énergie propre, fiable et abordable pour améliorer le développement économique et atteindre les objectifs en matière de changements climatiques. Le Plan pour des emplois durables provisoire annoncé au début de 2023 décrit un cadre fédéral de gouvernance, de mobilisation et de responsabilisation pour faire progresser la prospérité économique et s’assurer que les travailleurs profitent des possibilités offertes par une économie à faibles émissions de carbone. Le Plan fait état de l’intention du gouvernement de déposer un projet de loi exigeant qu’un Plan d’action pour des emplois durables soit publié tous les cinq ans à compter de 2025 afin d’orienter et d’organiser les efforts visant à soutenir les travailleurs alors que le Canada bâtit une économie carboneutre.

ODD 8 : Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Bien que le salaire horaire moyen des employés ait augmenté depuis 2018, l’écart salarial entre les sexes persiste.

Les salaires sont une composante importante d’un travail équitable et décent et, ces dernières années, ils ont fluctué en raison d’événements économiques continus découlant de la pandémie de COVID-19. Au Canada, le salaire horaire moyen des employés a augmenté de 15,9 % depuis 2018 pour atteindre 32 $ l’heure en 2022. Cette hausse montre que l’indicateur progresse vers l’atteinte de la cible concernant le plein emploi productif et un travail décent et productif pour tous. Toutefois, l’écart de rémunération horaire moyenne entre les sexes est demeuré essentiellement inchangé depuis 2018, car les femmes gagnaient toujours en moyenne environ 4,50 $ de moins l’heure que les hommes en 2022. Parmi les divers groupes d’âge, ce sont les employés âgés de 25 à 54 ans qui avaient la rémunération la plus élevée avec une moyenne de 34,55 $ l’heure en 2022. Les employés âgés de 15 et 24 ans avaient la rémunération la moins élevée avec une moyenne de 19,17 $ l’heure en 2022.

Figure 13 : Indicateur mondial 8.5.1 – Rémunération horaire moyenne des employés à temps plein et à temps partiel âgés de 15 ans et plus, dollars courants, Canada.
Figure 13 : Indicateur mondial 8.5.1 – Rémunération horaire moyenne des employés à temps plein et à temps partiel âgés de 15 ans et plus, dollars courants, Canada
Description textuelle du graphique 13
2018 2022
Les deux sexes 27.6 32.0
Hommes 29.5 34.2
Femmes 25.6 29.7

Initiatives nationales prioritaires

Depuis 2018, le Canada continue de mettre en œuvre des initiatives qui favorisent une croissance économique inclusive et robuste. Ces mesures visent à favoriser la création d’emplois, à faire en sorte que de la formation axée sur les compétences et des soutiens à l’emploi soit offerts, et à éliminer les obstacles systémiques à la participation au marché du travail. Chaque année, dans le cadre des ententes sur le développement du marché du travail et des ententes sur le développement de la main-d’œuvre, le gouvernement du Canada verse environ 3 milliards de dollars aux gouvernements provinciaux et territoriaux pour permettre aux particuliers et aux employeurs d’obtenir une formation axée sur les compétences et mesures de soutien à l’emploi.

Les progrès technologiques, les nouveaux modèles d’affaires, les changements climatiques et la pandémie de COVID-19 modifient les milieux de travail et les attentes liées au travail, ce qui a une incidence sur les compétences dont les Canadiens ont besoin pour occuper un emploi et sur la façon dont ils acquièrent ces compétences. Compétences futures, un programme lancé en 2019, aide les Canadiens à profiter des nouvelles occasions qui s’offrent à eux et à mieux se préparer aux emplois de demain, et il soutient les employeurs pour qu’ils aient accès à une main-d’œuvre qualifiée.

En 2021, le gouvernement du Canada a renforcé son engagement à combler l’écart salarial entre les sexes en mettant en œuvre la Loi sur l’équité salariale, qui vise à faire en sorte que les travailleurs des milieux de travail sous réglementation fédérale reçoivent un salaire égal pour un travail de valeur égale. Le gouvernement fédéral continue également de mettre en place diverses initiatives législatives pour mettre à jour les normes du travail fédérales, y compris un régime proactif d’équité salariale, de nouvelles mesures de transparence salariale et des dispositions visant à renforcer la prévention de la violence et du harcèlement en milieu de travail.

Mesures prises à l’échelle internationale

À l’échelle internationale, le Canada est un membre actif de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et joue un rôle clé en contribuant à l’avancement de L’Agenda pour le travail décent de l’OIT. Le Canada est également le président actuel du comité directeur de la Coalition internationale pour l’égalité salariale (CIES), un partenariat stratégique multipartite qui vise à aider les États membres des Nations Unies à réaliser les ODD. En 2023, le Canada a ratifié la Convention 190 de l’OIT concernant l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.

Le Canada reconnaît que le commerce international peut être un moteur de croissance économique inclusive et de réduction de la pauvreté permettant de favoriser le développement durable. Il est un donateur fondateur du Centre africain pour la politique commerciale et il soutient des activités visant à réduire les obstacles commerciaux auxquels font face les femmes entrepreneures et négociantes en Afrique ainsi qu’à diminuer la discrimination fondée sur le sexe et les barrières sexospécifiques à la mise en œuvre des politiques commerciales. Les contributions de plus d'un milliard de dollars effectuées par le Canada de 2020 à 2022 dans le cadre de l’Aide pour le commerce comprenaient des projets appuyant la reprise après la pandémie de COVID-19, la transition vers l’énergie propre, la gestion du secteur des ressources et l’égalité entre les sexes. L’approche inclusive du Canada à l’égard du commerce réduit les obstacles systémiques pour les femmes et les groupes sous-représentés, et l’intégration du genre et de l’inclusivité dans le commerce contribue à une croissance économique durable et inclusive.

Défis et possibilités

Bien que le Canada jouisse d’une économie vigoureuse, certaines difficultés persistent. L’inflation, la nature changeante du travail, le vieillissement de la population et les pénuries de main-d’œuvre continueront d’avoir une incidence sur le marché du travail et la croissance économique du Canada. De plus, les taux de chômage demeurent plus élevés pour certains groupes sous-représentés, notamment les nouveaux arrivants, les Autochtones et les groupes racisés. Les jeunes Canadiens ont subi plus de pertes d’emploi en raison de la pandémie que n’importe quel autre segment démographique. Bien que l’emploi en général ait retrouvé son niveau d’avant la pandémie, de nombreux jeunes continuent d’avoir besoin de soutien. Pour cette raison, divers programmes visent à accroître la participation des jeunes et des groupes sous-représentés au marché du travail, notamment :

De plus, dans le but de réduire les difficultés auxquelles font face les travailleurs étrangers, le Programme des travailleurs étrangers temporaires est continuellement amélioré afin de maximiser la protection des travailleurs et de renforcer la réglementation pour améliorer leurs conditions de logement et de travail.

ODD 9 : Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : Les investissements en recherche et développement ont continué à accuser un retard en 2021 et sont tombés sous la moyenne de l’OCDE.Note de bas de page 54

Les dépenses canadiennes en recherche et développement représentaient 1,70 % du PIB en 2021, soit moins qu’au cours des trois années précédentes et considérablement moins que la moyenne de l’OCDENote de bas de page 55 de 2,5 %. Entre 2018 et 2021, les dépenses en recherche et développement en proportion du PIB ont atteint un sommet en 2020, à 1,89 %, mais ont depuis diminué pour se situer à 1,70 %. Les dépenses totales en recherche et développement ont augmenté de près de 10 % entre 2018 et 2021, ce qui correspondait pratiquement au taux de croissance du PIB au cours de la même période. Par conséquent, le ratio des dépenses en recherche et développement au PIB demeure relativement stable, ce qui se traduit par des progrès limités vers l’objectif d’amélioration de la recherche scientifique et de mise à niveau des capacités technologiques des secteurs industriels. Parmi tous les secteurs, celui des entreprises représentait la plus grande part des dépenses en recherche et développement, soit 44 % des dépenses totales, tandis que l’enseignement supérieur et le gouvernement fédéral représentaient 19 % chacun.

Figure 14 Indicateur mondial 9.5.1 - Dépenses en recherche et développement en proportion du PIB, Canada.
Figure 14 Indicateur mondial 9.5.1 - Dépenses en recherche et développement en proportion du PIB, Canada
Description textuelle du graphique 14
Année Canada, province ou territoire
2015 1.69
2016 1.73
2017 1.69
2018 1.74
2019 1.76
2020 1.89
2021 1.7

Initiatives nationales prioritaires

Le Canada continue de réaliser des progrès pour ce qui est de bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation. L’augmentation de la tarification de la pollution par le carbone au pays est un pilier central de l’approche du Canada en matière d’action climatique et de décarbonisation industrielle. À cela s’ajoute une série d’initiatives fédérales qui visent à accélérer la mise au point et le déploiement de solutions à faibles émissions de carbone ainsi que la croissance des secteurs existants et émergents. Parmi ces initiatives, Technologies du développement durable Canada appuie le développement et la démonstration de technologies propres, tandis que l’Accélérateur net zéro du Fonds stratégique pour l’innovation soutient des projets qui font progresser la décarbonisation des grands émetteurs, la transformation de la base industrielle du Canada en modèles à faibles émissions de carbone ainsi que le développement d’écosystèmes de production de batteries et de technologies propres. Le Programme d’innovation énergétique investit dans la recherche et le développement ainsi que les démonstrations et a accéléré la viabilité commerciale des technologies de captage, d’utilisation et de stockage du carbone, de production de combustibles propres et de remplacement des combustibles industriels dans les industries difficiles à décarboner. De plus, le Carrefour de la croissance propre est le point de convergence du gouvernement en matière de technologies propres, et il vise à aider les innovateurs et ceux qui adoptent des technologies propres au Canada à déterminer les programmes et les services fédéraux qui conviennent le mieux à leurs besoins. De plus, l’Équipe de décarbonisation industrielle du gouvernement du Canada collabore avec les entreprises pour faciliter et soutenir l’élaboration et le financement de projets de transformation dans les secteurs industriels du Canada.

Le gouvernement du Canada dispose également d’un ensemble de programmes à l’appui de l’innovation, de la recherche et du développement et de l’adoption de technologies, notamment le Fonds stratégique pour l’innovation, les cinq Grappes d’innovation mondiales, le Programme d’aide à la recherche industrielle, les organismes de développement régional, et Solutions innovatrices Canada.

Le Canada investit également dans les infrastructures vertes. Le Programme d’infrastructure Investir dans le Canada améliore la résilience des communautés, appuie la transition vers une économie à croissance propre et améliore l’inclusion sociale et les résultats socioéconomiques pour les Canadiens. Le programme Bâtiments communautaires verts et inclusifs aide les communautés à effectuer des rénovations, des réparations ou des mises à niveau écologiques et accessibles aux bâtiments communautaires publics existants. Il finance également la construction de nouveaux bâtiments communautaires accessibles au public destinés à des communautés mal desservies et dont les besoins sont élevés.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le projet Investir dans une infrastructure inclusive du Canada vise, grâce à une contribution remboursable à GuarantCo, à améliorer la prestation de services d’infrastructure abordables et durables dans les pays à faible revenu et les États fragiles afin de lutter contre la pauvreté et d’aider les économies à croître. GuarantCo fait partie du Groupe de développement des infrastructures privées et s’attaque à la pénurie de financement patient à long terme, au manque de financement des infrastructures en devises locales et au développement des marchés des capitaux locaux en Afrique et en Asie.

Dans son annonce concernant la Stratégie du Canada pour l’Indo-Pacifique en 2022, le Canada a élargi le mandat et la capacité à l’échelon régional de son institution de financement du développement, FinDev Canada, afin de soutenir une infrastructure durable de grande qualité dans la région de l’Indo-Pacifique, conformément aux objectifs du Canada dans le cadre du Partenariat du G7 pour les infrastructures et les investissements mondiaux.

Défis et possibilités

À l’avenir, le gouvernement du Canada continuera de collaborer avec d’autres ordres de gouvernement, le milieu universitaire, l’industrie et les Canadiens pour tirer parti de la proposition de valeur de calibre mondial du Canada – des politiques financières stables, de vastes ressources naturelles, de l’électricité à faible coût et une main-d’œuvre hautement qualifiée et instruite – afin de saisir les occasions d’occuper une position concurrentielle dans l’économie mondiale carboneutre et de fournir des ressources clés au monde. Des signaux réglementaires clairs, le soutien à l’innovation et au déploiement de technologies propres, les incitatifs fiscaux, les achats écologiques, les partenariats et les programmes de perfectionnement des compétences sont les pierres angulaires de l’approche du Canada visant à créer des industries, des infrastructures et des communautés durables pour l’avenir, ainsi qu’une prospérité économique et des emplois dans toutes les régions.

Pour aider à transformer les idées et les technologies canadiennes en produits et services concurrentiels à l’échelle mondiale et en entreprises en croissance, le gouvernement du Canada a créé la Corporation d’innovation du Canada, qui fournira des services de financement et de consultation pour encourager un plus grand nombre d’entreprises canadiennes de l’ensemble des industries et des régions à investir dans des activités de recherche et développement. De plus, le nouveau Fonds de croissance du Canada utilisera des mécanismes de financement novateurs pour aider à débloquer les capitaux privés nécessaires à la transformation et à la croissance de la base industrielle du Canada, à la commercialisation et au déploiement de technologies et de ressources à faibles émissions de carbone, et à l’essor des entreprises de technologies propres.

Pleins feux : Mesures prises par les intervenants

L’Association canadienne de l’industrie de la chimie (ACIC) représente les chefs de file des secteurs de la chimie et des plastiques au Canada. Dans le cadre de son adhésion au Conseil international des associations chimiques, l’ACIC s’est engagée à accélérer les progrès vers la réalisation des 17 ODD. Grâce à une gestion responsable et à un engagement envers la durabilité et l’amélioration continue, les membres de l’ACIC continuent d’investir dans la prévention de la pollution, l’efficacité énergétique et la conservation des ressources. L’ACIC fait le suivi des réductions des émissions de GES par ses membres et établit les critères d’émissions de contaminants atmosphériques par le biais du Plan directeur national de réduction des émissions. L’atteinte de la carboneutralité dans tout le Canada d’ici 2050 nécessitera des solutions axées sur la chimie et les plastiques dans l’ensemble de l’économie, y compris dans les domaines des bâtiments écologiques, du transport durable et des applications d’énergie propre. Par exemple, les solutions axées sur la chimie et les plastiques, comme la fibre de carbone, peuvent réduire le poids d’un véhicule de 100 kg en moyenne et réduire ses émissions de 10 g d’éq. CO2/km grâce à une efficacité énergétique améliorée, tandis que l’isolation novatrice, le traitement des fenêtres et les toitures réfléchissantes peuvent diminuer considérablement les besoins en matière de chauffage et de climatisation et les émissions correspondantes associées aux bâtiments. Le secteur de la chimie et des plastiques est activement engagé dans une voie de décarbonisation. L’industrie canadienne de la chimie fournit des produits chimiques à faible émission de carbone fabriqués au Canada. Grâce à son réseau électrique à faibles émissions, le secteur de l’électrochimie est déjà sur le point d’atteindre la carboneutralité. De même, les abondantes ressources à faibles émissions de carbone du Canada (gaz naturel et liquides de gaz naturel, hydroélectricité et biomasse) confèrent à son secteur de la chimie un avantage intrinsèque par rapport à ses concurrents qui dépendent de matières premières et de sources d’énergie à plus forte intensité carbonique.

ODD 10 : Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre

Ambition canadienne

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : De nombreux Canadiens continuent de subir de la discrimination, et certaines formes de discrimination se sont aggravées ces dernières années.

Au Canada, il y a eu 3 360 incidents de crime haineux déclarés par la police en 2021, une augmentation de près de 85 % par rapport à 2018Note de bas de page 59. Cette augmentation du nombre de crimes déclarés par la police indique une tendance à la détérioration de l’ambition selon laquelle les Canadiens vivent sans discrimination et les inégalités sont réduites. Plus d’un crime haineux sur deux déclaré par la police en 2021 était lié à la race ou à l’origine ethnique, soit plus du double du nombre déclaré en 2018. La religion figure au deuxième rang des motifs de crime haineux, 884 incidents ayant été déclarés, soit une augmentation de 35 % depuis 2018. Les crimes haineux liés à l’orientation sexuelle ont plus que doublé depuis 2018, totalisant 423 incidents en 2021. Parmi tous les crimes haineux déclarés par la police, les méfaits, les menaces proférées et les voies de fait de niveau 1Note de bas de page 60 étaient les plus répandus en 2021. Au total, 13 homicides motivés par la haine ont eu lieu en 2021.

Figure 15 :Indicateur national 10.2.1 – Crimes haineux déclarés par la police, Canada
Figure 15 :Indicateur national 10.2.1 – Crimes haineux déclarés par la police, Canada
Description textuelle du graphique 15
2018 2021
Nombre total de crimes haineux déclarés par la police 1,817 3,360
Race ou origine ethnique 793 1,723
Religion 657 884
Orientation sexuelle 186 423

Initiatives nationales prioritaires

Le Canada continue de s’attaquer à l’inégalité des revenus en soutenant les Canadiens à revenu faible ou modeste au moyen de programmes fédéraux de soutien du revenu, comme l’Allocation canadienne pour enfants, ainsi que le Régime de pensions du Canada, le programme de la Sécurité de la vieillesse et l’Allocation canadienne pour les travailleurs, qui ont récemment été bonifiés pour mieux soutenir les aînés et les travailleurs à faible revenu. Le rétablissement de l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse de 67 à 65 ans a permis d’éviter qu’environ 100 000 futurs aînés tombent dans la pauvreté, tandis que la bonification du Supplément de revenu garanti pour les aînés à faible revenu vivant seuls a aidé près de 900 000 aînés à mieux combler leurs besoins. De plus, le Canada a permis aux aînés à faible revenu qui choisissent de rester sur le marché du travail ou d’y retourner de gagner un revenu plus élevé, tout en recevant le Supplément de revenu garanti fondé sur le revenu. De même, l’élargissement de l’Allocation canadienne pour les travailleurs en 2021 a fourni un soutien à environ un million de Canadiens de plus occupant des emplois à faible salaire, ce qui a permis à près de 100 000 personnes de sortir de la pauvreté. Les Canadiens ont également accès à un vaste éventail de programmes de soutien du revenu offerts par les gouvernements provinciaux et territoriaux.

Les soutiens financiers d’urgence liés à la pandémie de COVID-19 offerts aux Canadiens aux prises avec des difficultés financières ont été des facteurs déterminants dans la prévention et la réduction de la pauvreté et des inégalités, particulièrement en 2020. Le Canada a publié son Plan pour rendre la vie plus abordable en 2022, qui prévoit l’offre de soutiens supplémentaires aux Canadiens aux prises avec l’inflation en hausse, y compris un nouveau soutien pour améliorer l’abordabilité du logement et aider à payer les soins dentaires pour les enfants.

Le Canada met en œuvre plusieurs initiatives visant à éliminer le racisme au Canada et à mieux soutenir les Canadiens en situation de handicap afin qu’ils puissent participer pleinement à la société et à l’économie, comme l’établissement du Secrétariat fédéral de lutte contre le racisme (2019), les investissements dans la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme(2019 à 2022), l’adoption de la Loi canadienne sur l’accessibilité (2019), qui a fait date, afin de contribuer à faire du Canada un pays exempt d’obstacles d’ici 2040, et le lancement du Plan d’action pour l’inclusion des personnes en situation de handicap (2022). Pour promouvoir l’autonomisation économique et l’inclusion sociale des Canadiens d’origine africaine, le Canada a investi dans le Programme pour l’entrepreneuriat des communautés noires, le Fonds de dotation philanthropique dirigé par les Noirs et l’Initiative Appuyer les communautés noires du Canada. À ce jour, dans le cadre de l’Initiative Appuyer les communautés noires du Canada, plus de 1 370 projets ont été financés, pour un investissement total de près de 82 millions de dollars, afin de continuer à habiliter les organismes communautaires dirigés par des Noirs et au service des Noirs et de soutenir leur travail de promotion de l’inclusivité. De plus, le Canada travaille à la mise en œuvre complète des 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation qui visent à réduire les inégalités entre les Canadiens autochtones et non autochtones et à combler les écarts socioéconomiques.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le Canada fait progresser l’égalité et l’inclusion dans les pays et d’un pays à l’autre grâce, par exemple, à la mise en œuvre continue du Programme d’aide internationale LGBTQ2, qui vise à favoriser l’avancement des droits de la personne et à améliorer les résultats socioéconomiques des personnes LGBTQ2 dans les pays en développement.

Au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le Canada assume la responsabilité à l’égard de plusieurs résolutions clés. Par exemple, le Canada fait partie du groupe restreint interrégional chargé de la résolution sur la promotion et la protection des droits de la personne et la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Le Canada dirige également la résolution annuelle sur la lutte contre la violence faite aux femmes.

Le Canada demeure un membre actif de la Coalition pour les droits égaux et collabore avec des partenaires des États et de la société civile pour promouvoir la pleine et égale jouissance des droits de la personne par les membres de la communauté 2ELGBTQI+ partout dans le monde. Le Canada est également membre du Global Action on Disability Network [disponible en anglais seulement], qui vise à améliorer l’inclusion des personnes en situation de handicap dans le développement international et l’action humanitaire. Lors du Global Disability Summit 2022 [disponible en anglais seulement], le Canada s’est engagé à fournir une aide accrue aux personnes en situation de handicap dans les pays en développement.

Le Canada a continué de faire la promotion d’un discours équilibré sur les migrants et les réfugiés dans le but de réduire la xénophobie et de soutenir l’inclusion des nouveaux arrivants. À cette fin, il a créé une plateforme internationale permanente au sein du Forum mondial sur les migrations et le développement et il a fait preuve de leadership dans la création et la surveillance de « Il faut une communauté » [disponible en anglais seulement].

Défis et possibilités

Les tendances globales relatives aux indicateurs clés de l’inégalité des revenus demeurent positives, mais les répercussions intégrales de la pandémie de COVID-19 et de l’élimination progressive subséquente des mesures de soutien du revenu d’urgence partout au Canada ne sont pas encore entièrement connues. L’augmentation du coût de la vie après la pandémie de COVID-19 continue de se faire sentir partout au Canada, ce qui nuit à la capacité de nombreuses familles et personnes de se payer des produits de première nécessité. Il sera essentiel que le Canada continue de surveiller les données pour évaluer la mesure dans laquelle ces facteurs nuisent à la réalisation de progrès dans la réduction de l’inégalité des revenus et pour cerner les interventions possibles qui pourraient prendre la forme d’un soutien accru aux Canadiens à revenu faible ou modeste. Le Canada continuera de donner suite à ses initiatives existantes visant à mettre fin au racisme et à la discrimination, tout en collaborant avec les Canadiens de tous les milieux sur la façon de prendre d’autres mesures pour atteindre l’égalité.

Pleins feux : Initiatives provinciales et territoriales

Les gouvernements provinciaux et territoriaux du Canada contribuent de façon importante et soutenue à la réalisation de l’ODD 10 au moyen de lois, de politiques et de mesures de soutien de nombreux types visant à permettre aux Canadiens de vivre sans discrimination et à réduire les inégalités. Par exemple, les lois sur la protection des droits de la personne permettent aux gens de déposer des plaintes pour discrimination et de prendre les mesures qui s’imposent. Les programmes et services axés sur le soutien du revenu, le logement et la sécurité alimentaire visent à remédier à l’inégalité des revenus et à ses répercussions les plus fondamentales sur les personnes à faible revenu dans le but de ne laisser personne de côté. Depuis 2018, les gouvernements provinciaux et territoriaux du Canada ont pris des mesures relatives à de nombreux éléments de l’ODD 10 (Inégalités réduites). La réconciliation avec les peuples autochtones constitue dorénavant un engagement majeur pour de nombreux gouvernements provinciaux et territoriaux.

En 2021, le gouvernement de l’Ontario a publié le document Parcours vers la sécurité : Stratégie de l’Ontario en réponse au rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. La stratégie comprend des engagements organisés selon six domaines d’action qui visent à faciliter l’élimination des causes profondes de la violence et à promouvoir une réconciliation significative. Les rapports d’étape annuels décrivent les mesures en cours et les investissements dans des domaines comme la sûreté et la sécurité, la justice, la santé, le bien-être et la culture. De plus, le Programme de prévention de la violence chez les jeunes et de la traite de personnes de l’Ontario fait partie de sa Stratégie de lutte contre les bandes criminalisées, les armes à feu et la violence, qui consiste en un investissement pangouvernemental de 65 millions de dollars dans les efforts locaux de prévention, d’application de la loi et de poursuite. Le programme finance des initiatives de prévention communautaires qui s’attaquent aux principaux facteurs faisant en sorte que les jeunes (âgés de 12 à 29 ans) et leur communauté sont exposés à un risque accru de violence et de victimisation, ce qui comprend la traite des personnes.

En 2022, le Yukon a publié le document Changer la donne pour défendre la dignité et la justice : la Stratégie du Yukon sur les femmes, les filles et les personnes bispirituelles+ autochtones disparues et assassinées. La stratégie décrit 31 mesures, 12 mesures prioritaires et des objectifs clés pour lutter contre la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles autochtones.

Les provinces et les territoires mettent également l’accent sur les besoins des communautés sous-représentées d’une manière qui corresponde à l’ODD 10. Ils s’attaquent aux obstacles systémiques à la pleine inclusion. Par exemple, le gouvernement du Yukon a publié en 2019 Breaking Trail Together, un plan pour une fonction publique inclusive et une représentation accrue des populations sous-représentées au sein de la fonction publique. Les approches intersectionnelles sont de plus en plus intégrées aux processus décisionnels normalisés pour faire en sorte que la possibilité de répercussions disproportionnées sur divers groupes soit prise en compte dans les décisions du gouvernement.

L’adoption de l’Accessibility Act [disponible en anglais seulement] par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador en 2021 a permis à celui-ci d’énoncer les principes et les objectifs d’une province accessible. La loi améliorera l’accessibilité en cernant, en prévenant et en éliminant les obstacles qui empêchent les personnes en situation de handicap de participer pleinement à la société.

Au Manitoba, la Loi sur l’accessibilité pour les Manitobains décrit un processus visant à cerner et à éliminer les obstacles à l’accessibilité au moyen de normes dans cinq domaines clés : le service à la clientèle, l’emploi, l’information et les communications, les transports et la conception d’espaces publics extérieurs. Chaque norme est élaborée en consultation avec des intervenants et comprend des exigences pour que les organisations des secteurs public et privé mettent en œuvre des politiques, des pratiques et de la formation. Le Manitoba a adopté les trois premières normes, et les deux dernières entreront en vigueur en 2023 et en 2024.

ODD 11 : Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : La proportion de ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement a diminué.

Au Canada, 10,1 %Note de bas de page 63 des ménages avaient des besoins impérieux en matière de logement en 2021, en baisse par rapport à 12,7 % en 2016, ce qui montre que cet indicateur progresse vers la réalisation de l’ambition consistant à faire en sorte que les Canadiens aient accès à un logement de qualité. La proportion de locataires ayant des besoins impérieux en matière de logement a diminué, passant de 26,8 % en 2016 à 20,0 % en 2021. Toutefois, ils demeuraient deux fois plus susceptibles d’avoir des besoins impérieux en matière de logement que le ménage canadien moyen. Parmi les ménages comptant une famille de recensement monoparentaleNote de bas de page 64 , 17,8 % avaient des besoins impérieux en matière de logement en 2021, une baisse par rapport à 25,1 % en 2016, ce qui représente l’une des diminutions les plus importantes parmi tous les types de ménages. Toutefois, ils demeuraient le type de ménage, parallèlement aux ménages d’une personne, le plus susceptible d’avoir des besoins impérieux en matière de logement, avec un taux nettement plus élevé que la moyenne nationale. La proportion de ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement était plus élevée dans les grandes villes canadiennes.

Figure 16 :Indicateur national 11.2.1 – Proportion de ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement, Canada
Figure 16 :Indicateur national 11.2.1 – Proportion de ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement, Canada
Description textuelle du graphique 16
2016 2021
Total 12.7 10.1
Locataire 26.8 20.0
Ménages monoparentaux selon le recensement 25.1 17.8
Ménages d'une personne 22.5 19.6
Ménages d'une personne – Toronto 30.2 29.9

Initiatives nationales prioritaires

Lancée en 2017, la Stratégie nationale sur le logement du Canada est un plan de plus de 82 milliards de dollars visant à améliorer l’accessibilité au logement pour les Canadiens. En 2019, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur la stratégie nationale sur le logement, qui reconnaît que le droit à un logement adéquat est un droit fondamental de la personne confirmé par le droit international et engage le Canada à favoriser la réalisation progressive du droit à un logement adéquat. En vertu de la Loi, le Canada a créé un Conseil national du logement en 2020 et a nommé un défenseur fédéral du logement en 2022 pour promouvoir la participation et l’inclusion dans la politique du logement et conseiller le gouvernement fédéral.

Le gouvernement fédéral a engagé plus de 6,7 milliards de dollars depuis 2015 pour soutenir le logement dans les communautés autochtones. Cela comprend 4 milliards de dollars sur 7 ans à compter de 2022-2023 pour accélérer les travaux visant à combler les lacunes en matière de logement pour les Autochtones.

Le Canada a investi près de 4 milliards de dollars sur 9 ans, dont 1,3 milliard pendant la pandémie, dans Vers un chez-soi : la stratégie canadienne de lutte contre l’itinérance, un programme communautaire visant à prévenir et à réduire l’itinérance. Entre le 1er avril 2019 et le 31 mars 2022, Vers un chez-soi a appuyé plus de 5 000 projets qui ont fourni un soutien à la prévention de l’itinérance à plus de 87 000 personnes et placé plus de 46 000 personnes dans un logement plus stable.

En réaction à la pandémie de COVID-19, le Canada a lancé l’Initiative pour la création rapide de logements en 2020. Maintenant dotée d’un budget de 4 milliards de dollars, l’Initiative facilite la construction rapide de logements et l’acquisition d’immeubles existants pour créer des logements abordables permanents. En décembre 2022, l’Initiative s’est engagée à appuyer la création de près de 10 250 nouveaux logements abordables, notamment pour les Autochtones, les personnes sans abri ou à risque de le devenir et les aînés. De plus, le Fonds de soutien aux communautés autochtones a contribué à atténuer les répercussions disproportionnées de la pandémie dans les communautés autochtones en finançant de nouveaux refuges pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ qui fuient la violence ainsi que la construction et la rénovation d’établissements d’enseignement et de soins de soutien et d’autres bâtiments publics.

Le gouvernement du Canada collabore avec les provinces et les territoires pour améliorer la qualité de l’air au moyen du Système de gestion de la qualité de l’air, ce qui comprend l’établissement de normes canadiennes de qualité de l’air ambiant visant à favoriser l’amélioration continue de la qualité de l’air. Le Canada met également en place des mesures réglementaires et non réglementaires pour lutter contre les émissions de polluants atmosphériques provenant de l’industrie, des véhicules, des moteurs et des carburants, ainsi que des produits de consommation et commerciaux.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le pavillon urbain mondial, établi dans le cadre d’un partenariat entre l’ONU-Habitat, le gouvernement du Canada, l’Urban Economy Forum Association et la Daniels Corporation, a ouvert ses portes à Toronto en 2022. Le pavillon est une plateforme mondiale d’échange de connaissances axée sur les pratiques exemplaires en matière de développement urbain inclusif, à laquelle le Canada s’est engagé à verser 2,25 millions de dollars sur 5 ans.

Le gouvernement du Canada a également collaboré avec la Fédération canadienne des municipalités, un organisme national représentant plus de 2 000 municipalités. Plus de 420 millions de dollars ont été investis pour soutenir plus de 70 initiatives partout dans le monde visant à renforcer la capacité de gouvernance, à soutenir le développement économique et à promouvoir la participation des femmes à la gouvernance municipale.

Le Canada s’emploie également à lutter contre la pollution atmosphérique provenant de l’extérieur de ses frontières au moyen d’accords internationaux, comme l’Accord entre le Canada et les États-Unis sur la qualité de l’air ainsi que la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance [disponible en anglais seulement] et son Protocole de Göteborg.

Défis et possibilités

Le Canada doit composer avec les répercussions à long terme de la pandémie, notamment l’inflation, la lente reprise de l’achalandage dans le transport collectif ainsi que les coûts élevés et les retards dans le secteur de la construction. Des investissements sont nécessaires pour des infrastructures et des services communautaires durables et résilients au climat. Le Canada estime également qu’il faut 3,5 millions de logements supplémentaires pour rétablir l’abordabilité du logement d’ici 2030. Le gouvernement du Canada rendra permanents ses investissements dans le transport collectif, avec 3 milliards de dollars par année à compter de 2026 pour permettre aux communautés de maintenir et d’élargir leurs réseaux de transport collectif. Un montant supplémentaire de 5,9 milliards de dollars à compter de 2021 appuiera l’expansion des grands réseaux de transport public, l’électrification des parcs d’autobus, l’infrastructure de transport actif et le transport collectif dans les communautés rurales.

Pleins feux : Mesures prises par les intervenants

Les bibliothèques publiques ont un rôle important à jouer pour rendre les communautés inclusives. Elles contribuent à réduire les inégalités en offrant des espaces civiques sûrs et ouverts à tous, un accès équitable aux ressources imprimées et numériques et un accès à la technologie pour combler le fossé numérique dans les zones urbaines et rurales. Elles soutiennent les programmes de littératie, fournissent un espace sûr pour l’apprentissage et aident les chercheurs à accéder à la recherche et aux données, à les appliquer et à les réutiliser pour créer de nouvelles connaissances. Elles font partie intégrante d’une démocratie dynamique, d’une économie forte et de communautés prospères.

Le Conseil des bibliothèques urbaines du Canada représente 51 réseaux de bibliothèques publiques au pays desservant plus de 8 millions d’utilisateurs actifs qui fréquentent 721 bibliothèques chaque année et utilisent leurs services virtuels. En 2019, les bibliothèques publiques membres ont prêté plus de 200 millions d’ouvrages et ont compté plus de 560 millions d’utilisateurs en personne et en ligne. Elles mettent à la disposition du public 12 000 ordinateurs avec accès à Internet ainsi que des connexions Wi-Fi gratuites, et elles offrent des programmes de soutien à la littératie numérique. Grâce à ces services, les bibliothèques publiques aident à combler le fossé numérique pour les personnes vivant dans la pauvreté qui n’ont pas accès à des ordinateurs et à Internet, et elles soutiennent l’accès équitable aux ressources et services numériques pour tous au Canada. Elles favorisent également l’engagement communautaire et la participation citoyenne au moyen de programmes locaux et de partenariats avec d’autres organisations de la société civile et des administrations locales. Dans une recherche menée par la Bibliothèque publique de Toronto, 58 % des répondants qui ont utilisé la technologie dans une bibliothèque ont indiqué que la bibliothèque était leur seul accès à Internet, et 78 % de ces répondants ont haussé leur niveau d’engagement communautaire par le biais de leur bibliothèque.

Les bibliothèques publiques prennent également des mesures pour répondre aux besoins locaux et améliorer l’éducation en offrant des cours pratiques d’informatique, un soutien après l’école et des programmes portant sur les domaines où le taux d’échec est élevé. Elles créent également des espaces de littératie pour les jeunes enfants afin de soutenir la préparation à l’école des enfants de la naissance à l’âge de 6 ans. Ces espaces servent également de lieu où les parents et les tuteurs peuvent se sentir à l’aise, en sécurité, engagés et liés les uns aux autres, tout en interagissant avec leurs enfants et en apprenant comment ils peuvent aider ceux-ci dans leur cheminement scolaire, quelle que soit leur situation financière. Les bibliothèques publiques du Canada offrent plus de 245 000 programmes par année liés à l’apprentissage et à la littératie pour tous les âges, et elles rejoignent plus de 5 millions de personnes. Elles répondent au besoin concernant l’acquisition par les jeunes enfants de compétences en littératie qui renforcent la préparation à l’école, au moyen de programmes de contes et de littératie destinés à susciter un goût pour la lecture et à fournir un fondement pour l’acquisition de compétences en littératie. La Bibliothèque publique de Regina a mentionné que 96,7 % des parents et des tuteurs avaient déclaré que, de quatre à six mois après la fin d’un programme de littératie pour les jeunes enfants, ceux-ci utilisaient à la maison ce qu’ils avaient appris dans le cadre du programme. La Bibliothèque publique de Vancouver a quant à elle indiqué que 95 % des parents et des tuteurs se sentaient plus confiants lorsqu’il s’agit d’aider leurs enfants à apprendre après un programme de littératie pour les jeunes enfants.

Les bibliothèques canadiennes contribuent à la réalisation des ODD au sein de leurs communautés, mais elles ont également une incidence importante à l’échelle nationale et internationale. La Fédération canadienne des associations de bibliothèques a créé un comité stratégique pour faire progresser les mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques dans les bibliothèques canadiennes en 2022. Le comité cherche à amplifier les efforts régionaux pour faire face à la crise climatique, à organiser le travail des associations membres pour soutenir la collaboration intersectorielle et interprovinciale, et à cerner les possibilités de contribuer aux efforts à l’échelle internationale pour la mise en œuvre des ODD par le biais de la Fédération Internationale des Associations de bibliothécaires et des Bibliothèques. Au moyen de ce comité, la Fédération met en œuvre le cadre des ODD et adapte les mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques par l’intermédiaire des différentes associations de bibliothèques et des conseils d’administration des bibliothèques municipales. Les efforts comprennent l’exécution d’une analyse comparative nationale englobant l’ensemble des bibliothèques canadiennes afin de montrer les mesures que prennent les bibliothèques pour lutter contre les changements climatiques.

ODD 12 : Établir des modes de consommation et de production durables

Ambition canadienne

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Pleins feux : La popularité des véhicules zéro émission a considérablement augmenté ces dernières années.

La popularité des VZE a considérablement augmenté ces dernières années. Cette augmentation a été favorisée par une série de programmes gouvernementaux visant à encourager l’achat de VZE par les Canadiens. Les véhicules zéro émission représentaient 8,2 % des véhicules neufs achetés en 2022, soit plus de trois fois et demie la proportion de véhicules de ce type achetés en 2018 (2,2 %). Une tendance à la hausse rapide montre que cet indicateur progresse vers l’atteinte de l’objectif consistant à faire en sorte que les véhicules légers neufs zéro émission représentent 30 % des ventes de véhicules d’ici 2030. Parmi les provinces et les territoires, la plus grande proportion de véhicules zéro émission a été observée dans les provinces ayant des programmes de crédit actifs, en plus du nouveau programme lancé et administré par le gouvernement fédéral. Par exemple, en Colombie-Britannique et dans les territoires, les VZE représentaient 16,3 % des véhicules achetés en 2022, soit la proportion la plus élevée au Canada. Au Québec, les VZE représentaient 12,3 % de tous les véhicules vendus en 2022, ce qui classait la province au deuxième rang au pays à ce chapitre. En 2022, près de 40 % des immatriculations de VZE neufs ont eu lieu au Québec, même si la province représentait un peu moins du quart de toutes les immatriculations de véhicules cette année-là.

Figure 17 : Indicateur national 12.1.1 – Proportion des immatriculations de nouveaux véhicules légers qui sont pour des véhicules zéro émission, Canada, pourcentage
Figure 17 : Indicateur national 12.1.1 – Proportion des immatriculations de nouveaux véhicules légers qui sont pour des véhicules zéro émission, Canada, pourcentage
Description textuelle du graphique 17
Année Canada, provinces et territoires
2015 0.37
2016 0.63
2017 0.97
2018 2.24
2019 2.91
2020 3.52
2021 5.22
2022 8.17

Initiatives nationales prioritaires

La transition vers une économie plus propre et plus circulaire peut aider les Canadiens à utiliser judicieusement les ressources, à protéger l’environnement et à renforcer l’économie. De nombreux efforts ont été déployés depuis 2018 pour adopter des approches visant à réduire au minimum le gaspillage dans l’ensemble de l’économie et faire en sorte que les Canadiens consomment de manière durable. En 2018 et en 2019, le Conseil canadien des ministres de l’environnement a lancé la stratégie et les plans d’action pancanadiens sur le zéro déchet de plastique, en adoptant une approche d’économie circulaire à l’égard des plastiques et en fournissant un cadre pour le Canada. Le gouvernement fédéral adopte une approche multidimensionnelle pour faire la transition vers une économie circulaire et progresser vers son objectif de zéro déchet de plastique. Il appuie cette transition avec divers outils, dont des règlements interdisant six plastiques à usage unique, avec des normes et des exceptionsNote de bas de page 67. Cette interdiction, entrée en vigueur en décembre 2022, éliminera plus de 1,3 million de tonnes de produits plastiques difficiles à recycler et environ 22 000 tonnes de pollution par les plastiques au cours de la prochaine décennie. Partout au Canada, les administrations ont fait des progrès vers l’objectif ambitieux qu’a établi le Conseil en 2018 de réduire de 30 % d’ici 2030 et de 50 % d’ici 2040 le poids moyen par habitant de tous les types de déchets jetés en 2014 (706 kg)Note de bas de page 68.

Dans le cadre de sa première Politique alimentaire pour le Canada, le gouvernement du Canada appuie l’innovation dans le cadre de son Défi de réduction du gaspillage alimentaire. Lancé en 2020, le Défi vise à offrir des solutions aux pertes et au gaspillage alimentaires et à accélérer leur déploiement dans l’ensemble des systèmes alimentaires du Canada. Il a généré plus de 500 idées dans divers domaines, dont ceux de la production, de la gestion des stocks, du transport, de la mesure du gaspillage alimentaire, des solutions relatives au marché, de la salubrité des aliments, de la récupération alimentaire, du recyclage valorisant et du traitement des déchets organiques. D’autres administrations ont commencé à intégrer des messages sur la prévention du gaspillage alimentaire dans leurs campagnes d’éducation et de sensibilisation du public destinées aux ménages canadiens.

Le Canada a également lancé des initiatives d’achats écologiques de biens et de services et met en œuvre de nouvelles normes sur le carbone intrinsèque dans le cadre de la Politique d’achats écologiques à l’échelle du gouvernement fédéral.

Mesures prises à l’échelle internationale

S’appuyant sur les efforts continus qu’il déploie pour promouvoir la Charte sur les plastiques dans les océans et le travail qu’il effectue en soutien au Partenariat mondial d’actions sur le plastique, le Canada continue de préconiser la transition vers une économie circulaire pour les plastiques au pays et à l’étranger. En tant que pays faisant partie des premiers membres de la coalition de Haute Ambition pour mettre fin à la pollution plastique, le Canada collaborera avec d’autres pays et partenaires à l’élaboration d’un ambitieux accord mondial juridiquement contraignant sur la pollution par les plastiques.

Conformément à l’objectif du Programme 2030 lié au fait d’encourager les entreprises à adopter des pratiques durables, le Canada a lancé en 2022 son document Conduite responsable des entreprises à l’étranger : Stratégie du Canada pour l’avenir. Cette stratégie quinquennale (2022 à 2027) aidera les entreprises canadiennes menant des activités à l’étranger à adopter des pratiques commerciales responsables, à atténuer les risques pour l’environnement, les personnes et la société et à contribuer à une économie forte et inclusive. La stratégie renforce l’approche équilibrée du Canada en matière de conduite responsable des entreprises, qui comprend des mesures préventives, des mesures législatives dans certains domaines et l’accès à des mécanismes non judiciaires de règlement des différends.

Défis et possibilités

Compte tenu de la nature transversale des modèles de production et de consommation, les mesures prises en vertu de l’ODD 12 peuvent également renforcer d’autres ODDNote de bas de page 69. En 2021, le comité d’experts sur l’économie circulaire du Conseil des académies canadiennes a publié Un tournant décisif, le premier rapport exhaustif sur la situation de l’économie circulaire au Canada. Le rapport a mentionné que sans une économie plus circulaire, le Canada risque d’être incapable de répondre à la demande croissante ou de soutenir efficacement la transition vers l’énergie propre. Il a cerné des possibilités d’emploi, de croissance économique, de reprise après la pandémie et de résilience à l’échelle de l’économie, ainsi que des possibilités de circularité en ce qui concerne les plastiques, les aliments, les textiles, l’électronique, les ressources naturelles et la construction.

Afin de favoriser l’établissement d’une économie circulaire, le Plan de réduction des émissions du Canada pour 2030 (2022) prévoit un engagement à collaborer avec des partenaires de partout au pays pour explorer les possibilités qu’une circularité accrue pourrait offrir dans un contexte canadienNote de bas de page 70.

Pleins feux : Initiatives provinciales

Le gouvernement du Québec a apporté d’importantes contributions à l’ODD 12 au moyen notamment des initiatives suivantes :

  • Le Fonds Écoleader, créé en 2018, a pour objectif d’aider diverses entreprises québécoises à mettre en place un large éventail de pratiques commerciales écologiques et de technologies propres.
  • Compétivert, créé en 2021, vise à rendre le Québec plus vert, plus productif et plus innovant en incitant les entreprises à mettre en place des pratiques écologiques et des technologies propres pour soutenir leur compétitivité, tout en réduisant leur empreinte environnementale.

La province a également modernisé de façon notable ses systèmes de consignation et de collecte sélective en 2022. Cette modernisation permettra de récupérer plus de contenants, d’emballages et d’imprimés à l’échelon local selon les principes d’économie circulaire en augmentant leur valeur. Les producteurs visés par cette modernisation seront tenus responsables des produits qu’ils vendent et se verront donner les moyens d’optimiser le système au sein de la chaîne de valeur. On prévoit qu’à compter de 2030, les systèmes modernisés de consignation et de collecte sélective dans leur ensemble préviendront l’enfouissement de plus de 104 000 tonnes de matières chaque année et l’émission d’environ 97 100 tonnes de CO2, un gaz à effet de serre.

ODD 14 : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable

Ambition canadienne

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Initiatives nationales prioritaires

L’ODD 14 porte sur la conservation et l’exploitation durable des océans, des mers et des ressources marines. Il revêt une grande pertinence pour le Canada, qui affiche le plus long littoral du monde. Depuis 2016, le Plan de protection des océans (PPO) du Canada a amélioré le système de sécurité maritime et de protection de l’environnement déjà robuste du pays, à l’appui de l’intendance et de la durabilité des océans. Il a été renouvelé et élargi en 2022, avec un engagement supplémentaire de 2 milliards de dollars, pour un investissement total de 3,5 milliards de dollars. Le PPO réunit les peuples autochtones, l’industrie, les communautés, le milieu universitaire et le gouvernement pour améliorer davantage la prévention des incidents maritimes, la préparation aux situations d’urgence, l’intervention, le rétablissement et la protection des écosystèmes. Les écosystèmes côtiers canadiens bénéficient dorénavant de mesures de protection plus rigoureuses. Le PPO fournit des fonds pour restaurer les habitats aquatiques côtiers et retirer les navires abandonnés. Par le biais du PPO, le Canada fait également progresser la recherche à l’appui de la prise de décisions fondées sur des données probantes afin de mieux protéger les zones côtières et marines du Canada, ce qui comprend des travaux visant à mieux comprendre les effets cumulatifs du transport maritime sur le milieu marin.

Avec le renouvellement de l’Initiative de protection des baleines (2023), lancée pour la première fois en 2018, le Canada a confirmé sa promesse de protéger et de rétablir les populations de baleines noires de l’Atlantique Nord, d’épaulards résidents du Sud et de bélugas de l’estuaire du Saint-Laurent. Le Canada continue de mettre de l’avant des solutions pour atténuer les menaces liées au bruit sous-marin et à d’autres perturbations, aux empêtrements dans les engins de pêche, aux collisions, à la disponibilité des proies et aux contaminants. L’Initiative de protection des baleines appuiera la croissance et le développement des industries maritimes, y compris les pêches, le transport maritime et l’écotourisme, tout en veillant à atténuer les répercussions négatives de ces industries sur les populations de mammifères marins en péril du Canada. 

Le Programme pour les engins fantômes continue d’appuyer l’engagement du Canada à réduire les déchets marins et les déchets plastiques. Dans le cadre du Fonds pour les engins fantômes, le Canada a collaboré avec l’industrie et d’autres partenaires pour éliminer les débris de pêche des océans, retirer les engins en fin de vie et les déchets plastiques liés à la pêche et mettre à l’essai des technologies de pêche améliorées. Entre 2020 et 2023, le Fonds pour les engins fantômes a aidé à retirer plus de 17 655 engins de pêche totalisant un poids de 1 684 tonnes. Le Canada joue également un rôle actif dans les efforts internationaux de lutte contre la pollution par les plastiques, grâce notamment à l’élaboration d’un instrument international ambitieux juridiquement contraignant pour mettre fin à ce type de pollution.

Des travaux ont été entrepris pour accélérer davantage les efforts de rétablissement des principaux stocks de poissons du Canada, ce qui comprend l’inclusion de nouvelles dispositions relatives aux stocks de poissons dans la Loi sur les pêches modernisée du Canada. Ces dispositions obligent le Canada à gérer de façon durable les stocks de poissons et à mettre en œuvre des plans rigoureux et opportuns pour les rétablir s’ils s’épuisent. Le Canada a également fait équipe avec des intervenants en vue de l’obtention de résultats positifs au sein des organismes régionaux de gestion des pêches, notamment en renforçant les instruments internationaux pour lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, et pour préserver les espèces vulnérables au moyen de mesures fondées sur la science.

Le Canada continue de protéger les eaux canadiennes en collaborant avec des partenaires et des intervenants clés pour appliquer le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes (2015), et il met l’accent sur la prévention de l’entrée d’espèces interdites au Canada. En 2022, le projet pilote de protection du transport sur terre des embarcations a été lancé pour améliorer la biosécurité aux frontières internationales. Dans le cadre de ce projet, des inspections et des décontaminations ont été effectuées afin de s’assurer que les embarcations étaient exemptes de moules zébrées et d’autres espèces aquatiques envahissantes avant d’entrer au Canada.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le Canada respecte son engagement quinquennal (2018 à 2023) d’appuyer l’action mondiale pour la santé des océans, des mers et des communautés côtières au moyen d’un Fonds d’atténuation des déchets marins de 100 millions de dollars. À ce jour, les programmes océaniques du Canada ont contribué à prévenir la pollution des océans par les plastiques en s’attaquant aux déchets plastiques sur les rives, en investissant dans des solutions novatrices pour mieux gérer les déchets plastiques et en appuyant l’autonomisation et le leadership des femmes.

Le Canada investit plus de 11 millions de dollars de 2019 à 2026 à l’appui de l’Alliance pour l’action sur les risques océaniques et la résilience. Cette initiative améliore l’état de la résilience côtière grâce à des solutions fondées sur la nature pour les populations vulnérables, en particulier les femmes et les filles des petits États insulaires en développement et des pays côtiers en développement. Lors de la COP26, le Canada a annoncé une contribution de 6 millions de dollars au Fonds mondial pour les récifs coralliens afin de soutenir les efforts internationaux de conservation et de restauration des récifs coralliens. Le Canada a également fourni une contribution de 10 millions de dollars à l’Initiative Kiwa (2020 à 2026), financée par plusieurs bailleurs de fonds, qui se concentre principalement sur la gouvernance des océans et aide les populations des îles du Pacifique, en particulier les plus pauvres qui dépendent fortement de la biodiversité côtière et marine, à renforcer leur résilience au moyen de solutions fondées sur la nature.

Dans le cadre de la Stratégie du Canada pour l’Indo-Pacifique, on a annoncé une initiative qui débute en 2023-2024 et qui vise à assurer des océans durables et sains grâce à une meilleure gouvernance internationale des océans ainsi qu’à renforcer et à faire respecter l’ordre fondé sur des règles dans la région, et qui appuie le potentiel en matière d’économie bleue des États de l’Indo-Pacifique.

Défis et possibilités

Bien que le Canada ait fait des progrès dans la protection de la santé et de la résilience de ses océans, certains défis demeurent. Parmi ceux-ci figure la nécessité d’inverser le déclin de la santé des habitats océaniques et côtiers et de restaurer la santé et la durabilité des ressources marines vivantes. Une coopération, une gouvernance et une coordination internationales, par le biais de cadres juridiques et institutionnels, seront essentielles à l’atteinte de ces objectifs.

Le Canada élabore actuellement une Stratégie de l’économie bleue tournée vers l’avenir afin d’accélérer le passage des secteurs maritimes du Canada d’une économie océanique traditionnelle à une « économie bleue » durable, dans le cadre de laquelle la technologie, l’innovation et la restauration des écosystèmes favorisent une prospérité et des possibilités renouvelées, en particulier pour les communautés côtières et autochtones du Canada. Le Canada travaille également à l’établissement de 10 nouvelles aires marines nationales de conservation et collabore avec les communautés autochtones pour la conclusion d’accords de cogestion pour ces nouvelles aires.

ODD 15 : Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Initiatives nationales prioritaires

Les forêts, les milieux humides, les prairies et la toundra du Canada fournissent des habitats dont tous les organismes, y compris les humains, ont besoin pour prospérer. La conservation de ces espaces naturels contribue à promouvoir la biodiversité et à maintenir les services écosystémiques dont dépend notre bien-être. Les investissements historiques récents comprennent plus de 5 milliards de dollars sur 10 ans dans le Fonds pour des solutions climatiques naturelles ainsi que 2,3 milliards de dollars sur 5 ans pour appuyer le patrimoine naturel du Canada. Ces investissements ont mis le Canada sur la voie de la réalisation de l’ODD 15 en permettant des progrès liés aux éléments suivants :

Afin de protéger et de rétablir les espèces en péril, le gouvernement met en œuvre l’Approche pancanadienne pour la transformation de la conservation des espèces en péril au Canada en partenariat avec la plupart des provinces et des territoires, les peuples autochtones et d’autres partenaires. Depuis 2018, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont collectivement établi 11 lieux prioritaires fédéraux-provinciaux-territoriaux couvrant près de 30 millions d’hectares dans des habitats et des écosystèmes où se trouvent de fortes concentrations d’espèces en péril et d’autres éléments de la biodiversité. Les mesures mises en œuvre dans les lieux prioritaires appuieront la protection et le rétablissement de centaines d’espèces en péril et d’autres éléments de la biodiversité.

Le Canada soutient les efforts visant à élargir son réseau d’aires protégées et de conservation. Par exemple, par le biais du Fonds de la nature du Canada, la Première Nation crie Mikisew collabore avec la province, l’industrie et les propriétaires fonciers pour agrandir le parc provincial Kitaskino Nuwenëné Wildland en Alberta. Cette collaboration permet d’ajouter 1 438 km2 au parc et d’agrandir considérablement la plus grande étendue contiguë de forêt boréale protégée de la planète.

Le Canada s’est également fermement engagé à gérer les forêts de façon durable. Les forêts jouent un rôle central – sur les plans culturel, spirituel et économique – dans la vie des membres de nombreuses communautés autochtones partout au Canada. Selon le Recensement de la population de 2016, 12 000 Autochtones travaillent dans le secteur forestier, ce qui représente environ 6 % de la main-d’œuvre du secteur.

Mesures prises à l’échelle internationale

Le Canada appuie la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULD) en ce qui concerne les efforts visant à lutter contre la dégradation des terres, à promouvoir une gestion durable des terres et à contribuer à l’atteinte de la neutralité en matière de dégradation. Le Canada aide les pays touchés par le biais du Fonds pour l’environnement mondial (475 millions de dollars), du Fonds de neutralité en matière de dégradation des terres (53,1 millions de dollars) et du soutien institutionnel à la CNULD pour accélérer l’intégration du genre aux activités de la Convention (6 millions de dollars).

Le Canada a également annoncé en 2021 qu’il consacrerait au moins 20 % de son engagement quinquennal de 5,3 milliards de dollars relatif au financement climatique à des projets qui tirent parti de solutions climatiques fondées sur la nature et contribuent aux avantages connexes en matière de biodiversité dans les pays en développement. En particulier, il aidera les pays à revenu faible ou moyen déjà touchés par les changements climatiques à faire la transition vers un développement durable, à faible émission de carbone, résilient au climat, respectueux de la nature et inclusif.

En 2022, le Canada a accueilli la 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, pendant laquelle les Parties ont adopté le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. Cet accord historique prévoit un engagement à préserver 30 % des zones terrestres, des eaux intérieures et des zones côtières et marines mondiales d’ici 2030 et à restaurer 30 % des écosystèmes dégradés d’ici 2030, entre autres objectifs. Le Cadre reconnaît les droits et le rôle des peuples autochtones dans la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable, un sujet dont le Canada s’est fait un ardent défenseur. Le Cadre établit également un engagement financier visant à mobiliser au moins 200 milliards de dollars américains chaque année, de toutes les sources, pour aider les pays en développement à mettre en œuvre cet accord. Le Canada a pris des engagements financiers à la COP15, notamment 350 millions de dollars en nouveaux fonds pour aider les pays en développement à faire progresser les efforts en matière de biodiversité et la mise en œuvre du Cadre. Il a également annoncé de nouveaux projets et investissements totalisant 255 millions de dollars à partir de fonds canadiens déjà engagés pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques et à protéger la nature. Depuis 2018, le Canada a versé 435,57 millions de dollars au Fonds pour l’environnement mondial (FEM8) afin d’aider les pays en développement à stopper et à inverser la perte de biodiversité et à prévenir la dégradation des terres, ce qui a contribué à favoriser la résilience climatique pour 3 225 226 hectares de terres et à protéger une superficie terrestre totalisant 116,6 millions d’hectares.

Défis et possibilités

La santé de nos forêts, de nos océans, des animaux et de toute la biodiversité est à la base même de la vigueur et de la stabilité de nos sociétés. La pandémie de COVID-19 a rappelé aux Canadiens le rôle important que jouent la nature et les espaces verts dans leur santé et leur bien-être. Le Canada s’efforce de faire en sorte que toutes les espèces aient des populations saines et viables en conservant et en rétablissant les écosystèmes et les habitats. Bon nombre des nouvelles aires nécessaires pour atteindre l’objectif de conservation des zones terrestres se trouvent sur les terres provinciales, territoriales et autochtones. Les décisions liées à cet objectif sont difficiles à planifier, à négocier et à coordonner. Les processus d’établissement d’aires protégées et de conservation prennent beaucoup de temps et dépendent de divers facteurs, notamment le soutien des partenaires et des intervenants.

Pleins feux : Mesures prises par les intervenants

Les réserves de biosphère au Canada sont des chefs de file dans la création de communautés dynamiques, saines et durables. Elles protègent le patrimoine naturel, culturel et documentaire pour les générations actuelles et futures. Ces réserves sont reconnues par le Programme sur l’Homme et la biosphère de l’UNESCO. Les réserves de biosphère au Canada sont des zones désignées où les communautés travaillent activement à préserver la biodiversité et à mettre en œuvre les ODD.

En 2021, la biosphère Átl’ka7tsem/baie Howe [disponible en anglais seulement] a été désignée en tant que 19e réserve de biosphère du Canada. Les 19 sites de biosphère sont situés dans diverses régions du Canada et englobent une superficie de 235 000 km2 sur les territoires traditionnels d’environ 50 communautés autochtones. Toutes les réserves de biosphère travaillent en étroite collaboration avec les communautés autochtones pour assurer une gestion appropriée des terres et aux fins de l’établissement de relations respectueuses. Du fait de leur lien avec l’UNESCO et de leur inclusion dans le Réseau mondial des réserves de biosphère, les sites canadiens contribuent à l’avancement des ODD. Ces régions, qui font partie de l’Association canadienne des réserves de biosphère, participent à la réalisation des objectifs du Programme sur l’Homme et la biosphère de l’UNESCO consistant à :

  • préserver la biodiversité et favoriser l’utilisation durable des ressources naturelles (ODD 15);
  • atténuer les changements climatiques et environnementaux et leurs répercussions (ODD 13);
  • faciliter la recherche et l’éducation en matière de développement durable (ODD 4);
  • bâtir des sociétés, des économies et des établissements humains prospères (ODD 11).

En 2022, les commissions nationales pour l’UNESCO du Canada et du Royaume-Uni ont publié le rapport Sites for sustainable development: realizing the potential of UNESCO designated sites to advance agenda 2030 [disponible en anglais seulement], qui explore la valeur du regroupement par l’UNESCO de ses sites du patrimoine mondial, de ses géoparcs mondiaux et de ses réserves de biosphère comme lieux propices au développement durable.

Des travaux sont également en cours pour améliorer les aires de conservation dans les biosphères existantes. La réserve de la biosphère de l’arche de Frontenac [disponible en anglais seulement] collabore avec les offices locaux de protection de la nature, des fiducies foncières, les Premières Nations, les municipalités, les cantons et les comtés pour reconnaître et améliorer la conservation dans les aires qui s’ajoutent aux zones protégées principales actuelles. Elle détermine également les valeurs culturelles et les priorités en matière de conservation de multiples intervenants et des hôtes autochtones de la région. Les travaux permettent de créer une carte de toutes les zones efficacement conservées et fournissent des renseignements précieux sur les endroits où des efforts supplémentaires sont nécessaires pour préserver adéquatement les espèces en péril de la région. Le fait de disposer de renseignements géospatiaux plus complets sur le réseau de conservation permettra de mieux comprendre les valeurs et les mesures de conservation existantes dans cette région et contribuera à la prise de meilleures décisions en matière de gestion des terres. Le projet a également comme objectif de favoriser la sensibilisation et la transmission des connaissances.

Pleins feux : Le Canada s’emploie à accroître la conservation de ses aires terrestres et marines.

Figure 18
Figure 18
Description textuelle du graphique 18
Aires marines conservées Nombre d'aires conservées
progrès depuis 2017 et en date de 2022 41
en date de 2017 867
Aires terrestres conservées Nombre d'aires conservées
progrès depuis 2017 et en date de 2022 2947
en date de 2017 8554
Sites retirés de la liste Nombre d'aires conservées
Les sites retirés de la liste ne sont plus considérés comme des aires de conservation. Les sites retirées de la liste sont comptés à partir de leur date d’établissement jusqu’à leur date de retrait. 109
  • Les sources de données datent du 31 décembre 2022.
  • Les données sont tirées de la base de données canadienne sur les aires protégées et de conservation. Les données des administrations fédérale, provinciales et territoriales, les sources de données faisant autorité, sont compilées par Environnement et Changement climatique Canada.
État du progrès de l'Indicateur national 14.1.1 - Proportion d’aires marines et côtières conservées
État du progrès Sur la bonne voie
État du progrès de l'Indicateur national 15.3.1 Proportion d’aires terrestres (terres et eaux douces) conservées
État du progrès Progrès limités

ODD 16 : Promouvoir l’avènement de sociétés justes, pacifiques et inclusives

Ambitions canadiennes

Évaluation des progrès du Canada par le gouvernement

Les problèmes qui sont survenus à l’échelle du globe depuis 2018 ont mis en évidence les inégalités et les exclusions existantes. La pandémie de COVID-19 a non seulement constitué une urgence de santé publique, mais a également donné lieu à d’importantes difficultés d’ordre économique et en matière de droits de la personne. De grands segments de la population canadienne, principalement des groupes en quête d’équité qui ont toujours été victimes de discrimination, en ont souffert de façon disproportionnée. Les données recueillies avant et pendant la pandémie révèlent ce qui suit :

Pleins feux : La confiance envers certaines institutions, comme les services de police ainsi que le système de justice et les tribunaux, varie selon les groupes de population.

En 2020, un Autochtone sur cinq et un Noir sur cinq n’avait pas confiance ou avait une confiance limitée dans les services de police, un taux deux fois plus élevé que celui des non-Autochtones et des personnes ne faisant pas partie d’une minorité visible. La confiance dans le système de justice et les tribunaux était la plus faible chez les Premières Nations, les Métis ou les Inuits, 30 % de ceux-ci ayant déclaré ne pas avoir confiance dans l’institution, soit près du double du taux de non-Autochtones.

De plus, bien que le pourcentage de Canadiens ayant confiance dans le système de justice pénale ait augmenté entre 2021 et 2022, les Autochtones ont déclaré un niveau de confiance beaucoup plus faible que les non-AutochtonesNote de bas de page 82.

Figure 19 : Indicateur national 16.7.1 – Proportion de la population qui n'a pas confiance dans certaines institutions, selon le groupe de population ou l'identité autochtone, Canada, 2020
Figure 19 : Indicateur national 16.7.1 – Proportion de la population qui n'a pas confiance dans certaines institutions, selon le groupe de population ou l'identité autochtone, Canada, 2020
Description textuelle du graphique 19
Personnes non autochtone, non minorité visible Personnes noires Premières Nations, Métis ou Inuit Autre groupe désigné comme une minorité visible
Police 11 21 22 11
Système de justice et tribunaux 16 16 30 10

Initiatives nationales prioritaires

Le Canada déploie des efforts pour faire progresser l’ODD 16 et son objectif concernant l’avènement de sociétés pacifiques, justes et inclusives – un élément de base nécessaire à la réalisation de tous les ODD. En 2019, le Canada a mis sur pied le Secrétariat de l’accès à la justice, qui agit à titre de défenseur et de carrefour pour le vaste éventail d’initiatives visant à favoriser la réalisation de l’ODD 16 et l’adoption d’une approche axée sur les personnes en matière de justice.

Les efforts que déploie le Canada pour réaliser l’ODD 16 visent notamment à faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones et à bâtir une société plus inclusive et exempte de racisme et de discrimination. La Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones fournit un cadre pour les travaux de transformation requis afin de mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones au niveau fédéral en consultation et en collaboration avec les partenaires autochtones. Le gouvernement du Canada s’est également donné comme priorité d’établir des stratégies en matière de justice pour les Autochtones (2022) et les personnes noires (2023) afin de lutter contre la discrimination systémique et la surreprésentation des personnes de ces communautés dans le système de justice pénale du Canada, et de veiller à ce que tous aient droit à un traitement juste et équitable.

Tout au long d’une période de restrictions de voyage et de fermetures de frontières sans précédent, le Canada a maintenu un système d’immigration qui a soutenu sa reprise économique et sa croissance, réuni les familles et perpétué la tradition humanitaire du pays. La mesure appelée « Anges gardiens » a fourni une voie d’accès à la résidence permanente à certains demandeurs d’asile qui travaillaient dans le secteur des soins de santé pendant la pandémie de COVID-19.

Mesures prises à l’échelle internationale

En 2021-2022, le Programme pour la stabilisation et les opérations de paix du Canada a consacré 135,8 millions de dollars à des efforts visant à promouvoir la paix et la stabilité dans des États fragiles et touchés par des conflits, ce qui comprend des initiatives propres à chaque pays en Afghanistan, au Cameroun, en Colombie, au Burkina Faso, en Irak, au Mali, au Myanmar, au Soudan du Sud et en Ukraine. Le Canada appuie la mise en œuvre des Principes de Vancouver sur le maintien de la paix et la prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats. Il met également l’accent sur la protection des enfants et des jeunes en déployant des efforts pour mettre fin à l’exploitation sexuelle ainsi qu’au mariage précoce et forcé.

Les efforts du Canada reposent sur une approche inclusive et sensible au genre, car il est admis que des sociétés plus inclusives sont davantage en mesure d’éviter les conflits violents. Par exemple, dans le cadre de l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix, le Canada a collaboré avec des partenaires à l’échelle internationale pour fournir du financement et du soutien afin d’accroître la participation significative des femmes en uniforme aux opérations de paix des Nations Unies.

L’initiative Combler l’écart de justice du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du gouvernement du Canada vise à produire des données probantes sur ce qui fonctionne dans la mise en œuvre d’approches de justice communautaires axées sur les personnes qui renforcent la démocratie et protègent les droits de la personne. L’initiative appuie 12 projets dans 15 pays [disponible en anglais seulement] dirigés par des organismes de justice locaux.

Défis et possibilités

Conscient du besoin critique de données, y compris de données désagrégées, pour appuyer la prise de décisions éclairées et fondées sur des renseignements probants, le Canada entreprend un éventail d’initiatives de collecte de données et de recherche. L’Enquête canadienne sur les problèmes juridiques de 2021 et la série d’études qualitatives connexes constituent une riche source de renseignements pour mieux comprendre les besoins juridiques des Canadiens. En outre, l’Initiative de modernisation des données de la justice vise à améliorer la collecte et l’utilisation de données désagrégées pour remédier à la surreprésentation des Autochtones, des Noirs et des personnes racisées dans le système de justice pénale. En collaboration avec des partenaires des Premières Nations, Inuits et Métis, le gouvernement du Canada met à l’essai une approche transformationnelle des données autochtones afin de renforcer la capacité durable des données autochtones à soutenir l’autodétermination des Autochtones. De plus, l’inclusion d’engagements envers la justice ainsi que la démocratie et l’espace civique rend compte de l’importance de bâtir des institutions solides, ouvertes et inclusives et offre une occasion supplémentaire de faire progresser l’ODD 16 à l’avenir.

Pleins feux : Mesures prises par les intervenants

Le Forum canadien sur la justice civile est un organisme sans but lucratif qui a pour mission de faire progresser la réforme de la justice civile par la recherche et la défense des intérêts depuis 1998. Il s’efforce de rendre le système de justice civile plus accessible, plus efficace et plus durable en dirigeant des projets qui placent le citoyen au centre de notre système de justice civile et en participant à de tels projets. Dans le cadre des travaux qu’il effectue pour contribuer à la réalisation de l’ODD 16 (Paix, justice et institutions fortes), l’organisme a fait équipe avec des établissements de recherche en Afrique subsaharienne pour mener des études pluriannuelles et englobant plusieurs pays sur les coûts et les avantages des modèles de justice communautaire et leur capacité éventuelle à offrir un accès à une justice significative et axée sur les personnes à grande échelle. Une collection de publications ayant découlé de cette initiative de recherche, qui comprend des énoncés de politique, des infographies et d’autres analyses, est accessible au public. La recherche vise à mieux comprendre les contextes dans lesquels les modèles de justice communautaire offrent des moyens de règlement des différends plus sûrs, plus fiables et potentiellement plus équitables pour les femmes, comparativement à d’autres mécanismes officiels de règlement des différends. L’accessibilité pour les femmes aux modèles de justice communautaire, dans les situations où les obligations familiales et les normes sociales créent des obstacles à la recherche ou à l’obtention de la justice, a également été examinée. Les données recueillies sur la dynamique des genres et l’autonomisation des femmes en ce qui concerne l’accès à la justice sont présentées sous forme qualitative et quantitative, et elles proviennent d’entrevues et d’enquêtes menées auprès de personnes qui cherchent à obtenir justice et qui s’identifient comme des femmes.

Le Mary Ward Centre participe à une campagne de sensibilisation pour prévenir la traite des personnes et l’exploitation de la main-d’œuvre en Amérique latine et à Toronto. Il offre des ressources en ligne, radiophoniques et imprimées ciblant les jeunes et les nouveaux arrivants au Canada. Une série d’émissions de radio transmettant de l’information sur la traite des personnes et les stratégies utilisées pour tromper les victimes a rejoint plus de 500 personnes au moyen de diffusions en ligne et radiophoniques. Une deuxième série d’émissions radiophoniques sera diffusée tout au long de 2023, et des stations de radio en Amérique latine y participeront.

Les prochaines étapes

Le Canada effectue d’importants progrès pour ce qui est de faire progresser le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et la réalisation des 17 ODD, tant au pays qu’à l’étranger. Le pays dispose d'éléments de base solides pour les travaux à venir, qui sont intégrés à la Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030 : Aller de l’avant ensemble. La mobilisation de l’ensemble de la société devient évidente; en effet, tous les ordres de gouvernement, les intervenants de la société civile, les peuples autochtones, le milieu universitaire, les organismes sans but lucratif et communautaires, les jeunes et le secteur privé ont pris des mesures pour faire progresser la réalisation des ODD. On constate une augmentation de la sensibilisation au Programme 2030, une localisation des ODD et une collaboration concernant des approches novatrices afin d’effectuer des progrès.

Le gouvernement du Canada crée un environnement habilitant qui aide l’ensemble de la société à en apprendre plus sur les ODD et à travailler à la mise en œuvre du Programme 2030. Les progrès font l’objet d’un suivi au moyen de cibles, d’ambitions et d’indicateurs nationaux concernant la réalisation des ODD. De plus, au cours des deux dernières années, le gouvernement du Canada a publié et mis en pratique son Plan de mise en œuvre fédéral pour le Programme 2030. Le Plan a renforcé la collaboration entre les ministères et organismes fédéraux pour faire progresser les ODD. Il a également amélioré la capacité du gouvernement fédéral de surveiller les répercussions sur tous les aspects du développement durable, ce qui comprend les initiatives visant à réduire la pauvreté, à rendre la vie plus abordable, à renforcer les soins de santé publics, à investir dans une économie propre, à soutenir la réconciliation avec les peuples autochtones, à promouvoir l’égalité entre les sexes et à prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques.

Les objectifs suivants orienteront les efforts du Canada à l’avenir :

Bien que le Canada ait effectué des progrès appréciables jusqu’ici, il doit prendre des mesures continues pour réaliser ses ambitions. Chacun des chapitres sur les ODD du présent ENV a mis en évidence des possibilités d’action et d’amélioration en vue de faire progresser les 17 ODD. Ces efforts guideront le Canada à mesure qu’il avancera dans l’atteinte des cinq objectifs fondamentaux de mobilisation et d’action pour faire progresser Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030 : Aller de l’avant ensemble. En s’appuyant sur les travaux entrepris à ce jour, le Canada continuera de collaborer avec ses partenaires et les intervenants pour relever les défis propres à chaque ODD, accélérer les progrès et ne laisser personne de côté d’ici 2030.

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